Georges Pompidou

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Georges Pompidou
Georges Pompidou, en 1965.
Georges Pompidou, en 1965.
Fonctions
19e président de la République française
20 juin 19692 avril 1974
(4 ans, 9 mois et 13 jours)
Élection 15 juin 1969
Premier ministre Jacques Chaban-Delmas
Pierre Messmer
Prédécesseur Charles de Gaulle
Alain Poher (intérim)
Successeur Alain Poher (intérim)
Valéry Giscard d'Estaing
Député de la 2e circonscription du Cantal
11 juillet 196815 juin 1969
2e Premier ministre français
(150e chef du gouvernement)
14 avril 196210 juillet 1968
(6 ans, 2 mois et 26 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou I
Georges Pompidou II
Georges Pompidou III
Georges Pompidou IV
Prédécesseur Michel Debré
Successeur Maurice Couve de Murville
Membre du Conseil constitutionnel
5 mars 195914 avril 1962
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Bernard Chenot
Biographie
Nom de naissance Georges Jean Raymond Pompidou
Date de naissance 5 juillet 1911
Lieu de naissance Montboudif, Cantal, France
Date de décès 2 avril 1974 (à 62 ans)
Lieu de décès 4e arrondissement de Paris, France
Parti politique UNR, UDR
Conjoint Claude Cahour
Enfant(s) Alain Pompidou (adoptif)
Diplômé de École normale supérieure
École libre des sciences politiques
Profession Professeur de français, latin, grec
Universitaire
Haut fonctionnaire
Religion Catholicisme
Premiers ministres français
Présidents de la République française

Georges Pompidou, né le 5 juillet 1911 à Montboudif (Cantal) et mort le 2 avril 1974 dans le 4e arrondissement de Paris, est un haut fonctionnaire et homme d'État français. Il est le 19e président de la République française du 20 juin 1969 au 2 avril 1974.

Agrégé de lettres, maître des requêtes honoraire au Conseil d'État et ancien directeur général de la Banque Rothschild, il devient membre du Conseil constitutionnel de 1959 à 1962, puis occupe, durant la présidence de Charles de Gaulle, la fonction de Premier ministre du 14 avril 1962 au 10 juillet 1968.

Il est élu 19e président de la République française, lors de l'élection présidentielle de 1969, avec 58,21 % des suffrages exprimés, face à Alain Poher, le 15 juin 1969. Il exerce la fonction de président de la République du 20 juin 1969, jusqu'à sa mort, le 2 avril 1974.

Il reste, à ce jour, l'unique président de la Ve République dont le mandat a été interrompu par la mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Georges Jean-Raymond Pompidou est le fils de Léon Pompidou (1887-1969), instituteur puis professeur d'espagnol, et de Marie-Louise Chavagnac (1886-1945), institutrice. Sa sœur cadette, Madeleine Pompidou (Albi, 10 novembre 1920), agrégée de lettres classiques, épouse en 1946 Henri Domerg (1922), agrégé de grammaire et inspecteur général de l'instruction publique.

Le futur Président est ainsi fils d'enseignants et petit-fils, tant du côté paternel que du côté maternel, de familles paysannes cantaliennes très modestes. Il est à ce titre un exemple typique de la promotion sociale par l'instruction publique sous la IIIe république : grand-père agriculteur, père instituteur, fils haut fonctionnaire puis membre du personnel politique. Ses parents, instituteurs républicains, admirent Jean Jaurès[1]. Son père milite à la SFIO, ce qui conduit Georges Pompidou à épouser les thèses socialistes dans sa jeunesse[2].

(Voir plus bas le paragraphe Généalogie).

Origine et signification du patronyme Pompidou[modifier | modifier le code]

Le patronyme (occitan) Pompidou désigne celui « qui est originaire du Pompidou », nom de plusieurs hameaux dans le Cantal, notamment à Glénat, hameau qui est sans doute à l'origine de la famille de Georges Pompidou, mais aussi dans le LotSoturac), et dans l'AveyronMillau), ainsi qu'en Corrèze et en Lozère (commune du Pompidou). Le toponyme lui-même désignerait un petit plateau, une hauteur au sommet aplati, d'une racine pomp-, de sens obscur, et du suffixe -idou, -idor, -ador[3].

On trouve aussi des variantes orthographiques avec la même signification, notamment Pompadour, Pompidor.

Études[modifier | modifier le code]

Il commence sa scolarité à Albi, où son père a été nommé. Jeune homme dilettante mais élève brillant, il obtient le premier prix de version grecque au concours général en 1927[4]. Après avoir passé son baccalauréat au lycée Lapérouse d'Albi, il fait ses classes préparatoires au lycée Pierre-de-Fermat de Toulouse puis au lycée Louis-le-Grand aux côtés de Léopold Sédar Senghor et d'Aimé Césaire. Hostile à l'Action française, il milite à la LAURS (faisant parfois le coup de poing avec des militants de la droite nationaliste) et s'inscrit au début de 1930 à une société secrète d'inspiration trotskiste qu'il appelle dans ses lettres « Le Front unique »[2]. Il se passionne pour la litterature et la politique, en particulier pour la SFIO, où il admire Paul Boncour.

Carrière de fonctionnaire[modifier | modifier le code]

Hésitant entre une carrière dans la haute fonction publique (il prépare Sciences Po et aurait souhaité passer le concours d'inspection des Finances) et dans les lettres, il est reçu à l'École normale supérieure en 1931, il est cacique de l’agrégation de lettres trois ans plus tard et commence une carrière de professeur. Il enseigne d'abord comme professeur de français, latin et grec en troisième à Marseille au lycée Saint-Charles, puis à Paris au lycée Henri-IV où il est chargé de classes de lettres supérieures et de préparation à l'École coloniale.

Le 29 octobre 1935, il épouse Claude Cahour (1912-2007). N'ayant pas d'enfant, le couple adopte un fils, Alain Pompidou (Paris, 5 avril 1942), médecin - universitaire (spécialisé dans les maladies du sang et notamment le VIH), lui-même père de trois fils : Thomas (1969), Romain (1972) et Yannick (1973).

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Georges Pompidou effectue son service militaire à l'école militaire de l'infanterie de Saint-Maixent. Il est mobilisé en 1940, au 141e régiment d'infanterie alpine. Parlant allemand, il est nommé officier de renseignement dans son régiment qui opère en Allemagne, en Alsace, en Bretagne, et enfin lors des combats de la Somme. Il est décoré de la Croix de guerre en même temps que son régiment à cette occasion. Le jeune lieutenant est démobilisé après la bataille de France et revient alors redonner ses cours d'hypokhâgne au lycée Henri-IV[5].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille à l’édition critique de Britannicus[6] et envisage d'écrire des scénarios.

