Enceinte de Thiers

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Carte de Paris datant de 1911 figurant l'enceinte de Thiers et ses bastions.

L'enceinte de Thiers est une enceinte créée entre 1841 et 1844 autour de Paris, à la suite d'une approbation de 1840 de l'homme politique Adolphe Thiers, alors président du conseil des ministres[1].

Englobant la totalité de la capitale, soit près de 80 km2, l'enceinte de Thiers se situe alors entre les actuels boulevards des Maréchaux, appelés à l'origine « rue militaire » et le futur emplacement du boulevard périphérique. Elle est détruite entre 1919 et 1929.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les fortifications de Thiers à la porte de Versailles, en 1913.

L'enceinte englobait une superficie totale de 78,02 km2 et s'étendait sur 33 km de long, en suivant de près les limites actuelles de la commune de Paris.

Désignée familièrement sous le terme des « fortif' », elle était constituée de :

  • quatre-vingt quinze bastions,
  • dix-sept portes,
  • vingt-trois barrières,
  • huit passages de chemins de fer,
  • cinq passages de rivières ou canaux,
  • huit poternes dont celles de Montempoivre et des Peupliers.

Les ouvrages étaient desservis et approvisionnés par la rue Militaire, secondée par une ligne de chemin de fer, la ligne de Petite Ceinture.

L'enceinte est composée :

  • d'une rue militaire intérieure,
  • d'un parapet de 6 mètres de large,
  • d'un mur d'escarpe de 3,5 mètres d'épaisseur et de 10 mètres de haut,
  • d'un fossé sec de 40 mètres,
  • d'une contrescarpe en pente légère,
  • d'un glacis de 250 mètres de long.

En avant du mur d'enceinte, de son fossé et de sa contrescarpe se trouvait une bande de terre de 250 m de large : le glacis. Désignée comme zone non-aedificandi (zone non constructible), elle fut occupée par des bidonvilles dès la fin du XIXe siècle, avec l'abandon de sa fonction militaire. Cette bande était désignée comme « la Zone », dont le terme d'argot « zonard » dérive[2].

Ouvrages complémentaires[modifier | modifier le code]

L'enceinte est complétée par seize forts détachés :

et d'autres ouvrages :

  • la batterie de Pantin
  • la batterie du Rouvray
  • la batterie des Vertus
  • l'ouvrage d'Aubervilliers
  • la batterie d'Aubervilliers
  • la redoute de la Faisanderie
  • la redoute de Gravelle
  • la lunette de Nogent
  • la digue du Rû de Montfort
  • la digue du Croult
  • la rigole de la Briche
  • la redoute de Fontenay-sous-Bois
  • la lunette de Rosny
  • la redoute de la Boissière
  • la redoute de Montreuil
  • la lunette de Noisy-le-Sec
  • la redoute de Noisy-le-Sec
  • la lunette de Romainville
  • la courtine de Romainville

Historique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Détail de la muraille, du fossé et du talus de défense.

Louis-Philippe, proclamé roi des Français en 1830, est convaincu que la clé de la défense du territoire consiste à empêcher Paris de tomber aux mains d'armées étrangères comme lors de la bataille de Paris en 1814. Il projette donc de construire autour de la capitale une enceinte de fortifications qui rendrait la ville imprenable.

Un premier projet est présenté à la Chambre des députés au début de 1833 par le maréchal Soult, président du Conseil et ministre de la Guerre. Il suscite d'emblée une très vive résistance de la part de la gauche, dont les orateurs soupçonnent – ou feignent de soupçonner – de la part du gouvernement des arrière-pensées de politique intérieure : on affirme que les fortifications sont en réalité destinées non à défendre la France, mais à menacer les Parisiens au cas où ils viendraient à se révolter contre le pouvoir royal.

Construction[modifier | modifier le code]

Le budget pour la construction de l'enceinte est attribué en 1841. Les fortifications sont terminées en 1844.

Les fortifications englobent non seulement Paris (limité au mur des Fermiers généraux), mais également tout ou partie d'un anneau de communes situées autour de la capitale : Montmartre, La Villette, Belleville, Charonne, Bercy, Ivry, Montrouge, Vaugirard, Auteuil, Passy et Batignolles-Monceau.

Extension de Paris[modifier | modifier le code]

En 1860, Paris étend ses limites directement jusqu'à l'enceinte de Thiers et annexe les communes (ou parties de communes) qu’elle englobe.

Déclassement[modifier | modifier le code]

L'enceinte devient obsolète dès la fin du XIXe siècle du fait de l'augmentation de la portée de l'artillerie, en particulier celle de l'armée allemande en 1871. Son démantèlement est envisagé dès 1882[3]. « La Zone » est peu à peu occupée par des constructions sauvages et abrite environ 30 000 personnes au début du XXe siècle.

Déclassées par la loi du 19 avril 1919, les fortifications sont progressivement détruites jusqu’en 1929. Leurs emplacements font d’abord place à des terrains vagues, qui sont progressivement réhabilités à partir des années 1930 par la construction de logements sociaux (les habitations à bon marché ou HBM), d’équipements sportifs et de parcs.

La forme des anciens bastions se retrouve en plusieurs endroits dans la topologie de la voirie sur cet espace.

Le boulevard périphérique de Paris est construit au-delà de l'emprise proprement dite de l'enceinte de Thiers, en bordure de « la Zone », et continue de matérialiser la séparation entre Paris et sa banlieue.

Restes contemporains[modifier | modifier le code]

La poterne des Peupliers, l'un des seuls vestiges encore visibles de l'enceinte de Thiers.

Quelques vestiges de l'enceinte de Thiers restent visibles dont, entre autres :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La question des fortifications de Paris - 1840 », Chemins de mémoire
  2. Guy Le Hallé, Les Fortifications de Paris, Horvath Éditions,‎ 1986 (ISBN 978-2717104646)
  3. [PDF] « La zone et les fortifs », Ville de Malakoff
  4. Site de la mairie du 17e arrondissement.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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