Polynésie française

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Polynésie française
Pōrīnetia Farāni (ty)
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Carte de localisation de la Polynésie française
Carte de localisation de la Polynésie française
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut politique Collectivité d'outre-mer française
Chef-lieu Papeete
17° 32′ S 149° 34′ O / -17.533, -149.567
Gouvernement
- Président de la République
 - Haut-commissaire de la Rép.
 - Président

François Hollande

Lionel Beffre[1]

Édouard Fritch
Démographie
Population 268 270 hab. (2012[2])
Densité 64 hab./km2
Langue(s) officielle : Français,
régionale : reo mā’ohi (tahitien, marquisien, paumotu,rapa, mangarévien…)
PIB (2003)
 · PIB/hab.
3,8 milliards de dollars
17 500 dollars (PPA)
Géographie
Coordonnées 17° 32′ 00″ S 149° 34′ 00″ O / -17.533333333333, -149.5666666666717° 32′ 00″ Sud 149° 34′ 00″ Ouest / -17.533333333333, -149.56666666667  
Superficie 4 167 km2
Divers
Monnaie Franc CFP (XPF)
Fuseau horaire UTC -10, -9:30 et -9
Domaine internet .pf
Indicatif téléphonique +689
Hymne La Marseillaise et ’Ia ora ’o Tahiti Nui[3]
Devise Liberté, Égalité, Fraternité

La Polynésie française est une collectivité d'outre-mer (COM) de la République française (code 987) composée de cinq archipels[4] regroupant 118 îles dont 67 habitées[5] : l'archipel de la Société avec les îles du Vent et les îles Sous-le-Vent, l'archipel des Tuamotu, l'archipel des Gambier, l'archipel des Australes et les îles Marquises. Elle est située dans le sud de l'océan Pacifique, à environ 6 000 kilomètres à l’est de l’Australie. Elle inclut aussi les vastes espaces maritimes adjacents[6].

Les premiers habitants de ces îles, des Austronésiens, proviennent selon toute vraisemblance de migrations en provenance d'Asie du Sud-Est vers l'an 300 ou peu avant (Ier siècle pour les Marquises). La rencontre avec les navigateurs européens entraine à la fin du XVIIIe siècle des épidémies qui déciment les populations autochtones. Les campagnes d'évangélisation et l'introduction de l'alcool achèvent la destruction des savoirs de chaque île. La France impose progressivement son protectorat, à compter de 1843, contrant ainsi l'influence britannique.

Il faudra attendre 1946 pour que les autochtones accèdent au droit de vote et 1957 pour bénéficier d'un premier gouvernement local. Les langues polynésiennes ne retrouvent toute leur place dans les écoles qu'en 1977[7]. La Polynésie française est devenue aujourd'hui une collectivité d'outre-mer, bénéficiant d'une large autonomie par rapport au gouvernement métropolitain. Son axe principal de développement demeure le tourisme, reposant sur un patrimoine naturel et culturel exceptionnel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Peuplement des cinq archipels par les Polynésiens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peuplement de l'Océanie.

L'hypothèse généralement retenue à l'heure actuelle est celle d'un peuplement de la Polynésie à partir du Sud-Est asiatique.

Il y a 5 000 ans, des habitants du littoral de la Chine du sud, locuteurs des langues formosanes, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers le IIe millénaire av. J.‑C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, les autres îles de l'archipel indonésien important avec eux leur langue. Vers le XVe siècle av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont vraisemblablement les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité. Les premières îles atteintes sont probablement les îles Marquises au IIe siècle, puis les îles de la Société vers 300 de notre ère. Les Polynésiens auraient alors depuis cette base essaimé vers l'île de Pâques (500), Hawaï (900) et la Nouvelle-Zélande (1100).

En 2010, une expédition sur une pirogue simple à balancier et à voile a retracé, en sens inverse, le chemin de peuplement, de Tahiti à l'Asie[8].

Histoire moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Du XVIe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

À partir de 1521, date de la découverte fortuite de Puka Puka, sans doute une des deux îles Infortunées, par Magellan, les Européens explorent progressivement la Polynésie orientale aux XVIIe et XVIIIe siècle.

Tahiti n’est découverte qu’en 1767 par le Britannique Samuel Wallis, suivi en 1768 par Bougainville et par Cook en 1769.

La fin du XVIIIe siècle est marquée par la promotion d’un chef de Tahiti, qui, allié aux Anglais, fonde la lignée des Pomare, et par l’implantation à Moorea de missionnaires britanniques de la London Missionary Society qui débarquent le 5 mars 1797.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, les îles de la Société sont converties au protestantisme sous l’égide de la dynastie des Pomaré régnant sur le royaume de Tahiti, tandis que des missions catholiques françaises s’implantent aux Gambier et aux Marquises dans les années 1830.

Les années 1840 sont marquées par le début de l’implantation coloniale française, d’abord aux Marquises puis à Tahiti, où la reine Pomare IV doit accepter le protectorat français (1843). En 1880, Pomare V accepte de céder son royaume de Tahiti à la France ; il devient l’élément principal d’une colonie, les Établissements français d’Océanie (EFO). Les îles encore indépendantes sont intégrées aux EFO de 1887 à 1901, notamment : les Tuamotou, Rapa et les îles Gambier en 1882, puis les îles Sous-le-Vent en 1898.

XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Des habitants des EFO participent aux combats de la Première Guerre mondiale avec le bataillon du Pacifique ; parmi eux le futur chef du mouvement anticolonialiste, Pouvanaa Oopa. Mais il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour qu’une évolution sensible ait lieu.

En 1940, les EFO rallient la France libre et un nouveau bataillon du Pacifique est formé. En 1942, l'armée américaine installe une base militaire sur l'île de Bora-Bora dans le cadre de l'opération Bobcat. Accueillant jusqu'à 6 000 soldats, cette base métamorphose l'archipel[9].

En 1946, la constitution de la IVe République établit l’Union française : les EFO passent du statut de colonie à celui de territoire d'outre-mer et le droit de vote est accordé aux habitants. Le mouvement anticolonialiste se structure dans les années 1945-1949 : en 1949, Pouvanaa Oopa est élu député et fonde le RDPT, parti autonomiste, qui domine la vie politique dans les années 1950, malgré la formation de l’Union tahitienne de Rudy Bambridge, parti attaché au maintien de la souveraineté française.

En 1957, les EFO prennent le nom de Polynésie française et bénéficient d’un statut plus autonome grâce à la loi-cadre Defferre. Pouvanaa Oopa devient ainsi le premier vice-président, et chef d'un gouvernement d'élus locaux. L'assemblée est dotée de compétence accrue. Le gouverneur demeure cependant le président de celle-ci. Mais l’installation de la Ve République en mai 1958 entraîne une forme de mise au pas, avec un renforcement des pouvoirs du gouverneur au détriment du gouvernement local. L’arrestation de Pouvanaa Oopa le 11 octobre 1958, bafouant son immunité de député, condamné à 8 ans de prison et à 15 ans d'exil, est le point d'orgue de cette reprise du pouvoir par l’État central.

À partir de 1962, et consécutivement au référendum d'autodétermination de janvier 1961 en Algérie, la Polynésie française entre dans une ère nouvelle : celle de l’installation du Centre d’expérimentations du Pacifique qui amène plusieurs milliers de militaires et de techniciens dans le territoire, à Moruroa, Fangataufa, Hao, mais aussi à Papeete qui connaît de surcroît un afflux de populations polynésiennes. En 1963, l'Église évangélique de Polynésie française devient autonome.

Dans les années 1970, deux questions d’ailleurs liées sont essentielles : celle du statut du territoire et celle des effets d'essais nucléaires qui commencent en 1966. La France a mené 46 essais nucléaires atmosphériques en Polynésie entre 1966 et 1974, suivis de plus de 150 essais souterrains[10]. L’Union tahitienne (Rudy Bambridge, puis Gaston Flosse), ralliée au parti gaulliste (UNR, UDR puis RPR) défend les positions gouvernementales tandis que le RDPT est plus contestataire : il est d’ailleurs dissous en 1963, ce qui amène la création du Pupu Here Aia en 1965 (John Teariki). Une nouvelle personnalité politique apparaît en 1965 : Francis Sanford, avec le parti Te Ea Api, qui adopte une orientation autonomiste. La mesure d'exil à l'encontre de Pouvanaa Oopa est levée en 1968, il est accueilli triomphalement à Papeete et devient sénateur en 1971 pour le Pupu Here Aia.

