Jean Jaurès

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Jean Jaurès
Image illustrative de l'article Jean Jaurès
Fonctions
Député du Tarn
Prédécesseur Jérôme de Solages
Successeur Jérôme de Solages
Prédécesseur Jérôme de Solages
1er directeur de L'Humanité
Successeur Pierre Renaudel
1er président du Parti socialiste français
19021905
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Castres, Tarn
Date de décès (à 54 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Parti politique Parti opportuniste
Socialistes indépendants
Parti socialiste français
Section française de l'Internationale ouvrière
Conjoint Louise Bois
Enfant(s) Madeleine Jaurès, Louis Paul Jaurès
Diplômé de ENS Paris
Profession Professeur agrégé
Maître de conférences
Journaliste
Religion Athée

Jean Jaurès est un homme politique français, né à Castres (Tarn) le et mort assassiné à Paris le . Orateur et parlementaire socialiste, il s'est notamment illustré par son pacifisme et son opposition au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Issu de la bourgeoisie et agrégé de philosophie, il débute sa carrière politique comme député républicain[1] mais adhère définitivement au socialisme après la grande grève des mineurs de Carmaux et s'oppose aux lois scélérates[2]. Durant l'affaire Dreyfus, il prend la défense du capitaine et pointe l'antisémitisme dont celui-ci est victime[3]. En 1905, il est un des rédacteurs de la loi de séparation des Églises et de l'État[4]. La même année, il participe à la création de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), dont il est l'acteur principal, unifiant ainsi le mouvement socialiste français. Ses positions réformistes lui valent toutefois l'opposition d'une partie de la gauche révolutionnaire[5]. Il consacre les dernières années de sa vie à empêcher, en vain, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, et se lie aux autres partis de l'Internationale ouvrière, faisant planer la menace de grève générale au niveau européen[6]. Ces positions pacifistes lui valent d'être assassiné par le nationaliste Raoul Villain à la veille du début du conflit[7]. Cet événement entraîne paradoxalement le ralliement de la gauche à l'« Union sacrée ».

En 1924, sa dépouille est transférée au Panthéon. Bien qu'historiquement rattachée au socialisme, la figure de Jaurès est aujourd'hui aussi bien utilisée par la gauche que par la droite[8] dans les discours politiques (Manuel Valls et Nicolas Sarkozy, entre autres).

Biographie[modifier | modifier le code]

1859-1885 : Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Statue de Jean Jaurès à Castres

Jean Jaurès, de son nom d'état civil Auguste Marie Joseph Jean Léon Jaurès, est né à Castres en 1859 dans une famille de la petite bourgeoisie du Tarn (dont sont issues quelques brillantes carrières comme celle de Benjamin Jaurès, amiral et ministre de la marine en 1889)..

Son père, Jules Jaurès (1819-1882)[9], n'a pas réussi et se replie sur une petite exploitation agricole de 6 ha (ferme du domaine de La Fédial près de Castres) dans laquelle son fils passe son enfance et son adolescence jusqu'à l'âge de 17 ans. C'est une époque où il connaît, non pas la misère, mais peut-être une certaine gêne qui lui fait toucher du doigt les difficultés du peuple[10]. Sa mère, Adélaïde Barbaza (1822-1906), issue d'une famille d'industriels du textile, s'occupe de l'éducation des deux enfants du couple : Jean, l'aîné, et Louis (1860-1937), qui devint amiral et député républicain-socialiste[11].

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Brillant élève au collège de Castres[12], il y est remarqué par un inspecteur général, Félix Deltour, qui convainc ses parents à ce qu'il poursuive ses études dans les écoles de l'« élitisme républicain », alors qu'ils le destinaient à l'administration des postes. L'inspecteur lui obtient une bourse qui lui permet de préparer à Paris l'École normale supérieure, au collège Sainte-Barbe puis au lycée Louis-le-Grand. En 1878, il est reçu premier à l'École normale supérieure en philosophie, devant Henri Bergson. En 1881, il termine troisième à l'agrégation de philosophie, derrière Paul Lesbazeilles et Henri Bergson[13].

Devenu professeur, Jaurès enseigne tout d'abord au lycée Lapérouse d'Albi, puis rejoint Toulouse en 1882 pour exercer comme maître de conférences à la faculté des lettres. Il donne également un cours de psychologie au lycée de jeunes filles de cette même ville.

Il se marie le avec Louise Bois (1867-1931), rencontrée au château de Loirac, fille d'un marchand de fromages en gros d'Albi, avec qui il a deux enfants :

Dans le contrat de mariage, la famille Bois offre au jeune couple le domaine de Bessoulet près de Villefranche-d'Albigeois où il s'installe rapidement[18].

1885-1898 : La progressive adhésion au socialisme[modifier | modifier le code]

L'entrée en politique comme républicain (1885-1889)[modifier | modifier le code]

Jean Jaurès entre en politique à 25 ans comme candidat républicain à Toulouse aux élections législatives de 1885. Il est élu[1] et siège à l'assemblée nationale parmi les républicains « opportunistes » et soutient le plus souvent Jules Ferry. En 1889, il n'est pas réélu.