Causes de la mort[modifier | modifier le code]

Le président était atteint de la Maladie de Waldenström. Il est finalement mort d'une septicémie.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Sous la IVe République (1946-1958)[modifier | modifier le code]

À la Libération, ce professeur d'hypokhâgne (professeur de classes préparatoires littéraires) au lycée Henri-IV, qui, de son propre aveu, ne s'est pas engagé pendant l'Occupation, obtient en 1944, par le biais d'un ami gaulliste René Brouillet (qu'il a connu à l'École normale supérieure[7]), un poste de chargé de mission pour l'Éducation nationale au Cabinet du général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République française dont il devient progressivement un homme de confiance. Après le départ du Général, Directeur du Commissariat au Tourisme (1946-1949), il devient maître des requêtes au Conseil d'État mais reste un conseiller très proche, s'occupant notamment de la fondation Anne-de-Gaulle. Il dirige son cabinet jusqu'en 1953 mais s'implique peu dans la construction du RPF de Soustelle dont il pressent les risques (risque de compromission avec la quatrième République). Lors de la mise en sommeil par de Gaulle du RPF, il recrute Olivier Guichard pour le remplacer, et entre avec l'appui d'un ami, René Fillon, à la banque Rothschild en 1954 jusqu'en 1958. Restant en bon terme avec le général, il ne semble plus faire de politique et mène une vie culturelle riche.

Sous la présidence du général de Gaulle (1959-1969)[modifier | modifier le code]

Débuts (1959-1962)[modifier | modifier le code]

Lors du retour au pouvoir du général de Gaulle, en 1958, il sort de l'ombre en devenant son directeur de cabinet jusqu'à son installation à l'Élysée : de Gaulle l'invite à s'installer à ses côtés dans la voiture présidentielle lors de son investiture. Il est nommé, en mars 1959, au Conseil constitutionnel, où il siège jusqu'en 1962. À la demande de De Gaulle, il entre en contact avec le FLN lors de discussions qui ont lieu à Neuchâtel et à Lucerne, en Suisse, préparant ainsi les accords d'Évian.

Premier ministre (1962-1968)[modifier | modifier le code]

Après le référendum d'avril 1962 approuvant les accords d'Évian, il est nommé Premier ministre le 14 avril 1962. C'est un quasi-inconnu que nomme le général de Gaulle pour succéder à Michel Debré. Sa carrière faillit s'interrompre quand à l'été 1962, il mit sa démission en jeu pour obtenir du général de Gaulle la grâce du général Jouhaud, l'un des putschistes d'Alger, qui aurait dû être fusillé après sa condamnation à mort[8].

Malgré quelques secousses (grèves des mineurs en 1963, dissolutions et référendum), Pompidou exerce en pleine période des Trente Glorieuses, caractérisée par une croissance économique forte, et reste, aux yeux d'une partie des Français, le symbole du renouveau et de la modernisation de la France des années 1960. Cinq gouvernements se succèdent de 1962 à 1968.

Premier gouvernement (1962)[modifier | modifier le code]

Pompidou forme son premier gouvernement avec cinq ministres d'État : André Malraux qui conserve son poste aux Affaires culturelles, l'éphémère Pierre Pflimlin du MRP à la Coopération, Louis Jacquinot (proche des Républicains indépendants de Giscard) aux DOM-TOM, tandis que Louis Joxe est reconduit aux Affaires algériennes et que Gaston Palewski, qui sera, avec Pierre Messmer, « fortement irradié »[9] lors de l'accident de Béryl le 1er mai 1962, est chargé de la Recherche scientifique et des questions atomiques. Outre ces ministres, on retrouve Maurice Couve de Murville aux Affaires étrangères (qui occupe ce poste depuis 1959, et ce jusqu'à sa nomination à Matignon), Roger Frey à l'Intérieur, Pierre Messmer aux Armées et Valéry Giscard d'Estaing aux Finances.

À la suite de la conférence de De Gaulle rejetant l'« Europe intégrée », les cinq ministres du MRP (dont Pflimlin et Maurice Schumann) démissionnent le 15 mai 1962, conduisant à un remaniement ministériel. Deux autres légers remaniements ont lieu en septembre, alors que la droite obtient la majorité lors des sénatoriales, et en octobre 1962.

Le 28 octobre 1962, le succès du référendum sur l'élection au suffrage universel du président de la République renforce la position de De Gaulle. Le choix de ne pas passer par l'article 89 de la Constitution qui prévoit les procédures de révision constitutionnelle conduit l'ensemble des partis, hormis la majorité gaulliste, à voter une motion de censure le 5 octobre 1962 contre le gouvernement. Pompidou présente alors sa démission, refusée par de Gaulle, qui préfère dissoudre l'Assemblée nationale le 10 octobre. Jusqu'au référendum, le gouvernement se contente d'expédier les affaires courantes.

Le président du Sénat, Gaston Monnerville (GD), parle quant à lui de « forfaiture » et saisit le Conseil constitutionnel, qui se déclare, le 6 novembre 1962, incompétent pour juger inconstitutionnelle une réforme approuvée par référendum, quand bien même elle n'aurait pas respecté l'art. 89.

Deuxième gouvernement (1962-1966)[modifier | modifier le code]

Signature du Traité de l'Élysée le 22 janvier 1963 : Georges Pompidou est assis à la gauche de Charles de Gaulle.

Les élections législatives anticipées qui font suite à la dissolution et au référendum, les 18 et 25 novembre, marquent une importante victoire pour la majorité, avec 233 sièges sur 482 pour les gaullistes de l'UNR-UDT et 35 pour leurs alliés Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing, représentants de la tendance libérale (au sens économique). Pompidou forme alors son deuxième gouvernement, le 28 novembre, qui dure jusqu'à 1966. Celui-ci a une composition semblable au premier.

