État islamique (organisation)

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État islamique
Image illustrative de l'article État islamique (organisation)

Idéologie Islamisme sunnite, salafisme, djihadisme
Objectifs Établissement d'un califat en Irak et en Syrie
Instauration de la charia
Statut Actif
Fondation
Date de formation 2006
Fondé par Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak
Pays d'origine Irak
Actions
Mode opératoire Lutte armée, guérilla, attentat-suicide, prise d'otages
Zone d'opération Drapeau de l'Irak Irak
Drapeau de la Syrie Syrie
Drapeau du Liban Liban[1]
Période d'activité 2006 jusqu'à nos jours
Organisation
Chefs principaux Abou Abdullah al-Rashid al-Baghdadi (tué en 2010)
Abou Bakr al-Baghdadi
Membres 11 000 à 13 000[2]
(en 2013)

20 000 à 75 000[3],[4],[5]
(en 2014)
Financement Zakât, puits de pétrole, exploitation agricole, pillage de banques[6]
Groupe relié Boko Haram [7]
Répression
Considéré comme terroriste par Arabie saoudite[8]
États-Unis[9]
Royaume-Uni[10]
Australie[11]
Canada[12]
Indonésie[13]
Tunisie[14]
Guerre d'Irak
Guerre civile syrienne

L'État islamique — en arabe الدولة الإسلامية (ad-dawla al-islāmiyya) — est une organisation armée djihadiste qui a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires irakiens et syriens qu'elle contrôle.

Sa création remonte à 2006, lorsqu'Al-Qaïda en Irak forme avec cinq autres groupes djihadistes le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak. Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif proclame l'État islamique d'Irak (EII), lequel se considère à partir de cette date comme le véritable État de l'Irak, puis également, à partir de 2013, de la Syrie. Initialement lié à Al-Qaïda, l'EII s'en est progressivement affranchi.

Le 9 avril 2013, l'EII devient l'État islamique en Irak et au Levant ou État islamique en Irak et al-Sham[15],[note 1]الدولة الاسلامية في العراق والشام (ad-dawla al-islāmiyya fi-l-ʿirāq wa-š-šām) —, également connu sous ses acronymes français EIIL, anglais ISIL / ISIS[16] ou arabe Da'ech / Daesh (داعش, utilisé de manière péjorative)[17],[18],[19].

Le 29 juin 2014, l'État islamique en Irak et au Levant annonce le rétablissement du califat dans les territoires sous son contrôle et Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi se proclame calife, successeur de Mahomet, sous le nom d'Ibrahim. L'organisation prend officiellement le nom d' État islamique[20] (acronyme français EI, anglais IS).

Origine et création

L'État islamique d'Irak est créé le 13 octobre 2006[21],[22], par le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak — une alliance de groupes armés djihadistes dont fait partie Al-Qaïda en Irak —, mais aussi par cinq autres groupes djihadistes irakiens[23], avec une trentaine de tribus sunnites représentant environ 70 % de la population de la province d'al-Anbar (ouest de l'Irak)[24].

Progressivement, la branche irakienne d'Al-Qaïda est absorbée dans l'État islamique, son chef, Abou Hamza al-Mouhajer, prête d'ailleurs serment d'allégeance à Abou Omar al-Baghdadi, émir de l'État islamique d'Irak. En 2007, Ayman al-Zaouahiri annonce que « Al-Qaïda en Irak n'existe plus ». Les combattants de ce mouvement ont rejoint pour la plupart l'État islamique d'Irak[25],[26].

Relations avec Al-Qaïda

Les relations de l'EIIL avec Al-Qaïda, dirigé depuis la mort d'Oussama ben Laden par Ayman al-Zaouahiri, sont ambiguës. Bien que certaines branches locales d'Al-Qaïda en Syrie et en Irak aient fait allégeance à l'EIIL, les deux mouvements sont devenus rivaux.

Le 9 avril 2013, Abou Bakr al-Baghdadi déclare que le Front al-Nosra est une branche de l'État islamique d'Irak en Syrie, il annonce la fusion de EII et du Front al-Nosra pour former l'État islamique en Irak et au Levant. Mais le chef d'al-Nosra, Abou Mohammad al-Joulani, bien qu'il reconnaisse avoir combattu en Irak sous ses ordres puis d'avoir bénéficié de son aide en Syrie, ne répond pas favorablement à l'appel d'al-Baghdadi et renouvelle son allégeance à Ayman al-Zaouahiri, émir d'Al-Qaïda[25].

