Philippe Leclerc de Hauteclocque
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| Naissance | 22 novembre 1902 Belloy-Saint-Léonard, France |
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| Allégeance | |
| Grade | Général d'armée (1946) |
| Années de service | 1924 - 1947 |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale |
| Commandement | 2e division blindée |
| Faits d'armes | Bataille et serment de Koufra Bataille de Normandie Libération de Paris Libération de Strasbourg |
| Distinctions | Maréchal de France Grand Croix de la Légion d'honneur Compagnon de la Libération Croix de guerre 1939-1945 Croix de Guerre des TOE |
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Philippe François Marie, comte de Hauteclocque, puis Leclerc de Hauteclocque (par décret de 1945), est un militaire français, né le 22 novembre 1902 à Belloy-Saint-Léonard (Somme) et mort le 28 novembre 1947 près de Colomb-Béchar (Algérie). L'un des principaux chefs militaires de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, il a été élevé après sa mort à la dignité de maréchal de France.
Sommaire |
Biographie
Les jeunes années
Philippe de Hauteclocque, puis Leclerc de Hauteclocque est issu d'une famille aristocratique enracinée en terre d'Artois, noble depuis 1163[1], dont la devise est : On entend loing sonner haulte clocque.
Petit-fils du comte Gustave de Hauteclocque (Arras, 1829 - Naples, 30 avril 1914), historien et archéologue, maire de Bermicourt et de Marie-Henriette de Morgan-Frondeville (+ Paris, 1908). Le couple a trois fils : Henry (1862-1914, Mort pour la France), Adrien et Wallerand (1866-1914, Mort pour la France).
Fils du comte Adrien de Hauteclocque (1864-1945) et de Marie-Thérèse van der Cruisse de Waziers (1870-1956), Philippe grandit au sein d'une famille catholique qui compte six enfants, outre lui : Guy (1892-1965), Françoise (1895-1919), Madeleine (1897-1935), Yvonne (1900-1967) et Colette (1906-1990).
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Il passe la plupart de ses vacances en famille dans le village de pêcheurs d'Audresselles.
En 1922, après avoir préparé le concours à Sainte-Geneviève, il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion Metz et Strasbourg), dont il sort deux ans plus tard en tant que major de la cavalerie. Il entre alors à l'École d'application de la cavalerie de Saumur, dont il sort en 1925, là encore, en étant major.
Il épouse la même année, le 10 août 1925, Thérèse de Gargan qui a pour arrières-grands-parents le baron Théodore de Gargan et son épouse Marguerite de Wendel. Ils auront six enfants : Henri (1926-1952, Mort pour la France), Hubert, Charles, Jeanne[2], Michel et Bénédicte.
Depuis 1918 (et jusqu'en 1930), la Sarre est sous occupation française en conséquence du Traité de Versailles (1919) faisant suite à la Première Guerre mondiale. Le jeune Philippe de Hauteclocque a pour première affectation le 5e régiment de cuirassiers à Trèves ; après y avoir passé un an, il obtient une affectation au 8e Spahis, au Maroc. Il participe à la pacification du territoire au cours de la guerre du Rif, durant laquelle il se distingue. En 1929, le commandement du 38e Goum lui est confié.
Il devient instructeur à l'École de Saint-Cyr en 1931. Lors d'un exercice à cheval, sa jambe se casse sous sa monture ce qui lui vaudra d'utiliser une canne tout le reste de sa vie. Au cours d'un second séjour au Maroc, il est promu capitaine en 1934, et obtient la Légion d'honneur. En 1938, il réussit le concours d'entrée à l'École de Guerre (appelé Collège interarmées de défense entre 1993 et 2011), dont il sort major en 1939.
Il est « issu d'une famille Action française jusqu'en 1940 »[3],[4]. Lui-même lit l'Action française, sans adhérer à l'ensemble de la doctrine, appréciant surtout l'exaltation des valeurs de la France monarchique contenues dans ce journal et le fait qu'il fonde sa politique sur cette notion : « Le présent vient du passé »[5]. Chevauchant à la tête de son escadron lors de la revue du 14 juillet 1936, et passant devant la tribune officielle où se tiennent Léon Blum et Édouard Daladier, il aurait brocardé ce dernier d'un « Pour le fusilleur, tête droite ! »[6],[7]. Il rompt avec l'Action française en 1940, jugeant que le mouvement trahit ses idées et fourvoie les élites qui le suivent. Il se défait également, à cette même époque, des préjugés antisémites des milieux maurrassiens[8]. Après la guerre, il n'évoquera plus Charles Maurras que pour juger sa philosophie critiquable et fera détruire les exemplaires du journal conservés à Tailly[5].
