Prague

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Prague
Blason de Prague
Héraldique
Drapeau de Prague
Drapeau
Image illustrative de l'article Prague
Administration
Pays Drapeau de la République tchèque République tchèque
Province Bohême (Région historique)
Région Prague et Bohême-Centrale
Collectivité Ville métropolitaine de Prague
Maire
Mandat
Adriana Krnáčová (ANO 2011)
2014-2018
Code postal 100 00 à 199 00
Démographie
Gentilé Pragois
Praguois (moins courant)
Population 1 273 000 hab. (2011[1])
Densité 2 567 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 05′ 16″ N 14° 25′ 14″ E / 50.0878114, 14.420459850° 05′ 16″ Nord 14° 25′ 14″ Est / 50.0878114, 14.4204598  
Altitude Min. 177 m – Max. 399 m
Superficie 49 600 ha = 496 km2
Localisation

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Prague
Liens
Site web www.praha.eu

Prague (prononcé [pʁag] ; en tchèque Praha [ˈpra.ɦa ]) est la capitale et la plus grande ville de la République tchèque. Elle est à la fois l’une des quatorze régions de la République tchèque et la capitale de la région administrative de Bohême-Centrale et de la région historique de Bohême. Elle est traversée par la Vltava (Moldau en allemand).

Prague est située en plein cœur de l'Europe centrale. Elle fut par le passé capitale du Royaume de Bohême, du Saint-Empire romain germanique et de la Tchécoslovaquie (ČSR, ČSSR et enfin ČSFR). La ville aux mille tours et mille clochers (qui est encore la caractéristique architecturale de la ville) a miraculeusement échappé aux destructions de la Seconde Guerre mondiale et offre une architecture mêlant les styles préroman, roman, gothique, baroque, rococo, Art nouveau et cubiste. En 1968, le Printemps de Prague et l'écrasement du « Socialisme à visage humain » par les troupes de l'URSS et du pacte de Varsovie ont profondément marqué les Praguois et inspiré la culture des années 1960-1980. Depuis 1992, le centre ville historique est inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO.

Prague est la cinquième région urbaine la plus riche de l'Union européenne en termes de PIB par habitant PPA[2], derrière la région urbaine de Hambourg mais devant l'Île-de-France[3], la progression est continue ces dernières années. En 2006, selon Eurostat, le chômage était de 2,8 % dans la région de Prague[4]. Le contexte économique national est également plutôt favorable car la République tchèque est, avec les Pays-Bas, le pays où le taux de pauvreté est le plus bas d'Europe : il s'établit à 10 % de la population[5], contre 16 % de moyenne pour l'Union européenne. Prague fait partie des villes mondiales Alpha - (villes globales) d'après le classement GaWC[6] de l'université de Loughborough.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Si en tchèque moderne, práh signifie « seuil », le nom est issu d'une vieille racine slave, praga, qui veut dire « gué » et que l'on retrouve dans certains toponymes (un quartier de Varsovie porte le nom de Praga). Une autre étymologie relie le nom de la ville au fait que la ville se trouve au seuil de l'Europe antique, aux marges des mondes slave et germain. D'après la légende, la ville fut fondée sur l'ordre de Libuše, prophétesse et fondatrice mythique de la lignée régnante des Přemyslides, là où un homme (qui devint son mari et le premier roi de Bohême) posait le seuil de sa maison. D'autres enfin, fascinés par le caractère magique de la ville, affirment qu'elle est le seuil, la porte d'accès vers d'autres mondes ou d'autres dimensions.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Prague bénéficie d'une situation centrale au niveau européen, se situant selon un axe nord-sud à mi-distance de la mer Baltique471 kilomètres à vol d'oiseau de Rostock) et de la mer Adriatique496 km de Trieste) et selon un axe est-ouest à mi-distance de l'océan Atlantique1 256 km de Saint-Nazaire) et de la mer Noire1 269 km d'Odessa)[7].

Au niveau national, la capitale tchèque est située au nord-ouest du pays et au centre de la région historique de Bohême.

Prague est située à 250 km au nord-ouest de Vienne, à 280 km au sud de Berlin et à 300 km au nord-est de Munich.

Climat[modifier | modifier le code]

Prague possède un climat semi-continental, avec un écart entre des hivers relativement froids et assez secs et des étés relativement chauds et orageux. Prague a un climat de type Cfb selon Köppen, avec comme record de chaleur 38,6 °C le 16/7/2007 et comme record de froid --27,6 °C le 1/3/1785. La température moyenne annuelle est de 10,5 °C.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1,5 −0,8 5 5,6 10,4 13,5 15,2 15 11,5 7,1 2,9 0,3 6,8
Température moyenne (°C) 0,7 2 5,9 9,9 15,2 18,1 20 19,8 15,6 10,5 5,2 2,4 10,5
Température maximale moyenne (°C) 3 4,7 9,4 14,2 20 22,7 24,7 24,5 19,6 13,8 7,5 4,5 14,1
Record de froid (°C) −27,5 −27,1 −27,6 −8 −1,6 3,6 7,8 6,4 0,7 −7,5 −16,9 −24,8 −27,6
Record de chaleur (°C) 17,4 20,5 22,5 28,6 33,9 37,2 38,6 36,8 41,8 27,4 19,5 17,4 38,6
Précipitations (mm) 19,7 18 27,7 27,7 57,7 66,5 64,7 59,1 36,1 26,3 28,8 23,3 455,6
Source : Le climat à Prague (en °C et mm, moyennes mensuelles 1971/2000 et records depuis 1775)[1]


Site[modifier | modifier le code]

Prague vue panoramique sur la ville à partir du château

Prague se situe en Bohême, dans une petite cuvette de la vallée de la Vltava, rivière traversant la ville avec de nombreux méandres.

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Quartiers[modifier | modifier le code]

Malá Strana, le « Petit Côté »[modifier | modifier le code]
Le pont Mánes (Mánesův most), le 1er janvier 2006. La foule attend le feu d'artifice organisé par la ville de Prague pour fêter l'arrivée de la nouvelle année.
Article détaillé : Mala Strana.

Malá Strana (« Petit Côté » en tchèque) est un splendide quartier baroque, entièrement reconstruit au début du XVIIe siècle à la suite de grands incendies. Situé sur une pente qui monte vers le château royal et impérial, c'est le quartier de la grande noblesse impériale (Lobkowicz, Sternberg, Thun...) qui a fait bâtir de merveilleux hôtels particuliers après la bataille de la Montagne Blanche, dans un style baroque typique du début du XVIIe siècle. Ceux-ci ont été acquis pour la plupart par des ambassades étrangères[8]. Mala Strana possède aussi de très nombreuses églises baroques[9] dans un style éclatant : l'église de l'enfant Jésus, connue dans le monde entier, en raison de sa « poupée » qui représente le Sauveur, l'église Saint Thomas, et l'église Saint Nicolas, due à la dynastie Dientzenhofer.

Véritable clou de la visite de Prague, le pont Charles relie Staré Město, la Vieille Ville bourgeoise, au Malá Strana de l'aristocratie et au quartier du Château. Il a longtemps été l'ouvrage civil gothique le plus important d'Europe.

Hradčany, le quartier du Château[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Hradčany.

Ce mot, difficile à prononcer (hradtchani) désigne le quartier du château de Prague (Hradschin en allemand). Situé sur la rive gauche de la Vltava, il domine la ville basse par la structure complexe du château impérial des Habsbourg et celui des rois de Bohême, ainsi que le clocher de la cathédrale Saint Guy. Ce quartier est composé d'innombrables palais de grands seigneurs, de couvents, de monastères, de maisons datant de la renaissance, de parcs et de jardins.

La Vieille-Ville (Staré Město)[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Vieille Ville (Prague) et Josefov.

La Vieille-Ville est un des quartiers les plus attachants de Prague, caractéristique de son amoncellement harmonieux de tous les styles architecturaux de l'Europe. Son clou est la vieille place (Staroměstské náměstí), son hôtel de ville, l'horloge astronomique de Prague, ses multiples maisons à thèmes hermétiques[10], ses palais baroques et néo-baroques, et la fameuse maison cubiste À la Vierge Noire.