Au cours des années 1970, apparaissent des formations plus nettement indépendantistes, notamment le parti créé par Oscar Temaru (FLP/Tavini Huiraatira). Un premier changement de statut a lieu en 1977 (autonomie de gestion), complété en 1984 (autonomie interne). En ce qui concerne les essais nucléaires, devenus souterrains en 1975, ils sont suspendus en 1992, mais une reprise a lieu en 1995-1996, puis le démantèlement du CEP est décidé.

Dans les années 1990 et 2000, la vie politique est structurée autour de deux partis : Tavini Huiraatira (Oscar Temaru) et Tahoeraa Huiraatira (Gaston Flosse).

De 1991 à 2004, Gaston Flosse règne sans partage. Il met en place un vaste réseau de propagande au service de son parti, le Tahoeraa Huiraatira. La justice lui a ainsi reproché d'avoir fait signer des « contrats cabinets » à des militants du parti, mis à la disposition de communes, de fédérations sportives, d'une radio, de syndicats ou de services sociaux. Il est condamné le 4 octobre 2011 à ce titre par le tribunal correctionnel à 4 ans de prison ferme[11]. Il développe également un service de sécurité (Groupement d'Intervention de la Polynésie) de plusieurs centaines d'hommes, et un service de renseignement[12] (Service d'études et de documentation SED). Il a été condamné en appel le 28 octobre 2010 pour avoir entrepris « une entreprise de destruction systématique » des documents du SED. Il a fait également l'objet de diverses condamnations pour détournement de fonds publics, certaines procédures étant encore en cours en 2012.

En 2004, plusieurs formations se regroupent autour du Tavini et forment l'UPLD. De 2004 à nos jours une période d'instabilité chronique s'ouvre : 13 gouvernements se succèdent entre 2004 et 2011, mais seulement 3 hommes occupent la place de président : Gaston Flosse, Oscar Temaru et Gaston Tong Sang[13].

La loi du 5 janvier 2010 dite « loi Morin » sur la reconnaissance des victimes des essais nucléaires français en Polynésie française et au Sahara algérien reconnaît de façon historique et officielle les dommages sanitaires causés par les expérimentations nucléaires. Cependant le premier décret d'application se révèle rapidement trop restrictif et le président de la république prend l'engagement début 2011 de publier un nouveau décret élargissant les zones géographiques et la liste des maladies éligibles.

Le 5 septembre 2014, Gaston Flosse, rattrapé par des affaires judiciaires qui ont émaillé sa carrière politique, définitivement condamné, et n'ayant pu obtenir une grâce présidentielle, se voit signifier son inéligibilité pour trois ans. Il perd ainsi ses mandats locaux[14].

Personnalités de Polynésie française[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de la Polynésie française.

Ce territoire comprend environ la moitié des eaux marines françaises (5 millions de km2) et plusieurs groupes d’îles et d’atolls dont la plus importante et la plus peuplée est Tahiti[15].

Les îles et atolls[modifier | modifier le code]

Les îles de Polynésie sont issues de l’activité volcanique, soit d'un âge proche de la plaque sur laquelle ils reposent (50 à 60 millions d'années, c'est le cas des soubassements des Tuamotu), soit de points chauds. Du fait du mouvement de la plaque océanienne (qui se déplace vers le nord-ouest), le point chaud restant, lui, fixe, des chapelets d'iles peuvent ainsi se former. Ainsi le point chaud qui a donné naissance aux deux volcans de Tahiti n'est qu'à cinquante kilomètres à l'est. Ces massifs volcaniques s'érodent, s’enfoncent progressivement (du fait de leur poids et du phénomène de subsidence), jusqu’à disparaître de la surface (la seule trace visible en est alors le récif corallien s'il a pu se développer, dont la croissance continue compense l’affaissement du support : les îles sont alors appelées atolls, par opposition aux îles hautes qui, elles, sont montagneuses). Le passage du stade de volcan île haute à atoll ne prendrait que quelques millions d'années.

Nombre d'atolls, à la surface émergée très réduite, sont inhabités, ou seulement utilisés pour la pêche et la culture perlière.

Les très nombreux atolls des Tuamotu rendent la navigation dangereuse dans la région, et sont célèbres pour leurs échouages. Leur lagon est alimenté en eau océanique par quelques passes (des ruptures de la barrière corallienne), et les profonds cratères offrent des eaux très froides et limpides contrastant avec les eaux chaudes des faibles fonds des plateaux lagunaires, qui abritent une faune et une flore marines riches. Par contre, sur les parties émergées, le manque ou parfois l’absence totale d’eau douce ne permet qu'une flore terrestre très pauvre, et ces atolls souvent très désolés ne sont peuplés que de crustacés et servent de refuges aux oiseaux.

À Tahiti, la plus grande île, les vestiges des deux volcans continuent à culminer à des hauteurs respectables (2 241 m pour l’Orohena, le plus haut mont de Polynésie française) autour de larges vallées et plaines alluvionnaires fertiles et sur les flancs desquelles se sont formés par endroits des massifs coralliens. Les côtes, protégées par les massifs coralliens sont faiblement érodées par la mer en raison d’un très faible marnage, et offrent de longues plages basaltiques. Tahiti et les autres îles du Vent voisines sont situées, de façon unique au monde, sur un point océanique où l’effet de marée causé par la Lune est quasiment nul sauf en début d'été austral (pleine lune de la Toussaint).

Il permet la culture des perles en eaux peu profondes sur les atolls polynésiens. Il permet aussi l’installation de bungalows hôteliers dans les lagons aux eaux limpides. Le très court plateau confère à la houle océanique une puissance qui engendre de remarquables rouleaux près des plages, ce qui en fait un paradis pour les surfeurs.

En revanche, aux îles Marquises, dont la formation géologique est ancienne (50 millions d'années), les structures volcaniques sont fortement érodées et offrent un paysage montagneux abrupt, constellé de vallées étroites aboutissant à des plages courtes aux eaux profondes. Les Marquises ne possèdent presque pas de barrière de corail.

Climat[modifier | modifier le code]

Du fait de la situation dispersée des différents archipels, entre le 8e et le 27e degré de latitude sud, la Polynésie française ne peut pas être résumée à une seule zone climatique. Ainsi, le nord de l'archipel des Marquises connaîtra plutôt un type de temps tropical aride alors que le sud de l'archipel des Australes est plutôt soumis à un type de temps des moyennes latitudes[16]. Deux grandes saisons se distinguent :

– de novembre à avril, une saison dite « chaude » ou été austral (humidité élevée) ;
– de mai à octobre une saison dite « fraîche » ou hiver austral (humidité moindre).

De façon très schématique, il est possible de distinguer trois types de temps :

– les alizés, vents d’Est, tant en saison chaude qu'en saison fraîche ;
– les épisodes de perturbations pouvant évoluer en dépression tropicale, parfois très vigoureuse, atteignant à l’extrême le caractère cyclone. Ce type de temps est caractéristique de la saison chaude (décembre à mars). Ces dépressions apparaissent sur les eaux chaudes de l’océan ;
– les perturbations d’ouest sur les Australes, sud Tuamotu et Gambier. Ces archipels sont d’ailleurs régulièrement concernés par des vents forts, liés aux dépressions subtropicales associés à ces fronts froids. Enfin, il convient de souligner qu’à l’arrière de ces perturbations d’ouest, sous la poussée d’un anticyclone (en général celui de Kermadec), peut naître un type de temps particulier le « mara’amu ».

