Ardennes (département)

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Ardennes
Ardennes (département)
Ardennes (département)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Création du département 4 mars 1790
Chef-lieu
(Préfecture)
Charleville-Mézières
Sous-préfecture(s) Rethel
Sedan
Vouziers
Président du
conseil général
Benoît Huré (UMP)
Préfet Frédéric Perissat
Code Insee 08
Code ISO 3166-2 FR-08
Code Eurostat NUTS-3 FR211
Démographie
Gentilé Ardennais
Population 283 110 hab. (2011)
Densité 54 hab./km2
Géographie
Superficie 5 229 km2
Subdivisions
Arrondissements 4
Circonscriptions législatives 3
Cantons 37
Intercommunalités 16
Communes 463

Les Ardennes (prononcé [aʁ.ˈɛn ]) sont un département français de la région Champagne-Ardenne.

Plus petit département de la région Champagne-Ardenne par sa superficie, il est le seul de la région à disposer d'une frontière avec la Belgique.

Il est traversé dans sa partie septentrionale par la vallée sinueuse de la Meuse ; c'est dans cette partie du département que se concentre l'essentiel des habitants et des activités ; Charleville-Mézières et Sedan en sont les principaux centres urbains.

Le département fait partie de l'Académie de Reims et du ressort de la cour d'appel de Reims. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 08.

La vallée de la Meuse à Revin dans le nord du département des Ardennes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le cadre géographique sommaire[modifier | modifier le code]

Le département des Ardennes qui appartient à la France du Nord-Est fait partie de la Région Champagne-Ardenne.

Il est limitrophe des départements français de la Meuse, à l'est, de la Marne, au sud, et de l'Aisne, à l'ouest.

Au nord, il confine avec la Belgique, plus précisément avec la Région wallonne (d'est en ouest : province de Luxembourg, province de Namur, province du Hainaut).

Les données géographiques générales[modifier | modifier le code]

Avec une superficie de 5 229 km2, le département des Ardennes est le plus petit des quatre départements qui forment la région Champagne-Ardenne dont il occupe la partie septentrionale. Il n'en présente pas moins une certaine diversité géographique.

La Meuse qui arrose Monthermé s'écoule dans le nord du département des Ardennes.

Unique département frontalier de la région Champagne-Ardenne (avec la Belgique), il doit son nom à une vaste région naturelle, l'Ardenne, plateau profondément entaillé par la Meuse et ses nombreux affluents, qui s'étend surtout sur la partie wallonne du sud de la Belgique, mais aussi au Luxembourg ainsi qu'à l'Allemagne (Eifel) et, ailleurs en France, au nord du département voisin de la Meuse en Lorraine.

Son point culminant dans le département est situé sur le versant méridional de la Croix-Scaille (situé entre la commune française des Hautes-Rivières et la commune belge de Gedinne) à 504 m d'altitude.

C'est dans cette partie du massif ardennais que serpente la Meuse en une pittoresque vallée, connue localement comme « la valleye ». S'écoulant dans la partie septentrionale du département des Ardennes, elle arrose d'amont en aval les villes principales de Sedan, Charleville-Mézières et Nouzonville. Elle reçoit de nombreux affluents dont les principaux dans le département sont la Semois et la Chiers.

Au sud du département où coule l'Aisne s'étend la vaste plaine dénudée de la Champagne crayeuse, anciennement dénommée Champagne pouilleuse, prolongée au sud-ouest par la petite région céréalière du Porcien, tandis que la Thiérache à l'ouest et l'Argonne à l'est, franges herbagères, constituent des terroirs très fortement individualisés.

Climatologie[modifier | modifier le code]

Le département des Ardennes ne bénéficie pas d'un climat uniforme sur tout son territoire, notamment pendant la période hivernale.

Dans la région située au nord du département qui va de la limite du département de l'Aisne et la frontière avec la Belgique jusqu'au centre du département aux environs du canton d'Omont et le sud de la vallée de la Meuse, le climat est considéré comme « continental dégradé » (fortes précipitations en automne et fréquentes gelées en hiver), alors que le reste du département subit un climat « océanique dégradé » ou « tempéré continental » (par rapport au climat océanique, les hivers sont plus froids et les étés plus chauds, les précipitations en plaine sont moins importantes et les vents perdent de leur force). Tout ceci découle de la situation géographique du département qui se trouve à mi-chemin entre la Manche, la Mer du Nord et l'intérieur de l'Europe.