Le ghetto de Prague (appelé depuis sa rénovation à la fin du XIXe siècle, « Josefov ») est situé en bordure de la Vltava et de la vieille ville. Longtemps il fut clôturé du fait de l'interdiction faite aux Juifs de s'établir dans d'autres quartiers de la ville. Le nom actuel "Josefov" a été donné en l'honneur de l'empereur Joseph II, le frère de Marie-Antoinette, souverain des lumières, qui a contribué à accorder des droits civiques aux Juifs de Bohême. Ce quartier a connu ses âges sombres et ses âges d'or. Pendant le temps de croisades, de nombreuses exactions y ont lieu, mais à la fin du XVIe siècle, le quartier Juif de Prague reçoit des droits d’auto-administration, comme l'atteste l'Hôtel de Ville en style baroque. Le quartier Juif représente alors 30 % de la population de la ville tout entière ou, pour être précis, des « villes de Prague » puisque la fusion des municipalités que sont alors Staré Město, Nové Město, Malá Strana et Hradčany n'a lieu qu'en 1784, ce qui en fait la communauté ashkénaze la plus importante et la seconde communauté juive d'Europe après celle de Thessalonique. Entre 1597 et 1609, le Maharal de Prague, Juda Loew ben Bezalel est rabbin de cette florissante communauté. Il est, aujourd'hui encore, considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse. Il est enterré dans le pittoresque cimetière juif ; sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage. Au prétexte de « collaboration avec les armées prussiennes » de Frédéric II de Prusse, les Juifs de Prague sont expulsés en 1745 par leur souveraine, Marie-Thérèse, puis autorisés à revenir en 1748 alors que les hostilités de la guerre de Succession d'Autriche ont pris fin. Les portes du ghetto (autant protectrices que ségrégationnistes) sont abattues en 1848, moment où, dans un cadre intégrationniste, les Juifs de Prague perdent leurs privilèges d'autonomie. Le ghetto, à l'exception de quelques monuments-phares, est intégralement détruit à la fin du XIXe siècle : la municipalité met en place un plan d'assainissement du quartier de Josefov, rasé et reconstruit selon des critères hygiénistes avec rues larges, tout-à-l'égout, gaz, etc. La plupart des Juifs de Prague avaient alors commencé à s'installer en dehors du ghetto dès les réformes de l'empereur Joseph. Dès lors, bordé par des avenues chics, comme l'avenue de Paris, ce quartier voit construire parmi les immeubles les plus élégants en style art nouveau de Prague. Cet autre âge d'or, s'achève de façon tragique à partir de l'entrée des nazis à Prague en 1939. Avec un cynisme propre aux nazis, le quartier est transformé en un musée des Juifs d'Europe, avec le rassemblement dans ses nombreuses synagogues d'objets de culte et de liturgie juives. La quasi-totalité de la communauté juive de Prague et de Bohême aura été liquidée entre temps dans le camp de Terezin[11]. Après la guerre, le régime communiste s'achemine peu à peu vers la création d'un musée juif national qui gère actuellement l'ensemble des synagogues et lieux de mémoires juives de ce quartier[12].

La Nouvelle-Ville (Nové Město)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Nové Město (Prague).

Contrairement à son nom, la « ville nouvelle », est un quartier très ancien de Prague, créé par une charte de Charles IV. C'est là que sont donc situés des monuments les plus anciens de Prague, comme le couvent « slavon », (Emauzy, 'Na Slavonech')[13], la place Charles (Karlovo Namesti), le couvent franciscain etc, l'hôtel de ville de la ville nouvelle. Mais c'est aussi un quartier avec de nombreux édifices baroques civils et religieux, comme l'église jésuite Saint Ignace, la maison de Faust, Saint Jean Népomucène des Rochers[14], une des plus belles créations des Dientzenhofer etc. À partir du XIXe siècle, ce quartier devient le quartier du nationalisme tchèque, avec la place Wenceslas, l'avenue nationale, et le théâtre national. De nombreux bâtiments art nouveau ornent ce quartier par la suite.

Vyšehrad, le premier château de Prague[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Vyšehrad.

Ce vocable signifie littéralement en tchèque "le château d'en haut". Ce fut le lieu du premier château de Prague au temps des Ducs de Bohême. C'est là aussi que l'on trouve le premier édifice religieux en style roman. C'est un lieu romantique transformé tour à tour en caserne sous Marie Thérèse, puis en lieu de mémoire nationaliste au XIXe siècle.

Quartiers en dehors du centre[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : château de Troja, Žižkov, Vinohrady et Smichov.

Prague, comme la plupart des villes médiévales a été choisie pour ses collines qui offrent à la fois un point de vue stratégique sur le fleuve et les alentours, puis sont devenus des lieux d'agrément pour la noblesse, et des espaces de développements urbains au XIXe siècle. Il faut classer dans cette catégorie le très bucolique et résidentiel quartier de Troja avec son château de Troja, dû à l'architecte Jean-Baptiste Mathey, le parc zoologique de Prague (zoo de prague), et le parc botanique. Le quartier de Žižkov est proche du centre, mais sur une colline. Le quartier de Vinohrady, longtemps consacré aux vignes a été urbanisé à partir de la belle époque. Le quartier de Smíchov était en pleine campagne au XVIIIe siècle, c'est là où Mozart composa l'ouverture de Don Giovanni. Au XIXe siècle, il a été urbanisé. Les espaces de l'ouest de Prague qui conduisent vers la Montagne Blanche (lieu de la célèbre bataille de la Montagne Blanche et l'aéroport Ruzyně (Aéroport international de Prague), avec le Monastère de Břevnov, et le parc du Pavillon de l'étoile sont des quartiers résidentiels avec de très nombreuses villas art nouveau ou modernes. Le quartier des expositions industrielles a été développé en bordure d'un parc pour accueillir les expositions universelles du XIXe siècle. Il possède un important musée d'art moderne en style fonctionnaliste (Veletržní palác), et le musée lapidaire de Prague.

Transports et communications[modifier | modifier le code]

Desserte aérienne[modifier | modifier le code]

L’aéroport international de Prague, appelé également Praha-Václav-Havel, situé à l'Ouest de la ville, connaît une forte croissance de son trafic-voyageur du fait du boom touristique (dont celui des congrès) et du rôle croissant que prend la ville comme centre économique entre l'Europe de l’Ouest et celle de l’Est. En 2011, l'aéroport a enregistré un trafic de 11 788 629 passagers[15] dont 33 % étaient des Tchèques, 11,2 % des Russes et en troisième position les Français (5,4 %). En 2010, l'aéroport était classé en 35ème position au niveau européen en termes de trafic passagers avec environ 11,6 millions de passagers, se plaçant en Europe Centrale derrière les aéroports de Munich (34,7 millions de passagers), de Vienne (19,7 millions) et de Berlin-Tegel (15,1 millions) mais devant les aéroports de Varsovie (8,7 millions) et de Budapest (8,2 millions)[16].

L'aéroport domestique Vojenské Letiště kbely (ou Letiště Praha-Kbely, Code OACI : LKKB), situé au Nord Est de la ville, dans le quartier de Kbely.

Au Sud de la ville se trouve l'aérodrome Letiště Točná.

Desserte ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare centrale de Prague.

La ville de Prague, qui est au centre du réseau des Chemins de fer tchèques, compte quatre grandes gares :

Desserte routière[modifier | modifier le code]

Prague est le carrefour routier de la République tchèque, les principales autoroutes qui rayonnent depuis Prague étant la D1, qui conduit vers Jihlava et Brno, la D5 qui mène à Pilsen et, via Rozvadov, à Nuremberg, la D8, qui va à Ústí nad Labem ; et la D11, qui conduit à Hradec Králové. Les grands axes routiers européens passant par Prague sont la route européenne 50 qui relie Brest (France) à Makhatchkala (Russie), la route européenne 55 reliant Helsingborg (Suède) à Kalamata (Grèce), la route européenne 65 de Malmö (Suède) à La Canée (Grèce) et la route européenne 67 reliant Helsinki à Prague.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Prague possède un réseau de trois lignes de métro, d'une vingtaine de lignes de tramway de jour et d'une dizaine de nuit. En parallèle, un réseau d'autobus irrigue la ville. Des lignes d'autobus effectuent la navette entre l'aéroport international de Prague et les terminus des lignes A et B du métro.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de Prague au 31 décembre 2010 s'élevait à 1 257 158 habitants, soit environ 12 % de la population totale de la République tchèque, et trois fois plus que la deuxième ville du pays, Brno.