En juin et en novembre 2013, Ayman al-Zaouahiri demande à l'EIIL de renoncer à ses prétentions sur la Syrie, estimant qu'Abou Bakr al-Baghdadi, « a fait une erreur en établissant l'EIIL » sans lui en avoir demandé la permission ni même l'avoir informé. Il annonce que : « L'Etat islamique en Irak et en Syrie (EIIL) va être supprimé, alors que l'Etat islamique en Irak (ISI) reste opérationnel. » Pour al-Zaouahiri, le Front al-Nosra demeure la seule branche d'Al-Qaïda en Syrie[27].

À son tour, al-Baghdadi rejette les déclarations d'al-Zaouahiri[25]. En réalité, l'EIIL se considère comme un État indépendant et ne souhaite prêter aucune allégeance à Al-Qaïda, ni à aucune autre structure[26].

Des divergences opposent également Al-Qaïda et l'EIIL : les premiers considèrent que le djihad doit être mené prioritairement contre les États-Unis, Israël, les pays occidentaux et leurs alliés régionaux ; de son côté, depuis le départ des Américains d'Irak, l'EIIL considère que l'ennemi principal est désormais l'Iran et les Chiites[25].

En 2014 cependant, Al-Qaïda et l'EIIL entrent en conflit direct. Le 6 janvier, les rebelles syriens se révoltent contre l'EIIL, et le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, prend part à l'offensive, principalement à Racca. Al-Julani, le chef d'Al Nosra, estime que l'EIIL a une forte responsabilité dans le déclenchement du conflit mais appelle à un cessez-le-feu[28]. Mais le 11 ou le 12 janvier, à Racca, l'EIIL exécute 99 prisonniers membres du Front al-Nosra et d'Ahrar al-Sham selon l'OSDH[29],[30].

Le 2 février 2014, Al-Qaïda publie un communiqué dans lequel il condamne les actions de l'EIIL et confirme que ce mouvement « n'est pas une branche d’Al-Qaïda, n'a aucun lien organisationnel » avec eux et qu'il « n'est pas responsable de ses actions »[31].

Le 4 avril 2014, Ayman al-Zaouahiri appelle à un « arbitrage indépendant en vertu de la loi islamique » afin de mettre fin aux combats qui opposent en Syrie l'État islamique d'Irak et du Levant et le Front al-Nosra. Selon Romain Caillet, chercheur à l'institut français du Proche-Orient et spécialiste de la mouvance salafiste, le projet soutenu par al-Zaouahiri aurait pour conséquence de former une seule instance juridique, placée au-dessus de toutes les autres. L'autorité de l'EIIL, sur les territoires qu'il contrôle, serait alors dissoute. C'est la principale raison pour laquelle l'EIIL, qui se voit comme un véritable État, refuse cette solution et préfère celle dite des « tribunaux conjoints », où le jury serait composé pour moitié de membres de l'EIIL et pour l'autre de la brigade plaignante[32].

Le 2 mai 2014, Ayman al-Zaouahiri donne l'ordre au Front al-Nosra de cesser de combattre d'autres groupes djihadistes et de « se consacrer au combat contre les ennemis de l'islam, en l'occurrence les Baasistes, les Chiites et leurs alliés. » Il appelle également Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'EIIL à se concentrer sur l'Irak[33]. Ces instructions ne sont pas suivies, à cette même période, la bataille de Al-Busayrah s'engage entre Al-Nosra et l'EIIL, près de Deir ez-Zor[34].

Le 12 mai, Abou Mohammed al-Adnani, chef de l'EIIL en Syrie, qualifie les messages de Ayman al-Zaouahiri de « déraisonnables, irréalistes et illégitimes ». Il déclare à ce dernier dans un enregistrement : « Vous avez provoqué la tristesse des moudjahidines et l'exultation de leur ennemi en soutenant le traître (Abou Mohammad al-Joulani, chef d'al-Nosra). Le cheikh Oussama (c'est-à-dire : Oussama ben Laden, ancien chef d'Al-Qaïda) avait rassemblé tous les moudjahidines avec une seule parole, mais vous les avez divisés et déchirés. […] Vous êtes à l'origine de la querelle, vous devez y mettre fin[35]. »

Proclamation du califat

Article détaillé : État islamique (État).
  •      Territoire contrôlé (juin 2014)
  •      Territoire revendiqué
  •      Reste de la Syrie et de l'Irak

Le 29 juin 2014, premier jour du ramadan, l'État islamique en Irak et au Levant annonce le rétablissement du califat et l'émir Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi est proclamé calife sous le nom d'Ibrahim. L'EIIL prend officiellement le nom d'État islamique (EI)[20]. L'EI se revendique comme le successeur des précédents califats, le dernier ayant disparu en 1924 avec le démantèlement de l'Empire ottoman[36]. Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l'EI, déclare qu'il est du « devoir » de tous les musulmans du monde de prêter allégeance au nouveau calife Ibrahim : « Musulmans (...) rejetez la démocratie, la laïcité, le nationalisme et les autres ordures de l'Occident. Revenez à votre religion »[37].