Georges Pompidou se positionne alors progressivement comme le dauphin potentiel du général de Gaulle, et multiplie les déplacements seul à l'étranger (en dehors des fois où il accompagne le président de la République) : en Turquie du 15 au 17 juillet 1963, au Japon du 6 au 11 avril 1964, en Suède du 7 au 17 juillet suivant, au Pakistan et en Inde du 5 au 13 février 1965. Il visite également les futurs sites du centre d'expérimentation nucléaire du Pacifique sur les atolls de Mururoa et Fangataufa en Polynésie française, du 25 au 30 juillet 1964. Du 17 au 30 avril 1964, conformément à l'article 21 de la Constitution, il remplace de Gaulle, hospitalisé alors pour une opération de la prostate, pour présider les conseils des ministres. Fidèle du président, il défend avec véhémence les institutions de la Cinquième République face à ses opposants dont François Mitterrand, auquel il répond notamment lors d'une séance houleuse à l'Assemblée nationale le 24 avril 1964 : « Vous restez profondément fidèle à la conception de la IVe République qui mettait la totalité des pouvoirs dans l'Assemblée nationale et faisait du pouvoir exécutif une simple délégation consentie, pour un moment, par les groupes de l'Assemblée à un rassemblement hétérogène et passager baptisé "gouvernement". L'événement a glissé sur vous sans laisser sa trace et, pourtant, il est jalonné par les désastres et quelquefois les déshonneurs que nous a valus l'incapacité fondamentale à laquelle on se condamne en prétendant fonder l'État et la politique de la France sur les divisions », qu'« il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Sur les rives paisibles de l'opposition, comme les émigrés de l'Ancien Régime sur les rivages de l'Angleterre » ou encore que « l'avenir n'est pas à vous [l'opposition]. L'avenir n'est pas aux fantômes »[10].

La politique de son gouvernement est tout d'abord marquée par le développement de l'aménagement du territoire et des grands équipements directement planifiés par l'État, avec la création le 14 février 1963 de la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR), de la politique des métropoles d'équilibre et de la Mission interministérielle d'aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon (dite Mission Racine) la même année[11] ; le lancement en 1964 du projet de construction d'un nouvel aéroport international en région parisienne à Roissy-en-France baptisé « Paris Nord » ; la création toujours en 1964 des préfets de région ; la décision (appliquée en 1968) de réorganiser l'Île-de-France avec l'éclatement des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise en sept nouveaux départements (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Yvelines, Essonne et Val-d'Oise) ; le « plan neige » de 1965 ; la définition de la politique des villes nouvelles ou encore l'essor du réseau autoroutier dont la longueur quadruple en deux ans, passant de 126 km en 1958 à 658 km en 1965[12]. La France est également en plein essor industriel, l’indice de la production industrielle (base 100 fixée en 1959) s'établissant à 140 en 1965, avec notamment le lancement du premier satellite français, Astérix, le 26 novembre 1965, symbole de l'entrée du pays dans le cercle des puissances spatiales[13]. Sur le plan économique et financier, que Georges Pompidou considère comme faisant partie de son « domaine réservé » de Premier ministre, cette période est marquée par un retour à la stabilité financière et monétaire, avec le passage d'une balance des paiements déficitaire de 275 millions de dollars américains en 1958 à un excédent de 5 milliards en 1965, et la dette extérieure est ramenée de 2,9 milliards de dollars en 1959 à 500 millions en 1965.

Aux cantonales de mars 1964, la gauche progresse nettement, de même que lors des sénatoriales de septembre 1965. Lors des municipales de mars 1965, la droite ne l'emporte qu'à l'aide des candidats divers droite, non affiliés aux partis principaux : le PCF obtient autant que les Républicains indépendants (3,7 %) et la SFIO obtient légèrement plus que l'UNR gaulliste (8,7 % contre 8,5 %). Juste avant le scrutin, Pompidou avait déclaré à la presse dans une causerie « au coin du feu » vouloir voir que l'esprit qui avait prévalu dans l'électorat pour les législatives soit le même que pour les municipales et que chaque ville de France « puisse marcher et progresser au même rythme de l'État ». L'opposition l'interprète comme un chantage, sous-entendant que seules les municipalités pro-gouvernementales seraient aidées, et Le Monde reproche au Premier ministre d'avoir manqué de « fair play ».

Pour l'élection présidentielle fixée au 5 décembre 1965, Charles de Gaulle tarde à préciser son intention de se représenter (n'annonçant sa candidature que le 4 novembre, et laissant planer le doute d'un éventuel retrait en faveur de son Premier ministre alors que celui-ci a toujours démenti à cette époque avoir toute ambition de se présenter, ayant déclaré dès novembre 1964 : « La succession du Général n'est pas ouverte et ne le sera pas de sitôt »), et se refuse à participer à la campagne du premier tour. Face à l'union de la gauche derrière un candidat unique, François Mitterrand, et une série de sondages faisant état de la possibilité d'un second tour alors que les premières études montraient le président sortant réélu au premier, Georges Pompidou et ses ministres pressent de Gaulle d'utiliser son temps de parole, ce qu'il fait à la télévision le 30 novembre. François Mitterrand et Jean Lecanuet[14] ayant finalement réussi à mettre le président sortant en ballotage, Georges Pompidou devient le principal organisateur de sa campagne au second tour et le convainc d'être cette fois présent sur la scène médiatique, ce qui lui permet d'être réélu.

Troisième gouvernement (1966-1967)[modifier | modifier le code]

Le 8 janvier 1966, après la réélection de Charles de Gaulle à la présidence de la République, Georges Pompidou est une nouvelle fois nommé Premier ministre et forme son troisième gouvernement, qui dure jusqu'en avril 1967. Sensiblement similaire aux précédents, il décide néanmoins du départ de Valéry Giscard d'Estaing, jugé trop impopulaire, du ministère de l'Économie et des Finances, portefeuille qu'il confie à son prédécesseur à Matignon, Michel Debré, en espérant placer sous son contrôle ce concurrent potentiel parmi les fidèles du Général. Il se rend à Londres du 6 au 8 juillet 1966 et s'entretient à nouveau le 26 janvier 1967 avec le Premier ministre britannique, le travailliste Harold Wilson, pour lui expliquer le refus exprimé par la France à l'adhésion de son pays au Marché commun.

Son gouvernement est cette fois-ci marqué par la décision du général de Gaulle de retirer la France du commandement intégré de l'OTAN en mars 1966, la création de la police nationale actuelle (en y incluant la préfecture de police de Paris) afin de centraliser au niveau de l'État la supervision et la coordination des moyens policiers, la mise en place progressive du plan Calcul visant à doter la France d'une industrie informatique indépendante et performante, le lancement du premier sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE), Le Redoutable, le 29 mars 1967.