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de Prague
1400 1500 1600 1650 1702 1754 1850 1890 1900
40 000 (est.) 30 000 (est.) 60 000 (est.) 26 500 (est.) 40 000 (est.) 59 000 (est.) 136 000 397 000 514 000
1920 1925 1930 1935 1940 1945 1950 1955 1960
676 737 755 735 841 318 920 454 920 661 927 138 933 368 970 572 997 890
1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005
1 022 621 1 077 177 1 164 360 1 190 206 1 189 918 1 215 800 1 212 655 1 183 900 1 176 116
2010 - - - - - - - -
1 251 726 - - - - - - - -
Population en milieu d'année.
(Sources : CZSO[17], Histoire de Prague[18])


On estime que 300 000 personnes, venues essentiellement de la Bohême-Centrale se déplacent quotidiennement vers Prague pour leur travail. Le prix de l'immobilier fait que, désormais de plus en plus inaccessible aux budgets moyens, Prague a tendance a stagner au profit de la Bohême-Centrale qui est la région la plus dynamique, démographiquement parlant, du pays.

Immigration[modifier | modifier le code]

Le nombre d'étrangers était de 148 447 (11,8 % de la population), les nationalités les plus représentées étant les Ukrainiens (33,1 % du total des étrangers), les Russes (12,6 %), les Slovaques (11,8 %) et les Vietnamiens (7,2 %)[19].

Comme on l’a vu plus haut, Prague fut à une certaine époque divisée entre trois communautés culturelles, c'est-à-dire les tchèques, majoritaire, les allemands et les juifs. Angelo Ripellino, dans son livre Praga Magica[20] décrit bien la compétition culturelle et politique entre les différentes communautés d'alors :

« Le sortilège de Prague était en partie dû à son caractère de ville où cohabitaient trois peuples (Dreivölkerstadt) : le tchèque, l'allemand et le juif. Le mélange et le contact des trois cultures donnaient à la capitale de Bohême un caractère particulier, une extraordinaire richesse de ressources et d'impulsions. À l'aube du XXe siècle, y résidaient 414 899 Tchèques (92,3 %) et 37 776 Allemands (7,5 %) parmi lesquels 25 000 personnes d'origine juive. La minorité de langue allemande possédait deux théâtres somptueux, une vaste salle de concert, l'université[21] et l'institut polytechnique, cinq lycées, quatre Oberrealschulen, deux quotidiens, une foule de cercles et d'Instituts. »

Durant l'occupation allemande de la Tchécoslovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale, la grande majorité des Juifs périt dans l'Holocauste. Les habitants germanophones, quant à eux, sont expulsés, après la Seconde Guerre mondiale, à la suite des décrets Beneš. Prague reste cependant une terre d’accueil avec 50 000 Slovaques, 50 000 Ruthènes et 20 000 ressortissants de l'ex-URSS (Russes et Biélorusses en majorité), 10 000 Yougoslaves (Serbes ou Croates), 20 000 Roumains, 10 000 Hongrois et 40 000 Vietnamiens arrivés en Tchécoslovaquie durant le communisme en vertu d'accords de coopération économique mais aussi depuis une dizaine d'années. La communauté asiatique est en grande augmentation. Prague compte aussi une communauté musulmane en augmentation. Une mosquée a été construite en 2000[22]. La ville accueille également en plusieurs îlots (concentré à Libeň, Smíchov et Žižkov) une minorité Roms. La proportion des Roms dans la population globale de la ville est de moitié inférieure à la moyenne de la République tchèque[23]. Karlín concentre, selon toute évidence, la plus grande communauté asiatique avec les quartiers de Holešovice et Písnice.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Prague est très riche et associe le duché de Bohême avec les grands moments de l'histoire médiévale européenne. Par la suite, l'accession de Prague au degré de capitale du Saint Empire Germanique en fait véritablement le cœur de l'Europe. L'éloignement de Prague de la vie européenne occidentale résulte de la scission opérée par le communisme. c'est une histoire à redécouvrir.

Articles détaillés : Histoire de Prague et Chronologie de Prague.

Devises et héraldique[modifier | modifier le code]

La conception actuelle a été approuvée par le conseil municipal le 21 mars 1991.

Pendant la période communiste, la République socialiste tchécoslovaque avait modifié les armoiries actuelles.

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Přemysl et Libuše de Josef Václav Myslbek
Prague vu par le satellite Spot

La région de Prague est peuplée dès le paléolithique. Comme le reste de la Bohême, Prague est tout d'abord habitée par les Boïens, un peuple celte qui arrive ici aux environs de l'an -200 et qui occupe un campement au sud de la ville actuelle appelé Závist. La Bohême tient son nom de ce peuple. Ils sont supplantés dans la région par les Marcomans, une tribu germanique, puis les Avars les remplacent avant de partir vers l'ouest sous la pression des Slaves qui s'y installent au VIe siècle. Selon la légende colportée par Cosmas de Prague, la ville est fondée par la princesse Libuše et son mari Přemysl, également fondateur (mythiques) de la dynastie des Přemyslides. Que la légende soit vraie ou fausse, des fouilles archéologiques attestent de la présence humaine au IXe siècle sur les hauteurs de Vyšehrad, sur la rive droite de la Vltava, et celles du futur Château de Prague sur la rive gauche.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le temps des ducs de Bohême

La première trace écrite mentionnant Prague date de 965. Elle est le fait d'un marchand juif d'Andalousie, Ibrahim ibn Ya'qub. La ville devient évêché en 973. En 1170, Vladislav II fait construire, le premier pont de pierre sur la Vltava, le pont de Judith qui, écroulé en 1342 sera remplacé par un pont de pierre, le célèbre pont Charles. Otakar II fonde Malá Strana en 1257 qui reçoit alors une charte municipale et héberge la communauté allemande qui s'autoadministre selon les droits de Magdebourg. Sur l'autre rive de la Vltava, la Vieille Ville de Prague se développe autour de son noyau historique de Týn et est peuplée de Tchèques et d'une communauté juive dans ce qui deviendra Josefov. En 1270, la Synagogue Vieille-Nouvelle est construite.

L'âge d'or de la dynastie des Luxembourg

La ville connaît son apogée avec le roi de Bohême et futur empereur germanique Charles IV (fils de Jean de Luxembourg) qui fait édifier le pont Charles (1357), la cathédrale Saint-Guy de Prague (1344), fonde en avril 1348 l'université Charles, la première université germanophone, et étend la ville à l'est et au sud pour créer la Nouvelle Ville (1347) qui double la superficie de la Vieille-Ville. En 1355, Charles IV fait de Prague la capitale du Saint-Empire romain germanique. En 1378, dernière année du règne de Charles IV, Prague compte 40 000 habitants, ce qui en fait la troisième ville la plus peuplée d'Europe.

Guerre hussites

Prague est alors un centre culturel et religieux de première importance, où naissent les premiers balbutiements de la Réforme avec Jan Hus qui prêche en tchèque à la chapelle de Bethléem contre les abus de la hiérarchie catholique, en particulier contre le trafic des indulgences. Sa mort, en 1415, sur le bûcher, lors du concile de Constance met le feu aux poudres en Bohême et marque le début des croisades contre les hussites qui mettent un terme à cette expansion urbaine. En 1419, les hussites prennent le contrôle de la ville, l'empereur Sigismond envoie une armée pour reprendre possession de la ville mais celle-ci est défaite. Ce n'est qu'à la bataille de Lipany, en 1434, que les Praguois seront mis en déroute. Toujours insoumise, la diète de Bohême, réunie dans l'hôtel de ville de la Vieille-Ville, élit pour roi Georges de Poděbrady le 27 février 1458. Préférant un souverain slave plutôt qu'un Habsbourg, la diète élit Vladislas Jagellon en remplacement de Georges Ier.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

La Renaissance et l'âge d'Or de Rodolphe II

L'église Saint-Nicolas de Malá Strana, symbole de la Contre-Réforme en Bohême.

Mais la fille de Vladislav IV, Anne Jagellon épouse Ferdinand d'Autriche, selon un accord dynastique arrangé par Maximilien Ier du Saint-Empire en 1515, et la ville repasse bientôt sous domination habsbourgeoise. Sous les Habsbourg, Prague balance entre des mouvements sporadiques de révolte (celle de la diète des États de Bohême en 1547 par exemple, réprimée par Ferdinand Ier) et de soumission, le plus souvent imposée. En conséquence, les privilèges municipaux, son influence politique et son indépendance vont en diminuant tout au long de la période. De 1583 à 1612, sous le règne de Rodolphe II du Saint-Empire, elle est de nouveau capitale impériale et connait une ère de prospérité culturelle à laquelle met fin la seconde défenestration de Prague en 1618 qui déclenche la guerre ouverte de la noblesse tchèque, largement protestante, envers le pouvoir impérial (et catholique) des Habsbourg et, au niveau européen, la guerre de Trente Ans.

