Quartier du Montparnasse

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Quartier du Montparnasse
Le cimetière du Montparnasse et la tour Montparnasse
Le cimetière du Montparnasse et la tour Montparnasse
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Paris
Arrondissement municipal 14e
Démographie
Population 18 570 hab. (1999)
Densité 16 492 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 50′ 25″ N 2° 19′ 39″ E / 48.84038, 2.3276 ()48° 50′ 25″ Nord 2° 19′ 39″ Est / 48.84038, 2.3276 ()  
Superficie 112,6 ha = 1,126 km2
Transport
Gare (RER)(B) Port-Royal, Denfert-Rochereau
Métro (M)(4)(6)(12)(13)
Localisation

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Le quartier du Montparnasse est le 53e quartier administratif de Paris situé dans le 14e arrondissement, sur la rive gauche de la Seine, au sud de l'intersection du boulevard du Montparnasse et du boulevard Raspail. La partie sud-ouest du quartier a été absorbée par la ville avec d'autres communes et divisions administratives en 1860[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Les quartiers du 14e arrondissement

Situé au nord de l'arrondissement, le quartier Montparnasse correspond à un espace initialement peu habité entre Paris et Montrouge, sur le versant sud d’une colline artificielle de gravat qui a été arasée, surnommée « mont Parnasse ». Il est délimité au nord par le boulevard du Montparnasse et le boulevard de Port-Royal, à l’est par la rue de la Santé, au sud par le terre-plein du boulevard Saint-Jacques (sur la tracé, en partie aérien, de la ligne 6 du métro), la place Denfert-Rochereau, une section de la rue Froidevaux, de la rue Boulard et de la rue Daguerre, au sud-ouest par une section de l’avenue du Maine et au nord-ouest par la rue du Départ. Une partie importante de la partie occidentale du quartier est occupée par le cimetière du Montparnasse.

Il est important que noter que ce « quartier du Montparnasse » n’est qu’une portion de « Montparnasse », un lieu-dit parisien qui désigne habituellement un périmétre beaucoup plus large que ce seul quartier administratif. Certains des lieux emblématiques de Montparnasse sont situés, non dans le quartier du Montparnasse, mais dans les quartiers Notre-Dame-des-Champs, Necker ou Plaisance, (par exemple, la gare de Paris-Montparnasse, dans les quartiers Plaisance et Necker, ou la tour Montparnasse et le musée du Montparnasse, tous deux situés dans le quartier Necker).

Historique[modifier | modifier le code]

Le nom de ce quartier avait été donné par les étudiants voisins qui venaient déclamer des vers sur la butte formée par des remblais au XVIIe siècle, en référence au mont Parnasse, résidence des Muses de la mythologie grecque. La colline fut rasée pour tracer le boulevard du Montparnasse au XVIIIe siècle, lieu de promenade de la ville. Dès la Révolution française, de nombreuses salles de danse et cabarets s'y installèrent, dont le célèbre bal Bullier.

La communauté artistique[modifier | modifier le code]

L’exposition universelle de 1889 et la vie artistique déjà si riche de Montmartre, attirent de nombreux artistes qui vont choisir ce quartier populaire plus au centre de Paris et qui va devenir la plaque tournante de la modernité. Pablo Picasso y aménageait parmi les premiers. Montparnasse allait connaître son apogée dans les années 1920, les Années folles. Il était alors le cœur de la vie intellectuelle et artistique à Paris, avec ses cafés qui entreront dans l'histoire de l'art.

À cette époque, de nombreux artistes de pays très divers sont attirés par le rayonnement intact de Paris. Montparnasse, quartier encore relativement en friche, leur offre des ateliers à des loyers modiques et un environnement de cafés bon marché qui facilite la sociabilité, l'émulation et l'entraide. Les Montparnos vont rapidement y instaurer une atmosphère créative et libertaire, et attirer des commanditaires, pas uniquement français, à la recherche de talents nouveaux. Dans cette communauté mondialisée qui formera l'École de Paris, la créativité était accueillie avec toutes ses bizarreries et provocations, chaque nouvelle arrivée étant accueillie comme la promesse d'un renouvellement artistique. Quand Tsuguharu Foujita débarqua du Japon en 1913, ne connaissant personne, il rencontra Soutine que son ami Pinchus Krémègne avait fait venir de Lituanie, Modigliani qui habitait rue Falguière, Pascin et Léger pratiquement la même nuit, et en quelques semaines devint ami avec Juan Gris, Pablo Picasso et Henri Matisse.[réf. nécessaire]