De tradition catholique, fervent pratiquant, il a manifesté toute sa vie son attachement à sa foi[9].
Seconde Guerre mondiale
1939-1940 : la campagne de France
En mai 1940, Philippe de Hautecloque est capitaine d'état-major à la 4e division d'infanterie, en poste sur le front belge et dans la Poche de Lille. Lors de l'attaque allemande, il est fait prisonnier, mais parvient à s'échapper et à rejoindre les lignes alliées, où il reprend le combat.
Le 15 juin, il participe à une contre-offensive dans la plaine de Champagne, au cours de laquelle il est blessé à la tête. Les blindés allemands ont ouvert le feu sur la maison dans laquelle il se trouvait, et une partie du plafond s'est effondrée sur lui. La blessure ne semble pas l'affecter, à tel point qu'il continue le combat, jusqu'à ce qu'il soit à nouveau fait prisonnier.
1940-1942 : poursuite de la lutte en Afrique
Le 17 juin 1940, il parvient à s'évader et prend le parti de poursuivre la lutte. Il traverse la France à bicyclette, malgré l'occupation allemande, rejoint sa femme et leurs six enfants sur les routes de l'exode près de Libourne en Gironde. Après les avoir mis au courant de sa volonté de se battre, il se rend à Bayonne, où il obtient le 8 juillet un visa pour le Portugal, mais pas pour l'Espagne. Repassant la ligne de démarcation le 10, il est le lendemain à Perpignan, où il obtient son visa pour l'Espagne. Arrivé le 12 à Cerbère par le train, il est brièvement arrêté le 13 à Port-Bon par les douaniers espagnols, qui le font conduire à Figueras pour interrogatoire et jugement. Mais il s'échappe, prend le train de Madrid, et de là celui de Lisbonne où il arrive le 17 juillet. Embarqué le 20 juillet sur le SS Hilary, il arrive à Londres[10].
Il se présente au général de Gaulle le 25 juillet. Afin d'éviter que des représailles ne soient dirigées contre sa famille, il a pris le pseudonyme de « François Leclerc », le patronyme étant très fréquent en Picardie et à Belloy même[11],[12],[13],[14]. Cette discussion a probablement changé sa vie. Le général de Gaulle, reconnaissant en lui un chef exceptionnel, le promeut de capitaine à chef d’escadrons dès leur première rencontre et lui donne pour mission de rallier l'AEF à la France libre.
Le 6 août 1940, il quitte l'Angleterre pour le Cameroun avec René Pleven, André Parant et Claude Hettier de Boislambert. Vingt jours plus tard, il débarque de nuit en pirogue à Douala avec 22 hommes. Il fait la connaissance du commandant Louis Dio, qui arrive de Fort-Lamy à la tête d'un détachement du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Il parvient à convaincre les autorités fidèles à Vichy de s'effacer et rallie le Cameroun, le Tchad et le Congo à la cause de la France libre sous l’égide de Félix Éboué et de Larminat.
Jugeant son grade de commandant insuffisant, face au gouverneur général et au lieutenant-colonel Bureau, commandant les troupes à Douala, il arrache les quatre galons de sa manche gauche pour en recoudre un sur celle de droite : le voici colonel, lui qui n'était qu'un simple capitaine un mois plus tôt.
Leclerc est nommé Commissaire général du Cameroun et le 28 août, c'est toute l'AEF, à l'exception du Gabon qui s'est ralliée au Général de Gaulle. Celui-ci, au cours d'une visite à Douala le 8 octobre, donne son accord à Leclerc pour tenter de rallier le pays à sa cause. Avec l'aide des Forces françaises libres, repliées après l’échec de l’expédition de Dakar (23-25 septembre), Leclerc débarque près de Libreville le 8 et le 10 novembre, le Gabon se joint à la France libre.
Leclerc est alors officiellement confirmé au grade de colonel par le général de Gaulle, grade qu'il s'était auto-attribué « comme par enchantement », selon l'expression de De Gaulle, en arrivant au Cameroun pour ne pas être en infériorité hiérarchique par rapport au lieutenant-colonel Bureau[15],[16] en poste à Douala, et il est désigné comme commandant militaire du Tchad.
