Bob Dylan

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Bob Dylan

Description de cette image, également commentée ci-après

Bob Dylan en septembre 1963.

Informations générales
Surnom Elston Gunnn[1], Blind Boy Grunt[2], Zimbo[3], Zimmy[4], Lucky Wilbury, Boo Wilbury, Elmer Johnson, Sergei Petrov[5], Jack Frost[6], Jack Fate, Willow Scarlet, Bob Landy[2], Robert Milkwood Thomas[2], Tedham Porterhouse
Nom de naissance Robert Allen Zimmerman
Naissance 24 mai 1941 (73 ans)
Duluth, Minnesota, États-Unis
Activité principale auteur-compositeur-interprète, musicien, peintre, poète
Genre musical Rock, folk, folk rock, blues, country, country rock
Instruments guitare, harmonica, basse, piano
Années actives depuis 1959
Labels Columbia
Site officiel bobdylan.com

Bob Dylan (né Robert Allen Zimmerman le 24 mai 1941 à Duluth, Minnesota, aux États-Unis) est un auteur-compositeur-interprète, musicien, peintre, poète américain, une des figures majeures de la musique populaire depuis cinq décennies. Ses œuvres les plus célèbres et les plus influentes datent des années 1960, quand il fut d'abord un chroniqueur informel des troubles américains, par exemple avec Like a Rolling Stone, Ballad of a Thin Man, All Along the Watchtower, Masters of War ou encore Gates of Eden. Certaines de ses chansons comme Blowin' in the Wind et The Times They Are a-Changin' sont devenues des hymnes anti-guerre, en particulier anti-guerre du Viêt Nam et des mouvements civils de l'époque[7]. L'un de ses derniers albums studio, Modern Times, publié en 2006, est entré directement à la première place dans le classement Billboard 200[8] et a été nommé Album de l'année par le magazine Rolling Stone.

Dans ses premières chansons Dylan a abordé les questions sociales, et trahissait une forte influence philosophique et littéraire défiant les « existants » de la musique pop classique, et il faisait généralement appel à la contre-culture de l'époque. Tout en élargissant et en personnalisant les styles musicaux, il a montré une grande dévotion à de nombreuses traditions de la musique américaine, folk, country, blues, gospel, rock'n'roll et rockabilly, ainsi qu’à la musique folk anglaise, écossaise et irlandaise. Depuis le début de sa carrière, dans les années 1960, Dylan a, par ses textes et par sa recherche de voies nouvelles (allant parfois même à l’encontre de son public), sensiblement marqué la culture musicale contemporaine. En témoignent les nombreux artistes qui se réclament de son influence (David Bowie, Neil Young, Paul Simon, Jeff Buckley, Bruce Springsteen, Tom Waits, Elvis Costello, etc.), ou le vaste répertoire des chansons qu'il a composées, dans lequel puisent des musiciens de tous les horizons et de toutes les générations (Tom Waits, Elvis Presley, The Beatles, Mark Knopfler, Neil Young, U2, P.J. Harvey, Syd Barrett, Guns N'Roses, Jimi Hendrix etc.)

Les références dont s’inspire Bob Dylan pour faire évoluer son art, sont non seulement à rechercher du côté de musiciens américains légendaires, tels Hank Williams, Woody Guthrie[ch 1] et Robert Johnson[ch 2], mais aussi chez des écrivains de la Beat generation, comme Jack Kerouac ou Allen Ginsberg. Il apprécie également Arthur Rimbaud, auquel il sera souvent comparé, et s’intéresse à des dramaturges, tel Bertolt Brecht.

Complexe, en constante évolution (il réinvente régulièrement chacun de ses standards dans différents registres, allant du rock agressif au jazz en passant par les ballades), proche des aspirations sociales et culturelles des époques qu’elle a traversées, l’œuvre de Dylan a, peut-être plus que toute autre, fait évoluer le rôle de la musique populaire en Occident (cf. Analyses). Depuis 1997, Bob Dylan est régulièrement nommé pour l’obtention du Prix Nobel de littérature. Par ailleurs, les textes de ses chansons, qui se situent entre poésie surréaliste et musique traditionnelle américaine, sont étudiés dans les universités américaines.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les grands-parents de Robert Zimmerman sont originaires d'Europe de l'Est, dont ils ont fui les pogroms de la fin du XIXe et du début du XXe siècle[a 1]. Ben D. Stone, son grand-père maternel s'installe à Hibbing, tandis que Zigman Zimmerman, qui a fui Odessa en 1907, s'installe à Duluth, ces deux villes étant situées dans le Minnesota. Beatrice Stone et Abraham Zimmerman, deux de leurs enfants, se marient en 1934 et donnent naissance à Robert (Bob) le 24 mai 1941 loin des combats, loin de l'Europe cimetière des juifs[d 1] (ce qui fera dire plus tard à Dylan « Le monde volait en morceaux et déjà le chaos fichait son poing dans la figure des nouveaux venus »[ch 3]. Il reçoit le nom juif de Shabtai Zisel ben Avraham (שבתאי בן אברהם en hébreu). Celui-ci passe sa petite enfance à Duluth où Abraham occupe un bon emploi de salarié à la Standard Oil qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille[d 1], puis en 1947 déménage avec ses parents et David, son jeune frère, à Hibbing, ville natale de Beatty[c 1].

Dans son autobiographie[9], Dylan écrit que sa grand-mère maternelle portait le nom de Kirghiz, que la famille de celle-ci avait vécu à Trabzon, sur la côte turque de la mer Noire ; bien qu'elle eût grandi dans le district de Kağızman, elle venait d'Istanbul. Son grand-père paternel était également originaire de Trabzon.

Hibbing[modifier | modifier le code]

Hibbing est à l'époque une ville minière, réputée pour posséder la plus grande mine à ciel ouvert de fer du monde, d'environ 17 000 habitants, aux mœurs conservatrices et de tradition chrétienne, son père fréquentant le Rotary Club de la ville et même une loge juive maçonnique : le B'nai Brith[d 2]. Son père, Abraham, guéri de la poliomyélite qu'il a contractée à Duluth, ouvre un magasin d'électro-ménager. Vers l’âge de 8 ou 9 ans, Robert s’initie au piano puis plus tard, à la guitare et à l’harmonica. Il se passionne tout d’abord pour la musique country de Hank Williams dont il répète les morceaux, et écoute les stations de radio qui diffusent du blues, tel que celui de Muddy Waters, Howlin' Wolf, John Lee Hooker ou Jimmy Reed[10]. Il sera également influencé par Elvis Presley, Buddy Holly, Bill Haley et Little Richard, dont la gestuelle scénique et les attitudes anticonformistes fascinent les adolescents autant qu'elles scandalisent leurs aînés[11].

À l'école secondaire[12], l'adolescent intègre des petites formations musicales, telles que The Golden Chords, avec lesquelles il joue dans des fêtes et des talent contests. Il étend sa culture musicale en échangeant des disques de jazz et de rhythm and blues avec des amis partageant son goût pour la musique[c 2]. Il quittera l'école secondaire en 1959 avec son diplôme de fin d'études correspondant plus ou moins au baccalauréat français[d 3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Dylan se marie avec le mannequin américain Sara Lownds (née Shirley Marlin Noznisky le 28 octobre 1939 à Wilmington, dans le Delaware) le 22 novembre 1965. Ce mariage reste secret jusqu'en février 1966 et la parution dans le New York Post d'un article de la journaliste Nora Ephron intitulé « Hush! Bob Dylan is wed ». Leur premier enfant, Jesse Byron Dylan (en), naît le 6 janvier 1966, ils ont trois autres enfants : Anna Leigh (née le 11 juillet 1967 vit à Santa Monica), Samuel Isaac Abraham (né le 30 juillet 1968 est photographe), et Jakob Luke Dylan (né le 9 décembre 1969 à New York)[13]. Dylan a également adopté la fille de Sara d'un mariage antérieur, Maria Lownds (devenue Maria Dylan), (née le 21 octobre 1961 et actuellement mariée au musicien Peter Himmelman (en)). Depuis 1989 son fils Jakob est le chanteur principal et le parolier du fameux groupe de rock de Los Angeles The Wallflowers. Jesse Dylan est un réalisateur et un homme d'affaires prospère. Bob Dylan et Sara divorcent le 29 juin 1977[14].

Bob Dylan a un cinquième enfant, Désirée Gabrielle (née le 30 janvier 1986 à Los Angeles)[13] de sa seconde épouse, la choriste Carolyn Dennis (en)[15] qu'il épouse le 4 juin 1986[16]. Ils divorcent en octobre 1992[a 2],[17].

Il aurait une autre fille prénommée Narette[13] née d'une relation avec Clydie King (née Clydie May Crittendon[18] le 21 août 1943 à Dallas au Texas). Clydie King fut la choriste de Bob Dylan pour Saved en 1980, Shot of Love en 1981, Infidels en 1983.

Carrière[modifier | modifier le code]

1959-1961 : les débuts[modifier | modifier le code]

Minneapolis[modifier | modifier le code]

En septembre 1959, alors âgé de 18 ans, Robert Zimmerman s’inscrit à l’université du Minnesota pour y suivre des cours d’art et s’installe à Dinkytown, le quartier étudiant dans la banlieue Minneapolis, repères de défoncés et d'artistes influencés par le mouvement Beat. Peu assidu à des cours qu’il ne suivra que quelques mois, il découvre le folk (Pete Seeger, Cisco Houston) « des chansons qu’on tient toujours de quelqu’un »[19]The Scholar ou The Purple Onion pour 2 ou 3 dollars, c’est à cette époque qu’il commence à prendre le pseudonyme de Bob Dylan.

L’origine de ce pseudonyme fut longtemps considérée comme une référence au poète gallois Dylan Thomas, que Robert Zimmerman connaissait[b 1], mais il s’agit en réalité de la déformation de son deuxième prénom Allen[19]. Au Chicago Daily News qui l'interrogeait en 1965 sur l'influence de Dylan Thomas sur le choix de son nom, il rétorquait : « Non, bon Dieu non. J'ai pris Dylan parce que j'ai un oncle qui s'appelle Dillion. J'ai modifié l'orthographe mais seulement parce que ça faisait mieux. J'ai lu des trucs de Dylan Thomas et ça ne ressemble pas aux miens. »[20]. Le 9 août 1962, Dylan a fait légalement changer son nom auprès de la Cour Suprême[b 2].