Selon Charles Lister, chercheur associé au Brookings Doha Centre : « D'un point de vue géographique, l'État islamique est déjà parfaitement opérationnel en Irak et en Syrie. Il est en outre présent — mais caché — dans le sud de la Turquie, semble avoir établi une présence au Liban, et a des partisans en Jordanie, à Gaza, dans le Sinaï, en Indonésie, Arabie saoudite et ailleurs »[37]. Pour Shashank Joshi, du Royal United Services Institute à Londres, la proclamation du califat « ne change rien matériellement », mais « ce qui change réellement c'est (...) l'ambition » de l'État islamique, qui montre sa confiance dans sa force et défie Al-Qaïda[37].

Par cette proclamation l'EI tient à montrer sa puissance et menace le leadership d'Al-Qaïda sur les mouvements armés djihadistes salafistes. Pour Charles Lister : « Tous les groupes liés à Al-Qaïda et les mouvements djihadistes indépendants vont devoir décider s'ils soutiennent l'État islamique ou s'ils s'opposent à lui »[38]. Dans un communiqué, l'EI ordonne à Al-Qaïda et aux groupes armés islamistes de se soumettre à son autorité[36]. Plus généralement, l'EI déclare qu'Abou Bakr al-Baghdadi est devenu le « chef des musulmans partout » dans le monde[39].

Cette déclaration est cependant rejetée par les rebelles syriens du Front islamique et les djihadistes du Front al-Nosra qui déclarent considérer cette proclamation du califat « comme nulle et non avenue, légalement et logiquement »[40].

De leur côté, les États-Unis affirment que « cette déclaration ne signifie rien pour les populations en Irak et en Syrie »[37]. L'éventualité d'une partition à terme de l'Irak est cependant évoquée. Michael Hayden, directeur de la NSA de 1999 à 2005, puis de la CIA de 2006 à 2009, déclare ainsi le 30 juin : « Avec la conquête par les insurgés de la majeure partie du territoire sunnite, l’Irak a déjà pratiquement cessé d’exister. La partition est inévitable »[41]. Massoud Barzani, président de la région autonome du Kurdistan irakien, envisage pour sa part de soumettre à référendum l'indépendance de la région[42].

Effectifs

Nombre total de combattants

En mai 2014, Christophe Ayad, journaliste au Monde, évalue les forces de l'EIIL à environ 10 000 hommes en Irak et 7 000 à 8 000 en Syrie[43].

Début 2014, Charles Lister, chercheur au Brookings Doha Centre, estime que l'EIIL compte de 5 000 à 6 000 combattants en Irak et de 6 000 à 7 000 en Syrie[2].

Selon Romain Caillet, le mouvement compte 8 000 à 10 000 hommes en Irak[44]. Il précise : « En Irak, il s'agit à 90 % d'Irakiens, tandis qu'en Syrie on a 50 % de combattants locaux auxquels s'ajoutent des étrangers venus du Maghreb, du Golfe, de la diaspora tchétchène et des Occidentaux venus d'Europe ou des États-Unis »[45]. Parmi ces djihadistes étrangers se trouvent des personnes venant de pays musulmans (Pakistan, Tchétchénie, Indonésie) qui représente 10 % des combattants en Syrie, mais on dénombres aussi des djihadistes européens qui viennent surtout de Belgique, de France et du Royaume-Uni (ils sont environ 2000)[46].

En juillet cependant, Romain Caillet revoit ces estimations à la hausse, il déclare « Avant la prise de Mossoul, l'EI comptait environ 20 000 hommes, en Syrie et en Irak. Étant donné qu'il a libéré de nombreux prisonniers et qu'il a bénéficié de ralliements, il a sans doute environ 25 000 hommes à l'heure actuelle »[47].

Début juillet 2014, le journal britannique The Daily Telegraph indique que selon Hisham al-Hashimi, un analyste irakien ayant eu accès à des documents de l'État islamique saisis par les forces de sécurités irakiennes, environ 25 000 combattants auraient prêté allégeance en Irak à l'État islamique[4].

En août 2014, Yves Boyer, professeur de relations internationales à l'École polytechnique et directeur-adjoint à la FRS, estime entre 20 000 et 30 000 le nombre des combattants de l'EI[48].

Le 19 août 2014, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) affirme que les effectifs de l'État islamique sont désormais de 50 000 hommes en Syrie. Parmi ceux-ci 20 000 sont étrangers et 6 000 ont été recrutés pour le seul mois de juillet[5].

