Alençon

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Alençon
Hôtel de ville
Carte de localisation de Alençon
Pays France France
Région Basse-Normandie
Département Orne
(préfecture)
Arrondissement Alençon
(chef-lieu)
Canton Chef-lieu de 3 cantons :
Code Insee 61001
Code postal 61000
Maire
Mandat en cours
Joaquim Pueyo
2008-2014
Intercommunalité Communauté urbaine d'Alençon
Latitude
Longitude
48° 25′ 50″ Nord
         0° 05′ 35″ Est
/ 48.4305555556, 0.0930555555556
Altitude 127 m (mini) – 152 m (maxi)
Superficie 10,68 km²
Population sans
doubles comptes
28 935 hab.
(1999)
Densité 2 709,3 hab./km²

Alençon est une commune française, préfecture du département de l’Orne, située dans la région Basse-Normandie. Sa communauté urbaine inclut plusieurs communes situées dans le département de la Sarthe dont elle est immédiatement limitrophe.

Ses habitants sont appelés les Alençonnais et les Alençonnaises.

La ville se situe au sud de son département de l’Orne et de la région Basse-Normandie. C’est une préfecture excentrée par rapport au territoire départemental.

Première ville du département de l’Orne, et troisième ville de la région Basse-Normandie (après Caen et Cherbourg-Octeville), Alençon a été au cours des siècles une importante place administrative (généralité d'Alençon) et économique (dentelle d'Alençon). À mi-chemin entre Paris et la Bretagne, ville-porte du duché de Normandie, passage obligé de la route entre le Nord et le Sud-ouest (axe Calais-Bayonne), Alençon demeure un carrefour d’échanges. La ville continue également d’exercer un pouvoir sur le Perche.

Mais la ville connaît une crise d’identité et n’a pas été à la hauteur de ses ambitions. Sans doute trop proche du Mans, cette dernière a absorbé les rôles économiques, ainsi Alençon, bien que normande, se retrouve dépendante de la préfecture sarthoise. On dit même qu’Alençon semble parfois avoir l’air d’une sous-préfecture de la Sarthe[1].

Toutefois, pour obvier à cette perte flagrante de compétitivité depuis le siècle dernier, Alençon s’illustre de façon remarquable dans le tourisme, vert ou culturel, d’autant plus que la ville est située juste entre les deux parcs naturels régionaux de Normandie-Maine et du Perche. Aussi Alençon pérpétue sa vocation de place administrative et assume son rôle de place économique et commerciale départementale.

Sommaire

[modifier] Géographie

[modifier] Situation

Situation d'Alençon et de son département
Situation d'Alençon et de son département
Alençon et ses environs
Alençon et ses environs

Alençon, immédiatement frontalière de la Sarthe, se situe au sud du département de l’Orne et de la région Basse-Normandie, dans la campagne d'Alençon, région naturelle de Normandie aussi appelée « Marches ».

La commune se trouve à 105 km de Caen, sa capitale régionale, et à 160 de Rouen, alors qu’elle n’est distante du Mans que de 55 km. De plus, la ville se situe à mi-chemin entre Paris et Rennes (distances respectives : 194 km et 165 km)[2].

Alençon se trouve également à une dizaine de kilomètres de la forêt d'Écouves vers le nord, de la forêt de Perseigne vers l’est, et des Alpes Mancelles vers le sud, région où la rivière de la Sarthe, après avoir arrosée Alençon, coule à travers les monts et collines pittoresques de Normandie. C’est aussi dans cette région que se trouve l’un des plus beaux villages de France : Saint-Céneri-le-Gérei[3], ou encore une « petite cité de caractère » : Fresnay-sur-Sarthe[4].

Ainsi, la ville est devenue la jonction entre les deux parcs naturels régionaux de Normandie-Maine l'englobant (voir carte), et du Perche l'avoisinant à l'est.

[modifier] Hydrographie

La ville d’Alençon est située à la confluence de la rivière Sarthe et de la rivière Briante qui descend de la forêt d'Écouves.

Elle appartient donc au bassin versant Loire-Bretagne, débouchant sur l’Atlantique[5].