La découverte du socialisme[modifier | modifier le code]

Privé de son mandat de député, Jaurès reprend son enseignement à la faculté de Toulouse. Il est reçu docteur ès lettres en 1892. Sa thèse principale a pour titre De la réalité du monde sensible, sa thèse secondaire (en latin, selon l'usage de l'époque) De primis socialismi germanici lineamentis apud Lutherum, Kant, Fichte et Hegel[19]. Les deux ont paru en 1891.

Il continue également son activité politique. À partir de 1887, il collabore au quotidien de tendance radicale La Dépêche de Toulouse (la future Dépêche du Midi). Il devient conseiller municipal sur les listes radicales-socialistes, puis maire adjoint à l'instruction publique de Toulouse (1890-1893). Ses travaux intellectuels, son expérience d'élu local, sa découverte des milieux ouvriers et des militants socialistes l'orientent vers le socialisme. Cette évolution s'achève avec la grève des mineurs de Carmaux.

La grève des mineurs de Carmaux : l'adhésion définitive au socialisme (1892)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grèves de Carmaux de 1892-1895.
Monument de Jean Jaurès à Carmaux, sculpture de Gabriel Pech.

En 1892, quand éclate la grande grève des mineurs de Carmaux, Jean Jaurès est à l'écart de la vie politique nationale. L'origine du conflit est le licenciement de Jean-Baptiste Calvignac - ouvrier mineur, leader syndical et socialiste qui venait d'être élu maire de Carmaux le 15 mai 1892 - par la Compagnie des mines que dirigent le Baron Reille, président du conseil d'administration (l'homme fort de la droite tarnaise) et son gendre Jérôme Ludovic de Solages, membre de ce même conseil (député de la circonscription depuis septembre 1889), propriétaire de mines et de verreries. Le prétexte motivant le licenciement se trouve dans les absences de Jean-Baptiste Calvignac causées par ses obligations d'élu municipal. Ce licenciement est considéré par les mineurs comme une remise en cause du suffrage universel et des droits réels de la classe ouvrière à s'exprimer en politique.

Les ouvriers se mettent en grève pour défendre « leur » maire. Le président Sadi Carnot envoie l'armée (1 500 soldats) au nom de la « liberté du travail ». En plein scandale de Panama, la République semble ainsi prendre le parti du patronat contre les grévistes.

Dans ses articles à la Dépêche, Jean Jaurès soutient, aux côtés de Georges Clemenceau, la grève. Il accuse la République d'être aux mains de députés et ministres capitalistes favorisant la finance et l'industrie aux dépens du respect des personnes. Durant cette grève, il fait l'apprentissage de la lutte des classes et du socialisme. Arrivé intellectuel bourgeois, républicain social, Jean Jaurès sort de la grève de Carmaux acquis au socialisme.

Sous la pression de la grève et de Jaurès, le gouvernement arbitre le différend Société des mines de Carmaux-Calvignac au profit de l'ouvrier Calvignac en lui donnant un congé illimité pour qu'il exerce ses fonctions de maire. Solages démissionne de son siège de député et provoque l'élection anticipée de janvier 1893. Jaurès est alors désigné par les ouvriers du bassin pour les représenter à la Chambre. Il est élu le 8 janvier 1893 comme socialiste indépendant malgré les votes ruraux de la circonscription.

Le premier mandat comme député socialiste de Jaurès (1893-1898)[modifier | modifier le code]

Désormais, Jean Jaurès représente à la chambre des députés les mineurs de Carmaux. Il milite avec ardeur contre les lois scélérates. Surtout, Jaurès se lance dans une incessante et résolue défense des ouvriers en lutte. Il défend les verriers d'Albi, renvoyés par leur patron Rességuier. Ce qui lui vaut l'ouverture d'une information judiciaire pour entrave à la liberté de travail, abandonnée fin 1895. C'est aussi à l'occasion de la découverte de fonds venant de hauts lieux chez un anarchiste de retour de Carmaux[pas clair] qu'il se lance dans un discours à la Chambre, le , dans lequel il dénonce la politique répressive du gouvernement, la censure du Père Peinard, « consacré presque tout entier à injurier les députés socialistes », le deux poids- deux mesures avec, d'un côté, la censure des journaux et députés socialistes, de l'autre la tolérance de discours également contestataires de certains catholiques (Albert de Mun, l'article « La Bombe » dans La Croix de Morlay, les articles de La Croix ou l'article du Père Marie-Antoine publié dans L'Univers puis dans L'En-dehors et titré « Le Christ et la Dynamite », qui évoquait la propagande par le fait) et enfin l'usage des agents provocateurs :

C’est ainsi que vous êtes obligés de recruter dans le crime de quoi surveiller le crime, dans la misère de quoi surveiller la misère et dans l’anarchie de quoi surveiller l’anarchie. (Interruptions au centre. — Très bien ! très bien ! à l’extrême gauche.)
Et il arrive inévitablement que ces anarchistes de police, subventionnés par vos fonds, se transforment parfois — comme il s’en est produit de douloureux exemples que la Chambre n’a pas pu oublier — en agents provocateurs[2].