La France libre a pour la première fois une assise territoriale et stratégique significative.
À partir de ces bases, sa colonne, qui compte notamment le capitaine Massu, effectue des raids de plusieurs milliers de kilomètres au milieu du désert, avec un équipement peu adapté aux conditions climatiques et au sol sableux et se dirige vers des postes italiens. Ayant pris l'oasis de Koufra (28 février 1941) avec un canon et 300 hommes seulement, il fait le serment avec ses soldats de ne pas déposer les armes avant d'avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg.
Le 16 juin 1941, il est déchu de la nationalité française par un décret du gouvernement de Vichy[17]. Le 11 octobre suivant, la cour martiale de Gannat le condamne à mort par contumace et à la confiscation de ses biens pour « crimes et manœuvres contre l'unité et la sauvegarde de la patrie »[18].
En février-mars 1942, il mène une campagne dans le Fezzan. Nommé le 25 mars commandant supérieur des troupes de l'Afrique française libre, il part pour Brazzaville, laissant le colonel François Ingold à la tête des troupes du Tchad. Le 22 septembre, de Gaulle lui donne l'ordre de conquérir le Fezzan et d'avancer jusqu'à Tripoli, de même qu'il prescrit l'envoi de troupes au Niger, afin de rallier à la France libre l'Afrique occidentale française (objectif qu'il abandonne finalement à la mi-novembre). Lancée le 22 décembre, l'offensive sur le Fezzan conduit la colonne Leclerc, forte de 4 000 Africains et 600 Européens appuyés par le groupe Bretagne, à Sebha le 12 janvier, Mourzouk le 13 et Tripoli le 25. Le 2 février 1943, il rencontre à Ghadamès le général Delay, commandant le front est du Sud algérien. Puis, rejoint par la colonne volante détachée des Forces françaises libres du Western Desert, il participe avec la 8e armée britannique à la campagne de Tunisie. Après la bataille de Ksar Ghilane, où la Force L (L pour Leclerc) résiste à une attaque allemande, il s'empare de Gabès, puis entre à Kairouan le 12 avril. Huit jours plus tard, il participe au défilé de la victoire à la tête d'un détachement de tirailleurs.
1943-1945 : Libération de la France
Leclerc est nommé général de division le 25 mai, la Force L devenant 2e division française libre (2e DFL) le 30. Renvoyée par le général Giraud en Libye le 10 juin, sa division reçoit le renfort d'évadés de France par l'Espagne et d'unités issues de l'Armée d'Afrique, vichyste. Rebaptisée 2e division blindée (2e DB) le 24 août, elle est réorganisée sur le modèle américain, et rejoint, en septembre, le camp de Temara, au Maroc, où elle demeure jusqu'en avril 1944 pour y parfaire son entraînement et compléter ses effectifs. Le 10 avril, elle entame son embarquement pour l'Angleterre, où elle est affectée à la 3e armée américaine du général George Patton.
Envoyée en Normandie, la 2e DB débarque le 1er août 1944 dans la Manche, sur la plage de Saint-Martin-de-Varreville, et va établir son premier camp à Vesly, dans un champ dénommé « champ Robert », où elle séjournera dix jours, le temps de s'organiser avant de faire route sur Argentan et Alençon, tout en ayant au passage prêté main forte, lors de la fermeture de la poche de Falaise, à Chambois-Mont-Ormel. Faisant partie de la 3e armée du général Patton, la division de Leclerc, ou « division Croix de Lorraine », devient parfois même le fer de lance des attaques américaines. Sa division libère, le 12 août, Alençon, s'illustre dans la forêt d'Écouves, mais bute, le 13 août, sur Argentan, qu'elle ne peut investir, gênant, en fait, les mouvements américains. Leclerc demande alors l'autorisation de quitter le théâtre des opérations en Normandie, pour : « Ne plus perdre un seul homme ici et libérer la capitale de la France. »
Avec l'accord qu'il a arraché à ses supérieurs, la 2e DB fonce sur Paris, si bien que, le 25 août 1944, le général Leclerc reçoit la reddition du général von Choltitz, gouverneur militaire allemand de Paris, à la gare de Paris-Montparnasse. La capitale a été libérée en deux jours, dans un mélange de liesse et de coups de feu. Les généraux de Gaulle et Leclerc descendent côte à côte l'avenue des Champs-Élysées alors qu'éclatent encore des accrochages sporadiques.
