Oum Kalthoum

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Oum Kalthoum
Oum Kalsoum
أم كلثوم

Description de l'image  Umm Kulthum4.jpg.
Informations générales
Surnom l'« Astre d'Orient »
Nom de naissance Oum Kalthoum Ibrahim al-Sayyid al-Beltaguie
Naissance début du XXe siècle, date incertaine.
Tmaïe El Zahayira (Égypte Flag of Muhammad Ali.svg)
Décès 3 février 1975 (à 76 ans)
Le Caire (Égypte Drapeau : Égypte)
Activité principale Chanteuse, musicienne, actrice
Années actives 1923 - 1973

Oum Kalthoum ou Oum Kalsoum[1] (en arabe أم كلثوم), de son nom complet Oum Kalthoum Ibrahim al-Sayyid al-Beltagui, est une chanteuse, musicienne, danseuse et actrice égyptienne, née à Tmaïe El Zahayira (Égypte) à une date non déterminée[2] et morte le 3 février 1975 au Caire.

Surnommée l'« Astre d'Orient »[3], elle est considérée, plus de trente-cinq ans après sa mort, comme la plus grande chanteuse du monde arabe[4],[5].

Son engagement dans des œuvres caritatives lui valut le surnom de « cantatrice du peuple » .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La date de naissance d'Oum Kalsoum n'est pas clairement établie[3]. Certaines sources citent 1898[4], 1902 ou 1908[6] alors que les registres de la province d'Ad Daqahliyah indiquent la date du 4 mai 1904 comme celle de sa naissance. Cependant, il n'était pas rare, à cette époque-là, et surtout dans les régions rurales, d'enregistrer les enfants plusieurs mois ou années après leur naissance. Il est donc fort probable qu'Oum Kalthoum fût née durant les toutes premières années du XXe siècle.

Oum Kalthoum naît dans une famille pauvre de trois enfants. Son nom est inspiré de celui de la troisième fille de Mahomet et Khadija. Sa sœur Sayyida est de dix ans son aînée et son frère Khalid d'un an. Sa mère Fatma al-Malījī est femme au foyer et son père, al-Shaykh Ibrāhīim al-Sayyid al-Baltājī, est imam. Afin d'augmenter les revenus de la famille, il chante régulièrement des chants religieux lors de mariages ou de divers cérémonies dans son village et aux alentours[7]. La famille vit dans la petite ville d'al-Sinbillawayn, dans le delta du Nil[8].

C'est en écoutant son père enseigner le chant à son frère aîné qu'Oum Kalthoum apprit à chanter. Elle apprenait certaines chansons par cœur et lorsque son père se rendit compte de ce qu'elle savait ainsi que de la puissance de sa voix, il lui demanda de se joindre aux leçons. Très jeune, la petite fille montre des talents de chanteuse exceptionnels, au point qu'à 10 ans, son père la fait entrer — déguisée en garçon — dans la petite troupe de cheikhs qu'il dirige pour y chanter durant les Mawlid et d'autres fêtes religieuses[5]. À 16 ans, elle est remarquée par un chanteur alors très célèbre, Cheikh Abou El Ala Mohamed, et par un joueur de luth, Zakaria Ahmed, tous deux l'invitant à les accompagner au Caire. Elle attendra d'avoir atteint l'âge de 16 ans pour répondre à l'invitation, et pour se produire — toujours habillée en garçon — dans de petits théâtres, fuyant soigneusement toute mondanité.