[modifier] Géologie

Alençon a un sous-sol calcaire : des calcaires à Nérinées à l’est et des calcaires oolithiques à l’ouest, tous les deux d’âge jurassique. Le granite d’Alençon est plus en profondeur, mais il affleure à Condé-sur-Sarthe, à l’ouest de la ville, où il a été exploité jusque vers 1985. La ville a été construite avec ce granite de bonne qualité (pauvre en fer).

[modifier] Climat

Alençon est sous climat océanique. Sa région marque la transition entre le climat océanique de Bretagne (climat océanique du littoral, humide) et le climat océanique du Bassin Parisien (d’avantage continental)[6]. En effet, le climat océanique du Bassin Parisien est moins net que celui de Bretagne, le contraste été/hiver est plus marqué. Ainsi, à Alençon, l’amplitude thermique est prononcée : les hivers sont un peu plus froids et les étés un peu plus chauds qu’à Cherbourg ou Saint-Malo par exemple, bien que le climat reste indubitablement océanique.

L'hygrométrie à Alençon s'élève à 82 %[7].

  Relevés de températures et de précipitations à Alençon 1961-1900
Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 6,4 7,6 10,8 13,8 17,5 21 23,3 23,1 20,6 16 10,2 7,1 14,8
Températures minimales moyennes (°C) 0,9 1,2 2,6 4,4 7,5 10,4 12,2 11,8 9,8 7 3,5 1,7 6,1
Températures moyennes (°C) 3,6 4,4 6,7 9,1 12,5 15,7 17,7 17,4 15,2 11,5 6,9 4,4 10,4
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 73,8 64,1 64,7 50,2 64,8 49,2 46,1 41,4 59,1 69,8 77 74,9 735,2
Moyennes mensuelles d'ensoleillement (h) 53,7 77,8 129,7 167,7 195,2 212,6 230,6 205,8 166,8 117,3 71,8 50,6 1679,6
Source : Infoclimat[7]


Ville Ensoleillement (h/an) Pluie (mm/an) Neige (j/an) Orage (j/an) Brouillard (j/an)
Paris 1 797 642 15 19 13
Nice 2 694 767 1 31 1
Strasbourg 1 637 610 30 29 65
Alençon[8] 1 680 735 15 14 67
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40


Quelques records à Alençon sur la période 1946-1999
Températures minimales Record absolu –18 °C (5 février 1963)
Année la plus froide 1963
Températures maximales Record absolu 39 °C (28 juillet 1947)
Année la plus chaude 1999
Pluviométrie Hauteur maximale de pluie en 24h 53,8 mm (22 juillet 1963)
Année la plus pluvieuse 1994
Année la plus sèche 1953
Vent Record absolu 166 km/h (26 décembre 1999)[9]
Source : Meteo France[10]

[modifier] Lieux-dits et écarts

[modifier] Communes limitrophes


Lonrai, Damigny Damigny, Valframbert Cerisé
Condé-sur-Sarthe N Le Chevain (Sarthe)
O    Alençon    E
S
Saint-Germain-du-Corbéis Arçonnay (Sarthe) Saint-Paterne (Sarthe)
Enclave: {{{enclave}}}

[modifier] Administration

[modifier] Maires d'Alençon

Depuis le 14 mars 2008, le maire d'Alençon est Joaquim Pueyo, membre du PS.

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1977 1989 Pierre Mauger PS
1989 2002 Alain Lambert UDF
2002 2008 Christine Roimier Divers droite
mars 2008 en cours Joaquim Pueyo PS
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Divisions administratives

Alençon est chef-lieu de trois cantons :

  • Le canton d'Alençon-1 est formé d'une partie d'Alençon et de 16 autres communes à l'ouest de la ville (19 413 hab., dont 4 018 sur la seule commune d'Alençon[11], [12]),
  • Le canton d'Alençon-2 est formé d'une partie d'Alençon (15 238 hab.[11], [12]),
  • Le canton d'Alençon-3 est formé d'une partie d'Alençon et de 7 autres communes à l'est et au nord de la ville (14 370 hab., dont 9 679 sur la seule commune d'Alençon[11], [12]).

Les conseillers généraux de ces cantons sont respectivement Joaquim Pueyo (PS), Emmanuel Darcissac (PS) et Alain Lambert (UMP).