Vers le milieu de l'année 2014, la CIA estime les forces de l'EI à 20 000 à 31 000 combattants en Syrie et en Irak[3].

Combattants étrangers

L'EI compte nombre de combattants étrangers, pour le Département d'État des États-Unis, 12 000 volontaires venus de 50 pays ont combattu au sein du mouvement de 2011 à 2014, dont une centaine d'Américains. En août 2014, l'OSDH indique que les combattants étrangers qu'il évalue à 20 000 viennent principalement des pays du Golfe, de Tchétchénie, d'Europe ou même de Chine[49].

Selon Khalid Mahmoud, membre travailliste du Parlement britannique, en août 2014, au moins 1 500 musulmans britanniques ont été recrutés pour combattre en Syrie et en Irak depuis de début de la guerre civile syrienne en mars 2011, tandis que seulement 600 musulmans font partie de l'armée du Royaume-Uni[50],[51]. À cette date cependant, les estimations du gouvernement du Royaume-Uni sur le nombre de sujets britanniques combattants en Irak et en Syrie sont de 400 à 500[52].

En août 2014, selon le Ministère français de l'Intérieur, 800 hommes de nationalité française combattent au sein de l'EI en Syrie et en Irak. Cependant Fabrice Balanche, géographe à l'Université Lumière Lyon-II, estime que ce nombre est sous-évalué et que l'EI compte 1 000 djihadistes français en 2013, puis de 2 000 l'année suivante[49].

Selon des données compilées par l'hebdomadaire britannique The Economist, en mai 2014, l'État islamique compte en Syrie environ 12 000 volontaires venus du monde musulman, dont 3 000 Tunisiens, 2 500 Saoudiens, 2 089 Jordaniens, 1 500 Marocains, 890 Libanais, 550 Libyens, 400 Turcs, 358 Égyptiens, 247 Irakiens, 186 Tchétchènes, 114 Palestiniens et 71 Koweïtiens. Plus 3 000 autres combattants viennent de l'Occident dont 700 Français, 400 Britanniques, 270 Allemands, 250 Belges, 250 Australiens, 120 Néerlandais, 100 Danois, 70 Américains, 60 Autrichiens, 50 Norvégiens, 30 Irlandais et 30 Suédois. Ces estimations sont cependant faites avant la proclamation du califat ; par la suite, les effectifs de l'État islamique augmentent sensiblement[53],[54].

Parmi les étrangers ayant combattu au sein de l'État islamique figurerait le Franco-Algérien Mehdi Nemmouche, auteur de la tuerie du Musée juif de Belgique, le 24 mai 2014. Il aurait également été à la garde des otages en Syrie et est accusé d'actes de torture[55],[56],[57].

Une partie de recrutement s'effectuerait en centre de détention, notamment par l'intermédiaire de l'association Sanâbil[58].

C'est pour lutter contre le départ de près de 1000 ressortissants français que le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve présente un projet de loi dit « renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme »[59]. Le rapporteur de ce projet de loi est le député socialiste des Hauts-de-Seine Sébastien Pietrasanta [60]

Organisation

Les documents analysés par Hisham al-Hashimi ont également permis une meilleure connaissance de l'organisation interne du groupe[61]. Autour d'Abou Bakr al-Baghdadi, sept hommes composent le « gouvernement » de l'État islamique en Iraq et au Levant :

  • Abou Abdul Kadr (Shawkat Hazem al-Farhat), en charge de l'encadrement ;
  • Abou Mohamed (Bashar Ismail al-Hamdani), en charge des prisonniers ;
  • Abou Louay/Abou Ali (Abdul Wahid Khutnayer Ahmad), en charge de la sécurité ;
  • Abou Salah (Muafaq Mustafa Mohammed al-Karmoush), en charge des finances des provinces irakiennes ;
  • Abou Hajar al-Assafi (Mohammed Hamid al-Duleimi), en charge de la coordination entre les provinces et courrier ;
  • Abou Kassem (Abdullah Ahmed al-Meshedani), en charge de l'accueil des combattants arabes et étrangers, notamment de leur logement, et peut-être du transport des kamikazes ;
  • Abou Abdul Rahman al-Bilawi (Adnan Ismail Najem Bilawi), ancien capitaine de l'armée irakienne sous Saddam Hussein, chef du conseil militaire pour les provinces irakiennes ; tué le 5 juin 2014 à Mossoul.