Mais il doit surtout faire face à une opposition plus combative, un temps réunie derrière François Mitterrand, qui, fort de son arrivée au second tour de la présidentielle, forme un contre-gouvernement le 13 mars 1966. La Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), qui rassemble à l'initiative de François Mitterrand les courants non-communistes depuis décembre 1965, dépose au printemps 1966 une motion de censure, défendue par Guy Mollet, contre le gouvernement[15] : l'opposition socialiste proteste en effet contre le retrait du commandement intégré de l'OTAN, décidé par de Gaulle en mars, Maurice Faure (du Rassemblement démocratique) déclarant alors « si chacun de nos alliés se comportait comme vous le faites et prenait les décisions que vous venez de décréter, cela ne signifierait rien d'autre que le retrait de toutes les forces américaines du continent européen. »[15]

Lors des législatives de mars 1967, le Premier ministre s'engage personnellement dans la campagne et fait figure à cette occasion de véritable chef de la majorité et du mouvement politique gaulliste. Il réussit à maintenir l'unité de la coalition gouvernementale en faisant accepter à ses partenaires en mai 1966 le principe de la candidature unique dans chaque circonscription et de la coordination des actions de campagne par la création d'un « Comité d'action pour la Ve République » (dont il prend la présidence et chargé de distribuer les investitures), afin de couper court aux velléités des Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing ou des gaullistes de gauche de faire cavaliers seuls. Lui-même candidat pour la première fois, dans la seconde circonscription du Cantal, il se lance à partir du 22 février 1967 dans un « tour de France électoral » : il visite, entre autres et outre le Cantal, Nantes, le Lot (à deux reprises), le Jura, le Doubs, le Nord, Rambouillet, Sens, Fontainebleau, Nevers et Grenoble. Il débat avec les principales figures de l'opposition, dont François Mitterrand à Nevers le 22 février auquel il lance : « Il ne sert à rien de prétendre qu'on ne va pas revenir à la IVe République alors qu'on réunit les conditions qui, fatalement, nous y ramènent ». À Grenoble, il fait face de manière passionnée à Pierre Mendès France le 27 février et lui répond, lorsque son adversaire lui demande s'il sera tenu compte du résultat des législatives dans la formation du gouvernement en cas de victoire de la gauche, qu'il s'agit là d'une compétence du président de la République et que : « Je fais exprès de ne pas le savoir ». Il fait valoir qu'à titre personnel, il formerait un exécutif similaire en ne tenant compte qu'« un peu » des changements au Parlement. Mais, surtout, il commence à prendre en main la formation gaulliste, à introduire des personnes lui étant fidèles dans le jeu politique de la majorité et en modernisant ses cadres. Il initie ainsi la stratégie des « Jeunes loups » consistant à présenter des jeunes cadres, souvent énarques, dans des circonscriptions réputées être des fiefs de l'opposition dans le centre et le sud-ouest : Jean Charbonnel (chargé d'organiser cette opération électorale) et Jacques Chirac en Corrèze, Jean-Pierre Dannaud et Bernard Pons dans le Lot[16], Pierre Mazeaud dans la Haute-Vienne ou Robert Poujade en Côte-d'Or.

Le scrutin marque néanmoins, après un premier tour qui laissait prévoir pourtant une nette victoire des gaullistes et de leurs alliés, un recul de la majorité, au profit de la gauche : la majorité n'est plus que de 244 députés (200 gaullistes, 42 Républicains indépendants et 2 divers droite) sur 486. Georges Pompidou, qui a été élu dès le premier tour dans la 2e circonscription du Cantal, présente sa démission de la tête du gouvernement le 1er avril 1967, mais est maintenu cinq jours plus tard par le général de Gaulle.

Quatrième gouvernement (1967-1968)[modifier | modifier le code]

Après cette victoire étriquée, Georges Pompidou tente de rafraîchir le gouvernement en y introduisant de nouvelles têtes (telles que le conseiller constitutionnel Edmond Michelet comme ministre d'État chargé de la Fonction publique, le gaulliste europhile Maurice Schumann ministre d'État à la Recherche scientifique et aux Questions atomiques et spatiales, le gaulliste de gauche et ancien socialiste Georges Gorse à l'Information ou le « Jeune loup » Jacques Chirac, que Pompidou surnomme vite « Mon bulldozer », comme secrétaire d'État à l'Emploi) ou en réussissant à mouvoir de leurs portefeuilles certains « barons » (l'éternel ministre de l'Intérieur des gouvernements précédents Roger Frey prend cette fois le poste de ministre d'État chargé des Relations avec le Parlement, et Louis Joxe abandonne la Réforme administrative qu'il détenait depuis 1962 pour la Justice). Mais Charles de Gaulle maintient dans leurs charges certains incontournables, même alors qu'ils ont été battus pour certains lors des législatives : Maurice Couve de Murville aux Affaires étrangères, André Malraux aux Affaires culturelles ou Pierre Messmer aux Armées. Il s'agit finalement d'un changement tout relatif : parmi les 29 ministres et secrétaires d'État, 8 n'étaient pas présents dans le précédent gouvernement et 5 ont changé d'attribution.

Mais surtout, Georges Pompidou concrétise sa prise de contrôle des partis gaullistes avec pour but d'en faire des machines électorales et d'attirer de nouvelles générations. Ainsi préside-t-il, lors des assises nationales de l'UNR à Lille du 24 au 26 novembre 1967, à la fusion de cette dernière avec l'UDT, le rassemblement des gaullistes de gauche, pour former l'Union des Démocrates pour la Ve République (UD-Ve), ce que Le Monde qualifie le lendemain de "gaullisme successoral". Il place à la tête du mouvement gaulliste, comme secrétaire général, un des « Jeunes loups » tout juste élus en 1967, Robert Poujade (49 ans).

En ce qui concerne la gestion gouvernementale, il demande et obtient en avril 1967 de l'Assemblée nationale, et malgré une vive opposition à gauche mais aussi au sein même de la majorité (le ministre de l'Équipement et du Logement Edgard Pisani démissionne dès le lendemain de l'annonce en conseil des ministres de cette décision), de faire jouer l'article 38 de la constitution et donc de pouvoir légiférer par ordonnances dans des domaines économiques et sociaux jusqu'au 31 octobre 1967. Cette mesure vise notamment à préparer rapidement l'économie française à la suppression totale des barrières douanières intervenant au sein de la CEE à compter de juillet, mais aussi à régler le problème du déficit de la Sécurité sociale et celui de la participation des salariés au capital de leur entreprise, thème cher tant au général de Gaulle qu'aux gaullistes de gauche : ceux-ci critiquent vivement le conservatisme du Premier ministre en matière sociale. Les ordonnances permettent alors la création de l'ANPE afin de prévenir le retour du chômage en France (il touche à cette époque 430 000 personnes, soit 2 % de la population active), de rendre obligatoire la participation des salariés aux résultats dans les entreprises de plus de 100 salariés ou encore une réforme de la Sécurité sociale (création de trois caisses à la gestion autonome à l'exception d'une trésorerie unifiée et directement supervisée par le gouvernement : Caisse nationale d’assurance maladie CNAM, la Caisse nationale d’assurance vieillesse CNAV et la Caisse nationale des allocations familiales CNAF). Quoi qu'il en soit, ce « passage en force » entraîne le dépôt le 20 mai 1967 par les députés communistes d'une motion de censure qui n'est rejetée qu'à huit voix près (236 pour, la majorité absolue étant fixée à 244), et une grève générale contre les pouvoirs spéciaux est organisée le 17 mai. Les cantonales de septembre 1967 confirment l'avancée opérée par la gauche dans l'électorat.

