S.O.S. Météores

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S.O.S. Météores
8e album de la série Blake et Mortimer
Scénario Edgar P. Jacobs
Dessin Edgar P. Jacobs
Couleurs Edgar P. Jacobs

Éditeur Le Lombard
Première publication 09/1959
Nb. de pages 62
Albums de la série Blake et Mortimer
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S.O.S. météores est un album de bande dessinée de la série Blake et Mortimer créée par Edgar P. Jacobs. Il a été publié dans le journal Tintin du 8 janvier 1958 au 22 avril 1959. L'album est sorti en 1959.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Alors que l’Europe de l’Ouest est victime depuis plusieurs mois de cataclysmes météorologiques, Mortimer arrive à Paris pour rencontrer son ami météorologiste français le professeur Labrousse. Dans un taxi qui l’emmène gare des Invalides en passant par la rue Royale, Mortimer et le chauffeur sont témoins d’un grave accident provoqué par une Custom bleue. Puis, à la gare de Versailles - Rive Gauche, un taxi envoyé par Labrousse et conduit par un certain Ernest le prend, destination la maison du professeur à Jouy-en-Josas.

Cependant, sur la route, les phares de la voiture flanchent alors que la nuit noire est tombée. Heureusement, un postier nommé Louis leur propose de le suivre, mais Ernest finit après quelques minutes par confondre les phares du camion postal avec ceux de la Custom bleue. La vitesse excessive de la voiture des bandits ne manque pas de provoquer un accident au taxi qui plonge dans un étang. Alors qu’Ernest essaie de trouver des secours, Mortimer glisse dans l’eau et échappe de peu à la noyade. Ayant atteint la terre ferme, l’auto-stop lui permet d’arriver à destination. Là, après avoir fait rapport de ses aventures à son ami, il donne son hypothèse sur les causes des événements climatiques : ayant remarqué que seule l’Europe occidentale est touchée par ces catastrophes, il en déduit que c’est l’œuvre d'ennemis de l’Occident et non de la nature.

Le lendemain, les deux personnages apprennent de la police que le taxi a été retrouvé aux étangs de la Geneste et qu’Ernest est introuvable. Mortimer et Labrousse se rendent alors sur les lieux où de mystérieuses personnes rodent. Mortimer identifie alors la Custom bleue des rôdeurs comme celle de la rue Royale. Puis, après une brève enquête, il découvre que l’accident n’a pas pu avoir eu lieu aux étangs de la Geneste et en conclut donc qu’on a cherché à déplacer le lieu de l’accident. Il découvre finalement que le taxi est rentré dans le parc du château de Troussalet. S’y étant introduit, il reconnaît l’étang de l’accident, avant d’être enlevé par des hommes encagoulés.

Le lendemain à Paris, au ministère de l’Intérieur, Blake aide le commissaire Pradier, chef de la DST, à lutter contre un réseau d’espions étrangers implantés en France. Alors qu’il étudie le courrier du siège parisien de la firme suédoise Scandinavia, siège dont le dirigeant est un certain Per Enrik Quarnstron, il découvre un micro-film caché dans l’en-tête. Et c’est le professeur Labrousse qui traduit le code. En effet, ce message n’est autre qu’un bulletin météorologique qui prévoit d’importantes perturbations pour le soir. Tout cela conforte la théorie de Mortimer. Mais si Labrousse est venu, c’est pour parler à Blake de la mystérieuse disparition de Mortimer.

Blake et Labrousse partent alors pour Jouy-en-Josas mais passent d’abord par l’appartement de Labrousse rue de Vaugirard. Ils rencontrent alors le voisin suédois de Labrousse, monsieur Henri, très gêné quand il apprend que Labrousse a cru voir sa Custom près des étangs de la Geneste. Puis, Blake et Labrousse arrivent à Jouy-en-Josas où Blake, en découvrant que le téléphone et la voiture ont été sabotés, en voyant qu’une Custom bleue est garée devant la maison et en apprenant que monsieur Henri s’appelle en réalité Per Enrik Quarnstron, déduit que monsieur Henri est le chef du réseau d’espions et que les occupants de la Custom vont tout faire pour les empêcher de rejoindre Paris. Blake essaye tout d’abord de rejoindre la gare de Jouy mais ayant été repéré par Sharkey et un certain Freddy, les occupants de la Custom, il vole le camion postal de Louis et une formidable poursuite entre la Peugeot et la voiture américaine à laquelle la police va également participer s’engage alors. Finalement, Blake prend le train pour Massy-Palaiseau en marche et c’est dans le train puis dans le métro que continue la poursuite. Blake parvient à semer ses poursuivants et rentre dans l’appartement de monsieur Henri, qui n’est autre qu’Olrik. Mais Sharkey et Freddy sont là et Blake doit fuir. Puis c’est au tour d’Olrik, Sharkey et Freddy d’être poursuivis car Pradier et ses hommes arrivent rue de Vaugirard. Mais les trois brigands parviennent à s’échapper par les toits grâce aux importantes perturbations prédites par le code.

