Organisation internationale de la francophonie

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Organisation internationale
de la francophonie
Image illustrative de l'article Organisation internationale de la francophonie
Carte de l'organisation

Devise : « Égalité, complémentarité, solidarité »

Création 20 mars 1970
Siège Drapeau de la France Paris
Coordonnées 48° 51′ 36″ N 2° 18′ 12″ E / 48.8599964, 2.303245148° 51′ 36″ N 2° 18′ 12″ E / 48.8599964, 2.3032451  
Langue(s) Français
Budget 180 millions d’euros (2010)[1]
Membre(s) 57 États et gouvernements
Effectifs plus de 300[1]
Secrétaire général Drapeau : Sénégal Abdou Diouf
Personne(s) clé(s) Drapeau : Sénégal Léopold Sédar Senghor
Drapeau de la Tunisie Habib Bourguiba
Drapeau du Niger Hamani Diori
Drapeau du Cambodge Norodom Sihanouk
Site web www.francophonie.org

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Organisation internationalede la francophonie

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est une institution dont les membres (des États ou gouvernements participants) partagent ou ont en commun la langue française et certaines valeurs (comme, notamment, la diversité culturelle, la paix, la gouvernance démocratique, la consolidation de l'État de droit, la protection de l'environnement). Selon son site web, en mars 2014, elle regroupe 77 pays ou gouvernements (57 membres de plein exercice[2] et 20 observateurs), soit plus de 890 millions d’habitants répartis sur les cinq continents.

Le 20 mars de chaque année est célébrée dans le monde la Journée internationale de la francophonie.

Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, en est le secrétaire général depuis le IXe Sommet de la francophonie d’octobre 2002.

Elle s’appuie sur quatre opérateurs directs (l'Agence universitaire de la francophonie, TV5, l’Université Senghor d'Alexandrie, l’Association internationale des maires francophones) et une assemblée consultative. Elle coopère avec de nombreuses associations comme l’Association francophone d'amitié et de liaison (AFAL), la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF), l’Union internationale de la presse francophone (UPF), Association pour la diffusion internationale francophone de livres, ouvrages et revues (ADIFLOR), etc.

L’OIF veut contribuer à la prévention des conflits au sein de l’espace francophone, favoriser la consolidation de l’état de droit et de la démocratie, et agir pour la promotion et l’effectivité des droits de l'homme dans l’espace francophone. Elle a la volonté de promouvoir la diversité culturelle. Elle est au service de l’éducation et intervient à toutes les étapes de la formation. Elle est aussi au service de l’économie et du développement.

Historique[modifier | modifier le code]

Nations représentées à la Conférence de Niamey en 1970.

C'est l'Assemblée parlementaire de la francophonie, créée en 1967, qui a préconisé la création d'une institution intergouvernementale francophone, souhait réalisé par la création, à l'occasion de la Conférence de Niamey en 1970, de l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), devenue aujourd’hui Organisation internationale de la francophonie dont l'APF est devenue une institution intégrée[3].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Organigramme de la francophonie après la CMF 2005 à Antananarivo. L'OIF est devenue l'opérateur principale de la francophonie en remplaçant l'AUF.

L’Organisation internationale de la francophonie compte 56 États et gouvernements membres et 19 observateurs.

C’est le Sommet de la francophonie qui constitue la plus haute instance de l’OIF, il se tient tous les deux ans. (Ouagadougou, Burkina Faso en 2004, Bucarest, Roumanie en 2006 et Québec, Canada en 2008). Celui de 2010 a eu lieu à Montreux, en Suisse (en remplacement d'urgence de Madagascar, sous le coup d'une suspension par l'OIF).

L’Organisation internationale de la francophonie repose sur cinq acteurs (un opérateur principal et quatre opérateurs directs) :

  • L’Agence intergouvernementale de la francophonie (AIF) qui gère notamment des programmes de coopération dans les domaines de l’éducation et de la culture ; le budget et les activités de l’AIF sont décidés lors des Conférences ministérielles de la francophonie.
  • L’Agence universitaire de la francophonie (AUF) ; fondée en 1961, elle rassemble des établissements d’enseignement supérieur et de recherche dans le monde.
  • L’Université Senghor d'Alexandrie (Égypte), créée par le Sommet de Dakar (Sénégal, 1989) ; l’enseignement s’y fait en langue française, elle a été reconnue d’utilité publique internationale.
  • L’Association internationale des maires francophones (AIMF) regroupe 156 capitales et métropoles de 46 pays francophones, s’intéresse aux problématiques d’urbanisme et de gestion municipale.
  • TV5 ainsi que France 24 sont les seules chaînes de télévision en langue française disponibles dans le monde entier ou presque.