Succès[modifier | modifier le code]

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Très vite, deux rencontres déterminent sa vie. Celle de Ahmed Rami tout d'abord, un poète qui lui écrira 137 chansons et l'initiera à la littérature française, qu'il a étudiée à la Sorbonne. Mohamed El Qasabji, ensuite - virtuose du luth, lui ouvre le Palais du théâtre arabe, l'occasion pour Oum Kalsoum de premiers grands succès (L'amoureux est trahi par ses yeux). En 1932, sa notoriété est telle qu'elle entame sa première tournée orientale : Damas, Bagdad, Beyrouth, Tripoli, Tunis, etc. Cette célébrité lui permet également, en 1948, de rencontrer Nasser, qui ne cache rien de son admiration. Il officialise en quelque sorte l'amour de l'Égypte pour la chanteuse, amour réciproque puisque Oum Kalsoum donnera de nombreuses preuves de son patriotisme.

1965

Parallèlement à sa carrière de chanteuse, elle s'essaie au cinéma (Weddad, 1936 ; Le chant de l'espoir, 1937 ; Dananir, 1940 ; Aïda, 1942 ; Sallama, 1945 et Fatma, 1947) mais délaisse assez vite le septième art, le face-à-face émotif avec le public lui faisant cruellement défaut. En 1953, elle épouse un homme qu'elle respecte et admire, son médecin depuis de nombreuses années, Hassen El Hafnaoui, en prenant soin d'inclure tout de même la clause du pouvoir à la dame qui lui permettrait de prendre elle-même la décision du divorce le cas échéant.

Multipliant les concerts internationaux, elle vient en France à l'Olympia en novembre 1967 ; et le président Charles de Gaulle lui envoie un télégramme de félicitations. Celle que l'on surnomme El Sett (la dame) commence à souffrir de graves crises néphrétiques.

Avec sa voix puissante et claire (Maria Callas aurait dit qu'Oum Kalthoum avait une voix incomparable — 14 000 vibrations par seconde)[réf. nécessaire], Oum Kalthoum chante la religion, l'amour et la nation égyptienne. Amie du président Nasser, elle constitue avec l'homme politique l'un des symboles les plus forts de l'unité nationale égyptienne. Peu après la guerre de 1967 avec Israël, elle donne une série de concerts nationaux et internationaux, dont elle reverse les bénéfices au gouvernement égyptien.

La diva reste également dans les cœurs comme la « Cantatrice du peuple », s'investissant dans des œuvres caritatives en faveur des plus déshérités, et donnant elle-même de l'argent aux plus pauvres. L'une de ses biographies note qu'elle aurait aidé plus de deux cents familles de paysans au cours de sa vie[réf. nécessaire]. Revendiquant ses propres origines paysannes, la chanteuse a toujours vécu sans ostentation, souhaitant rester proche de la majorité de ses compatriotes.

Décès et funérailles[modifier | modifier le code]

À partir de 1967, Oum Kalthoum souffre de néphrite aiguë. En janvier 1973, elle donne son dernier concert au Palais du Nil et les examens qu'elle subit à Londres révèlent qu'elle est inopérable. Aux États-Unis, où son mari la conduit, elle bénéficie un temps des avancées pharmaceutiques, mais en 1975, rentrée au pays, une crise très importante la contraint à l'hospitalisation. La population de son petit village natal du delta psalmodie toute la journée le Coran. Oum Kalthoum meurt le 3 février 1975 à l'aube.

Ses funérailles se déroulent à la mosquée Omar Makram du Caire où sont célébrés les plus grands musulmans. Le corps devait initialement être porté jusqu'à un véhicule qui l'aurait amené à sa dernière demeure, mais face à l'afflux de personnes venues pleurer la chanteuse, et contrairement à la tradition musulmane, les autorités ont repoussé les obsèques de deux jours. Les funérailles d'Oum Kalthoum ont déclenché des scènes de détresses collectives[9] et la foule venue saluer le corps a dépassé le nombre attendu. Des stars du cinéma, des poètes, des hommes d'affaires, des ambassadeurs, des ministres ainsi que de nombreux anonymes ont formé un cortège de plus d'1,5 km (pour environ trois millions de personnes[10]), formant le deuxième plus grand rassemblement d'Égypte, après les funérailles de Nasser[6]. Les Cairotes se sont emparés du cercueil et l'ont promené pendant trois heures dans les rues du Caire avant de le conduire à la mosquée al-Sayyid Husayn, une des favorites d'Oum Kalthoum. Là, le cheïkh de la mosquée a répété les prières funéraires et a prié les porteurs d'amener le cercueil à sa tombe, arguant qu'Oum Kalthoum était une femme pieuse et qu'elle aurait voulu être enterrée rapidement comme le recommande la religion musulmane[7]. Elle a été enterrée auprès de ses parents et de son frère, au Caire[5].