Et d'évoquer un certain Tournadre, actif lors des grèves de 1892, qui avait proposé aux ouvriers de Carmaux des fonds pour acheter de la dynamite et éventuellement de s'enfuir ensuite en Angleterre : or, selon Jaurès, alors que Tournadre avait répondu aux ouvriers qu'il avait des « amis capitalistes à Paris », les perquisitions menées chez Tournadre à Carmaux avaient conduit à la découverte de deux lettres, l'une du baron de Rothschild, l'autre de la duchesse d'Uzès[2],[20]. Malgré ce discours, la Chambre vota dans une large majorité la confiance au gouvernement. Dans le sillage de la grève des mineurs de Carmaux, il participe, en 1895, à celle des verriers de la ville, déclenchée par le licenciement de deux syndicalistes par le patron de la verrerie, Eugène Rességuier [21]. Cette grève aboutira à la fondation de la Verrerie ouvrière d'Albi, premier grand exemple d'entreprise autogérée.

Dans le Languedoc viticole, il visite les « Les Vignerons Libres de Maraussan » qui créent la première cave coopérative. Aux élections de 1898, il est battu par le marquis Jérôme de Solages, héritier du fondateur de la Compagnie de Carmaux.

1898-1914 : Jaurès, le leader socialiste français[modifier | modifier le code]

L'affaire Dreyfus[modifier | modifier le code]

Au début de l'affaire Dreyfus, Jaurès est convaincu de la culpabilité du capitaine Dreyfus. Il utilise même la sentence de déportation, qu'il juge clémente, pour dénoncer l'incohérence de la justice militaire dans un discours à l'assemblée[22], le 24 décembre 1894 où il déclare que « le capitaine Dreyfus, convaincu de trahison par un jugement unanime, n'a pas été condamné à mort, et le pays voit qu'on fusille sans pitié de simples soldats coupable d'une minute d'égarements, de violences ». Selon les termes de l'historien Michel Dreyfus, « Jaurès estime [au début de l'Affaire] que si Dreyfus n'est pas condamné à mort, c'est parce que l'"immense effort juif" fait en sa faveur n'a pas été tout à fait "stérile" et qu'il a bénéficié du "prodigieux déploiement de la puissance juive"[23]. »

Face à la campagne de révision, Jaurès reste donc au départ en retrait. Par la suite, il s'engage véritablement comme défenseur de Dreyfus. « En définitive, la haine de l'antisémitisme ne semble pas avoir joué un rôle "déterminant" dans son engagement en faveur de Dreyfus  : c'est bien davantage sa vision de la démocratie, ainsi que sa volonté de rallier la jeunesse qui l'auraient poussé en ce sens. Dès lors, le combat de Jaurès en faveur de Dreyfus devient décisif[3] ». Le J'accuse de Zola ne paraît pas avoir été l'élément déclencheur[24] : il refuse encore de s'engager, le 20 janvier 1898, « entre les "cléricaux" qui voudraient utiliser l'Affaire contre les Juifs, les protestants ainsi que les libres penseurs, et les "capitalistes juifs" qui, discrédités par de nombreux "scandales", cherchent à se réhabiliter[25] » puis évoque encore en juin la « race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n'est pas par la fièvre du prophétisme [, qui] manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corruption et d'extorsion[26]. »

L'évènement décisif est la révélation, fin août 1898, du faux commis par le commandant Henry[27] : Jaurès s'engage alors avec passion dans la défense de Dreyfus. Pour lui, l'affaire est non seulement un problème de justice individuelle, mais surtout de respect de l'humanité elle-même. En effet, elle pose le problème du mensonge et de l'arbitraire des grandes institutions, notamment de l'armée qui entend avoir une « justice » séparée. En outre, elle est utilisée par les droites catholique et nationaliste pour renverser la République[28],[29]. Il s'oppose alors à certains autres socialistes, dont Jules Guesde pour qui Dreyfus est un officier bourgeois dont la défense ne serait pas prioritaire (le souvenir de la répression sanglante de la Commune de Paris, et d'autres révoltes ouvrières, est pour beaucoup dans la défiance de militants ouvriers envers la cause d'un officier). Jaurès, dans un ouvrage dreyfusard, "Les Preuves", écrit : "Si Dreyfus a été illégalement condamné et si, en effet, comme je le démontrerai bientôt, il est innocent, il n'est plus ni un officier ni un bourgeois : il est dépouillé, par l'excès même du malheur, de tout caractère de classe; il n'est plus que l'humanité elle-même, au plus haut degré de misère et de désespoir qu'on puisse imaginer. [...] Nous pouvons, sans contredire nos principes et sans manquer à la lutte des classes, écouter le cri de notre pitié; nous pouvons dans le combat révolutionnaire garder des entrailles humaines; nous ne sommes pas tenus, pour rester dans le socialisme, de nous enfuir hors de l'humanité."

Mais pour Jaurès, l'accablement de malheurs et d'injustices dont Dreyfus est victime font de lui un homme qui souffre des persécutions de la caste militaire, qui est le « gardien armé du Capital », et donc l'ennemi du prolétariat[30].