Il existe par ailleurs d’autres organismes de la francophonie tels que le Conseil international des radios-télévisions d’expression française (CIRTEF) ou le Comité international des Jeux de la francophonie (CIJF).

L’organisation de la francophonie pourrait constituer un moyen de mettre en commun le patrimoine francophone, mais dans la pratique cet effort est laissé à l’initiative individuelle des éditeurs. Ceux-ci, pour le moment, concentrent surtout leurs efforts aux échanges entre la France et le Québec.

Sommet des chefs d’État et de gouvernement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sommet de la francophonie.
Drapeaux des membres de la francophonie

Le sommet de la francophonie, instance suprême de la francophonie multilatérale, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, se réunit en principe tous les deux ans afin de définir les grandes orientations politiques de la francophonie.

Sommet Lieu Dates
Ie Drapeau de la France Versailles 17-19 février 1986
IIe Drapeau du Québec Québec, Québec 2-4 septembre 1987
IIIe Drapeau : Sénégal Dakar 24-26 mai 1989
IVe Drapeau de la France Paris 19-21 novembre 1991
Ve Drapeau de Maurice Grand Baie 16-18 octobre 1993
VIe Drapeau du Bénin Cotonou 2-4 décembre 1995
VIIe Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Hanoï 14-16 novembre 1997
VIIIe Drapeau du Nouveau-Brunswick Moncton, Nouveau-Brunswick 3-5 septembre 1999
IXe Drapeau du Liban Beyrouth 18-20 octobre 2002
Xe Drapeau du Burkina Faso Ouagadougou 26-27 novembre 2004
XIe Drapeau : Roumanie Bucarest 28-29 septembre 2006
XIIe Drapeau du Québec Québec, Québec 17-19 octobre 2008
XIIIe Drapeau de la Suisse Montreux 22-24 octobre 2010
XIVe Drapeau de la République démocratique du Congo Kinshasa 12-14 octobre 2012
XVe Drapeau : Sénégal Dakar fin novembre 2014[4]

Secrétaire général[modifier | modifier le code]

Le poste de Secrétaire général fut créé en 1997 au VIIe Sommet de la francophonie à Hanoï.

Boutros Boutros-Ghali, Drapeau de l'Égypte Égypte 
secrétaire général du 16 novembre 1997 au 31 décembre 2002.
Abdou Diouf, Sénégal Sénégal 

Conseil permanent de la francophonie[modifier | modifier le code]

Outre la conférence des ministres chargés de la francophonie, existent la Conférence des ministres francophones de l’éducation nationale des pays ayant le français en partage (CONFEMEN) et la Conférence des ministres francophones de la Jeunesse et des Sports des pays d’expression française (CONFEJES). Le Conseil permanent regroupe des personnalités renommées de différents domaines.

Assemblée parlementaire de la francophonie (APF)[modifier | modifier le code]

Cette assemblée rassemble des représentants des parlements nationaux.

Comité international des Jeux de la francophonie (CIJF)[modifier | modifier le code]

Le Comité international des Jeux de la francophonie (CIJF) veille à la mise en place des Jeux de la francophonie.

Niamey, capitale du Niger, a accueilli la 5e édition du 7 au 17 décembre 2005. Beyrouth, capitale du Liban, a accueilli la 6e édition du 27 septembre au 6 octobre 2009, et Nice, en France, a accueilli ceux de 2013[5].

Opérateurs de la francophonie[modifier | modifier le code]

Les opérateurs directs de la francophonie se composent d’un opérateur principal, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), et de quatre opérateurs directs qui sont :

Agence de coopération culturelle et technique[modifier | modifier le code]

Fondée en 1970, sous le nom d'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), cette organisation intergouvernementale est chargée d’intensifier la coopération culturelle et technique entre ses membres, elle intervient comme opérateur principal de la francophonie dans les domaines suivants : éducation et formation (à l’exception de l’enseignement supérieur), sciences et techniques (à l’exception de la recherche), agriculture, culture et communication (à l’exception de la télévision), droit (à l’exception de la démocratie locale), environnement et énergie. Les domaines exclus précédemment sont de la compétence des autres opérateurs directs.

