Willy Ronis

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Willy Ronis

Naissance 14 août 1910
Paris
Décès 11 septembre 2009 (à 99 ans)
Paris
Nationalité française
Activités Photographe
Mouvement artistique photographie humaniste, Groupe des XV
Récompenses Grand Prix national de la photographie, décerné par le ministère de la Culture, Légion d’honneur, Ordre national du Mérite

Œuvres réputées

Belleville Ménilmontant, 1954, textes de Pierre Mac Orlan
Sur le fil du hasard, 1981, Prix Nadar
Toutes belles, avec Régine Desforges, Paris, 1999
La montagne', Paris, 2006
Les chats de Willy Ronis, 2007
Nues, avec Philippe Sollers, 2008
Provence, 2008.

Willy Ronis, né le 14 août 1910 à Paris et mort le 11 septembre 2009 à Paris, est un photographe français. Il est, avec Robert Doisneau, Édouard Boubat et Yvette Troispoux, l’un des représentants les plus éminents de ce que l’on a appelé par la suite la photographie humaniste[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Willy Ronis est le fils d’un émigré juif d’Odessa en Ukraine et d’une pianiste juive lituanienne, ayant fui au début du XXe siècle les pogroms. Mélomanes, ils se rencontrèrent dans une amicale d’exilés russes et s’installèrent dans le 9e arrondissement de Paris. Après un emploi de retoucheur en photographie dans un studio réputé, « pour effacer les rides des dames », son père ouvre son propre studio sous le pseudonyme de Roness. Leur fils, Willy, naît à Paris au pied de la Butte Montmartre.

Willy Ronis veut devenir compositeur de musique. Mais lors de son retour du service militaire en 1932, son père, très malade, lui demande de l’aider au studio. Ainsi, Ronis fait lui-même les tirages de ses photos. Il est peu intéressé par la photographie conventionnelle, mais se passionne pour les expositions de photographies. Alors que la gauche se mobilise amenant aux législatives de 1936, l’avènement du Front Populaire, le jeune photographe partisan de telles idées, suit avec entrain les manifestations ouvrières d’alors et prend ses premiers clichés marquants sans le savoir vraiment.

Cette année sera ainsi décisive pour lui puisqu’elle marquera la mort de son père et la vente d’un studio vécu davantage comme un fardeau. La famille déménage ensuite dans le 11e arrondissement.

Période parisienne[modifier | modifier le code]

À partir de cette date, il se consacre au reportage. Avec la montée du Front populaire, les mêmes idéaux rapprochent Ronis de Robert Capa et de David « Chim » Seymour, photographes déjà célèbres. Il a également l’occasion de connaître Kertesz, Brassaï et Cartier-Bresson. Mais, par rapport à la vision de ses pairs, Willy Ronis développe une véritable originalité, marquée par l’attention portée à « l’harmonie chorale des mouvements de foule et à la joie des fêtes populaires ».

Après la Seconde Guerre mondiale, il entre à l’agence Rapho et, soutenu par son ami Roméo Martinez, collabore à Regards, Time ou Life.

Belleville-Ménilmontant, Sur le fil du hasard et Mon Paris sont parmi les livres importants qu’il a publiés. On a alors pu dire que Willy Ronis, avec Robert Doisneau et Édouard Boubat, est « l’un des photographes majeurs de cette école française de l’après-guerre qui a su concilier avec talent les valeurs humanistes et les exigences esthétiques du réalisme poétique ». Il participera dans les années 1950 au Groupe des XV aux côtés de Robert Doisneau, de Pierre Jahan ou de René-Jacques pour défendre la photographie comme une véritable expression artistique.

Période vauclusienne[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970-1980, parallèlement à ses activités de photographe, il consacre beaucoup de temps à l’enseignement : à l’École des Beaux-Arts d'Avignon, puis aux facultés d’Aix-en-Provence et de Marseille. Il y crée un cours d’histoire de la photographie et Pierre-Jean Amar le rencontre alors. En 1972, il s’installe à L’Isle-sur-la-Sorgue.

En 1979, il reçoit le Grand Prix national de la photographie, décerné par le ministère de la Culture (France).

