Musée Carnavalet

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Musée Carnavalet
Image illustrative de l'article Musée Carnavalet
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 23, rue de Sévigné, 75003 Paris
Coordonnées 48° 51′ 27″ N 2° 21′ 44″ E / 48.8575, 2.36222 ()48° 51′ 27″ Nord 2° 21′ 44″ Est / 48.8575, 2.36222 ()  
Informations générales
Date d’inauguration décembre 1880
Collections 2 000 sculptures
2 600 peintures
300 000 estampes
150 000 photographies
800 pièces de mobiliers
Nombre d’œuvres 7 000 en exposition
580 000 au total[1]
Superficie 10 000 m2
Protection Logo monument historique Classé MH (1846)
 Inscrit MH (1984)
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 1 091 105 (2010)[2]
Site web Musée Carnavalet

Le musée Carnavalet est le musée municipal parisien consacré à l'Histoire de Paris des origines de la ville à nos jours. Situé dans le quartier du Marais au 23, rue de Sévigné, à Paris, dans le 3e arrondissement, il présente des collections exceptionnelles : souvenirs de la Révolution française, peintures, sculptures, mobilier et objets d'art. Il est dirigé depuis 1993 par Jean-Marc Léri. Le musée est constitué de l'hôtel de Carnavalet et l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau reliés par une galerie située au premier étage.

Il s'agit d'un des 14 Musées de la Ville de Paris gérés depuis le 1er janvier 2013 par l'établissement public administratif Paris Musées.

Collections[modifier | modifier le code]

Les collections du musée Carnavalet sont riches de plusieurs centaines de milliers de pièces dont seule une partie est exposée. Les notices descriptives et les photographies de ces objets sont mises progressivement à la disposition du public sur le Portail des collections des musées de la Ville de Paris. Il possède au total plus de 580000 oeuvres au total : 2000 sculptures, 2600 peintures, 300 000 estampes,150 000 photographies et 800 pièces de mobilier. Il a une superficie de 10000 mètres carrés.

Archéologie, la tribu gauloise des Parisii et les Gallo-Romains[modifier | modifier le code]

Une pièce y est dédiée. Des peintures datant de l'époque gallo-romaine, ainsi que des tombeaux, des masques mortuaires et d'autres objets retrouvés.

Paris du XVIe siècle à Madame de Sévigné[modifier | modifier le code]

Procession de la Ligue place de Grève (vers 1590), École française, XVIe siècle

Paris sous l'ancien régime[modifier | modifier le code]

La joute des mariniers, entre le pont Notre-Dame et le Pont-au-Change (1756), Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet, musée Carnavalet
Salon bleu Louis XV, boiserie de l'Hôtel Brulart de Genlis (vers 1780), musée Carnavalet
  • Des peintures de vues de Paris par Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet.
  • Des gouaches du citoyen Lesueur qui traita avec humour le Paris de 1789 à 1806.
  • Une commode à deux tiroirs de l'ébéniste Jacques Dubois, en laque, aux pieds galbés avec des décors floraux d'inspiration asiatique, réalisée en 1745 (85 × 115 × 57 cm, Inv. CARMB 0450, légué par Bouvier au musée en 1965)
  • Chaise à la reine de style rocaille réalisée par Nicolas-Quinibert Foliot vers 1765
  • le cabinet de l'hôtel de Villacerf aux boiseries peintes de motifs polychromes et de « grotesques » à la voussure en trompe-l'œil et au plafond représentant Apollon et les saisons ;
  • le grand cabinet et une chambre de l'hôtel de la Rivière, avec des plafonds et tapisseries de Charles Le Brun ;
  • deux pièces de style Louis XV, avec deux ensembles décoratifs dessinés par l'architecte Claude Nicolas Ledoux, exemples de « néo-classicisme » ;
  • le café militaire, exemple du style « le grand goût » ;
  • l'escalier de Luynes et sa composition en trompe-l'œil ;
  • huit pièces de style Louis XV et Louis XVI (cabinet doré, chambre polychrome, petit salon, salon bleu, salon gris, salon turquoise, salon jonquille… avec des meubles de la collection de Mme Bouvier léguée en 1965 - avec des meubles de Pierre Migeon IV, fournisseur de la marquise de Pompadour, des bronzes de Jacques Dubois, et d'autres meubles de Jean-Henri Riesener et de Adam Weisweiler ;
  • la coiffeuse de la reine Marie-Antoinette et le lit de Mme Élisabeth, sœur cadette de Louis XVI

