Les Misérables

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Les Misérables (homonymie).
Les Misérables
Image illustrative de l'article Les Misérables
Cosette chez les Thénardier.

Auteur Victor Hugo
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Date de parution 1862
Dessinateur Émile Bayard
Chronologie
Précédent Claude Gueux Les Travailleurs de la mer Suivant
Exemplaire original du tome I publié en 1862 par Lacroix, Verboeckhoven et Cie
Maison natale de Victor Hugo à Besançon

Les Misérables est un roman de Victor Hugo paru en 1862 (la première partie est publiée le 30 mars à Bruxelles par les Éditions Lacroix, Verboeckhoven et Cie, et le 3 avril de la même année à Paris[1]).

Dans ce roman, un des plus emblématiques de la littérature française, Victor Hugo décrit la vie de misérables dans Paris et la France provinciale du xixe siècle et s'attache plus particulièrement aux pas du bagnard Jean Valjean qui n'est pas sans rappeler le condamné à mort du Dernier Jour d'un condamné ou Claude Gueux. C'est un roman historique, social et philosophique dans lequel on retrouve les idéaux du romantisme et ceux de Victor Hugo concernant la nature humaine. L'auteur lui-même accorde une grande importance à ce roman et écrit en mars 1862, à son éditeur Lacroix : « Ma conviction est que ce livre sera un des principaux sommets, sinon le principal, de mon œuvre[2]». Il a donné lieu à de nombreuses adaptations au cinéma.

Le roman

Genèse

Préoccupé par l'adéquation entre la justice sociale et la dignité humaine, Victor Hugo a déjà écrit en 1829 Le Dernier Jour d'un condamné, long monologue et réquisitoire contre la peine de mort. Il poursuit en 1834 avec Claude Gueux. En 1845, alors qu'il vient d'être fait Pair de France par le roi Louis-Philippe Ier, le peintre François-Auguste Biard fait constater le flagrant délit d’adultère de sa femme Léonie Biard avec le poète. Léonie est emprisonnée pendant deux mois dans la prison Saint-Lazare puis envoyée au couvent des Augustines. C'est cet événement qui, selon Sainte-Beuve, conduit Victor Hugo à se retirer chez lui[3] et à entreprendre une grande fresque épique qu'il intitule d'abord Les Misères, dans laquelle le personnage principal se nomme Jean Tréjean.

Il interrompt sa tâche en février 1848, mais écrit à la même époque son Discours sur la misère (1849).

Durant son exil, après la rédaction des Contemplations (1856) et de La Légende des siècles (1859), il se remet à l'écriture des Misérables, à Guernesey en 1860. L'ouvrage est terminé et publié en 1862 par l'éditeur Lacroix.

Inspiration

Les Misérables est à la fois un roman d'inspiration réaliste, épique et romantique, un hymne à l'amour et un roman politique et social.

Roman réaliste[4], Les Misérables décrit tout un univers de gens humbles. C'est une peinture très précise de la vie dans la France et le Paris pauvre au début du XIXe siècle. Son succès populaire tient au trait parfois chargé avec lequel sont peints les personnages du roman.

Roman épique, Les Misérables dépeint au moins trois grandes fresques : la bataille de Waterloo (qui représente pour l'auteur, la fin de l'épopée Napoléonienne, et le début de l'ère bourgeoise ; il s'aperçoit alors qu'il est républicain), l'émeute de Paris en juin 1832, la traversée des égouts de Paris par Jean Valjean. Mais le roman est aussi épique par la description des combats de l'âme : les combats de Jean Valjean entre le bien et le mal, son rachat jusqu'à son abnégation, le combat de Javert entre respect de la loi sociale et respect de la loi morale.

Les Misérables est aussi un hymne à l'amour : amour chrétien sans concession de Mgr Myriel qui, au début du roman, demande sa bénédiction au conventionnel G (sans doute l'abbé Grégoire[5]) ; amours déçues de Fantine et Éponine ; amour paternel de Jean Valjean pour Cosette ; amour partagé de Marius et Cosette. Mais c'est aussi une page de la littérature française dédiée à la patrie. Au moment où il écrit ce livre, Victor Hugo est en exil. Aidé depuis la France par des amis qu'il charge de vérifier si tel coin de rue existe, il retranscrit dans ce roman la vision des lieux qu'il a aimés et dont il garde la nostalgie[6].

