Chanel

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Chanel SA

alt=Description de l'image Chanel logo2.svg.
Création 1910
Fondateurs Coco Chanel ; Pierre Wertheimer
Personnages clés Alain Wertheimer, copropriétaire
Gérard Wertheimer, copropriétaire
Karl Lagerfeld, directeur artistique
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Drapeau de France Neuilly-sur-Seine (France)
Activité Industrie du luxe
Produits Mode, haute couture, prêt à porter, horlogerie, joaillerie, lunetterie, parfums et cosmétiques
Société mère Chanel International BV[n 1]
Sociétés sœurs Bourjois, Holland & Holland, Bell & Ross
Filiales Eres, Paraffection
Effectif + de 1 200
Site web www.chanel.com
Chiffre d’affaires 6,3 milliards de dollars (2012)[2]
en augmentation 7 %[1]
Résultat net 1,56 milliards de dollars (2012)[2]

Chanel SA, connu simplement comme Chanel est une entreprise française de luxe productrice d'haute couture, ainsi que de prêt-à-porter, accessoires, parfums et divers produits. L'entreprise est fondée par Gabrielle Chanel et trouve ses origines vers les années 1910, alors que l'entreprise Les Parfums Chanel voit le jour la décennie suivante. Chanel SA est la résultante du rachat de Chanel (couture) par Les Parfums Chanel en 1954. Aujourd'hui, l'entreprise appartient à Alain Wertheimer et Gérard Wertheimer, les petits-fils de l'associé de Coco Chanel, Pierre Wertheimer. Le chiffre d'affaires de l'entreprise s’élève à près de 6,3 milliards de dollars en 2012.

Histoire de la maison[modifier | modifier le code]

Boutique Chanel Cambon, 31 Rue Cambon, 75001 Paris, France.

Le premier point de vente de Gabrielle Chanel, alors modiste, se situe dans un appartement parisien, au 160, boulevard Malesherbes, alors prêté par son amant du moment, le riche et séduisant Étienne Balsan[3]. Quittant Balsan, Coco Chanel part vivre avec l'ami de celui ci, Arthur « Boy » Capel ; les deux hommes s'entendent pour soutenir communément les affaires de Coco[4]. Celles-ci étant florissantes, l'appartement devient trop petit et Arthur Capel finance alors en 1910 des locaux au 21, rue Cambon[5] : c'est le début de « Chanel Modes[6] ». Il s'agit alors uniquement d'un magasin de chapeaux et il y avait interdiction d'y vendre des vêtements car une couturière était déjà à cette adresse comme le stipule le bail[7].

En 1913, Coco Chanel développe ses activités en ouvrant son premier magasin de vêtements, financé par « Boy » Capel, à Deauville[8],[9],[n 2]. Alors que la Guerre débute, Coco Chanel reste dans la station balnéaire très prisée des riches parisiens[11]. En 1914, Gabrielle Chanel passe un week-end à Biarritz, lieu où les affaires se font en ces temps de guerre[12], avec son amant : une seconde boutique ouvre ses portes l'année suivante dans cette ville épargnée par la Guerre[13]. En 1917, elle réalise les costumes du ballet Le Train bleu[14]. À la fin de la Guerre, Gabrielle Chanel rembourse l'investissement de son amant et devient indépendante financièrement[13]. Elle ouvre alors au 31, rue Cambon[13]. Dans les années 1920, l'économie mondiale se remet de la Guerre et Coco Chanel étend ses activités en ouvrant ateliers, bureaux, et autre boutique au no 31 puis plus tard des bureaux aux numéros 25, 27 et 23 de la rue Cambon[15]. Un point de vente ouvre également à Cannes[15]. Ernest Beaux lui propose alors de créer son propre parfum[14] : N° 5, qui sera vendu au départ uniquement dans les boutiques Chanel[14], puis proposé après aux parfumeurs[16]. En 1924, Coco Chanel fait la connaissance à Longchamp de Pierre et Paul Wertheimer, puissants propriétaires des parfums Bourjois ; s'appuyant sur l'assise financière des deux frères, elle obtient 10 % des Parfums Chanel, contrat qui ne changera pas jusqu'en 1948[14].

Article détaillé : Les Parfums Chanel.

Inspirée par les vêtements de ses amants, plus généralement par la praticité du vestiaire masculin, et par son désir d'émanciper la femme, Gabrielle Chanel introduit dans ses collections le Jersey de Rodier, le tweed, les boutons et les ganses d'uniforme, les cardigans, les bijoux fantaisie, le pantalon pour les femmes et la mode des cheveux courts. Elle fait du camélia, sa fleur de prédilection. On la retrouve d'une saison à l'autre dans les créations de la maison, au point de devenir emblématique. Coco Chanel participa à la révolution de la mode féminine en remplaçant le corset traditionnel par le confort et l'élégance de simples robes ou tailleurs. Elle habille les femmes de tenues pratiques et sobres, crée des vêtements flottants, raccourcit les jupes et popularise le Jersey, tissu léger utilisé pour les dessous. Son style est épuré et les teintes sont neutres.