Crise de Mai 68[modifier | modifier le code]

Mais le quatrième gouvernement Pompidou est surtout marqué par les événements de mai 1968. Rentré précipitamment d'un voyage officiel en Afghanistan du fait de l'aggravation de la situation le 11 mai, Georges Pompidou s'affirme comme un partisan de l'apaisement, de la négociation avec les syndicats et gère directement la crise en se substituant, avec le président, au ministre de l'Intérieur Christian Fouchet. Il décide ainsi seul de la réouverture de la Sorbonne le 11 mai, prend toutes les décisions avec ses principaux collaborateurs (Jacques Chirac, Pierre Juillet, Édouard Balladur et Michel Jobert) durant l'absence du général de Gaulle, en voyage en Roumanie du 14 au 18 puis à la suite de sa « disparition » de 24 heures à Baden-Baden du 29 au 30 mai (Pompidou n'aura été informé du départ du général qu'à la dernière minute, vers 11 heures du matin le 29, et apprend que le gouvernement a perdu sa trace à 14 h 30 le même jour), prend l'intérim du ministère de l'Éducation nationale le 25 à la suite de la démission d'Alain Peyrefitte et ouvre le même jour des négociations avec les syndicats - avec l'aide de son Secrétaire d'État à l'Emploi Jacques Chirac - pour aboutir aux accords de Grenelle le 27.

Après le retour à Paris de Charles de Gaulle le 30 mai, il lui présente sa démission, considérant le fait que le président ait pris contact avec l'armée (le général Jacques Massu à Baden-Baden) sans l'avertir (alors que le Premier ministre est « responsable de la Défense nationale » selon l'article 21 de la Constitution) comme un désaveu personnel, mais le chef de l'État la refuse. La solution défendue depuis plusieurs jours par Pompidou pour sortir de la crise s'impose alors au général : la dissolution de l'Assemblée nationale et l'ajournement du référendum sur l'Université que de Gaulle souhaitait organiser depuis le 24 mai. En attendant les élections législatives anticipées du 23 et 30 juin 1968, Pompidou remanie en profondeur son gouvernement. Tous ses membres, sauf André Malraux, se présentent dans une circonscription aux législatives. Le Premier ministre est sorti renforcé de la crise[17] et des législatives qui sont marquées par un véritable raz-de-marée gaulliste : l'Union pour la défense de la République (UDR), nouveau nom du parti gaulliste, obtient à elle seule la majorité absolue avec 294 sièges sur 485, une première en France, et en tout, la majorité dispose de 367 députés, tandis que de nombreuses personnalités de l'opposition sont battues, dont Pierre Mendès France. Pompidou entretient ensuite des relations de plus en plus tendues avec Charles de Gaulle et se montre réservé face à certains grands projets du chef de l'État tel que le référendum sur la participation. Il présente une nouvelle fois sa démission, comme le veut la tradition, après le résultat des législatives le 1er juillet 1968 mais de Gaulle fait mine dans un premier temps de la refuser tout en confirmant cinq jours plus tard le départ de Pompidou. Celui-ci est officiel le 10 juillet 1968, le président de la République écrivant à son ancien chef de gouvernement en acceptant sa démission qu'il doit « se sentir prêt à accomplir toute mission et à assurer tout mandat qui pourrait un jour lui être confié par la nation ». Il est remplacé le 21 juillet par Maurice Couve de Murville. Étant resté à Matignon plus de 6 ans, Georges Pompidou est à ce jour le Premier ministre français resté le plus longtemps en fonction.

« En réserve de la République » (1968-1969)[modifier | modifier le code]

Conseiller municipal de Cajarc (Lot) depuis 1965, élu député du Cantal au premier tour le 16 juin 1968 avec 80 % des suffrages exprimés, Georges Pompidou siège alors pour la première fois réellement à l'Assemblée nationale où il prend la présidence d'honneur du groupe UDR, mais se tient à l'écart des travaux parlementaires, alors que les gaullistes de gauche ont pris l'ascendant au sein du gouvernement[18].

Lorsque Georges Pompidou, lors d'un voyage à Rome en janvier 1969, est interrogé sur la façon dont il voit son avenir, il répond : « Ce n'est un mystère pour personne que je serai candidat à une élection à la présidence de la République quand il y en aura une, mais je ne suis pas du tout pressé »[19]. Cet « appel de Rome » lui vaut les critiques de nombreuses personnalités gaullistes et est considéré comme un facteur de l'échec du référendum de 1969, les Français ayant perçu une alternative au général de Gaulle. Son amitié avec Louis Vallon, déjà malmenée par leurs divergences sur la participation, n'y survit pas.

C'est aussi à cette époque post-68 qu'éclate l'affaire Markovic (le garde du corps d'Alain Delon assassiné) où l'on tente de compromettre sa femme en faisant circuler des rumeurs à son sujet (on parle de photos d'orgies où Claude Pompidou, sa femme, figurerait, photos qui se sont avérées être des faux grossiers). Blessé à l'extrême, il reproche à l’Élysée de ne pas l'avoir averti, et surtout à René Capitant, alors Garde des Sceaux, d'avoir laissé cette rumeur déshonorante, basée sur les paroles d'un voyou, se propager. C'est le point de rupture définitif entre le Général et Pompidou.

La présidence de la République (1969-1974)[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle de 1969[modifier | modifier le code]

Les résultats du second tour de l'élection présidentielle de 1969 en France métropolitaine

Après l'échec du référendum d'avril 1969, le général de Gaulle se retire aussitôt de ses fonctions et une élection est organisée.

Georges Pompidou se déclare candidat le 29 avril. Il obtient aussitôt le ralliement de l'UDR. Seule une partie des gaullistes de gauche derrière René Capitant (qui envisage même un moment de se présenter) et Louis Vallon ne le soutiennent pas. Par la suite, ce dernier est exclu de l'UDR pour avoir publié après l'élection un virulent pamphlet contre Pompidou, L'Anti-De Gaulle. Valéry Giscard d'Estaing mène un jeu plus complexe : il cherche à susciter la candidature d'Antoine Pinay, qui se récuse, puis rencontre Alain Poher avant de rallier Georges Pompidou le 30 avril.

Pompidou, ayant reconstitué l'ancienne majorité, s'attache à réaliser une ouverture en direction des centristes. Répondent à son appel René Pleven, Joseph Fontanet et Jacques Duhamel. La gauche étant incapable de présenter une candidature unitaire, au contraire de 1965, son rival le plus sérieux devient vite le président du Sénat qui exerce l'intérim de la fonction présidentielle, Alain Poher. Les premiers sondages donnent d'ailleurs ce dernier vainqueur.