Mais la motivation principale de Victor Hugo est le plaidoyer social. « Si les infortunés et les infâmes se mêlent. […] De qui est-ce la faute ? » Selon Victor Hugo, c'est la faute de la misère, de l'indifférence et d'un système répressif sans pitié. Idéaliste, Victor Hugo est convaincu que l'instruction, l'accompagnement et le respect de l'individu sont les seules armes de la société qui peuvent empêcher l'infortuné de devenir infâme. Le roman engage une réflexion sur le problème du mal… Il se trouve que toute sa vie Hugo a été confronté à la peine de mort. Enfant, il a vu des corps pendus exhibés aux passants, plus tard, il a vu des exécutions à la guillotine. Un des thèmes du roman est donc « le crime de la loi ». Si l'œuvre montre comment les coercitions sociales et morales peuvent entraîner les hommes à leur déchéance si aucune solution de réédification n'est trouvée, c'est surtout un immense espoir en la générosité humaine dont Jean Valjean est l'archétype. Presque tous les autres personnages incarnent l'exploitation de l'homme par l'homme. L'exergue de Hugo est un appel à l'humanité pour qu'elle ne cesse d'œuvrer à des temps meilleurs :

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. » — Victor Hugo, Hauteville-House, 1862.

Influences

Robert Laffont et Valentino Bompiani signalent dans Le Nouveau Dictionnaire des œuvres de tous les temps, la présence dans Les Misérables, de l'influence de Balzac (La Comédie humaine), d'Eugène Sue (Les Mystères de Paris) et des romans-feuilletons[7].

L'intertextualité de l'œuvre de Balzac dans celle de Victor Hugo est en effet signalée par de nombreux analystes[8],[9]. Victor Hugo fait explicitement allusion, à plusieurs reprises[10], dans son roman à l'univers de Balzac qui fut un contemporain avec lequel les échanges furent nombreux[11]. On y reconnaît ainsi notamment celle du curé de village avec lequel monseigneur Myriel présente des points communs[12]. De même que la parenté entre Vautrin et Jean Valjean (le second étant l'envers positif de l'autre) est assez évidente, le monde et les coutumes des bagnards étant décrits dans Splendeurs et misères des courtisanes[13], l'étude intertextuelle des Misérables révèle que le forçat se nourrit également d'un autre personnage balzacien, Farrabesche[12].

Selon Évelyne Pieiller[14], Les Mystères de Paris, roman-feuilleton à succès paru en 1842-1843, avec ses descriptions des bas-fonds parisiens, ouvre la voie à l'œuvre de Victor Hugo. Victor Hugo lui rend d'ailleurs hommage dans son roman[15] et poursuit sur la même route, s'attaquant à l'injustice sociale[14].

Les relations entre Victor Hugo et l'univers du roman-feuilleton sont plus conflictuelles. Il ne veut pas que Les Misérables soient édités en roman-feuilleton, comme cela était l'usage pour de nombreux romans populaires, car il est alors en conflit avec le pouvoir en place et condamne la censure de la presse par le pouvoir. Il exige cependant que son œuvre soit publiée dans un format bon marché pour rester accessible. D'autre part, il trouve le style des romans-feuilletons souvent peu travaillé[16].

Enfin, homme de son temps, écrivant une histoire contemporaine, Victor Hugo s'inspire des figures de son époque pour camper ses personnages. Les Mémoires de Vidocq, parues en 1828, qui inspirèrent à Balzac le personnage de Vautrin, semblent se retrouver en partie dans les deux personnages antagonistes que sont Jean Valjean et Javert. Le premier correspond à Vidocq l'ancien forçat et le second à Vidocq, chef de sûreté de la préfecture de Police. C'est, du moins, une observation faite par de nombreuses études[17],[18],[19]. Cependant, Victor Hugo ne reconnaîtra jamais l'influence de Vidocq sur la création de ces personnages[20].

Réception

Les deux premiers tomes des Misérables sont publiés le 3 avril 1862[1] à grand renfort de publicité, extraits de morceaux choisis dans les journaux et critiques élogieuses[21]. La suite paraît le 15 mai 1862. À cette époque, Victor Hugo est considéré comme un des premiers hommes de lettres français de son siècle et le public se précipite pour lire son nouveau roman.

Les réactions sont diverses. Certains le jugent immoral, d'autres trop sentimental, d'autres encore trop complaisant avec les révolutionnaires[22]. Les frères Goncourt expriment leur profonde déception, jugeant le roman très artificiel et très décevant[23]. Flaubert n'y trouve « ni vérité ni grandeur »[24]. Baudelaire en fait une critique très élogieuse[25] dans les journaux, mais en privé le qualifiera de « livre immonde et inepte »[26]. Lamartine en condamne les impuretés de langue, le cynisme de la démagogie : « Les Misérables sont un sublime talent, une honnête intention et un livre très dangereux de deux manières : non seulement parce qu'il fait trop craindre aux heureux, mais parce qu'il fait trop espérer aux malheureux »[27]. Cette crainte est partagée par Barbey d'Aurevilly qui stigmatise le « livre le plus dangereux de son temps »[28].

Le livre acquiert cependant un grand succès populaire. Traduit dès l'année de sa parution en plusieurs langues (italien, grec, portugais), il reçoit dans ces pays, de la part des lecteurs, un accueil triomphal[29],[30].