La maison devient particulièrement célèbre pour son élégante et révolutionnaire petite robe noire (1926), le parfum emblématique N° 5 conçu en 1921 par Ernest Beaux qui créa ensuite le No 22 (1922), Cuir de Russie (1924), Gardenia (1925) et Bois des Îles (1926). En 1939, la maison de couture ferme[12].

Boutique Chanel à Beverly Hills en Californie

1954[modifier | modifier le code]

Après un exil de plusieurs années en Suisse, et face à l'immense gloire de Christian Dior avec sa mode corsetée, Coco Chanel décide d'ouvrir de nouveau sa maison de couture du 31, rue Cambon en 1953. Les boutiques, ateliers et appartements sont remis en état[17]. L'ouverture est faite officiellement le 5 février de l'année suivante[14], chiffre significatif[17]. Elle lance l'iconique tailleur en tweed. L'accueil immédiat de la presse nationale est mauvais, « un fiasco » apparait en titre[17], au contraire de la presse américaine tel que Vogue ou Life[18] ; mais la mode discrète, pratique et moderne de Chanel fait que le succès est au rendez vous[18]. Coco Chanel, peu gestionnaire, décide de vendre sa maison à Pierre Wertheimer mais d'en garder la direction[14] ; Chanel SA est créé en 1954 suite au rachat de la maison de couture par les Parfums Chanel[19],[20]. Les parfums et la couture sont ainsi réunis[14]. À la mort de Christian Dior en 1958, la presse voit en Chanel « l'influence majeure de la mode »[18]. Dans les années 1960, Chanel est avec Balenciaga l'une des seules maisons de couture à refuser la révolution du prêt-à-porter[21],[22], soutien financier de la haute couture souvent déficitaire pour les couturiers. Chanel s'y résoudra quelques années plus tard, faisant fabriquer en France son prêt-à-porter[23],[22] qu'elle commercialise avant tout sous licence[24],[n 3].

Le décès de la créatrice en 1971 marque un tournant dans l’histoire de la marque. Elle tente de s'intégrer dans le marché international, mais avec difficulté, la couturière n'ayant pas su faire évoluer l'image traditionnelle de sa marque dans cette époque pleine de révolutions stylistiques. Alain Wertheimer, en qualité d'ainé[26], prend la direction de l'entreprise en 1976[24]. L'année suivante, la première collection de prêt-à-porter, fabriqué sous licence, rencontre le succès[27] ; quatre ans plus tard, le prêt-à-porter est réintégré sous la responsabilité directe de la marque[24],[27] ainsi que l'ensemble des activités couture, parfums, accessoires et distribution qui sont regroupés sous une unique entité assurant la direction artistique, commerciale et financière[28].

Lagerfeld[modifier | modifier le code]

Cependant, en 1983 alors que la Maison Chanel est presque à l'agonie, Karl Lagerfeld accède au poste de directeur artistique de Chanel Mode et débute une nouvelle ère. Ne souhaitant pas être uniquement un styliste, il refuse au départ l'offre d'Alain Wertheimer, puis fini par l'accepter, assuré de ne pas être un « simple » styliste[29]. Rapidement, il supervise l'ensemble de la production de la maison[29] et a carte blanche : « Je peux faire ce que je veux, je peux prendre tous les risques, j'ai une liberté totale[1]. »

Dans chacun de ses défilés, Karl Lagerfeld sait introduire nombre de modèles qui constituent la déclinaison contemporaine de ceux qu'a créés jadis Coco, jusqu'à les parodier parfois[30]. En moins d'une décennie, il fait de Chanel une marque mondiale du luxe de tout premier plan, mettant le logo des deux « C » entrelacés au premier plan[29]. Inès de la Fressange devient l'image de la maison, son incarnation[31].

En 1987, la marque investit le domaine de l'horlogerie[32].

En 1994, une boutique s'ouvre à Tokyo. Ensuite, en 1996, année du rachat de la Maison Michel, modiste, un autre magasin a été créé à Osaka, dans le quartier de Shinsaibashi. Enfin, le magasin Omotesando s'est ouvert en 2001, à Tokyo, et est devenu le plus grand au Japon.

En 2013, s'installe à Pantin la filiale Paraffection, qui regroupe les maisons d'art Lemarié, Michel, Lesage, Massaro et Goossens.

De nos jours, l'entreprise est organisée en trois branches distinctes, mode, beauté et parfums et cinq zones régionales conservant une indépendance[1].

Égéries Chanel[modifier | modifier le code]

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Chanel a eu de nombreuses et prestigieuses égéries publicitaires pour ses parfums et accessoires :

Divers (parfums, accessoires, maquillage) :

Parfums[modifier | modifier le code]

Eau de parfum N° 5 de Chanel.