Risques naturels : Cyclones et tsunamis[modifier | modifier le code]

Tous les archipels sont soumis au risque cyclonique, à l'exception des Marquises. Le dernier cyclone OLI a frappé l'île de Tubuai en 2010[17]. L'onde d'un séisme peut générer un risque de tsunami. Le séisme du 22 mai 1960 au large des côtes chiliennes a entrainé des vagues aux Marquises de 7 à 10 mètres, elles ont été plus limitées dans les autres archipels. Ainsi le centre-ville de Papeete aurait été inondé par une vague d'environ un mètre. Un dispositif d'alerte ad hoc est en place sur chaque île.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La Fleur de Tiaré est l'emblème national de la Polynésie française.

Du fait de l'isolement de la Polynésie, la flore terrestre et la faune est relativement limitée, mais souvent spécifique. Les îles hautes de la Société accueillent la plus grande diversité en faune et flore marine du fait de la conjugaison du lagon, du milieu récifal, et milieux saumâtres.

La Polynésie française est la collectivité d’outre-mer comportant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales déjà éteintes ou menacées. Face à cette situation, le droit polynésien s’est enrichi, depuis la délibération de 1995 sur la protection de la nature, d’un véritable statut pour les espèces protégées. Il figure aujourd’hui aux articles L.P. 100-1 et suivants du Code de l’environnement de la Polynésie française et établit des listes d’espèces animales ou végétales protégées en fonction de divers intérêts. Pour bénéficier d’une protection, une espèce doit être en danger, vulnérable, rare ou d’intérêt particulier.

La Polynésie française s’est engagée, à travers le plan d’action relatif à la Stratégie nationale pour la biodiversité, à « mettre en place une brigade verte », à « assermenter des agents pour réprimer les infractions » et à « responsabiliser la sphère publique ». Pour ce qui concerne plus spécifiquement les espèces protégées, le plan prévoit d’« assurer le financement de la protection », « la protection des espèces les plus menacées (faire une liste des espèces les plus menacées et réaliser une cartographie) » et d’établir des plans de conservation.

En outre, alors que les contrevenants s’exposaient, pour la destruction d’espèces protégées, à de simples amendes (de 1 500 euros maximum), ils risquent depuis la « loi du pays » du 6 février 2008, une peine d’emprisonnement de trois mois et une amende de plus de 8 000 euros, ou l’une de ces deux peines[18].

Une fleur nommé « Fleur de Tiaré » est l'emblème national de la Polynésie française. Observée pour la première fois par Johann Georg Adam Forster, le naturaliste de la seconde circumnavigation de James Cook, il décrivit à tort cette fleur comme un gardenia florida. Un premier échantillon fut recueilli et ramené en Europe par Dumont d'Urville en 1824. La macération de fleurs fraîches de Tiaré Tahiti dans de l’huile raffinée de Coprah[19] donne le monoï, une huile de soin pour les cheveux et la peau.

Politique et institutions[modifier | modifier le code]

Institutions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Polynésie française.

La Polynésie française est une collectivité d'outre-mer, actuellement régie par l'article 74 de la constitution française et la loi organique no 2004-192 modifiée. Elle bénéficie d'une large autonomie politique.

Le pouvoir réside essentiellement entre les mains d’une Assemblée territoriale élue au suffrage universel et possédant le pouvoir délibérant.
L’organe exécutif est constitué par le gouvernement (anciennement conseil de gouvernement) placé sous le contrôle de l'Assemblée et présidé par le président de la Polynésie française qui est élu par cette dernière.

Néanmoins, il ne s’agit pas d’une libre association d’États comme peuvent l’être les anciennes dépendances néo-calédonienne. En tant que collectivité d'outre-mer française (COM), l'administration des fonctions régaliennes y est assurée par l'État, représenté localement par un haut-commissaire de la République.
Le haut-commissariat se rapproche du fonctionnement d'une préfecture métropolitaine[20] mais conformément à l'article 72 de la constitution, le représentant de l’État, représentant de chacun des membres du gouvernement, a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois.
Le nouveau statut donne au territoire l'exercice de toutes les compétences nécessaires à son développement économique et social, à l'exclusion de celles qui attribuées explicitement à l’État et aux communes. Ainsi l'État est compétent dans les matières suivantes : nationalité (droits civiques, droit électoral, actes de l'état civil), garanties des libertés publiques (justice, service public pénitentiaire), politique étrangère, le contrôle de l'immigration, la monnaie, l'enseignement universitaire, sécurité et ordre public[21]. Les communes, quant à elles, sont compétentes dans les matières suivantes : police municipale ; voirie communale ; cimetières ; transports communaux ; constructions, entretien et fonctionnement des écoles de l'enseignement du premier degré ; eau potable ; Collecte et traitement des ordures ménagères ; Collecte et traitement des déchets végétaux ; Collecte et traitement des eaux usées[22]. Elles peuvent également intervenir sous réserve d'une habilitation par une loi de pays la Polynésie française dans les matières suivantes : Aides et interventions économiques ; Aide sociale ; Urbanisme ; Culture et patrimoine local.

En ce qui concerne l'éducation, un vice-rectorat assume certaines tâches de gestion du personnel, mais de nombreuses compétences ont été transférées au ministère polynésien de l'Éducation, qui comporte deux grands services : la Direction des Enseignements Primaires (DEP) et la direction des enseignements secondaires (DES).

Bâtiment du CESC

La troisième institution est le conseil économique, social et culturel : il donne son avis, notamment sur des projets de plan à caractère économique et social et de « lois du pays »

La question de l'indépendance[modifier | modifier le code]

Le référendum du 28 septembre 1958, proposé par le gouvernement dirigé par Charles de Gaulle, demande aux Français de ratifier le projet de Constitution. Ce texte pose les fondements de la Ve République. Dans les colonies françaises, le référendum vise également à la création de la Communauté française. La Guinée est la seule à rejeter le référendum et à accéder directement à l'indépendance. En Polynésie française, si globalement les habitants votent « oui », par 16 279 voix contre 8 988 « non »[23], le « non » l'emporte aux îles Sous-le-Vent et notamment à Huahine, fief de Pouvanaa Oopa qui menait campagne pour le non. De façon opposée, les îles Marquises se distinguent alors par un vote massif pour le oui, à près de 90 %.

Les partis E'A Api de Francis Sanford et Here Ai'a prennent le relais de la lutte pour l'autonomie menée jusqu'alors par le Rassemblement des populations tahitiennes de Pouvanaa Oopa après sa dissolution en 1963. Oscar Temaru fonde le Front de libération de la Polynésie (FLP) en 1977, qui prend le nom de Tavini huiraatira no te ao Ma’ohi (Serviteur du peuple polynésien) en 1983. Il remporte les élections du 23 mai 2004 où il est à la tête d'une liste d'alliance, l'Union pour la démocratie (UPLD), qui rassemble plusieurs partis unis contre Gaston Flosse. Mais sa coalition ne résiste pas plus de quelques mois. La période d'instabilité qui suit lui permet d'accéder plusieurs fois à la présidence.

En 2011, le président indépendantiste Oscar Temaru annonce vouloir mettre fin à « 170 ans de colonisation » en Polynésie française en sollicitant l'inscription de la collectivité sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser de l'ONU lors du Forum des îles du Pacifique tenu à Auckland. Le sénateur indépendantiste Richard Tuheiava assure avoir obtenu le soutien « d'au moins une dizaine » des seize membres du Forum. Il déclare aussi : « Nous avons des problèmes de santé, des problèmes économiques, qui sont tous les conséquences des décisions du gouvernement français de nous utiliser pour réaliser ses essais nucléaires[24]. » L’État français s'est opposé de façon très vigoureuse à cette démarche, le président de la République, Nicolas Sarkozy, la qualifiant de « démagogie »[25].