Pompidou sait renverser la tendance, menant une campagne active en province, mettant en valeur les ralliements qu'il a obtenus. Au premier tour, qui se déroule le 1er juin, il arrive nettement en tête avec 10 051 783 voix (44,5 %) devant Alain Poher (23,3 %) et le communiste Jacques Duclos (21,3 %), le socialiste Gaston Defferre n'ayant obtenu que 1 133 222 suffrages (5,01 %).

Le Parti communiste appelant à l'abstention, le second tour n'est plus qu'une formalité. Le 15 juin 1969, Georges Pompidou est élu président de la République avec 11 064 371 voix (58,21 %), face à Alain Poher qui en obtient 7 943 118 (41,79 %). Il entre en fonction le 20 juin[20] et nomme le jour même Jacques Chaban-Delmas au poste de Premier ministre, fonction que celui-ci occupa jusqu'au 5 juillet 1972, date à laquelle lui succède Pierre Messmer, demeuré en fonction jusqu’au 27 mai 1974.

Considérations générales[modifier | modifier le code]

Sa première initiative en politique extérieure est de convoquer un sommet des chefs d'État des six membres de la Communauté économique européenne pour rompre l'isolement diplomatique de la France et donner une nouvelle dynamique à la construction européenne : c'est la relance de La Haye. Si la défense des intérêts nationaux de la France est prioritaire, il se montre sincèrement européiste, énonçant le triptyque « achèvement, approfondissement et élargissement » qui sert de base à la politique de construction européenne par la suite[21].

Sur la scène internationale, Georges Pompidou continue la politique gaullienne d'indépendance tout en l'assouplissant, notamment à l'égard des États-Unis et de la Grande-Bretagne dont il accepte l'entrée dans la CEE.

Au niveau national, Georges Pompidou entend moderniser la France : il continue la modernisation économique et l'industrialisation (avec le lancement ou la concrétisation de grands projets français ou européens, tel le consortium Airbus ou le TGV), tout en devant faire face à des conflits sociaux et aux premiers contrecoups du choc pétrolier de 1973. Il obtient[pas clair] les critiques d'hommes politiques conservateurs tels qu'Édouard Lebas, ancien préfet de la Manche et ancien député gaulliste, qui le qualifie dans le Journal du Parlement de « Pompilate », diatribe dans laquelle on peut lire : « Pompidou 1er le Mécréant s'est astreint à aller à la masse »[22].

Il développe l'automobile au détriment des autres modes de transport. Il dit à ce propos en 1971 : « Il faut adapter la ville à l'automobile ». Le nombre de cyclistes régresse et le nombre d'automobilistes augmente significativement. Dans bon nombre de villes, beaucoup de vieux quartiers sont détruits pour faire place à des voies express ou élargir certains axes comme à Lyon avec le tunnel de Fourvière[réf. nécessaire]. C'est cependant à tort qu'on lui attribue généralement la paternité du plan autoroutier pour Paris qui a principalement été conçu par les services techniques, les architectes et urbanistes de la ville de Paris.

Georges Pompidou fait partie des politiques qui ont fait fermer de nombreux réseaux de chemins de fer secondaires au nom de la modernité, rendant beaucoup de campagnes accessibles seulement par le réseau routier jusqu'à nos jours.

Cependant, il se montre aussi très intéressé à l'environnement et à la conservation des paysages, convaincu que « le côté paysan est peut-être le côté de l'avenir par beaucoup d'aspects ». En 1971, il institue à ce propos le ministère de la Protection de la nature et de l’Environnement.

Il favorise le développement de l'agriculture intensive et de l'agro-industrie par la mécanisation et l'utilisation d'engrais et de pesticides[23]. Dans le même temps, il lance les premiers labels et appellations d'origine.

Grandes étapes de sa présidence[modifier | modifier le code]

Gouvernement Jacques Chaban-Delmas (20 juin 1969 - 5 juillet 1972)
Georges Pompidou et le chancelier allemand Willy Brandt le 3 juillet 1972.
Gouvernements Pierre Messmer (7 juillet 1972 - 27 mai 1974)

Action en justice[modifier | modifier le code]

Saisi en référé par Maître René Floriot représentant le président Pompidou, le Tribunal de grande instance de Paris a, en 1970, interdit au journal L'Express de publier une publicité utilisant l'image du président de la République. La photo prise pendant les vacances présidentielles en Bretagne montrait Georges Pompidou à bord d'un bateau équipé d'un moteur de marque Mercury, commanditaire de la publicité.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Le 24, quai de Béthune, dernier lieu de vie de Georges Pompidou.
La tombe de Georges et Claude Pompidou, à Orvilliers où le couple possédait une maison de campagne.

Dans les derniers mois de sa vie, la maladie de Waldenström et les corticoïdes rendent son visage extrêmement gonflé, lui font prendre beaucoup de poids et ralentissent sa démarche[28]. Il se consacre essentiellement à la politique étrangère et délègue de plus en plus, notamment au secrétaire général de la présidence de la République, Édouard Balladur[29],[30]. À partir de l'hiver 1973, il se retire dans son appartement de l'île Saint-Louis et est placé sous une assistance médicale permanente, la septicémie ayant envahi son organisme[31]. Malgré la rumeur concernant son réel état de santé, les déclarations officielles font état de « simples grippes » puis d'hémorroïdes[28] : c’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un communiqué officiel, signé le 7 février 1974 du médecin personnel de Georges Pompidou, Jean Vignalou, informe sur la santé du président[32]. Le communiqué du 21 mars 1974 fait état d'une « lésion bénigne d'origine vasculaire, située dans la région ano-rectale, et hyperalgique par intermittence », la maladie de Waldenström étant caractérisée par des hémorragies importantes[33].

La mort du président Georges Pompidou, survenue dans son appartement parisien du deuxième étage du 24, quai de Béthune, sur l’île Saint-Louis le 2 avril 1974 à 21 heures, est annoncée le soir-même[34].

D’après le médecin Jean Bernard, Georges Pompidou était atteint de la maladie de Waldenström depuis 1968 et le savait très probablement au moment de sa victoire à l’élection présidentielle. Selon lui, s’il avait renoncé à son mandat, la progression de cette maladie du sang n'aurait pas été aussi rapide[35]. Selon la CIA, sa maladie aurait été diagnostiquée dès l’été 1971[32].

Une polémique se développe alors au sujet du secret tenu autour de sa maladie, et la classe politique « convient » alors que les futurs présidents de la République devront rendre compte de leur état de santé (François Mitterrand, qui s'était engagé durant sa campagne de 1981 à publier des bulletins de santé réguliers, dissimula lui aussi la gravité de sa maladie après son accession au pouvoir)[31].