Avant la fin de l'année 1944, le 23 novembre, ses troupes libèrent Strasbourg, occasion d'une prise d'arme pour rappeler que le serment de Koufra a été tenu. Ultimes faits d'armes, ce sont les soldats français de Leclerc qui s'emparent du Kehlsteinhaus, le « nid d'aigle » d'Adolf Hitler, à Berchtesgaden, en Bavière, quelques jours avant l'armistice du 8 mai 1945.
La voix teintée d'émotion, le 21 juin, il fait ses adieux avec solennité à sa division. Il la quitte pour rejoindre le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, en Indochine française, occupée par le Japon depuis 1940.
Le 2 septembre 1945, c'est Leclerc qui signe, au nom de la France, l'acte de capitulation du Japon, à bord du cuirassé USS Missouri, en rade de Tokyo.
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Insigne de la 2e division blindée fabriqué en Angleterre avant son débarquement en Normandie. Cet emblème représente la France, avec en son centre la croix de Lorraine.
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Le général Leclerc discute avec des soldats du 501e RCC.
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Leclerc, accompagné des représentants des autres nations alliées, pendant le discours du Général MacArthur, après la reddition du Japon.
Après-guerre
Il participe également à la reconquête de l'Indochine occupée par le Japon (sans résistance jusqu'au coup de force du 9 mars 1945) à la tête du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient. Arrivé en octobre 1945, après la capitulation du Japon et la proclamation de l'indépendance par Hô Chi Minh le 2 septembre 1945, il parvient à rétablir la souveraineté française dans toute la Cochinchine et le Sud-Annam le 29 janvier 1946, tout en étant lucide sur la nécessité d'une solution politique. Au Tonkin, Hô Chi Minh accueille Leclerc favorablement, le 26 mars 1946 à Hanoï. En effet, celui-ci était pour la résolution de la crise qui secouait la colonie française par la voie politique.
En 1946, Leclerc est nommé inspecteur général en Afrique du Nord.
Décès et controverse sur ses circonstances
Le 28 novembre 1947, au cours d'une tournée d'inspection en Afrique du Nord, son avion, un B-25 Mitchell est pris dans une tempête de sable. On suppose que le pilote est descendu à basse altitude pour trouver des repères géographiques, mais l'avion a percuté la voie ferrée, à côté du Djebel Aïssa, non loin de Colomb-Béchar. Les douze occupants de l'appareil sont tués sur le coup. Un treizième cadavre a été retrouvé dans la carcasse de l'avion. Ce treizième corps, jamais identifié, a alimenté l'idée d'un complot.
Conrad Kilian, mort le 30 août 1950 dans des circonstances controversées, est le premier à lancer l'idée : l'Angleterre aurait fait assassiner Leclerc à cause de la guerre secrète du pétrole dans le Fezzan, dans la partie ouest de la Libye. Cette théorie est reprise par la suite par d'autres sources[19]. Aucune preuve ne permet toutefois d'étayer cette thèse, et Killian avait été qualifié de mythomane par Leclerc lui-même[réf. nécessaire].
Au contraire, Jean-Christophe Notin démontre que l'avion, modifié pour accueillir des passagers et déséquilibré par l'ajout d'une couchette à l'arrière, aurait simplement décroché alors qu'il volait à basse altitude, ainsi qu'il avait tendance à le faire à la suite de ces modifications[20]. Selon la même source, qui cite plusieurs exemples, Leclerc avait à de nombreuses reprises durant la seconde guerre mondiale forcé des équipages à voler dans des conditions plus que défavorables, ce qui provoqua plusieurs accidents.
Les légionnaires bâtiront en 1957 le « monument Leclerc », qui n'existe plus, sur le lieu de l'accident. Quelques vestiges ont été ramenés et déposés au Fonds historique maréchal Leclerc à Saint-Germain-en-Laye[21],[22],[23],[24]. Le monument est toujours bien visible sur Google Earth : .