Après être rentrés au ministère, Blake, Pradier et Labrousse interceptent un nouveau message codé : un important brouillard s’étendra sur toute l’Europe de l’Ouest dans deux jours, temps idéal pour une invasion. La DST a donc deux jours pour retrouver Olrik. Pendant ce temps, au château de Troussalet, centre du réseau, Mortimer est présenté au professeur Miloch Georgevitch qui lui montre le centre de commande d’une station météorologique du réseau Cirrus. Miloch lui explique alors que cette station et toutes celles du réseau Cirrus décident de la pluie et du beau temps sur l’Europe de l’Ouest depuis des mois et lui explique le procédé. Puis Mortimer est ramené à sa cellule où il va attendre sa déportation vers la puissance étrangère qui se cache derrière tout cela.

Deux jours plus tard, le 13, Blake a finalement découvert que le centre du réseau était le château de Troussalet et nos amis quittent le ministère quand ils découvrent que le brouillard est devenu abrutissant. Blake, Pradier et quelques hommes, tous équipés de masques à gaz, se dirigent donc vers le château et atteignent le camp de Satory, où des soldats protégés eux aussi, les rejoignent. Pendant ce temps, Mortimer a retrouvé Ernest, qui a également été capturé. Ensemble, ils s’évadent et enclenchent par accident l’auto-destruction de la base. Ils parviennent alors à quitter le château et à retrouver Blake, Pradier et les autres. 001, la station du château de Troussalet étant la station centrale du réseau Cirrus, le brouillard disparaît et l’Europe occidentale est sauvée. Toute la bande, y compris Olrik, a été capturée. Seul Miloch manque.

Inspirations[modifier | modifier le code]

Lieux[modifier | modifier le code]

L'aventure se déroule en France, dans les anciens départements de la Seine et de Seine-et-Oise. Les lieux de l’action sont aujourd’hui recouverts par Paris, les Hauts-de-Seine, les Yvelines et l’Essonne.

L’album contient une représentation très précise des lieux concernés qui abritaient à l’époque une importante concentration d’objectifs militaires dont le grand quartier général des puissances alliées en Europe avant son transfert vers Casteau, près de Mons en Belgique.

Un des moments forts concerne une course poursuite impliquant l’ancienne ligne de Sceaux qui deviendra dix ans plus tard, munie d’autres voitures, le RER ligne B et dont le chronométrage est parfaitement crédible.

La qualité quasiment photographique des dessins est d’ailleurs ce qui retient l’attention dans l’album car Jacobs, qui a réalisé à cette occasion de nombreux repérages dans la région, décrit avec force minutie la France de la fin des années 1950. C’est ce réalisme exceptionnel et le tempo de l’action qui confère une ambiance particulière à S.O.S. Météores[1].

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Cet album contient les autres spécificités d’EP Jacobs : les cheminements souterrains, la maîtrise et l’usage fort des couleurs d’ambiance, les données scientifiques et leur vulgarisation à destination des lecteurs ainsi que la morale finale.

Aspects scientifiques[modifier | modifier le code]

Une technique de stéganographie est utilisée par les espions : celle du micropoint.

La foudre en boule est le moyen utilisée par Miloch pour provoquer des phénomènes météorologiques.

Divers[modifier | modifier le code]

Rédigé durant la guerre froide, le scénario S.O.S. Météores fait clairement allusion à la situation internationale de l'époque. Bien que la nature exacte de l’organisation à laquelle appartient Olrik ne soit jamais révélée, de nombreux détails indiquent que la conjuration est pilotée par l’URSS. Le physique du général, responsable de la base, est inspiré de celui d’Anastase Mikoyan. Le professeur Miloch a les traits d’Arthur Miller qui faisait figure, dans les années 1950, de symbole de l’intellectuel sympathisant du communisme[2]. Enfin la carte montre les implantations ennemies avec leur épicentre en zone soviétique.

À la page 12 de l’album, les professeurs Labrousse et Mortimer apprennent qu’une météorite aurait été vue à Villeneuve-Minervois dans l’Aude près de Carcassonne. Il s’agit du village où Edgard P. Jacobs a passé quelques mois avec son unité pendant la guerre de mai à août 1940[3].

Personnages[modifier | modifier le code]

Nom Qualité
Professeur Mortimer Scientifique anglais
Sharkey dit « le gorille » Malfrat, lieutenant du colonel Olrik
Ernest Chauffeur de taxi
Louis Postier
Colonel Olrik Chef d’un réseau d’espionnage étranger
Professeur Labrousse Directeur de la météorologie française
Catherine Employé de maison du professeur Labrousse
Sadi Malfrat
Eblis Chien de Sadi
Commissaire divisionnaire Pradier Haut responsable à la DST (Direction de la surveillance du territoire)
Capitaine Francis Blake Chef du MI-5 britannique
Durand Spécialiste du décryptage à la DST
Madame Petit Concierge de l’immeuble parisien où habite le professeur Labrousse
Monsieur Henri alias Per Henry Quarnström Voisin parisien du professeur Labrousse (colonel Olrik)
Freddy Malfrat
Professeur Miloch Georgevitch dit Miloch Scientifique à la solde d’une puissance étrangère
Général Non défini, supérieur hiérarchique de Miloch et Olrik
Inspecteur Ramon Agent à la DST

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les vrais sites de SOS Météores »
  2. René Nouailhat, Jacobs, la marque du fantastique : Mythologie, politique et religion dans la bande dessinée Blake et Mortimer, Mosquito, 2004, page 151
  3. Source: Edgard P. Jacobs, Un Opéra de Papier, Gallimard, 1981, pp. 60-63