Utilisation du langage populaire dans Les Misérables

D'après Pascal Melka, dans « Victor Hugo, un combat pour les opprimés. Étude de son évolution politique »[31], dans Les Misérables, Victor Hugo a fait revenir le langage populaire dans la littérature. Il emploie l'argot et va jusqu'à consacrer un chapitre à philosopher sur le mot de Cambronne, « le plus beau mot peut-être qu’un Français ait jamais dit ». Tout ceci faisait naturellement scandale dans l'opinion classique. Voici comment Victor Hugo se justifie :

« Lorsqu’il s'agit de sonder une plaie, un gouffre ou une société, depuis quand est-ce un tort de descendre trop avant, d’aller au fond ? Nous avions toujours pensé que c’était quelquefois un acte de courage, et tout au moins une action simple et utile, digne de l’attention sympathique que mérite le devoir accepté et accompli. Ne pas tout explorer, ne pas tout étudier, s’arrêter en chemin, pourquoi ? »

Résumé

L'action se déroule en France au cours de la première moitié du XIXe siècle, encadrée par les deux grands combats que sont la Bataille de Waterloo (1815) et les émeutes de juin 1832. On y suit, pendant cinq tomes, la vie de Jean Valjean, de sa sortie du bagne jusqu'à sa mort. Autour de lui gravitent les personnages dont certains vont donner leur nom aux différents tomes du roman, témoins de la misère de ce siècle, misérables eux-mêmes ou proches de la misère : Fantine, Cosette, Marius, mais aussi les Thénardier (dont Éponine, Azelma et Gavroche) ainsi que le représentant de la loi, Javert.

Tome I : Fantine

Monseigneur Bienvenu Myriel
Illustration par Gustave Brion

Dans ce tome s'entremêlent les deux destinées de Fantine et de Jean Valjean.

Le livre s'ouvre sur le portrait long et détaillé de monseigneur Myriel, l'évêque du diocèse de Digne, où il vit très modestement en compagnie de sa sœur Baptistine et d'une servante, Madame Magloire. Ce religieux est un juste qui se contente du strict nécessaire pour distribuer le reste de ses économies aux pauvres. Montrant un amour immense, il laisse sa porte grande ouverte et fraternise avec ceux que la société rejette.

Son destin croise celui du personnage central de l'œuvre : Jean Valjean.

L'action débute en 1815 par la libération de Jean Valjean, personnage principal de l'œuvre, après une peine de dix-neuf ans de bagne : victime d'un destin tragique, initialement condamné à cinq ans de bagne pour avoir volé un pain afin de nourrir sa famille, il voit sa peine prolongée à la suite de plusieurs tentatives d'évasion. En liberté, son passé de forçat l'accable : ainsi, dans chaque ville qu'il traverse, contraint à faire connaître de la mairie son statut d'ancien bagnard qu'un passeport jaune matérialise, il est universellement rejeté et seul monseigneur Myriel l'accueille pour le gîte et le couvert. Jean Valjean, épris de haine, frappé d'injustice, et peu conscient de ses actes, vole l'argenterie de l'évêque et s'enfuit par la fenêtre. Lorsqu'il est arrêté et ramené par les gendarmes chez monseigneur Myriel, celui-ci lui pardonne et déclare lui avoir offert son argenterie, le sauvant ainsi de la condamnation pour récidive. Il engage Valjean à accepter deux chandeliers supplémentaires contre la vertu et l'intégrité de sa conduite future.

Perdu dans ses pensées, Valjean vole, sans en avoir l'intention, une pièce de 40 sous à un ramoneur savoyard d'une dizaine d'années nommé Petit Gervais. Le jeune savoyard fait tomber la pièce qui finit sous le pied de Valjean, celui-ci ne s'en aperçoit pas et chasse l'enfant qui lui demande plusieurs fois de la lui rendre. Lorsque Valjean voit la pièce il essaie, mais en vain, de retrouver l'enfant pour lui restituer son argent. Le vol est rapporté aux autorités, Valjean est désormais récidiviste, recherché par la police, risquant la prison à vie. Il doit donc cacher son identité. Ce sera sa dernière faiblesse, car il passe définitivement du côté du bien.

Jean Valjean reparaît à l'autre bout de la France, sous le nom de M. Madeleine et opère sa complète rédemption : enrichi honnêtement, il devient le bienfaiteur de la ville de Montreuil-sur-Mer, dont il sera nommé maire.

En regard de l'ascension de Jean Valjean, à son rachat pourrait-on dire, on assiste à la chute de Fantine, fille-mère qui, pour nourrir sa fille unique Cosette, ira de déchéance en déchéance, jusqu'à la prostitution et la mort.

Ce tome est l'occasion de présenter les personnages qui vont suivre Jean Valjean du début à la fin de ses aventures.

