Gibraltar

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Gibraltar
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Gibraltar
Administration
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Statut politique Territoire d'outre-mer
(revendiqué par l'Espagne)
Capitale Gibraltar
Gouvernement
- Chef d'État
- Gouverneur
- Chef du gouvernement

Élisabeth II
James Dutton
Fabian Picardo
Démographie
Population 27 884 hab. (2005)
Densité 4 262 hab./km2
Langue(s) Anglais (officiel)
Espagnol
PIB (2000)
 · PIB/hab.
769 millions de $
27 900 $
Géographie
Coordonnées 36° 08′ 19″ N 5° 20′ 51″ O / 36.138706, -5.34742236° 08′ 19″ Nord 5° 20′ 51″ Ouest / 36.138706, -5.347422  
Superficie 6,543 km2
Divers
Monnaie Livre de Gibraltar
Fuseau horaire UTC +1[1]
Domaine internet .gi
Indicatif téléphonique 350
Hymne Hymne de Gibraltar
Devise Nulli Expugnabilis Hosti

Gibraltar (de l'arabe « Djebel Tariq » (جبل طارق), « le mont de Tariq » du nom de Tariq ibn Ziyad), est un territoire britannique d'outre-mer, situé au sud de la péninsule Ibérique, en bordure du détroit de Gibraltar qui relie la Méditerranée à l'océan Atlantique. Il correspond au rocher de Gibraltar et à ses environs immédiats et est séparé de l'Espagne par une frontière de 1,2 kilomètres.

Gibraltar est possession du Royaume-Uni depuis 1704. L'armée britannique y conserve une présence relativement importante. Bien que la majorité de sa population y soit opposée[2],[3], Gibraltar est revendiqué par l'Espagne. La question de Gibraltar est une cause majeure de dissension dans les relations hispano-britanniques.

Gibraltar fait partie de l'Union européenne, mais pas de l'espace Schengen[4].

L'aéroport de Gibraltar a pour code LX, selon la liste des préfixes des codes OACI des aéroports.

Les habitants de Gibraltar sont les Gibraltariens et les Gibraltariennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Gibraltar.
La ville et le rocher au XIXe siècle. Lithographie d'Alfred Guesdon.

Le territoire de Gibraltar comporte plusieurs sites ayant été occupés par les Néandertaliens. Le site de Forbe's Quarry a d'ailleurs livré en 1848 le premier crâne correspondant à cette espèce, lequel n'a toutefois été reconnu comme tel qu'après la découverte du site du même nom dans la vallée de Neander en Allemagne. Le site de la grotte de Gorham a également livré des industries moustériennes qui pourraient être parmi les plus récentes.

D'après la mythologie grecque, c'est Héraclès qui a érigé les colonnes d'Hercule composées des deux promontoires séparant l'Afrique de l'Europe : le mont Calpé en Europe et Jbel Musa en Afrique. Dans l'antiquité grecque, le rocher est aussi associé à Briarée, un des Hécatonchires.

Avant la conquête musulmane, le Rocher de Gibraltar était appelé Mont Calpé. Au début du VIIIe siècle, dans le cadre de la conquête musulmane de l'Espagne wisigothique, le chef Tariq Ibn Ziyâd y établit une tête de pont en Europe, donnant son nom au Rocher.

Le site fut conquis en 1309 par le royaume de Castille, puis repris par le général mérinide Abu Malik en 1333 expulsant les Castillans. En 1374 les Mérinides cèdent le rocher au royaume de Grenade. Gibraltar est définitivement reconquis par Ferdinand V en 1492.

Ce territoire espagnol fut pris par les forces anglo-néerlandaises de l'amiral George Rooke le 25 août 1704 et sa propriété (mais pas la souveraineté) est confirmée et reconnue par l'Espagne par les traités d'Utrecht de 1713. Une tentative espagnole pour reprendre Gibraltar eut lieu de 1779 à 1781, lorsque l'Espagne déclara la guerre au Royaume-Uni dans le cadre de son alliance avec la France (guerre d'indépendance américaine). Cette période est connue sous le nom du "grand siège" et dura 3 ans.

En 1805, une épidémie de fièvre jaune tua un tiers des Gibraltariens.