Parfums de Chanel et Les Parfums Chanel

Dirigeants[modifier | modifier le code]

En 2012, les dirigeants de Chanel sont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Chanel International BV, holding de tête de la famille Wertheimer enregistrée aux Pays-Bas, celle-ci contrôle à 2014, outre Chanel SA, 82 filiales[1].
  2. Le local est loué par Arthur Capel dans l'enceinte de l'hôtel Normandy[10].
  3. La ligne « Création Chanel », dont le directeur artistique est Philippe Guibourgé à ses débuts, est une entité créée par les Parfums Chanel et séparée de la haute couture[25].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Thiébault Dromard, « Les Wertheimer aussi riches qu'invisibles », Challenges, no 397,‎ 10 juillet 2014, p. 44 à 48 (ISSN 0751-4417)
  2. a et b Eric Treguier, « Industrie du luxe: l'exceptionnelle rentabilité de Chanel enfin dévoilée », sur challenges.fr, Challenges,‎ 9 janvier 2014 (consulté le 9 janvier 2014)
  3. Emma Baxter-Wright - Les premières années 2012, p. 11
  4. Emma Baxter-Wright - Les premières années 2012, p. 12
  5. Chanel (1923) INPI, 28 juillet 2011
  6. Emma Baxter-Wright - Les premières années 2012, p. 14
  7. Emma Baxter-Wright - Les premières années 2012, p. 15
  8. Catherine Örmen (préf. Inès de La Fressange), Un siècle de mode, Éditions Larousse, coll. « Les documents de l'Histoire »,‎ octobre 2012, 128 p. (ISBN 978-2-03-587455-9, présentation en ligne), « Chanel », p. 17
  9. Emma Baxter-Wright - Les premières années 2012, p. 18
  10. Virginie Skrzyniarz, « Deauville, Trouveille : les siamoises mondaines », L'Express, L'Express, no 3289,‎ 16 juillet 2014, p. 74 (ISSN 0014-5270)
  11. Emma Baxter-Wright - Les premières années 2012, p. 19
  12. a et b Delphine Peras (Interview de Marie-Dominique Lelièvre auteur de Chanel & Co chez Denoël), « Coco Chanel, conquistadora adorée », L'Express Styles, Groupe Express, no 3250,‎ 16 octobre 2013, p. 36 à 37 (ISSN 0014-5270)

    « […] elle fut l'une des rares couturières à cesser de faire des robes en 1939. C'était sans doute une sorte de patriotisme réactionnaire de sa part. »

  13. a, b et c Emma Baxter-Wright - Les premières années 2012, p. 20
  14. a, b, c, d, e, f et g Didier Grumbach 2008, p. 153
  15. a et b Emma Baxter-Wright - La maison Chanel 2012, p. 26
  16. Didier Grumbach 2008, p. 158
  17. a, b et c Emma Baxter-Wright - Le retour triomphal 2012, p. 75
  18. a, b et c Emma Baxter-Wright - Le retour triomphal 2012, p. 76
  19. Didier Grumbach 2008, p. 435
  20. Didier Grumbach 2008, p. 171
  21. Didier Grumbach 2008, p. 149
  22. a et b Didier Grumbach 2008, p. 265
  23. Didier Grumbach 2008, p. 151
  24. a, b et c Didier Grumbach 2008, p. 152
  25. « Philippe Guibourgé », L'Officiel hommes, Éditions Jalou, no 7,‎ 1978, p. 138 (lire en ligne)
  26. Didier Grumbach 2008, p. 367
  27. a et b Didier Grumbach 2008, p. 266
  28. Didier Grumbach 2008, p. 132
  29. a, b et c Marnie Fogg 2013, p. 451
  30. Marnie Fogg 2013, p. 452
  31. Marnie Fogg 2013, p. 455
  32. « Le quart de siècle de Chanel », L'Express, no 3198,‎ 17 octobre 2012, p. 132 (ISSN 0014-5270)
  33. Maïwenn, nouvelle égérie Chanel, 15 juin 2012

Bibliographie des références[modifier | modifier le code]

  • Emma Baxter-Wright (trad. Laurence Le Charpentier), Le petit livre de Chanel [« The Little Book of Chanel »], Paris, Eyrolles,‎ septembre 2012, 160 p. (ISBN 978-2-212-13545-9)
  • Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard,‎ 2008 (1re éd. 1993 Éditions du Seuil), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3)
  • Marnie Fogg (dir.) et al. (trad. Denis-Armand Canal et al., préf. Valerie Steele), Tout sur la mode : Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques, Paris, Flammarion, coll. « Histoire de l'art »,‎ octobre 2013 (1re éd. 2013 Thames & Hudson), 576 p. (ISBN 978-2081309074)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres entités du groupe Chanel[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]