Le 6 avril 1974, la France célèbre ses obsèques nationales à la cathédrale Notre-Dame de Paris mais son inhumation se déroule à Orvilliers dans la plus stricte intimité et un grand dépouillement, sans « fleurs, ni couronnes, ni monument funéraire. Une simple dalle de pierre », comme il l'a souhaité dans son testament rédigé en août 1972. Son enterrement est à l'image de son épitaphe composée juste après son élection à la présidence : « Les peuples heureux n'ont pas d'histoire, je souhaiterais que les historiens n'aient pas trop de choses à dire sur mon mandat »[36].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

De nombreuses voies de circulation et établissements scolaires ont été baptisées au nom de Georges Pompidou, en France et dans d'autres pays.

Trente-cinq ans après sa mort, en novembre 2009, un sondage BVA indique que 74 % des Français jugent favorablement son action à la présidence de la République, moins que Charles de Gaulle, mais plus que les autres présidents de la Ve République[38].

Le village natal de Georges Pompidou, Montboudif, accueille un musée à sa mémoire. Montboudif a reçu pendant de longues années et ce jusqu'en 1995, six mois avant sa mort en janvier 1996, la visite de François Mitterrand. Selon le sénateur Michel Charasse, « je le déposais devant la mairie-école et il me demandait de le laisser, se souvient le sénateur, quand il revenait au bout d'un quart d'heure il se contentait de dire : Quand même quel destin extraordinaire. »[39].

Les papiers personnels de Georges Pompidou sont conservés aux Archives nationales sous la cote 555AP [40].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bruno Frappat, « Quand Pompidou était socialiste », sur La Croix,‎ 7 novembre 2012
  2. a et b Éric Roussel, « Les Carnets de l'ancien président Georges Pompidou », émission Idées sur RFI, 27 janvier 2013
  3. Généanet.org/onomastique
  4. Georges Pompidou sur le site de la mairie d'Albi
  5. Aude Terray, Claude Pompidou l'incomprise, Éditions Toucan,‎ 2010 (lire en ligne)
  6. Julian Jackson, La France sous l’Occupation, 1940-1944, Paris, Flammarion, 2004, (1re édition : 2001), (ISBN 978-2-0813-0809-1), p. 711.
  7. Jean-Yves Perrot, Conseiller maitre à la Cour des Comptes, La Croix du 28 novembre 2012, p. 25
  8. « De Gaulle dans la ligne de mire », Historia.fr, mis en ligne le 1er mars 2002.
  9. Messmer: « Nous avons été fortement irradiés », Le Nouvel Observateur no 1608, 31 août 1995
  10. [PDF] Compte rendu intégral — 42' séance, séance du vendredi 24 avril 1964, Débats parlementaires, Assemblée nationale, JORF, 25/04/1964, p. 952
  11. Georges Pompidou et l'aménagement du territoire, site de l'Association Georges Pompidou
  12. La politique des transports sous Georges Pompidou, site de l'Association Georges Pompidou
  13. Georges Pompidou et les questions industrielles sur le site de l'Association Georges Pompidou
  14. « Jean Lecanuet est le principal responsable du ballotage, car il a mordu sur l'électorat gaulliste », René Rémond, Notre siècle. De 1918 à 1991, Le Livre de poche, 1991, p. 585
  15. a et b Assemblée nationale : le débat de censure, ORTF - 19 avril 1966 - 20 min 51 s (sur les archives de l'INA)
  16. Les élections législatives de 1967 sur le site de l'Association Georges Pompidou
  17. Un sondage éclair à Paris de l'institut IFOP dès le 28 mai 1968 montrait que 40 % des Parisiens interrogés avait revu leur opinion de Georges Pompidou à la hausse depuis le début des évènements, contre 34 % à la baisse, et respectivement 15 et 55 % pour Charles de Gaulle. Le baromètre politique d'IFOP pour le Journal du dimanche en juin fait état de 46 % des interrogés satisfaits de Pompidou contre 34 % et de 20 % sans réponse.
  18. http://acadgaul.free.fr/Let200100%20dossier/Let200100/Murville.html
  19. Jean-Jérôme Bertolus, Frédérique Bredin, Tir à vue - la folle histoire des présidentielles, éditions Fayard, 2011, p. 34.
  20. Photographie de l'investiture présidentielle de Georges Pompidou, le 20 juin 1969, sur les archives du site de la présidence de la République
  21. Marie-Thérèse Bitsch « Le sommet de La Haye. L’initiative française, ses finalités et ses limites » dans la Revue d'histoire de l'intégration européenne.
  22. Dictionnaire des Personnages remarquables de la Manche
  23. (fr) Colloque de l'association Georges-Pompidou sur sa politique agricole
  24. « Voyage officiel de Monsieur Georges Pompidou Président de la République aux Etats Unis d'Amérique. Vingt quatre heures sur la deux - Diffusé le 4 mars 1970 », sur http://www.ina.fr,‎ mars 1970 (consulté le 6 août 2011)
  25. Article 22 de la loi no 70-643 du 17 juillet 1970 tendant à renforcer la garantie des droits individuels des citoyens, sur le site legifrance.gouv.fr
  26. « Entretien Pompidou/Nixon. Journal télévisé de 20 h du 31 mai 1973 », sur http://www.ina.fr,‎ mai 1973 (consulté le 6 août 2011)
  27. décret du 3 avril 1974, article 1
  28. a et b « La santé des présidents: un flou persistant », Libération, 27 juillet 2009.
  29. Édouard Balladur, Le Pouvoir ne se partage pas : Conversations avec François Mitterrand, Fayard, 2009, p. 21.
  30. Raphaëlle Bacqué, L'Enfer de Matignon : Ce sont eux qui en parlent le mieux, Points, 2010, p. 232.
  31. a et b Philippe Kohly, documentaire « La France malade du pouvoir », dans Histoire immédiate, 2012
  32. a et b Cyriel Martin, « Santé du chef de l'Etat : les lourds secrets de la République », sur lepoint.fr,‎ 9 janvier 2008
  33. François d'Orcival, Le roman de l'Élysée, Éditions du Rocher,‎ 2007, p. 287
  34. « Déclaration du Conseil constitutionnel à la suite du décès de M. Georges Pompidou »
  35. Michèle Cotta, Cahiers secrets de la Ve République, tome II (1977-1986), Fayard, 2008, p.  199.
  36. Frédéric Abadie et Jean-Pierre Corcelette, Georges Pompidou. Le désir et le destin, Nouveau Monde Éditions,‎ 2007, p. 637
  37. Il possède de droit cette décoration en tant que président de la République
  38. « Charles de Gaulle, ex-président préféré des Français », Le Nouvel Observateur, 4 novembre 2009.
  39. « Un visiteur nommé Mitterrand », Aujourd'hui en France, 11 août 2009, p. 27
  40. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales
  41. Généastar : Ascendants de Georges Pompidou

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Georges Pompidou[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur Georges Pompidou[modifier | modifier le code]

  • Henry Gidel, "Les Pompidou", Flammarion, 2014.