Hommages posthumes
La nouvelle de ce décès est un choc pour une France qui se relève difficilement d'une terrible guerre, et qui voyait en cet homme le libérateur de Paris et de Strasbourg, celui qui avait lavé l'affront de la défaite de 1940. Après un hommage national à Notre-Dame, la 2e DB escorte son chef vers l'Arc de Triomphe, où une foule de Français viennent s'incliner devant le cercueil du général d'armée. Il est inhumé dans la crypte des Invalides.
Il a été élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume par décret du 23 août 1952.
Le 30 novembre 1997, pour le cinquantenaire de l'anniversaire de son décès, une homélie ainsi qu'une messe sont célébrées en la cathédrale d'Amiens par l'évêque d'Amiens et par le père Maurice Cordier, ancien combattant de la 2e DB et aumônier général des anciens de la 2e DB.
Controverse autour de l'exécution de Bad Reichenhall
Le 7 ou 8 mai 1945[25] (la date exacte fait toujours l'objet de contestations[26]), à Bad Reichenhall (Haute-Bavière), douze Waffen-SS français de la division Charlemagne sont remis à la 2e DB par les troupes américaines. À l'issue d'une rencontre entre Leclerc et les prisonniers, l'un des prisonniers fait preuve d'« insolence » : à la question « vous n'avez pas honte de porter l'uniforme des Boches ? », il répond au général que celui-ci porte lui-même un uniforme américain. Quelques clichés photographiques ont été pris lors de cette rencontre entre Français[27].
Leclerc porte effectivement une tenue de combat d'origine américaine ; il sert toutefois sous les couleurs françaises, en obéissant à une autorité politique française, et est donc « sous uniforme français », contrairement aux SS français qui ont prêté serment à Adolf Hitler. Or, à aucun moment depuis le 3 septembre 1939 la France n'a cessé de se trouver en état de guerre avec l'Allemagne, puisque aucun traité de paix n’a été conclu après l'armistice du 22 juin 1940.
Les prisonniers sont emmenés dans une clairière, au lieu-dit Kugelbach, pendant l'après-midi et fusillés sans jugement par groupe de quatre par des soldats du régiment de marche du Tchad. Ils sont assistés religieusement par le père Gaume, aumônier d'un groupe d'artillerie de la division.
Soixante ans après les faits, la responsabilité de cet acte, qui s'inscrit dans le cadre plus large de la répression de la collaboration avec l'Allemagne nazie[28] et a pu être considéré comme un « crime de guerre », reste discutée[29]. Le père Gaume, désigné pour assister les fusillés, aurait déclaré que la décision d'exécuter les prisonniers aurait été prise « à l'état-major » de la division[30]. Le 2 août 1948, le père Gaume avait déclaré aux gendarmes du Dahomey que l'ordre de fusiller les prisonniers avait été donné par « le commandant français », sans plus de précisions[31]. Le père Fouquer, ancien aumônier de la 2e DB aurait affirmé que la décision a été prise par un officier de l'état-major après une conversation entre celui-ci et le général Leclerc.[réf. nécessaire]
Anecdotes
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Les sections « Anecdotes », « Autres détails », « Le saviez-vous ? », etc. peuvent être inopportunes dans les articles.
Pour améliorer cet article il convient, si ces faits présentent un intérêt encyclopédique et sont correctement sourcés, de les intégrer dans d’autres sections.
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- Pour traverser les lignes ennemies de la poche de Lille en mai 1940, il déclare à l'officier allemand qui l'a capturé qu'il est réformé, inapte au service militaire, en lui montrant une ordonnance médicale datant du Maroc lui prescrivant de la quinine trois fois par jour. Grâce à ce subterfuge, on le laisse partir, et il peut rejoindre les lignes françaises sur le canal de Crozat.
- Tout au long de la guerre, il utilisa toutes sortes de subterfuges pour arriver à forcer la victoire. Il incarnait l'esprit Free French de ceux qui avaient, derrière le général de Gaulle, refusé la défaite de 1940. En ce temps-là, désobéir aux ordres du maréchal Pétain, le vainqueur de Verdun, était difficile pour des officiers formés à la discipline de Saint-Cyr.