Dylan est un gamin aux allures de vagabond, à la façon de jouer de la guitare jugée presque convenable, à la voix trop monotone, trop rauque, mais il séduit. Il apprend beaucoup et rapidement : en recherche continuelle de nouvelles chansons à apprendre, il profite de sa culture et des discothèques folk des parents de ses amis – à une époque où les disques folk sont rares et précieux[21]. Affabulant parfois (Dylan prétendit être orphelin, originaire du Nouveau-Mexique)[b 3], Dylan acquiert progressivement toutes les caractéristiques d'un authentique chanteur folk.

Il fait la connaissance de David Whittaker, étudiant de gauche avec qui il devient ami. Whittaker semble être l'auteur des photos du disque pirate The Great White Wonder, en 1969[b 4], lequel lui fait découvrir Woody Guthrie, dont il dévore l’autobiographie, Bound For Glory. En décembre 1960, Dylan prend la route de New York pour y rencontrer son idole, malade de la chorée de Huntington, qui séjourne au Greystone Hospital, dans le New Jersey[b 5].

New York[modifier | modifier le code]

Après un séjour de quelques semaines à Chicago, Dylan arrive à New York assiégée par le froid, à la fin de janvier 1961. Il se rend directement à Greenwich Village, un quartier bohème où cohabitent chanteurs, artistes et militants politiques ; le soir même, il joue au Café Wha?[b 6]. Il se rend au chevet de Woody Guthrie et, au fur et à mesure de ses visites, les deux hommes sympathisent. « Ce gosse a vraiment de la voix. Je ne sais pas s’il réussira par ses paroles, mais il sait chanter » dit Woody Guthrie[b 7]. Dylan fait la connaissance des Gleason, chez qui Guthrie passe ses week-ends, et dont l'appartement dans East Orange s’est peu à peu transformé en un lieu de créativité autour de Guthrie où se réunissent les plus grands noms de la scène folk, comme Cisco Houston, Jack Elliot, ou encore Pete Seeger. Ne dédaignant pas l’hospitalité des Gleason, chez qui il utilise l'immense bibliothèque et ouvre ainsi son esprit aux classiques de la littérature mondiale[d 4], Dylan étudie et répète les enregistrements de Guthrie que ceux-ci possèdent[b 8].

Arrivé à New York depuis peu, Dylan n'a donc pas tardé à nouer des relations, mais, considéré comme trop marginal par les propriétaires de café, il peine à se faire engager « Man there said « Come back some other day, / You sound like a hillbilly / We want folk singer here » »[22]. Cependant, en avril 1961, il joue devant la société de musique folk de l’Université de New York, au Loeb Student Center[b 9]. À cette occasion, Dylan rencontre Susan Rotolo, âgée de 17 ans[23]. Dessinatrice, peintre, Suze ne représente pas le stéréotype de l’admiratrice inconditionnelle. Son implication dans les mouvements étudiants, sa connaissance de Brecht, de Rimbaud, de Villon participent à la métamorphose d’un Dylan légèrement anachronique, jouant volontiers l'ignorance, en un auteur brillant dont la plume incarnera le réveil des consciences politiques endormies.

Lors de soirées pour débutants (des hoots, ou hootnanny) d’un club célèbre du Village, le Gerde’s Folk City, Dylan est repéré par son directeur Mike Porco, qui l'engage pour deux semaines, sur les conseils de Robert Shelton, critique musical au New York Times : le 11 avril 1961 est le premier engagement d'importance pour Dylan (deux semaines), où il joue en première partie de John Lee Hooker, un guitariste « incroyable », encore peu connu du grand public[b 10]. Dylan dira par la suite « Comme je n'avais pas l'âge requis, Mike s'est porté garant de moi auprès de deux syndicats. C'est devenu le père - le père Sicilien qui me manquait »[d 4]. Lorsque Mike Porco reprogramme Dylan le 26 septembre, Robert Shelton est présent et publie trois jours plus tard un article élogieux sur « un nouveau styliste du folk »[24], qui renforce la notoriété naissante de Dylan.

La Columbia[modifier | modifier le code]

La Renaissance Folk ne se limite pas au seul Greenwich Village : à Cambridge, en Nouvelle-Angleterre, Joan Baez et Eric Von Schmidt enthousiasment également leur public, notamment à l’Unicorn et au Club 47. C’est dans ce dernier que Dylan fait la connaissance de Carolyn Hester, une chanteuse de folk, qui vient de signer avec Columbia Records. Carolyn est à la recherche d’un harmoniciste pour l’album auquel elle travaille, et propose la place à Dylan, qui accepte. Lors des séances d’enregistrement, Dylan joue à Carolyn un morceau qu’il a composé, Come Back Baby, qui séduit John H. Hammond, un des directeurs artistiques de Columbia. Au fur et à mesure des séances, Hammond prend conscience du talent de Dylan et, malgré les réticences de sa direction, lui fait signer un contrat : « J’ai vu ce gosse avec sa casquette qui jouait de l’harmonica – pas terrible d’ailleurs, mais j’ai tout de suite été séduit. Je lui ai demandé s’il savait chanter. S’il composait. S’il ne voulait pas enregistrer. »[b 11].

L’imprésario de Dylan s’appelle Al Grossman, agent célèbre et controversé de New York : salué pour les succès auxquels il a participé[25], il est aussi critiqué pour ses objectifs essentiellement commerciaux, peu conciliables avec le discours contre la misère populaire que chantent les chanteurs folk. Grossman est également le cofondateur, avec George Wein, propriétaire d’un club folk à Boston, en 1959, du festival folk de Newport, et gère les carrières du Kingston Trio, d’Odetta et du trio folk Peter, Paul and Mary[b 12]. Cachant son intérêt à promouvoir la carrière de Dylan[26], Grossman incite Izzy Young, propriétaire du Folklore Center au Village à produire le premier concert de Dylan en tête d’affiche, au Carnegie Chapter Hall, le 4 novembre 1961[b 13].

En mars 1962 paraît le premier album de Dylan (Bob Dylan, 1962). Composé de reprises folk et blues, il contient également deux titres originaux : Talkin' New York et Song To Woody. Ce premier album, confiné au cénacle folk, se vend mal[27], mais le contrat de Dylan, fermement défendu par Hammond et Johnny Cash, n'est pas rompu, comme cela fut envisagé au départ[b 14].

19621964 : une notoriété naissante[modifier | modifier le code]

Broadside[modifier | modifier le code]

Depuis février 1962, paraît périodiquement Broadside Magazine, un magazine folk fondé par Agnes Cunningham et à l’initiative de Pete Seeger. Des albums seront également produits par le magazine, The broadside Ballads, où Dylan apparaît sous le pseudonyme Blind Boy Grunt[28]. Dans ce magazine pour lequel écrivent régulièrement Gil Turner, Tom Paxton et Phil Ochs sont publiés les textes de chansons d’actualité, les topical songs. Dylan y écrit une douzaine de textes[29], souvent écrits dans l’instant[30], qui témoignent de la faculté incoercible de Dylan à composer sur tous les sujets, de l’inanité de la chasse aux communistes[31] au dégoût qu’il éprouve après l’exécution sommaire d’un noir âgé de 14 ans et la relaxe de ses assassins, blancs[32].

Porté par la puissance évocatrice de ses textes, Dylan devient la voix d’une génération excédée par les injustices et le conservatisme qui prévalent alors. Blowin' in the Wind, que Dylan compose en avril 1962, paraît dans le numéro six de Broadside. Reprise sur tous les campus et popularisée par le trio Peter, Paul and Mary, elle symbolise la dimension sociale et politique qu’est en train d’acquérir son jeune auteur[b 15]. Son succès commercial sans précédent doit beaucoup à l'activisme d'Albert Grossman, qui suscite d’innombrables reprises[33], commandées aux artistes du catalogue de la Warner - qui dispose, grâce à Grossman, des droits sur la chanson[34].

The Freewheelin'[modifier | modifier le code]

Blowin' in the Wind sera la première chanson de son deuxième album, The Freewheelin' Bob Dylan, qu’il commence à enregistrer en juin. La chanson est constituée de trois strophes, chacune composée de trois vers. Chaque vers comprend une question, dont la réponse, toujours identique, constitue le refrain :

« La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
La réponse est soufflée par le vent[35] »

Dylan compose de nombreuses chansons engagées telles que A Hard Rain's a-Gonna Fall, écrite pendant la crise des missiles de Cuba, Masters of War écrite pour dénoncer le complexe militaro-industriel[36]et Oxford Town, écrite par Dylan à propos des évènements qui se sont déroulés à l’université du Mississippi, située près de la ville d'Oxford, où James Meredith, un vétéran de l’US Air Force, a été le premier noir à être admis. Mais il rompt également avec la tradition folk de son premier album avec des titres plus intimistes tels que Don't Think Twice, It's All Right, Girl from the North Country, et Bob Dylan's Dream, révélateurs de la mythologie et du sens de la poésie qui l'habitent[28].

Les sessions d'enregistrement et la production de l'album, plus longue que celle du premier, révèlent également l'animosité qui oppose John H. Hammond à Albert Grossman : celui-ci conteste tout d'abord la validité du contrat qui lie CBS à Dylan, mineur lorsqu'il le signa ; il s'oppose ensuite à Hammond sur la production de Mixed up Confusion[37], accompagnée par un piano, une batterie, deux guitares et une basse. Le simple, qui comprend également Corrina, Corrina, ne concorde pas avec l'image de chanteur de folk de Dylan et est rapidement retiré de la vente[b 16].