Cette organisation est alliée au Forum francophone des affaires[6], seule organisation économique qui lui est associée. Ce forum fédère les acteurs économiques de ces pays. Au point d’intersection des domaines politiques et économiques, le FFA facilite le développement des relations et des échanges entre acteurs économiques publics et privés.

Agence universitaire de la francophonie (AUF)[modifier | modifier le code]

Agence universitaire de la francophonie
Adresse physique 3034, Boul. Edouard-Montpetit
Montréal, Québec,
H3T 1J7, Canada
Adresse postale Case postale du Musée
C.P. 49714 Montréal, Québec
H3T 2A5, Canada
Téléphone +1 514 343-6630
Site http://www.auf.org

Créée en 1961, l’Agence universitaire de la francophonie (anciennement « Association des universités partiellement ou entièrement de langue française ») est une institution multilatérale qui soutient la coopération et la solidarité entre les institutions universitaires travaillant en français, prioritairement avec les pays francophones d’Afrique, du Monde arabe, d’Asie du Sud-Est, d’Europe centrale et orientale et des Antilles. Elle contribue également au développement de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Plus de 500 établissements (universités publiques et privées, instituts d’enseignement supérieur, centres ou institutions de recherche, réseaux institutionnels et réseaux d’administrateurs liés à la vie universitaire), répartis dans les pays appartenant à l’OIF et au-delà, sont membres de l’AUF. À ces membres, il convient d’ajouter un réseau de plus de 350 départements d’études françaises d’établissements universitaires du monde entier. L’ensemble de ces établissements constitue un réseau unique de partenaires que l’AUF fédère et anime à travers ses huit programmes d’actions et de soutien.

L’AUF est présente dans plus de 40 pays, à travers ses bureaux régionaux, ses centres d’accès à l’information, ses campus numériques ou ses instituts de formation. Son siège se trouve à l’Université de Montréal au Canada. Depuis 1989, l’Agence est un opérateur direct de l’OIF et elle participe, grâce au soutien des états et gouvernements ayant le français en partage, à la construction et à la consolidation d’un espace scientifique en français.

TV5[modifier | modifier le code]

TV5MONDE
Adresse 131, avenue de Wagram,
75805 Paris Cedex 15,
France
Téléphone +33 (0)1 44 18 55 55
Site http://www.tv5.org
Article détaillé : TV5 Monde.

Créée en 1984, la télévision internationale francophone TV5 rassemble des chaînes européennes de langue française (France Télévisions, l’INA, ARTE France, RFO, la RTBF pour la Belgique et la RTS pour la Suisse), ainsi que le consortium de télévision Radio-Canada et Télé-Québec, avec le Conseil international des radios-télévisions d’expression française (CIRTEF).

Diffusant 24 heures quotidiennes dans le monde entier (son audience est estimée à plus de 180 millions de foyers), elle a pour mission de développer des programmes régionaux répondant aux attentes de publics diversifiés.

Université Senghor d'Alexandrie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Université Senghor d'Alexandrie.

Association internationale des maires francophones (AIMF)[modifier | modifier le code]

Association internationale des maires francophones
Adresse 9, rue des Halles
75001 Paris
France
Téléphone +33 (0)1 44 88 22 88
Télécopie +33 (0)1 40 39 06 62
Courriel sp@aimf.asso.fr
Site http://www.aimf.asso.fr

Fondée en 1979, l’AIMF devient un opérateur direct de la francophonie lors du Sommet de Cotonou en 1995. Elle a pour mission d’établir entre les maires et les responsables des capitales et des métropoles partiellement ou totalement francophones une coopération étroite dans tous les domaines de l’activité municipale (gestion des collectivités locales, élaboration de programmes d’informatisation, formation du personnel).

Son président actuel est Bertrand Delanoë, maire de Paris (élu président de l’AIMF en 2001).