Ces trois cantons appartiennent à l'arrondissement d'Alençon dont Alençon est le chef-lieu. Cet arrondissement comporte 11 cantons, 133 communes et 101 487 habitants[12]. Alençon étant chef-lieu de département, c'est donc le Secrétaire général de la préfecture de l'Orne qui est le sous-préfet de l'arrondissement d'Alençon, Raymond-Alexis Jourdain, en poste depuis le 31 mars 2008[13].

Alençon est le siège de la préfecture de l'Orne, son préfet se nomme Michel Lafon, un administrateur civil hors classe et ancien préfet de la Meuse, nommé le 23 juillet 2007[14] en remplacement de Jean Charbonniaud[15].

Alençon fait partie de la 1re circonscription de l'Orne, fréquemment appelée « circonscription d'Alençon ». Le territoire de la 1re circonscription de l'Orne est identique à celui de l'arrondissement d'Alençon, il couvre donc 11 cantons, 133 communes et 101 487 habitants. L'actuel député se nomme Yves Deniaud (UMP)[16].

Enfin, la ville est depuis 1996 le siège de la communauté urbaine d'Alençon, qui regroupe 19 communes et 49 957[12] habitants autour d'Alençon y compris dans le département de la Sarthe. La communauté urbaine d'Alençon est présidée depuis 2008 par Joaquim Pueyo, l'actuel maire d'Alençon, faisant suite à Alain Lambert.

[modifier] Héraldique

Les armes de la ville d’Alençon se blasonnent ainsi :
D’azur à l’aigle bicéphale d’or.

[modifier] Démographie

Évolution démographique
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
12 954 12 407 13 222 13 955 - 13 934 13 917 14 388 14 760
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
16 473 16 110 16 115 16 037 16 615 17 237 17 550 18 319 17 841
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
17 270 17 843 17 378 16 249 16 044 16 688 17 731 16 691 21 893
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 -
25 584 31 656 33 680 31 608 29 988 28 935 28 400[17] 28 800[17] -
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Sources : INSEE[18], [19] et Cassini[20]
Histogramme
(Élaboration graphique par Wikipédia)
Pyramide des âges d'Alençon en 1999[21] en pourcentage.
Hommes Classe d'âge Femmes
0,1  Avant 1904  0,4
1905-1924  11,2
11  1925–1939  13,9
17,4  1940-1954  17,3
21,1  1955-1969  19,7
24,3  1970-1984  21,2
20,1  1985-1999  16,4

[modifier] Histoire

[modifier] Origines du peuplement à Alençon et dans ses environs

Les recherches les plus récentes permettent de comprendre comment le site de la ville d’Alençon a été occupé. Les périodes anciennes : dans les environs de la ville, les archéologues ont étudié des sites remontant au Néolithique, comme à Saint-Germain-du-Corbéis où il s’agit d’une carrière d’extraction de schiste destiné à la fabrication de bijoux, ou à Cerisé où des vestiges d’habitats ont été fouillés. L’Age du Bronze est aussi représenté à Cerisé avec l’existence de cercles funéraires. L’Âge du fer est très présent dans la campagne alençonnaise, ne serait-ce qu’au travers de nombreux noms de communes et de lieux-dits. Il existe aussi de nombreuses fermes indigènes, terme désignant les exploitations agricoles gauloises avant la romanisation.
Toutes ces périodes, ne sont pas représentées sur le site même de la ville d’Alençon. La période gallo-romaine est aussi présente avec de nombreux sites. Lorsque les archéologues font le bilan des données, les sites se concentrent sous la forme de deux couronnes entourant Alençon. Ils en déduisent que ces sites, à vocation agricole, ont fait vivre un centre plus peuplé. S’agit-il d’une villa ou d’un vicus ? Le problème majeur est qu’aucune trace d’occupation gallo-romaine n’est connue dans les limites actuelles d’Alençon. En revanche, il existe des traces d’un passage. Plusieurs monnaies ont été retrouvées à travers la ville : rue des Grandes Poteries, Grande rue, vieux Pont de Sarthe, rue des Tisons.