Rocroi sous la neige, une situation habituelle en hiver dans le nord du département des Ardennes.

Cette différence peut être aisément observée dans les faits. L'hiver est plus rigoureux et le risque de neige plus élevé à Rocroi, à Givet ou à Sedan, villes situées dans le nord du département où se trouvent les caractéristiques communes du climat dit continental dégradé.

Cette nuance du climat se remarque également par la différence de température avec les régions voisines. Le Nord-Pas-de-Calais et le Bassin parisien bénéficient des influences maritimes de la Manche, du pas de Calais et de la mer du Nord et, également, des conditions géophysiques par la présence d'un relief relativement plat.

Cette différence climatique est particulièrement prononcée par la présence du gel, notamment dans les vallées de la Meuse et de la Semoy et sur le plateau de Rocroi, ainsi que vers la Croix-Scaille où il est peut être le plus marqué ; il a l'inconvénient de perdurer plus longtemps dans l'année et influe considérablement sur la végétation.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants des Ardennes sont les Ardennais(es)[N 1].

L'évolution et la répartition de la population[modifier | modifier le code]

Malgré un taux de natalité toujours élevé (le plus fort taux en France en 1968), le département continue de perdre des habitants ; 300 000 en 2000, à cause d'un taux de chômage élevé (d'où une "émigration" continue). Les deux conflits mondiaux ont, à chaque fois, fait perdre des habitants (comme l’« exode » de 1940). Il y avait 330 000 habitants à la fin du XIXe siècle.

Les Ardennes se situent dans la seule région de France, la Champagne-Ardenne, à perdre des habitants, perte de l'ordre de 3 000 habitants entre 1999 et 2006. Cette perte démographique affecte les principales villes du département.

Ainsi, les agglomérations majeures du département sont-elles les plus touchées, se caractérisant soit par une stagnation de la population, soit par une baisse démographique pouvant aller jusqu'à 2 % par rapport à 1999 des centres-villes et des banlieues (Charleville-Mézières, Revin, Fumay, Givet, Rethel).

Les communes proches en revanche gagnent des habitants (phénomène de périurbanisation). Cela s'explique par la recherche d'un meilleur cadre de vie, à la campagne, qui correspond au désir d'un grand nombre de personnes de se constituer un petit patrimoine immobilier, dont le modèle type est la maison avec un terrain, au détriment de la proximité avec le lieu de travail. Ce concept éminemment contemporain favorise les migrations pendulaires du travail, ou des allers-retours Domicile/Travail. C'est le phénomène devenu banal de la périurbanisation qui a gagné la France entière et auquel le département des Ardennes n'échappe pas non plus.

Au 1er janvier 2006, la population ardennaise s’établissait à 295 653 habitants. La population diminue dans le milieu urbain mais cinq fois moins que dans l’espace rural. La baisse limitée dans l’espace urbain, où résident deux tiers des Ardennais, résulte de deux dynamiques opposées. Les communes périurbaines gagnent 0,5 % d’habitants par an sur la période 1999-2006 au détriment des pôles urbains (centres-villes et banlieues) qui en perdent 0,6 % par an. Depuis trente ans, la population fléchit dans les principales villes des Ardennes. Entre 1999 et 2006, la baisse annuelle s’étend de 0,2 % pour Sedan ou Rethel à 1,8 % pour Revin en passant par 1 % pour Charleville-Mézières. L’évolution plus défavorable en milieu rural provient de la dégradation démographique des pôles d’emploi ruraux, comme Fumay ou Vouziers, et dans une moindre mesure de celle de leur couronne. Elle est légèrement atténuée grâce à une petite progression de la population dans les autres communes rurales.

