Panama (chapeau)

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Photo d'un panama.
Panama Montecristi vendu roulé dans une boîte

Le panama est un chapeau de paille d'origine équatorienne — malgré son nom qui renvoie à Panamá — qui était un chapeau masculin souple et léger très en vogue vers 1900 (porté par les ouvriers pour se protéger du soleil avant de devenir un symbole d'élégance décontractée), qui ne s'est jamais vraiment démodé et qui connaît un regain de jeunesse en ce début du XXIe siècle. C'est un chapeau connu surtout dans sa forme à large bord style borsalino, qui se distingue par sa grande finesse. Il est traditionnellement soit de couleur ivoire garni d'un ruban marron (ou noir), soit blanc garni d'un ruban noir. Il est entièrement réalisé en fibres naturelles et confectionné à la main avec une patience légendaire. Il est le fruit d’une rencontre harmonieuse entre nature et culture : la beauté de la palme de Carludovica palmata[1] et le savoir-faire d’artisans.

Description[modifier | modifier le code]

Le panama est une des composantes traditionnelles et séculaires des tenues vestimentaires d'un certain nombre de tribus du sud de l'Équateur. Certains panamas de qualité supérieure peuvent exiger plus de six mois de fabrication (jusqu'à dix mois de tissage). Il existe trois façon de tisser les panama : brisa, cuenca, et montecristi (Montecristi est une bourgade de la région de Manabi, entre la côte Pacifique et les Andes, d'où sont originaires les panamas) ; chaque façon a son point de tissage particulier et sa position pour le confectionner ; se tisse assis à Cuenca mais debout à Montecristi, penché sur son ouvrage.

Le terme panama ne s'applique pas à une forme mais à une matière : la fibre de jeunes pousses de palmiers d'Équateur. Originellement, il se fabriquait exclusivement en feuilles de bombanaxa.

Certains modèles de panama, très fins et de haut de gamme, peuvent se plier et se rouler sans perdre leur forme. D'autres modèles, d'aussi bonne facture, reçoivent un apprêt qui les empêche d'être roulés, leur paille étant rigidifiée afin que la forme d'origine se conserve pendant plusieurs années. Le fait que ce chapeau ait été porté par de prestigieux chefs d'État et des stars de cinéma contribua à ajouter au prestige et à la légende du chapeau de paille le plus célèbre qui soit. Ce produit fait à la main se trouve à tous les prix : certains modèles comme le panama Montecristi extra fino peuvent dépasser les mille euros.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les découvertes archéologiques de la culture Valdivia confirment la présence de chapeaux de paja toquilla en 4 000 av. J.-C. ; les Espagnols le découvrent au XVIe siècle suite à la colonisation de l’Équateur. Devant une telle finesse de tissage, ils croient qu'ils sont fabriqués avec la peau des ailes de chauves-souris.

Pour la première fois, en 1855, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris, le chapeau de paille est présenté en France avec une collection qui impressionne les Européens par la finesse de son tissu.

Pendant la construction du canal de Panamá, des ouvriers du monde entier acquièrent les chapeaux de paille équatoriens pour se protéger du soleil. Panama sert de vitrine commerciale à l’Amérique du Sud. Le chapeau de paille est baptisé panama malgré son origine équatorienne. En 1906, Théodore Roosevelt porte ce chapeau lors de sa visite aux chantiers du Canal et contribue à populariser le « Panama Hat » (chapeau Panama), auparavant traditionnellement appelé « Sombrero de Paja Toquilla » (chapeau de paille).

Élaboration[modifier | modifier le code]

Panamas à différents stades de leur fabrication, en exposition à Montecristi.
  1. Matière première : la carludovica palmata ou paja toquilla est une feuille de palme poussant en Équateur. Les Équatoriens préfèrent parler de sombrero fino de paja toquilla plutôt que de panama.
  2. Récolte : les cœurs sont transportés à dos de mules jusqu’aux villages.
  3. Préparation : d’habiles mains séparent la palme en fibres fines.
  4. Cuisson ou séchage : à Cuenca, la paille est bouillie pour éliminer la chlorophylle alors qu'à Montecristi, elle est séchée au soleil et blanchie à la fumée de soufre.
  5. Tissage : les maîtres artisans classifient la paille et procèdent au tissage qui dure jusqu'à 6 mois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Carludovica palmata », sur University of Connecticut

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Article sur le panama sur le site de la Chapellerie Mouret traitant notamment des idées reçues sur celui-ci