Eugène Sue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sue.

Eugène Süe

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait d'Eugène Sue par François-Gabriel Lépaulle.

Activités Écrivain
Naissance 26 janvier 1804
Paris, Drapeau de la France France
Décès 3 août 1857 (à 53 ans)
Annecy-le-Vieux, royaume de Sardaigne
Langue d'écriture Français

Marie-Joseph Süe dit Eugène Süe, né le 26 janvier 1804[1] à Paris et mort en exil le 3 août 1857 à Annecy-le-Vieux (Duché de Savoie), est un écrivain français.

Il est principalement connu pour deux de ses romans-feuilletons à caractère social : Les Mystères de Paris (1842-1843) et Le Juif errant (1844-1845).

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père, Jean-Joseph Sue (1760-1830), (fils), était chirurgien de la Garde impériale de Napoléon 1er, chevalier héréditaire par lettres patentes du 17 février 1815 (issu d'une lignée de chirurgiens parisiens originaire de Provence). Sa marraine n’était autre que Joséphine et son parrain Eugène de Beauharnais. Il étudia au lycée Condorcet. Jeunesse dorée pour le futur écrivain qui va pourtant se révéler un élève médiocre et turbulent, puis un jeune homme dont les frasques défraient la chronique. Son père l’envoie en voyage pour le remettre sur le droit chemin : expédition d'Espagne (1823), puis de Grèce, puis aux Antilles[2].

Dandy, voyageur, il hérite à 26 ans de la fortune paternelle, devient l’amant des plus belles femmes de Paris (il est surnommé le « Beau Sue »), adhère au très snob Jockey Club dès sa création en 1834. Il dilapide la fortune de son père en sept ans, et commence à écrire lorsqu’il est ruiné.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Eugène Sue est l’auteur, selon ce qu’en rapporte la bibliographie établie par Francis Lacassin, de sept romans exotiques et maritimes, onze romans de mœurs, dix romans historiques, quinze autres romans sociaux (dont une série intitulée Les Sept Péchés capitaux), deux recueils de nouvelles, huit ouvrages politiques, dix-neuf œuvres théâtrales (comédie, vaudeville, drame) et six ouvrages divers.

Sue a la plume facile, il se convertit au socialisme et écrit Les Mystères de Paris, inspiré par un ouvrage illustré, paru en Angleterre, sur le thème des mystères de Londres. Eugène Sue ignore la trame de son roman, comme le révèle Ernest Legouvé dans Soixante ans de souvenirs. Ce roman suscite un intérêt énorme dans toutes les couches de la société. Théophile Gautier écrit : « Des malades ont attendu, pour mourir, la fin des Mystères de Paris ». Le succès est immense et dépasse les frontières[3] et il influence sa vie publique — Sue est élu député de la Seine — ainsi que son orientation littéraire. Il inspire à Léo Malet, au siècle suivant, la série Les Nouveaux Mystères de Paris.

Eugène Sue publie ensuite Le Juif errant, également en feuilleton dans Le Constitutionnel.

On commence à mieux reconnaître l’intérêt des Mystères du peuple, fresque historique et politique dont le ton est donné par son exergue : « Il n’est pas une réforme religieuse, politique ou sociale, que nos pères n’aient été forcés de conquérir de siècle en siècle, au prix de leur sang, par l’insurrection. » Il est censuré par le Second Empire.

Le projet remonte aux mois qui ont suivi l’échec de la révolution de 1848. Et, en novembre 1849, Maurice Lachâtre, son ami et éditeur, met en vente les premières livraisons des Mystères du peuple, utilisant pour ce faire un système de fidélisation par primes et une distribution par la poste, qui permet de déjouer la censure. Malgré ces précautions, la publication en sera interrompue à plusieurs reprises, mise à l'Index par Rome, condamnée par les évêques de France et inquiétée par la police.

Elle ne fut achevée qu’en 1857, mais juste à ce moment, 60 000 exemplaires furent saisis. Le choc fut tel qu’il aggrava l’état de santé du romancier. Malade et exilé, il succomba. Malgré sa disparition, le tribunal, suivant le réquisitoire du procureur Ernest Pinard, condamna l’imprimeur et l’éditeur, et ordonna la saisie et la destruction de l’ouvrage.

Politique[modifier | modifier le code]

Il fut député républicain et socialiste de la Seine, élu le 28 avril 1850 face au conservateur Alexandre Leclerc. Lorsque Louis-Napoléon Bonaparte effectua son coup d’État, il dut s’enfuir en 1851 et s’exiler.

Il fut accueilli dans les États de Savoie même si le clergé local s’opposa à sa venue. De fait, le roi Victor-Emmanuel II et son chef du gouvernement, Massimo d'Azeglio, sont favorables aux idées libérales. Il finit par s’installer à Annecy-le-Vieux où il vécut de 1851 jusqu’à sa mort en 1857. C'est un autre proscrit républicain, le colonel Charras, qui assista à ses derniers instants et accomplit sa volonté d'être inhumé civilement « en libre-penseur »[4]. Ses obsèques donnèrent lieu à un immense rassemblement, bien qu'elles aient eu lieu à six heures du matin, pour éviter tout rassemblement. Il fut enterré à Annecy, au cimetière de Loverchy, dans le carré des "dissidents" (non catholiques)[5].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il reçoit le 10 mars 1839 la Légion d'honneur — pour son Histoire de la Marine —, en même temps que ses confrères Alfred de Musset et Frédéric Soulié.

Il écrit à ce sujet, dans Une page de l'histoire de mes livres : « J'ai reçu — unique faveur — la croix de la Légion d'honneur il y a quinze ans, grâce à la bienveillante et courtoise initiative de M. de Salvandy, alors ministre de l'instruction publique. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La date de naissance d’Eugène Sue varie selon ses biographes : le 17 janvier 1803 (selon Maurice Lachâtre), le 1er janvier 1803 (Alexandre Dumas), le 1er janvier 1801 (Eugène de Mirecourt), le 10 décembre 1804 (Paul Ginisty), le 8 février 1804 (Francis Lacassin). Selon Jean-Louis Bory, Eugène Sue serait né le V pluviôse an XII de la République, soit le 26 janvier 1804, ce que confirme son acte de naissance conservé aux Archives de Paris. Dans une lettre inédite à son éditeur Maurice Lachâtre, Eugène Sue indique sa date de naissance en vue d'un article de dictionnaire. Il écrit : "Marie-Joseph-Eugène Suë né à Paris 17 Janvier 1804 an XII de la république !".
  2. Dominique Kalifa, Eugène Sue, dandy révolté, L’Histoire no 321, juin 2007, ISSN 0182-2411, p. 19-20
  3. Voir l’étude de B. Palmer Mysterymania. The Reception of Eugène Sue in Britain, Oxford, Peter Lang, 2003
  4. Horace de Viel-Castel, Mémoires sur le règne de Napoléon III 1851-1864, Paris, Robert Laffont, 2005, p. 604 (jeudi 13 août 1857).
  5. Extrait de l'acte de décès (visible en ligne sur le site des Archives départementales de la Haute-Savoie) : « Le cadavre a été inhumé le jour neuvième du mois d'août dans le cimetière protestant d'Anneci ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Ses œuvres sur le Projet Gutenberg, dont Les Mystères de Paris, Le Juif errant, L’Alouette du casque, Victoria, la mère des camps