Les Ardennes, à l'exception des deux pôles urbains majeurs que sont Charleville-Mézières et Sedan et de la pointe, se situent dans ce qui fut appelé la diagonale du vide (cette notion est aujourd'hui obsolète). Cette diagonale part des Ardennes, traverse la France par la Champagne-Ardenne, la Bourgogne, l'Auvergne, le Limousin, les Cévennes, et se termine par les Landes et les Pyrénées. Peuvent être inclus la Corse, le centre de la Bretagne et le massif alpin, en raison des conditions démographiques identiques à la diagonale du vide. À savoir, une faible densité de population, de l'ordre de 0 à 30 habitants au km² en 2006, avec des exceptions pour les grandes agglomérations où les chiffres peuvent atteindre 300 à 2000 (généralement dans le bas de cette fourchette) habitants au km² (Reims, Clermont-Ferrand et Toulouse notamment).

Source : INSEE

Liste des villes[modifier | modifier le code]

Population des principales villes des Ardennes pour l'année 2009[1] Haybes Nouvion-sur-Meuse Mouzon (Ardennes) Rocroi Donchery Floing Monthermé Carignan Villers-Semeuse Vivier-au-Court Vrigne-aux-Bois Fumay Vouziers Bogny-sur-Meuse Nouzonville Givet Revin Rethel Sedan Charleville-Mézières

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie du département, après avoir reposé sur l'agriculture (forêt et élevage, les cultures étant pauvres), repose depuis plus d'un siècle maintenant sur l'industrie (aujourd'hui en situation délicate) et sur le tertiaire bien que la part de la population active ardennaise travaillant dans ce secteur soit inférieure à la moyenne nationale. Au début du XIXe siècle, la région était la première de France pour le travail des métaux, grâce au charbon de bois. On n'y a jamais trouvé de charbon (seule l'ardoise de Fumay était exploitable) mais l'industrie métallurgique s'y est développée (boulons, vis, clous, dans les « boutiques »), le chemin de fer avec de nombreuses ramifications (Compagnie des chemins de fer des Ardennes de la famille Seillière, regroupée ensuite avec la Compagnie de l'Est) a accéléré cette industrialisation à la fin du XIXe siècle : Charleville, Sedan (qui avaient leurs tramways), Revin. Le journal L'Usine ardennaise est devenu L'Usine nouvelle. La crise des années 1970-80 a précipité le déclin de l'activité métallurgique dans le département (les hauts-fourneaux ou de simples ateliers ont fermé les uns après les autres : Blagny, Vireux-Molhain, Bogny, etc.). Il subsiste aujourd'hui de nombreux sous-traitants pour l'industrie ferroviaire (TGV par exemple) ou automobile (GMC, PSA, Mercedes, entre autres), Hermès s'est installé récemment à Bogny, PSA est installé à Villers-Semeuse-Les Ayvelles. Signalons la présence d'un site nucléaire, la centrale nucléaire de Chooz, supportant quelques réacteurs, dont à l'origine le premier réacteur à eau pressurisée (REP) de France. L'agriculture s'est considérablement développée avec les techniques industrielles (blé, maïs, betterave à sucre).

De la Gare de l'Est à Paris ont été mis en place des trains TGV directs à faible vitesse pour Charleville-Mézières (1 h 35), et Sedan, et plusieurs TGV pour Reims, avec changement pour Charleville-Mézières[2]. Un « Y » routier sera mis en place également avec l'A4 Reims-Paris, l'A34 (gratuite), et des liaisons vers Lille et Bruxelles nécessitant d'emprunter la N5 pour rejoindre l'anneau autoroutier de Charleroi. De la même façon, la jonction toujours pas terminées avec les autoroutes menant au Luxembourg et à Cologne nécessite d'emprunter une partie de route nationale en France[2]. L'amélioration des moyens de communication terrestre (TGV et autoroute A34) permettront de bénéficier d'une proximité relative avec Paris, Reims, Metz et les villes belges comme Liège, Charleroi ou même Bruxelles.