Selon le politologue Sémir Al Wardi, les Polynésiens disposent d'un droit constitutionnel à l'émancipation, sous la seule réserve de le souhaiter collectivement[26]. La Constitution française indique ainsi dans son préambule : « En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d'outre-mer qui manifestent la volonté d'y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l'idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique. » Par ailleurs, le préambule de la Constitution de 1946 (toujours en vigueur dans celle de 1958) contient la mention suivante : « Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s'administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l'arbitraire, elle garantit à tous l'égal accès aux fonctions publiques et l'exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus. » Enfin dans son article 53, le texte constitutionnel dispose : « Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n'est valable sans le consentement des populations intéressées. »

Au cours de l'année 2012, Oscar Temaru se livre à un intense lobbying auprès des micro-États de l’Océanie, dont plusieurs, les Îles Salomon, Nauru et Tuvalu déposent auprès de l'Assemblée générale de l'ONU un projet de résolution visant à affirmer « le droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l'autodétermination et à l'indépendance ». En mai 2013, l'UPLD perd les élections à l'Assemblée de Polynésie en obtenant seulement 11 sièges face au parti de Gaston Flosse, avec 38 sièges, et le parti autonomiste A Ti'a Porinetia avec 8 sièges. Quelques heures avant l'examen par l'ONU de la résolution, lors de sa première séance la nouvelle Assemblée territoriale adopte par 46 voix contre 10 un « vœu »[27] exprimant le souhait des Polynésiens de conserver leur autonomie au sein de la République française. Malgré ce vœu adopté par les partis représentant 70 % des électeurs polynésiens, l'Assemblée générale de l'ONU inscrit la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser lors de son assemblée plénière du 17 mai 2013. La France ne participe pas à cette session, pendant que l'Allemagne, les États-Unis, les Pays-Bas et le Royaume-Uni se désolidarisent de cette résolution ne tenant pas compte du souhait des Polynésiens[28],[29],[30].

Le 5 septembre 2014 le haut-commissaire signifie son inéligibilité (de trois ans) à Gaston Flosse, à la suite d'une condamnation définitive.

Subdivisions ou circonscriptions[modifier | modifier le code]

Communes et subdivisions administratives de la Polynésie française

La Polynésie française est composée de 5 archipels[31] divisés en 5 subdivisions administratives (l'administration territoriale les nomme circonscriptions administratives) listées ici du nord-est au sud-ouest :

  • La subdivision des îles Marquises au nord-est de la Polynésie française (les plus proches au sud d’Hawaii et à l’est de Kiribati), comprend deux groupes d’îles distincts :
    • le groupe Nord, qui comprend 3 îles habitées : l’île de Nuku Hiva (la plus grande et la plus peuplée des Marquises, et la troisième plus grande île de la Polynésie française, le village principal est Taiohae), et les îles de Ua Pou et de Ua Huka;
    • le groupe Sud, qui comprend également 3 îles habitées : l’île d'Hiva Oa, de Tahuata et celle de Fatu Hiva.
  • La subdivision des Tuamotu-Gambier, la plus étendue des cinq, composée en fait de deux archipels :
  • La subdivision des îles Sous-le-Vent, la partie ouest-nord-ouest de l’archipel de la Société, dont les îles les plus connues sont :
  • La subdivision des îles du Vent, la partie est-sud-est de l’archipel de la Société, dont les îles les plus connues sont :
    • Tahiti, la plus grande île et la plus peuplée de toute la Polynésie française, formée par deux volcans reliés par l'isthme de Taravao. Le mont Orohena culmine sur la partie nord-ouest Tahiti Nui, « la grande Tahiti », qui est le siège de la commune de Papeete, chef-lieu des îles du Vent et capitale de la Polynésie française (la partie sud-est de l’île est Tahiti Iti, « la petite Tahiti ») ;
    • l’île proche de Moorea, aussi appelée « l’île sœur », formée par le volcan du mont Tohiea qui culmine à 1 207 mètres et cernée d’une barrière de corail ;
    • mais aussi les îlots de Maiao et Mehetia et l'atoll de Tetiaroa.
  • La subdivision des îles Australes, dans le tiers sud de la Polynésie française, composées en fait de deux sous-archipels :
    • les îles Tubuaï se formant au sud-ouest (du nom de sa plus grande île Tubuaï et de sa commune chef-lieu est Tubuai comprenant aussi les communes Mataura associée à celles de Taahueia et Mahu, et formant un chapelet s’étendant de l’île Maria à l’île Raivavae via les îles de Rimatara et Rurutu), à l’est de la partie principale (australe) des îles Cook ;
    • les îles de Bass, dont fait partie l’île de Rapa ou Rapa Iti « petite Rapa » (à ne pas confondre avec l’île de Pâques aussi appelée Rapa Nui « grande Rapa » très isolée et située bien plus loin à l’est vers le Chili) et les îles Marotiri (les plus méridionales de toutes les îles de la Polynésie française, et les plus isolées).

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La Polynésie Française comptait 259 706 habitants au 20 août 2007[32], ce qui représente moins de 0,5 % de la population française, mais 10 % de la France d'outre-mer et un tiers de la population des collectivités d'outre-mer. 36 % des polynésiens ont moins de 20 ans, 52 % moins de 30 ans. L'espérance de vie est réduite d'environ 5 ans par rapport à la métropole (73,2 ans pour les hommes, 78,3 pour les femmes). L'institut de la statistique estime à 270 000 habitants la population au 1er janvier 2011, et à 320 000 à l'horizon 2027.

Trois communautés ethniques principales[33] peuvent être distinguées :

  • les Polynésiens : 78 % ;
  • les Européens : 12 % ;
  • les Asiatiques (pour la plupart Chinois): 10 %.

Langues[modifier | modifier le code]

Le français est la seule langue officielle[34].

La loi statutaire consacre son article 57 à la problématique de la langue. « Le français est la langue officielle de la Polynésie française. Son usage s'impose aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit privé dans l'exercice d'une mission de service public ainsi qu'aux usagers dans leurs relations avec les administrations et services publics. La langue tahitienne est un élément fondamental de l'identité culturelle : ciment de cohésion sociale, moyen de communication quotidien, elle est reconnue et doit être préservée, de même que les autres langues polynésiennes, aux côtés de la langue de la République, afin de garantir la diversité culturelle qui fait la richesse de la Polynésie française.

Le français, le tahitien, le marquisien, le paumotu et le mangarevien sont les langues de la Polynésie française. Les personnes physiques et morales de droit privé en usent librement dans leurs actes et conventions ; ceux-ci n'encourent aucune nullité au motif qu'ils ne sont pas rédigés dans la langue officielle.

La langue tahitienne est une matière enseignée dans le cadre de l'horaire normal des écoles maternelles et primaires, dans les établissements du second degré et dans les établissements d'enseignement supérieur. Sur décision de l'assemblée de la Polynésie française, la langue tahitienne peut être remplacée dans certaines écoles ou établissements par l'une des autres langues polynésiennes. L'étude et la pédagogie de la langue et de la culture tahitiennes sont enseignées dans les établissements de formation du personnel enseignant. »

L'Institut statistique de Polynésie française (ISPF) dénombrait en 2007 94,7 % de personnes de plus de 15 ans sachant parler, lire et écrire le français, alors que 74,6 % de ces mêmes personnes savaient parler, lire et écrire une des langues polynésiennes. Parmi cette population âgée de plus de 15 ans, la langue la plus parlée à la maison était le français pour 68,5 %, une des langues polynésiennes pour 29,9 % (essentiellement le tahitien), et le chinois pour 1,0 % (surtout le hakka)[35].

L'université Laval (Québec) estime que 81,8 % des habitants sont francophones[36]. Le dénombrement des francophones dans les pays membres de l'OIF en 2005 indique 90 % de francophones en Polynésie française.

Religions[modifier | modifier le code]

Le christianisme occupe une place centrale dans la société polynésienne contemporaine. En 1951, le recensement mentionnait cinq Églises et indiquait qu’un quart de la population était catholique, un peu plus de la moitié protestante (54,81 %), les Églises restantes – adventistes, Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et Communauté du Christ, appelée localement « sanito », ne rassemblant à elles trois que 6,41 % des habitants de Polynésie française. En 1971, date du dernier recensement mentionnant l’appartenance religieuse, l’Église catholique romaine avait nettement progressé (34,5 %), l’Église évangélique de Polynésie française (EEPF, protestante historique - 50,5 %) un peu décliné[37].

Au cours des années 1980 de nouvelles Églises se sont développées – notamment les pentecôtistes – tandis que les Églises adventistes et, surtout, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, progressent de manière très significative, aux dépens le plus souvent de l’EEPF. Les dernières indications disponibles, publiées en 2006, montrent que désormais près d’un Polynésien sur cinq n’appartient ni à l’Église catholique ni à l’EEPF (rebaptisée Église protestante ma’ohi en 2004).