En mai 1968, afin de protester contre l'organisation quelques mois plus tôt, le 10 septembre 1967, d'un référendum « d'autodétermination » sur le rocher qui avait donné une écrasante majorité pour le maintien de la souveraineté britannique, le général Franco fait fermer la frontière entre l'Espagne et le rocher[5], qui ne rouvrira que le 1er janvier 1985 à minuit[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Détroit de Gibraltar.
Carte de Gibraltar.
Gibraltar, le Rocher.

Le territoire a une superficie de 6,8 km². Il possède une frontière terrestre avec l'Espagne longue de 1 200 m (plus courte frontière terrestre du monde), et 12 km de côtes : il y a deux côtes, la côte Est (East Side), où se trouvent deux baies, Sandy Bay et Catalan Bay, et la côte Ouest (West Side), où vit la majorité de la population.

Le climat méditerranéen favorise une végétation résistante de garrigue, maquis et pinède.

Le point culminant est le rocher de Gibraltar (rocher calcaire culminant à 426 m), réserve naturelle peuplée par des macaques berbères, les seuls singes sauvages d'Europe.

Gibraltar n'a pas de ressources naturelles exploitées ; cependant, une usine de dessalement a été récemment créée à l'intérieur du Rocher.

Gibraltar est un des territoires les plus densément peuplés au monde (4 290 hab./km²), ceci ayant pour conséquence une demande d'espace de plus en plus forte.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique à Gibraltar.
Un macaque berbère de Gibraltar.

Comme pour tout territoire britannique d'outre-mer, la reine Elizabeth II est le chef de l'État ; elle est représentée par le gouverneur de Gibraltar. Le Royaume-Uni a gardé les responsabilités concernant la défense, la politique étrangère, la sécurité intérieure et les questions économiques. Le rôle du gouverneur est surtout symbolique : il ne participe pas à l'administration du territoire. Le Gouverneur nomme après les élections le Gouvernement. Il est responsable de la défense et de la sécurité à l'intérieur de Gibraltar (la Royal Gibraltar Police).

Le Parlement de Gibraltar est composé de 17 membres élus pour un mandat de 4 ans. Le gouvernement est responsable devant lui.

Il y a trois partis représentés au parlement : les Sociaux-démocrates de Gibraltar, le Parti travailliste-socialiste de Gibraltar et le Parti libéral de Gibraltar.

Gibraltar fait partie de l'Union européenne depuis 1973, conformément au traité d'adhésion du Royaume-Uni, mais n'est pas impliqué dans certains accords, tels que l'Union douanière et la Politique agricole commune.

Le plus important problème est la demande permanente de l'Espagne concernant le transfert de ce territoire. Les partis politiques et une grande majorité des habitants y sont opposés.

Gibraltar est toujours sur la liste officielle des territoires à décoloniser selon l'ONU[7].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de Gibraltar.

Les activités militaires ont traditionnellement dominé l'économie de Gibraltar, le chantier de construction et de maintenance navale fournissant la majeure partie de l'activité économique. Leur part dans l'économie locale a cependant diminué, passant de 60 % en 1984 à 7 % en 2004.

L'économie de Gibraltar repose sur le secteur des services, principalement ceux en lien avec la finance et le tourisme. Un certain nombre de banques britanniques et internationales ont des filiales à Gibraltar, qui est devenu un centre de finances international. Récemment, beaucoup de bookmakers et d'opérateurs de jeu en ligne ont déplacé leur siège à Gibraltar, pour tirer bénéfice du faible taux d'imposition sur les sociétés.

En ce qui concerne le tourisme, Gibraltar est une escale privilégiée pour les bateaux de croisière. Le rocher de Gibraltar est une attraction populaire, en particulier parmi les touristes et les résidents britanniques installés sur la côte méridionale de l'Espagne. Toutes les marchandises et les services sont vendus sans taxe sur la valeur ajoutée, ce qui explique l'implantation de plusieurs grands magasins britanniques : Marks and Spencer, BHS, Dorothy Perkins, et la chaîne de supermarchés Morrisons.

Gibraltar a un PIB de plus de 432 millions de £ (769 millions de $) ; avec un PIB par personne de 15 700 £ (28 000 $).

La devise est la livre de Gibraltar, qui a une parité de un pour un avec la livre sterling, laquelle a aussi cours à Gibraltar. Par ailleurs la majorité des magasins et des restaurants acceptent aussi les euros, mais avec un taux de change défavorable. On notera toutefois que la livre de Gibraltar, elle, n'a pas cours en Grande-Bretagne.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de Gibraltar.