Tous les ans, en septembre, la foire de Sedan est un grand événement commercial (2e de la région) qui réunit chaque année environ 250 000 personnes.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Données générales[modifier | modifier le code]

Dans le département, des monuments emblématiques comme le château de Sedan (site payant le plus fréquenté des Ardennes avec en moyenne 60 000 entrées par an), le site fortifié de Charlemont à Givet, le fort des Ayvelles ou encore la forteresse de Rocroi attirent chaque année de nombreux visiteurs. À leurs côtés, les nombreuses églises fortifiées et les sites médiévaux du département[N 2] ainsi que la forêt ardennaise, la voie verte (piste cyclable reliant Montcy-Notre Dame près de Charleville-Mézières à Givet longeant la vallée de la Meuse favorisent un tourisme de week-end et les randonnées touristiques (tourisme vert).

Le tourisme culturel prend un certain essor avec les nombreux festivals de musique (Le Cabaret Vert, le Douzy'k festival, Aymon Folk Festival) sans oublier de mentionner les musées (Musée de l'Ardenne etc.) et les châteaux (château de Sedan) et l'intérêt grandissant pour le patrimoine industriel mis de plus en plus en valeur.

Enfin, la création du parc naturel régional des Ardennes le 21 décembre 2011, devrait continuer de favoriser ce type de tourisme de plus en plus recherché.

Les résidences secondaires[modifier | modifier le code]

Les achats de maisons par des Belges et des Néerlandais sont fréquents dans la région car les prix sont beaucoup moins élevés que dans leur pays de résidence. Cependant, selon le recensement général de la population du 1er janvier 2008, 3,7 % des logements disponibles dans le département sont des résidences secondaires, ce qui est plutôt faible.

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Ardenne pourrait dériver du gaulois ar', qui signifie le,la, et den qui signifie Sombre.ar'den désignait La Forêt,(la masse,l'espace) sombre ou profonde. Il aurait été latinisé en Arduenna par les Romains,pour désigner un territoire qui couvrait en partie,le vieux massif montagneux mentionnés par Jules César dans l'ouvrage qui lui est attribué,qui couvrait le territoire des Trèvires (Chiers)à celui des Nerviens (Sambre)jusqu'aux Aquatuques (Namur) La Guerre des Gaules. Et en Arduenna Sylva pour la forêt de pin du plateau de Bastogne. Puis il aurait été transformé en Ardenna au VIe siècle[3].

Ce toponyme est absent des noms des communes du département des Ardennes alors que ceux d'Argonne (Beaumont-en-Argonne), de Porcien (Château-Porcien, Novion-Porcien, Chaumont-Porcien ou encore de Champagne (Vaux-Champagne) leur sont parfois accolés et ont tous une connotation d'appartenance régionale. C'est pourquoi le nom d' Ardenne n'est pas spécifique au département ; ainsi, se retrouve-t-il dans bien d'autres régions de France par exemple, dans la France de l'Ouest et du Centre-Ouest[N 3] ; de Belgique, du Luxembourg, il a alors le sens habituel - et d'origine celtique - de hauteur, hauteur boisée et forêt[4].

Histoire du département des Ardennes[modifier | modifier le code]

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie des anciennes provinces de Champagne et d'Argonne, de plusieurs principautés, dont celles d'Arches et de Sedan, de comtés (comme Rethel) et de différents territoires rattachés à la France (provenant des anciens Pays-Bas espagnols) jusqu'au XVIIIe siècle.

Le 12 mai 1793, le département s'agrandit du bailliage liégeois de Couvin et du comté d'Empire de Fagnolle et le 26 octobre 1795 d'une partie du duché de Bouillon.

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le deuxième traité de Paris soustrait au département des Ardennes pour les rattacher au royaume des Pays-Bas les territoires de Bouillon, Couvin, Mariembourg, Fagnolle et Philippeville. Par ailleurs, le département est occupé par les troupes prussiennes de juin 1815 à novembre 1818[N 4].

Le 2 septembre 1870, Sedan est lieu de la capitulation de Napoléon III lors de la Bataille de Sedan face aux troupes des États prussiens coalisés commandées par Helmut von Moltke. Le roi de Prusse Guillaume Ier (Wilhelm I), futur empereur du IIe Reich sous le même nom, et Bismarck assistent à la bataille depuis des collines dominant Sedan. La défaite sonne le glas du Second Empire[5], et par la même la naissance de la Troisième République française le 4 septembre 1870.

Forêt d'Argonne en octobre 1915, ravagée par les tirs d'obus.