[modifier] Étymologie

Le nom d’Alençon a pour origine l’association d’un préfixe romain et d’un suffixe gaulois : al-uncus. La signification est littéralement « dans le méandre ». En l’occurrence, Alençon, en fonction de ce sens, est fondée dans un méandre de la rivière Sarthe, soit l’actuel quartier de Montsort. En effet, les gallo-romains préféraient s’installer dans des endroits sains, comme l’extrémité du plateau calcaire que constitue Montsort, et non dans l’encaissement marécageux où Alençon s’est développé à partir du Xe siècle.

[modifier] Antiquité

La christianisation de la Normandie commence au milieu du IVe siècle. Tout d’abord des aristocrates gallo-romains, vivant à la fois dans des centres urbains et possédant de vastes domaines ruraux, importent cette nouvelle religion. À cette période, Alençon est dans la Seconde Lyonnaise mais, à partir des années 380, cette province est coupée en deux. Les capitales sont respectivement Tours et Rouen, sous l’autorité de deux évêques, anciens militaires : Martin et Victrice. En outre, l’ouest de la Gaule bénéficie d’une relative stabilité. Saint Victrice entretient des relations soutenues avec Ambroise de Milan. En 396, saint Ambroise offre des reliques à saint Victrice, notamment celles de saint Gervais et saint Protais. Des reliques des deux saints sont amenées à Sées cette même année, consacrant la cathédrale. De là, les aristocrates gallo-romains vont permettre au christianisme de pénétrer d’avantage les campagnes, de faire reculer le paganisme. La région qui correspond plus ou moins à l’actuelle Normandie est dénommée au IVe siècle Tractus Armoricus, division militaire et administrative. Il faut en effet empêcher les invasions des Saxons par la mer. Le Tractus Armoricus fonctionne durant tout le Ve siècle. L’autorité est détenue par les évêques. Les pays, pagi, servent de cadre aux évêchés. Ainsi, le pagus oxismensis, le pays d’Exmes, correspond à l’évêché de Sées. Il est divisé en quatre centenae dont une à Alençon pour chef-lieu administratif : pagus novaciensis avec Neuvy-au-Houlme, pagus saginsis avec Sées, pagus corbonnensis avec Corbon, pagus alencionnensis avec Alençon. C’est la première mention d’Alençon, tardive car du VIIe siècle, mais ces divisions sont mises en place au Ve siècle.

[modifier] Moyen Âge

Durant l’Antiquité tardive et la période mérovingienne, Alençon est Montsort. « Montsort » est un nom tardif, quant au nom « Alençon », il est capté au Xe siècle suite à un déplacement du centre des pouvoirs sur la rive nord de la Sarthe. Le village mérovingien d’Alençon correspond à la paroisse Saint-Pierre soit Montsort. Il est massé sur l’extrémité du plateau sur la rive sud de la Sarthe. Saint-Pierre indique une église funéraire du VIe ou du VIIe siècle. La paroisse est imposée en nature par l’évêque du Mans avec de l’huile et de la cire destiné à l’éclairage de la cathédrale et d’un tiers de sou mérovingien. La Sarthe est la limite entre les évêchés du Mans et de Sées. Alençon est le chef-lieu d’une centenie mérovingienne puis d’une vicarie carolingienne, qui est une division équivalente.

À la période carolingienne, Alençon se trouve dans le ducatus cenomannensis, le duché du Mans, qui est une partie de la Neustrie. La région subit les raids vikings. Les envahisseurs pénètrent la région en remontant le cours de l’Orne vers le sud, ou vers le nord en suivant la Loire, la Maine et la Sarthe. En 911, le traité de Saint-Clair-sur-Epte stipule que le roi carolingien cède un vaste territoire à Rollon, chef viking. Ce territoire est un royaume entre Seine et Loire, trop vaste pour que les hommes, qu’on appelle désormais les Normands, puissent l’investir. Une prise de possession progressive est mise en place, évêché après évêché. En 924, Sées est revendiquée par les Normands. Ils arrivent jusqu’à la limite méridionale, soit la Sarthe. Un nouveau centre est créé sur la rive nord, pour concurrencer le village de la rive sud (Montsort-Alençon), et affirmer le nouveau pouvoir. En attendant de revendiquer l’évêché du Mans, des pactes sont passés avec les nobles du secteur, élargissant l’orbite normande. La famille de Bellême est la plus importante autorité sur la marche méridionale de la Normandie, de Mortagne à Domfront. Cette seigneurie de Bellême est une vaste zone tampon entre le Perche, l’Anjou, la Bretagne et la Normandie. Alençon est dès lors dans une position avantageuse.