Carrière militaire
État de service
- 9 septembre 1924 : Nommé sous-lieutenant,
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- Promotion Metz-Strasbourg de Saint-Cyr (5e de promotion sur 344 élèves), Affecté au 24e Régiment de Dragons
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- 26 octobre 1926 : Promu lieutenant
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- 8-10-1926 : affecté au 8e régiment de spahis marocains
- 19-9-1928 : Instructeur à l'école des élèves officiers marocains
- 15-7-1930 : affecté au 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique
- 24-5-1931 : Instructeur de cavalerie à l'École Spéciale Militaire
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- 25 décembre 1934 : Promu capitaine
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- 11-6-1938 : Breveté observateur en avion no 3993
- 1-11-1938 : Élève à l'École supérieure de guerre
- 1939 : Brevet d'État-major (60e promotion)
- 13-2-1940 : Chef du 3e bureau à la division cuirassée de l'état-major
- 1-6-1940 : Fait prisonnier mais libéré.
- 15-6-1940 : Blessé, fait prisonnier
- 17-6-1940 : Évadé
- 25-7-1940 : Rejoint la France libre à Londres
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- 31 juillet 1940 : Promu commandant
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- 27-8-1940 : Rallie le Cameroun à la France libre
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- 25 novembre 1940 : Auto-promu colonel, sans avoir jamais été lieutenant-colonel, sera confirmé ensuite dans son grade par le général de Gaulle
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- 25-11-1940 : Commandant du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad, et dirige les opérations Mourzouq et Koufra
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- 10 août 1941 : Nommé général de brigade à titre provisoire
- 14 avril 1942 : Nommé général de brigade à titre définitif
- 25 mai 1943 : Promu général de division
- 25 mai 1945 : Élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée
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- 18-8-1945 : Commandant du corps expéditionnaire d'Extrême-Orient à Saïgon, délégué général du haut-commissaire de France en Indochine
- 2-9-1945 : signataire, au nom de la France, de l'armistice avec les japonais à Tōkyō
- 19-11-1945 : autorisé à rajouter le patronyme Leclerc à son nom de naissance
- 18-3-1946 : Entre à Hanoï
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- 14 juillet 1946 : Élevé aux rang et appellation de général d'armée
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- 25-12-1946 : Chargé de mission par le président de gouvernement en Indochine
- 12-4-1947 : Nommé inspecteur des Forces terrestres, maritimes et aérienne d'Afrique du Nord
- 1-7-1947 : Nommé membre du Conseil supérieur de la Défense nationale
- 28-11-1947 : Décès en service commandé, à Colomb-Béchar, au cours d'une mission d'inspection (écrasement d'avion)
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- 23 août 1952 : Élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume
Décorations principales
- Grand Croix de la Légion d'honneur
- Compagnon de la Libération - décret du 6 mars 1941
- Médaille militaire
- Croix de guerre 1939-1945 (8 citations à l'ordre de l'armée)
- Croix de Guerre des TOE (1 citation à l'ordre de l'armée)
- Médaille de la Résistance avec rosette
- Médaille coloniale avec agrafes
- Médaille des évadés
- Médaille des Blessés
- Distinguished Service Order (GB)
- Silver Star (USA)
- De nombreuses autres distinctions internationales
Commémoration
- Des musées lui sont consacrés, en particulier le Musée du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris-Musée Jean Moulin de la Ville de Paris
- Son nom est aujourd'hui l'un des odonymes les plus courants en France.
- Le char Leclerc, char d'assaut de l'armée française porte son nom.
- La « Fondation Maréchal Leclerc » créée et dirigée pendant 32 ans par le lieutenant-colonel Philippe Peschaud (1915-2006), un proche de Leclerc, n'a eu de cesse de raviver, dans la mémoire collective des Français, le souvenir de cet acteur capital de l'Histoire de France.
- De nos jours, les descendants directs, et uniquement les descendants directs, du Maréchal se nomment officiellement Leclerc de Hauteclocque.
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Statue du maréchal Leclerc, square de l'Amiral Halgan, à Nantes
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Statue en son hommage à Strasbourg
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Statue en son hommage à Grugé-l'Hôpital
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Monument à Aulnay-sous-Bois
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Monument à Poissy
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Plaque commémorative aux Invalides, à Paris
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Plaque commémorative à Wasselonne
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Plaque commémorative à Grugé-l'Hôpital
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Timbre du Kirghizistan à l'effigie du maréchal Leclerc
Voir aussi
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Bibliographie
- La Deuxième division blindée - Général Leclerc: combattants et combats en France : présentés par une groupe d'officiers et d'hommes de la division, Arts et Métiers Graphiques, 1945, 316 p. (orientation bibliographique.).