Deux adjoints se partagent les affaires syriennes et irakiennes :

  • Abou Ali al-Anbari, ancien général de l'armée de Saddam Hussein sans doute originaire de Mossoul, en charge des opérations en Syrie ;
  • Abou Muslim Al-Turkmani (Fadel Ahmad Abdullah al-Hiyali), en charge de la gestion des provinces irakiennes, sous l'autorité duquel se trouvent les six gouverneurs :
    • Abou Nabil (Wissam Abed Zaid al-Zubeidi), gouverneur de la province de Salah ad-Din ;
    • Abou Fatma (Nena Abed Naif al-Jubouri), gouverneur de la province de Kirkouk ;
    • Abou Fatma (Ahmed Mohsin Khalal al-Jihaishi), gouverneur de l'Euphrate central et méridional ;
    • Abou Jurnas (Rathwan Talib Hussein Ismail al-Hamduni), gouverneur des zones frontalières ;
    • Abou Abdul Salem/Abou Mohammed al-Sweidawi (Adnan Latif Hamid al-Sweidawi), ancien lieutenant-colonel de l'armée de Saddam Hussein, gouverneur de la province d'Anbar et membre du conseil militaire ;
    • Abou Maysara (Ahmed Abdul Kader al-Jazza), gouverneur de la province de Bagdad.

Existe également un conseil de guerre, composé de trois membres :

  • Abou Shema (Fares Reif al-Naima), en charge des magasins ;
  • Abou Suja (Abdul Rahman al-Afari), originaire de Tall Afar, en charge des affaires des martyrs et des femmes ;
  • Abou Kifah (Khairy Abed Mahmoud al-Taey), en charge des attentats par engin explosif improvisé (EEI/IED).

Financement et soutiens

Jusqu'en 2013, lors de la guerre civile syrienne, l'EIIL bénéficie du soutien financier de l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe, mais ce soutien cesse en janvier 2014 lorsque l'EIIL entre en guerre contre les autres groupes rebelles syriens du Front islamique, du Front al-Nosra et de l'Armée syrienne libre, qui sont également financés par les pays du Golfe[62]. Depuis, l'EIIL n'est soutenu par aucun État de cette région ; le groupe reçoit une aide financière de la part de riches donateurs individuels, pour la plupart originaires des pays du Golfe. L'organisation aurait également mis en place des collectes caritatives dont elle détournerait les fonds[63]. Elle contrôle des puits de pétrole en Syrie et organise des trafics d'armes et de carburant. Ses combattants lèvent des impôts dans les zones placées sous leur contrôle et pratiquent occasionnellement vols, kidnappings et extorsions de fonds. Selon le Council on Foreign Relations et le Washington Post, l'EIIL récoltait en un mois 8 millions de dollars, soit près de 100 millions de dollars par an[2]. D'après le site Quartz, l'État islamique gagnait 1 million de dollars par jour rien qu'avec la contrebande de pétrole[64].

La Turquie est également accusée par certains mouvements politiques et des journalistes de soutenir l'État islamique. Selon Daniel Pipes, journaliste américain pour le Washington Times : « En réalité les Turcs ont offert bien plus qu'un passage aisé de la frontière : ils ont fourni le gros des fonds, de la logistique, de l'entraînement et des armes de l'EIIL. Les Turcs résidant non loin de la frontière syrienne parlent d'ambulances turques se rendant dans les zones de combats entre les Kurdes et l'EIIL pour évacuer les blessés de l'EIIL vers des hôpitaux turcs »[65]. En Turquie, le Parti républicain du peuple accuse également le gouvernement de soutenir l'EI[66]. Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan nie cependant toute alliance avec les groupes armés islamistes en Syrie et en Irak[67].

Pour Mathieu Guidère, aucun État ne soutient l'État islamique, il affirme en juin 2014 que « personne ne laissera les jihadistes » constituer un État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie, « ni l'Iran, ni la Turquie, ni la Syrie ne laisseront faire »[68].

Le 10 juin 2014, après la prise de Mossoul, l'EIIL s'empare des réserves d'argent liquide des banques de la ville, soit 425 millions de dollars[69]. Selon Mathieu Guidère, cet argent représenterait la capacité d'accueil du système bancaire local et non pas la somme saisie par des djihadistes : « l'argent n'est pas directement dans leurs mains, mais dans celles de leurs alliés de la tribu des Shammar, dont est issu le gouverneur de la banque centrale de Mossoul » qui a assuré ne pas détenir le tiers de cette somme[63]. D'autres banques irakiennes sont pillées et, en juin 2014, l'EIIL dispose d'un capital de plus de 2,3 milliards de dollars, ce qui en fait le groupe terroriste le plus riche au monde[44]. Il dépasse les Talibans afghans (400 millions de dollars), le Hezbollah (entre 200 et 500 millions de dollars) et les FARC (entre 80 et 350 millions de dollars)[70].