Forum mondial de la langue française[modifier | modifier le code]

Le Forum mondial de la langue française permet à la société civile et à la jeunesse des cinq continents de se réunir tous les trois ans, pour débattre des enjeux relatifs à la langue française et réfléchir à son avenir dans un cadre non institutionnel. Il est aussi une occasion de célébrer les multiples expressions de cette langue à travers des festivités et manifestations culturelles[7].

Forum Lieu Dates
Ie Drapeau du Québec Québec, Québec 2-6 juillet 2012
IIe Drapeau de la Wallonie Liège, Wallonie 20-23 juillet 2015

Membres de l’Organisation internationale de la francophonie[modifier | modifier le code]

L’Organisation internationale de la francophonie compte, en 2013, 57 États et gouvernements membres[8] (dont 3 membres associés) et 20 observateurs, répartis en 7 régions du monde. Parlé par 220 millions de locuteurs francophones réels dans le monde (évaluation Organisation mondiale de la francophonie : 2007)[9], le français a statut de langue officielle, seul ou avec d’autres langues, dans 32 États et gouvernements membres de l’OIF.

Europe[modifier | modifier le code]

L'OIF en Europe en 2012.
 

Amérique et Caraïbes[modifier | modifier le code]

L'OIF en Amérique en 2012.
L'OIF en Afrique du Nord et au Moyen-Orient en 2012.
L'OIF en Asie et dans le Pacifique en 2012.
 

Afrique du Nord et Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

 

Asie et Pacifique[modifier | modifier le code]

Afrique (hors Afrique du Nord)[modifier | modifier le code]

L'OIF en Afrique en 2012.

Afrique de l’Ouest[modifier | modifier le code]

 

Afrique centrale[modifier | modifier le code]

 

Afrique de l’Est
et océan Indien
[modifier | modifier le code]

Notes :

  • La classification par région est celle publiée officiellement par l’Organisation internationale de la francophonie.
  • (a) : membre associé.
  • (o) : membre observateur.
  • (s) : membre suspendu.

Cas particuliers au sein des pays membres[modifier | modifier le code]

Cas de la Belgique[modifier | modifier le code]

La Belgique est représentée dans l'OIF par le gouvernement fédéral et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ces deux gouvernements y ayant chacun le statut de « membres ». Néanmoins, la Fédération Wallonie-Bruxelles a l'exclusivité de la participation belge dans certains domaines, par exemple, la représentation parlementaire belge au sein de l'Assemblée parlementaire de la francophonie[11]. Les délégations belges sont composées de membres du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de membres francophones de la Chambre des représentants et du Sénat : « L'Assemblée générale de la Section de l'APF de la Belgique/Communauté française/Wallonie-Bruxelles est composée de tous les membres du Parlement de la Communauté française ainsi que des membres de la Chambre et du Sénat appartenant au groupe linguistique français de ces deux Assemblées. » dans les statuts de la section de la Belgique/Communauté française/Wallonie-Bruxelles de l'Assemblée parlementaire de la francophonie[12].

La Région wallonne prend indirectement part à la délégation de la Communauté française[13] mais n'est reconnue comme membre de l'organisation car la plupart des membres du gouvernement de la Fédération Wallonnie-Bruxelles sont membres du gouvernement wallon[14]. Cette synergie entre les gouvernements communautaire et régional existe depuis le 26 novembre 1996 par la signature d'un accord de coopération[15]. La communauté française de Belgique rassemble les communes francophones de la Région wallonne et les communes bilingues de la région de Bruxelles-Capitale. Toutefois, des francophones vivent également en Région flamande sans y être représentés.

Cas du Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, les gouvernements du Québec (depuis 1971) et du Nouveau-Brunswick (depuis 1977) ont le statut de « gouvernements participants » au sein de l'OIF et de son prédécesseur, l'Agence de coopération culturelle et technique.

Une entente entre les gouvernements du Québec et du Canada est intervenue le 7 novembre 1985 afin de préciser les modalités de la participation des deux ordres de gouvernement aux délibérations des Sommets de la francophonie. L'entente, qui balise la participation du Québec et du Canada aux sommets, a été étendue au gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Les autres provinces et territoires canadiens sont représentés par la participation du gouvernement fédéral.

