Liste des gares de Paris
Paris dispose d'un nombre important de gares, issues à la fois de l'histoire du développement des chemins de fer français et des besoins de desservir finement la ville.
Certaines datent de l'origine du chemin de fer, d'autres sont de constructions plus récentes, notamment dans le cadre de la réalisation du réseau express régional d'Île-de-France. D'autres, enfin, ont perdu leur fonction ferroviaire et ont été soit démolies, soit reconverties pour d'autres usages.
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Histoire [modifier]
À partir des années 1830 puis dans le cadre de la loi relative à l'établissement des grandes lignes de chemin de fer en France de 1842, l'État concède à de grandes compagnies des ensembles cohérents de lignes de chemin de fer, formant ainsi un réseau en « toile d'araignée » dont le centre est Paris.
Les Parisiens découvrent la gare, invention du XIXe siècle, avec l'embarcadère[1] de la promenade pour le Pecq lors de l'ouverture du premier tronçon de voie ferrée créé par la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Saint-Germain. Ce premier essai va se poursuivre et Paris voit s'ouvrir six autres embarcadères dans ce qui est alors une périphérie de la ville historique d'avant les grands travaux d'Hausmann. Ils sont tous des têtes de ligne créées par les grandes Compagnies qui vont étendre sur le pays leurs réseaux de voies ferrées[2]:
- La Compagnie des chemins de fer du Nord crée la gare du Nord (Nord) en 1846. Le bâtiment actuel date de 1864.
- La Compagnie des chemins de fer de l'Est crée la gare de l'Est (Est) en 1849.
- La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) crée en 1849 la gare de Lyon, dont le bâtiment date de 1900.
- La Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans (PO) crée en 1840 la gare d'Orléans. Située Quai d'Austerlitz, elle prend le nom de gare d'Austerlitz. L'estimant excentrée, le PO décide de prolonger sa ligne vers le centre de la capitale et la gare d'Orsay, ouverte en 1900, mais désaffectée à partir de la Seconde Guerre mondiale et transformée en musée, le Musée d'Orsay, en 1986.
- La Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, rachetée en 1908 par l'Administration des chemins de fer de l'État, exploitait les deux lignes de Versailles, l'une par la rive droite, l'autre par la rive gauche, ce qui explique la présence de deux gares principales à Paris[3] :
- la gare Saint-Lazare, tête de la ligne Paris-Saint-Lazare - Saint-Germain-en-Laye et de la ligne Paris-Saint-Lazare - Versailles-Rive-Droite ;
- la gare Montparnasse, tête de la ligne Paris - Versailles par la rive gauche, et, plus tard, de la ligne Paris - Brest.
Ces gares ne sont pas interconnectées, mais sont reliées par la ligne de Petite Ceinture en 1862, afin de permettre les échanges entre les compagnies, notamment pour le trafic de marchandises. Ayant démontré sa capacité limitée pendant la guerre franco-prussienne de 1870, une seconde ligne de liaison est construite de 10 à 20 km autour de Paris, la ligne de Grande Ceinture.
D'autres gares sont créées afin d'assurer la desserte en marchandises de Paris (gare de Paris-Bestiaux, gare de Paris-Gobelins…) ou pour constituer l'origine de lignes isolées (gare de la Bastille, gare des Invalides, gare de Denfert-Rochereau).
Contrairement aux grandes villes de province, Paris n'a pas eu de gares de chemin de fer secondaire. Il faut toutefois rappeler que le métro de Paris et les anciens tramways de Paris ont été réalisés dans le cadre de la réglementation des voies ferrées d'intérêt local ou des chemins de fer secondaires.
Gares en activité [modifier]
Grandes lignes [modifier]
Ces gares parisiennes sont les gares terminus des trains de grandes lignes (trains allant au-delà de la région Île-de-France). Elles sont également, sauf pour Bercy et Austerlitz, les gares terminus des lignes de banlieue qui n'appartiennent pas au réseau express régional d'Île-de-France (RER), mais au réseau classique des trains de banlieue dit réseau Transilien dont sept lignes (H, J, K, L, N, P et R) parmi les huit constituant ce réseau ont leur terminus dans Paris. Les gares d'Austerlitz, Saint-Lazare (et Haussmann - Saint-Lazare, gare voisine de la précédente), de Lyon et du Nord sont également des gares du RER ; toutes ces gares sont desservies par le métro.
Les destinations des trains d'où partent ces gares sont indiquées ci-dessous.
- Gare d'Austerlitz :
- trains vers le centre de la France, Toulouse et les Pyrénées ;
- trains de nuit (Trenhotel Elipsos) vers Barcelone et Madrid ;
- tous les trains de nuit Intercités vers le sud de la France ;
- trains Intercités vers Orléans et Tours ;
- TER Centre vers Vendôme et vers Orléans ;
- point d’arrêt du RER C ;
- Gare de Bercy :
- trains Intercités vers l'Auvergne (Ex-Teoz) ;
- Service Auto-train ;
- TER Bourgogne ;
- Pullman-Orient-Express (dîners-voyages autour de Paris) ;
- Gare de l'Est :
- TGV Est, trains vers l'est de la France, l'Allemagne, la Suisse et le Luxembourg ;
- trains de nuit vers Munich (correspondance Vienne, Budapest), Innsbruck, Hambourg et Berlin ;
- Moscou express : trans-européen vers Minsk et Moscou ;
- Venise-Simplon-Orient-Express : train de luxe vers le Royaume-Uni, l'Italie, l'Autriche, les Balkans, Istanbul.