Un prieuré de l’abbaye de Lonlay est implanté dans la seconde moitié du XIIe siècle.

[modifier] Époque moderne

Carte de la Généralité d’Alençon.
Carte de la Généralité d’Alençon.

Érigée en duché en 1414 (voir duché d'Alençon), Alençon fut définitivement rattachée au domaine royal en 1549, après la mort de Marguerite de France (1492-1549) dite Marguerite d’Angoulême, sœur du roi François Ier, veuve en premières noces du dernier duc Charles IV (mort en 1525 lors de la bataille de Pavie).

Dans le duché d’Alençon, la Réforme fut prêchée dès 1524. La situation particulière du duché, qui appartenait à Marguerite d'Angoulême (grand-mère maternelle du futur Henri IV) qui, Après son veuvage, ayant établi sa cour à Alençon et y étant demeurée après son remariage avec le roi de Navarre, permit à Michel d'Arande et à Pierre Caroli d’y faire pénétrer les idées nouvelles. Première ville acquise aux idées calvinistes, Alençon devient rapidement un foyer de la Réforme, au point que, en 1530, un réformé allemand qualifiait Alençon de « petite Allemagne ». Le petit catéchisme de Luther y est imprimé dès 1529 par Simon Du Bois. Les Protestants s’emparent de la ville, saccagent les églises et interdisent le culte catholique. La ville d’Alençon, grâce à la tolérance de Marguerite de Valois, reine de Navarre et duchesse d’Alençon, vit la Réforme faire de nombreux prosélytes parmi ses habitants, durant la première moitié du XVIe siècle. « La reine de Navarre, dit un historien de cette ville, bonne, sensible, pleine de commisération, déroba au supplice autant de protestants qu’il lui fut possible. Elle sauva Gérard Roussel, docteur, rigoureusement poursuivi par le Parlement, et en fit son aumônier ; Caroli, également poursuivi par le Parlement, à qui elle donna la cure de Notre-Dame d’Alençon, qu’il quitta pour passer en Suisse, où il se maria… Un protestant d’Alençon s’étant avisé de briser, pendant la nuit, un crucifix qui était au portail de l’église de Saint-Louis, Marguerite apaisa l’affaire, en faisant mettre à la place un autre crucifix un peu mieux décoré que le premier. Mais la bonne duchesse ne put jamais sauver des flammes Étienne Le Court, curé de Condé, près d’Alençon, attaché aux nouvelles opinions, qui fut brûlé le 21 décembre 1533 ». Pendant les guerres de Religion, le duc de Mayenne, chef de la Ligue et Henri de Navarre, futur Henri IV, se disputent plusieurs villes du duché d’Alençon qui devient le théâtre de durs affrontements. Alençon tombe aux mains du duc de Mayenne avant d’être reprise par Henri IV qui vend le duché au duc Frédéric Ier de Wurtemberg en 1605. Marie de Médicis le lui rachète en 1613. Préférant fuir plutôt que d’avoir à subir les dragonnades, les Alençonnais réformés laissent une ville vide aux troupes de dragons. La révocation de l'Édit de Nantes entraîne une forte immigration vers l’Angleterre, les Pays-Bas ou les îles anglo-normandes.

Colbert fonde en 1665 ses célèbres manufactures dont celle du très célèbre point de France ou point d’Alençon créé en 1650 à partir du point de Venise. Alençon employa, à l’apogée de son art, jusqu’à huit mille dentelières.

En 1636, lors de la refonte de l’administration territoriale du royaume par Richelieu, le duché d’Alençon est supprimé et remplacé par une généralité (voir généralité d'Alençon) faisant partie, avec celles de Rouen et de Caen, du gouvernement de Normandie. Alençon fut nommée, lors de ce nouveau découpage du royaume en élections fiscales, Généralité de la province du Perche.

[modifier] Économie

La halle aux blés.
La halle aux blés.

Au XVe siècle, la dentelle qui connaîtra son apogée deux siècles plus tard, débute en concurrence avec le « point de Venise ».