Premières apparitions télévisées[modifier | modifier le code]

Découvert par le réalisateur Philippe Saville à Greenwich Village, Dylan part pour Londres en décembre et participe à une pièce télévisée : Madhouse On Castle Street, diffusée le soir du 13 janvier 1963 à la BBC[38]. La pièce décrit l'histoire d'un jeune homme rebelle qui s'enferme dans une pension et refuse d'en sortir ; sa sœur et son voisinage tentent d'en découvrir la raison. Dylan est d'abord pressenti pour jouer le rôle principal, mais constatant le manque de naturel de Dylan lorsqu'il joue, Saville réécrit la pièce et attribue à Dylan un rôle de narrateur chantant[39]. Dylan interprète quatre chansons dont Blowin' In the Wind, dont c'est la première diffusion ; l'original de l'enregistrement fut détruit en 1968 et aucune copie n'a depuis été retrouvée[38].

Le 12 mai 1963, Dylan doit participer au Ed Sullivan Show, une émission accueillant tous les styles de musique et dont la diffusion est nationale ; elle est présentée par Ed Sullivan et produite par Bob Precht. Ceux-ci acceptent Talkin' John Birch Society Blues, que Dylan désire interpréter, mais Stove Phelps, conseiller à la programmation de CBS, la refuse : dans cette chanson moqueuse, les membres de la John Birch Society sont ridiculisés et sont associés à Hitler[40]. Phelps dit craindre un procès en diffamation, à la surprise de Ed Sullivan[41]: Hootenany, une autre émission télévisée avait accepté de diffuser une chanson du Chad Mitchell Trio, dont la cible était aussi la John Birch Society[28]. Dylan refuse alors d'interpréter une autre chanson, et s’en va, furieux[42]. La chanson, sous la pression des avocats de CBS, est également retirée de l'album The Freewheelin', sur lequel elle devait figurer[b 17].

Cet épisode ne marque pas l'arrêt des apparitions télévisées de Bob Dylan : en mai, est diffusée une émission de Westinghouse Studios, intitulée Folk songs and more folk songs, présentée par John Henry Faulk, à laquelle participent également les Brother Four, Carolyn Hester, Barbara Dane et The Staple Singers. Dylan y interprète Blowin' in the Wind, Man of Constant Sorrow et Ballad of Hollis Brown[28].

L'engagement social[modifier | modifier le code]

Bob Dylan et Joan Baez lors de la Marche sur Washington le 28 août 1963.

Le 28 août 1963, Dylan, comme Joan Baez, Mahalia Jackson, etc., participe à la Marche sur Washington, où plus de 200 000 pacifistes se rassemblent pour dénoncer l'inégalité des droits civiques que subit la population noire. Après que les orateurs se furent succédé et que Martin Luther King eut prononcé son célèbre discours I have a dream, il interprète When the Ship Comes In et Only a Pawn in Their Game, tandis que Peter, Paul and Mary chantent Blowin' in the Wind[b 18].

Cet épisode illustre l'implication de Dylan et de nombreux autres artistes pour les droits civiques à cette période : par l'intermédiaire de Suze Rotolo, qui travaillait au CORE (le Congress of Racial Equality), et de Broadside[28],[11], il côtoyait le milieu contestataire étudiant, qui militait pour les minorités, dans un contexte difficile[43]. Le 10 mai 1963, à Greenwood, dans le Mississippi, Dylan avait chanté à un rassemblement organisé par le SNCC[44], pour inciter la population noire des États du Sud à s'inscrire sur les listes électorales[11]. De même, sa présence aux concerts de Joan Baez, leur relation amoureuse, contribuèrent à forger son image de héros de la contestation sociale, aux côtés de Joan. Surgissent cependant les signes de l'étroitesse et de l'inexactitude de cette image.

Le 13 décembre 1963, au cours d'un banquet de charité organisé par le Comité de Secours aux Libertés Civiques (Emergency Civil Liberties Commitee, ECLC), Dylan reçoit le prix Tom Paine, qui récompense « une personnalité qui a symbolisé le juste combat pour la liberté et l'égalité »[45]. Grisé par l'alcool, il prononce un discours désastreux.
À l'occasion d'un profil réalisé par Nat Hentof pour le New Yorker, Dylan décrivit son impression : « Je suis tombé dans un piège quand j'ai accepté le prix Tom Paine […]. Dès que je m'y suis pointé, je me suis senti oppressé. […] Ça m'a vraiment pris à la gorge. Je me suis mis à boire. J'ai… vu un groupe de gens qui n'avaient rien à voir avec mon genre d'idées politiques. J'ai regardé le parterre et j'ai eu la trouille. […] On aurait dit qu'ils donnaient de leur argent parce qu'ils culpabilisaient »[46]. Dans cet article, Dylan dit également : « Je ne fais partie d'aucun Mouvement. Sinon je ne pourrais rien faire d'autre que d'être dans le Mouvement. Je ne peux pas voir des gens s'asseoir et fabriquer des règles pour moi. Je fais un tas de trucs qu'aucun Mouvement n'autoriserait. »

Joan Baez, de laquelle Dylan s'éloigna en 1964, le décrivit de la façon suivante : « Pour on ne sait quelle raison, à mon avis, il veut se libérer de toute responsabilité. N'importe quelle responsabilité, concernant n'importe qui, me semble-t-il. S'en tirer tout juste avec ce que les autres ont à offrir. »[c 3]

Une évolution sensible[modifier | modifier le code]

C'est le 10 février 1964[47] que paraît The Times They Are a-Changin', l'album qui constitue le deuxième volet de ce qui est parfois appelé la trilogie folk de Bob Dylan.

Sur cet album, sur lequel Dylan a pour la première fois un contrôle total[c 4], il approfondit encore le registre de la topical song avec des chansons jaillies du contexte politique et social aux États-Unis : par exemple Only a Pawn in Their Game qui évoque le meurtre de Medgar Evers, leader de la National Association for the Advancement of Colored People pour le Mississippi au début de l'été 1963, The Lonesome Death of Hattie Carroll, inspirée par un fait divers de la banlieue de Baltimore, où un homme « de la bonne société » tua une domestique en lui assénant un coup de canne[c 5].
Surtout, l'album contient The Times They Are a-Changin' qui, deux ans après Blowin' in the Wind devient le nouvel hymne de la jeunesse. Cette chanson résume l'humeur des années 1960, dans laquelle une voix prophétique annonce un monde en pleine mutation, où journalistes, critiques, hommes politiques ne doivent pas barrer la route aux eaux montantes du changement[b 19].

Cependant, The Times They Are a-Changin' révèle une évolution sensible chez son auteur : tout d'abord au dos de la pochette et dans un encart sont imprimés 11 Outlined Epitaphs, « 11 épitaphes esquissées », qui constituent la première publication de poésie de Dylan[48], et où, subjectivement, il parle plus librement de lui-même. Des allusions à la route, à la fuite y sont également récurrentes. Ces poèmes seront republiés plus tard dans Writings and Drawings et seront également le support d'une biographie de Dylan : Bob Dylan, Epitaphs 11.
D'autre part, sont incluses dans l'album des chansons comme One Too Many Mornings ou Boots of Spanish Leather, où Dylan exprime des sentiments sur les femmes, l'amour, l'amitié, que les ballades folk traditionnelles ne savent pas exprimer[b 20].

Son public, aussi, a changé : à des amoureux de musique folk, calmes, aux mœurs vestimentaires sobres succède un public pop, jeune, enthousiaste, exubérant[c 6]. C'est aussi ce que remarque Terri Van Ronk, qui s'occupa de la toute jeune carrière de Dylan[b 21], à l'occasion d'un concert au Carnegie Hall le 26 octobre 1963, devant 3 000 spectateurs :

« C'était très étonnant. Comme un avant-goût de la Beatlemania. La première grande ascension de Bobby était déjà là, dans ce concert de Carnegie Hall. Quand ce fut fini, nous nous retrouvâmes tous dans les coulisses, et ils cherchaient la ruse pour échapper à l'assaut des jeunes filles qui hurlaient au dehors. »

— Anthony Scaduto, Bob Dylan, p. 268 & 269

Another Side[modifier | modifier le code]

Son album suivant, Another Side of Bob Dylan, est enregistré en un jour en juin, et paraît le 8 août 1964. C'est un album dans la continuité de Freewheelin', qui reste fidèle à l’idiome folk (guitare et harmonica), mais il n'y a plus de chanson protestataire. Ici aussi, des poèmes accompagnent l'album[c 7].

Les thèmes centraux de cet album sont l'amour, la liberté individuelle, les rapports humains. Dylan y développe également un autre thème d'importance : la futilité de l'engagement, comme l'évoque My Back Pages. Dylan s'y moque de lui-même, de sa vision manichéenne, et juge que les vieux discours et autres symboles ne sont que futilités et mensonges (« Ah j'étais si vieux alors / Je suis plus jeune que ça maintenant »).
Dylan participe ainsi à la création d'un climat culturel qui allait permettre aux artistes, aux groupes de rock de faire partager leur vision poétique, de dépasser les limites de la chanson d'alors[b 22]. Lors de l'enregistrement en studio de l'album, Dylan confie à Nat Hentoff, journaliste au New Yorker : « Il n'y aura pas de chanson protestataire dans cet album. Ces chansons, je les avais faites parce que je ne voyais personne faire ce genre de choses. Maintenant beaucoup de gens font des chansons de protestation, pointant du doigt ce qui ne va pas. Je ne veux plus écrire pour les gens, être un porte-parole. […] Je veux que mes textes viennent de l'intérieur de moi-même »[49].

L'album est mal accueilli par la critique et par le milieu folk, lui reprochant notamment son excès de subjectivité, son manque d'esthétisme. Un journal rédigea notamment la critique suivante : « Mais Bob / Il a deux problèmes / des petits / la langue qu'il écrit / est pas de l'anglais / la mesure qu'il bat / est pas de la chanson / et c't'espèce d'/ intellectualisme inverti / fait rien que / me barber à mort. »[c 8].

Tournées[modifier | modifier le code]

En février 1964, il part donner plusieurs concerts à travers l'Amérique pour tester ces nouvelles interprétations. Après le concert folk de Monterey en Californie fin mai, il s'envole pour une tournée au Royaume-Uni et un concert grandiose au Royal Festival Hall[d 5]. Après Londres il fait un bref détour par la France où il avoue avoir dédié sa première chanson à Brigitte Bardot, il est également un admirateur de Françoise Hardy[d 6].

