Thermes de Cluny

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Thermes de Cluny
Maquette des thermes de Cluny
Maquette des thermes de Cluny
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Lieu Paris
Type Thermes romains
Coordonnées 48° 51′ 03″ N 2° 20′ 36″ E / 48.850833, 2.34333348° 51′ 03″ Nord 2° 20′ 36″ Est / 48.850833, 2.343333  

Géolocalisation sur la carte : Paris

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Thermes de Cluny
Thermes de Cluny

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(Voir situation sur carte : France)
Thermes de Cluny
Thermes de Cluny
Époque Fin du IIe siècle - Début du IIIe siècle

Les thermes de Cluny, à Paris, ont une superficie de plusieurs hectares et comprennent une vaste palestre au sud dédiée aux jeux de balle et les bains, construction sur trois niveaux d'une superficie d'environ un hectare. Le complexe thermal s'étendait du boulevard Saint-Germain à la rue des Écoles et se trouve englobé dans le Musée de Cluny.

Histoire des Thermes[modifier | modifier le code]

Thermes de Cluny, le frigidarium.
Thermes de Cluny, vue du jardin, côté Nord.
Thermes de Cluny, vue du Boulevard Saint-Michel.
  • Les thermes du Nord, dits de Cluny, ont été construits à la fin du Ier siècle ou au début du IIe siècle sur la rive gauche de la Seine à l'angle du cardo et du décumanus de Lutèce.
  • Première destruction probable lors de l'invasion de Paris par les Francs et les Alamans en 275.
  • Au VIe siècle, Venance Fortunat (530?-609), décrit les thermes en les désignant par arx celsa, "vaste palais" ou habite le roi Childebert Ier, roi de Paris de 511 à 558. Sa veuve la reine Ultrogothe y résidera également avec ses filles, dans le texte De horto ultrogothonis.
  • Probables destructions pendant les nombreux sièges et incendie des vikings. Il y eut les sièges de Paris en 845, 856, 861 et celui de 885-887. Enfin le siège d'Otton II en 978 qui incendia la partie sud de la ville.
  • La description des thermes par Jean d'Hauville (1150?-1200?) dans son poème Architrenius (chapitre 8, De aula in montis vertice constituta), nous décrit le "palais des rois", dont la façade, les cours et les ailes de l'édifice embrassent dans leur développement tout le pourtour de la montagne. Cette longue suite de bâtiments présente une infinité de réduits sinueux toujours favorables aux crimes secrets, mystérieuses cachettes complices du crime, puisqu'elles épargnent la honte à qui le commet.[1],[2]
  • Le palatium de Terminis était la possession de Simon de Poissy (Simonis de Pissiaco) en mars 1218, lorsque le roi Philippe Auguste le donne à perpétuité à son chambellan, Henri le concierge (Henrico Consergio) en récompense de ses services.
  • Le domaine correspondant à la Montagne Sainte-Geneviève et comprenant les thermes est réuni à la cité par la construction de l'enceinte de Philippe Auguste, qui utilise d'ailleurs pour sa construction certaines parties des thermes.
  • Le palais des Thermes et ses dépendances est acheté en 1340 par Pierre de Châtelus, abbé de Cluny au nom de son ordre. Les abbés de Cluny construisent alors leur hôtel contre les thermes, dont une partie des salles leur sert de granges. Puis ils construisent l'hôtel de Cluny actuel entre 1485 et 1510[3].
  • La salle centrale fut utilisée comme grange en 1456, fut occupée en 1691, par les écuries et remises des diligences en direction de Chartres et Laval. Un loueur de carrosses s'y installa vers 1750, puis un aubergiste, et par les tonneliers Falaise et Garnier à partir de 1781.

La restauration[modifier | modifier le code]

À partir de 1810, la Ville de Paris décide d'établir un musée des antiquités dans le frigidarium, et elle commence à faire dégager les thermes d'une partie des constructions insalubres qui s'y appuient.

