Palais de justice de Paris

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Palais de justice de Paris
Façade ouest, sur la rue de Harlay.
Façade ouest, sur la rue de Harlay.
Présentation
Type Palais de justice
Date de construction XIIIe au XIXe siècles
Protection Logo monument historique Classé MH (1975)[MH 1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 21″ N 2° 20′ 40″ E / 48.8557646, 2.344465348° 51′ 21″ Nord 2° 20′ 40″ Est / 48.8557646, 2.3444653  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Palais de justice de Paris

Géolocalisation sur la carte : 1er arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 1er arrondissement de Paris)
Palais de justice de Paris

Le palais de justice de Paris est situé dans le 1er arrondissement de la capitale française, sur l’île de la Cité, sur une surface au sol d'environ quatre hectares (entre un cinquième et un sixième de la superficie de l'île). Il abrite plusieurs des principales institutions judiciaires françaises.

Il est bordé :

Ce site est desservi par la station de métro Cité.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du palais de la Cité.
Plan du palais gravé sur un mur.
Les grilles de la cour du Mai.
La cour du Mai dans laquelle stationnaient les charrettes des condamnés à mort sous la Terreur.

Le Palais de justice est l'ancienne curia regis dont sont issus le parlement de Paris et toutes les anciennes juridictions souveraines (Eaux et forêts, Maréchaussée, Monnaie, Maçonnerie…) et actuelles (conseil d'État, cour de cassation), ainsi que la cour des comptes, la chancellerie, ainsi que les archives législatives et diplomatiques. Il est situé depuis son origine au Palais de la Cité qui fut la résidence et le siège du pouvoir des rois de France, du Xe au XIVe siècle et dont il reste d'importants vestiges : la grande salle avec sa cuisine, la Conciergerie[1], la Sainte Chapelle, plusieurs tours et l'emprise des divers bâtiments.

Lorsque le roi Charles V décida de transférer sa résidence depuis la Cité pour l'hôtel Saint-Pol, les institutions de la Justice s'y maintiennent : Parlement de Paris, Chambre des comptes et Chancellerie.

Le Palais eut à subir plusieurs incendies. En 1601, la salle des pas perdus fut touchée et la collection des statues en bois des rois de France fut détruite. En 1618, la Grand'Salle fut ravagée et sa reconstruction fut confiée à Salomon de Brosse. En 1630, c'est la flèche de la Sainte Chapelle qui est victime du feu puis la Cour des comptes subit le même sort en 1737. En 1776, sous le règne de Louis XVI, un incendie consuma la partie s'étendant entre la Conciergerie et la Sainte Chapelle.

La façade qui domine la Cour du Mai, de toute l'entrée principale du Palais, fut reconstruite entre 1783 et 1786 en style néo-classique avec colonnade. La grille monumentale en fer forgé, très ouvragée avec des dorures, qui ouvre sur la cour du Mai, a été exécutée en 1776 par le maître serrurier Bigonnet[2]. Sous la Révolution, le Palais fut le siège du Tribunal révolutionnaire du 6 avril 1793 au 31 mai 1795.

Le Palais de justice prend une nouvelle dimension politique sous la Restauration. En effet, depuis Louis XVIII et Charles X, le débat judiciaire dispute la préférence au débat parlementaire. De nouveaux postes sont créés, mais les locaux ne suffisent plus à accueillir le volume croissant des affaires. C’est à ce moment que les tout premiers travaux de restauration sont entrepris. Les affaires judiciaires ne cessant d’augmenter, la Monarchie de Juillet lance un vaste programme d’agrandissement du Palais. Jean-Nicolas Huyot est chargé de rédiger un projet d’agrandissement et d’isolement afin d’en faire un édifice majestueux.

En 1840, Joseph-Louis Duc et Honoré Daumet, suite au décès de Huyot, sont nommés pour mener à bien ce projet. Louis-Philippe ne verra cependant pas l’achèvement des travaux, à cause du déclenchement de la Révolution de 1848 et c’est sous Napoléon III que ceux-ci vont trouver enfin leur rythme de croisière. Les statues de Charlemagne et de Philippe Auguste sont l'œuvre en 1860 du sculpteur Philippe Joseph Henri Lemaire.