L'Église protestante ma'ohi (EPM): L’EPM rassemble environ 38 % de la population polynésienne. Elle est l’héritière des premières missions protestantes en Océanie, qui ont introduit le christianisme à Tahiti. Le 5 mars 1797, date à laquelle les missionnaires du navire le Duff affrété par la London Missionary Society ont débarqué dans la baie de Matavai, est inscrite depuis 1978 sur le calendrier des fêtes officielles polynésiennes et commémorée chaque année par l’EPM.

L'Église catholique romaine : L’Église catholique représente elle aussi environ 38 % de la population. Les missions catholiques se sont implantées à partir de 1834 dans les archipels qui forment aujourd’hui la Polynésie française : aux îles Gambier (frères de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, dite de Picpus) avec la conversion du roi Maputeoa en 1836, aux îles Marquises (la première mission est fondée en 1839 sur l’île de Nuku Hiva), puis à Tahiti. Depuis la fin des années 1970, le Renouveau charismatique occupe une place importante dans la vie de l’Église catholique en Polynésie française : au moins un quart des fidèles.

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours : 6,5 % de la population. Premières missions mormones à partir de 1844, dans les îles Tuamotu et aux îles Australes (Tubuai). Elle a connu une forte croissance au cours des années 1980.

La Communauté du Christ, appelée localement « sanito » : 3,6 % de la population.

L’Église adventiste (5,8 %) : en Polynésie française, les adventistes sont surnommés « petania » (« Pitcairn » en tahitien), en référence aux habitants de l’île de Pitcairn qui ont été les premiers adventistes en Océanie, dès 1886, et au voilier Pitcairn dont l’escale à Tahiti en décembre 1890 marqua le début de la mission adventiste dans les îles de la Société.

Autres Églises : Les pentecôtistes depuis 1962 (d’abord dans la communauté chinoise de Tahiti, puis dans l’ensemble de la population à partir des années 1980 – 1,5 %).

Autres religions : Bahaïsme, bouddhisme (chinois traditionnel et zen) et judaïsme (une synagogue à Tahiti).

Les témoins de Jéhovah (2 %) sont présents depuis le début des années 1960.

En ce qui concerne l'islam, un homme se revendiquant imam sunnite crée en 2013, à Papeete, le Centre Islamique de Tahiti (ou "CIT", association de type loi 1901), première association musulmane ayant vu le jour en Polynésie Française. Il ouvre par la suite un lieu de culte qu'il dénomme « mosquée ». Inauguré[38] à la mi-octobre 2013, ce lieu de culte est ensuite fermé par la mairie de Papeete[39] pour défaut de procédure administrative, essentiellement pour des raisons de sécurité incombant à tout établissement recevant du public. L'ouverture de ce lieu de culte suscite des réactions d'opposition dans la population locale[40].

Économie[modifier | modifier le code]

La monnaie utilisée est le franc Pacifique, ou franc CFP, qui n'est pas coté sur le marché des changes, son cours étant fixe par rapport à l'euro : 1 CFP vaut 0,00838 euro

Evolution des exportations de la Polynésie française

La valeur ajoutée du secteur marchand comptait en 2006 pour les 2/3 du PIB comme dans les départements d'outre-mer français[41]. C'est essentiellement une économie de services, avec un secteur industriel restreint et un secteur agricole en difficulté depuis le début du XXe siècle. La majeure partie des biens consommés sont importés. Les exportations sont très limitées, et essentiellement constituée par les produits perliers (voir graphe). L'économie est largement administrée. Les produits de base sont ainsi à prix fixés ou à marges fixées par le Gouvernement. Par ailleurs, les dépenses de l'État au titre de ses missions régaliennes, et dans une moindre mesure de ses dotations contribuent à hauteur d'un tiers du PIB, sans pour autant y effectuer aucun prélèvement direct.

D'après une étude de l'AFD réalisée en 2009[42], les inégalités sont extrêmement importantes (coefficient de gini de 0,4) et environ un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Polynésie française.

Le développement du tourisme en Polynésie française, soutenu notamment par les lois Pons (1986), Paul (2001) et Girardin sur la défiscalisations des investissements immobiliers, est en difficulté depuis le début des années 2000. Les services touristiques représentaient 9 % du PIB marchand en 2006. La première baisse significative de la fréquentation touristique est enregistrée à la suite des attentats du 11 septembre 2001 qui rendent la conjoncture internationale défavorable. La fréquentation touristique continue ensuite de baisser, passant de 212 700 visiteurs en 2003 à 147 500 en 2009.

Perliculture[modifier | modifier le code]

La culture perlière de la perle de Tahiti pour la bijouterie est très développée, mais ce secteur est également en grande difficulté, le prix à l'exportation ayant considérablement chuté.

Vanille[modifier | modifier le code]

La production de la vanille de Tahiti, dont la qualité est réputée, est passée de 200 tonnes dans les années 1960 à des niveaux très bas. Un plan de relance initié en 2003 a permis de relever le niveau de production à 49 tonnes en 2008. Mais seulement 9 tonnes ont été exportées cette même année.

Pêche[modifier | modifier le code]

Le développement de flottilles de pêche au thon, initié au cours des années 1990, ne permet toujours pas d'atteindre les quotas autorisés (6 300 tonnes pêchées contre 10000 autorisées).

Industrie[modifier | modifier le code]

Elle repose essentiellement sur quatre pôles : agroalimentaire, construction navale et biens intermédiaires pour le bâtiment et des activités de transformation (meubles, textile, imprimerie...). Le secteur industriel représente 9 % du PIB marchand en 2006[43] Divers secteurs sont protégés par une taxe de développement local à l'importation (TDIL) qui frappe les produits importés concurrents (entre 2 % et 82 % de taxe). Environ 3000 entreprises (dont 1000 dans l'agro-alimentaire) sont présentes et génèrent un chiffre d'affaires de l'ordre de 100 milliards de francs pacifique. L'artisanat représenterait environ 13.000 personnes[44], environ 8.000 artisans étant recensés par la Chambre de commerce, d'industrie, des services et des métiers (CCISM).

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Les infrastructures routières sont en général limitées à une route côtière du fait de la morphologie des îles. Le trafic routier est particulièrement dense à Tahiti, du fait du caractère linéaire de l'agglomération, et de l'absence de réseau de transports en commun organisé.

Le transport aérien intérieur est assuré par la compagnie aérienne de Polynésie française, Air Tahiti. La compagnie dessert environ 60 destinations et transporte environ 700 000 passagers par an. Le transport international est effectué principalement par : Air Tahiti Nui, Air France, Air New Zealand, Lan Airlines, Hawaiian Airlines et Aircalin. Le principal aéroport de Polynésie française est l’aéroport international de Tahiti Faa'a.

Le port de Papeete est le plus important des ports de Polynésie française. Il serait le premier port par le nombre de voyageurs de France, du fait des échanges avec Moorea (1,7 millions de passagers annuel). Il reçoit chaque année environ un million de tonnes métrique de fret. En retour, seulement 30 000 tonnes environ sont expédiées[45]. La desserte maritime inter-insulaire joue un rôle essentiel pour nombre d'îles. Elle est assurée très largement par des entreprises privées. Environ 400 000 tonnes de marchandises sont ainsi acheminées de Papeete vers une des autres îles de Polynésie française chaque année.

Télécommunications[modifier | modifier le code]

Le secteur est en mutation depuis quelques années. L'internet connaît un essor rapide renforcé par la mise en service d'un câble sous-marin en 2010 ('Honotua' relie Tahiti, Moorea, Bora Bora, Raiatea, Huahine à Hawaii), en substitution aux liaisons satellites utilisées jusqu'alors. Mana, filiale de l'Office des postes et télécommunications, opérateur historique détient l'essentiel du marché. D'autres fournisseurs d'accès tentent de s'implanter sur des secteurs particuliers : internet mobile sur zone urbaine, fournisseur d'accès dédié aux marinas... Environ 30 000 foyers sont abonnés à internet.