Actions

Irak

Selon The New York Times qui se base sur la Global Terrorism Database, l'État islamique commet en Irak 1 452 attentats de 2004 à 2013, dont 51 en 2004, 58 en 2005, 5 en 2006, 56 en 2007, 62 en 2008, 78 en 2009, 86 en 2010, 34 en 2011, 603 en 2012 et 419 en 2013[71].

L'ambition de l'EII provoque toutefois des tensions et des affrontements avec d'autres groupes armés rebelles comme l'Armée islamique en Irak, la Brigade de la Révolution de 1920 ou Ansar al-Sunnah[72]. Un bref cessez-le-feu annoncé en juin 2007 avec l'Armée islamique en Irak s'est ainsi dissout à la suite d'affrontements dans la région de Samarra (125 km au nord de Bagdad) en octobre et novembre 2007[73]. Plusieurs dirigeants de l'Armée islamique se seraient même alliés avec le Pentagone, en 2007, pour contrer l'influence d'Al-Qaïda en Irak[74]. C'est grâce à ce soutien que la province d'Al-Anbar passe en septembre 2008 sous le contrôle du gouvernement irakien.

Le 18 avril 2010, Abou Omar al-Baghdadi est tué par les forces américaines et irakiennes, ainsi que Abou Hamza al-Mouhajer, l'ancien chef d'Al-Qaïda en Irak devenu par la suite ministre de la guerre de l'EII. Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi prend la tête de l'organisation[25],[75].

Le 31 mars 2014, l'EIIL publie un rapport de 400 pages sur ses opérations en Irak entre novembre 2012 et novembre 2013 : il revendique notamment 1 083 assassinats, 4 465 explosions d'engins piégés, huit villes conquises et plusieurs centaines de prisonniers délivrés[76].

En 2014, l'EIIL, soutenu par des tribus sunnites, s'empare de plusieurs villes stratégiques en Irak — Falloujah[77] est conquise le 4 janvier, puis Mossoul le 9 juin[78], ville de près deux millions d'habitants — et menace Kirkouk[79] riche en gisement pétrolier. Selon le professeur de sciences politiques Aziz Jabr, cette progression rapide pourrait avoir été facilitée par l'infiltration de rebelles au sein des forces armées[80]. La politique sectaire du premier ministre chiite Nouri al-Maliki provoque également l'insurrection de tribus sunnites[81]. Une bonne partie des 500 000 réfugiés civils, ainsi que 10 000 militaires irakiens, trouvent refuge au Kurdistan irakien, dont le territoire reste solidement gardé par les Peshmerga[82],[83].

Dés le 11 juin, Mossoul, l'État islamique en Irak et au Levant rend publique une charte de 16 articles régissant la vie à l'intérieur de la ville. Parmi ces points, il menace ses opposants de « l'exécution, la crucifixion, l'amputation des bras ou (et) des jambes, ou l'exil » (article 5). L'alcool, le tabac et les drogues sont interdits (article 8). Les manifestations publiques, considérées comme contraires à l'islam sont interdites (articles 10). L'EIIL promet également la destruction des statues édifiées avant l'avènement de l'islam (article 13). Les femmes ne peuvent sortir que vêtues d'un niqab et accompagnées d'un membre de leurs familles (article 14). De plus l'EIIL rétablit également le statut de dhimmi pour les chrétiens de Mossoul, ces derniers doivent notamment payer un impôt spécial de 250 dollars par mois[84].

L'EIIL s'empare également de l'ouest de la province de Kirkouk, et du nord de la province de Salah ad-Din. Les insurgés s'emparent également d'Al-Qa'im et de son poste-frontière le 21 juin, puis de Tall Afar le 23[85],[86].

Le 7 août 2014, l'avancée de l'EI menace Erbil, ce qui conduit Barack Obama à décider une intervention aérienne[87],[88]. Au 10 septembre 2014, le département de la défense des États-Unis annonce un total de 154 frappes sur 212 cibles[89].

Syrie

À partir de 2013, l'État islamique en Irak et au Levant intervient dans la guerre civile syrienne. De nombreux combattants d'al-Nosra et la plupart des djihadistes étrangers rallient ce mouvement[25]. Il s'implante surtout dans le nord du pays, en particulier à Jerablus et Racca et dispose de 7 000 hommes[25].

Parmi les combattants étrangers qui rejoignent l'EIIL figurent notamment des hommes du Tehrik-e-Taliban Pakistan. En juillet 2013, ce mouvement annonce l'envoi en Syrie de plusieurs centaines de combattants. Beaucoup rejoignent l'EIIL, d'autres le Front al-Nosra ou bien Jaish al-Islam, une brigade salafiste du Front islamique[90],[91].