Cas de la France[modifier | modifier le code]

La France est très influente par la participation de ses associations et organisations non gouvernementales ou de certains organismes d’État sur le plan culturel et scientifique qui disposent d’une autonomie de fonctionnement assez large pour leur permettre de travailler dans des domaines de coopération internationale (telles les universités et bibliothèques).

Le statut des collectivités françaises d’outre-mer disposant d’un gouvernement propre leur permet d’adhérer directement à certaines organisations internationales et d’être parties à certains traités, ce qui leur permettrait d’adhérer directement à l’organisation. Toutefois, ce mouvement est freiné par l’opposition des souverainistes qui y verraient une reconnaissance par le gouvernement français de leur plus grande autonomie. Certains pays français d’outre-mer (et même certains départements d’outre-mer) sont pourtant déjà parties de certains traités internationaux reconnus par la France, notamment en matière de coopération régionale (notamment économique, environnementale ou judiciaire), et tous collaborent largement par leurs structures locales culturelles, de recherche et d’enseignement.

Cas du Liban[modifier | modifier le code]

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Première langue « étrangère » en usage au Liban, le français est à la fois langue de culture et de communication. 45 % de la population libanaise est entièrement ou partiellement francophone et 55 % des Libanais ignorent totalement cette langue. Le Liban compte 30 % d’anglophones donc le français a une longueur d’avance sur l’anglais, car il est davantage pratiqué dans les classes aisées économiquement, et, quand il touche toutes les classes de la population, il est généralement beaucoup plus présent chez les jeunes encore scolarisés et a tendance à décroître au fur et à mesure que l’on avance en âge. La connaissance et le niveau de français au Liban ne sont pas homogènes entre les différentes institutions scolaires. L’avenir de la langue française au Liban dépend du renforcement de beaucoup de facteurs plus particulièrement dans les domaines de l’audiovisuel, d'où il tend à disparaître en accord avec la politique des dirigeants en place depuis la fin de la guerre 1975-1990.

Cas du Qatar[modifier | modifier le code]

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Bien que la proportion de francophones dans ce petit état du Golfe soit ténue, son entrée dans l'organisation peut être justifiée par au moins trois raisons :

  • Les relations étroites qu'entretiennent Paris et Doha.
  • L'intérêt géopolitique pour le Qatar d'entrer dans une telle organisation. D'une part cela permet à ses dirigeants de bénéficier du "tremplin" géopolitique qu'offrent les membres de l'OIF, en particulier la France (détentrice d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU entre autres). D'autre part cela lui permet de resserrer les liens avec les membres de l'OIF, en particulier avec les pays africains, dans la perspective de damer le pion aux autres pétro-monarchies dans la course à la location de terres arables, la conquête de nouveaux marché et de matières premières non minérales (bois, caoutchouc...).
  • La France s'accorde la "garantie" de bonnes relations avec cet investisseur mais aussi un point d'appui dans le golfe persique. Cette région étant instable mais pourtant économiquement vitale, les chancelleries occidentales comme celle de la France ont besoin d'une alliée dans la région.

Les parties concernées ont en fait chacune intérêt à cette adhésion[16].

Communautés francophones de pays non membres[modifier | modifier le code]

Cas de l'Algérie[modifier | modifier le code]

L’Algérie est le 3e pays comptant le plus de francophones après la France et le Congo. Le recensement de 2008 y a décompté 11,2 millions de personnes, âgées de cinq ans et plus, déclarant savoir lire et écrire le français[17]. Non membre de l'Organisation internationale de la francophonie, l'Algérie est incitée à rejoindre l'organisation et est parfois désignée à tort par les institutions françaises comme la « seconde communauté francophone au monde avec 16 millions de locuteurs »[18].

Cas des États-Unis[modifier | modifier le code]

Les États-Unis n’ont pas de langue officielle définie constitutionnellement au niveau fédéral, bien que l’anglais soit prédominant et requis dans nombre d’actes de la vie civile, à l’exception de certains États ou comtés où les communautés francophones sont davantage présentes. L’enseignement des langues ne revêt pas de caractère obligatoire pour les résidents même si l’apprentissage de l’anglais est aujourd’hui une condition nécessaire pour l’obtention de la citoyenneté américaine (ces règles dépendent toutefois de l’État de résidence, où d’autres langues sont aussi utilisées localement telles l’espagnol ou l’allemand, et sont officiellement unilingues ou bilingues).