En 2013 est lancé le projet d'un second câble sous-marin, d'une part afin de sécuriser le premier, d'autre part afin de faire face à la forte demande prévue dans les années à venir. Deux options sont à l'étude, la première provenant d'Australie via la Nouvelle Calédonie, et la seconde consistant en un raccordement à l'Amérique du Sud via l'Île de Pâques, probablement au Chili. Les travaux d'immersion de ce second câble devraient démarrer entre 2015 et 2017.

La téléphonie mobile est apparue en 1995. Depuis le 17 juin 2013, un nouvel opérateur téléphonique (PMT-Vodafone[46],[47]) s'impose comme le tout premier concurrent de l'opérateur historique polynésien (Tikiphone commercialisé sous VINI), mettant ainsi fin au monopole. L'ensemble du territoire est quasiment couvert (61 îles en 2009), et plus de 200 000 clients sont recensés.

Entre 2013 et 2014, les numéros de téléphone sont passés de 6 chiffres à 8 chiffres. Le 17 juin 2013, depuis l'ouverture de Vodafone, les numéros de téléphone mobile Vodafone commencent par 89. Le 21 juin 2014, les numéros de téléphone fixe de l'OPT commencent par 40. Le 23 juin 2014, les numéros de téléphone mobile Vini commencent par 87. Le 23 juin 2014, les numéros de téléphone fixe Mana commencent par 49.

Télévision numérique terrestre en Polynésie française[modifier | modifier le code]

Dès le 30 novembre 2010, sont disponibles sur la Télévision numérique terrestre les chaînes :

Électricité[modifier | modifier le code]

Mix électrique

L'électricité fait l'objet d'un quasi-monopole à un unique opérateur Électricité de Tahiti. Celle-ci repose sur un mix essentiellement thermique. Seule l'île de Tahiti dispose de capacités significatives (46 MW produisant environ 30 % de l'électricité de l'ile[48]). La production d'électricité à partir d'énergie renouvelable n'a pas connu de développement important depuis les 20 dernières années[49]. Il est à noter cependant qu'environ 1500 familles, essentiellement aux Tuamotu, disposent d'un générateur solaire d'une puissance moyenne d'1,2 kWc grâce à un programme cofinancé par la Polynésie française et l'ADEME depuis 1997. 7 îles disposent de centrales hybride solaire-thermique : Makatea (2006), Ahe (2010), Fangatau (2010), Fakahina (2010), Napuka, Reao, Tatakoto (2011) réalisées sur fonds publics (Polynésie française, ADEME, FED, État français). Makemo est la seule île alimentée par des éoliennes. Au total, la puissance installée en solaire et en éolien représente respectivement une part inférieure à 5 % et à 0,1 %[50].

D'une manière générale les coûts de production sont très élevés, du fait de la petite taille des systèmes et de leur caractère insulaire[51]. Ce phénomène est amplifié dans les îles autres que Tahiti. Le système de tarification mis en place empêche jusqu'à ce jour l'installation de producteurs indépendants à partir d'énergie renouvelable. Le prix du fioul et du gazole qui sont utilisés pour la production électrique bénéficie de diverses subventions et n'intègre pas les externalités négatives liées aux impacts sur l'environnement. Les énergies alternatives sont victimes de cette concurrence déloyale de l'énergie thermique, même si le gouvernement a mis en place des mesures d'exonération des droits de douanes sur les matériels concernés. Une mesure ponctuelle de défiscalisation locale associée à un tarif de rachat a conduit en 2010 à la réalisation de près de 10 MWc d'installations solaires connectées au réseau. Cette mesure a été suspendue en 2011.

Eau potable et assainissement[modifier | modifier le code]

Seulement la moitié de la population a accès à de l'eau potable[52]. Sur les îles hautes les ressources sont en général abondantes, mais le faible rendement des réseaux couplé à une surconsommation rendent difficile l'établissement d'un service d'eau potable économiquement viable. Certaines communes assurent cependant un service de qualité à l'ensemble de leur population (par exemple Papeete, Faa'a, Arue, Bora Bora, Huahine, Rapa). Les atolls des Tuamotu disposent de ressources souterraines limitées et fragiles (à l'exception de Rikitea et Makatea). L'utilisation de l'eau de mer (dessalinisation) et de l'eau de pluie viennent les compléter. L'assainissement est majoritairement assuré par des systèmes autonomes ou semi-collectifs. Seules les communes de Bora Bora, Punauia, Moorea, Papeete ont débuté des programmes d'assainissement collectif.

Santé[modifier | modifier le code]

La couverture médicale est généralement bonne sur les îles les plus importantes mais limitée dans les régions plus lointaines ou moins peuplées. Néanmoins la plupart des îles comprennent au minimum un poste médical (infirmerie). La mortalité infantile reste élevée (5,5 pour 1000 naissances) comparativement à la métropole (3,8 pour 1000). Les personnes ayant besoin de soins urgents ou souffrant de maladies graves sont souvent transférées à Tahiti pour y être soignées (l’hôpital du Taaone, situé sur la commune de Pirae, a ouvert ses portes début 2011) et pour les pathologies spécifiques évacuées vers la Nouvelle-Zélande ou la France.

Culture, patrimoine et loisirs[modifier | modifier le code]

La culture polynésienne est riche et variée. Diverses institutions en assurent l'animation et la promotion.

  • La Maison de la culture ou Te fare Tauhiti nui, qui assure l’animation et la diffusion de la culture en Polynésie française, en favorisant les activités et les créations artistiques sous toutes ses formes, ainsi que l’organisation et la promotion des manifestations populaires dont en particulier la culture ma’ohi, sur le plan local, national et international. Elle gère des salles de spectacles situées à Papeete, et une bibliothèque.
  • Le musée de Tahiti et des îles ou Te Fare Manaha conserve et expose les collections ayant trait au patrimoine de l'Océanie, et plus particulièrement polynésien[53].
  • Le centre des métiers d'art de Papeete et le Conservatoire artistique qui assurent la transmission des savoirs artisanaux.

Patrimoine archéologique[modifier | modifier le code]

La civilisation ancienne a laissé de nombreux vestiges malgré les destructions orchestrées par les missionnaires. Ainsi de nombreux marae (temple, ou lieu pour les cérémonies) ensemble de plateformes, de pavages, de pierres dressées ont fait l'objet de fouilles archéologiques et d'opérations de mises en valeur : Marae de Taputapuatea sur l'ile de Raiatea, marae Arahurahu sur l'ile de Tahiti à Paea, Marae Upeke sur l'ile d'Hiva Oa à Taaoa... Le musée de Tahiti et des îles en présente une reproduction.

Les habitations étaient plutôt dispersées, et pouvaient reposer sur un soubassement en pierre, les paepae, souvent encore visibles aujourd'hui.

Patrimoine artistique[modifier | modifier le code]

Danse[modifier | modifier le code]

La danse est sans aucun doute l'élément, sinon essentiel, le plus partagé à travers toute la Polynésie française. Les danses pré-européennes sont mal connues. Elles étaient plutôt destinées aux chefs, et accompagnaient tous les évènements marquants la vie sociale. Les missionnaires bannirent des cérémonies officielles ces danses immorales, et des interdictions furent proclamées à plusieurs reprises à partir de 1820. Elles furent à nouveau autorisées à partir du début du XXe siècle.

Les danses s'inspirent des scènes de la vie quotidienne : la fabrication du tapa, le mouvement des pagaies...
La professionnalisation s'initie à partir de 1956, date de la fondation du groupe 'Heiva' par Madeleine Moua.
Lors du Heiva I Tahiti, manifestation culturelle annuelle à Papeete, chaque mois de juillet, les groupes de danse rivalisent en interprétant quatre type de danses 'ori tahiti : 'ote'a, 'aparima, hivinau et paoa. Le festival des arts des Marquises met également à l'honneur la danse.
Les groupes peuvent interpréter d'autres danses : tamure (danse de couple), danse de l'oiseau (Marquises), kapa (Tuamotu), pe'i (Gambier)...
Les costumes sont remarquables car élaborés à partir de fibres végétales.