La contre-réforme catholique et la légende de "l'âge Noir"

La défaite des armées tchèques et protestantes à la bataille de la Montagne Blanche en novembre 1620 et la décapitation, place de la Vieille-Ville (marquée encore aujourd'hui de 27 croix blanches sur le sol, en commémoration de l’événement), des vingt-sept meneurs de la révolte marquent, pour longtemps, la fin des espoirs d'indépendance des États de Bohême. Au niveau religieux, la Contre-Réforme bat alors son plein, les Tchèques protestants (dont le plus célèbre est sans conteste Comenius) sont contraints de se convertir ou de s'exiler. Au niveau politique, en 1627, Ferdinand II annule la Charte de Vladislav Jagellon (1500) et impose la Nouvelle Charte des États de Bohême (en allemand, Verneuerte Landesordnung, en tchèque, Obnovené zřízení zemské) qui impose la germanisation de l'enseignement et de l'administration. La paix de Prague y est signée en 1635 entre l'empereur et certains princes allemands protestants. En 1648, à la fin de la guerre de Trente Ans, la rive gauche de la ville (Hradčany et Malá Strana) est envahie et pillée par les armées protestantes suédoises peu avant que les traités de Westphalie ne mettent fin aux hostilités qui ont mis l'Europe centrale à feu et à sang. S'ensuit un siècle de paix, qui voit la ville s'embellir avec l'édification de chefs-d'œuvre baroques comme l'église Saint-Nicolas de Malá Strana, les palais Kinský et Šternberk, l'archevêché de Prague et l'achèvement baroque du château de Prague. En 1741, la guerre de Succession d'Autriche voit l'arrivée des troupes de Frédéric II de Prusse, alliées à l'armée française du Maréchal de Belle-Isle qui mettent le siège et prennent la ville. Peu après, lors de la guerre de Sept Ans, la bataille de Prague, le 6 mai 1757 marque la victoire des Prussiens sur les Autrichiens et les Russes mais, malgré leur victoire, les Prussiens ne peuvent s'emparer de Prague. Le 12 février 1784 est une date importante dans l'histoire de Prague : elle naît alors officiellement de la fusion des quatre villes originelles que sont

La « métropole royale de Prague » (son nom officiel, Královské hlavní město Praha en tchèque) est la seconde ville de l'Empire avec soixante-seize-mille habitants et 143 hectares. Josefov, le ghetto juif au sein même de la vieille ville conserve encore un statut séparé et autonome.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le renouveau de Prague avec le printemps des nationalités (1848-1914)

1848, le Printemps des Peuples affecte aussi Prague.

En 1848, toute l'Europe démocratique se soulève contre ses monarques et Prague est l'un des centres les plus radicaux en la matière. Cependant, le prince de Windisch-Graetz entre dans la ville le 27 juin 1848, et dissout dans le sang la Diète tchèque. Comme beaucoup de capitales européennes, Prague absorbe ses banlieues lors de l'explosion urbaine du XIXe siècle : Josefov en 1850, Vyšehrad en 1883 puis Holešovice et Bubny un an plus tard suivis de Libeň en 1901, donnant naissance à un ensemble de douze districts s’étendant sur 496 km²[24]. Prague, où se côtoient toujours et s'affrontent souvent Tchèques, Allemands et Juifs, devient un véritable « bouillon de culture ». La rivalité entre les communautés marque l'architecture de la ville : au Théâtre national tchèque (projeté dès 1844, achevé en 1881) fait pendant le Neuer Deutscher Theater (1883-1888); la galerie nationale à Prague abrite, depuis 1796, les collections de la noblesse (pro-allemande) de Bohême ? qu'à cela ne tienne, les Tchèques fondent en 1818 leur musée patriotique de Bohême. Le Rudolfinum, offert en 1885 à la « nation tchèque » par la première banque du royaume de Bohême est, sage compromis, dédié au prince-héritier Rodolphe de Habsbourg. Les fortifications du Moyen Âge sont progressivement abattues pour faire place à une ville en pleine croissance (elle atteint le demi-million d'habitants à la fin du siècle). Les Tchèques prennent peu à peu le pouvoir et leur revanche : ils ont la majorité du premier conseil municipal en 1861. En 1884, la municipalité met en place un plan de régulation de la Vltava et entreprend, en parallèle, l'assainissement du quartier de Josefov, peu ou prou rasé et reconstruit selon des critères hygiénistes avec rues larges, tout-à-l'égout, gaz, etc., en copiant les idées de Haussmann. Quelques années plus tard, elle se dote du tramway.

Prague capitale du nouvel état de Tchécoslovaquie (1918- 1939)

Avec l'indépendance de la Tchécoslovaquie, proclamée le 28 octobre 1918, Prague redevient capitale et nombre de rues sont rebaptisées. La ville est modernisée et étendue. En 1922, la Grande Prague est fondée qui englobe ses faubourgs jusqu'alors indépendants comme Vinohrady, Žižkov, Dejvice, Smíchov, Střešovice ou Košíře. Elle connait un développement urbain sans précédent, se voit adjoindre nombre de théâtres, un aéroport à Kbely, la place Venceslas est refaite, en 1928, pour faire place au trafic automobile, la cathédrale Saint-Guy est achevée en 1929 à temps pour fêter dignement le millénaire de la mort de saint Venceslas. La crise de 1929 ralentit ce développement sans pour autant l'arrêter. L'aéroport de Praha-Ruzyně est alors mis en service. En 1938, Prague compte un million d'habitants. Le cubisme connaît une vogue toute particulière grâce à des architectes comme Pavel Janák, Josef Gočár ou Josef Chochol qui créent ce style typiquement tchécoslovaque : le rondo-cubisme. Un quartier entièrement cubiste se construit à Vyšehrad.

Invasion allemande et Seconde Guerre Mondiale (1938-1945)

Immédiatement après la prise de pouvoir de Hitler, Prague devient un lieu d'exil de nombreux allemands, du fait de sa proximité géographique avec Berlin, du siège du parti social-démocrate allemand exilé, la SoPaDe (de:Sopade) et parce qu'on parlait allemand. C'est ici que le SoPaDe a publié son Manifeste de Prague qui incitait au soulèvement contre Hitler en janvier 1934 (de:Prager Manifest). Peu avant la Seconde Guerre mondiale, Prague accueille les réfugiés tchèques expulsés des Sudètes rattachés au Troisième Reich à la suite des accords de Munich. Le 15 mars 1939, la Bohême-Moravie est conquise dans son intégralité et Adolf Hitler parade au Château de Prague. Les universités et grandes écoles sont fermées et les manifestations estudiantines réprimées dans le sang. Le 27 mai 1942, dans Hradčany, un attentat coûte la vie au SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich, surnommé « le bourreau ». Prague perd une part importante, sinon en nombre, du moins en ce qu'elle participait indéniablement au rayonnement culturel de la ville, de sa population. Exilés, suicidés (comme le poète Jiří Orten) ou déportés au camp de concentration de Theresienstadt ou ailleurs, la communauté juive de Prague est décimée.

Résistant tchèque et soldat de l'Armée Rouge.

À l'inverse de ses rivales d'Europe centrale, Vienne, Dresde, Varsovie ou Berlin, la métropole tchèque a peu souffert en ses murs des bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

Libération, Coup d'état communiste et Après-guerre (1945-1968)

Le 5 mai 1945, éclate une insurrection qui mènera à la Libération de la ville par une Résistance largement improvisée autour d'un Conseil national tchèque (Česká národní rada ou ČNR), qui prend la tête de l'insurrection. Le 8 mai, les troupes allemandes capitulent et, selon des accords préalables, l'Armée rouge libère Prague le 9 mai 1945 lors de l'offensive de Prague.