19651966 : la première période rock[modifier | modifier le code]

Avec les Beatles[modifier | modifier le code]

Le 28 août 1964, Dylan a pour la première fois rencontré les Beatles à leur hôtel à New York, lors de leur tournée américaine. Au-delà de l'initiation[50],[51] ou non[52] à la marijuana des seconds par le premier, cette rencontre est le symbole de leur influence réciproque au cours des années 1960 : alors qu'au début de 1964 Dylan avait observé avec attention l'ascension des Beatles[53], ceux-ci étaient sensibles « aux paroles et à l'attitude […] incroyablement originales et géniales » de Dylan[54]. En 1965, lors de la tournée anglaise de Dylan, les Beatles affichent ostensiblement leur attirance, comme le titre l'article de Ray Coleman dans le journal Melody Maker du 9 janvier : Les Beatles disent : Dylan montre la voie[c 9].

Le passage au rock[modifier | modifier le code]

L’avenir est dans les instruments électriques. En 1965, il engage le guitariste montant de l’époque, Mike Bloomfield, le « Clapton américain » et enregistre un nouvel album, mi-acoustique, mi-électrique, Bringing It All Back Home. Son public folk ne suit pas et boude l’album, pourtant encore assez proche des précédents, même sur les titres avec instruments électriques. Cet album sera classé numéro un au Royaume-Uni alors qu'il n'atteindra que la sixième place dans les charts américains.

Trois mois plus tard, paraît Highway 61 Revisited. Entièrement électrique, l’album s'appuie sur un rock basique, très incisif. Là où les morceaux de l’album précédent n’étaient souvent que du folk « électrifié », ceux-ci laissent libre cours aux guitares rageuses et aux orgues tortueuses. Les paroles, abstraites et imagées, se démarquent également de la sobriété folk :

Les admirateurs du chanteur sont perplexes : Bob Dylan est pour eux la perpétuation d'une tradition solidement ancrée, entre musique américaine des origines et engagement social, et le rock une musique commerciale, dansante et vulgaire. Dylan, soutenu par un petit groupe de rock garage, les Hawks, qui deviendront plus tard The Band, part en tournée qui est, à l’époque, la plus longue jamais entreprise. Dylan joue ses nouvelles chansons partout dans le monde, et il est hué, notamment à Manchester le 17 mai 1966. Le divorce est consommé : Dylan ne sera jamais là où on l'attend.

Au milieu de cette tournée éprouvante, où le groupe joue plus fort que n’importe qui avant eux[55], Dylan enregistre le dernier volet de « la trilogie électrique » : Blonde on Blonde.

Enregistré en deux semaines de studio pendant lesquelles Dylan écrit souvent les paroles quelques minutes avant le début de la session, Blonde on Blonde, premier double album de l’histoire du rock, est un étrange moment de calme au milieu de la fureur de cette époque. Voix et musique s’y fondent pour nous raconter toutes les dernières expériences de Dylan, vécues et rêvées, dans une ode à l’amour sous toutes ses formes, de la mère à la prostituée, en passant par l’amour illusoire que donne la drogue. Dylan est au sommet du monde, vibrant intérieurement de mille sensations étranges, et fait partager ses expériences dans cet album si surréaliste qu’il est difficile de le décrire. Un chef-d’œuvre hors du temps qui fait de Dylan la locomotive du rock and roll.

Le 24 juillet 1965, lors du Festival de folk de Newport, lui qui habituellement avait une guitare acoustique et un harmonica, il fait irruption sur scène avec trois membre du Paul Butterfield Blues Band et du pianiste Barry Goldberg en attaquant Maggie's Farm, le son est lamentable. Malgré les critiques et les siffets, Dylan continue avec It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry (en) et Like a Rolling Stone. Il se fait de plus en plus huer, il quitte la scène et revient avec une guitare sèche pour entonner It's All Over Now, Baby Blue puis à la demande du public Mr Tambourine Man. Il a troublé les esprits, déchaîné les critiques mais conquis de nouveaux fans.

Le 22 novembre 1965, Dylan se marie secrètement avec Sara Lownds, mannequin de 25 ans[56],[a 3]. Certains amis de Dylan, dont Ramblin' Jack Elliott, disent que ce dernier niait qu'il était marié dans les conversations suivant immédiatement la cérémonie[b 23]. La journaliste Nora Ephron fut la première à rendre la nouvelle publique en février 1966 dans un article du New York Post intitulé Hush! Bob Dylan is wed[57].

19681970 : les racines country[modifier | modifier le code]

En juillet 1966, l'épopée rock and roll de Bob Dylan s’arrête plus brutalement encore qu’elle n'avait commencé : la moto Triumph Bonneville du chanteur sort de la route, l’envoyant à l’hôpital, ce qui l’écarte des scènes pendant trois ans. Forcé au repos, Dylan rompt avec la vie remplie d'excès qu'il menait jusqu'alors, tandis que les rumeurs les plus folles circulent à son propos : on le croit mort, fou, kidnappé par la CIA, etc. Sa longue retraite est l'occasion pour lui et ses amis du Band d'enregistrer des ébauches de chansons, qui sortiront dans les années 1970 sous le nom de The Basement Tapes.

Ce n’est qu’en 1968 que Dylan réapparaît, avec John Wesley Harding, un album acoustique apaisé. Il montre un Dylan moins surréaliste et davantage intéressé par le passé de son pays et des histoires populaires nimbées d’un mystère irréel. Pour autant, les admirateurs ne se sont pas calmés : Dylan est encore leur meneur et ils attendent qu’il assume son rôle. Harcelé, le chanteur se réfugie à la campagne, puis prend anonymement un appartement à New York, mais rien n’y fait.

Ce vedettariat, dont il ne veut pas, est sans doute en partie à l’origine des deux albums suivants, où Dylan habillé en cow-boy, s'essaie à la musique country. Nashville Skyline et le double album Self Portrait, tout en ballades gentillettes et douces, consternent les admirateurs : leur idole abandonne la contreculture pour devenir un tranquille père de famille. Nashville Skyline marque la rencontre de Dylan avec un autre monstre sacré de la chanson américaine, Johnny Cash. Les chansons I Threw It All Away, leur reprise de Girl From the North Country participent à la réussite de l'album. L'album Self Portrait, composé en majeure partie de reprises de titres folk et pop, est plus hétérogène.

Les années 1970, renaissances et déclins[modifier | modifier le code]

Bob Dylan et le Band en 1974.

Au début des années 1970, Dylan se consacre à sa vie de famille. Il sort un album très calme, New Morning, dominé par le piano. Il participe au concert pour le Bangladesh qu'organise George Harrison en août 1971 à New York et joue dans le western, Pat Garrett et Billy the Kid, dont il écrit la musique[58]. En grande partie instrumentale, cette bande originale contient le tube Knockin' on Heaven's Door. Ce n’est qu'en 1974, après un album avec The Band (Planet Waves), que Dylan décide de repartir en tournée.

Les concerts, dans de très grandes salles, sont énormes : Dylan est en grande forme, décidé à reconquérir ce titre de rock star auquel il avait lui-même renoncé quelques années plus tôt[réf. nécessaire]. Il chante de manière plus agressive que jamais, mâchant ses mots : il donne enfin l’impression d’être « vivant ». La tournée, illustrée par l'album live Before the Flood, est suivie par un disque, Blood on the Tracks, où Dylan conte son divorce avec sa femme Sara (clairement évoqué dans Desire)[59]. Les chansons explorent toutes les facettes de la détresse amoureuse : l’apitoiement sur soi-même, la colère, les rechutes amoureuses, etc. Tout cela dans un style poétique et avec un tout nouveau son, synthèse entre l’ancien et le nouveau : acoustique habillée de batteries, de basses et de claviers. Le disque remporte un grand succès, qui ne suffit pas à sortir Dylan de sa dépression, mais ne lui enlève pas non plus le sens de la répartie : à une journaliste qui lui confie son enthousiasme, il rétorque qu’il ne voit vraiment pas comment on peut aimer expérimenter des sentiments tels que ceux exprimés par Blood on the Tracks[60].

Bob Dylan et Allen Ginsberg pendant la Rolling Thunder Revue (2 novembre 1975).

À l'automne de l'année suivante, le chanteur réunit ses vieux amis, parmi lesquels la chanteuse folk Joan Baez et les guitaristes Roger McGuinn et Mick Ronson, et entame une tournée qui se veut épique et bohème, dans un esprit hippie déjà un peu dépassé à l’époque : la Rolling Thunder Revue[61]. La caravane, forte de dizaines de fêtards et de musiciens, fait escale dans de petites salles, joue avec des musiciens de bar recrutés sur place, et un film est tourné (Renaldo et Clara (en))[62]. Toutefois, durant la seconde moitié de la tournée, au printemps 1976, l'enthousiasme a laissé place à une lassitude qui transparaît sur Hard Rain, enregistré et paru en 1976. Il faut attendre près de 30 ans pour qu'un témoignage live des concerts de l'automne 1975 soit publié, dans le cadre des Bootleg Series[63].

Entre les deux segments de la tournée, Dylan sort l'album Desire, résultat d'une collaboration avec le parolier Jacques Levy. Cette idée aboutit à des récits nimbés de mystère pleins de pyramides, de gangsters et de voyous, habillés par une orchestration très riche où le violon, tenu par Scarlet Rivera, musicienne rencontrée par hasard pendant la tournée, occupe une grande place. On y trouve également pour la première fois depuis plus de dix ans un chant de protestation : Hurricane, qui raconte le procès du boxeur Hurricane Carter emprisonné pour meurtre[64], et que Dylan est alors résolu à faire libérer. L'année 1977 sera principalement consacré au montage de son film Renaldo & Clara (en) qui sera mal compris par les critiques et le public. Après un premier montage d'une durée de quatre heures, Dylan le remonte, coupe, édite, pour aboutir à une version de 2h. Il entreprend une nouvelle tournée mondiale au Japon avec une série de concerts qui seront publiés sur un double album Live At Budokan réservé dans un premier temps exclusivement au marché japonais avant que Columbia ne décide de le sortir mondialement. Au retour de sa tournée et avant de repartir pour sa première tournée européenne depuis 1966 Dylan enregistre en une quinzaine de jours dans son propre studio Rundown Studios de Santa Monica un nouvel album Street Legal qui sera publié en juin 1978.