D'après le recensement de juillet 2005, Gibraltar compte 27 884 habitants. Les origines des habitants de Gibraltar sont espagnoles, britanniques et méditerranéennes (principalement génoises et maltaises). La religion principale est le christianisme, catholique en majorité et anglican. On trouve également une grande communauté juive, une population musulmane marocaine et un certain nombre de personnes originaires du sous-continent indien.

La langue officielle est l'anglais, utilisée au gouvernement et dans les affaires. Beaucoup de gens emploient également le llanito, un mélange d'espagnol, d'anglais.

Le terme llanito (féminin : llanita) définit aussi une identité propre à Gibraltar et visible lors de la fête nationale de Gibraltar, en particulier sur les tee shirt portés par les jeunes et arborant des slogans comme « 110% llanita » ou « proud to be llanito ».

Culture[modifier | modifier le code]

Lâcher symbolique des ballons rouges et blancs.
Les Gibraltariens encerclent le Rocher.

Gibraltar célèbre sa fête nationale le 10 septembre, date choisie pour commémorer le référendum de 1967, premier acte d'autodétermination du peuple de Gibraltar (rejet de l'annexion par l'Espagne). C'est pour beaucoup de gens une occasion de fête, chacun s'habille en rouge et blanc, couleurs nationales. Le rassemblement politique culmine avec le lâcher de trente mille ballons rouges et blancs représentant le peuple de Gibraltar.

En 2004, Gibraltar a fêté le tricentenaire de sa conquête par les Britanniques et, pour les honorer de leurs efforts et affirmer son attachement à la base navale, a attribué la liberté de la ville à la Royal Navy. Comme geste politique de solidarité, la quasi-totalité de la population est descendue dans la rue, habillée en rouge, blanc et bleu, se tenant par la main pour former une chaîne humaine encerclant le rocher.

Vie militaire[modifier | modifier le code]

Les British Forces Gibraltar sont chargées de la défense de ce site stratégique. La British Army est représentée par le Royal Gibraltar Regiment (en), à l'origine une force de réserve qui a été placée sur l'établissement permanent de l'armée britannique en 1990. Le régiment comprend des soldats à plein temps et à temps partiel recrutés sur place, ainsi que des militaires de carrière britanniques en provenance d'autres régiments.

La marine royale maintient un escadron. L'escadron est responsable de la sécurité et de l'intégrité des eaux territoriales britanniques de Gibraltar (BGTW). La base est appelée Rooke par les habitants de Gibraltar en l'honneur de George Rooke qui s'est emparé du rocher au détriment de l'archiduc Charles (prétendant au trône espagnol) en 1704. Elle est une base importante pour l'OTAN, les sous-marins nucléaires britanniques et des États-Unis s'y ravitaillant fréquemment. Les bateaux de la marine espagnole ne se ravitaillent cependant pas à cet endroit.

La base de la Royal Air Force (RAF) à Gibraltar fait partie du Régiment royal de Gibraltar. Bien que les avions ne soient pas de manière permanente postés à Gibraltar, de nombreux avions de la RAF font des visites régulières.

On pense que le rocher est une base d'écoute de ROEM pour les télécommunications en direction de l'Afrique du Nord, et en raison de son emplacement stratégique elle reste toujours une base principale pour la NSA et pour le Government Communications Headquarters.

Personnalités originaires de Gibraltar[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. UTC+2 à l'heure d'été
  2. (en) Emma Daly, Gibraltar Rejects Power-Sharing Between Britain and Spain, sur le site du New York Times. Publié le 8 novembre 2002. Consulté le 23 novembre 2012.
  3. Yves Lacoste, Géopolitique : La longue histoire d'aujourd'hui [Nouvelle édition], Larousse,‎ octobre 2009, 336 p. (ISBN 978-2-03-584815-4), p. 135
  4. (en) Bethany Whitfield, « Pilatus to Reveal PC-24 Jet at EBACE », sur 24heures.ch,‎ 17 août 2013 (consulté le 20 août 2013)
  5. « L'Espagne ferme sa frontière avec Gibraltar », Le Monde, 7 mai 1968.
  6. Humeurs latines - Gibraltar
  7. « Nations unies - Territoires non autonomes », sur le site des Nations unies,‎ 15 juin 2011 (consulté le 11 août 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]