Peu après la Seconde Guerre mondiale, le Parti communiste tchécoslovaque monte en puissance. Les élections de 1946 et de 1948 donnent la majorité aux communistes à Prague, qui s'emparent totalement du pouvoir en février 1948, avec le Coup de Prague. Un impressionnant monument à la gloire de Staline est construit sur le front du Parc de Letná : ouvriers, kolkhoziens et soldats se pressent derrière le « petit père des peuples » en un ensemble, sinon grandiose, du moins impressionnant. En 1960, une nouvelle sectorisation de la ville est adoptée (de 1 à 10), laquelle est encore largement en place aux débuts du XXIe siècle et quatre villes de banlieue supplémentaires sont absorbées par la métropole. La décennie des années soixante est surtout marquée par un programme de construction massif dans les banlieues où la construction en panneaux préfabriqués fait surnommer les HLM tchécoslovaques panelák (mot construit à partir du mot « panneau »).

Prague au temps du "socialisme à visage humain" et l'invasion soviétique (1968)

En 1968, le Printemps de Prague marque la ville de façon éphémère, il est écrasé en août par 400 000 soldats et 6 300 tanks des armées du Pacte de Varsovie. L'aéroport de Praha-Ruzyně voit atterrir les avions russes avec des équipements de combat. Les Praguois improvisent une résistance et des combats ont lieu, en particulier autour de la radio-télévision tchécoslovaque et du musée national tout proche. Le 16 janvier 1969, Jan Palach s'immole par le feu sur la place Venceslas pour protester contre l'invasion de son pays par l'Union soviétique. Le XIVe congrès du PCT marque la fin des hostilités, du Printemps de Prague et le début de la Normalisation en Tchécoslovaquie. En 1969, Prague devient la capitale de la République socialiste tchèque, l'une des deux républiques de la République socialiste tchécoslovaque (dont elle reste la métropole) qui se transforme en une fédération sans que son nom, cependant, ne soit changé. Mais ces années sombres au niveau politique et stagnantes au niveau économique n'empêchent pas la ville de continuer sa croissance. Le projet, presque centenaire, du métro de Prague et celui de la magistrála, la voie rapide qui traverse la ville sont mis en œuvre. Le pont de Nusle joint les deux projets en faisant passer le métro sous l'entablement du pont routier. Les années 1980 voient quelques grands travaux entrepris pour équiper ou embellir la ville : le théâtre national de Prague est restauré et rouvert en 1983, le Palais des congrès ouvre ses portes et le quartier de Pankrác se couvre de tours plus ambitieuses (et plus vides) les unes que les autres. À Žižkov, la tour d'émission de la radio-télévision tchécoslovaque est alors édifiée et reste à ce jour le point culminant de la ville.

La Révolution de velours, la séparation avec la Slovaquie et l'entrée dans l'Union européenne

La « maison qui danse », symbole du renouveau Praguois.

La Révolution de velours, en 1989, marque pour Prague comme pour le reste du pays une seconde Libération : la toute-puissance du parti unique et de sa police politique s'effondrent, les libertés démocratiques sont rétablies, les symboles de la dictature sont supprimés et les noms de certaines rues, places ou stations du métro sont « démocratisés ». Le pape Jean-Paul II et le président George Bush se déplacent alors jusqu'à Prague. En 1992, le centre historique de la ville est inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Au 1er janvier 1993, elle devient la capitale de la République tchèque. Une réforme administrative, en 1995, définit une nouvelle segmentation des différents arrondissements de la ville qui deviennent plus autonomes. Vers la fin des années 1990, les banlieues voient l'éclosion des premiers centres commerciaux sur le modèle de ceux de l'ouest. En 2000, Prague est nommée capitale européenne de la culture. En septembre de la même année, le sommet du Fonds monétaire international se réunit au palais des congrès de Prague, ce qui provoque nombre de manifestations de la part des mouvements anti-mondialisation qui affrontent la police durant toute la semaine. Un an plus tard, en octobre 2001, les chefs d'État de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord se réunissent dans la ville, ceci ainsi que le déménagement du siège de Radio Free Europe, entraînent des mesures de sécurités exceptionnelles qui paralysent partiellement la ville. La crue « bimillénaire » de la Vltava, en août 2002, nécessite l'évacuation de parties entières de la ville : Karlín, Holešovice ou le bas de Malá Strana se retrouvent sous les eaux. Si le métro de Prague est alors, lui aussi, inondé et mis hors service pour environ six mois, cela a lieu au milieu de la nuit et on ne déplore aucune victime. Par chance également, la Vieille Ville est protégée par des barrières anti-inondations et, contrairement aux inondations précédentes, reste hors d'atteinte des eaux.

Administration et société[modifier | modifier le code]

Vie politique[modifier | modifier le code]

Les organes décisionnels sont la Représentation de la ville de Prague (Zastupitelstvo hlavního města Prahy), comprenant soixante-dix représentants élus pour quatre ans, et le Conseil de la ville de Prague (Rada hlavního města Prahy), comprenant onze membres élus parmi les représentants, avec à sa tête le maire (primátor).

Découpage administratif[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Districts de Prague.

De 1960 à 1990, la ville était subdivisée en dix arrondissements (městská část). Désormais, Prague est subdivisée en vingt-deux districts administratifs (správní obvod), cinquante-sept districts municipaux (městská část) et cent-douze territoires cadastraux (katastralní uzemí). Cependant, les Praguois se réfèrent usuellement aux noms des quartiers historiques, qui leur sont plus parlants et qui sont soit éclatés entre plusieurs sous-divisions administratives, soit réunis à plusieurs dans un district municipal ou administratif.

Cadastre et numérotation[modifier | modifier le code]

Numéro cadastral en rouge et numéro de rue en bleu.

À Prague, comme dans les autres villes tchèques, un double système est utilisé pour la numérotation des voies. Chaque bâtiment possède un numéro descriptif (číslo popisné) en rouge et un numéro d'orientation (číslo orientační) en bleu. Le numéro rouge, qui correspond à une parcelle du cadastre, est unique pour chaque bâtiment d'un quartier donné et peut ne pas suivre les numéros des bâtiments proches. Le numéro bleu est un simple numéro séquentiel, similaire à ceux utilisés dans d'autres villes européennes. Chaque numéro peut être utilisé seul dans une adresse, mais il est possible d'indiquer les deux à la fois pour éviter toute méprise, en commençant par le numéro rouge : « Hlavní 20 / 7 ». Cette redondance s'explique par le caractère non-systématique du nom des rues : dans les villages, elles ne sont généralement pas nommées et le numéro descriptif ou cadastral est alors indispensable au facteur ou au visiteur ; dans les villes, au contraire, il est de peu d'utilité mais — considération d'une administration souvent kafkaïenne — obligatoire.

Éducation[modifier | modifier le code]

Établissements scolaires[modifier | modifier le code]

En 2005, Prague totalisait plus de 103000 élèves d'écoles maternelles (mateřská škola en tchèque) et primaires (základní škola en tchèque) répartis, respectivement en 307 écoles maternelles et 219 écoles primaires, établissements privés et publics confondus. Le nombre d'élèves par enseignant en école maternelle est de l'ordre de 12,4, alors qu'il est de 14,4 en école primaire, avec une moyenne de 22,1 élèves par classe[25]. L'enseignement secondaire[25] est lui assuré par :

  • 58 lycées généraux (gymnázium en tchèque) totalisant un peu moins de 24000 élèves, avec une moyenne de 10,5 élèves par enseignant. Les lycées préparent les élèves au certificat de maturité, assimilable au baccalauréat français.
  • 46 établissements d'enseignement professionnel (střední odborné učiliště en tchèque, abrégé SOU), similaires aux lycées professionnels en France, accueillant approximativement 19500 apprentis avec une moyenne de 10,9 apprentis par travailleur pédagogique (enseignants et maîtres artisans). Les élèves y préparent un diplôme d'apprentissage aux métiers de technicien et d'artisanat. Un parcours optionnel de deux ans (voir un an en plus ou en moins, selon la durée du cursus précédent) permet aux apprentis de se présenter au certificat de maturité.