19791981 : la période chrétienne[modifier | modifier le code]

Bob Dylan en concert à Toronto en 1980.

En 1979, Dylan se convertit au christianisme et se met à écrire sur sa relation avec Dieu[a 4]. Si le premier disque de cette période, Slow Train Coming, avec notamment Mark Knopfler à la guitare, se révèle intéressant, les suivants sont plus décevants : les textes sont peu inspirés et semblent recopiés d'un livre de cantiques ; il habille sa musique de chœurs et de cuivres assourdissants dans Saved et Shot of Love. Peu appréciés par les critiques, ces albums contiennent toutefois quelques perles comme Every Grain of Sand. Un journaliste de Gala dira même que Slow Train Coming « est un petit bijou inspiré » et que « Saved et Shot of Love sont plus proches d’une extase habitée: litanies ecclésiastiques et textes liturgiques étouffés par les chœurs et des cuivres assourdissants. »[65].

Le fait que Dylan se soit converti au christianisme l'a éloigné de plusieurs de ses disciples et ses collègues[66]. Peu de temps avant son assassinat, John Lennon a enregistré Serve Yourself (sv) en réponse à la chanson Gotta Serve Somebody (en)[67]. En 1981, quand la foi de Dylan fut dévoilée, Stephen Holden a écrit dans le New York Times que « ni son âge (il a 40 ans), ni sa conversion au christianisme très médiatisée n'ont modifié son tempérament essentiellement iconoclaste »[68].

Les années 1980[modifier | modifier le code]

En 1983, Dylan met fin à sa période chrétienne et enchaîne avec Infidels, dont les thèmes tournent autour du judaïsme. De son propre aveu[19], le chanteur a perdu quelque chose de ce qui faisait son génie : les chansons ne viennent plus avec la même facilité qu’avant, et son enthousiasme est usé. La fin de la décennie le trouve associé avec le Grateful Dead pour une série de concerts[69] : un album reprend des morceaux joués en commun et le Grateful Dead inclut systématiquement par la suite plusieurs morceaux de Bob Dylan dans lors de chacun de ses concerts légendaires, proposant ainsi sa propre lecture de ces morceaux. Sur les conseils de Bono, chanteur de U2, il enregistre ensuite avec le producteur Daniel Lanois l'album, Oh Mercy[70],[71]. D’autre part, en 1988, Dylan fit partie des Traveling Wilburys, regroupant, sous des pseudonymes, Dylan, George Harrison, Jeff Lynne, Tom Petty et Roy Orbison[72]. Le groupe se séparera en 1990 après deux albums.

19921995 : Reprises Folk et Blues[modifier | modifier le code]

Bob Dylan en concert à Stockholm en 1996.

Alors que sa maison de disques commence à éditer des coffrets regroupant ses archives, Dylan débute la décennie 1990 avec les albums Good as I Been to You et World Gone Wrong, entièrement composés de reprises de vieux titres folk et blues[71]. On peut donc penser, au vu de la qualité de ce qu'a composé Bob Dylan par la suite, qu'il s'agit pour lui d'un nouveau départ.

Depuis 1997 : la renaissance sans fin[modifier | modifier le code]

Dylan enchaîne depuis la fin des années 1980 les concerts sur les cinq continents. Ce Never Ending Tour (une appellation désapprouvée par Dylan) est l’occasion pour lui de revisiter ses standards en laissant la part belle à l’improvisation : son groupe change de morceaux tous les soirs, et ne rejoue quasiment jamais une chanson de la même façon d’un soir sur l’autre.

En 1997, Dylan s’associe à nouveau avec Daniel Lanois pour enregistrer Time Out of Mind, son premier album de compositions originales depuis sept ans. Peuplé de compositions habitées, Time Out of Mind est une chronique désespérée mais bien vivante de la vieillesse d’une vedette du rock. Dylan y pose un regard sans complaisance sur son âge, évitant au passage les clichés rock and roll.

En septembre 2001 sort Love and Theft. Très bluesy et jazzy, dépouillé et proche du son de ses concerts, ce nouvel album est nettement plus enthousiaste que ses prédécesseurs. Il est suivi en août 2006 de Modern Times, dont le titre fait référence au film de Charlie Chaplin. Il est généralement considéré comme le troisième volet d'une trilogie commencée avec Time Out of Mind, bien que Dylan lui-même considère que si trilogie il doit y avoir, elle s'ouvre plutôt sur Love and Theft. Produit par Dylan et enregistré dans des conditions quasi live avec le groupe qui l'accompagne sur scène, Modern Times retrouve les accents de jazz, de ragtime, de bluegrass et de rockabilly de Love and Theft, dans une ambiance plus feutrée et glamour, qui fait référence à la période d'or des années 1930 : celle des postes à galène, de Bing Crosby et de Louis Armstrong. Pour accompagner la sortie de cet album, Dylan a déclaré dans le magazine Rolling Stone que rien de ce qui avait été fait depuis les vingt dernières années n'avait grâce à ses yeux.

D’autre part, alors que Martin Scorsese lui consacre un film documentaire intitulé No Direction Home, Dylan finalise la rédaction de la première partie de ses mémoires, Chroniques, Volume 1. Ce volume apporte une vision personnelle sur des périodes mal connues de sa vie, comme ses débuts à New York, ou l’enregistrement de Oh Mercy en 1989. La parution régulière des Bootleg Series, enregistrements pirates jadis introuvables, désormais remasterisés et officiels, lève le voile sur des enregistrements légendaires disponibles pour la première fois. Le huitième volume de cette « série », Tell Tale Signs: Rare and Unreleased 1989-2006, est sorti en octobre 2008.

Bob Dylan au Jazzfest de La Nouvelle-Orléans en 2006

En octobre 2007 sort la compilation Dylan 07, ainsi que le remix inclus de Most Likely You Go Your Way And I'll Go Mine par le DJ Mark Ronson. En décembre de la même année, le film de Todd Haynes I'm Not There s'inspire « des nombreuses vies » et chansons de Bob Dylan, qui est interprété par six acteurs et une actrice.

Dylan obtient le prix Pulitzer de musique en avril 2008, « pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire », selon le jury[73].

Fin avril 2009, Dylan sort son trente-troisième album : Together Through Life, issu d'une collaboration avec le parolier du Grateful Dead Robert Hunter. En octobre de la même année paraît Christmas in the Heart, un album de reprises de chants de Noël dont les bénéfices sont intégralement reversés à diverses œuvres caritatives.

Une tournée européenne a lieu à fin 2011 avec Mark Knopfler, avec qui il avait enregistré Slow Train Coming.

En mars 2012, le musicien et chanteur David Hidalgo, du groupe de rock mexicain Los Lobos (qui avait déjà travaillé sur Together Through Life et Christmas in the Heart), annonce que Dylan travaille sur un nouvel album studio aux consonances mexicaines, dans les studios de Jackson Browne, à Los Angeles. L'album intitulé Tempest est sorti le 11 septembre 2012[74].

Analyses[modifier | modifier le code]

L'influence de Dylan sur son époque[modifier | modifier le code]

« Bob Dylan ne donnait pas tant l'impression de se tenir à un tournant décisif de l'espace-temps culturel que d'être ce tournant décisif. Comme si la civilisation avait pu évoluer à son gré, ou même au gré de sa fantaisie […]. »

— Greil Marcus, La République Invisible

Riche d'une quarantaine d'albums, l'œuvre de Bob Dylan réunit la musique traditionnelle qui a accompagné l'édification des États-Unis et la modernité la plus avant-gardiste : l'Ouest profond et Greenwich Village. Il est l'un des artistes qui ont le plus révolutionné la musique populaire anglo-saxonne dans les années 1960 et 1970, contribuant à l'élever au rang d'un véritable art[réf. nécessaire]. Son influence déborde même du cadre de la musique, s’étendant à la littérature[réf. nécessaire], au cinéma[réf. nécessaire] et même à la politique[réf. nécessaire], puisqu’il fut, de manière plus ou moins involontaire, l’un des meneurs de la contreculture de cette époque.

Dès ses débuts en 1961, Dylan fait parler de lui dans les milieux folk américains en adoptant une manière de chanter très expressive, qui surprend encore parfois aujourd'hui[non neutre], loin des standards de la « belle » chanson. Souvent accusé de « ne pas savoir » chanter, Dylan est en réalité l'un des artistes modernes à avoir le plus fait progresser l'usage de la voix, l’employant comme un véritable instrument de musique[réf. nécessaire] et recherchant davantage l'expressivité que la beauté classique. Il a considérablement expérimenté sur l'usage des dissonances, se faisant ainsi l’héritier direct des bluesmen des années 1930, tel Howlin' Wolf.

Musicalement, même si ses compositions restent le plus souvent relativement « classiques »[réf. nécessaire], il a contribué, au côté d'artistes comme Eric Clapton et The Rolling Stones, à faire entrer la musique traditionnelle américaine - blues, folk, country… - dans l'ère moderne, comme le montrent les disques de sa « première époque rock », entre 1965 et 1966.

Mais le domaine dans lequel Dylan a eu une importance cruciale pour les artistes de langue anglaise est celui des textes : dès son deuxième album (le premier étant presque entièrement composé de reprises, comme cela se pratiquait très couramment à l’époque), il a incarné une nouvelle manière d’envisager l'écriture de chansons. Inspirés par la littérature, la poésie surréaliste, mais aussi les « folksongs » réalistes de la grande tradition américaine, ses textes dessinent un univers intérieur d’une grande richesse. Dès le début, le thème principal de l’œuvre de Dylan est son expérience personnelle du monde, sa vision des choses, qu’elle soit réelle ou fantasmée. Le surréalisme qui imprègne profondément la plupart de ses textes, même les plus simples, atteindra son apogée en 1965 et 1966 lorsque Dylan délaissera le folk pour le rock 'n' roll.