  • Les Thénardier, qui plongeront de la malhonnêteté et la méchanceté ordinaire au banditisme, à la fois dénoncés comme criminels et plaints comme victimes de la société. Ils sont cependant aussi les parents de Gavroche, dont l'héroïsme s'illustrera plus tard.
  • Javert, qui incarne la justice implacable et rigide, a mis toute son énergie au service de la loi, sa religion.
Jean Valjean ferme les yeux de Fantine
Illustration par Émile Bayard (1862)

Peut-on croire Valjean-Madeleine sauvé, réintégré dans la société ? Victor Hugo ne le veut pas. Pour lui, l'honnêteté ne peut souffrir la compromission. Aux termes d'une longue nuit d'hésitation, M. Madeleine ira se dénoncer pour éviter à un pauvre diable, un peu simple d'esprit, Champmathieu, reconnu à tort comme étant Jean Valjean, d'être condamné à sa place. Tous les bienfaits qu'aurait pu apporter M. Madeleine ne pourraient compenser, selon Victor Hugo, la seule injustice faite à Champmathieu. Jean Valjean échappe cependant à la justice, retourne dans la clandestinité pour respecter une dernière promesse faite à Fantine qu'il a assistée à l'heure de sa mort : sauver Cosette actuellement pensionnaire asservie et malheureuse des Thénardier.

Tome II : Cosette

Dans ce tome, deux livres encadrent l'action, l'un est consacré à la bataille de Waterloo et l'autre à la vie monacale.

Victor Hugo aborde le second tome des Misérables par la bataille de Waterloo qui s'est déroulée 7 ans plus tôt. Le lien avec l'intrigue est très ténu : Thénardier aurait « sauvé » le père de Marius à l'issue de cette bataille. Sous ce prétexte dramatique léger, Victor Hugo place là une réflexion qui lui tient à cœur sur la bataille de Waterloo, bataille qui voit la chute d'un personnage qu'il admire, Napoléon 1er. Depuis longtemps, Victor Hugo est hanté par cette bataille. Celle-ci lui inspirera le poème L'Expiation du livre V des Châtiments. Il a refusé à plusieurs reprises de se rendre sur les lieux et c'est seulement en 1861 qu'il visite le champ de bataille et c'est là qu'il termine ce récit épique.

La Parenthèse (avant-dernier livre) que constitue la réflexion sur la vie monacale, la foi et la prière, pour surprenante chez un révolutionnaire comme Victor Hugo, se présente comme une profession de foi. Réquisitoire violent contre l'Église carcan, c'est aussi une apologie de la méditation et de la foi véritable. « Nous sommes pour la religion contre les religions. », précise Victor Hugo.

Le reste de ce tome est consacré à la traque de Jean Valjean. Victor Hugo met dans ce récit toutes ses qualités de romancier dramatique au service d'un suspense prenant, avec rupture de rythme, changement de focalisation. Alternance de période d'accalmie (avec Cosette à Montfermeil, puis à la maison Gorbeau) et de poursuite haletante.

Échappant à Javert à la fin du tome I, Jean Valjean est rattrapé à Paris, mais a eu le temps de mettre de côté une forte somme d'argent. Envoyé aux galères, il s'en échappe, retourne chercher Cosette et se réfugie à Paris dans la masure Gorbeau. Javert le retrouve et le poursuit la nuit à travers les rues de Paris. Jean Valjean ne trouve son salut que dans le couvent du Petit-Picpus sous la protection de M. Fauchelevent, un charretier dont il a sauvé la vie à Montreuil-sur-Mer. Après un épisode dramatique de fausse inhumation, Jean Valjean s'installe au couvent avec Cosette sous le nom d'Ultime Fauchelevent et sera appelé par les religieuses « l'autre Fauvent ». Victor Hugo présente un Jean Valjean sublime : la chute ne lui a pas fait perdre les qualités morales qu'il possédait en tant que M. Madeleine : c'est en sauvant un matelot de la noyade qu'il s'échappe des galères ; c'est à cause de sa générosité qu'il est repéré par Javert. On pourrait cependant reprocher à Victor Hugo des ficelles dramatiques un peu grosses : le croisement sur le champ de bataille de Thénardier et du père de Marius ou encore la rencontre miraculeuse et opportune de Jean Valjean et du père Fauchelevent.

Cosette avec Jean Valjean (assis), et Marius au jardin du Luxembourg
Illustration américaine par Mead Schaeffer (1900)
Trois des quatre bandits de la bande Patron-Minette : Claquesous, Gueulemer et Babet
Illustration par Gustave Brion
Tentative d'agression de Javert par la Thénardier lors de son arrestation dans la masure Gorbeau
Illustration par Gustave Brion

Tome III : Marius

L'action se déroule entre 1830 et 1832. Le père Fauchelevent est mort. Jean Valjean et Cosette, alors âgée de 15 ans, ont quitté le couvent. Le tome s'ouvre et se referme sur le personnage de Gavroche. Victor Hugo se lance dans une longue digression sur le gamin de Paris, âme de la ville dont la figure emblématique est Gavroche, fils des Thénardier, mais surtout garçon des rues.

