Compagnon de la Libération

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Croix de l'ordre de la Libération avec le 2e modèle de ruban

Un Compagnon de la Libération est un membre de l'ordre de la Libération, créé le 16 novembre 1940[1] par le général de Gaulle en tant que « Chef des Français libres ».

Qui sont les Compagnons ?[modifier | modifier le code]

Le titre de « Compagnon de la Libération » fut décerné pour « récompenser les personnes, les unités militaires et les collectivités civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de libération de la France et de son empire »[2].

Ainsi, 1 038 personnes[3], cinq communes (Paris, Île-de-Sein, Nantes, Grenoble et Vassieux-en-Vercors) mais aussi dix-huit unités combattantes dont deux bâtiments de guerre comptent au nombre des Compagnons de la Libération lors de la signature du décret de forclusion de l'ordre de la Libération soit le 23 janvier 1946. Parmi les 1 038 Compagnons, 271 ont été nommés à titre posthume.

Soixante étrangers, de vingt-deux nationalités différentes, ont été faits Compagnons ; le plus jeune, mort à 14 ans, est Mathurin Henrio. Parmi les plus célèbres, on peut citer Dwight Eisenhower, le roi du Maroc Mohammed V, Romain Gary. Le roi du Royaume-Uni George VI et Winston Churchill sont décorés après la forclusion de l'ordre[4].

Le 9 septembre 2014, après la mort d'Étienne Schlumberger à l'âge de 99 ans, 18 Compagnons de la Libération étaient encore en vie[5].

Disparités d'attribution[modifier | modifier le code]

Présentation le 18 juin 2013 de la plaque commémorative des marins Compagnons de la Libération à l'École navale

Si l'ensemble des histoires des Compagnons représente assez bien l'histoire de la France libre, de la résistance intérieure française et de l'armée française de la Libération, on constate toutefois que les différentes catégories ne sont pas représentées dans des proportions conformes à leur participation réelle. Les circonstances, les difficultés de l'époque pour connaître l'action réelle de la résistance, les critères du général de Gaulle et son départ rapide du pouvoir en 1946, expliquent probablement ce fait.

Ainsi sur les 1 038 Compagnons, on ne compte que six femmes[6] et douze communistes, ce qui est très en deçà de la proportion de ces deux catégories de population dans les rangs de la Résistance. La Résistance intérieure est de même sous-représentée par rapport à la France libre qui représente les trois quarts des décorés[7]. Le général de Gaulle a en effet d'abord commencé par décorer des combattants et des agents que lui ou ses proches connaissaient ; ses contacts avec les autres composantes de la Résistance intérieure française ne se sont vraiment noués que vers 1942, période qui vit l'unification de celle-ci sous l'égide de Londres par Jean Moulin. De surcroît, dans l'opacité de la lutte clandestine, les chefs des mouvements avaient plus de difficultés à repérer des patriotes les plus méritants pour les proposer pour des décorations, alors que les combattants FFL se battaient généralement au grand jour. En principe, chaque mouvement de la Résistance intérieure disposait de deux Croix. Mais un certain nombre de chefs ou de hautes figures des mouvements de Résistance n'ont jamais reçu celle-ci, par exemple les époux Aubrac ou les fondateurs de Défense de la France. Même d'indéfectibles soutiens du général de Gaulle tels Philippe Peschaud ou son propre fils Philippe de Gaulle, ou plus tardifs comme Michel Debré, n'ont pas été faits Compagnons.

On peut également remarquer que les Compagnons ont été choisis parmi ceux qui, à un moment ou à un autre, ont pris le risque de s'opposer au régime de Vichy comme l'avaient fait les Français libres. Ainsi, par exemple, le maréchal de Lattre est Compagnon alors que le maréchal Juin ne l'est pas.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Création de l'Ordre », sur Ordre de la Libération,‎ 3 juin 2009 (consulté le 16/11/2014)
  2. Ordonnance no 7 créant l'ordre de la Libération, publiée dans le no 2 du Journal officiel de la France libre, 10 février 1941.
  3. « Présentation de l'Ordre de la Libération », sur Ordre de la Libération,‎ 22/01/2012 (consulté le 16/11/2014)
  4. Décret du 23 janvier 1946 mettant fin à l'attribution de la Croix de la Libération
  5. Liste officielle des Compagnons de la libération survivants
  6. Alors qu'elles représentent 20 à 30 % des effectifs des résistants, le Conseil de l'Ordre n'a reçu que 9 propositions de femmes qui sont toujours mineures civiles et civiques en 1940.
  7. Speaker Icon.svg : Les Compagnons de la Libération émission Deux mille ans d'Histoire sur France Inter le 29 novembre 2010

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Miquel, Compagnons de la Libération, Paris, Denoël, 1995.
  • Henri Weill, les compagnons de la Libération, Toulouse, Privat, 2006.
  • Jean-Christophe Notin, 1061 Compagnons : histoire des compagnons de la libération, Paris, Perrin, 2000.
  • Vladimir Trouplin, Dictionnaire des compagnons de la Libération, Elytis, 2010.
  • Olivier Matthey-Doret, les compagnons de la libération de Côte d'or, 1995
  • Olivier Matthey-Doret, Les compagnons de la libération de la Région de Franche Comté et Bourgogne, 1996.
  • Olivier Matthey-Doret, Les croix de l'Ordre de la Libération, Académie des Sciences Arts et Belles Lettres de Dijon
  • Jérôme Estrada de Tourniel, Les Combattants de l'Aube, les Compagnons de la Libération d'origine lorraine, Editions Serpenoise, 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]