Avec l'affaire Dreyfus, Jaurès devient un homme politique à l'influence nationale.

Le socialiste, soutien de la République (1898-1904)[modifier | modifier le code]

Prospectus de l'Histoire socialiste, relié en tête du premier des 13 volumes.

Battu aux élections de 1898 (l'installation de la Verrerie ouvrière à Albi et son ardente défense de Dreyfus ont provoqué sa défaite), Jaurès se consacre au journalisme et devient codirecteur de La Petite République un journal socialiste républicain. C'est dans les colonnes de ce journal qu'il publie Les preuves relatives à l'affaire Dreyfus. Par ses articles, il soutient le gouvernement Waldeck Rousseau de Défense républicaine, qui associe à son action, pour la première fois dans l'histoire de la République, un socialiste, Alexandre Millerand, nommé au commerce et à l'industrie. Parallèlement, il dirige une Histoire socialiste de la France contemporaine (Éditions Rouff) pour laquelle il rédige les volumes consacrés à la Révolution française (1901-1908).

En 1902, Jean Jaurès participe à la fondation du Parti socialiste français. La même année, il parvient à reconquérir le siège de député de Carmaux qu'il conserve d'ailleurs jusqu'à sa mort (réélu en 1906, 1910 et 1914). Son talent d'orateur lui permet de devenir le porte-parole du petit groupe socialiste de l'Assemblée nationale.

Jaurès et son Parti socialiste français s'engagent nettement en faveur du Bloc des gauches et du gouvernement Combes (1902-1905). Jaurès participe à la rédaction de la loi de séparation des Églises et de l'État (décembre 1905). Cependant, Jaurès et les autres socialistes sont déçus par la lenteur des réformes sociales. Le dynamisme du Bloc des gauches s'épuise. Jaurès, vice-président de la Chambre en 1902, n'est pas réélu à cette fonction en 1904. Le rapprochement politique avec un gouvernement « bourgeois » allant jusqu'à la participation gouvernementale est, de plus, condamné par l'Internationale Socialiste.

La création de l'Humanité et l'unification du mouvement socialiste[modifier | modifier le code]

En 1904, Jaurès fonde le quotidien L'Humanité qu'il dirige jusqu'à sa mort. L’équipe qui lance le journal avec Jaurès n’est pas composée de journalistes en titre, mais d’intellectuels qui ont vécu aux côtés du député socialiste trois combats victorieux : le droit ouvrier à la politique, bafoué à Carmaux par le marquis de Solages, et qui s’impose en 1892 ; la justice rendue au capitaine Dreyfus ; la liberté de conscience, objet d’un débat qui fait rage en 1904, et qui sera inscrite, dans la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. De grandes "plumes" s’associent au projet : Anatole France, Octave Mirbeau, Jules Renard [31]...

Jaurès sous-titre son journal « quotidien socialiste » et l'utilise pour accélérer l'unité socialiste. Celle-ci est réalisée sous la pression de la Deuxième Internationale au Congrès du Globe (avril 1905) avec la création de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), unifiant les différentes sensibilités socialistes de France.

Jaurès partage la direction de la SFIO avec le marxiste Jules Guesde. La SFIO fait sien le constat de la lutte des classes[32], et s'affirme clairement internationaliste. Pour l'unité, Jaurès a accepté l'abandon du soutien au gouvernement. Mais, il a obtenu des guesdistes l'insertion de la SFIO dans la démocratie parlementaire. Dirigeant politique important, il engage le dialogue avec les syndicalistes révolutionnaires de la CGT. En 1914, la SFIO rassemble 17 % des voix et obtient 101 sièges de députés.

Le pacifisme[modifier | modifier le code]

Discours de Jaurès au Pré-Saint-Gervais (25 mai 1913)

Jaurès lutte contre la venue de la guerre les dix dernières années de sa vie. Il est très préoccupé et inquiet face à la montée des nationalismes et aux rivalités entre les grandes puissances (surtout pendant les guerres balkaniques en 1912-1913). En 1910, il rédige une proposition de loi consacrée à l’armée nouvelle, dans laquelle il préconise une organisation de la Défense nationale fondée sur la préparation militaire de l’ensemble de la nation. Jaurès est un cas singulier : pacifiste, mais passionné par la défense, par la stratégie militaire, et qui inspirera, au titre de la « nation armée », le vietnamien Ho Chi Minh ! Ainsi, dans le livre à l’origine de sa proposition de loi, il préconise la constitution d’une armée défensive, de milices, entrainée dans le monde civil, liée à la nation, le contraire de l'« armée de caserne » qui sera d'abord défaite [33].

Jaurès mène une vigoureuse campagne contre la Loi des trois ans de service militaire, défendue ardemment par le député Émile Driant. La loi est votée en 1913 malgré le rassemblement du Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913, où Jaurès fait un discours devant 150 000 personnes.

L'année 1914 semble relancer les espoirs de paix : la guerre dans les Balkans est finie, les élections en France sont un succès pour les socialistes. Mais l'attentat de Sarajevo le et l'ultimatum autrichien à la Serbie du relancent les tensions entre les grandes puissances.