Peinture[modifier | modifier le code]

Nave Nave Mahana (Jours délicieux), Paul Gauguin, 1896

Quelques peintures rupestres découvertes dans une grotte des îles Marquises témoignent de l'existence de la peinture avant l'arrivée des européens. En quête d'un temps mythique où l'homme vivrait en harmonie avec le monde et la nature, Paul Gauguin part en Polynésie en 1891. Il meurt aux Îles Marquises en 1903. Ses peintures contribueront activement au mythe polynésien. Matisse y séjourne également quelques mois.

De nombreux peintres figuratifs sont représentés localement, principalement par la galerie des Tropiques, à Papeete, tels Deloffre. Les plasticiens Paskua, Jonathan Bougard, Andréas Dettloff, représentent le territoire sur le plan international.

Sculpture[modifier | modifier le code]

Les sculpteurs utilisent le bois, le corail, la pierre, l'os et l'ivoire. Ils occupaient une position privilégiée dans la société ancienne du fait de leur savoir technique et de leur lien avec le sacré[54]. Les musées de Tahiti, du Quai Branly, d’Auckland contiennent des tiki (statues), des penu (pilon), casse-tête, percussions et autres objets montrant la dextérité acquise par les artisans polynésiens. Le centre des métiers d'art de Papeete assure un rôle majeur dans la préservation des spécificités artistiques polynésiennes et océaniennes.

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique polynésienne.

Cette musique est essentiellement vocale, ou axée sur un accompagnement percussif des danses. Il existait certainement des chants sacrés et des chants de travail avant la venue des européens, mais il n'en reste que des bribes. Au contraire, avec l'arrivée des missionnaires chrétiens, un genre nouveau de polyphonie a été massivement adopté (himene). De même, la présence des marins occidentaux a permis l'importation de la guitare hawaïenne et du ukulélé.

Littérature[modifier | modifier le code]

La production littéraire en tahitien est limitée (Henri Hiro, D. Raapoto...). La plupart des auteurs locaux s'expriment en français : Chantal Spitz (l'île des rêves écrasés), Titaua Peu, Célestine Vaite, Flora Devatine, Jean-Marc Pambrun, Moetai Brotherson... Chaque année un salon du livre organisé par les éditeurs (Au Vent des iles, Haere Po, Le Motu, ...) est l'occasion de rencontrer les auteurs.

Tatouage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tatouage en Polynésie.
Tatouage polynésien moderne

Au XVIIIe siècle, les premiers explorateurs européens rapportent leur découverte du tatouage polynésien, marque essentielle de la place du Polynésien dans la société. Progressivement les missionnaires chrétiens vont arriver à proscrire cette pratique. Mais pendant la seconde moitié du XXe siècle, le tatouage polynésien redevient populaire auprès des jeunes Polynésiens, en quête d’un retour aux valeurs culturelles et traditionnelles.

Artisanat[modifier | modifier le code]

La Polynésie française est réputée pour ses bijoux réalisés à partir des matières premières locales : nacre, bois, os, fibres de coco et perles de Tahiti. La nacre est utilisée depuis longtemps en Polynésie pour confectionner bijoux et parures. Le développement de la perliculture a permis de développer encore cet art traditionnel.
Néanmoins, l'artisanat s'exprime traditionnellement plutôt au travers des Tifaifai (tissu décoré par un système proche du patchwork), du Tapa (tissu traditionnel confectionné à partir d'écorce) qui sert à fabriquer les paréo, le tressage (paniers, matériaux de couverture ni'au (à partir de palmes de cocotiers) ou en pandanus, chapeaux...)

Sports[modifier | modifier le code]

L'essentiel des sports pratiqués en Polynésie française sont, pour des raisons évidentes, liés à la mer :

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La vanille est de plus en plus utilisée dans les plats salés

La gastronomie polynésienne est caractérisée par une grande diversité des mets, basés sur les produits de la mer et les fruits exotiques et influencés par les cuisines française et chinoise.
Il existe bien sûr de nettes différences selon les archipels.

La diversité et la fraîcheur des produits de la mer contribue à la richesse de la gastronomie polynésienne. Ils sont préparés de multiples façons (grillades, brochettes, papillotes, friture, tartare, mi-cuits, etc).
Parmi les poissons de haute mer, les espèces les plus consommées sont : le thon blanc, et le thon rouge, le mahi-mahi (coryphène), le saumon des dieux (poisson-lune), l'espadon, le tazar (ou thazard).
Le lagon produit bien entendu également une incroyable variété de poissons utilisés dans la cuisine traditionnelle : le perroquet, le chinchard, le rouget, etc.
Parmi les produits de la mer, les langoustes, les cigale de mer ou Scyllaridae, les bénitiers mollusque, les Oursins et les chevrettes sont également très appréciés.

Les fruits incluent la noix de coco, les ananas, la papaye (qui peut se consommer verte, en salade, ou mûre, comme fruit), les mangues, les pamplemousse, les citrons verts, les bananes, les caramboles, les corossoles, la pastèque, les pommes étoilées, le ramboutan. Les légumes incluent le ’uru (fruit de l'arbre à pain), le taro (dégusté aussi bien dans les plats salés que dans les plats sucrés), la patate douce.

La cuisine tahitienne est une cuisine douce, qui utilise relativement peu d'épices, comparativement aux cuisines de l'océan Indien ou l'Asie, comme le lait de coco, le gingembre, le citron vert, la vanille et le tamarin.

Quelques exemples de plats typiques :

  • le poisson cru au lait de coco : élaboré le plus souvent avec du thon (rouge ou blanc), c'est le plat le plus répandu, qui peut se déguster aussi bien au petit déjeuner qu'au diner ;
  • le poulet fafa : poulet mijoté avec des jeunes pousses de taro (fafa) et du lait de coco. Le goût du fafa se rapproche de celui des épinards ;
  • le pua’a choux : un ragoût de porc au chou blanc ;
  • le fāfaru : du poisson cru macéré dans de l'eau de mer ;
  • le po’e ;
  • le pain coco.

Les repas de fêtes sont l'occasion de préparer le four tahitien, ou Ahi mā'a, où chevrettes (crevettes d'eau douce), porc, patates douces, taro, uru, etc, sont placés dans un grand trou sur des pierres chauffées sur les braises, et recouverts de feuilles de bananier et de sable pour cuire à l'étouffé. Dans les îles de la Société, il sera désigné sous le terme mā’a tahiti aux Marquises, kaikai enana.

  • Alcools

La production locale de boissons alcoolisées traditionnelles n'existe pas, le procédé de distillation ayant été introduit par les Européens. Il est possible de trouver des boissons à partir de racines de ti, d'inflorescence de cocotier, de divers fruits[55]. La bière locale, la Hinano, est presque devenue un symbole du territoire. C'est une bière blonde légère qui titre 5°. Le vin est peu consommé en Polynésie, et son acheminement et sa conservation sont relativement malaisé. La Polynésie a cependant son propre vin, improprement dénommé Vin de Tahiti, car produit sur l'atoll de Rangiroa, aux Tuamotu.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Des manifestations culturelles sont régulièrement organisées afin d'entretenir la vivacité de la culture maohi et parfois la faire évoluer. Les principales manifestations ont lieu lors des fêtes de juillet ou Heiva I Tahiti. Cette fête propose des concours de danse, de chant et de musique traditionnelle ainsi que des concours de sports traditionnels tahitien. Des compétitions sportives ont également lieu tout au long de l'année, la Hawaiki nui va'a en octobre, une importante course de pirogue polynésienne, ou des concours de porteurs d'oranges du plateau de Taravao, de lancers de javelots, de soulevé de pierres ou des concours de hana de cocos (débourrage des noix de coco à toute vitesse) ou encore la Billabong pro sur la vague de Teahupo'o en août. Des foires sont organisées afin d'assurer la commercialisation et faire connaître l'artisanat local : tatouages, sculptures marquisiennes, confection de pareo ou de tifaifai, etc. Des reconstitutions de cérémonies religieuses « traditionnelles » sont parfois organisées.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l’an Fête civile légale française.
5 mars Fête de l'Évangile Fête religieuse et fête légale en Polynésie française, commémorant l’arrivée des premiers missionnaires protestants de la London Missionary Society dans la baie de Matavai (le 5 mars 1797).
Variable Vendredi saint Fête religieuse chrétienne, deux jours avant Pâques (non appliquée légalement dans une grande partie de la métropole).
Variable Lundi de Pâques Le lendemain de Pâques, et fête légale française.
1er mai Fête du Travail Fête civile légale française (et internationale) pour le respect du droit des travailleurs.
8 mai Fête de la victoire de 1945. Fête civile légale française. Le 8 mai 1945 revêt une importance particulière en Polynésie. Les établissements français de l’Océanie s’étaient en effet rangés très tôt du côté de la France libre. De nombreux Polynésiens se sont ainsi couverts de gloire durant les combats de la Seconde Guerre mondiale.
Variable Jeudi de l’Ascension Fête religieuse chrétienne, fixée selon la date de Pâques, et fête légale française.
Variable Lundi de Pentecôte Fête religieuse chrétienne, fixée selon la date de Pâques, et fête légale française.
29 juin Fête de l’autonomie Fête civile en Polynésie française. Célébration de l’autonomie.
14 juillet Fête nationale Fête civile légale française, fête nationale. Célébration de la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790.
15 août Assomption Fête religieuse catholique, et fête légale française.
1er novembre Toussaint Fête religieuse chrétienne, et fête légale française.
11 novembre Armistice 1918 Fête civile légale française. Célébration de l’armistice du 11 novembre 1918 entre la France et l’Allemagne, marquant la fin de la Première Guerre mondiale.
25 décembre Jour de Noël Fête religieuse chrétienne, et fête légale française.