Icône de détail Article détaillé : Dentelle d'Alençon.

Apparue dès le XVIe siècle avec le protestant Simon Du Bois, l’imprimerie est vite florissante. La famille Malassis fondera une grande lignée d’imprimeurs.

Le tissage de la toile et du canevas de chanvre au XVIIe siècle amène la prospérité. Alençon fabrique à cette époque, une sorte de toile appelée « fleuret » ou « blancard ». la ville connaît un début de révolution industrielle auquel la révocation de l'Édit de Nantes portera un coup fatal en provoquant la fuite des industriels huguenots vers l’Angleterre et la Hollande.

Au XIXe siècle, Alençon connaît un renouveau industriel grâce à l’ouverture de plusieurs fabriques. Des réseaux de transports routiers et ferroviaires se développent, mais la décision de faire passer la ligne ferroviaire Paris-Brest par Le Mans au lieu d’Alençon la condamne, en dépit d’une industrie typographique florissante, au déclin jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Au XXe siècle, Alençon devient un des bastions de Moulinex (entreprise industrielle d’électroménager). L’usine Moulinex d’Alençon, créée en 1937 par Jean Mantelet, d'où sort notamment le fameux « moulin-légumes », devient le cœur industriel de la ville. La fermeture définitive de l’usine, en 2002, comptant encore à l'époque près de 1 000 employés et assurant du travail à de nombreux sous-traitants, est un choc pour la ville et le département. Aujourd’hui, le groupe Seb sous-traite la fabrication du moulin à légumes à la société Adiamix (40 salariés), ouvert sur l'ancien site de Moulinex.

Au lendemain de la fermeture de Moulinex, la municipalité a lancé le plan Phénix, dont le slogan est 1000 emplois en 1000 jours.

Créé en 1983, l’Institut supérieur de plasturgie d’Alençon (ISPA) a contribué, en formant aux métiers de la plasturgie, à l’implantation de nouvelles entreprises, spécialisées notamment dans la plasturgie.

L’ouverture de l’A28, entre Alençon et Le Mans en juin 2001, et entre Alençon et Rouen en octobre 2005, a permis, en outre, de désenclaver la ville.

Alençon est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie d'Alençon.

[modifier] Industries

  • Fromageries Riches Monts : 200 salariés ;
  • M.P.O. Fenêtres (Menuiserie Plastique de l'Ouest) : 150 salariés.
  • Maisons France Confort (Construction de maisons individuelles) 1 100 salariés
  • Groupe Ac2 inc (annexe administratif) 120 salariés
  • Goavec Engineering (Métallurgie) 200 salariés

[modifier] Patrimoine

[modifier] Architecture civile

Le Château des Ducs
Le Château des Ducs
La Luciole
La Luciole
Église Notre-Dame
Église Notre-Dame
  • Le Château des Ducs : les bâtiments existants ne représentent que 10% de l'ensemble. Il subsiste le châtelet, une courtine, la tour couronnée et une poterne ; le palais de justice datant du Ier Empire se trouve à côté.
  • L’Hôtel de ville (place Foch) : bâti en forme d’arc de cercle de 1783 à 1788 par l’architecte Delarue.
  • L’Hôtel de Guise : bâti à partir de 1630, en briques roses avec des chaînages en granit de Hertré dans un pur style Louis XIII, il sert de préfecture depuis 1800.
  • La Halle aux Blés : datant du début du XIXe siècle (construite de 1811 à 1819), son dôme de fer et de verre fut rajouté plus tard par Croquefer. Ce monument circulaire sert aujourd’hui de salle pour des expositions et événements divers.
  • La Bibliothèque : ancienne église Saint-Joseph du collège des Jésuites, construite au XVIIe siècle. Sa toiture à l'impériale est dotée d'un campanile au XVIIIe siècle pour les cours d'astronomie. Ses armoires en chêne sculpté du XVIIIe siècle provenant de l’Abbaye du Val Dieu renferment, entre autres, des éditions rares remontant jusqu’au XVIe siècle et des manuscrits médiévaux.
  • Le Tribunal de Commerce : avec sa tourelle polygonale, cette élégante construction du milieu du XVIe siècle décrite par Balzac dans Le Cabinet des Antiques fut le siège du bureau des finances à partir de 1640.
  • Le quartier Saint-Léonard ou quartier des Marais : quartier du vieil Alençon aux noms évocateurs (rue du Château, rue Bonette, rue des Lombards, rue de la Juiverie) remontant au Moyen Âge.
  • La Luciole : grand lieu musical d'Alençon.