Pendant les deux conflits mondiaux, pour des raisons stratégiques, la région est à chaque fois le lieu de passage de l'invasion ennemie, à cause de la faible largeur de la Meuse et de sa vallée encaissée. Les militaires français considèrent que la région se défend toute seule de par son relief et ses forêts épaisses présentes sur le nord du département et négligent la défense de ce territoire. Pendant la Première Guerre mondiale, Charleville est le QG du Kronprinz ; c'est à Vouziers, entre autres, que se sont battues les légions tchécoslovaques avec celui qui allait devenir le premier président de la république, Masaryk, et c'est aussi à côté de cette même ville qu'a été abattu l'avion de Roland Garros.

C'est le seul département français à avoir été occupé entièrement pendant la durée du conflit hormis le nord de la Lorraine (Moselle) et l'Alsace, qui étaient sous administration allemande depuis 1871.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'effort principal de l'armée allemande s'est porté sur ce territoire, notamment sur la rive droite de la Meuse, symbolisé par la percée de Sedan, qui allait entraîner les troupes françaises dans le piège stratégique du Plan jaune conçu par le général Erich von Manstein et approuvé par Hitler.

C'est dans ce département que finissait la ligne Maginot : le dernier fort de cette ligne (fort de Villy la Ferté) se situe à environ cinq kilomètres de Carignan. L'état-major français ne voulait pas continuer la ligne de défense le long de la frontière avec la Belgique, pays neutre et ami. De plus, il espérait que la géographie particulière et la forêt pourraient arrêter l'armée allemande.

Après l'armistice de 1940, les Ardennes ont été déclarées « zone interdite » (en fait zone de peuplement allemand) pendant toute l'occupation par l'armée nazie.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes du département des Ardennes

Les armes du département des Ardennes se blasonnent ainsi : D'azur à la bande d'argent côtoyée de deux doubles cotices potencées et contre-potencées d'or, au chef de gueules chargé de trois râteaux démanchés d'or ordonnés 2 et 1.[6]

Administration[modifier | modifier le code]

L'organisation administrative[modifier | modifier le code]

La place ducale à Charleville-Mézières, préfecture du département des Ardennes.

Le siège de la préfecture du département des Ardennes est fixé à Charleville-Mézières et les trois sous-préfectures sont, par ordre alphabétique, Rethel, Sedan et Vouziers.

Rocroi fut également sous-préfecture jusqu'en 1926.

Par ailleurs, le siège départemental du conseil général des Ardennes est également situé à Charleville-Mézières.

L'organisation territoriale[modifier | modifier le code]

Carte des communes du département des Ardennes.

Le département des Ardennes est composé de 463 communes qui sont rassemblées en 37 cantons, lesquels sont regroupés en 4 arrondissements de taille différente.

Le plus grand des arrondissements du département est celui de Charleville-Mézières tandis que le plus petit est celui de Sedan qui en est deux fois moins étendu. Cependant, ces deux arrondissements qui occupent la partie septentrionale du département des Ardennes cumulent les 4/5 de la population départementale[N 5].

Les deux autres arrondissements, Rethel et Vouziers, occupent la partie méridionale du département avec des superficies à peu près comparables mais sont très peu peuplés.

La petite cité de Rocroi fut sous-préfecture des Ardennes jusqu'en 1926.

Avant le décret-loi Poincaré du 10 septembre 1926 qui a supprimé de nombreuses sous-préfectures en France, le département comptait cinq arrondissements ; outre les quatre sus-mentionnés, le cinquième était celui de Rocroi - dont la petite cité historique est située dans le nord-ouest du département et est proche de la Belgique - qui a été annexé dans sa totalité à l'arrondissement de Charleville-Mézières depuis cette date. L'ancien arrondissement de Rocroi regroupait alors six cantons - dont quatre frontaliers avec la Belgique - qui étaient par ordre alphabétique ceux de Givet, Fumay, Revin, Rocroi, Rumigny et Signy-le-Petit[7].

L'hôtel-de-ville de Givet, ville frontalière avec la Belgique.