Forces de défense et de sécurité[modifier | modifier le code]

Les forces armées en Polynésie française comprennent 1 500 militaires (armée de terre, armée de l'air, marine nationale) et 540 gendarmes. La grande majorité des effectifs se situe sur l'île de Tahiti.

Codes[modifier | modifier le code]

La Polynésie française a pour codes :

Le code postal de Polynésie française commence par 987.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Haut-Commissariat de la république en Polynésie française.
  2. Population totale 2012 (INSEE).
  3. Adopté comme hymne par l'Assemblée de Polynésie française.
  4. Les cinq archipels de Polynésie française sont au centre d'une zone économique exclusive de plus de 2 500 000 km2.
  5. Les îles de la Polynésie - Un patrimoine naturel unique au monde, sur Tahiti Tourisme.
  6. Cette énumération résulte de l'article premier de la loi organique no 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d'autonomie de la Polynésie française.
  7. Chronologie des évènements politiques, sociaux et culturels de Tahiti et des archipels de la Polynésie française, Louise Peltzer.
  8. http://www.lesnouvelles.pf/article/la-vie-au-fenua/o-tahiti-nui-freedom-au-bout-de-son-reve [archive].
  9. (en) John T. Mason, The Pacific War Remembered : An Oral History Collection, Naval Institute Press,‎ 2003, p. 40
  10. Paul Benkimoun,« Les essais nucléaires polynésiens responsables de cancers thyroïdiens » dans Le Monde du 03/08/2006, [lire en ligne].
  11. Le Monde du 4 octobre 2011.
  12. rapport de la chambre territoriale des comptes publié en 2006.
  13. Président de la Polynésie française.
  14. http://www.liberation.fr/politiques/2014/09/06/grace-refusee-pour-flosse-qui-quitte-le-pouvoir_1094814
  15. Grenelle de la mer ; Polynésie.
  16. Météo France.
  17. Canavesio et al. 2014
  18. (en) « La protection de la nature outre-mer : un droit encore peu avancé »,‎ janv2011 Iddri.
  19. http://www.monoi-institut.org/.
  20. « http://www.polynesie-francaise.pref.gouv.fr/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-25.
  21. article 14 de la loi 2004-192 du 27/2/04.
  22. article 43 et suivants de la loi 2004-192 du 27/2/04.
  23. « http://histoire.assemblee.pf/articles.php?id=739 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-25.
  24. http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/09/04/oscar-temaru-va-de-reinscription-de-la-polynesie-francaise-sur-la-liste-des-territoires-a-decoloniser-de-l-onu_1567565_823448.html.
  25. Interview accordée le 14 juillet 2011 à La Dépêche de Tahiti.
  26. Tahiti Nui ou les dérives de l'autonomie, Sémir Al Wardi.
  27. Une résolution aurait demandé une procédure et des délais qui n'auraient pas permis un vote avant l'assemblée plénière de l'ONU. Un vœu était plus rapide à adopter.
  28. « Décolonisation de la Polynésie : la France ne participera pas au vote de l'ONU », rtl.fr, 17 mai 2013.
  29. « L'ONU adopte la résolution sur la décolonisation de la Polynésie française », lexpress.fr, 17 mai 2013.
  30. La Polynésie sur la liste de l'ONU des territoires à décoloniser: et maintenant? David Ponchelet, Réseau Outre-Mer première, 21 mai 2013
  31. http://www.polynesie-francaise.pref.gouv.fr/Presentation-de-la-PF/Geographie-Climat/Les-5-Archipels-de-Polynesie-francaise
  32. Recensement de la population de 2007 : Population légale au 20 août 2007 [lire en ligne].
  33. Voir page 80 in Landfalls of Paradise: Cruising Guide to the Pacific Islands, Earl R. Hinz & Jim Howard, University of Hawaii Press, 2006.
  34. Le tahitien reste interdit à l'assemblée de Polynésie, RFO, 06/10/2010.
  35. (fr) http://www.ispf.pf.
  36. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Langues/2vital_inter_francaisTABLO.htm.
  37. Y. FER et G. MALOGNE-FER, chapitre French Polynesia in M. ERNST (ed.), Globalization and the Re-shaping of Christianity in the Pacific Islands, Suva, Pacific Theological College, 2006, pp. 649-683 : 658-660.
  38. La mosquée de Tahiti inaugurée pour l’Aïd al-adhaa, Tahiti Infos, 14 octobre 2013.
  39. La mosquée de Tahiti est restée porte close vendredi, Tahiti-Infos, 18 octobre 2013.
  40. 400 personnes manifestent contre le projet d'une mosquée à Tahiti, Tahiti-Infos, 9 novembre 2013
  41. Rapport annuel 2009 de l'IEOM.
  42. Les approches de la pauvreté en Polynésie française.
  43. ISPF.
  44. Service de l'artisanat.
  45. source Pot Autonome de Papeete.
  46. http://www.tahiti-infos.com/Vodafone-ouvre-son-reseau-en-Polynesie-francaise_a76601.html
  47. http://www.vodafone.pf
  48. d'après Électricité de Tahiti.
  49. Plaidoyer pour une véritable politique de l’énergie en Polynésie Française, Nuihau Laurey, Edition Au Vent des Iles 2009.
  50. État des lieux du changement climatique en Polynésie française.
  51. rapport de la CTC sur le service public de l'énergie 1998-2008.
  52. Centre d'Hygiène et de Salubrité Publique.
  53. http://www.museetahiti.pf/.
  54. Sculpture, dans la collection Arts et artisanats de Polynésie française, Au Vent des iles.
  55. GéoGuide Galimard Tahiti.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

XIXe siècle
  • Pierre-Yves Toullelan, Tahiti colonial (1860-1914), Publications de la Sorbonne, Paris, 1984. Thèse de doctorat. (Compte-rendu dans le JSO).
  • Rémy Canavesio, Matthieu Jeanson et Samuel Étienne, « La gestion du risque cyclonique en Polynésie française et ses limites : exemple du cyclone tropical Oli, février 2010 », Bulletin de l'Association de Géographes Français, no 3,‎ 2014, p. 325-337 (résumé)
XXe siècle
  • Francis Cheung, Tahiti et ses îles (1919-1945). Étude d'une société coloniale aux antipodes de sa métropole., L'Harmattan, Paris, 1998. (ISBN 2-7384-6857-8) (l'ouvrage inclut un résumé assez conséquent pour la période 1797-1914).
  • Bengt Danielsson, Moruroa, notre bombe coloniale, L'Harmattan, 1993. (ISBN 2-7384-1835-X) (le livre donne des renseignements assez détaillés (avec citations de documents) sur la vie politique à partir de 1945).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]