- trains de la banlieue Est de Paris (ligne P du Transilien) ;
- proche de la gare de Magenta (ligne E du RER) ;
- futur terminus du CDG Express vers l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle ;
- Gare de Lyon :
- TGV vers la Franche-Comté et le sud de l'Alsace empruntant la LGV Rhin-Rhône ;
- trains vers le sud-est de la France et le Languedoc-Roussillon ;
- TGV vers la Suisse (Lyria), l'Espagne et l'Italie ;
- TGV Sud-Est, Rhône-Alpes et Méditerranée ;
- train de nuit (Thello) vers l’Italie ;
- trains de la banlieue Sud-Est de Paris, point d'arrivée et de départ de la ligne R du Transilien ;
- point d’arrêt des lignes RER A et RER D ;
- Gare Montparnasse :
- Service Sud-Express vers Lisbonne ;
- TGV Atlantique (dessert l'Ouest et le Sud-Ouest de la France) ;
- TER Basse-Normandie / Intercités (ligne de Paris-Vaugirard à Granville via Argentan) ;
- TER Centre (ligne de Paris au Mans via Chartres) ;
- Transilien N (dessert la banlieue Ouest de Paris) ;
- Gare du Nord :
- trains Intercités vers le nord de la France ;
- Thalys vers la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne (correspondance pour la Scandinavie, la Pologne et la Russie) ;
- Eurostar vers Londres ;
- TGV Nord vers Lille et les principales villes nordistes ;
- trains de la banlieue Nord de Paris (ligne H du Transilien et ligne K du Transilien) ;
- TER Picardie ;
- point d'arrêt des lignes RER B et RER D ; est proche de la gare de Magenta sur la ligne E du RER ;
- Gare Saint-Lazare :
- trains vers la Normandie ;
- trains de la banlieue Ouest de Paris (ligne J du Transilien et ligne L du Transilien) ;
- reliée par un couloir de correspondance à la gare Haussmann - Saint-Lazare terminus de la ligne E du RER.
En 2005, la SNCF avait proposé de « diamétraliser » les gares du Nord et de Lyon en les reliant par une ligne desservant une nouvelle gare TGV souterraine située sous la place de la République[4].
Lignes de banlieue [modifier]
Gares du réseau express régional d'Île-de-France [modifier]
Les gares de Grandes lignes (sous-section précédente) qui sont également gares du réseau express régional d'Île-de-France ne sont pas listées. Les gares suivantes ne se trouvent que sur des lignes du réseau RER, les lignes concernées étant identifiées par les lettres A, B, C, D et E placées à la suite du nom :
- Auber (A)
- Avenue Foch (C)
- Avenue Henri Martin (C)
- Avenue du Président Kennedy - Maison de Radio-France (C)
- Bibliothèque François-Mitterrand (C)
- Boulainvilliers (C)
- Champ-de-Mars - Tour Eiffel (C)
- Charles de Gaulle - Étoile (A)
- Châtelet - Les Halles (A – B – D)
- Cité universitaire (B)
- Denfert-Rochereau (B)
- Haussmann - Saint-Lazare (E)
- Invalides (C)
- Javel (C)
- Luxembourg (B)
- Magenta (E)
- Musée d’Orsay (C)
- Nation (A)
- Neuilly - Porte Maillot (C)
- Pereire - Levallois (C)
- Pont de l’Alma (C)
- Pont du Garigliano (C)
- Port-Royal (B)
- Porte de Clichy (C)
- Saint-Michel - Notre-Dame (B – C)
Gare d'autres lignes de banlieue [modifier]
- Pont-Cardinet, anciennement gare des Batignolles (réseau Transilien Paris Saint-Lazare - ligne L).
Gares désaffectées [modifier]
Ligne de Petite Ceinture [modifier]
La ligne de Petite Ceinture est une ligne ferroviaire désaffectée qui fait le tour de Paris. La plupart des gares de cette ligne sont à l’abandon, mais certaines ont été réutilisées.