Jaurès tente d'infléchir dans un sens favorable à la paix la politique gouvernementale. Il rappelle le mot d'ordre de grève générale décidé par l'Internationale ouvrière en cas de déclenchement de la guerre.

Assassinat du 31 juillet 1914[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assassinat de Jean Jaurès.

Le pacifisme de Jaurès le fait haïr des nationalistes. Pendant la journée du vendredi 31 juillet 1914[7], il tente, d'abord à la Chambre des Députés, puis au ministère des Affaires étrangères, de stopper le déclenchement des hostilités. En fin d'après-midi, il se rend à son journal L'Humanité pour rédiger un article, qu'il conçoit comme un nouveau « J'accuse ». Avant la nuit de travail qui s'annonce, il descend avec ses collaborateurs pour dîner au Café du Croissant, rue Montmartre. Vers 21 h 40, un étudiant nationaliste déséquilibré, Raoul Villain, tire deux coups de feu par la fenêtre ouverte du café et abat Jaurès à bout portant.

Cet assassinat facilite le ralliement de la gauche, y compris de beaucoup de socialistes qui hésitaient, à l'« Union sacrée ». La grève générale n'est pas déclarée.

Le , le meurtrier de Jaurès est acquitté, dans un contexte de fort nationalisme.

Les idées socialistes de Jaurès : le jaurésisme[modifier | modifier le code]

Le socialisme de Jean Jaurès mêle le marxisme aux traditions révolutionnaires et républicaines françaises. Le socialisme de Jaurès est souvent qualifié d'« humaniste », avec ses références constantes à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et à la Révolution française, dont il fut l'historien.

Jaurès retient du marxisme l'idée du danger de la concentration capitaliste, la théorie de la valeur et la nécessité de l'unité du prolétariat. Jaurès est évidemment favorable à des lois de protection sociale. Il souhaite aussi une collectivisation volontaire et partielle. Il veut la démocratisation de la propriété privée, et non sa destruction, et il est attentif aux mouvements coopératifs (verrerie ouvrière d'Albi).

Socialiste, Jaurès dénonce le contraste entre l’énorme misère du prolétariat industriel et l’insensibilité sociale de la bourgeoisie. Pendant une longue époque du dix-neuvième siècle, la défense égoïste de ses privilèges a poussé la bourgeoisie à vouloir imposer le silence au prolétariat en lui interdisant le droit de grève et le droit syndical (qui ne sera reconnu qu'en 1884). Dans son livre intitulé Jean Jaurès, un combat pour L'Humanité, Pascal Melka montre en quels termes Jaurès dénonce cette situation dans sa plaidoirie au procès qui a opposé en 1894 le journaliste Gérault-Richard au président de la République Jean Casimir-Périer [34] :

« Et vous vous étonnez de la véhémence de nos paroles, de la force de nos accusations ! Mais songez donc que nous parlons au nom d’un siècle de silence ! Songez donc qu’il y a cent ans il y avait dans ces ateliers et dans ces mines des hommes qui souffraient, qui mouraient sans avoir le droit d’ouvrir la bouche et de laisser passer, en guise de protestation, même leur souffle de misère : ils se taisaient. Puis un commencement de liberté républicaine est venu. Alors nous parlons pour eux, et tous leurs gémissements étouffés, et toutes les révoltes muettes qui ont crié tout bas dans leur poitrine comprimée vibrent en nous, et éclatent par nous en un cri de colère qui a trop attendu et que vous ne comprimerez pas toujours. »

Jaurès conçoit, par ailleurs, le passage au socialisme dans le cadre de la République parlementaire. Attaché aux traditions républicaines françaises, il n'est cependant pas centralisateur (comme le montrent ses idées sur l'enseignement des langues régionales)[35]).

Jean Jaurès, les socialistes et l'antisémitisme[modifier | modifier le code]

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Jaurès fréquente des amis sans distinction d’origine ou de religion. Il est possible de relever un prompt dédain à l’égard des menées antisémites de socialistes : dès 1890, comme le relève Jórdi Blanc, il les dénonce comme de « faux socialistes », socialistes « de château et de sacristie », et les qualifie en termes particulièrement sévères : « charlatans de la réaction et du boulangisme », « singes malfaisants ». De même, Drumont, l’auteur à succès en 1886 de La France juive, est constamment moqué par Jaurès, qui l’appelle par antiphrase « psychologue de génie » ou « profond sociologue » et le prend manifestement et régulièrement pour un vrai imbécile. Il avait condamné le racisme et l’antisémitisme dès le 2 juin 1892, dans son article de La Dépêche de Toulouse intitulé « La question juive » :

Je n’ai aucun préjugé contre les Juifs : j’ai peut-être même des préjugés en leur faveur, car je compte parmi eux, depuis longtemps, des amis excellents qui jettent sans doute pour moi un reflet favorable sur l’ensemble d’Israël. Je n’aime pas les querelles de race, et je me tiens à l’idée de la Révolution Française, si démodée et si prudhommesque qu’elle semble aujourd’hui : c’est qu’au fond il n’y a qu’une race, l’humanité.