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Notes et entretiens[modifier | modifier le code]

  • Jacques Foccart, Journal de l'Élysée (mis en forme et annoté par Philippe Gaillard), Fayard et Jeune Afrique, 1997-2001. Cinq volumes, dont :
    • Dans les bottes du Général. 1969-1971, Fayard et Jeune Afrique, Paris, 1999, (ISBN 2-213-60316-2)
    • La France pompidolienne. 1971-1972, Fayard et Jeune Afrique, Paris, 2000, (ISBN 2-213-60580-7)
    • La Fin du gaullisme. 1973-1974, Fayard et Jeune Afrique, Paris, 2001, (ISBN 2-213-60796-6)
  • Jacques Foccart, Foccart parle. 2, [1969-1996] : entretiens avec Philippe Gaillard, Fayard et Jeune Afrique, Paris, 1997, 525 p.-[16] p. de planches (ISBN 2-213-59498-8)
  • Jean Mauriac, L'Après-de Gaulle. Notes confidentielles, 1969-1989, Fayard, Paris, 2006, 540 p. (ISBN 2-213-62765-7)
  • Alain Frerejean, C'était Georges Pompidou, Fayard, Paris, 2007, 434 p. (ISBN 2-286-04076-5[à vérifier : isbn invalide])

Études[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Rials, Les Idées politiques du président Georges Pompidou, Presses universitaires de France, coll. « Travaux et recherches de l'Université de droit, d'économie et de sciences sociales de Paris II. Série Science politique » no 9, Paris, 1977, 192 p. [pas d'ISBN] – Texte abrégé d'un mémoire de D.E.S. de sciences politiques, présenté à Paris II, en 1975.
  • Bernard Esambert, Georges Pompidou, capitaine d'industrie, Odile Jacob, Paris, 1994, 277 p. (ISBN 2-7381-0239-5)
  • Éric Roussel, Georges Pompidou. 1re édition : Jean-Claude Lattès, Paris, 1984, 567 p.-[16] p. de planches [pas d'ISBN] – 3e édition, revue, augmentée, établie d'après les archives du quinquennat (1969-1974) : Georges Pompidou : 1911-1974, Jean-Claude Lattès, Paris, 1994, 686 p.-[16] p. de planches (ISBN 2-7096-1376-X) – Réimpression en 2004 de la 3e édition : (ISBN 2-7096-2592-X) – Nouvelle édition, basée sur l'édition de 1994 : Georges Pompidou (1911-1994), Perrin, coll. « Tempus » no 60, Paris, 2004, 686 p. (ISBN 2-262-02168-6)
  • Frédéric Abadie et Jean-Pierre Corcelette, Georges Pompidou, 1re édition : Balland, Paris, 1994, 460 p., (2715810318) - Nouvelle édition réactualisée, Nouveau Monde Éditions, Le désir et le destin, 2007, 669 p. (ISBN 2-84736-273-8)
  • Association Georges Pompidou, Georges Pompidou, homme d'État, 1962-1974 : guide d'orientation bibliographique, Association Georges Pompidou, Paris, 1996, 262 p. (ISBN 2-911612-00-0)
  • Sandrine Bula, Janine Irigoin et Caroline Obert, Archives de la présidence de la République. Georges Pompidou, Paris, La Documentation française, 1996, revu et complété par Pascal Geneste et Christèle Noulet, 2006 (édition électronique, http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/index.html).
  • Mathieu Flonneau, Pascal Geneste, Philippe Nivet et Émilie Willaert, Le grand dessein parisien de Georges Pompidou, Paris, Archives nationales - Association Georges Pompidou - Somogy, éditions d'art, 2010.
  • Pascal Geneste (dir.), Jean-Pierre Bat, Georges Pompidou. 1911-2011, catalogue d'exposition, Paris, Archives nationales, 2011.

Actes de colloques[modifier | modifier le code]

  • Georges Pompidou et l'Europe : colloque, 25 et 26 novembre 1993 (publié par l'Association Georges Pompidou ; avec une préface d'Édouard Balladur et une postface de Jacques Chirac ; sous la direction de Jean-René Bernard, François Caron et Maurice Vaïsse), Éditions Complexe, coll. « Interventions », Bruxelles et Paris, 1995, 691 p. (ISBN 2-87027-525-0)
  • Culture et action chez Georges Pompidou : actes du colloque, Paris, 3-4 décembre 1998 (organisé par l'Association Georges Pompidou ; sous la direction de Jean-Claude Groshens - Jean-François Sirinelli), Presses universitaires de France, coll. « Politique d'aujourd'hui », Paris, 2000, XII-454 p. (ISBN ISBN 2-13-050908-8[à vérifier : isbn invalide])
  • Un politique, Georges Pompidou : actes du colloque des 25 et 26 novembre 1999 au Sénat (organisé par l'Association Georges Pompidou ; sous la direction de Jean-Paul Cointet - Bernard Lachaise - Gilles Le Béguec - Jean-Marie Mayeur), Presses universitaires de France, coll. « Politique d'aujourd'hui », Paris, 2001, XIII-436 p. (ISBN 2-13-051568-1)
  • Georges Pompidou face à la mutation économique de l'Occident, 1969-1974 : actes du colloque des 15 et 16 novembre 2001, [Paris], Conseil économique et social (organisé par l'Association Georges Pompidou ; sous la direction d'Éric Bussière), Presses universitaires de France, coll. « Politique d'aujourd'hui », Paris, 2003, V-418 p. (ISBN 2-13-053598-4)
  • Action et pensée sociales chez Georges Pompidou : actes du colloque des 21 et 22 mars 2003 au Sénat, Paris (organisé par l'Association Georges Pompidou ; sous la direction d'Alain Beltran - Gilles Le Béguec), Presses universitaires de France, coll. « Politique d'aujourd'hui », Paris, 2004, XIII-428 p. (ISBN 2-13-054275-1)
  • La contribution de la présidence de Georges Pompidou à la Ve République. Actes du Colloque d'Aurillac. 14-15 avril 1994, Paris, Montchrestien, 1994, 447 p. (préface de Georges Vedel) (ISBN 2-70760-599-3[à vérifier : isbn invalide])

Filmographie[modifier | modifier le code]

Personnage principal[modifier | modifier le code]

Personnage secondaire[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]