Révolution française[modifier | modifier le code]

La Fête de la Fédération, au Champ-de-Mars, le 14 juillet 1790, Charles Thévenin (1764-1838)

Le musée Carnavalet a une collection tellement complète et large sur le Révolution française de 1789 qu'il pourrait quasiment en faire un musée dans le musée.

  • La Fête de l’Être suprême (1794), par Pierre-Antoine Demachy (1723-1807).
  • Le serment de La Fayette à la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 (vers 1790), École française fin du XVIIIe siècle.
  • Le serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789 (entre 1790 et 1794), attribué à Jacques-Louis David (1748-1825).
  • Des peintures d'Hubert Robert sur la démolition des monuments de la capitale : destruction des églises, violation des caveaux royaux à l'église abbatiale de Saint-Denis.
  • Douze salles consacrées à la Révolution française, avec leurs murs tendus de tissus rayés selon le goût de l'époque et de nombreux objets — boîtes, médaillons, éventails, gravures et maquettes — meubles aux emblèmes révolutionnaires et peintures. Parmi les objets : le jeu de dominos et les soldats de plomb du petit Dauphin, les clefs de la Bastille, des menottes d'époque, le fauteuil de Georges Couthon, des modèles réduits de guillotines, une bague en forme de cercueil contenant des cheveux du roi Louis XVI

Paris du XIXe au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Marché et la Fontaine des Innocents (1822), John James Chalon (1778-1854), musée Carnavalet

Historique du musée[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Bâtiments historiques[modifier | modifier le code]

  • L'hôtel Carnavalet
Hôtel Carnavalet, l'entrée
Jardin de l'hôtel Carnavalet

Il a été construit de 1548 et 1560 par Pierre Lescot pour Jacques de Ligneris, président du Parlement de Paris.

Inspiré du château d'Écouen, son plan en forme de quadrilatère « entre cour et jardin » constituait une nouveauté architecturale, et allait être un exemple pour de nombreux autres hôtels. Les statues qui l'ornent sont des chefs-d'œuvre dus à Jean Goujon et à son atelier.

En 1578, il devient la propriété de Françoise de Kernevenoy, veuve d'un gentilhomme breton François, dit Carnavalet.

Dans les années 1650, il passa dans les mains de Claude Boislève, qui confia la tâche de l'agrandir à François Mansart qui transforma l'aile gauche et le bâtiment d'entrée et ajouta l'aile droite décorée de sculptures de Gérard van Opstal.

De 1664 à 1695 il fut habité par la Marquise de Sévigné, puis par Brunet de Rancy secrétaire du Roi jusqu'en 1777, puis enfin par la famille du Pré de Saint-Maur.

Après la Révolution, il fut occupé par l'École des ponts et chaussées puis par les institutions Liévyns et Verdot, avant son rachat par la ville de Paris en 1866 sur les conseils du baron Haussmann.

Il fut agrandi et rénové de 1871 à 1890, dans le but d'y loger les collections historiques de la Ville de Paris. En 1881 une vente aux enchères d'une partie des collections du musée fut décidée par le conseil municipal (voir plus bas). Il lui fut incorporé des éléments architecturaux exceptionnels provenant du vieux Paris en pleine mutation :

L'accroissement des collections imposa un nouvel agrandissement qui s'acheva en 1914.

  • L'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau
Jardin

Cet hôtel est d'un style plus sobre et fut édifié par l'architecte Pierre Bullet dans les années 1690. Il comporte un élément architectural exceptionnel avec son grand escalier dont la somptueuse rampe d'appui en fonte de fer, moulée et ciselée - et non en fer forgé -, est une prouesse technique jamais renouvelée avant le XIXe siècle.

L'hôtel est classé monument historique dans sa totalité par la liste de 1846 et inscrit partiellement en 1984[6].

