Paris au XXe siècle

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Paris au XXe siècle
Auteur Jules Verne
Genre roman de science-fiction
Pays d'origine France
Éditeur Hachette / Le Cherche midi
Date de parution 1994
Dessinateur François Schuiten
Nombre de pages 216
ISBN 2-01-235118-2
Chronologie
Précédent L'Étonnante Aventure de la mission Barsac

Paris au XXe siècle est un roman de science-fiction de Jules Verne, paru en 1994, à titre posthume.

Historique[modifier | modifier le code]

Jules Verne écrit ce roman en 1863. L'éditeur Hetzel, fait très rare à l'époque, le refuse. Paris au XXe siècle n'a été édité par Piero Gondolo Della Riva que plus d'un siècle après, en 1994, par Hachette et Le Cherche midi associés[1].

Incipit[modifier | modifier le code]

« Le 13 août 1960, une partie de la population parisienne se portait aux nombreuses gares du chemin de fer métropolitain, et se dirigeait par les embranchements vers l'ancien emplacement du Champ de Mars. »

Thème du roman[modifier | modifier le code]

Le roman décrit un jeune homme, Michel, lauréat d'un prix de poésie latine, dans le monde de 1960 où la science a triomphé, alors que la littérature, la musique, la peinture sont méprisées. On découvre dans cette œuvre de jeunesse un Jules Verne très pessimiste ; dans ses autres romans, il ne fera apparaître cet aspect de sa personnalité qu'à la fin de sa vie.

Dans Paris au XXe siècle, Jules Verne crée un monde qui nous paraît tellement futuriste qu'on a de la peine à croire que ce roman ait pu être écrit en 1863 : des trains de métro propulsés à l'air comprimé, des voitures à hydrogène, des machines étonnantes ressemblant à nos photocopieuses et à nos ordinateurs. Jules Verne y anticipe l'augmentation du trafic motorisé, la formation des banlieues, l'abandon du grec et du latin dans nos écoles, l'évolution de la musique qui n'est plus chantée, mais hurlée, et l'influence de l'anglais sur le français.

Il imagine que les hommes-machines travailleront dans des bureaux kafkaïens et que la seule idéologie de l'homme moderne sera le profit. À travers le regard ironique de son héros, Jules Verne dresse une critique de notre société qui mène à l'aliénation et à la surveillance totale de l'individu par les machines ; les robots n'arrêtent pas seulement les voleurs dans les banques, ils prononcent et exécutent également la sentence.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Michel Jérôme Dufrénoy, né à Vannes (Morbihan) en 1944, âgé de seize ans, orphelin
  • Stanislas Boutardin, tuteur et oncle de Michel
  • Athénaïs, épouse de Stanislas
  • Athanase, fils de Stanislas et d'Athénaïs
  • Huguenin, oncle de Michel
  • Quinsonnas
  • Jacques Aubanet
  • Richelot, ancien professeur de Michel
  • Lucy, fille de Richelot, âgée de quinze ans

Une plaisanterie scatologique sur le peintre Courbet[modifier | modifier le code]

« On raconte même qu'un certain Courbet, à une des dernières expositions, s'exposa, face au mur, dans l'accomplissement de l'un des actes les plus hygiéniques, mais les moins élégants de la vie ! C'était à faire fuir les oiseaux de Zeuxis »

— Chapitre XIII

Une plaisanterie osée : « Boutonne-donc ton pantalon »[modifier | modifier le code]

Jules Verne se permet une plaisanterie osée : au chapitre XIV, il parle d'une pièce intitulée « Boutonne-donc ton pantalon ». C'est l'un des passages que l'éditeur Pierre-Jules Hetzel critique le plus vertement. Jules Verne ne se permettra plus ce genre de plaisanterie.

Le mépris pour les musiciens Wagner et Verdi[modifier | modifier le code]

« ...de son temps, on supprimait déjà la mélodie, il jugea convenable de mettre également l'harmonie à la porte.
On ne s'introduit pas impunément pendant un siècle du Verdi ou du Wagner dans les oreilles sans que l'organe auditif ne s'en ressente. »

— Chapitre VIII, à propos de Richard Wagner.

Dans un autre de ses romans, L'Île à hélice, paru en 1895, Jules Verne se montre aussi très méprisant envers la musique de Wagner.

Un Jules Verne peu féministe[modifier | modifier le code]

Le chapitre XII est consacré aux femmes : pour Jules Verne, dans le futur, il n'y aura plus que très peu de vraies femmes.

« [...] les mères se montrant contrariées de voir leurs filles trop promptement enceintes, et les jeunes maris désespérés d'avoir commis une telle maladresse. Aussi, de nos jours, le nombre des enfants légitimes a-t-il singulièrement diminué au profit des enfants naturels. »

Au chapitre X, Jules Verne se montre élogieux pour un écrivain, George Sand, mais son but était peut-être seulement de flatter Hetzel en disant du bien d'un des écrivains que l'éditeur admirait.

Citations du texte[modifier | modifier le code]

« Me voilà entraîné en pleine mer ; où il faudrait les aptitudes d'un poisson, j'apporte les instincts d'un oiseau ; j'aime à vivre dans l'espace, dans les régions idéales où l'on ne va plus, au pays des rêves, d'où l'on ne revient guère ! » (p. 50)

« L'important, en effet, n'est pas de se nourrir, mais bien de gagner de quoi se nourrir »

« Il était [...] horriblement commun » (p. 64)

« Pour mieux vous rappeler mes paroles, ayez soin de ne jamais les oublier » (p. 69)

« Tout le monde s'enrichit, excepté l'esprit humain » (p. 178)

« prophétiser [...] en partant de ce principe, que si la prophétie ne se réalise pas, on oubliera le prophète, et que, si elle se réalise, il se targuera bien haut de sa perspicacité » (p. 205)

  • Références des pages données selon l'édition France Loisirs - mai 1995

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Entretien (1, 2, 3 et 4) avec Jean Verne, arrière-petit-fils de Jules Verne, relatant notamment la découverte du manuscrit, sur la page dédiée à l'exposition 80 jours Jules Verne (26 mars -26 juin 2005) du site de la Cité des sciences et de l'industrie (consulté le 7 avril 2014)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Lepagnez : Le thème de l'or dans Paris au XXème siècle, Revue Jules Verne 5, 1998, p. 11-20.
  • Piero Gondolo della Riva : Paris au XXème siècle... cinq ans après, Revue Jules Verne 7, 1999, p. 19-24.
  • (en) David Platten, « A Hitchhiker's Guide to Paris : Paris au XXe siècle », dans Edmund J. Smyth (dir.), Jules Verne : Narratives of Modernity, Liverpool, Liverpool University Press,‎ 2000 (ISBN 0-85323-704-2), p. 78-92
  • Stéphane Tirard : Jules Verne, l'anticipation et l'éthique, Revue Jules Verne 25, 2007, p.59-66.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Luc-Christophe Guillerm, « Michel Dufrénoy, à la dérive (1863) », dans Luc-Christophe Guillerm, Jules Verne et la psyché, Paris, L'Harmattan, coll. « L'œuvre et la psyché »,‎ 2005 (ISBN 2-7475-8382-1, lire en ligne)
  • Claudia Bouliane, « Je suis ce héros, répondit hardiment Michel” : Paris au XXe siècle de Jules Verne », Post-Scriptum, no 10,‎ automne 2009 (lire en ligne [PDF])