Victor Hugo axe tout le tome sur la personne de Marius en qui il se reconnaît jeune. Il avouera même avoir écrit avec Marius ses quasi-mémoires[32]. On y découvre Marius, petit-fils d'un royaliste, fils d'un bonapartiste, qui choisit son camp à 17 ans, quitte son grand-père et fréquente les amis de l'ABC, groupe de révolutionnaires idéalistes, et côtoie la misère.

Son destin croise celui de Cosette dont il tombe amoureux. On peut remarquer à ce sujet la tendresse de Victor Hugo décrivant avec humour et dérision ses premiers émois amoureux. Faisant fi de toute vraisemblance dramatique, Victor Hugo provoque la rencontre de Jean Valjean alias Madeleine - Fauchelevent - Leblanc - Fabre avec Thénardier alias Jondrette - Fabantou - Genflot sous les yeux d'un Marius témoin invisible de la confrontation, dans cette même masure Gorbeau rencontrée au tome II. Superbe face-à-face de deux personnages aux noms multiples qui se cachent de la justice, mais dont l'un est descendu jusqu'au fond de l'infamie tandis que l'autre accède à la noblesse morale. Toute la fin du tome est digne des Mystères de Paris avec bande de voleurs et d'assassins, guet-apens, victime prise en otage et menacée, intervention de la police et apparition de Javert. Marius découvre ainsi que le sauveur de son père est un infâme bandit et que le père de celle dont il est amoureux se cache de la police.

Tome IV : L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis

La Liberté guidant le peuple- Tableau de Delacroix (1830) ayant probablement inspiré Victor Hugo

Toute l'action de ce tome est sous-tendue par l'émeute de juin 1832 et la barricade de la rue Saint-Denis. Victor Hugo estime même que c'est en quelque sorte là le cœur du roman[33]. Le premier livre replace les évènements dans le contexte historique de la situation insurrectionnelle à Paris au début de l'année 1832.

Ensuite se déroulent en parallèle plusieurs vies qui vont converger vers la rue de la Chanvrerie. Victor Hugo précise d'abord le personnage d'Éponine, amoureuse déçue de Marius, ange du bonheur quand elle confie à Marius l'adresse de Cosette ou quand elle défend le domicile de celle-ci contre l'attaque de Thénardier et sa bande, ange du malheur quand elle cache à Marius la lettre de Cosette ou quand elle l'envoie sur la barricade. Éponine martyr de l'amour quand elle intercepte la balle destinée à Marius et qu'elle meurt dans ses bras.

L'auteur renoue ensuite avec le parcours de Jean Valjean et Cosette depuis leur entrée au couvent du Petit-Picpus. On assiste à l'éclosion de Cosette. À la remarque de la prieure du couvent, « Elle sera laide[34] » répond l'observation de Toussaint « Mademoiselle est jolie[35] ». Grâce aux informations d'Éponine, l'idylle entre Cosette et Marius peut reprendre rue Plumet, initiée par une lettre d'amour (un cœur sous une pierre) et se poursuit jusqu'au départ précipité de Jean Valjean et Cosette pour la rue de l'Homme-Armé.

Victor Hugo complète ensuite le personnage de Gavroche, gamin des rues, spontané et généreux, capable de gestes gratuits (la bourse volée à Montparnasse et donnée à Mabeuf, l'aide apportée à l'évasion de son père). On le découvre aussi paternel et responsable quand il recueille dans l'éléphant de la Bastille les deux gamins perdus dont il ignore qu'ils sont ses frères.

Tous les protagonistes de l'histoire, ou presque, convergent alors vers la rue de la Chanvrerie et la barricade de la rue Saint-Denis : les amis de l'ABC par conviction révolutionnaire, Mabeuf et Marius par désespoir, Éponine par amour, Gavroche par curiosité, Javert pour espionner et Jean Valjean pour sauver Marius.

Tome V : Jean Valjean

Jean Valjean et Cosette après le mariage de celle-ci avec Marius (à l'arrière-plan)
Illustration par Émile Bayard

La cinquième partie est celle de la mort et de l'effacement. Mort des insurgés sur la barricade qui a commencé à la fin du tome précédent par celle d'Éponine et de M. Mabeuf et qui se poursuit par celle de Gavroche puis par l'anéantissement de la barricade. Jean Valjean se situe comme un ange protecteur : ses coups de feu ne tuent personne, il se propose pour exécuter Javert, mais lui permet de s'enfuir et sauve Marius au dernier instant de la barricade.