Parmi les artistes qui habitèrent ou fréquentèrent le quartier, il y avait notamment

Georges Braque, installé rue du Douanier-Rousseau dans une maison-atelier qu'il a fait construire sur les plans d'Auguste Perret[2]. Louis Latapie et Roger Bissière dans les maisons-ateliers attenantes à celle de Braque[3]. Guillaume Apollinaire, Pablo Gargallo, Julio González, le douanier Rousseau, Antoine Bourdelle, Ossip Zadkine, Moïse Kisling, Marc Chagall, Maurice Le Scouëzec, Nina Hamnett, Fernand Léger,Jeanne Rij-Rousseau, 86, rue Notre Dame des Champs, Jacques Lipchitz, Max Jacob, Blaise Cendrars, Chaïm Soutine, Michel Kikoine, Prosper Galerne, Pinchus Kremegne, Amedeo Modigliani, Ford Madox Ford, Ezra Pound, Marcel Duchamp, Suzanne Duchamp-Crotti, Constantin Brancusi, Paul Fort, Juan Gris, Diego Rivera, Tsuguharu Fujita, Marie Vassilieff, Grégoire Krug, Léonide Ouspensky, Léon-Paul Fargue, René Iché, Alberto Giacometti, André Breton, Pascin, Wolfgang Paalen, Alice Paalen, Salvador Dalí, Jean-Paul Sartre, Henry Miller, Django Reinhardt, Joan Miró et à la fin de sa vie Edgar Degas. [réf. nécessaire]

Aux côtés de la peinture et de la sculpture, la photographie est également présente . Avant de s'installer rue Campagne-Première, Man Ray planta son premier studio à l'Hôtel des Écoles au 15 rue Delambre. C'est là que sa carrière comme photographe commença, et que Kiki (Alice Prin), James Joyce, Gertrude Stein, Jean Cocteau et d'autres posèrent. Il y avait là également Marc Vaux, figure incontournable; appelé par ce petit monde le photographe des peintres, il reprendra les locaux de Marie Vassilieff, créera sur le Boulevard, un foyer cantine d'artistes, une galerie d'art et après guerre le journal Montparnasse Carrefour des Arts.

L’âge d’or[modifier | modifier le code]

La Closerie des Lilas en 1909.

Venus rencontrer cette communauté artistique qui menait une existence de saltimbanques et qui avait de grosses difficultés à joindre les deux bouts, des amateurs d'art fortunés surtout venus des États-Unis d'Amérique comme Gertrude Stein, Peggy Guggenheim, Edith Wharton et Harry Crosby avec l'aide de critiques comme D.H Lawrence, Archibald MacLeish, James Joyce, Kay Boyle, Hart Crane, Ernest Hemingway, William Faulkner, Dorothy Parker et d'autres, allaient devenir les commanditaires.

Les cafés, bars et bistrots, notamment ceux du carrefour Vavin, l'actuelle place Pablo-Picasso, étaient des lieux de rencontre où les artistes venaient à la fois rencontrer leurs homologues et négocier. Les cafés comme le Dôme, la Closerie des Lilas, la Rotonde, le Select, et La Coupole, ainsi que Le Bœuf sur le toit (toujours ouverts) acceptaient que des artistes affamés puissent occuper une table pour toute la soirée pour un prix dérisoire. S'ils s'endormaient, les serveurs avaient pour instruction de ne pas les déranger. Les disputes étaient courantes, certaines nées de polémiques, d'autres de l'alcool, et la coutume voulait que même lorsque l'affrontement tournait aux coups, la police n'était pas appelée. Si les artistes ne pouvaient payer leur facture, le propriétaire de La Rotonde, Victor Libion, acceptait souvent un croquis. Aussi les murs des cafés étaient couverts d'une collection d'œuvres d'art, galeries improvisées.

