Territoire de Belfort

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Territoire de Belfort
Image illustrative de l'article Territoire de Belfort
Territoire de Belfort
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Création du département 1922
Chef-lieu
(Préfecture)
Belfort
Sous-préfecture(s) Aucune
Président du
conseil général
Yves Ackermann (PS)
Préfet Pascal Joly
Code Insee 90
Code ISO 3166-2 FR-90
Démographie
Gentilé Terrifortains
Anciennement :
Belfortains
Population 143 348 hab. (2011)
Densité 235 hab./km2
Géographie
Superficie 609 km2
Subdivisions
Arrondissements 1
Circonscriptions législatives 2
Cantons 15
Intercommunalités 5
Communes 102

Le Territoire de Belfort ou Territoire-de-Belfort [1] est un département français créé en 1922 dans l'arrondissement de Belfort, seule partie de l'Alsace et du Haut-Rhin restée à la France après la défaite de 1871. Il ne réintègre pas le Haut-Rhin après 1919 et par un décret de 1960, est définitivement rattaché à la région Franche-Comté, décision confirmée en 1982 avec les lois sur la décentralisation.

L'Insee et la Poste lui attribuent le code 90. La densité de population du département est de 235 habitants / km² ce qui est assez similaire à celle de l'Alsace (224 habitants / km²) et nettement supérieur à celle de la Franche-Comté (72 habitants / km²). Depuis leur séparation de l'Alsace, les habitants du Territoire de Belfort n'ont toujours pas de gentilé officiel. Le point culminant du département est le Ballon d'Alsace avec une altitude de 1247 mètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Territoire de Belfort.
Évolution des frontières départementales depuis 1871.

Le Territoire de Belfort est né en 1871 du traité de Francfort qui mettait fin à la guerre de 1870-1871. L'Alsace et la Lorraine avaient la particularité d'être deux régions bilingues et leur démantèlement fut organisé selon des critères linguistiques. L’Empire allemand gagnait ainsi par ce traité la plus grande partie de l’Alsace et un quart de la Lorraine, l’extrême sud-ouest du Haut-Rhin, autour de Belfort, fut laissé à la France et ainsi séparé du reste de l’Alsace. La principale raison est que la population des environs de Belfort était majoritairement francophone (tandis que l’Alsace était majoritairement germanophone, le principal dialecte alsacien faisant partie des langues germaniques). Ce n'était toutefois pas un critère absolu car on trouvait des francophones et des germanophones aussi bien à Belfort que dans le reste de l'Alsace. Plusieurs villages francophones des environs de Belfort ont été annexés par l'Empire Allemand, ils sont restés alsaciens et font aujourd'hui partie du département du Haut-Rhin. Les vallées Welches, exclusivement francophones sont également restées alsaciennes et font toujours partie du Haut-Rhin.

Après avoir longtemps conservé un statut spécial dans l'attente d'un retour de l'intégralité de l'Alsace à la France, le Territoire-de-Belfort devient officiellement le 90e département français en 1922. Le décret du 2 juin 1960 portant harmonisation des circonscriptions administratives[2] le rattache à la région Franche-Comté plutôt qu'à la région Alsace, décision confirmée en 1982 avec les lois sur la décentralisation qui donnent aux régions françaises le statut de collectivités territoriales.

Blason Blasonnement :
D’azur aux trois jumelles d’or, à la tour crénelée, couverte et girouettée d’or, ajourée et ouverte du champ, maçonnée de sable, brochant sur le tout.
Commentaires : Les armoiries sont celles du Comté de Belfort avec la tour des armoiries du chef-lieu.

Gentilé et désignations usuelles[modifier | modifier le code]

Les habitants du Territoire de Belfort n'ont pas de gentilé officiel : il est donc erroné de les appeler les « Terrifortains » (ou « Belfortains », comme les habitants de Belfort proprement dit) ou d'user de toute autre appellation. Un certain nombre de personnes ont voté le 17 février 2011 pour « Terrifortain(s) », qui n'est cependant pas un terme officiellement reconnu[3]. Il faut toutefois signaler que ce vote n'a rien d'officiel, car il n'a pas été étendu à la totalité des habitants et autres ayants droit figurant sur les listes électorales, et qu'il était possible que la même personne vote plusieurs fois. Ni Terribelfortain, ni Terrifortain, ne sont d'ailleurs usités et on surprendrait beaucoup un habitant du Territoire en l'appelant ainsi.