Par ailleurs, dans ce même article, Jaurès, qui est profondément religieux, insiste sur les racines juives du socialisme, écrivant notamment ceci :

D’ailleurs, la race juive est par certains côtés très grande : c’est le prophétisme juif qui a fondé l’idée du droit et de l’universelle solidarité; il a rêvé la fraternité de tous les hommes, la fraternité même des hommes et des bêtes, le lion couchant sur la paille fraîche à côté de l’agneau; il a affirmé le droit et prêché, au profit des spoliés, la révolution sociale, si bien que c’est surtout dans le prophétisme juif qu’on peut trouver la condamnation de la finance juive; et il n’est pas aussi étrange qu’il paraît d’abord que ce soient des socialistes d’origine juive, Lassalle et Marx, qui aient fait la critique la plus puissante et la plus âpre du capital.

Cette critique de l'antisémitisme, présente dès 1892, poussera Jaurès à devenir viscéralement dreyfusard.

Toutefois, dans « La question juive en Algérie », 1er mai 1895, La Dépêche (cité par Michel Winock, La France et les Juifs, Seuil, 2004), Jaurès déclare : « Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . [...] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre ».

Dans un discours au Tivoli, en 1898 (cité par B. Poignant, Ouest-france, 13 décembre 2005), il déclare également : « Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion ».

Mémoire de Jaurès[modifier | modifier le code]

Hommages politiques[modifier | modifier le code]

En 1917, Léon Trotski écrit un éloge de Jean Jaurès qu'il conclut par ces mots : « Jaurès, athlète de l'idée, tomba sur l'arène en combattant le plus terrible fléau de l'humanité et du genre humain : la guerre. Et il restera dans la mémoire de la postérité comme le précurseur, le prototype de l'homme supérieur qui doit naître des souffrances et des chutes, des espoirs et de la lutte »[36].

À l'issue de la « Grande Guerre » et de ses massacres, de nombreuses communes françaises baptisent des rues et des places en l'honneur de celui qui fut un grand défenseur de la paix. À Castres, sa ville natale, le collège où il étudia porte également son nom. De plus, la principale place de la ville qui s'appelait "Place Nationale" a été rebaptisé "Place Jean Jaurès" en 1920. Deux stations du métro de Paris (Jaurès et Boulogne — Jean Jaurès) portent aussi son nom : la première fut ainsi en urgence baptisée dès le 1er août 1914 en remplacement du nom rue d'Allemagne. Une station du métro toulousain, du Métro de l'agglomération de Lille et une station du Métro de Lyon portent aussi son nom, tout comme un arrêt de tram de la Ligne C de Strasbourg et également l'une des places principales de la ville de Saint-Étienne. De nombreuses écoles et de nombreux collèges et lycées portent également son nom. Une rue de Buenos Aires porte également son nom. Une rue importante a Tunis porte son nom (hommage de Bourguiba a Jaurès).

En 1924, la décision du transfert de la dépouille de Jean Jaurès au Panthéon est l'occasion pour le gouvernement du Cartel des gauches qui vient d'être élu de se donner un ancrage symbolique tout en rendant hommage à celui qui a tenté d'empêcher la guerre. Le dimanche , sa dépouille est conduite au Panthéon lors d'une grandiose cérémonie à laquelle participent les mouvements politiques de gauche, excepté le Parti communiste français, exclu de la cérémonie officielle, qui organise sa propre manifestation et proteste contre la « récupération » de Jaurès.

Tombe de Jean Jaurès au Panthéon de Paris
"Place Nationale" à Castres rebaptisée en 1920 : "Place Jean Jaurès"

Le 21 mai 1981, François Mitterrand, nouvellement élu Président de la République se rend au Panthéon et s'incline devant la tombe de Jaurès, puis de Victor Schoelcher et de Jean Moulin. En 1988, François Mitterrand inaugure le Centre National et Musée Jean Jaurès à Castres.

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Le Parti socialiste a choisi d'appeler sa fondation politique, la Fondation Jean-Jaurès.

Pour commémorer le centième anniversaire de l'assassinat de Jean Jaurès, le journal l'Humanité a décidé d'éditer un agenda 2014 autour de la figure de Jean Jaurès.

Les papiers personnels de Jean Jaurès sont conservés aux Archives nationales sous la cote 437AP[37]

Hommages artistiques[modifier | modifier le code]

La chanson de Jacques Brel intitulée Jaurès (1977), reprise par la suite par Manu Dibango puis par Francesca Solleville, Zebda et Erik Marchand, rappelle à quel point l'homme politique était devenu une figure mythique des classes populaires. En 2005, un téléfilm lui est consacré : Jaurès, naissance d'un géant, de Jean-Daniel Verhaeghe avec Philippe Torreton et Valérie Kaprisky. De nombreuses statues de Jean Jaurès ont été érigées dans les villes de Castres, Carmaux, Suresnes, etc.

L'artiste Jihel a rendu de nombreux hommages à Jean Jaurès au travers de dessins qui se trouvent pour la plupart au Centre National et Musée Jean Jaurès à Castres, il s'y réfère entre autres dans sa série Ciment de l'histoire. Le poète Serge Pey, a évoqué l'homme politique et le philosophe dans son livre Le trésor de la guerre d'Espagne et lui a également consacré une œuvre permanente dans les nouveaux locaux du conseil régional de Midi-Pyrénées, sous le titre : le Courage de la pensée.