En 1980, sur les conseils de Pierre-Jean Amar et Guy Le Querrec, Claude Nori publie sa première monographie Sur le fil du hasard aux éditions Contrejour, lequel recevra le Prix Nadar et l’encouragera à revenir sur le devant de la scène avec de nouveaux projets. La même année, il lègue son œuvre à l’État français.

En 1982, le cinéaste Patrick Barberis filme ses retrouvailles avec Rose Zehner, Un voyage de Rose , personnage principal de son cliché pris lors des grèves de 1938 chez Citroën-Javel et publié pour la première fois en 1980 dans Sur le fil du hasard[2]..

En 2001, il crée sa dernière série de photos. En 2005-2006, l'Hôtel de ville de Paris présente une rétrospective de son œuvre parisienne qui remporte un succès considérable avec plus de 500 000 visiteurs[3].

Aujourd’hui l’œuvre de Willy Ronis est exposée dans le monde entier et ses images figurent dans les collections des plus grands musées.

Il meurt dans la nuit du 11 au 12 septembre 2009 à l’âge de 99 ans[4].

Grandes expositions[modifier | modifier le code]

  • 1980 : Invité d'honneur aux Rencontres d'Arles.
  • 1992 : Willy Ronis au Musée de Brest du 6 novembre au 6 décembre invité par l'association Camera Obscura.
  • 2001 : Willy Ronis invité d'honneur de la première édition des Transphotographiques
  • 2005-2006 : Rétrospective Willy Ronis à Paris à l’Hôtel de ville de Paris[5]
  • 2009 : Exposition aux Rencontres d'Arles, France.
  • 2010 : Willy Ronis à La Monnaie de Paris du 16 avril au 22 août 2010. Exposition coproduite par le Jeu de Paume et la Monnaie de Paris, avec le concours de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine / Ministère de la Culture et de la Communication[6].

Livres de Willy Ronis[modifier | modifier le code]

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie sur Ronis[modifier | modifier le code]

  • Derrière l’objectif, Hoëbeke,‎ 2001, 160 p. (ISBN 2842301234)
    Sous-titre : photos et propos
  • Willy Ronis, Actes Sud, 2005 (ISBN 2742757163)
  • Paris-couleurs, 2006 (ISBN 2868534716)
  • Willy Ronis. Paris éternellement, préface de Daniel Karlin, éd. Hoëbeke, 2006
  • Willy Ronis de Jean-Claude Gautrand, éd. Taschen, 2006
  • Willy Ronis, Fundacion La Caixa, Barcelone, 2006. Textes de Willy Ronis, Marta Gili et Virginie Chardin

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. AFP, « Décès de Willy Ronis, grand photographe humaniste », Le Devoir,‎ 14 septembre 2009 (lire en ligne)
  2. Alexandre Courban, Roger Gauvrit, Allain Malherbe, Jean-Yves Masson, Citroën par ceux qui l'ont fait: un siècle de travail et de luttes, Éditions de l'Atelier, 12 septembre 2013, 224p. 
  3. Dossier de l'exposition Willy Ronis à Paris
  4. « Le photographe Willy Ronis est mort », LeParisien.fr, publié le 12 septembre 2009 à Paris.
  5. dossier de l'exposition Willy Ronis à Paris.
  6. Communiqué de presse de l'exposition
  7. Décret du 14 avril 1990 portant promotion et nomination, JORF no 90 du 15 avril 1990, p. 4647–4655 (4653), NOR PREX9010728D, sur Légifrance.
  8. Décret du 3 décembre 1994 portant promotion et nomination, JORF no 281 du 4 décembre 1994, p. 17157–17192 (17183), NOR PREX9412415D, sur Légifrance.
  9. Décret du 14 mai 2001 portant promotion et nomination, JORF no 112 du 15 mai 2001, p. 7695–7725 (7720), NOR PREX0104833D, sur Légifrance.
  10. Décret du 30 janvier 2008 portant promotion et nomination, JORF no 26 du 31 janvier 2008, p. 1818, texte no 4, NOR PREX0811182D, sur Légifrance.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]