- Le Général Leclerc vue par ses compagnons de combat, Éditions Alsatia, 1948, 365 p. (rééd. Alsatia, 1952, et Émile-Paul, 1967, 309 pages).
- Antony Beevor, D-Day et la bataille de Normandie, Paris, Calmann-Lévy, 2009 (ISBN 978-2-7021-4016-1).
- Général Jean Compagnon, Leclerc, Maréchal de France, Flammarion, 1994, 625 p. (rééd. French & European Pubns, 2004)
- Didier Corbonnois, L’Odyssée de la colonne Leclerc, Les Français libres au combat sur le front du Tchad, 1940-43, Éditions Histoire & Collections, 2003, 175 p. (ISBN 2-913903-85-1).
Retrace toute la période africaine de la Colonne avant la mise sur pieds de la DB. Iconographies inédites, cartes…
- Maja Destrem, L'Aventure de Leclerc, Librairie Arthème Fayard, 1984, 443 p. (rééd. 1997).
- Jacques Granier, Et Leclerc prit Strasbourg, Éditions des Dernières Nouvelles, 1970, 312 p..
- Christine Levisse-Touzé, Du capitaine de Hautecloque au général Leclerc, Éditions Complexe, 2000, 477 p. (ISBN 9782870278185).
- Philippe Leclerc De Hauteclocque, la légende d'un héros, Éditions Tallandier, 2002 (ISBN 2847340335).
- Jean-Christophe Notin, Leclerc, Perrin, 2005, 620 p. (ISBN 978-2-262-03294-4) (rééd. 2010).
- Général Adolphe Vézinet, Le Général Leclerc de Hauteclocque, maréchal de France, Presses de la Cité, 1974, 315 p..
Bande dessinée
- La Légende du général Leclerc, bande dessinée par Bertrand Guillou, éditions le Lombard, novembre 2007
Périodique
- Philippe Leclerc, par Christophe Dutrône, Batailles & Blindés, n° 22, novembre-décembre 2007, (ISSN 1765-0828)
Liens externes
- Fondation du Maréchal Leclerc de Hauteclocque, « Site officiel de la Fondation Leclerc de Hauteclocque ». Consulté le 15 octobre 2009
- ordre de la libération, « Biographie de Philippe de Hauteclocque ». Consulté le 23 décembre 2007
- France libre, « Portrait Général Leclerc ». Consulté le 23 décembre 2007
- Mairie de Paris, « biographie du Maréchal Leclerc ». Consulté le 23 décembre 2007
- Histoire en ligne, « biographie Philippe Marie de Hauteclocque, dit Leclerc ». Consulté le 23 décembre 2007
- La 2e Division blindée de Leclerc, « Le général Leclerc de Hauteclocque ». Consulté le 23 décembre 2007
- Général de bigade (2s) Jean Boÿ, « Historique de la 109e promotion (1922-24), promotion Metz et Strasbourg ». Consulté le 26 novembre 2011
Notes et références
- Genealogies.ternois.free.fr Généalogie de la famille de Hautclocque.
- Elle épouse, le 26 octobre 1960, Robert Galley (1921), ancien ministre et parlementaire, compagnon de la Libération, d'où 2 enfants : Philippe Galley et Alexis Galley.
- Olivier Forcade, Éric Duhamel, Philippe Vial, Militaires en république, 1870-1962: les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, Publications de la Sorbonne, 1999, 734 p. (ISBN 9782859443627) [lire en ligne], p. 31.
- Christine Levisse-Touzé (2000), p. 38 signale que l'engagement dans l'Action française de la famille « commence avec l'affaire Dreyfus. Cette adhésion n'est pas, au demeurant, définitive. 1940 la suspend ».
- Adolphe Vézinet (1974), p. 34.
- Général Jean Compagnon (1994), p. 94.
- André Martel (1998), p. 79.
- Jean-Christophe Notin (2005), p. 134.
- Antony Beevor (2009).
- Christine Levisse-Touzé (2002), p. 40.
- Jean-Christophe Notin (2005), p. 57 et 60.
- Un témoignage publié anonymement dans la Revue de la France Libre, n° 156 bis, juin 1965 et intitulé « La ténacité de Leclerc et l'épopée de son ralliement », évoque également le pseudonyme « François Leclerc ».