En 1819, après le plaidoyer de l'architecte Quatremère de Quincy, le comte Élie Decazes, l'énergique ministre de l'intérieur de Louis XVIII fait résilier le bail du tonnelier installé dans le frigidarium contre une indemnité de 26000 livres. Il ordonne la démolition des maisons qui sont installées sur les ruines en bordure de la rue de la Harpe et fait enlever les jardins-terrasses et la terre qui pesaient sur les voûtes. L'objectif est d'aménager et de restaurer l'ensemble, et de préparer le futur établissement, qui devait prendre le relais du Musée des monuments français fermé par le roi en 1816. Les ruines sont dégagées et fouillées par l'architecte Louis Moreau entre 1820 et 1826, tandis que la restauration est confiée à Étienne-Hippolyte Godde et Charles Rohault de Fleury. Finalement, c'est en 1843, que la ville céda gratuitement les thermes à l'État qui les associe alors au Musée de Cluny[4].

Les thermes sont classés aux monuments historiques par la liste de 1862[5]. Depuis le XIXe siècle plusieurs campagnes de fouilles ont été menées : d'abord par Théodore Vacquer fin XIXe, puis Paul-Marie Duval de 1946 à 1957, et enfin par Jean-Pierre Adam.

Les bâtiments des Thermes[modifier | modifier le code]

Le frigidarium peint en 1845 par Achille Poirot.

Beaucoup de questions subsistent sur l'organisation des bâtiments. La construction des thermes utilise la pente naturelle de la colline, future montagne Sainte-Geneviève. Les thermes comportaient une partie sud construite sur hypocauste et une partie au nord sans chauffage.

Parcours thermal[modifier | modifier le code]

Au sud, l'accès à la palestre se faisait par un portique bordé de boutiques à l'emplacement de l'actuelle rue des Écoles ; le parcours commençait dans l'apodyterium , pour se poursuivre soit dans les palestres pour des activités sportives, soit dans les salles tièdes ou chaudes nommées tepidarium et caldarium pourvus de bassins, avant de passer dans le frigidarium.

Le frigidarium (pièce froide)[modifier | modifier le code]

C'est la seule pièce qui a conservé sa couverture d'origine. Sa voûte d'arête est d'une hauteur de plus 15 m[6]; l'ensemble est construit en opus vittatum mixtum (fait de couches de briques alternant avec des couches de moellons) qui était recouvert de plusieurs couches d'enduit. On a récemment découvert quelques traces de pigment bleu sur la voûte et ocre rouge sur les murs. Un bassin qui était rempli d'eau froide est aménagé au nord de la salle. Il conserve son système d'évacuation et des traces de son revêtement

Les caldarium (pièces chaudes)[modifier | modifier le code]

Il y a un caldarium à l'Ouest bordé par le boulevard Saint-Michel et un autre caldarium au sud, à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue Du Sommerard. Ces deux dernières salles sont en partie ruinées depuis le XVIIIe siècle. Les murs en élévation ont conservé leur structure d'origine, qui se singularise par l'emploi de petites pierres carrées séparées à intervalles réguliers de rangs de briques. À l'intérieur, ils étaient recouverts de mosaïque, de marbre ou de peinture[6].

Le Tepidarium, la fontaine, les galeries et les gymnases[modifier | modifier le code]

Sur la partie nord, le centre de la façade était occupé par une fontaine monumentale, des galeries entouraient les thermes, dont le nord était occupé par deux gymnases.

Les souterrains[modifier | modifier le code]

Plaque décrivant la redécouverte des sous sols des Thermes en août 1676

C'est un ensemble de caves et de galeries voûtées construites en petits moellons et maçonnées au mortier. Il est aujourd'hui constitué de pièces techniques réservées au personnel et accessibles depuis le musée. Le passage de la vidange de la piscine du frigidarium est visible[7].

Vue du sous-sol

Circuit de l'eau[modifier | modifier le code]

L'eau était amenée par un aqueduc depuis les sources du plateau de Wissous, au sud de Paris, via Arcueil. À Wissous, les eaux étaient recueillies dans un bassin de captage d'où partait vers Lutèce une canalisation dont le débit avoisinait les 2 000 m3. Cette dernière franchissait la vallée de la Bièvre au val d'Arcueil-Cachan grâce à un ouvrage d'art, dont on a retrouvé des traces.

L'évacuation des eaux usées se faisait par un égout qui encerclait les thermes et se jetait dans un égout collecteur situé sous le boulevard Saint-Michel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]