Les forces de l'EIIL en Syrie sont commandées par Abou Mohammed Al-Adnani[92]. Un autre chef important, l'Irakien Chaker Wahiyib al-Fahdaoui combat également en Syrie, sa présence étant révélée en août 2013 après la publication d'une vidéo où il exécute à visage découvert trois chauffeurs routiers alaouites[93].

Initialement, l'EIIL jouit d'une certaine popularité, notamment en distribuant de l'aide alimentaire à la population, cependant le groupe se distingue rapidement par sa violence. À plusieurs reprises, des soldats alaouites sont exécutés sur la place publique par les combattants djihadistes[92]. Selon plusieurs observateurs occidentaux, l'EIIL est considéré comme plus extrémiste encore que le Front al-Nosra[26].

Cependant les ambitions de l'EIIL et sa radicalité lui attirent progressivement l'hostilité des autres mouvements rebelles syriens. En novembre 2013, un combattant d'Ahrar al-Sham est décapité par des djihadistes de l'EIIL qui le prennent pour un chiite, le porte-parole du mouvement présente ensuite ses excuses[94]. Mais dans les premiers jours de janvier 2014, la mort de Hussein al-Suleiman, un médecin respecté et un commandant d'Ahrar al-Sham, exécuté par l'EIIL après avoir été torturé met le feu aux poudres[95],[96]. En réaction, dans les premiers jours de janvier 2014, plusieurs groupes armés attaquent les forces de l'État islamique en Irak et au Levant. Les mouvements qui participent à cette offensive sont : le Front islamique, le plus puissant mouvement rebelle de Syrie, le Front Révolutionnaire syrien qui regroupe plusieurs brigades de l'Armée syrienne libre et l'Armée des Moujahidines[97]. Le Front al-Nosra prend également part à l'offensive, mais initialement de façon moins agressive et appelle à un cessez-le-feu[98],[26].

De son côté Abou Mohammed al-Adnani, chef de l'EIIL en Syrie, appelle ses hommes à anéantir les rebelles et déclare à ces derniers : « Aucun de vous ne survivra, et nous ferons de vous un exemple pour tous ceux qui pensent suivre le même chemin ». Le mouvement se considère désormais également en guerre contre le Conseil national syrien : « Chaque membre de cette entité est une cible légitime pour nous, à moins qu'il ne déclare publiquement son refus de (...) combattre les moudjahidines »[99].

Article détaillé : Offensive de Deir ez-Zor.

En février 2014, l'EIIL est chassé du gouvernorat de Deir ez-Zor par le Front Al-Nosra, le Front islamique et d'autres brigades rebelles[100]. Il reprend cependant l'ouest de la province au début du mois de mai[101]. Vers mi-mai, l'EIIL lance une offensive depuis le gouvernorat de Racca avec 3 000 hommes en vue de s'emparer de la ville de Deir ez-Zor[102].

Le 25 juin 2014, Abou Youssouf al-Masri, commandant du Front al-Nosra à Abou Kamal, fait défection et rallie l'EIIL avec ses hommes[103].

Le 3 juillet 2014, l'État islamique hisse son drapeau sur la ville de Mayadeen. La ville est tombée entre ses mains face à ce qui semble être une débâcle du Front al-Nosra et des autres groupes rebelles de la région de Deir ez-Zor. Cela fait suite à l'allégeance de certaines tribus locales envers l'État islamique. Une partie des rebelles islamistes a suivi, à son tour, ce changement d'allégeance[104].

Le 14 juillet 2014, l'État islamique aurait, selon l'OSDH, pris le contrôle de 95 % à 98 % de la province de Deir ez-Zor, les autres groupes rebelles s'étant retirés ou ayant décidé de faire allégeance ; la partie de la ville de Deir ez-Zor jusqu'alors tenue par les rebelles du Front al-Nosra, environ 50 % de la ville, passe sous le contrôle de l'EI[105].

Exactions et massacres

Mouvement particulièrement violent, l'État islamique est responsable de nombreux massacres. Il est accusé par l'ONU, la Ligue arabe, les États-Unis et l'Union européenne de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l'humanité[106],[107],[108].

En Irak, l'EIIL commet régulièrement des attentats contre les populations civiles, essentiellement les chiites. Selon l'ONU, les attentats de l'EIIL font 6 000 morts de mars à novembre 2013[72].

Selon le politologue Ziad Majed, 400 personnes, en majorité des rebelles sunnites, ont été exécutés par l'EIIL en 2013 en Syrie et 1 000 à 1 200 ont été faits prisonniers. L'EIIL détient également plusieurs otages occidentaux, mais ne réclame aucune rançon, son objectif serait plutôt de se prémunir d'éventuelles attaques[95].

En 2014, quelques exécutions par crucifiement ont également été rapportées par des témoins, certaines sont même revendiquées par l'EIIL[109].