Le sauvetage épique s'effectue par les égouts de Paris (l'intestin de Léviathan) que Victor Hugo décrit avec abondance. Échappant aux poursuites et à l'enlisement, Jean Valjean sort des égouts grâce à Thénardier, mais pour tomber dans les filets de Javert. Marius, sauvé, est reconduit chez son grand-père.

On assiste ensuite au suicide de Javert et à l'effacement de Jean Valjean. Javert en effet relâche Jean Valjean alors qu'il le raccompagnait, en reconnaissance du fait que Jean Valjean l'avait sauvé lors de l'attaque de la barricade, mais ce faisant Javert ne supporte pas d'avoir manqué à son devoir de policier scrupuleux, devoir qui lui impose de ne pas relâcher un suspect pour raison personnelle, ce qu'il a néanmoins fait. Ne pouvant supporter ce grave manquement à son devoir, et d'avoir remis en cause le principe supérieur qu'est pour lui l'obéissance à la hiérarchie, il décide de mettre fin à ses jours en se jetant dans la Seine (chapitre Javert déraillé — titre d'avant-garde pour l'époque).

L'idylle entre Marius et Cosette se concrétise par un mariage. Jean Valjean s'efface peu à peu de la vie du couple, encouragé par Marius qui voit en lui un malfaiteur et un assassin. Marius n'est détrompé par Thénardier que dans les dernières lignes du roman et, confus et reconnaissant, assiste avec Cosette aux derniers instants de Jean Valjean.

Personnages

Le roman fourmille de personnages. Nombre d'entre eux font une courte apparition et retournent dans l'oubli. C'est une volonté délibérée de Victor Hugo : il cherche à démontrer que la misère est anonyme[36]. Cet oubli est particulièrement prégnant dans le cas de la sœur de Jean Valjean et ses sept enfants :

« C’est toujours la même histoire. Ces pauvres êtres vivants, ces créatures de Dieu, sans appui désormais, sans guide, sans asile, s’en allèrent au hasard, qui sait même ? chacun de leur côté peut-être, et s’enfoncèrent peu à peu dans cette froide brume où s’engloutissent les destinées solitaires, mornes ténèbres où disparaissent successivement tant de têtes infortunées dans la sombre marche du genre humain. Ils quittèrent le pays. Le clocher de ce qui avait été leur village les oublia ; la borne de ce qui avait été leur champ les oublia ; après quelques années de séjour au bagne, Jean Valjean lui-même les oublia.  »

— Victor Hugo, Les Misérables, tome I, livre 2, chapitre 6

Parmi les nombreux personnages que l'on voit apparaître et disparaître, on peut encore citer le Petit-Gervais, Azelma, les frères de Gavroche, Mme Magloire, Mlle Baptistine. Il reste cependant un nombre restreint de personnages dont les destins se croisent et qui font partie du cœur de l'action :

En périphérie, Victor Hugo s'attache à certaines autres figures jusqu'à leur consacrer un livre ou plusieurs chapitres. Ces personnages lui servent d'argumentaires pour son plaidoyer ou d'articulation pour son roman.

  • Monseigneur Myriel : Victor Hugo commence[37] et termine[38] le roman sur l'évocation de monseigneur Myriel. Il lui consacre tout un livre (Un juste). Il incarne pour Victor Hugo la charité chrétienne et c'est lui le déclencheur de la conversion de Jean Valjean (épisode des deux chandeliers). Évêque de Digne, nommé — respectueusement et amicalement à la fois — par ses paroissiens monseigneur Bienvenu (c'est-à-dire réunissant son titre et son troisième prénom), il est attentif au bien être des plus misérables et échange même son évêché contre l'hôpital qu'il juge trop petit. Mais Mgr Myriel ne serait pas complet sans sa rencontre avec le conventionnel G[39]. Pour Victor Hugo la sainteté de l'homme de Dieu a besoin de l'éclairage de la révolution pour que sa charité devienne œuvre sociale.
  • Père Fauchelevent : paysan aisé, il est petit à petit ruiné et devient charretier. Il voue une haine jalouse envers M. Madeleine jusqu'au jour où celui-ci le sauve de l'écrasement par sa charrette. Jardinier au couvent de Petit-Picpus, il offre à Jean Valjean et Cosette un abri et un nom.
  • M. Luc Esprit Gillenormand : c'est le seul grand bourgeois du roman à être aussi développé. Victor Hugo lui consacre tout un livre, c'est l'occasion pour lui de décrire la Restauration et les Ultras. Grand-père de Marius, aimant tendrement son petit-fils, il se comporte de manière abominable avec son gendre le privant de son fils. Homme d'esprit et homme du monde, il conserve une certaine élégance.
  • M. Mabeuf, marguillier : c'est lui qui révèle à Marius quel homme était son père. Passionné de livre et pépiniériste amateur, il est l'auteur d'une flore. Homme doux, ruiné par la faillite de son notaire, il sombre petit à petit dans la misère. Réduit à vendre le dernier exemplaire de sa flore il suit, dans un état second, les insurgés et devient le premier martyr de la barricade.
  • Montparnasse : jeune malfrat de 19 ans, au coup de couteau facile, il est l'un des devenirs possibles des gamins comme Gavroche. Jean Valjean essaiera en vain par un sermon de lui faire réintégrer le droit chemin.