Le droit à l’expression dans sa langue maternelle est cependant reconnu par le droit de recourir aux interprètes, notamment dans les actes judiciaires. Les textes de loi historiques ne sont pas tous rédigés en anglais, et que ceux-ci restent à l’appréciation des juges, l’usage de la jurisprudence étant souvent plus fréquent et fort que les lois.

L’État de Louisiane admet dans sa Constitution le droit à l’usage du français dans les actes civils, y compris pour l’acquisition de citoyenneté (dans d’autres États, l’espagnol est aussi admis, et est même presque obligatoire dans le territoire non incorporé de Porto Rico. La communauté francophone est également importante en Californie et à New York. La question de l’adhésion à la Francophonie des États de Louisiane, ainsi que du Maine et du Vermont (où les francophones sont nombreux) y est discutée, mais pose problème car de nombreuses autres communautés linguistiques coexistent dans tous les États, et la charte de la francophonie pose des problèmes liés au conflit d’intérêt avec la politique fédérale à laquelle sont soumis tous les États. Il est à noter que la Louisiane était représentée au sommet de Québec (2008) en qualité d'invité spécial.

Dans les faits, seul Porto Rico possède un statut officiel approuvé constitutionnellement pour une autre langue que l’anglais, car celui-ci dispose d’une autonomie plus large. Pour les autres États, le gouvernement fédéral met un veto à l’adhésion des États à des communautés linguistiques reconnues, car les États-Unis sont formés d’une mosaïque de nombreuses langues (y compris aborigènes) qui dès lors voudraient toutes obtenir un statut spécial pour leur reconnaissance. De fait, la situation actuelle conduit au statu quo, et aucun État, ni le gouvernement fédéral n’a pour l’instant émis le souhait officiel d’adhérer à la francophonie, pas même à titre d’observateur.

En 2011, on recense près de 1,7 million de personnes de langue maternelle française mais 6 à 12 millions d'Américains parlent le français. Ils sont donc, à la fois, anglophones et francophones[19].

Cas d'Israël[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Israël et la francophonie.

En Israël, 15 % de la population environ serait déclarée francophone[20].

Cas de l'Amapá[modifier | modifier le code]

On estime à environ 20 000 le nombre de locuteurs du créole amapá, à base de français, dans la région de la capitale Macapá, témoignage d'une ancienne présence française dans la région, le territoire ayant souvent été disputé entre la France et le Brésil.

L’État brésilien de l'Amapá a rendu en 1999 obligatoire l'enseignement du français dans les écoles publiques, à la suite d'une loi fédérale de 1998 obligeant les écoles publiques du pays à enseigner au moins une langue étrangère[21].

Le choix de l'Amapá pour la langue française s'explique par une volonté de rapprochement avec la Guyane française, limitrophe, voire d'une volonté de désenclavement, vu l'isolement pour des raisons géographiques de cet État par rapport au reste du Brésil.

Cas de la Syrie[modifier | modifier le code]

La Syrie, tout comme le Liban, a été administrée par la France de 1920 à 1946, sous un régime de mandat de la SDN. Une grande influence française demeure présente depuis l'époque de la Syrie mandataire, et il y a un grand nombre de francophones, particulièrement parmi les élites chrétiennes d'Alep et de Damas.

Cas du Saint-Siège[modifier | modifier le code]

Le Saint-Siège est officiellement désigné comme un État francophone auprès des instances internationales. Il emploie le français comme langue diplomatique officielle.

Cas de l'Italie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Francophonie en Vallée d'Aoste.

En Italie, le français est une des deux langues officielles dans la Vallée d'Aoste. La langue française et la langue italienne y sont sur un pied d'égalité à tout niveau et dans tous les domaines.