Le 10 juin, après sa victoire à la bataille de Mossoul, l'État islamique s'empare de la prison de Badoush et massacre 670 prisonniers chiites[110].

Le 13 juin, l'EIIL revendique le massacre de 1 700 prisonniers chiites de l'armée irakienne à Tikrit[111],[112]. Selon Human Rights Watch, entre 160 et 190 hommes, au moins, y ont été exécutés entre le 11 et le 14 juin. Elle précise cependant que le nombre total des victimes pourrait être beaucoup plus élevé[113],[114]. Le 14 juin, un compte Twitter considéré comme proche de l'EIIL publie des photographies d'exécutions de prisonniers ; elles montrent des dizaines de corps fusillés dans des fosses communes par les rebelles djihadistes, les cadavres ont les mains liés et sont vêtus d'habits civils[115]. Selon Adrien Jaulmes, reporter pour Le Figaro : « Ces séries de photos sont sans doute le premier cas dans l'histoire où un crime de masse est ainsi documenté et mis en scène par ses auteurs, comme s'il s'agissait d'un glorieux fait d'armes »[116].

Le 15 juin 2014, un groupe se présentant comme la « branche Palestine-Cisjordanie » de l'État islamique en Irak et au Levant, revendique notamment l'enlèvement de trois adolescents israéliens, près de Goush Etzion et dont les corps sont retrouvés le 30 juin, près de Hébron. C'est la première fois qu'un groupe réclamant de l'EIIL se manifeste en Palestine[117].

Selon Human Rights Watch, au moins 40 chiites turkmènes, dont des enfants, ont été massacrés le 16 juin dans quatre localités proches de la ville de Kirkouk[118].

Le soir du 17 juillet, une jeune veuve de 26 ans accusée d'« adultère » est lapidée à Tabqa, près de Racca ; selon l'OSDH, c'est la première exécution de ce type commise en Syrie par l'État islamique. Le lendemain, une deuxième femme subit le même sort à Racca[119],[120].

Le 10 août, le ministre irakien des Droits de l'homme, Mohamed Chia al-Soudani, accuse les djihadistes de l'État islamique d'avoir tué au moins 500 membres de la minorité religieuse yazidie depuis le début de leur offensive dans le nord de l'Irak[121]. Le 15 août, les forces de l'EI attaquent le village de Kocho, majoritairement peuplé de Yézidis, massacrent au moins 81 hommes et capturent les femmes et les enfants[122],[123].

En août 2014, dans le gouvernorat de Deir ez-Zor, en Syrie, les Chaïtat se révoltent contre l'État islamique. Les forces de l'EI répliquent en massacrant en deux semaines 700 membres de cette tribu, dont 600 civils. 300 personnes sont notamment tuées en une journée à Ghraneidj[124],[125],[126].

Le 19 août, en représailles aux bombardements effectués par les États-Unis en Irak, l'État islamique affirme avoir décapité un otage américain, le journaliste James Foley, enlevé au nord de la Syrie le 22 novembre 2012[127],[128]. Le 2 septembre, l'État islamique revendique l'exécution par décapitation de son deuxième otage américain, également de nationalité israélienne, Steven Sotloff, un journaliste capturé le 4 août 2013 à Alep[129]. Le 13 septembre, l'EI annonce la décapitation d'un troisième otage, David Cawthorne Haines, un travailleur humanitaire britannique enlevé le 12 mars 2013 près d'Atmeh, non loin de la frontière turque[130],[131],[132].

Les 27 et 28 août, après la bataille de Tabqa, les djihadistes de l'État islamique exécutent 160 à 200 prisonniers de l'armée syrienne[133].

Le 2 septembre 2014, Amnesty International publie un rapport accusant l'organisation terroriste l'État islamique de mener « une campagne systématique de nettoyage ethnique » dans le nord de l'Irak et également de se livrer à des exécutions de masse. S'appuyant sur des témoignages « horrifiques » de survivants, Amnesty accuse les djihadistes de « crimes de guerre, notamment des exécutions sommaires de masse et des enlèvements visant systématiquement les minorités du Nord irakien, notamment les chrétiens, les Turcomans chiites et les Yazidis ». Dans ce rapport intitulé « Nettoyage ethnique dans des proportions historiques », Amnesty affirme avoir « des preuves que plusieurs tueries de masse, et des centaines, peut-être des milliers d'enlèvements, ont eu lieu en août dans la région de Sinjar »[134].

Notes

  1. Selon Mathieu Guidère, linguiste et spécialiste du Proche Orient, le Levant désigne la Syrie et le Liban durant l'occupation coloniale française et dénote d'une vision ethnocentriste.

Références

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Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

Lien externe