Unique département de la région Champagne-Ardenne à disposer d'une frontière avec la Belgique, le département des Ardennes y aligne 10 cantons frontaliers qui, d'est en ouest, sont ceux de Carignan, Sedan-Est, Sedan-Nord, Sedan-Ouest, Nouzonville, Monthermé, Fumay, Givet, Rocroi et Signy-le-Petit.

Dans le cadre des intercommunalités, le département des Ardennes est composé d'une communauté d'agglomération organisée autour de la ville-préfecture, dénommée Cœur d'Ardennes, et en quinze communautés de communes dont celle de Sedan, la Communauté de communes du Pays sedanais, est la plus importante.

Par ailleurs, le département des Ardennes compte 33 communes qui n’adhèrent à aucun EPCI.

Liste des collectivités territoriales[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Les festivals[modifier | modifier le code]

Depuis plus de 40 ans (la première fois en 1961 à l'initiative de Jacques Félix), a lieu à Charleville-Mézières le Festival mondial des théâtres de marionnettes (maintenant tous les deux ans) ; il a accueilli lors de sa dernière édition en 2009 plus de 200 000 personnes, il y a aussi dans cette même ville une école : l'Institut international de la marionnette. Le Festival Rock et Territoire Le Cabaret vert a accueilli plus de 50 000 festivaliers lors de la septième édition en 2011 et se déroule tous les ans à Charleville-Mézières, ce qui en fait le 7e festival de France de par sa fréquentation. Le festival Les Ailleurs poétiques organise des événements au mois d'octobre dans certaines communes ardennaises.

Festival médiéval de 2011.

À Sedan a lieu chaque année le festival médiéval autour du château de Sedan, le plus grand château fort d'Europe. C'est un événement qui rassemble plus de 30 000 spectateurs.

Festival médiéval de 2011.

À Rethel, les fameuses fêtes de sainte Anne existent depuis plus de 200 ans.

À Bogny-sur-Meuse se déroule le festival Aymon Folk et réunit près de 10 000 personnes.

Le département des Ardennes possède aussi quelques festivals de renom comme le Festimeuse qui regroupe 10 000 festivaliers, le festival de la Cassine avec ses 7 000 personnes lors de la 3e édition en 2010.

Le festival métal de Vouziers accueille quant à lui environ 2 000 personnes. Le festival Rock sur El Mont à Aiglemont a accueilli en 2010, plus de 2 000 personnes Enfin se déroule à Douzy chaque mois de juillet tous les deux ans le Douzy'k Festival qui regroupe entre 5 000 et 7 000 festivaliers à chaque édition.

L'Argonne n'est pas en reste avec deux événements musicaux. Depuis maintenant 14 ans, le village de Louvergny accueille début août un festival lyrique, Les Rencontres de Louvergny, au cœur de la campagne argonnaise, où se produisent des chanteurs de la scène internationale provenant de différents pays. Plus récemment, les Notes d'Argonne propose à travers le massif argonnais des concerts de musique classique avec des interprètes régionaux ou nationaux (session de mai 2008  : Patrice Fontanarosa et Marielle Nordmann[8]). Ces deux événements ont eu un succès immédiat dans la région et le public n'a cessé d'affluer depuis.

Les Ardennes dans les contes et légendes[modifier | modifier le code]

Depuis très longtemps la région est une terre de légendes, grâce à ses rochers, ses rivières et lacs, sa forêt épaisse et sombre  : par exemple les Quatre fils Aymon, chevaliers sur leur cheval Bayart aidés par l'enchanteur Maugis qui donna son nom au village de Pont-Maugis, à l'époque de Charlemagne[9].

Les Ardennes dans la littérature[modifier | modifier le code]

Le roman d'Yves Gibeau, Les Gros Sous (1953), se déroule dans le Sud-Ouest du département.

Les Ardennes servent de décor au roman de Julien Gracq, Un balcon en forêt, publié en 1958 et dont Michel Mitrani a fait un film en 1979 avec Jacques Villeret. Ce roman/récit prend appui sur l'expérience de soldat de l’auteur au début de la Seconde Guerre mondiale.

La région sert de toile de fond à l'écrivain ardennais André Dhôtel (1900-1991), notamment dans Le Pays où l’on n’arrive jamais.