Rattaché au musée Carnavalet depuis les années 1960, sa rénovation fut mise en œuvre de 1982 à 1989. Ses vastes cheminées, son carrelage et ses poutres apparentes ont été conservés, pour une mise en scène des intérieurs parisiens tout au long de l'Histoire. Parmi les nombreuses reconstitutions :

Organisation[modifier | modifier le code]

  • Politique d'acquisitions
  • Expositions
  • La Société des amis du musée

Antennes de Carnavalet[modifier | modifier le code]

  • Les catacombes de Paris présentent les galeries sur lequel s'est construit la ville dans un parcours souterrain de près de deux kilomètres à vingt mètres de profondeur[4]. De ces carrières ont été extraits les gisements de calcaire grossier qui ont servi de matière première à la construction de la ville de l'antiquité jusqu'au XIXe siècle. Les ossements de près de six millions de Parisiens sont théâtralisés en ossuaires, représentant le dépôt dans les catacombes des restes des vieux cimetières parisiens comme le cimetière des innocents de 1785 jusqu'en 1859[4].
Article détaillé : Catacombes de Paris.
  • La Crypte archéologique du parvis Notre-Dame aménagée en 1980 est rattachée au musée Carnavalet depuis 2000. Elle présente les vestiges archéologiques de Paris, en couches successives depuis l'antiquité jusqu'au XIXe siècle. Ce sont les travaux des fouilles menées par l'archéologue Michel Fleury et découvertes sous le parvis de Notre-Dame de Paris entre 1968 et 1972[3].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • La vente aux enchères de 1881

Du 24 au 29 janvier 1881 eut lieu à l'hôtel Drouot une vente d'objets d'art et de curiosité provenant du musée Carnavalet. Cette vente fut décidée par le conseil municipal. Un catalogue de 97 pages fut imprimé, il comportait la description de 951 objets d'art plus 91 d'objets de curiosité, de meubles et d'instruments de musique. Le commissaire priseur était Maître Pillet, l'expert Manheim. Paul Eudel décrit très sommairement cette vente dans son ouvrage : L'hôtel Drouot en 1881 : Les plus mauvaises productions de l'Italie et de l'Allemagne.. Des faïences dont ne voudrait pas un débutant... des étains douteux, etc. page 7-9. Il en fournit le résultat :On a enfin terminé cette semaine la liquidation du magasin Carnavalet. Tout s'est heureusement, dans l'intérêt général, vendu très cher. La vente a produit 108,211 francs. j'ai vainement cherché un objet ayant atteint mille francs. Je n'en ai pas trouvé !... p. 22.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Bruson et Christophe Leribault, Au temps de Marcel Proust, la collection François-Gérard Séligmann au musée Carnavalet, Paris, Paris Musées,‎ 2001, 191 p. (ISBN 2879005736)
  • Jean-Marie Bruson et Christophe Leribault, Peintures du musée Carnavalet: catalogue sommaire, Paris, Paris Musées,‎ 1999
  • Jean-Marie Bruson et Thierry Sarmant, Le musée Carnavalet - Mémo, Paris, éditions Gisserot,‎ 2011, 64 p. (ISBN 2755802219)
  • Anne Forray-Carlier, Les boiseries du musée Carnavalet, Paris, éditions Vial,‎ 2010, 240 p. (ISBN 2851011472)
  • Anne Forray-Carlier, Mobilier du Musée Carnavalet : cinq siècles d'histoire, Paris, éditions Faton,‎ 2000, 319 p. (ISBN 2878440447)
  • Jean-Marc Léri, Musée Carnavalet : Histoire de Paris, Paris, Fragments International Editions,‎ 2007, 222 p. (ISBN 2917160012)
  • Bernard de Montgolfier, Le musée Carnavalet, l'histoire de Paris illustrée : un aperçu des collections, Les Amis du musée Carnavalet-Albin Michel,‎ 1986
  • Hélène Rochette, Maisons d'écrivains et d'artistes. Paris et ses alentours, Paris, Parigramme,‎ 2004 (ISBN 2-84096-227-6), p. 10-13
    • De 1948 à 1996 a paru un précieux Bulletin du musée Carnavalet.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]