Dans le sens des aiguilles d’une montre, en commençant par l’ouest :
- Auteuil-Boulogne
- Passy-la-Muette
- Avenue Henri Martin (aujourd'hui RER C)
- Avenue du Bois de Boulogne (aujourd'hui Gare de l'avenue Foch du RER C, à proximité de la station de métro Porte Dauphine)
- Neuilly-Maillot (aujourd'hui RER C, en correspondance avec la station de métro Porte Maillot)
- Courcelles-Levallois (aujourd'hui RER C et dénommée, depuis le 25 septembre 1988, Pereire - Levallois)
- Courcelles-Ceinture
- Avenue de Clichy (aujourd'hui RER C)
- Avenue de Saint-Ouen
- Boulevard Ornano
- La Chapelle-Saint-Denis
- Est-Ceinture[5]
- Pont de Flandres
- Belleville-Villette, également gare de marchandises
- Ménilmontant
- Charonne, également gare de marchandises, devenue la salle de concert La Flèche d'or
- Rue d’Avron
- Avenue de Vincennes
- Bel-Air Ceinture
- Rue Claude Decaen
- Bercy-Ceinture
- La Rapée-Bercy, ancienne petite gare de triage
- Orléans-Ceinture
- Maison Blanche
- Parc de Montsouris
- Montrouge-Ceinture
- Ouest Ceinture
- Abattoirs de Vaugirard, uniquement pour le bétail
- Vaugirard Ceinture
- Grenelle
- Point-du-Jour
Autres gares [modifier]
- Gare de Paris-Tolbiac, anciennement au PK 1,300 de la ligne de Paris-Austerlitz à Bordeaux-Saint-Jean, fermée en juin 2001 puis détruite pour accueillir le nouveau quartier de Paris Rive Gauche.
- Gare du boulevard Masséna (anciennement Orléans-Ceinture) sur la ligne C du RER fermée le 3 décembre 2000 car remplacée par la gare Bibliothèque François Mitterrand.
Gares disparues ou inexploitées [modifier]
Conçue du temps de la voie large du Système Arnoux, la forme courbe des bâtiments permettait aux trains de desservir le terminus en tournant le long de la façade intérieure.
- Embarcadère de la ligne de Saint-Germain, situé au niveau de la place de l'Europe puis détruit et remplacé par la gare Saint-Lazare.
- Gare de la Bastille, sur l’ancienne ligne de Vincennes, à l’emplacement de l’actuel Opéra Bastille.
- Gare de Reuilly, sur l'ancienne ligne de Vincennes, utilisée par une association.
- Gare d'Orsay, reconvertie en Musée d’Orsay pour sa partie haute.
- Gare de Paris-Bestiaux, ancienne gare située sur un embranchement mis en service depuis la ligne de Petite Ceinture à hauteur de la gare de Belleville-Villette, devenue la salle d'exposition de la Grande halle de la Villette.
- Gare de Paris-Gobelins, gare de marchandises de la ligne de Petite Ceinture, sous la dalle des Olympiades toujours en service, mais uniquement par voie routière.
- Gare de La Glacière-Gentilly, ancienne gare de la ligne de Petite Ceinture, récemment détruite, transformée en ZAC d'habitation, et ayant servi un temps à l'expérimentation des rames MP 89 de la ligne 14 du métro de Paris.
- Gare de Grenelle-marchandises, ancienne gare de la ligne de Petite Ceinture, détruite, remplacée par une petite gare d'entretien des trains de travaux du RER C, ayant servi un temps à l'expérimentation du projet de métro automatique ARAMIS.
- Gare du Champ de Mars de l'Exposition universelle de 1878. Sensiblement à son emplacement, se trouve désormais la gare du Champ de Mars - Tour Eiffel. Le bâtiment voyageurs de la gare du Champ de Mars, déplacé en 1897 à Asnières (gare des Carbonnets), menace de tomber en ruines bien qu'il soit inscrit depuis 1985 à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques.
- Gare de Denfert-Rochereau (ligne de Sceaux) : Toujours en service en semi-souterrain, les quais en cul-de-sac de la gare aérienne servent au garage des rames du RER B ; le bâtiment garde la forme arrondie du système de retournement des trains de la ligne de Sceaux.
- Gare des Invalides, encore visible aujourd'hui et reprise en sous-sol par le RER C ; le bâtiment voyageurs, toujours en surface, est utilisé par Air France.
- Gare de Bel-Air Ceinture, ancienne gare de jonction entre le réseau de ceinture et la ligne de Vincennes, aujourd'hui détruite.
- Gare de Pont-Marcadet, ancienne gare sur la ligne Paris - Lille, aujourd'hui détruite.
- Gare de Bercy-Ceinture, ancienne correspondance entre les voies de la gare de Lyon (et de la gare de Bercy) et celles de la ligne de Petite Ceinture, désaffectée, mais les trains y passent encore.
Projets de gare [modifier]
- Gare de la Madeleine (années 1830)
- Gare du Trocadéro (années 1880)
Notes et références [modifier]
- Terme utilisé avant que le terme gare ne s'impose dans les chemins de fer.
- Site AHICF : Stéphanie Sauget, À la recherche des Pas Perdus. Dans la matrice des gares parisiennes, 1837-1914, thèse de doctorat en histoire soutenue le 10 octobre 2005 à l'Université Paris 1. Résumé par Stéphanie Sauget, 2005 lire en ligne (consulté le 13 février 2010).
- L'existence de ces deux gares était d'ailleurs imposée par la loi du 24 avril, 3 et 13 mai 1851 ; le chemin de fer de l'Ouest devait pénétrer dans Paris par deux côtés, la rive droite de la Seine et la rive gauche
- « Une gare TGV en plein cœur de Paris », sur TourMag.com, 4 décembre 2005.
- Histoire de la petite ceinture