En pratique, la population du Territoire utilise en général le mot « Belfortain » d'une manière assez subtile : pour les habitants de Belfort, cela désigne leur double qualité d'habitant de la ville et du département ; pour les résidents des autres communes, cela fait référence à leur appartenance au Territoire, sans qu'il y ait confusion pour eux avec la ville de Belfort. Cette utilisation du mot « Belfortain » est assez courante entre habitants du département. À l'égard de personnes étrangères au département, on précisera habituellement qu'on est un « habitant du Territoire », lorsque la conversation a lieu dans le département ou à proximité ; si elle a lieu plus loin, ou si l'on s'adresse à une personne ne connaissant pas le département, on précisera que l'on est un « habitant du Territoire de Belfort ». Personne n'utilise l'expression « département du Territoire de Belfort », qui est cependant la désignation officielle du département.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Territoire de Belfort fait partie de la région Franche-Comté. Il est limitrophe des départements du Doubs, de la Haute-Saône, des Vosges et du Haut-Rhin, ainsi que du canton suisse du Jura. Il fut longtemps le plus petit département français mais perdit cette caractéristique après la création des départements de Paris et de la « petite couronne » (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne).

Comme le département de Paris et Mayotte, il n'a pas de sous-préfecture.

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat du Territoire de Belfort.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Territoire de Belfort.

En 2010, la médiane du revenu fiscal des ménages par unité de consommation du département s'élevait à 18 801 euros, cachant des disparités relativement importantes de Belfort (15 603) à Bermont (26 672).

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique du département entre 1872 et 2005 (source Insee)

Population des principales communes du Territoire de Belfort pour l'année 2009 (plus de 1000 habitants) Eloie Rougegoutte Chaux (Territoire de Belfort) Pérouse (Territoire de Belfort) Montreux-Château Lepuix Morvillars Trévenans Andelnans Joncherey Rougemont-le-Château Méziré Etueffont Chèvremont Bourogne Cravanche Évette-Salbert Châtenois-les-Forges Grandvillars Giromagny Essert Danjoutin Offemont Bavilliers Beaucourt Valdoie Delle Belfort

Voies de communication[modifier | modifier le code]

Par sa situation géographique, la Trouée de Belfort a toujours été un lieu de passage, une sorte de col à basse altitude entre deux bassins fluviaux : celui du Rhin et celui du Rhône. Ces deux fleuves sont d'ailleurs reliés depuis 1832 par le Canal du Rhône au Rhin. Après 1871, le projet de canal de la Haute-Saône, bien qu'inachevé dans sa partie haut-saônoise, devait permettre d'amener aux portes de Belfort et de Montbéliard des péniches chargées de marchandises pondéreuses venues de la partie non annexée de la Lorraine. La voie d'eau ne connaît aujourd'hui pratiquement plus d'activité commerciale en raison de conditions de navigation difficiles (nombreuses écluses côté Alsace, navigation fluviale sur le Doubs aménagé côté Franche-Comté). Le département est également desservi par l'autoroute A36, dont une partie importante du parcours est à deux fois trois voies, et par la LGV Rhin-Rhône et la gare de Belfort - Montbéliard TGV. Un axe routier est en cours de développement, il s'agit de la liaison Neuchâtel-Paris via Delle, Vesoul et Langres. La liaison est complètement autoroutière en Suisse (Transjurane) et faite de tronçons de voies rapides plus ou moins aménagées en France, mais dont le niveau d'équipement progresse. Il existe un projet de desserte ferroviaire Belfort-Delle-Bienne via la gare TGV, permettant notamment de faciliter l'accès au TGV depuis la Suisse voisine, et depuis les principales villes du Territoire (Belfort et son agglomération, Delle). La mise en service est prévue en 2016. Optymo est le réseau de transports en commun desservant le Territoire de Belfort, articulant dans une même offre des lignes d'autobus, des services d'autopartage et de vélos en libre service.