Libéré de toutes les contraintes du format folk, une créativité exacerbée par l'usage de drogues[réf. nécessaire], il écrit alors plusieurs chefs-d’œuvre[non neutre] qui en font un poète majeur du XXe siècle[réf. nécessaire]. Loin d’être incompréhensibles et absurdes, comme ils sont parfois considérés[réf. nécessaire], les textes de cette époque ne cherchent pas à avoir un sens figé, mais à décrire des impressions et des sentiments au-delà des mots. Comme un tableau abstrait, ils peuvent acquérir un sens différent selon l’humeur de l’auditeur, tout en conservant une très forte identité. En cela, les mots de Dylan s’approchent de l’essence même de la musique, qui tire une partie de son pouvoir du fait qu’elle est le seul art à n’être aucunement figuratif, à une époque où la plupart des chansons populaires américaines, et particulièrement les chansons rock, parlaient encore de (més)aventures sentimentales et de voitures. Elles ont considérablement influencé l'ensemble des artistes pop de l’époque, au-delà de l’univers du rock and roll et même de la musique[réf. nécessaire], et ont changé de manière radicale la carrière d’artistes comme les Beatles[réf. nécessaire].

Enfin, par ses textes, ses prises de position[réf. nécessaire], mais aussi par son attitude envers son statut de vedette et de musicien, Dylan a joué un rôle très important sur l’évolution de la société dans la seconde moitié du XXe siècle[réf. nécessaire]. Adulé par le public folk et les milieux révolutionnaires de gauche du début des années 1960, il refusa d’assumer ce rôle, préférant inciter ses admirateurs, comme il l’exprime dans certains de ses textes (Don't follow leaders / Watch the parkin' meters)[75], à penser par eux-mêmes et à renoncer aux messies, de quelque bord qu’ils soient.

En refusant de participer aux jeux de l'industrie de la musique, en changeant sans cesse d’orientation musicale, ce qui lui a régulièrement valu d’être accusé de « traîtrise » par ses anciens admirateurs, il a changé l’image du musicien populaire, faisant entrer la musique pop de plain-pied dans le monde des arts « sérieux »[réf. nécessaire]. Même ses errements artistiques, comme ses disques de « rock chrétien » des années 1980 étaient, semble-t-il, surtout une tentative d’en finir avec l’idolâtrie dont il était l’objet depuis les années 1960. Certes, Dylan n'a pas été un aussi gros vendeur de disques que d’autres vedettes de la pop, mais en influençant de manière directe presque tous les artistes anglo-américains de son temps, il a pesé sur l'évolution d’une musique qui a changé la vision du monde de millions de personnes[réf. nécessaire].

Les passages de Bob Dylan au Festival Folk de Newport[modifier | modifier le code]

Le 3 août 2002, le retour de Bob Dylan au festival de folk de Newport fut l’occasion de s’interroger sur la rupture présumée entre lui et son public en 1965. La forte conspuation perceptible sur les bandes n’est pas anecdotique : elle ponctuera en effet les tournées américaines et européennes qui suivront, dès lors que Dylan est rejoint par son groupe

1963[modifier | modifier le code]

Révélée quatre ans plus tôt à ce même festival, Joan Baez est la tête d’affiche de l'édition 1963 et y introduit Dylan (chemise militaire kaki et blue-jeans délavés), précédé par sa renommée grandissante de chanteur protestataire. Après son tour de chant, il rejoint sur scène Peter, Paul and Mary, Joan Baez, Pete Seeger et The Freedom Singers, et la fête s’achève en chœur sur We shall Overcome. Le dimanche soir, Baez, qui chante With God on our side l’invite à la rejoindre sur scène et le festival se conclut sur le triomphe de Dylan, alors en communion totale avec son public[28].

1964[modifier | modifier le code]

En 1964, Dylan, par ses chansons, les concerts qu'il donne, est une célébrité du monde folk[76], tandis que les topical song, que composent des artistes tels que Phil Ochs, Tom Paxton ou Buffy Sainte-Marie sont très populaires[28]. Dylan, qui fait trois apparitions cette année, chante cependant des chansons plus personnelles de Another Side, à paraître, telles que All I Really Want to Do, It Ain't Me Babe et To Ramona, ainsi que Mr. Tambourine Man (Bringing It All Back Home). Ses premiers fans le ressentent comme une trahison : Irwin Silber, le rédacteur en chef du magazine folk Sing Out! rédigea ainsi en novembre 1964 « une lettre ouverte à Dylan » où il manifeste son inquiétude à propos du « détachement », du « potentiel d'auto-destruction » de Dylan et de ses nouvelles chansons « centrées sur lui-même, sentimentales et cyniques »[77], tandis que Paul Wolfe, un auteur de Broadside, décrivit Dylan comme « un faussaire, un hypocrite et un manipulateur de son public »[28].

1965[modifier | modifier le code]

Le 25 juillet 1965, Dylan est la tête d’affiche du festival mais, à l’image de sa tenue vestimentaire (lunettes de soleil Wayfarer et blouson de cuir) les choses ont changé. Pour lui d’abord : en mars est paru Bringing It All Back Home, composé de morceaux acoustiques et d’autres plus rock. Mi-juillet, Dylan vient d’enregistrer Like a Rolling Stone, qu’il compte jouer au festival. Sur les ondes d’autre part : alors que les Beatles monopolisent le Top Ten, la reprise pop de M. Tambourine Man des Byrds marque les esprits. Au Royaume-Uni, parallèlement à la Beatlemania le rock renaît, grâce à la redécouverte du blues.

Voir à ce sujet le : British Blues Boom.

À l’atelier blues de ce festival est également présent[78] The Paul Butterfield Blues Band, un groupe de blues urbain, avec amplis et guitares électriques, qui connait le succès avec Born In Chicago, tiré de leur premier album The Paul Butterfield Blues Band. Outre le chanteur Paul Butterfield, le groupe se compose du guitariste Mike Bloomfield, du bassiste Jerome Arnold et du batteur Sam Lay.

Renforcés par le pianiste Barry Goldberg et l’organiste Al Kooper, Dylan et les musiciens du Paul Butterfield Blues Band répètent toute la nuit un nombre limité de chansons : Maggie’s Farm, Like a Rolling Stone et Phantom Engineer[79] ». Le lendemain, ils jouent ces trois morceaux et les transitions entre chacun sont accompagnées d’un brouhaha indescriptible[80]. Sur la demande du présentateur Peter Yarrow, de Peter, Paul And Mary, Dylan revient accompagné d’une guitare acoustique et interprète deux de ses succès : It’s All Over Now Baby Blue et Mr Tambourine Man.

De cet événement, relaté par Robert Shelton, naquit la légende de Dylan délaissant le folk pour le rock, indifférent à l’indignation et à l’amertume de son public[81], tandis qu’en coulisse, les bruits les plus fous circulaient (la rumeur prétendit que le chanteur Peter Seeger, furieux, chercha une hache pour couper les câbles du micro, ce qu’il démentit, ainsi que l'organisateur[82]).

Cependant, des arguments viennent contredire cette interprétation, notamment ceux avancés par Bruce Jackson, un des organisateurs du festival, qui a étudié les enregistrements qu’il avait conservés.

Jackson argue tout d’abord que la première personne sifflée ne fut pas Dylan, mais Peter Yarrow, en charge de l'annoncer et dont les phrases entrecoupées par de longs silences agaçaient un public impatient. D’autre part, les applaudissements sont nourris quand Dylan apparaît, alors que les instruments électriques sont déjà installés et visibles sur la scène. Par ailleurs, quand le groupe joue, la voix de Dylan est noyée sous le volume de l’instrumentation, en raison d’une balance des sons trop hâtive. Jackson avance également que, malgré le fait que Dylan soit la tête d’affiche du festival, il ne joue que quinze minutes, alors que d’autres sont restés sur scène 45 min. Enfin, le public réclame le retour de « Bobby », ce qu’interprète Yarrow par « avec une guitare folk ».

En conclusion, Jackson avance l’hypothèse que la réaction du public de Newport guida celle des spectateurs des concerts à venir, décontenancés par une musique en laquelle ils ne se reconnaissaient plus.

Paradoxalement à ces interprétations divergentes, les faits sont bien documentés, il en est question notamment sur ces différents supports :

  • Festival ! de Murray Lerner (1967) ;
  • No Direction Home, de Martin Scorsese (2005) ;
  • Quelques disques pirates tel que Folk Rogue, décrit www.bobsboots (en anglais).

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Bob Dylan.

(*) Albums ayant été remasterisés et réédités en version Super Audio CD.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Composition du groupe de scène depuis 2007[modifier | modifier le code]

En 2007, le groupe de scène de Bob Dylan réunit les musiciens suivants[83] :

Peinture[modifier | modifier le code]

Copenhague, banderole de l'exposition Bob Dylan au Statens Museum for Kunst, 2010

Bob Dylan est aussi un peintre de qualité. Il commence à peindre en 1974, sous la direction du peintre Norman Raeben. Ses toiles les plus connues ont été peintes lors de périples successifs au Brésil, dont il donne une vision toute personnelle. Sans tomber dans la dénonciation sociale, il peint des figures originales de la société brésilienne, remarquables par leurs aspects démodés (tenues traditionnelles, danses folkloriques…), à rebours des canons contemporains de la mode et de la beauté. Il cherche avant tout à donner une image la plus vivante possible, et surtout la plus matérielle, comme pour le plat de pâtes mangé par le couple du tableau The eaters[84].