Les Ardennes dans le cinéma[modifier | modifier le code]

Le département dispose d'un cadre naturel varié (vallée de la Meuse, frontière entre la Belgique et la France, forêts du plateau ardennais...) favorisant la production de films et de téléfilms dont les premiers remontent à la fin des années 1960 et dans les années 1970.

Le Train (1973) avec Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider a été en partie tourné dans la vallée de la Meuse, Maigret chez les Flamands (1976), roman de Georges Simenon là aussi, qui connaissait la région en voisin (Liège) puisqu’il l'a beaucoup parcourue, situe l'action à Givet (le téléfilm avec Jean Richard y a été tourné).

Le film de Claude Autant-Lara, Les Patates réalisé en 1969, avec Pierre Perret, a été entièrement tourné à Bourg-Fidèle, village situé sur le plateau de Rocroi.

En 2006, Les Enfants du pays de Pierre Javaux, avec Michel Serrault, se situe dans un petit village noyé dans la forêt des Ardennes en mai 1940, au moment où 5 tirailleurs sénégalais se trouvent isolés de leur régiment, perdus, face à un vieil homme et à ses deux petits-enfants restés seuls après l'exode de la population.

En 2007, Marcel Trillat tourne Silence dans la vallée, documentaire sur la liquidation des forges de Nouzonville, les Ateliers Thomé-Génot, par des repreneurs américains qui vident la trésorerie à leur profit. Cellatex avait connu le même sort à Givet en 2000.

Les Ardennais célèbres[modifier | modifier le code]

Arthur Rimbaud est natif de Charleville-Mézières.

La presse locale dans les Ardennes[modifier | modifier le code]

Les journaux régionaux sont : L'Ardennais (de Charleville-Mézières) et L'Union : ils ont maintenant une rédaction commune, seule la première page diffère. Depuis 2009, un journal hebdomadaire est publié dans les Ardennes : La Semaine des Ardennes. Imprimé à Charleville-Mézières, il est tiré à plus de 2 000 exemplaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. prononcez /ardEunais/ pas d'accentuation du e
  2. Voir l'article : « À la découverte des sites médiévaux de l'Argonne du Nord », publié par Daniel Hochedez dans la revue HORIZONS D’ARGONNE, no 88, juin 2011, p. 7-14 (publication du Centre d'études argonnais) http://centretudargonnais.org/HorizonArgonne88.pdf
  3. Ce toponyme est présent 5 fois dans les Charentes; il se retrouve notamment dans le nom du village de Saint-Grégoire-d'Ardennes en Charente-Maritime) ; source principale : Jacques Duguet, Noms de lieux des Charentes, éditions Bonneton, 1995, p.p. 9 et 10
  4. Pour plus de détails sur ce sujet, lire l'article occupation de la France à la fin du Premier Empire
  5. Sur ce point, consulter l'article détaillé Démographie du département des Ardennes

Références[modifier | modifier le code]

  1. Population légale du recensement de 2009 département des Ardennes (population municipale)
  2. a et b « Comment venir à Charleville-Mézières » (consulté le 31 mai 2013)
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, vol. 1, Librairie Droz,‎ 1990 (ISBN 9782600028837, résumé)
  4. Dotttin G., La langue gauloise, grammaire, textes, glossaire, Paris, 1920.
  5. Concernant les mouvements de troupes ayant précédé la bataille de Sedan et, plus généralement sur la guerre de 1870 en Argonne ardennaise et l'occupation allemande qui a suivi, consulter avec profit l'article de Daniel Hochedez, « La guerre franco-allemande et l'occupation en Argonne (1870-1873) », Revue Horizons d'Argonne, publication du Centre d'études argonnais, no 87, juin 2010 ; voir également centretudargonnais.org
  6. Les blasons des anciennes provinces françaises
  7. Voir à Liste des cantons dans le Splaf des Ardennes
  8. Office de Tourisme de l'Argonne Ardennaise - 5e Festival Notes d'Argonne 2008
  9. Jean-Pierre Lambot, L'Ardenne, Éditions Mardaga,‎ 1987, 175 p. (ISBN 9782870093160, lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liste des communes des Ardennes

Géographie
Environnement, nature et culture
Histoire

Liens externes[modifier | modifier le code]