La vie nocturne est également passée dans la légende, comme les nuits chaudes du Bar Dingo au 10 rue Delambre. Parmi ceux qui faisaient Montparnasse by night, on peut signaler l'écrivain Morley Callaghan et F. Scott Fitzgerald.

La rue de la Gaîté à Montparnasse était celle des théâtres et du music-hall, autour du fameux Bobino. Sur leurs scènes, les grands du jour, utilisant leurs d'un seul nom comme c'était la mode, comme Damia, Kiki, Mayol et Georgius, chantèrent et se produisirent devant des salles pleines. Les Six se retrouvaient également souvent dans le quartier, créant une musique fondée sur les idées d'Erik Satie et Jean Cocteau.

Le poète Max Jacob dit qu'il vint à Montparnasse pour « pécher honteusement », mais Marc Chagall le résuma plus élégamment quand il expliqua pourquoi il était venu: « J'aspirais à voir avec mes propres yeux ce que j'avais entendu de si loin: la révolution de l'œil, la rotation des couleurs qui spontanément et astucieusement se fondent ensemble dans un flux de lignes conçues. Ceci n'aurait pu être vu dans ma ville. Le soleil de l'Art alors brillait seulement sur Paris. »[réf. nécessaire]

Pendant que le quartier attirait des gens du monde entier qui vinrent y vivre et travailler dans un environnement créatif et de bohème, il devint aussi le domicile pour des exilés politiques comme Lénine, Léon Trotsky, Porfirio Diaz, et Simon Petlioura. Mais après les années 1930, où l'esprit frondeur et gai des Années folles passa de mode, et bien que plusieurs académies continuent de fonctionner (Académie de la Grande Chaumière, Académie Ranson), la Seconde Guerre mondiale força la dispersion de la société artistique. Après la guerre, Montparnasse ne retrouva jamais son aura.

La gare Montparnasse, qui dessert la Bretagne, a fait de ce quartier le « fief » des Bretons de Paris (et des habitants originaires du nord-ouest de la France en général) depuis plus d'un siècle.

Montparnasse aujourd'hui[modifier | modifier le code]

L'ancien siège d'Air France (Square Max Hymans) à Montparnasse
Boulevard du Montparnasse

Dans les années 1960, la volonté proclamée de faire de Montparnasse le quartier d'affaires de la rive gauche allait changer le visage de ce lieu chargé d'histoire. La gare, trop étroite, recula de 400 mètres, et sur l'emprise gagnée poussèrent la tour et un centre commercial.

Avec la spécialisation croissante des quartiers de Paris, Montparnasse est devenu à la fois un quartier de bureaux et de passage le jour, et de loisirs le soir, présentant un choix de cafés, de cinémas et de restaurants qui a peu d'égaux.

Pour retrouver les traces du Montparnasse artistique, hormis les enseignes des cafés qui cultivent plus ou moins la nostalgie, il faut être attentif. L'Académie de la Grande Chaumière, où les artistes amateurs peuvent toujours peindre des modèles, ou la boutique de matériel de peinture Sennelier, constituent parmi les témoignages du bouillonnement créatif du quartier. Les amateurs d'art peuvent découvrir aussi des oeuvres d'art proposées chaque dimanche sur le Marché de La Création, bld Edgar Quinet, par des artistes exposant leurs oeuvres en direct .Des plaques ont également été apposées sur certains immeubles pour y rappeler le nom illustre d'un de ses habitants.

Pour sauvegarder l'esprit du quartier, le musée du Montparnasse ouvrit en 1998 au 21 avenue du Maine. Opérant avec une subvention de la ville, le musée, qui ne présente que des expositions temporaires, est géré par une association à but non lucratif, qui regroupe des amoureux du quartier et de l'Art.

Principaux sites[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Mur des Fermiers généraux passait par les actuels boulevard Edgar Quinet et boulevard Raspail.
  2. Collectif RMN, Braque, l'expo, Paris, Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées,‎ 2013, 368 p. (ISBN 978-2-7118-6109-5), p. 7
  3. Louis Latapie, Patafioles, écrits autobiographiques, CNRS éditions, Paris, 2005, p. 71