[modifier] Architecture sacrée

  • L’Église Notre-Dame  : nef du XVe siècle, porche flamboyant, début XVIe siècle. Suite à un incendie, le chœur et le clocher ont été reconstruits au milieu du XVIIIe siècle.
  • L’Église Saint-Léonard : style gothique flamboyant du XVe, piliers de la tour de style roman, très remaniée.
  • Chapelle Notre-Dame de Lorette : construite vers 1680 dans le quartier de Montsort.

[modifier] Sport

  • Football : US Alençonnaise 61 (CFA 2)
  • Basketball : UBCUA (Nationale 3)
  • Rugby: RCA (Fédérale 3)

[modifier] Transports

[modifier] Transports en commun

Autobus Alto sur la ligne 1 dans le quartier de Courteille à Alençon
Autobus Alto sur la ligne 1 dans le quartier de Courteille à Alençon

Alençon est au cœur d'un réseau de bus géré par la Compagnie des Bus Alençonnais (COBAL) sous la marque commerciale Alto.

Dix lignes de bus se croisent au pôle d'échange de La Magdelaine dans le centre-ville d'Alençon. Ce réseau permet de nombreux échanges entre le centre-ville d'Alençon et sa périphérie.

[modifier] Liaisons routières et autoroutières

Alençon est le croisement de la route nationale 12 reliant Paris à la Bretagne avec les anciennes routes nationales RN 138 et RN 135. De plus, à quelques kilomètres d'Alençon bifurquent respectivement depuis l'ex-RN 138 et RN 12 les anciennes RN 158 et RN 176.

Ainsi Alençon se trouve à un carrefour routier duquel partent des routes vers Caen, Rouen, Paris, Chartres, Orléans, Le Mans, Laval, Fougères, Rennes, Le Mont-Saint-Michel et Saint-Malo.

En ce qui concerne le réseau autoroutier, Alençon est desservie par l'A 28, une transversale nord-sud faisant partie du Grand contournement de Paris et permettant de partir de Calais et rejoindre Bayonne en utilisant que le réseau autoroutier et en évitant Paris. Cette autoroute double l'ancienne RN 138 (Rouen-Le Mans), ouverte en 2005 elle dessert Alençon par deux sorties. Elle permet pour la ville d'Alençon, outre un désenclavement logique, un accès rapide aux villes du Mans, de Tours, Angers, Rouen, Le Havre, Lisieux et Deauville.[22]

À 20 km au nord d'Alençon, au niveau de la ville de Sées, l'A 28 donne naissance à l'A 88 partant relier les villes d'Argentan et de Caen. Ainsi le trajet Alençon–ArgentanCaen par autoroute sera possible dès 2010 lors de l'ouverture intégrale de l'A 88 (une partie de l'autoroute est en effet en service, une deuxième en construction et une dernière en voie express en cours de mise aux normes autouroutières).[23]

Suivant les sections, la RN 12 d'Alençon à Paris est à 2×2 voies ou est en travaux d'aménagement en 2×2 voies. La RN 12 est déviée du centre-ville d'Alençon par le nord et croise l'A 28. La partie ouest de la déviation d'Alençon est à 2×1 voies, un projet est à l'étude pour son doublement.[24], [25]

Le reste dans anciennes routes nationales (Alençon-Chartres et Alençon-Rennes/Le Mont-Saint-Michel) est simplement à 2×1 voies, bien que des projets ont vu le jour, notamment en vue de doubler la RN 12 au-delà d'Alençon vers Rennes et Le Mont-Saint-Michel[26].

[modifier] Liaisons ferroviaires

Alençon dispose d'une gare SNCF, la gare d'Alençon, située sur la ligne ferroviaire Caen-Alençon-Le Mans-Tours.