En 2012, l'homme politique est l'effigie d'une pièce de 10 € en argent éditée par la Monnaie de Paris, pour la collection « Les Euros des Régions », afin de représenter Midi-Pyrénées, sa région natale. En 2013 (Festival d'Avignon), est créé le spectacle de Pierrette Dupoyet Jaurès, assassiné deux fois.

En hommage à l' homme politique français, 22 ans après sa mort, La Poste française émet deux timbres[38],[39].

Jean Jaurès à la tribune.
Jean Jaurès timbres émis en 1936.

Critique[modifier | modifier le code]

La mémoire de Jaurès est utilisée à droite comme à gauche[8]. Dans les années qui ont suivi sa mort, la mémoire de Jaurès fut poursuivie par la droite nationaliste (contre-manifestation lors de son entrée au Panthéon). Dans un ouvrage de 2012, Bernard Antony, un auteur d'extrême-droite, parle de « l’anticléricalisme de Jaurès », voulant éviter toute « sacralisation » du personnage[40].

Jean Jaurès fut également critiqué comme trop bourgeois (la communion de sa fille lui fut reprochée, bien que celle-ci ait eu lieu à la seule initiative de sa femme) et trop réformiste par une partie de la Gauche révolutionnaire[5].

Œuvres de Jaurès (liste partielle)[modifier | modifier le code]

  • De la réalité du monde sensible (sa thèse)
  • Les Preuves (1898, sur l'Affaire Dreyfus)
  • Études socialistes
  • Vers la république sociale
  • Histoire socialiste de la Révolution française
  • Préface à “L'Application du système collectiviste” de L. Deslinières (1898)
  • Les Deux Méthodes (1900)
  • Comment se réalisera le socialisme ? (1901)
  • Notre but (1904)
  • La Révolution russe (1905)
  • La guerre franco-allemande 1870-1871 (1907)
  • L'Alliance des peuples
  • Conflit élargi (1912)
  • L'Armée Nouvelle (1910)
  • Discours de Vaise (1914)
  • Le discours à la jeunesse' (1903)
  • Louis XVI (Tallandier, 2005) : extraits de l'Histoire socialiste de la Révolution française ; édition présentée par Max Gallo et mise au point par Lorraine de Plunkett
  • Œuvres, 5 volumes parus depuis 2000 (17 prévus), Fayard.
  • Jaurès, l'intégrale des articles de 1887 à 1914 publiés dans La Dépêche (Privat, 2009), édition mise au point par Rémy Pech, Rémy Cazals, Jean Faury, et Alain Boscus

