Comédie-Française

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Comédie-Française

Description de cette image, également commentée ci-après

Bâtiment de la Comédie-Française.

Surnom Le Français
La Maison de Molière
Type Théâtre à l'italienne
Lieu Paris (France)
Coordonnées 48° 51′ 49″ Nord 2° 20′ 10″ Est / 48.863603, 2.336107 ()
Architecte(s) Victor Louis
Inauguration
Nb. de salles salle Richelieu
théâtre du Vieux-Colombier
Studio-Théâtre
Capacité 862 (salle Richelieu)
300 (Vieux-Colombier)
136 (Studio-Théâtre)
Statut juridique Théâtre public national
Tutelle Ministère de la Culture
Direction Muriel Mayette
Site web http://www.comedie-francaise.fr

Résidence

Troupe des Comédiens français

La Comédie-Française ou Théâtre-Français (surnommé le « Français »), est une institution culturelle française fondée en 1680 et résidant depuis 1799 salle Richelieu au cœur du Palais-Royal dans le 1er arrondissement de Paris. Établissement public à caractère industriel et commercial depuis 1995, c'est le seul théâtre d'État en France disposant d'une troupe permanente de comédiens, la Troupe des Comédiens-Français.

Bien que mort depuis sept ans quand la troupe a été créée, Molière est considéré comme le « patron » de l'institution, surnommée la « Maison de Molière ». Le fauteuil dans lequel il entra en agonie lors d'une représentation du Malade imaginaire est toujours exposé à droite de la grande cheminée du Foyer public[1].

La devise de la Comédie-Française est « Simul et singulis »[2]. Son emblème est une ruche et des abeilles, à l'image d'une institution foisonnante[3].

Historique[modifier | modifier le code]

La Comédie-Française est fondée par ordonnance royale de Louis XIV le pour fusionner les deux seules troupes parisiennes de l'époque, la troupe de l'Hôtel Guénégaud et celle de l'Hôtel de Bourgogne. Le 25 août, les comédiens s'étaient déjà réunis pour donner leur première représentation commune, composée de Phèdre (Racine) et des Carrosses d'Orléans (La Chapelle). L'acte royal leur accorde le monopole de jouer à Paris, que les Comédiens-Français défendront jalousement au cours du XVIIIe siècle, notamment contre les Comédiens-Italiens.

Le , les Comédiens-Français se lient entre eux par un acte d'association qui règle notamment le régime des pensions des comédiens retraités. Le répertoire se compose alors de l'ensemble des pièces de théâtre de Molière et de Jean Racine, ainsi que de quelques pièces de Pierre Corneille, Paul Scarron et Jean Rotrou. Les distributions sont arrêtées par l'auteur, s'il est vivant, sinon par les premiers gentilshommes de la Chambre du roi.

Le , pendant la Révolution, la Comédie-Française est fermée par ordre du Comité de salut public, et les comédiens sont emprisonnés. Une commission militaire y siège pour condamner une insurrection royaliste en 1795.

Le , le nouveau gouvernement met à disposition la salle Richelieu où jouait Talma, pour permettre aux comédiens de reconstituer la troupe qui n'en bougera désormais plus (sauf durant les périodes de restauration de la salle).

En 1812, l'empereur Napoléon Ier, en pleine campagne de Russie, décide de réorganiser la Comédie-Française en signant le 15 octobre, le décret dit « de Moscou » qui comporte 87 articles, et qui reste, à peu de chose près, le statut encore en vigueur aujourd'hui[4].

Les différentes salles[modifier | modifier le code]

La troupe de la Comédie-Française a occupé plusieurs salles depuis sa création :


Le un incendie ravage la scène et la salle dans lequel la jeune comédienne Jane Henriot trouve la mort. La troupe se produit dans les salles de l'Opéra et de l'Odéon en attendant la reconstruction confiée à l'architecte Julien Guadet, qui a lieu en un temps record pour être prêt pour l'Exposition universelle.

Le a lieu l'inauguration du nouveau plafond de la salle Richelieu réalisé par Albert Besnard[6].

Après la Seconde Guerre mondiale, la troupe fit plusieurs tournées internationales et joua, chaque année pendant une semaine entre 1950 et 1967, au Théâtre royal du Parc, la plus ancienne scène de Bruxelles après La Monnaie.