Voix et technique de chant[modifier | modifier le code]

Dotée d'un registre de contralto, elle est connue pour sa voix puissante et ses chants consacrés à la religion, l'amour et la nation égyptienne. Il est difficile de mesurer correctement l'étendue de sa voix car nombre de ses chansons ont été enregistrées en direct et elle prenait soin de ne pas forcer sa voix à cause de la durée de ses performances.

Oum Kalthoum a acquis sa technique de chant durant son enfance lorsqu'elle récitait des versets du Coran, ce qui lui a permis de développer sa voix car ces récitations requièrent une sensibilité musicale de l'oreille et des techniques proches des méthodes utilisées pour entraîner les chanteurs d'opéra ou de chœurs[11].

Influence et héritage[modifier | modifier le code]

Charles de Gaulle l'appelait « La Dame » et Maria Callas « La Voix Incomparable ». En Égypte et au Moyen-Orient, Oum Kalthoum est considérée comme la plus grande chanteuse et musicienne. Aujourd'hui encore, elle jouit d'un statut presque mythique parmi les jeunes Égyptiens. Elle est également très populaire en Israël et en Palestine parmi les Juifs et les Arabes et ses disques se vendent encore à environ un million d'exemplaires par an.[réf. nécessaire]

En 2001, le gouvernement égyptien a inauguré le musée Kawkab al-Sharq (« astre de l'Orient ») en mémoire de la chanteuse. Le musée abrite une série d'effets personnels ayant appartenu à Oum Kalthoum, dont ses célèbres lunettes de soleil et écharpes, mais également des photos, des enregistrements et d'autres objets d'archives[12].

Discographie choisie[modifier | modifier le code]

  • Ya Karawan, 1926
  • Othkorene (« Souviens-toi de moi »), 1939
  • Raq il Habib, 1941
  • Kull al-ahabbah, 1941
  • Ghulubt asalih, 1946
  • Yali Kan Yashqiq Anini, 1949
  • Rubaiyat Al-Khayyam ("Quatrains d'Omar Khayyám"), 1950 - en maqam rast
  • Ya Zalemny, 1954
  • Dhikrayatun (Qessat Hobbi), 1955
  • Dalili Ehtar, 1955 - en maqam kurd
  • Gharib' Ala Bab erraja, 1955
  • 'Awwidt 'ayni, 1958 - en maqam kurd
  • Arouh li Min, 1958 - en maqam rast
  • Hagartek ou Hajartak (« Je t'ai abandonné »), EMI, 1959
  • Hobb Eih (« Quel amour »), 1960 - en maqam bayyati
  • Howwa Sahih El-Hawa Ghallab, 1960
  • Lessa Faker, 1960 - en maqam ajam
  • Ansak Ya Salam, 1961 - en maqam rast
  • Hayart Albi Ma'ak (« Tu as troublé mon cœur »), 1961 - en maqam nahwand
  • Hasibak lil-zaman, 1962
  • Zalamna El Hob (« Nous avons péché contre l'amour »), 1962
  • Touf we Chouf, 1963
  • Betfaker fi Meen (« À qui penses-tu ? »), 1963 - en maqam bayati
  • Sirat el Houb, 1964 - en maqam sikah
  • Enta Omri (« Tu es ma vie »), 1964 - en maqam kurd
  • Araka asiya al-dam, 1964
  • Lel Sabr Hedod (« La patience a ses limites »), 1964 - en maqam sikah
  • Enta el Hobb (« Tu es l'amour »), 1965 - en maqam nahwand
  • Baïd Anak (« Loin de toi »), 1965 - en maqam bayyati
  • Amal Hayati (« Espoir de ma vie »), 1965
  • Fakarouni, 1966 - en maqam rast
  • Al Atlal (« Les Ruines »), 1966 - en maqam huzam
  • Hadeeth el Rouh, 1967 - en maqam kurd
  • Fit al-ma' ad (« Il est trop tard »), 1967 - en maqam sikah
  • Hathehe Laylati (« Ceci est ma nuit »), 1968 - en maqam bayyati
  • Alif Leila wa Leila (« Les Mille et Une Nuits »), 1969 - en maqam nahawand
  • Aqbal al-layl, 1969
  • Wi-darit il-ayyam (« Et les jours passèrent »), 1970 - en maqam nahwand
  • Es'al Rouhak (« Demande à ton âme »), 1970 - en maqam hugaz kar
  • Aghadan alqak, 1971 - en maqam ajam
  • El Hobb Kolloh (« Tout l'amour »), 1971 - en maqam rast
  • Ya Msaharny (« Tu me tiens éveillée la nuit »), 1972
  • Men Agl Aynayk, 1972
  • Rihab al-huda (al-Thulathiyah al-Muqaddisah), 1972
  • Hakam 'alayna al-haw'a, 1973
  • Leilet Hobb (« Nuit d'amour »), 1973