La Vallée d'Aoste représente le seul régime de bilinguisme d'Italie visant à ne pas créer des communautés linguistiques séparées, grâce à un système d'apprentissage scolaire égalitaire (la même quantité d'heures d'apprentissage est consacrée aux deux langues, le choix de la langue d'enseignement des autres matières est confié à la discrétion du professeur). Chaque Valdôtain est supposé connaître les deux langues, ce qui constitue la réalité, avec des déséquilibres, surtout en faveur de l'italien, sans pourtant que se vérifie jamais une situation de monolinguisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « L’Organisation internationale de la francophonie (page 53) », sur www.francophonie.org (consulté le 13 février 2011)
  2. En comptant la Guinée-Bissau, Madagascar et la Centrafrique qui sont suspendus de l'organisation pour cause de coup d'État.
  3. « Historique de la francophonie », sur www.elysee.fr (consulté le 27 mai 2010)
  4. http://www.lequotidien.sn/index.php/societe/item/18272-francophonie-remise-des-pr%C3%A9-requis-techniques-et-mat%C3%A9riels-pour-le-xv%C3%A8me-sommet-abdoul-aziz-mbaye-vend-dakar
  5. Site des jeux de la francophonie
  6. « Qu'est ce que le Forum Francophone des Affaires ? », sur www.ffa-int.org (consulté le 27 mai 2010)
  7. http://www.francophonie.org/Forum-mondial-de-la-langue-44302.html
  8. « Liste des pays membres de la francophonie par régions du monde », sur www.francophonie.org.
  9. « 20mars.francophonie.org. »
  10. Fédération Wallonie-Bruxelles sur le site de l'OIF
  11. « Sur le plan multilatéral, le Parlement est présent sur la scène internationale francophone depuis 1984 en tant que moteur et siège de la section Belgique/Communauté française/ Wallonie-Bruxelles de l'APF dont elle assure l'exclusivité de la représentation parlementaire francophone belge.  » « Francophonie et Assemblée parlementaire de la francophonie (APF) » sur le site officiel du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  12. « Statuts de la section de la Belgique/Communauté française/Wallonie-Bruxelles de l'Assemblée parlementaire de la francophonie » sur le site officiel du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  13. Françoise Massart-Piérard, Professeure à l'UCL, Unité de science politique et de relations internationales, L'apport de la Wallonie au fédéralisme - Wallonie et Francophonie internationale, le difficile apport au fédéralisme? in Philippe Destatte (directeur), L'idée fédéraliste dans les États-Nations Presses interuniversitaires européennes, Bruxelles, 1999, pp. 351-368. Cette spécialiste écrit :La Région wallonne est reconnue sur le plan international au sein de l'Organisation intergouvernementale de la francophonie (termes de l'époque où l'article a été publié), par une convention d'avril 1994 signée par son Ministre-Président, le représentant de la Communauté Wallonie-Bruxelles et le Secrétaire de l'Agence. (p.359).
  14. Françoise Massart-Piérard: Lors des conférences ministérielles de la francophonie (CMF), composées des ministres des affaires étrangères ou des Ministres responsables de la francophonie de tous les États et gouvernements partenaires, la délégation de la Communauté française de Belgique est dirigée par le Ministre des Relations internationales des gouvernements de la Communauté française de Belgique et de la Région wallonne, op.cit.,p.360.
  15. « Cet accord jette les premières bases d'une coordination qui se concrétise aujourd'hui par un regroupement, au sein d'un même bâtiment et sous une seule autorité, des entités de la Région wallonne et de la Communauté française œuvrant sur la scène internationale. » « Région wallonne et Communauté française », sur www.wallonie.be.
  16. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/10/13/francophonie-l-entree-du-qatar-comme-membre-associe-fait-polemique_1775174_3218.html
  17. Organisation internationale de la francophonie, La langue française dans le monde 2010, Nathan, 2010 (ISBN 978-2-09-882407-2), p. 9.
  18. Délégation générale à la langue française et aux langues de France, « Références 2012 : la langue française dans le monde », 2012 (ISSN 1958-525X), p. 3.
  19. Le français, quelle histoire !, page 17 - Prenons langue.
  20. Le français, quelle histoire ! pages 12-13 - Prenons langue
  21. Évaluation du projet francophonie et citoyenneté, formation de formateurs d’enseignants en langue franançaise, État d’Amapa, Brésil (Synthèse du rapport définitif en français) - GREF, décembre 2004.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georg Glasze, « The Discursive Constitution of a World-spanning Region and the Role of Empty Signifiers: the Case of Francophonia », Geopolitics, vol. 4, pages 656-679, 2007 ([1]).
  • Olivier Milhaud, Post-Francophonie ?, EspacesTemps.net, 2006 ([2]).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]