Guinguette

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le terme désignant le cabaret. Pour le film de Jean Delannoy de 1959, voir Guinguette (film, 1959).
La guinguette, Vincent van Gogh.

Une guinguette est, à l'origine, un cabaret populaire de banlieue parisienne officiant aussi comme restaurant et, souvent, comme lieu de bal. Ce type d'établissement se développa par la suite, un peu partout en France[1].

L'origine la plus probable du terme est le mot guinguet, désignant un petit vin blanc aigre et bon marché produit en Île-de-France[2].

Une origine historique crédible[modifier | modifier le code]

Elle nous est donnée par Charles Virmaître[3] : « La chaussée de Mesnil-Montant était de temps immémorial fréquentée par une foule de Parisiens qui ne reculaient pas à gravir sa pente rapide pour se rendre aux guinguettes nombreuses sur sa hauteur. On y buvait un petit vin, produit des vignes dépendant du clos Guinguet ; c'est ce qui donna le nom de guinguettes aux endroits où on le débitait ».

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Ambiance guinguette (à défaut d'une vraie) dans le Déjeuner de Canotiers d'Auguste Renoir

Avant l'agrandissement de Paris en 1860 qui engloutit un certain nombre de petites localités voisines, un grand nombre de guinguettes se trouvent juste au delà des barrières, pour échapper à l'octroi. Les plus fameuses sont les guinguettes de la Courtille lieu qui se trouvait près de la barrière de Belleville. On trouve des guinguettes sur les bords de la Seine et de la Marne, et certaines jusqu'à l'entrée de Rouen. Cette situation était initialement due à la taxe qui frappait les marchandises entrant dans la ville de Paris. En s'établissant en dehors des murs de la ville, ces établissement n'y étaient pas soumis. Certaines guinguettes ne se trouvaient pas éloignées de fleuves où se pratiquait le canotage.

Le développement du chemin de fer et la création de la gare de la Bastille avec de nombreux trains vers la banlieue Est de Paris est pour beaucoup dans le succès des guinguettes éloignées de la capitale. Il y avait des guinguettes par centaines jusqu'à Nogent-sur-Seine, lieu où les bords de Seine ont le plus changé.

Déclin de la tradition[modifier | modifier le code]

Les guinguettes furent un éminent sujet de peinture, fin XIXe siècle et première moitié du XXe. Le cinéma français de l'entre-deux guerres a également mis en scène les guinguettes (voir plus loin « Films mettant en scène des guinguettes »).

L'interdiction de la baignade dans les rivières a provoqué le déclin des guinguettes. Cette interdiction était motivée par des motifs d'hygiène (qualité de l'eau dégradée dans les années 1960-70) et de sécurité (risques dus au trafic des péniches et noyade). Dans les années 1960, elles passent dans le domaine de la nostalgie.

Depuis les années 1980, on assiste à un certain renouveau, en particulier dans les boucles de la Marne : Créteil, Champigny-sur-Marne, Joinville-le-Pont, Nogent-sur-Marne, Le Perreux mais aussi en Basse-Normandie a Pont-d'Ouilly. Les guinguettes constituent une des attractions de la manifestation annuelle organisée par le département du Val-de-Marne, le Festival de l'Oh. Une guinguette est également organisée, chaque année à la mi-juin, au Parc Henry Sellier par l'association arts et loisirs du Plessis-Robinson. À noter également qu'une association, Culture guinguettes, se consacre à la conservation du patrimoine et de la tradition des guinguettes. Chaque été, une guinguette installée au Jardin des Deux Rives à Strasbourg en bordure du Rhin, propose bals et cours de danses du monde. On retrouve également une guinguette organisée chaque année à Nogent le Bas (Haute-Marne) par l'association des Balibeux, et qui rassemble des amoureux de variété française dansant sur le parquet une bonne partie de la soirée.

Films montrant des guinguettes[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Films de fiction[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Joannis Deberne Danser en société, Christine Bonneton éditeur, 3/1999, Paris (ISBN 2-86253-229-0)
  • Kali Argyriadis et Sara Le Menestrel Vivre la guinguette, PUF, Sociologie d'aujourd'hui
  • Sophie Orivel, Francis Bauby, Martin Penet Mémoires de guinguettes, Éditions Omnibus

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les guinguettes des provinces françaises
  2. Littré cité par culture-guinguette.com
  3. Paris historique ; 1896 (p. 32). Virmaître est l'auteur de nombreux ouvrages sur Paris et sa région.
  4. La Marne, une rivière de chansons sur le blog de Philippe Pinson

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]