Vie universitaire[modifier | modifier le code]

Prague est une ville étudiante, avec approximativement 130000 étudiants en 2005[25], soit plus d'un tiers du nombre total d'étudiants en République tchèque. Ce nombre est en constante augmentation. La ville concentre plusieurs universités, écoles ou conservatoires de prime importance tant au niveau national qu'international :

Entrée du Karolinum
  • L'université Charles de Prague (univerzita Karlova v Praze en tchèque, abrégé UK ; Universitas Carolina Pragensis en latin), fondée en 1348 par l'empereur Charles IV avec l'appui du pape Clément VI qui publia une bulle à ce sujet le 26 janvier 1347. De fait, elle est la plus ancienne université d'Europe centrale mais aussi la plus ancienne université allemande. Son siège, le Karolinum, est classé aux monuments nationaux de la République tchèque. L'université Charles de Prague est fréquentée en 2010 par un peu moins de 53000 étudiants dont 8000 doctorants et plus de 7000 étrangers. Elle est divisée en 17 facultés couvrant un large spectre de disciplines dont les sciences humaines et sociales, le droit, la linguistique, les sciences naturelles, la médecine, la pharmacologie ou encore les mathématiques. Une grande partie des enseignements est aujourd'hui dispensée en anglais en plus du tchèque.
  • L'université technique de Prague (České vysoké učení technické v Praze en tchèque, abrégé ČVUT), fondée en 1707 par l'empereur Joseph Ier à la demande de Christian Josef Willenberg d'enseigner les "arts de l'ingénierie" à Prague, ce qui en fait la plus ancienne université technique d'Europe centrale. Elle est divisée en 8 facultés dont, par exemple, la faculté de physique nucléaire, la faculté d'électrotechnique ou encore la faculté de génie biomédical. En 2009, elle accueille un peu plus de 23000 étudiants, environ 2300 doctorants. De très nombreux enseignements sont également dispensés en langue anglaise. Le siège de l'université se situe à Prague 6.
Rectorat de l'université technique de Prague

Prague dispose de nombreux autres centres d'enseignement dont l'école des arts appliqués de Prague (Vysoká škola uměleckoprůmyslová v Praze en tchèque, abrégé UMPRUM), l'université des sciences de la vie de Prague (Česká zemědělská univerzita v Praze en tchèque, abrégé ČZU) ou l'institut de technologie et de chimie de Prague (Vysoká škola chemicko-technologická v Praze en tchèque, abrégé VŠCHT) ainsi que d'établissements privés.

Santé[modifier | modifier le code]

Justice[modifier | modifier le code]

Sécurité[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Tour de télévision de Prague dans le quartier Žižkov escaladée par des sculptures de bébés géants par David Černý.

Les titres de la presse nationale tchèque sont tous publiés à Prague. La ville abrite également les studios de la télévision publique, Česká televize et de TV Nova, une chaîne de télévision privée, leader en termes d'audience. Pour le lecteur francophone, le magazine À Tout Prague sort depuis l'an 2000 sous forme trimestrielle. Il offre des articles de qualité sur Prague et la République tchèque. La ville abrite les studios de Radio Free Europe dont les émissions, autrefois destinées aux pays du Bloc de l'Est sont en cours de réduction et de redéploiement : Radio Free Iraq vers l'Irak, Radio Farda vers l'Iran, Radio Free Afghanistan vers l'Afghanistan. Les studios, situés en plein centre-ville et jouxtant le musée national, sont, pour des raisons de sécurité, d’accès lourdement protégé. Ceci n'est pas sans poser des problèmes puisque deux voies de la « magistrale », la principale artère de la circulation de la ville, sont bloquées pour défendre l'accès vers les studios sis dans le bâtiment qui, anciennement, abritait le parlement fédéral de la République fédérale tchèque et slovaque. Un projet de déplacement de Radio Free Europe est en cours vers un lieu moins central et plus facile à surveiller.

Sport[modifier | modifier le code]

Match de hockey sur glace dans la Sazka Arena

Selon ses organisateurs, le marathon de Prague, créé en 1995, est devenu, en l'espace d'une décennie l'un des plus internationaux de sa catégorie avec les deux-tiers des marathoniens appartenant à 55 nationalités. La ville de Prague est également connue pour ses équipes de hockey sur glace. Ainsi dès 1900, le Slavia[27] est fondé puis c'est le tour des clubs du Lawn Tennis Club Praha[28] et du Sparta[29] d'être créés en 1903. Dès 1936, première saison officielle du championnat de Tchécoslovaquie, le LTC va remporter son premier championnat[30]. L'équipe va au total remporter 10 titres de champion ainsi que 7 Coupes Spengler[31], ne ratant que le titre de 1941 au profit du 1. CLTK Prague. Le 1er octobre 1948 l’Armádní Telocvicný Klub Praha (en français club d'entraînement physique de l'armée) est fondé par l'armée tchécoslovaque et la section de hockey rejoint alors le championnat élite[32]. Le club remporte le titre de champion lors de sa seconde saison mais le succès ne sera pas au rendez-vous pour les saisons suivantes et finalement les différents clubs de la capitale arrêtent tour à tour leurs activités. Les deux seuls clubs à durer dans le temps sont le Slavia et le Sparta, ce dernier remportant 4 titres de champion de Tchécoslovaquie. En 1993, à la suite de la partition du pays, les deux clubs intègrent les nouvelles divisions tchèques : le Sparta prend immédiatement place dans l'Extraliga alors que le Slavia mettra un an de plus. Depuis la création de l’Extraliga, le Slavia a remporté une fois le championnat (en 2003) contre 4 fois pour le Sparta (2000, 2002, 2006 et 2007). La Sazka Arena, la patinoire du Slavia, a été édifiée pour le championnat du monde 2004 et Prague dispose ainsi de l'un des complexes sportifs multifonctionnels les plus avancés d'Europe[33]. La répartition des fans et sportifs praguois entre « spartiates » et « slavistes » se retrouve dans les clubs de football et de hockey sur glace avec le Sparta Prague, créé en 1893 et le Slavia Prague, créé en 1892. La ville, avec le stade de Strahov, peut s'enorgueillir de posséder le stade le plus vaste au monde : 63 500 m² et une capacité de 250 000 spectateurs.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Prague a signé depuis 1898 des accords de partenariat avec[34] :

La ville entretient également des contacts actifs, mais non formalisés par un jumelage, avec :

Le premier arrondissement de la ville est jumelé avec Drapeau de l'Allemagne Bamberg (Allemagne).

Économie[modifier | modifier le code]

Prague est le centre économique de la République tchèque. Elle concentre les activités économiques centrales du pays telles que la Bourse de Prague, la Banque nationale tchèque, les Chemins de fer tchèques, etc. Les sièges sociaux des principales entreprises comme ČEZ ou des banques comme Československá obchodní banka et Komerční banka. En plus de l'industrie du film et de l'industrie du tourisme, on trouve à Prague de nombreuses entreprises de l'industrie de transformation. Le produit intérieur brut de la ville s'élevait à 38,5 milliards de euros en 2010, ce qui représente une contribution au PIB national de 25,8 %, pour environ 12 % de la population globale du pays. Le PIB par habitant atteint 226 % de celui des autres régions tchèques, supérieur également à la moyenne de l'Union européenne : en PIB à parité de pouvoir d’achat, Prague se situe à 72 % au-dessus de la moyenne européenne[35].

Industrie[modifier | modifier le code]

Le nombre d'entreprises[Note 1] industrielles à Prague était de 222 en 2010, employant 73 895 personnes, majoritairement dans l'industrie alimentaire (environ 9 700 employés employés), la fabrication d'équipements électriques (environ 8 900 employés), la réparation et l'installation de machines et d'équipements (environ 6 000 employés) et l'industrie automobile (environ 5 400 employés)[36]. Le nombre d'employés dans le secteur industriel est en déclin constant, passant de 190 000 en 1961, à 148 000 en 1980 et 78 000 en 2001[A 1].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le pont Charles avec le château de nuit
Visiteurs étrangers
à Prague en 2010[37]
Pays Nombre %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 603 353 14,7 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 322 386 7,8 %
Drapeau de l'Italie Italie 277 487 6,7 %
Drapeau des États-Unis États-Unis 270 974 6,6 %
Drapeau de la Russie Russie 268 193 6,5 %
Drapeau de la France France 203 713 5 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 179 028 4,3 %
Drapeau de la Pologne Pologne 150 335 3,7 %
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 124 629 3,0 %
Drapeau du Japon Japon 104 688 2,5 %
Autres 1 612 081 39,2 %
Total 4 116 867 100

Le tourisme est un secteur d'activité important à Prague, avec un nombre annuel de visiteurs qui a atteint 4,7 millions en 2010, représentant plus de 12 millions de nuitées[38]. Il s'agit en majorité de visiteurs étrangers (4,1 millions en 2010) parmi lesquels arrivent en tête les Allemands (603 000), suivis des Britanniques (323 000), des Italiens (277 000), des Américains (271 000) et des Russes (268 000). Le secteur emploie environ 30 000 personnes dans la capitale tchèque[A 2].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