En 1987 est inauguré un nouveau rideau de scène peint par Olivier Debré.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

La Comédie-Française au XVIIIe siècle.

Les administrateurs[modifier | modifier le code]

La troupe[modifier | modifier le code]

En 2013, la troupe était composée de 60 comédiens, dont 37 sociétaires et 23 pensionnaires. Elle compte aussi 21 sociétaires honoraires[7].

Les équipes techniques[modifier | modifier le code]

Une équipe de vingt personnes assure la réalisation des décors, conçus au fil du temps par des artistes renommés comme Marie Laurencin, Valentine Hugo, Christian Bérard, Jean Carzou, Cassandre, Raoul Dufy, Pierre Clayette, Richard Peduzzi ou le metteur en scène et plasticien Bob Wilson.

La Bibliothèque-musée[modifier | modifier le code]

La Comédie-Française dispose d'un fonds de livres, documents, manuscrits, tableaux, sculptures, dessins et objets d'art. Cet ensemble, fort important, (dont 360 tableaux et 270 sculptures) est conservé par la Bibliothèque-musée de la Comédie-Française, dont les bureaux sont situés dans l'enceinte du Palais-Royal, galerie du Beaujolais. Cet établissement, ouvert aux chercheurs, ne se visite pas (le terme musée est inadéquat), des œuvres sont, le cas échéant, prêtées lors d'expositions.

Si beaucoup de ces œuvres sont des œuvres de commandes créées spécialement pour jouer les spectacles ou pour orner les salles de théâtre, la Comédie possède aussi de nombreuses peintures ou sculptures qui ont été données à la troupe par des admirateurs. L’ensemble de ces pièces permet de retracer l’histoire de cette institution et de suivre l’évolution du statut du comédien depuis le XVIIe siècle. À l'occasion du tricentenaire de la compagnie, une grande rétrospective fut organisée au Centre Georges-Pompidou en 1980 ; une partie des œuvres furent à nouveau exposées au Petit Palais de Paris en 2011-2012.

Répertoire[modifier | modifier le code]

La Comédie-Française dispose aujourd'hui d'un répertoire de 3 000 pièces.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Chevalley, « Le fauteuil de Molière », Revue de la Comédie-Française no 1, septembre 1971, pp. 25-26.
  2. Qui peut être traduite par « être ensemble et rester soi-même »
  3. Emblème figurant à la salle Richelieu.
  4. Texte du décret de Moscou sur le site de la Comédie-Française
  5. « Structure bois pour le théâtre éphémère de la Comédie-Française », Le Moniteur, 10 janvier 2012.
  6. Élisabeth Hauser, Paris au jour le jour, éditions de Minuit, p. 497.
  7. Distinction accordée à certains comédiens après vingt ans d'ancienneté à la Comédie-Française leur permettant de jouer occasionnellement dans la troupe.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Valmy-Baysse, Naissance et vie de la Comédie-Française : Histoire anecdotique et critique du théâtre français, 1402-1945, Paris, Floury, 1945, 547 p.
  • Anne Surgers, La Comédie-Française : un théâtre au-dessus de tout soupçon, Hachette, 1982, 211 p. (ISBN 2-01-008196-X)
  • Ouriel Zohar, « Comparaison du théâtre Bimate Ha'Kibbutz et du Théâtre national israélien Habima avec la Comédie-Française », Théâtre du Monde n°6, revue interdisciplinaire de l'Institut de recherches internationales sur les arts du spectacle, université d'Avignon, 1996, pp.203-210.
  • Marie-Agnès Joubert, La Comédie-Française sous l'Occupation, Tallandier, coll. « Documents d'histoire », 1998, 444 p. (ISBN 2-235-02174-3)
  • Catherine Steinegger, La Musique à la Comédie-Française de 1921 à 1964 : Aspects de l'évolution d'un genre, préface de Marcel Bozonnet, Mardaga, Liège, 2005.
  • André Blanc, Histoire de la Comédie-Française : de Molière à Talma, Perrin, 2007, 514 p. (ISBN 978-2-262-02382-9)
  • Hélène Tierchant et Gérard Watelet, La Grande Histoire de la Comédie-Française, Télémaque, 2011, 383 p. (ISBN 978-2-7533-0138-2) (+ DVD)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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