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ysabel Saïah-Baudis, Oum Kalsoum, L'étoile de l'Orient, Éditions du Rocher, 2004, 291 pages. ISBN 2 268 05088 2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En langue française. Son nom a été translittéré de plusieurs façons en alphabet romain :
    Umm Kulthum en anglais, Umm Kalzum en espagnol, Om Khalsoum en suédois, Om Kalsoum en norvégien et sarde, Um Kultum en serbo-croate et slovène, Umma Kulsūma en letton, Ümmü Gülsüm en turc, ou bien parfois Om Kalthoum, Om Kaltoum, Om Kolthom, Om Kolthoum, Om Kolthum, Om Koultoum, Om Koulsum, Omm Kolsoum, Omme Kolsoum, Oum Kalsoum, Oum Kalthum, Oumme Kalsoum, Um Kalsum, Um Kalthoom, Umm Khalsoum, Umm Kolthoum ou encore Umm Kultūm.
  2. 1898, 1902, 1904 ou 1908 selon les sources.
  3. a et b Oum Kalsoum, la quatrième pyramide, Institut du monde arabe.
  4. a et b Umm Kolthoum, biographie, Service égyptien de l'information.
  5. a, b et c Biographical Dictionary of Modern Egypt, p.218.
  6. a et b Umm Kalthum - Legendary songstress of the Arabs, Al Jadid Magazine - A Review & Records of Arab Culture and Arts, Vol. 1, No. 1 novembre 1995.
  7. a et b Shaping tradition in Arabic song: The career and repertory of Umm Kulthum, Virginia Louise Danielson, University of Illinois, 1991, Ph.D. thesis, p. 57 - 75.
  8. The Voice of Egypt: Umm Kulthum, Arabic Song, and Egyptian Society in the Twentieth Century, p. 21.
  9. Oum Kalthoum : les mille et une vies d'une Diva, Les Inrockuptibles, 20 mars 2008.
  10. World Music: The Basics, Richard Nidel, Routledge, 2004, ISBN 978-0-415-96800-3, p.189.
  11. The Modern Middle East, Ilan Pappé, Routledge, 2005, ISBN 0-415-21409-2, p.167.
  12. Rakha, Youssef and El-Aref, Nevine, "Umm Kulthoum, superstar", Al-Ahram Weekly, 27 décembre 2007.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]