- Evelyn Mesquida, La Nueve 24 août 1944 : Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris, Le Cherche Midi, 2011, p. 93.
- Selon Charles Pichon, Leclerc, Paris, SEFI Éditeur, 1948, p. 29 (tiré à 500 exemplaires), en revanche : « Il donne son nom de famille : Philippe de Hauteclocque, capitaine, breveté d'État-Major ; mais il ajoute aussitôt son nom de guerre, Jacques Leclerc... Jacques : le nom éternel du paysan français... Leclerc : le nom de sa province, aussi commun là-bas que le sont ailleurs Martin ou Durand. »
- Vital Ferry, Croix de Lorraine et Croix du sud, 1940-1942 : aviateurs belges et de la France libre en Afrique, Le gerfaut, 2005, 286 p. (ISBN 9782914622929), p. 95.
- Pierre Kamé Bouopda, La Quête de libération politique au Cameroun: 1884-1984, L'Harmattan, 2006, 253 p. (ISBN 9782296004450), p. 50.
- André Martel, Leclerc : le soldat et le politique, Albin Michel, 1998, 571 p., p. 148.
- Adolphe Vézinet (1974), p. 44.
- Pierre Fontaine, La mort étrange de Conrad Kilian, inventeur du pétrole saharien, Les Sept couleurs, 1959, p. 32.
- Jean-Christophe Notin (2005), p. 512-533.
- Général Robert Dubois, « Le général Leclerc, maréchal de France, un homme de foi », dans Revue de la France libre, no 261, 1er trimestre 1988 (rééd. André Casalis (éd.), La Mémoire des Français libres. Hommes et combats, vol. 5, Fondation de la France libre, 2002, p. 2110, note 3).
- « Le général de Gaulle à Colomb-Béchar et monument Leclerc », Les Actualités Françaises, 20 mars 1957, 41 secondes.
- Le monument Leclerc. sur Google Maps.
- Vidéo de la commémoration du monument Leclerc par le général de Gaulle, le 20 mars 1957., sur le site internet de l'INA.
- Éric Lefèvre, « Mai 1945 : rendez-vous tragique à Bad Reichenhall », dans Batailles, no 18, 2006, opte plutôt pour le 7 mai.
- Revue historique des armées, n°227 : « Les quatre maréchaux de la Seconde Guerre mondiale », Ministère des armées, juin 2002, p. 54.
- Dossier sur le site sur la 2e DB.
- Pierre Montagnon, La Grande histoire de la Seconde guerre mondiale : Du procès Laval au jugement de Nuremberg, septembre 1945-octobre 1946, Pygmalion, 1996, 322 p., p. 33.
- Quoique l'historien Jean-Christophe Notin, Leclerc, Paris, Perrin, 2005, énumère toutes les hypothèses, l'affaire n'a fait l'objet d'aucune étude approfondie. Dans un livre paru en juin 2010 (Eric Lefèvre, Olivier Pigoreau, Bad Reichenhall. 8 mai 1945. Un épisode tragique, Éditions Granche, 2010), deux auteurs affirment que l'ordre d'exécuter les prisonniers a été donné par le général Leclerc.
- X. R., « Fusillés sans jugement », dans Historia, no 32 : « L'internationale SS », 1973.
- Document conservé aux archives du Loir-et-Cher publié par Eric Lefèvre, Olivier Pigoreau, Bad Reichenhall. 8 mai 1945. Un épisode tragique, Éditions Granche, 2010, p. 271.
| Dirigeant colonial du Cameroun français | ||
| Précédé par Richard Brunot |
Philippe Leclerc de Hauteclocque Gouverneur 29 août 1940 - 12 novembre 1940 |
Suivi par Pierre Charles Cournarie |
- Général français
- Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr
- Maréchal de France
- Militaire français de la Seconde Guerre mondiale
- Personnalité de la France libre
- Condamné à la peine de mort
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Compagnon de la Libération
- Titulaire de la médaille de la Résistance
- Titulaire de la Croix de guerre 1939-1945
- Dirigeant colonial du Cameroun
- Mort dans un accident aérien
- Naissance en 1902
- Naissance à Belloy-Saint-Léonard
- Décès en 1947
- Personnalité de la guerre d'Indochine
- Famille de Wendel
- Comte français du XXe siècle
- Compagnon de l'ordre du service distingué