L'opéra de Prague

Un dicton tchèque affirme co Čech, to muzikant, « tel Tchèque, tel musicien ». La musique joue un rôle de premier plan dans la vie culturelle de la capitale. Les salles de concert ou d'opéra sont nombreuses et illustrent l'antique concurrence que se faisaient les Tchèques et les Allemands pour la suprématie culturelle (et politique) de la ville. Le théâtre national tchèque ouvre ses portes pour la première fois le 11 juin 1881 en l'honneur de la visite de l'archiduc Rodolphe d'Autriche. Incendié peu après son inauguration, il est reconstruit en un temps record et rouvert en 1883 avec l'opéra Libuše de Bedřich Smetana composé pour l'occasion. L’Opéra d'État, autrefois connu sous le nom de Neuer Deutscher Theater est achevé en 1888 pour damer le pion aux ambitions tchèques. Partagé entre les troupes tchèques et allemandes, l'œcuménique Théâtre des États reste surtout célèbre pour avoir été le lieu de la première du Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart. L'édification du Rudolfinum, aujourd'hui siège de l'Orchestre philharmonique tchèque, date de la même époque. Achevée en 1885, cette salle de concert est dédiée au prince héritier de l'empire, Rodolphe d'Autriche. L’Orchestre symphonique de Prague préfère, pour sa part, jouer dans la salle Smetana de la Maison municipale construite dans le style de la sécession viennoise. Non content d’avoir pour l’éternité inspiré le nom du Printemps de Prague, bucolique appellation qui recouvre les tragiques événements du printemps 1968 qui ont marqué le pays, le Festival du Printemps de Prague (Pražské Jaro) fête la musique chaque année depuis 1946. Son pendant automnal, le Festival de l’Automne de Prague (Pražský Podzim) n’a pas eu la même postérité même s’il peut se vanter d'un semblable niveau d'excellence musicale. Quelques musées tentent d'expliquer au touriste de passage cette relation d'amour entre les Praguois et la musique, la villa Bertramka rappelle le passage de Mozart chez ses amis praguois et musiciens, Josefa Dušková et son époux František Dušek. Le musée Antonín Dvořák est sis dans la villa Amerika, petit chef d'œuvre d'architecture baroque de Kilian Ignace Dientzenhofer. Le musée Bedřich Smetana retrace les pas de cet autre géant de la musique tchèque. Le musée tchèque de la musique a récemment ouvert ses portes dans le quartier de Malá Strana.

Musées[modifier | modifier le code]

Au sud de Mala Strana, dans le quartier Smichov, se trouve la maison de Mozart. C'est ici qu'il composa Don Giovanni. Son premier clavecin du musicien, et une mèche de ses cheveux y sont exposés. Ceci dit, les musées offrent de riches collections qui valent le détour. Celles de la Galerie nationale sont judicieusement réparties dans plusieurs bâtiments adaptés à chacune des époques exposées : la peinture et la sculpture gothiques au couvent Sainte-Agnès fondé en 1234 par sainte Agnès, la peinture maniériste et baroque (en particulier les collections de Rodolphe II du Saint-Empire sont exposées au cloître Saint-Georges, le palais Šternberk abrite celles de l'art européen de l'antiquité à nos jours, l'imposant palais des foires et expositions expose les Beaux-Arts des XIXe et XXe siècles alors que la Maison à la Vierge noire offre un aperçu de cette période d'intense création qu'est le cubisme tchécoslovaque[39]. Les écuries du château de Prague et celles du palais Wallenstein servent de cadre aux expositions temporaires de la Galerie nationale. Le musée national qui domine de sa masse imposante la place Venceslas hésite entre une fonction de muséum d'histoire naturelle (avec de riches collections de minéralogie) et celle de panthéon de la nation tchèque (avec une coupole honorant les grands hommes du pays). Il est gratuit tous les premiers lundi du mois. Le musée juif de Prague dans l'ancien ghetto de Josefov retrace l'histoire de cette communauté essentielle à la culture de la ville. Hitler voulant faire de Prague le « musée de la race disparue », le musée Juif de Prague a beaucoup hérité des collections amassées à l'époque.

Issu d'une collection privée et exposant les artistes contemporains, le musée Kampa permet de découvrir, entre autres, František Kupka, l'un des créateurs de l'abstraction au début du XXe siècle ou Otto Gutfreund, auteur de la première sculpture cubiste. Il s'est récemment enrichi de la donation de Jiří Kolář, poète passé à la postérité pour son œuvre de plasticien, en particulier avec ses collages. Le musée du communisme est sis à l'extrémité de la place Venceslas (en tchèque "Václavské náměstí") et offre aux visiteurs tout un exposé des années communistes tchécoslovaques et praguoises (en particulier entre 1948 et 1989 correspondant aux années où les communistes étaient au pouvoir), renforcés par des expositions d'objets, de photographies, de bruits et même de pièce et de films, avec le plus souvent des panonceaux explicatifs traduits en français, afin de témoigner des conditions de vie et des réalités inhérentes au régime communiste tchécoslovaque. Proche de la maison municipale, le musée Mucha propose quant à lui une collection d'œuvres et une histoire de la vie du fameux peintre Alfons Mucha ayant marqué de son passage et de son art délicat et Prague, puisqu'il a entre autres réalisé la peinture monumentale de la maison municipale de la ville, mais aussi Paris et le reste du monde. Vous trouverez également dans la Vieille Ville d'autres musées plus touristiques tels que le Musée des instruments de tortures médiévales ou le musée de l'érotisme. Enfin, dans un tout autre genre, les passionnés d'aviation gagneront à visiter le trop méconnu Musée de l'aviation de Prague-Kbely, à 8 km au nord-est de la ville.

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

Le Clementinum, écrin de la bibliothèque nationale tchèque, comporte une somptueuse bibliothèque baroque, héritée du temps où il abritait l'université Charles de Prague et qui n'est pas sans rappeler la bibliothèque de la Hofburg à Vienne. Le monastère de Strahov, dans Hradcany comporte, quant à lui, deux bibliothèques, l'une Renaissance et l'autre baroque.

Manifestations culturelles[modifier | modifier le code]

Prague est traditionnellement un centre culturel européen, lieu de nombreuses manifestations. Citons, entre autres le festival de cinéma, Febiofest, le festival de théâtre alternatif, Prague fringe festival, le festival de Prague des écrivains, la quadriennale de Prague, consacrée à la scénographie et à l'architecture théâtrale.

Personnages célèbres liés à Prague[modifier | modifier le code]

Statue de Franz Kafka, près de la Synagogue espagnole dans le quartier de Josefov.

En tant que centre économique et culturel de la Bohême, Prague a attiré ou enfanté de nombreuses personnalités dont les principales sont :