Le chantier est quasiment achevé lorsque éclatent les événements de 1870. Allumé en divers endroits du Palais de justice par la Commune agonisante, l'incendie du 24 mai 1871 réduit à néant presque un quart de siècle de travaux. Dès lors, tout est à recommencer. Daumet est de nouveau nommé architecte du Palais, après le décès de Duc en 1879. Les plans sont refaits et le chantier recommence en 1883. La Conciergerie est néanmoins achevée à cette date. Depuis 1914, le Palais n’a pas connu de travaux d’une telle envergure.

La façade sud néo-gothique est marquée par de nombreux impacts de balles tirées lors de la Libération d'août 1944.

Le Palais aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Bâtiment abritant les locaux affectés aux services du procureur général sur le quai des Orfèvres.

De nos jours, le palais est toujours l'un des centres névralgiques du système judiciaire français, puisqu'il abrite notamment la Cour de cassation, qui en est sa plus haute juridiction judiciaire.

La Cour d’appel de Paris, ainsi que le tribunal de grande instance (TGI) de Paris, qui relève de sa juridiction, y siègent également (les tribunaux d'instance parisiens sont répartis dans chacun des arrondissements de la capitale). Le Palais de justice comporte également en son sein les services du Parquet attenant à ces juridictions.

Façade ouest située rue de Harlay (entrée de la Cour d'assises).

Par ailleurs, on trouve dans le Palais les locaux du conseil de l'Ordre des avocats de Paris, avec sa bibliothèque et sa salle de réunion.

Le siège de la direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police (DRPJ) occupe des locaux attenants situés au 36, quai des Orfèvres.

Les personnes privées de liberté sont détenues en deux endroits du palais dans l'attente de leurs jugements :

  • le dépôt, géré par la Police nationale, pour les personnes déférées en attente de leur présentation devant un magistrat, après leur notification de fin de garde à vue.
  • la souricière (souterrain menant du dépôt aux salles d'audience), gérée par l'administration pénitentiaire, pour les personnes déférées qui doivent passer devant le juge.

Déménagement du TGI[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cité judiciaire de Paris.
Le hall de Harlay, à l'extrémité ouest du palais.

À l'horizon 2017, les tribunaux d'instance répartis dans chacun des 20 arrondissements de la capitale, le tribunal de grande instance et la police judiciaire devraient tous déménager au quartier des Batignolles dans une nouvelle cité judiciaire dont la construction devrait être achevée en 2017[3]. En effet, sur les 90 000 m² qu'offre actuellement le palais de justice, le TGI se trouve à l'étroit dans les 37 000 m² dont il dispose, alors qu'il aurait besoin du double de superficie, tout comme la Cour d'appel d'ailleurs qui ne dispose que de 15 000 m². Ainsi, selon la Chancellerie, la surface judiciaire utile par agent est à Paris 13 m² alors qu'elle est de 25 m² à 30 m² dans la plupart des grands tribunaux[4].

À l'issue de cette opération, seules resteront alors dans l'île de la Cité la Cour de cassation et la Cour d'appel, lesquelles devraient être rejointes par le Conseil de prud'hommes (siégeant actuellement au no 27 rue Louis-Blanc dans le Xe arrondissement), ainsi que par l'antenne parisienne de l'École nationale de la magistrature (situé sur l'île de la Cité, rue Chanoinesse dans le IVe arrondissement)[5].

Toutefois fin 2012, le projet est mis en suspens par Christiane Taubira, ministre de la Justice, vu son coût de 2,7 milliards d'euros[6]. Mais en janvier 2013 le projet est finalement confirmé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault[7] avec, toutefois, une renégociation du contrat[8].

Films tournés au Palais de justice[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Ozanam, Hervé Robert, Werner Szambien, Simona Talenti, Luc Thomassin, Le Palais de Justice, Action artistique de la ville de Paris (ISBN 978-2-913246-43-0)
  • Association française pour l'histoire de la justice, La justice en ses temples. Regards sur l'architecture judiciaire en France, Éditions Errance (ISBN 978-2-87772-069-4)
  • Thierry Lévêque, Boulevard du crime : vie quotidienne et secrète du Palais de justice de Paris, Jacob-Duvernet (ISBN 9782847243598)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références MH[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]