Exposition[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : sources utilisées pour la rédaction de cet article

  1. p. 12-13
  2. p. 372-373
  3. p. 193.
  4. p. 323-337
  1. p. 41, 45
  2. p. 217
  3. p. 112).
  4. p. 60
  5. p. 66
  6. p. 88 à 90
  7. p. 97
  8. p. 95 à 98
  9. p. 109
  10. p. 123, 124 et 165
  11. p. 159 & 160
  12. p. 181 & 182
  13. p. 171
  14. p. 191
  15. p. 203, 204, 231, 249
  16. p. 223, 238
  17. p. 240 à 242
  18. p. 257, 258
  19. p. 261
  20. p. 267
  21. p. 143
  22. p. 301
  23. p. 193
  1. p. 26 à 28
  2. p. 100
  3. p. 190
  4. p. 218
  5. p. 220, 221
  6. p. 204 & 226
  7. p. 226 & 230
  8. p. 226
  9. p. 299
  1. p. 243-246
  2. p. 281-288
  3. p. 36
  1. a et b p. 26
  2. p. 27
  3. p. 29
  4. a et b p. 33
  5. p. 52
  6. p. 53

Travaux universitaires en français[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Ancèle sous la direction de Laurette Veza, Bob Dylan, une voix américaine : étude thématique et stylistique des chansons de 1962 à 1978. Thèse de doctorat en études nord-américaines, Paris 3, 1982, 387 p.
  • Pascal Bert, Dylan acteur-témoin d’une décennie de révolte, 1960-1970. Mémoire de fin d’études à l’IEP de Bordeaux, 1979, 142 p. + annexes.
  • Baptiste Fabre, La figure du vagabond dans la littérature et la chanson populaire américaines à travers les œuvres de Jack London, Woody Guthrie, Jack Kerouac et Bob Dylan. Mémoire de recherche à l’IEP de Bordeaux, 2002, 109 p.
  • Ebenezer Brouzakis sous la direction de Jean-Louis Genard, Chimes of Freedom : Au cœur de la contestation, quels liens entre Bob Dylan et la politique américaine des années 60 ? Analyse de morceaux choisis. Mémoire de licence en sciences politiques et relations internationales, Université libre de Bruxelles (Belgique), 2002, 90 p. + 20 p. de lyrics.
  • Christophe Lebold sous la direction de Claire Maniez, Écritures, masques et voix : Pour une poétique des chansons de Leonard Cohen et Bob Dylan. Thèse de doctorat en langues vivantes, Université Marc Bloch, Strasbourg 2, 2004, 493 p.

Livres en français[modifier | modifier le code]

  • Mark Blake et Mojo (trad. Isabelle Chelley et Jean-Pierre Sabouret, préf. Bono), Dylan : portraits & témoignages [« Dylan : visions, portraits and back pages »], Paris, Tournon,‎ 2006, 288 p. (ISBN 978-2-3514-4017-9, lien OCLC?)
  • François Bon, Bob Dylan : Une biographie, Albin Michel réédité chez Livre de poche en 2009 avec une postface inédite,‎ 2007, 486 p. (ISBN 978-2-2261-7936-4)
    Tiré de cette biographie, un feuilleton radiophonique diffusé sur France Cultureen 2007 puis février 2010 : Bob Dylan : comment pousser les bords du monde
  • Jean-Paul Bourre, Bob Dylan, Vivre à plein, Cerf, coll. « L’histoire à vif »,‎ 1986, 150 p. (ISBN 2-204-02501-1)
  • Dora Breitman, Demain j'ai rendez-vous avec Bob Dylan, Maurice Nadeau,‎ 2012, 224 p. (ISBN 978-2-86231-225-5)
  • Luke Crampton, Dafydd Rees et Wellesley Marsh (trad. Alice Pétillot), Bob Dylan, Taschen France, coll. « Music Icons »,‎ 2009, 192 p. (ISBN 978-3836511261)
    édition trilingue
  • Bob Dylan (trad. Dashiell Hedayat), Tarantula suivi de « Portrait de l’artiste en pop star », UGE 10-18,‎ 1973, réédité en 1993, 186 p. (ISBN 2-264-00009-0)
  • Bob Dylan (trad. Daniel Bismuth), Tarantula, Hachette Littératures,‎ 2001, 232 p. (ISBN 978-2-0123-5582-8)
    texte intégral
  • Bob Dylan et Jonathan Cott (trad. Denis Griesmar), Dylan par Dylan : Interviews 1962-2004, Bartillat,‎ 2007, 557 p. (ISBN 978-2841004171)
  • François Ducray, Philippe Manœuvre, Hervé Muller et Jacques Vassal, Dylan, Paris, A. Michel, coll. « Rock & folk »,‎ 1975 (réimpr. mise à jour en 1978) (ISBN 978-2-2260-0127-6, lien OCLC?)
  • Daniel Mark Epstein (trad. Philippe Paringaux), La ballade de Bob Dylan, Laffont,‎ 2011, 537 + 8 p. de photos p. (ISBN 978-2-2211-2572-4)
  • Andy Gill (trad. Jacques Collin), Bob Dylan 1962-1969 : l’intégrale des années 60, Hors collection,‎ 1999, 144 p. (ISBN 2-258-05088-X)
  • Michael Gross et Robert Alexander (trad. Marie Aufaure et Jacques-Émile Deschamps), Bob Dylan : une histoire illustrée [« Bob Dylan : an illustrated history »], Albin Michel, coll. « Rock & folk »,‎ 1980, 159 p. (ISBN 9782226009050, lien OCLC?)
  • Thomas Karsenty-Ricard, Dylan, l'authenticité et l'imprévu, L'Harmattan, coll. « Logiques sociales »,‎ 2005, 104 p. (ISBN 978-2747591515)
  • Stéphane Koechlin, Bob Dylan : épitaphes 11, Paris, Flammarion, coll. « Pop culture »,‎ 2004, 500 p. (ISBN 978-2-0806-8507-0, lien OCLC?)
  • Greil Marcus (trad. Thierry Pitel), Like a Rolling Stone : Bob Dylan à la croisée des chemins, Galaade,‎ 2005, 312 p. (ISBN 978-2757803912). Réédité chez Points en 2007, titre et sous-titre intervertis.
  • Nicolas Rainaud, Figures de Bob Dylan, Le mot et le reste, coll. « Formes »,‎ 2009, 207 p. (ISBN 978-2915378849)
  • Alain Rémond, Et puis un jour j'ai entendu Bob Dylan, Paris, JBZ,‎ 2011, 199 p. (ISBN 978-2-7556-0710-9, lien OCLC?)
  • Anthony Scaduto (trad. Dashiell Hedayat, post. Hervé Muller), Bob Dylan, Paris, C. Bourgois,‎ 1983 (1re éd. [V.O. 1972]), 510 p. (ISBN 978-2-2670-0350-5, lien OCLC?)
  • Harry Shapiro (trad. Christian Séruzier), Dylan : images de sa vie, Paris, Hugo & Cie,‎ 2011, 256 p. (ISBN 978-2-7556-0870-0)
  • Sam Shepard (trad. Bernard Cohen, ill. Ken Regan), Rolling Thunder : Sur la route avec Bob Dylan, Éditions Naïve,‎ 2005, 209 p. (ISBN 978-2350210186)
  • Silvain Vanot, Bob Dylan, Paris, Librio, 2001, 96 p. (Librio musique)
  • Nigel Williamson (trad. Frédéric Valion), Bob Dylan, Tournon, coll. « L'essentiel sur… »,‎ 2009, 325 p. (ISBN 978-2351440957)

Livres en anglais[modifier | modifier le code]