  • Adalbert de Prague – second évêque de Bohême, saint catholique et orthodoxe
  • Ludwig van Beethoven - compositeur allemand qui y séjourna.
  • Edvard Beneš - homme politique, auteur des décrets Beneš qui ont conduit à l'expulsion de la totalité de la population de langue allemande de Tchécoslovaquie.
  • Tycho Brahe - astronome danois
  • Charles IV du Saint-Empire – empereur du Saint-Empire, bâtisseur du pont qui porte son nom et fondateur de l’université de Prague
  • František Doucha - écrivain et traducteur
  • Antonín Dvořák - compositeur de musique
  • Jaroslav Hašek - écrivain : Le Brave Soldat Chvéïk
  • Václav Havel – écrivain et président
  • Reinhard Heydrich - SS-Obergruppenführer, « protecteur » de la Bohême Moravie nazie, assassiné par des résistants parachutistes tchèques dans la banlieue de Prague.
  • Bohumil Hrabal – écrivain
  • Jean Hus – prêcheur, recteur de l’université de Prague et réformateur religieux
  • Franz Kafka – écrivain praguois de langue allemande. Il a habité dans de nombreux endroits à Prague, dont la fameuse ruelle d'or.
  • Marie Kinský de Wchinitz et Tettau - princesse de Liechtenstein, née à Prague
  • Milan Kundera - écrivain tchèque vivant aujourd'hui en France
  • Tomáš Masaryk - Premier président de la république tchécoslovaque. Il a donné son nom à une gare de Prague dans un style art industriel « Masarykovo Nadrazi ». Sa statue figure aussi sur la place du château.
  • Gustav Meyrink - romancier fantastique. Il évoque Prague dans ses romans les plus célèbres : Le Golem, le Visage Vert, l'Ange à la fenêtre d'Occident et ses nouvelles.
  • Ivan Mládek - auteur, compositeur et comédien
  • Wolfgang Amadeus Mozart – compositeur autrichien qui y séjourna
  • Alfons Mucha – (1860-1939) peintre, affichiste emblématique de l’Art nouveau, ses vitraux ornent la cathédrale Saint Guy. Grand-maître de la grande loge de la Tchécoslovaquie. Mort à Prague à la suite d'un interrogatoire de la Gestapo. Il est enterré au cimetière Vysehrad.
  • Martina Navrátilová - joueuse de tennis
  • Jean Népomucène (Jan Nepomuk) - vicaire général de la cathédrale de Prague, assassiné par le pouvoir royal. La contre réforme catholique en fit un saint au XVIIIe siècle.
  • Jan Patočka – philosophe et intellectuel victime du régime communiste en 1977.
  • Leo Perutz - écrivain né à Prague. La Nuit sous le pont de pierre met en scène Prague au début du XVIIe siècle.
  • Lenka Reinerová – écrivaine praguoise de langue allemande
  • Rainer Maria Rilke – poète de langue allemande, né à Prague
  • Rodolphe II – empereur du Saint-Empire romain
  • Jaroslav Seifert – poète, prix Nobel de littérature
  • Bedřich Smetana – compositeur de musique
  • Jiří Sobotka - footballeur
  • Alice Sommer Herz - pianiste juive, survivante de la Shoah
  • Emil Zátopek - dit « la locomotive » marathonien

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Entreprises de plus de 100 employés.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Recensement 2011 : Prague vieillit et s’ouvre aux étrangers »,‎ 24 janvier 2011 (consulté le 29 janvier 2013)
  2. Données Eurostat - PIB régionaux par habitant en 2007
  3. Précision : le découpage administratif de Prague, Londres ou Hambourg épouse les contours de l'agglomération urbaine, ce qui n'est pas le cas de l'Île-de-France.
  4. Queen detail
  5. source : Eurostat
  6. The World according to GaWC 2008
  7. Calcul des distances orthodromiques à l'aide du site Internet www.levoyageur.net
  8. http://www.prague-ville-alchimique.fr/fr/praguesquartiers-culture/principaux-quartiers/mala-strana/palais.html
  9. http://www.prague-ville-alchimique.fr/fr/praguesquartiers-culture/grammaires-des-styles/grammaire-des-styles/baroque.html
  10. http://www.prague-ville-alchimique.fr/fr/praguesquartiers-culture/prague-ville-esoterique/architecture-hermetique.html
  11. http://www.prague-ville-alchimique.fr/fr/praguesquartiers-culture/principaux-quartiers/ghetto.html
  12. http://www.jewishmuseum.cz/
  13. http://www.prague-ville-alchimique.fr/fr/ville-nouvelle/342-emauzy-na-slovanech.html
  14. http://www.prague-ville-alchimique.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=185:eglise-saint-nepomucene-des-rochers&catid=56&Itemid=265
  15. « In 2011, Prague Airport handled 11.8 million passengers, representing a 2% increase over the preceding year », sur www.prg.aero (consulté le 22 avril 2012)
  16. « Les aéroports européens les plus fréquentés en 2010 », sur www.americas-fr.com (consulté le 22 avril 2012)
  17. « Obyvatelstvo v Praze 1919 - 2010 / Population of Prague 1919 - 2010 », sur www.czso.cz, Český statistický úřad (consulté le 13 février 2012)
  18. Bernard Michel, Histoire de Prague, Paris, Fayard,‎ 1998 (ISBN 2-213-60269-7)
  19. « Foreigners by citizenship », sur www.czso.cz, Český statistický úřad (consulté le 13 février 2012)
  20. Angelo Ripellino, Praga Magica, Plon, coll. Terre Humaine, Paris, 1993 (ISBN 2-266-06687-0)
  21. Pour être exact, les Tchèques obtiennent en 1882 la scission de l'université Charles en deux entités dont l'une enseigne en tchèque.
  22. Ces estimations de la municipalité ne sont que partiellement corroborées par l'Office tchèque des statistiques lors du recensement de 2001 auquel « échappent » beaucoup d'étrangers peu désireux de se faire recenser car Prague est depuis quelques années une ville d'immigration. Pour plus de détails, voir la répartition ethnique de la population selon l’Office tchèque des statistiques.
  23. Là encore, les statistiques de la répartition ethnique de la population selon l’Office tchèque des statistiques sont à prendre avec réserve : fondés sur auto-appréciation de la nationalité, il n'est pas interdit de penser que les Roms praguois, mieux intégrés dans une métropole multiethnique, se voient plus « tchèques », en tout état de cause moins discriminés que leurs cousins dans les différentes régions. Pour plus de détails sur la composition ethnique de la Tchéquie et les différents recensement, lire Démographie de la République tchèque.
  24. Par comparaison, Paris fait 105 km2, soit cinq fois moins.
  25. a, b et c http://www.czso.cz/xa/edicniplan.nsf/o/13-1131-05-casova_rada-4_4_skolstvi Évolution économique, démographique et sociale de Prague - Institut statistique tchèque
  26. http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/european-business-school-rankings-2011 Classement des écoles de sciences économiques européennes en 2011 - Financial Times
  27. (cs) Histoire du Slavia Prague.
  28. (cs) Historique du LTC Prague sur LTC Prague.
  29. (cs) Historique du Sparta Prague sur HC Sparta Prague.
  30. (fr) Saison 1936-37 du championnat de Tchécoslovaquie de hockey sur glace sur http://www.passionhockey.com/hockeyarchives/.
  31. (cs) Historique des finales de la Coupe Spengler sur http://www.ltcpraha.ic.cz/.
  32. (fr) Saison 1948-49 de hockey en Tchécoslovaquie sur http://www.passionhockey.com/.
  33. (en) Présentation de la Sazka Arena sur http://www.sazkaarena.com/.
  34. Partner Cities
  35. Pour plus de détails, voir les articles : Données Eurostat - PIB régionaux par habitant en 2007 et Économie de la République tchèque.
  36. « Average registered number of employees by CZ-NACE in the Capital City of Prague », sur www.czso.cz, Český statistický úřad (consulté le 13 février 2012)
  37. « Occupancy of collective tourist accommodation establishments by country in the Capital City of Prague in 2010 », sur www.czso.cz, Český statistický úřad (consulté le 13 février 2012)
  38. « Summary of data on tourism in the Capital City of Prague », sur www.czso.cz, Český statistický úřad (consulté le 13 février 2012)
  39. Pour plus de précision sur les mouvements artistique d'avant-garde de cette époque, on consultera les articles sur le mouvement Devětsil et sur le cercle artistique Mánes.
Prague, Tourism and the Post-industrial City, de Lily M. Hoffman et Jiri Musil
  • (en) Lily M. Hoffmann et Jiri Musil, Prague, Tourism and the Post-industrial City, Chicago, UIC Great Cities Institute,‎ 2009 (lire en ligne)
  1. p.9
  2. p.11

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Michel, Histoire de Prague, Fayard, 1998. Bertrand Michel est professeur honoraire à la Sorbonne. Il est le spécialiste français de l'histoire de Prague et la Bohême. Du même auteur: Prague Belle époque, Flammarion, 2008.
  • Angelo Ripellino (trad. Jacques Michaut-Paterno), Praga magica : Voyage initiatique à Prague, Plon, coll. « Terre humaine / Poche », 1993 (ISBN 2-266-06687-0)
  • Harald Salfellner, Prague. La ville dorée, Prague: Vitalis 2014, ISBN 978-80-7253-331-2
  • Harald Salfellner, Prague. Un guide, Prague: Vitalis 2012, ISBN 978-80-7253-295-7
  • Léon de Coster, Xavier de Coster, 15 promenades dans Prague, Casterman, coll. « Découvrir l'architecture des villes », 1992 (ISBN 2-203-60501-4)
  • Louis Léger, Prague, Librairie Renouard, Laurens, 1907. online

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Histoire et héraldique
Politique et société
Économie et infrastructures
Patrimoine


Liens externes[modifier | modifier le code]