Éditions

Édition Émile Testard et Cie
Paris, 1890
  • L'édition originale est en partie disponible dans Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France
  • Une édition de référence est celle établie par Maurice Allem pour la Bibliothèque de la Pléiade en un seul tome. L'appareil critique est important (notice bibliographique, variantes, notes sur le texte, etc.).
  • Dans la gamme des livres de poche, l'édition du texte intégral est souvent répartie en trois tomes de cinq cents pages chacun ou deux livres (le premier avec les deux premiers tomes et le second avec les 3 derniers).
  • Il existe par ailleurs des éditions abrégées du texte (éditions scolaires en particulier), comme celle proposée par L'École des loisirs, dans sa collection Classiques abrégés.
Illustration de Jules Cheret pour une édition populaire (vers 1896-1900)
  • Il existe aussi une édition sonore, chez les éditions Thélème, lue par Michel Vuillermoz, Elodie Huber, Pierre-François Garel, Louis Arène et Mathurin Voltz.

Ressources bibliographiques

Adaptations

Cinéma

Affiche pour la version américaine des Misérables de Frank Lloyd (1917)

Télévision

Dessins animés

Comédie musicale

Théâtre

Parodies

  • Les Miséroïdes des Inconnus, fausse bande-annonce d'une adaptation du roman avec Jean-Claude Van Damme, se moque de la violence du cinéma américain.

Réécritures

  • François Cérésa a donné en 2001 une suite controversée aux Misérables, avec deux livres intitulés Cosette ou le temps des illusions et Marius ou le fugitif. Des descendants de Victor Hugo attaquèrent l'auteur devant la justice, et furent finalement déboutés[43].
  • Marie-Hélène Sabard (Classiques abrégés) a écrit un résumé des Misérables.
  • Le roman a été adapté en bande dessinée sous le titre Le mystère des chandeliers. Les personnages du roman y sont incarnés par les personnages traditionnels de La Bande à Picsou : on retrouve ainsi Picaljean et Donald Pontmercy. Thénardier est représenté par Pat Hibulaire, Cosette est d'abord Zaza (jeune) puis Daisy (dix ans après), et Gavroche et ses frères apparaissent sous les traits de Riri, Fifi et Loulou.

Jeux vidéo

  • 2013 : Les Misérables : Le destin de Cosette[44]