  • (en) John Bauldie, Wanted Man: In Search of Bob Dylan, Black Spring Press,‎ 1990, 224 p. (ISBN 978-0948238109)
  • (en) Bob Dylan, Bob Dylan Little Black Songbook, Wise Publications, coll. « Little Black Song Book »,‎ 2006, 176 p. (ISBN 978-1846094927)
  • (en) Sue Fishkoff, The Rebbe's Army: Inside the World of Chabad-Lubavitch, Random House,‎ 2003, 352 p. (ISBN 978-0-8052-4189-1)
  • (en) Andy Gill, Classic Bob Dylan: My Back Pages, Carlton Books,‎ 1998, 144 p. (ISBN 978-1858684819)
  • (en) Michael Gray, The Bob Dylan Encyclopedia, Continuum International Publishing,‎ 2006, 736 p. (ISBN 978-0-8264-6933-5)
  • (en) David Hajdu, Positively 4th Street: The Lives and Times of Joan Baez, Bob Dylan, Mimi Baez Farina, and Richard Farina, Bloomsbury,‎ 2002, 336 p. (ISBN 978-0747558262)
  • (en) Clinton Heylin, Bob Dylan: Behind the Shades: 20th Anniversary Edition, Faber and Faber,‎ 2011 (ISBN 978-0-571-27240-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Elston Gunnn », Expecting Rain
  2. a, b et c (en) « Blind Boy Grunt », sur answers.com
  3. (en) Nigel Williamson, The Rough Guide to Bob Dylan, Rough Guides Ltd,‎ 6 octobre 2004, 1re éd., 400 p. (ISBN 978-1843531395), p. 7
  4. (en) D. Kamp et S. Daly, The Rock Snob's Dictionary,‎ 2005, p. 148
  5. (en) Dylan coécrit le film Masked and Anonymous sous le pseudonyme Sergei Petrov, Michael Gray, The Bob Dylan Encyclopedia, Continuum International Publishing,‎ 8 juin 2006, 736 p. (ISBN 978-0826469335), p. 453
  6. (en) Dylan produit les albums Love and Theft and Modern Times sous le pseudonyme Jack Frost, Michael Gray, The Bob Dylan Encyclopedia, Continuum International Publishing,‎ 8 juin 2006, 736 p. (ISBN 978-0826469335), p. 556
  7. (en) « Dylan 'reveals origin of anthem' », BBC News,‎ 11 avril 2004
  8. (en) « Modern Times numéro un au Billboard 200 », Billboard,‎ 16 septembre 2006
  9. Chroniques, Volume 1 parue en 2004
  10. (en) Bob Dylan: The Rolling Stone Interview. The rock & roll poet reflects on life, love, politics and God - Kurt Loder, Rolling Stone, 21 juin 1984 [lire en ligne]
  11. a, b et c Anthony Scaduto (trad. Dashiell Hedayat, post. Hervé Muller), Bob Dylan, Paris, C. Bourgois,‎ 1983, 509 p. (ISBN 978-2-2670-0350-5, lien OCLC?)
  12. The Hibbing High School
  13. a, b et c (en) « I remember children's faces best… », sur Folk fan
  14. Michael Gray, The Bob Dylan Encyclopedia, Continuum International Publishing,‎ 8 juin 2006, 736 p. (ISBN 978-0826469335), p. 198-200
  15. (fr) « Biographie de Bob Dylan », sur Pure People
  16. (fr) « Biographie de Bob Dylan », sur Bobdylan.fr
  17. (en) Michael Gray, The Bob Dylan Encyclopedia, Continuum International Publishing,‎ 8 juin 2006, 736 p. (ISBN 978-0-8264-6933-5), p. 174-175
  18. (en) Michael Gray, The Bob Dylan Encyclopedia, Continuum International Publishing,‎ 8 juin 2006, 736 p. (ISBN 978-0-8264-6933-5)
  19. a, b et c Bob Dylan (trad. Jean-Luc Piningre), Chroniques, vol. 1, Paris, Fayard,‎ 5 mai 2005, 316 p. (ISBN 978-2-2136-2340-5, lien OCLC?)
  20. (en) Interview with Joseph Haas, Chicago Daily News, 27/11/1965. (Jonathan Cott, Bob Dylan: The Essential Interviews, p. 59)
  21. Martin Scorsese ; No Direction Home ; Paramount Pictures (2005)
  22. Talkin New-York – Bob Dylan (1962)
  23. Suze Rotolo apparait sur la pochette de l’album The Freewhelin’ Bob Dylan. Photographie : Don Hunstein
  24. (en) Bob Dylan: A Distinctive Stylist ; Robert Shelton ; The New York Times (29 septembre 1961), [lire en ligne]
  25. Par exemple Tom Dooley, vieille chanson folk interprétée par The Kingston Trio
  26. Le contrat liant Grossman à Dylan est signé officiellement le 20 août 1962, et ne sera d'ailleurs connu que tardivement. Il sera rompu le 17 juillet 1970.
  27. L'album s'écoule à 5000 exemplaires
  28. a, b, c, d, e, f, g et h Robert Shelton, Bob Dylan sa vie et sa musique : Like a Rolling Stone
  29. Broadside Magazine - Wikipedia anglophone
  30. A rapprocher de la littérature de l’instant des auteurs de la Beat Generation.
  31. Talkin' John Birch Society Blues - The Bootleg Series, Vol. 1
  32. The Death of Emmitt Till – non commercialisé
  33. Parmi les reprises de Blowing in the wind dans les 60’s, on compte celles de The Hollies, Chet Atkins, Odetta, Dolly Parton, Judy Collins, The Kingston Trio, Marianne Faithfull, Jackie DeShannon, The Seekers, Sam Cooke, Etta James, Duke Ellington, Neil Young, the Doodletown Pipers, Marlene Dietrich, Bobby Darin, Bruce Springsteen, Elvis Presley, Sielun Veljet, Stevie Wonder, John Fogerty, Joan Baez…
  34. Eric Scavennec, Al Grossman, un « spin doctor » de l’industrie du disque, Le Zinc, octobre 2012, http://zinc.ouvroir.info/spip.php?article50
  35. (en) The answer, my friend, is blowin' in the wind / The answer is blowin' in the wind
  36. 1960-1970 : les 20 protest songs les plus marquantes
  37. « Albert […] eut l'idée lumineuse de faire enregistrer Bobby avec un orchestre de dixieland sur Mixed Up Confusion. C'était un vrai désastre. » - John H. Hammond (Anthony Scaduto, Bob Dylan, p. 222 & 223)/>
  38. a et b (en) www.BBC.co.uk Madhouse On Castle Street
  39. « Dans son rôle de clochard céleste, Dylan était intéressant, même s’il n’est pas permis de juger de sa manière de chanter sur un rôle dans une nullité aussi affligeante » - The Daily Mirror
  40. « Now we all agree with Hitlers' views / Although he killed six million Jews » - Talkin' John Birch Society Blues
  41. « Mais la John Birch Society… j'ai dit que je ne comprenais pas pourquoi elle jouissait d'une telle protection » – Ed Sullivan – The New York Post 14 mai 1963
  42. « Conneries ! Je chante ça ou rien » (Anthony Scaduto, Bob Dylan, p. 241
  43. (fr) www.acontresens.com Les étudiants noirs entrent en lutte : le « SNICK »
  44. le « Comité de coordination étudiant non violent », surnommé SNICK
  45. Robert Shelton, Bob Dylan sa vie et sa musique : Like a Rolling Stone, p. 205
  46. (en) Profiles: The Crackin’, Shakin’, Breakin’ Sounds – Nat Hentoff, The New Yorker, 24 octobre 1964 [lire en ligne]
  47. Bob Dylan: The Times They Are A-Changin' liner notes
  48. Robert Shelton, Bob Dylan sa vie et sa musique : Like a Rolling Stone, p. 222
  49. (en) The Crackin', Shakin' Breakin' Sounds, Nat Hentoff, 24/10/1964. (Jonathan Cott, Bob Dylan: The Essential Interview, p. 16)
  50. (en) Al Aronowitz; introduced Beatles to Bob Dylan in 1964, Matt Schudel, The Washington Post, 7-08-2005
  51. Dylan : Portraits et témoignages, p. 46
  52. (en) Joint accounts, Cherri Gilham, The Observer, 10-09-2000
  53. « Leurs accords étaient vraiment extravagants. Seuls des musiciens ensemble pouvaient faire ça. C'était évident. Ça m'a donné des idées. […] Dans ma tête, les Beatles étaient des génies. J'avais l'impression qu'il y aurait un avant et un après Beatles. », Dylan : Portraits et témoignages, p. 46
  54. George Harrison, ibid
  55. « les deux choses les plus bruyantes qu’il m’ait été donné d’entendre, c’est un train de marchandises en train de dérailler et Bob Dylan avec le Band » - Marlon Brando (voir François Ducray, Philippe Manœuvre, Hervé Muller, Jacques Vassal, Dylan, Albin Michel, 30/06/1978 (ISBN 2226001271).
  56. (en) The Rolling Stone Encyclopedia of Rock & Roll (Simon & Schuster, 2001), « Bob Dylan: Biography »
  57. (en) Shelton, No Direction Home, p. 325.
  58. « Pat Garrett et Billy le Kid (1973) » (consulté le 11 mai 2011)
  59. « Chronologie de la vie de Bob Dylan » (consulté le 11 mai 2011)
  60. « Biographie de Bob Dylan » (consulté le 11 mai 2011)
  61. « Bob Dylan », Les Inrokuptibles,‎ 30 novembre 2002 (lire en ligne)
  62. « Renaldo and Clara (1978) »
  63. Live 1975, The Rolling Thunder Revue, 2002
  64. « Hurricane by Bob Dylan », sur Songfacts.com (consulté le 11 mai 2011)
  65. (fr) « Le chanteur de légende se (re)lance dans les cantiques », Gala,‎ 10 août 2009
  66. p. 334-336
  67. (en) Adam R. Holz, « The Swingin' 1970s », Pluggedin,‎ 2 août 2010
  68. (en) « Dylan and Lennon », The New York Times,‎ 29 octobre 1981
  69. (en) « Bob Dylan With The Grateful Dead » (consulté le 11 mai 2011)
  70. « Bob Dylan - « Oh mercy » » (consulté le 11 mai 2011)
  71. a et b « Bob Dylan », sur olympiahall.com (consulté le 11 mai 2011)
  72. « The History of the Traveling Wilburys », sur travelingwilburys.com (consulté le 11 mai 2011)
  73. 2008 Pulitzer Prize Winners - SPECIAL CITATION, Citation
  74. [1]
  75. Subterranean Homesick Blues - Bringing It All Back Home (1965).
  76. (en) www.bobdylan.com: Peter Stone Brown on Dylan at Newport
  77. (en) An Open Letter to Bob Dylan, Irwin Silber (en), Sing Out!, novembre 1964 [lire en ligne]
  78. Contre l’avis d’une certaine partie du comité d’organisation, tels que les Lomax, père et fils.
  79. renommée plus tard en It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry
  80. J’ai fait ce truc de dingue. Je ne savais pas ce qui allait se passer, mais le public a hué. Et pas qu’un peu. Ça sifflait de tous les côtés – Bob Dylan (voir Mark Blake, Mojo (Trad. Isabelle Chelley, Jean-Pierre Sabouret), Dylan : Visions, portraits, and back pages [« Dylan : Portraits et témoignages »], Tournon, 11/09/2006 (ISBN 235144017X))
  81. « Joue du folk !… Remboursez !… C'est un festival folk !… Débarrasse-toi de ce groupe ! »
  82. Organiser un Festival: veines et déveines de George Wein
  83. (en) www.bjorner.com: Still On The Road: 2006 Us Summer Tour
  84. la peinture de Bob Dylan, Exposition The Brazil Series, 2010.
  85. (en) Bob Dylan at the National Gallery of Denmark
  86. Bob Dylan : The Brazil Series

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Autres sources et références[modifier | modifier le code]

  • Martin Scorsese, No Direction Home, Paramount Pictures (2005, 2 dvd)
  • (en) Bob Dylan: A Distinctive Stylist ; Robert Shelton ; The New York Times (29/09/1961), [lire en ligne]
  • (en) Dylan goes electric – Robert Shelton, No Direction Home: The Life and Music of Bob Dylan, New York, 1986 [lire en ligne] (reproduction partielle)
  • (en) An Open Letter to Bob Dylan, Irwin Silber (en), Sing Out!, 11/1964 [lire en ligne]
  • (en) Bjorner.com: Still On The Road: 2006 Us Summer Tour.
  • (en) Come Writers And Critics Tous les livres, magazines, fanzines… consacrés à Bob Dylan dans le monde.
  • (en) The Myth of Newport '65 – Bruce Jackson, 26/08/2002
  • (en) BBC.co.uk: Madhouse On Castle Street - Bob Dylan à Londres en décembre 1962
  • (en) Profiles: The Crackin’, Shakin’, Breakin’ Sounds – Nat Hentoff, The New Yorker, 24/10/1964
  • (en) Bobdylan.com - Peter Stone Brown on Dylan at Newport
  • (en) Bob Dylan: The Rolling Stone Interview. The rock & roll poet reflects on life, love, politics and God - Kurt Loder, Rolling Stone, 21/06/1984