Des liaisons quotidiennes vers les gares de Caen, du Mans, de Tours et de Tours-Saint-Pierre-des-Corps sont donc proposées. Des correspondances via la gare de Surdon ou la gare du Mans permettent des liaisons avec Paris-Montparnasse qui se font avec le TGV Atlantique ou bien avec des Corails Intercités et des Trains Express Régionaux.

La gare d'Alençon se situe sur la ligne 3 et la ligne 7 du TER Basse-Normandie.

Les meilleurs temps de parcours permettent de faire Alençon–Paris-Montparnasse en 1h50 (Alençon–Le Mans en 38 minutes). Alençon–Caen se fait en 1h15.[27]

La gare d'Alençon, reconstruite en 1952 après les bombardements de 1944, était à l'origine une gare standard origine Ouest[28].

[modifier] Liaisons aériennes

Alençon dispose d'un aéroport, l'aéroport d'Alençon-Valframbert.

[modifier] Musées, culture et éducation

[modifier] Musées et bibliothèques

Bibliothèque d’Alençon
Bibliothèque d’Alençon

Le Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle d’Alençon, contigu à la bibliothèque, se consacre, en plus de la dentelle, aux écoles de peinture française, italienne et nordique du XVe au début du XXe siècle et aux arts du Cambodge. Des expositions temporaires, notamment sur de célèbres couturiers, y sont organisées régulièrement.

[modifier] Enseignement supérieur

Alençon possède une antenne de l'université de Caen Basse-Normandie, une des cinq antennes que l'université dispose dans toute la région Basse-Normandie, comme à Cherbourg-Octeville, Saint-Lô, Lisieux ou Vire.

Le pôle universitaire d'Alençon se situe à Montfoulon, au nord-ouest du centre-ville, sur la commune de Damigny.

Le site universitaire de Montfoulon est une antenne de l'UFR de Droit et de Sciences politiques de Caen. Créée en 1991 et rénovée en 2003, elle dispense le même enseignement qu'à la Faculté de Caen, par les mêmes enseignants, mais en effectif réduit et en contact permanent avec des professionnels, dès le 1er semestre d'étude. Cet université à taille humaine permet donc une meilleure réussite aux examens ainsi qu'une meilleure adaptation à la vie étudiante[29].

De plus, le pôle universitaire de Montfoulon possède un IUT (Institut Universitaire Technologique), ouvert en 1983[30].

[modifier] Enseignement secondaire

Alençon dispose de 6 collèges (4 publics et 2 privés)[31] :

Collèges publics Collèges privés
  • Balzac
  • Racine
  • Louise Michel de Perseigne
  • Saint-Éxupéry
  • Saint-François-de-Sales
  • Institution Notre-Dame

Alençon dispose de 7 lycées (tous types confondus). En tant que chef-lieu de département, Alençon jouit de nombreux enseignements variés (enseignement du chinois, du grec ancien, etc.) offerts plus généralement à l'ensemble des jeunes Ornais[32].

Lycées publics Lycées privés
  • Saint-François-de-Sales (général, technologique et professionnel)
  • CFAI (Centre de Formation des Apprentis de l'Industrie de l'Orne)

[modifier] Enseignement primaire

Alençon dispose de 11 écoles primaires publiques (fusion des écoles maternelles et élementaires ; auxquelles il faut rajouter les 5 écoles primaires privées [33].

[modifier] Archives

  • Registres paroissiaux et d’état civil depuis :
  • Dépouillements généalogiques :
  • Délibérations municipales depuis :

[modifier] Événements

  • Ornexpo (mars)
  • Alencon-Médavy : course pédestre (avril)
  • Fête d’ici et d’ailleurs (juin)
  • Les échappées belles : spectacles en plein air (été)
  • Rencontres nationales du blog citoyen
  • Forum régional sur la dématérialisation [1]
  • Septembre Musical de l'Orne : festival de musique classique (26ème édition en 2008)
  • Exposition Auguste Poulet-Malassis (2007)

[modifier] Natifs d’Alençon

Boudier de La Josselinière.
Boudier de La Josselinière.
Villedieu.
Villedieu.
Hébert.
Hébert.
Le gal Fromentin.
Le gal Fromentin.
Dufriche Desgenettes.
Dufriche Desgenettes.
Poulet-Malassis.
Poulet-Malassis.