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes

Notes et références

  1. a et b Source : Bernard Leuilliot (préf. Jean Gaulmier), Victor Hugo publie Les Misérables : Correspondance avec Albert Lacroix août 1861 - juillet 1862, Paris, Éditions Klincksieck,‎ avril 1970, 426 p. (notice BnF no FRBNF35289733), p. 62-235-236-241Document utilisé pour la rédaction de l’articleOuvrage publié avec le concours du CNRS. Extrait de la lettre du 3 avril 1862 adressée par Albert Lacroix à Victor Hugo : « Grand jour ! Triomphe éclatant ! Enthousiasme complet ! […] Partout à Paris, il est question de vous — Tous les journaux ont lancé avec éclat Les Misérables. Les extraits ont été d'un effet énorme. — La vente est réellement pleine d'entrain. »
  2. Lettre du 23 mars 1862 de V. Hugo à son éditeur Lacroix (voir http://www.alalettre.com/Hugo-miserables.htm)
  3. Jean-Marc Hovasse, « 1862 : Les Misérables » émission La Marche de l'histoire sur France Inter, 15 février 2012
  4. Les Misérables : histoire sociale et roman de la misère — Guy Rosa — Groupe Hugo
  5. On cite, comme modèle pour ce personnage, l'abbé Grégoire (Maurice Ezran, L'Abbé Grégoire, défenseur des Juifs et des Noirs: révolution et tolérance p. 64) ou Sergent-Marceau (Les Misérables - Fantine p. 61 note 21 ou bien Yves Gohin, Les Misérables, p. 580), arguant du fait que, dans un premier temps, Victor Hugo parlait du conventionnel S.
  6. Les Misérables, tome II, livre 5, chap. I.
  7. « Il est certain que Hugo a subi, au début de son roman, l'influence de Balzac : la description du personnage et des habitudes de monseigneur Myriel, celle de monsieur Gillenormand, à quelques outrances près, par sa précision, son souci de n'omettre aucun détail vivant, pourrait presque prendre place dans La Comédie humaine. Non moins grande est l'influence exercée sur Hugo par les romans-feuilletons qui venaient de faire connaître à leurs auteurs une popularité sans précédent : Les Mémoires du diable de Frédéric Soulié, parus en 1841, et Les Mystères de Paris d'Eugène Sue parus en 1842 » — Analyse des Misérables dans Laffont-Bompiani, Dictionnaire des œuvres, Paris, 1990, t. IV, p. 581 (ISBN 2221501187).
  8. Pierre Laforgue, Hugo lecteur de Balzac, site du groupe Hugo.
  9. Nicolas Banasevic, « Les Échos balzaciens dans Les Misérables, centenaire des Misérables, 1862-1962 », Hommage à Victor Hugo, colloque de Strasbourg organisé par le Centre de philologie et de littératures romanes.
  10. Paris étudié dans son atome, livre I, tome III - L'argot, livre VII, tome IV
  11. Cultures France, Hugo-Balzac, in Victor Hugo et ses contemporains.
  12. a et b Nathalie Limat-Letellier, Marie Miguet-Ollagnier L'intertextualité, Presses univ. Franche-Comté, 1998, page 198 (ISBN 2251606378).
  13. Laffont-Bompiani, « Les Misérables » in Dictionnaire des œuvres.[réf. insuffisante]
  14. a et b Évelyne Pieiller, « Les Misérables, Les Trois Mousquetaires, Cyrano de Bergerac, Pérennité du roman populaire », Le Monde diplomatique, juin 2002.
  15. L'argot, livre VII, tome IV
  16. Les mystères de Paris et les premiers romans-feuilletons sur Terres d'écrivains.
  17. Claude Frochaux, L'Homme seul, partie II, p. 185.
  18. « Critique de Vidocq » sur Comme au cinema.com
  19. Sylvie Thorel-Cailleteau, Splendeur dans la médiocrité : une idée du roman, p. 139-140
  20. (en) Sarah Margareth Ross, The Evolution of the Theme of Criminality From Balzac, To Hugo, To Zola, p. 18.
  21. Max Bach, « La Réception des Misérables en 1862 », PMLA, vol. 77, no 5, déc. 1962.
  22. L. Gautier écrit dans Le Monde (Paris, 1860) du 17 août 1862 : « On ne peut lire sans un dégoût invincible, tous les détails que donne M. Hugo de cette savante préparation des émeutes » (voir groupugo.div.jussieu.fr )
  23. Publications et écrit - Cultures France [lien mort].
  24. Lettre de G. Flaubert à madame Roger des Genette, juillet 1862 (voir www.univ-rouen.fr).
  25. .« Les Misérables de Victor Hugo par Charles Baudelaire » dans le journal Le Boulevard (1862).
  26. Lettre à Mme Aupick, Paris, 10 août 1862.
  27. Cultures France, Hugo-Lamartine, in « Victor Hugo et ses contemporains ».
  28. Michel Winock, Les Voix de la Liberté, Seuil 2001, p. 411
  29. Réception des Misérables en Grèce par Marguerite Yourcenar.
  30. Réception des Misérables au Portugal
  31. http://www.mollat.com/livres/pascal-melka-victor-hugo-combat-pour-les-opprimes-etude-son-evolution-politique-9782876831940.html.
  32. Présentation d'Annette Rosa du roman Les Misérables, Œuvres complètes/Victor Hugo. II
  33. « Ce tableau d'histoire agrandit l'horizon et fait partie essentielle du drame ; il est comme le cœur du sujet » — Lettre du V Hugo le 8 mai 1862 à son éditeur Lacroix voir groupugo.div.jussieu.fr
  34. Les Misérables - Tome II - Livre 8 - Chap. VIII
  35. Les Misérables - Tome IV - Livre 3 - Chap. V
  36. Annette Rosa — Présentation des Misérables — Œuvres complètes/Victor Hugo. II
  37. En 1815, M. Charles-François-Bienvenu Myriel était évêque de Digne - Les Misérables - Tome I - Livre 1 - Chap I
  38. Il est probable en effet que l'évêque assistait à cette agonie - Les Misérables - Tome V - Livre 9 - Chap. 5
  39. L'évêque en présence d'une lumière inconnue — Les Misérables — Tome I - livre 1 — Chap. X
  40. On trouve pour la date de production de ce film plusieurs versions de 1911(Bibliolycée - Les Misérables, Victor Hugo de Charlotte Lerouge]) à 1913 (Écrits autobiographiques, par Charles Pathé), en passant par 1912 (Encyclopedia of Early Cinema de Richard Abel)
  41. Fiche du film (Les Misérables
  42. Source : programme Festival Théâtre Musique et Danse dans la Ville 1999, Paris.
  43. http://www.france24.com/fr/20081219-justice-donne-raison-a-lauteur-dune-suite-miserables-?quicktabs_1=0
  44. http://www.pockett.net/n16543_iPhone_Sauvez_Cosette_des_griffes_des_Thenardier_dans_Les_Miserables_Le_destin_de_Cosette_sur_iPhone_iPad_et_Android