Culture[modifier | modifier le code]

Depuis très longtemps, le conseil général du Territoire de Belfort comme le conseil municipal de la ville de Belfort favorisent l'accès à la culture du plus large public en subventionnant des institutions ou des manifestations dans tous les domaines de l'art, de la culture et des loisirs, et notamment au travers de l'organisation annuelle du festival des Eurockéennes ainsi que du Festival international de musique universitaire (FIMU) de Belfort.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le département présente une diversité de paysages façonnés par des influences historiques et géologiques, notamment le Ballon d'Alsace, le massif des Vosges et le lac de Malsaucy. La « route des villages fleuris »[4] emprunte le tracé d'une antique voie romaine qui serpentait dans le Pays sous-vosgien. Le sud du Territoire, riche d'étangs et de rivières, offre quelques-uns des plus beaux belvédères de la région. Depuis le plateau de Croix, le panorama s'étend des Monts d'Ajoie en Suisse à ceux du Jura, en passant par la Forêt-Noire, la plaine d'Alsace et les Vosges.

Des centaines de kilomètres de sentiers balisés quadrillent le département et permettent d'en découvrir les paysages, la faune et la flore mais aussi l'histoire au moyen de circuits à thème : fortifications, bornes, mines, canaux, châteaux, églises... Le chemin de halage du canal de la Haute-Saône permet ainsi de se rendre d'Essert à Montbéliard à pied, à cheval ou à vélo.

Chaque année en automne, la Trans-Territoire[5] attire plusieurs milliers d'amateurs de VTT.

La Maison départementale de l'Environnement[6], au bord du lac du Malsaucy, propose des expositions et animations gratuites de sensibilisation à l'environnement.

S'agissant du patrimoine artistique et architectural, Belfort est notamment connu pour le Lion de Belfort, sculpture monumentale d'Auguste Bartholdi qui commémore la résistance de la ville assiégée par les Prussiens durant la guerre de 1870.

Résidences secondaires[modifier | modifier le code]

Selon le recensement général de la population du 1er janvier 2008, le département comptait 1,3 % de résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes du Territoire de Belfort dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Commune Population SDC Nombre de logements Rés. secondaires  % Rés. secondaires
Lepuix 1 212 633 67 10,59 %

Source Insee, chiffres au 01/01/2008.

Politique[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

L'Hôtel de Département du Territoire-de-Belfort.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Lacroux (1947-2002), OrthotypoOrthographe et typographie françaises – Dictionnaire raisonné, Éditions Quintette, 2008, 372 pages, 21 × 14,5 cm (ISBN 978-2-86850-147-9) : sub verbo Département (pages 175 à 177), page 176 : « Pour d’évidentes raisons historiques et grammaticales (c’était un territoire), le Territoire-de-Belfort fut longtemps privé de trait d’union. C’est depuis longtemps (1922) un département à part entière : il doit être traité comme ses pairs. »
  2. Décret du 2 juin 1960 portant harmonisation des circonscriptions administratives publié au JORF du 3 juin 1960.
  3. Les habitants du Territoire de Belfort sont des Terrifortains, Le Pays, jeudi 17 février 2011.
  4. La route des villages fleuris (site de l'Office du tourisme de Lure).
  5. La Trans-Territoire (site officiel).
  6. Maison départementale de l'environnement (site officiel).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Territoire de Belfort par V.-A. Malte-Brun aux Éditions du Bastion 1882 réédité en 1982.
  • Le Patrimoine de Communes du Territoire de Belfort aux Éditions Flohic 1999.
  • Belfort et son Territoire par J. Liblin aux Éditions de la Tour Gile 1877 réédité en 2000.
  • Géographie du Territoire de Belfort par G. Schouler et P. Filbert 1979.
  • Les paroisses du Territoire de Belfort par R. Fiétier et M. Colney, Cahiers d'Études Comtoises n° 50 - 1993
  • Vauban et ses successeurs dans le Territoire de Belfort édité par l'Association Vauban 1992
  • Histoire de Belfort, des origines à nos jours par Y. Baradel... aux Éditions Horvath 1985
  • La Porte de Bourgogne et d'Alsace (Trouée de Belfort) par A. Gibert aux Éditions Gérard Montfort 1930 réédité en 1982.
  • Histoire pittoresque et anecdotique de Belfort et de ses environs par A. Corret 1855 réédité par les Éditions de la Tour Gile en 1991. Plus particulièrement intéressant pour la première partie du XIXe siècle.
  • Département du Territoire de Belfort par Adolphe Joanne, Hachette 1888 réédité en 1994.
  • Belfort autrefois 1871-1914 par André Larger, Ed. Horvath 1987

Liens externes[modifier | modifier le code]

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