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Il est élu parmi six candidats en lice, avec 48 067 voix sur 93 932 votants (51 %).
  2. a, b et c Séance du 30 avril 1894, discours de Jean Jaurès, sur le site de l'Assemblée nationale.
  3. a et b Michel Dreyfus, L'antisémitisme à gauche: Histoire d'un paradoxe de 1830 à nos jours, La Découverte, 2010, 345 p. (ISBN 978-2707159830) [EPUB] emplacement 2333 sur 13903, ainsi que Madeleine Rebérioux, « Jean Jaurès  : pour l'amour de l'humanité », Mil neuf cent, no 11 ( sont-ils devenus dreyfusards ou antidreyfusards  ?), 1993, p. 60.
  4. Site de l'Assemblée nationale - Loi de séparation des Églises et de l'État : Le texte de la loi et la transcription des débats
  5. a et b à l'instar de Charles Rappoport Le discours de Jaurès, 1903 [1] ou Georges Sorel, cf. les Réflexions sur la violence
  6. Site de l'Assemblée nationale - Jean Jaurès - Les responsables de la guerre - Discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 juillet 1914
  7. a et b Histoire de France, Larousse, Paris, 1998.
  8. a et b Comme par Nicolas Sarkozy pendant l'élection présidentielle de 2007, voire à l'extrême-droite, lors des élections européennes dans le Sud-Ouest de la France
  9. Jules Jaurès est dit fabricant sur son acte de mariage, négociant sur l'acte de naissance de Jean, et propriétaire sur celui de Louis (Archives Départementales du Tarn)
  10. Rémy Pech, Jaurès paysan, Privat, 2009.
  11. Vincent Duclert, Gilles Candar, Jean Jaurès, Fayard,‎ 2014, p. 2
  12. Collège protestant fondé en 1574, c'est un des plus vieux établissements secondaires de France, situé aux premiers rangs des collèges de l'académie dans les concours académiques. Source : Yvan Hue, Le Collège de Castres : quatre siècles d'efforts, Éditions Midi France,‎ 1981, p. 7
  13. Jacques Chabannes, Les enfants de la Troisième République, France-Empire,‎ 1976, p. 25
  14. Extrait du Journal du Tarn du 20 juillet 1918
  15. Acte du jugement du tribunal de la Seine du 16 juin 1922, retranscrit le 31 août 1922
  16. Voir Louis Guitard, Mon Léon Blum, ou Les défauts de la statue, Régirex-France, 1983, 309 pages, p. 240 (ISBN 2904392017), ou Madeleine Rebérioux, Gilles Candar, Jaurès et les intellectuels, éditions de l'Atelier, 1994, 326 pages, p. 241 (ISBN 2708230670).
  17. voir Tableau d'honneur de la Grande Guerre, éd. archives & culture, 2000, t. II, p. 641.
  18. Jean Jaurès, Les années de jeunesse, 1859-1889, Fayard,‎ 2009, p. 110
  19. C'est-à-dire : Des origines du socialisme allemand chez Luther, Kant, Fichte et Hegel. [2]
  20. Harvey Goldberg, The Life of Jean Jaures, University of Wisconsin Press, 1962 (ISBN 9780299025649), p. 121–122
  21. Jean Jaurès, une vie pour changer le monde, hors-série de L’Humanité, 2014.
  22. Discours du 24 décembre 1894; voir l'article des études jaurésiennes sur Jaurès et l'antisémitisme
  23. Michel Dreyfus, L'antisémitisme à gauche: Histoire d'un paradoxe de 1830 à nos jours, La Découverte, 2010, 345 p. (ISBN 978-2707159830) [EPUB] emplacement 2284 sur 13903. Voir également Eric Cahm, « La presse socialiste face à la première affaire Dreyfus en 1894-1895 », Cahiers Jaurès, no 138, octobre-décembre 1995, p. 31-44 (lire en ligne).
  24. Michel Dreyfus, L'antisémitisme à gauche: Histoire d'un paradoxe de 1830 à nos jours, La Découverte, 2010, 345 p. (ISBN 978-2707159830) [EPUB] emplacement 2313 sur 13903
  25. Michel Dreyfus, L'antisémitisme à gauche: Histoire d'un paradoxe de 1830 à nos jours, La Découverte, 2010, 345 p. (ISBN 978-2707159830) [EPUB] emplacement 2315 sur 13903.
  26. Cité par Michel Dreyfus, L'antisémitisme à gauche: Histoire d'un paradoxe de 1830 à nos jours, La Découverte, 2010, 345 p. (ISBN 978-2707159830) [EPUB] emplacement 2320 sur 13903.
  27. Michel Dreyfus, L'antisémitisme à gauche: Histoire d'un paradoxe de 1830 à nos jours, La Découverte, 2010, 345 p. (ISBN 978-2707159830) [EPUB] emplacement 2326 sur 13903.
  28. Paul Seff, De l'affaire Dreyfus au Front National : radiographie d'une idéologie fasciste à la française, Conférence du Grep-mp, Parcours 19-20, 8 décembre 1998 : « [L'affaire Dreyfus] sera le signal de l'entrée en force de l'extrême-droite dans l'arène politique : orchestré par la majeure partie du clergé catholique, par la presse catholique soutenant le parti de la restauration monarchiste, l'extrême-droite déchaîne une campagne anti-républicaine, anti-parlementaire et antisémite d'une violence qui étonne encore les historiens d'aujourd'hui » en ligne sur le site du Grep
  29. Jean-Jacques Becker, Stéphane Audoin-Rouzeau, La France, la nation, la guerre, 1850-1920, éd.Sedes, 1995, notice sur le site CRDP de l'académie d'Amiens, cf note n°5
  30. Cf. « Les deux méthodes », discours du 26 novembre 1900, reproduit sur dans les Archives marxistes sur Internet.
  31. Jean Jaurès, une vie pour changer le monde, hors-série de L’Humanité, 2014.
  32. « De Marx, il [Jaurès] retient surtout l'analyse de la lutte des classes qui fonde son propre socialisme. » Becker, J.-J. & Candar, G. (dir.), Histoire des gauches en France, La Découverte, 2004, tome I, p. 438.
  33. Jean Jaurès, une vie pour changer le monde, hors-série de L’Humanité, 2014.
  34. « Plaidoirie de Jean Jaurès lors du procès de Gérault-Richard, le 4 novembre 1894 », sur jaures.eu (consulté le 19 décembre 2013).
  35. En 1911, Jaurès acquiert la conviction que les langues régionales doivent être enseignées dans les écoles ce qu'il propose dans deux articles (« L'éducation populaire et les "patois" », La Dépêche, 15 août 1911 et «Méthode comparée», Revue de l'enseignement primaire, 15 octobre 1911 [3]. Il propose de s'appuyer sur les connaissances linguistiques des enfants occitans, basques et bretons pour comparer les langues régionales au français et ainsi développer leur jugement, leur raisonnement.
  36. Article de 1917 traduit en français dans le Bulletin communiste (organe de la SFIC), n⁰47, 22 novembre 1923 (réédité dans les Cahiers du mouvement ouvrier, n⁰23, 2004).
  37. Archives nationales
  38. Voir la fiche du timbre
  39. Voir la fiche du timbre
  40. Bernard Antony, Jaurès, le mythe et la réalité (Éditions Ateliers Fol’fer, 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes
Bibliographie

Par ordre chronologique.

Filmographie

Liens externes[modifier | modifier le code]