Paul Landowski

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Paul Landowski

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Paul Landowski en 1932.

Nom de naissance Paul Maximilien Landowski
Naissance 1er juin 1875
Paris
Décès 31 mars 1961 (à 85 ans)
Boulogne-Billancourt
Nationalité Français Drapeau de la France
Activités Sculpteur
Enseignant
Formation Académie Julian
École nationale supérieure des beaux-arts
Maîtres Jules Lefebvre
Louis-Ernest Barrias
Élèves Gaston Cadenat
Louis Leygue
Henri Lagriffoul
René Leleu
André Bizette-Lindet
Victor Nicolas
André Tondu
Récompenses Prix de Rome en 1900, Médaille d'or de sculpture aux Jeux olympiques en 1928

Paul Landowski[1], né à Paris 9e le 1er juin 1875[2] et mort à Boulogne-Billancourt le 31 mars 1961, est un sculpteur figuratif français d'origine polonaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille d'artistes et formation humaniste (1875-1913)[modifier | modifier le code]

Paul Landowski en 1913.

Issu d'une famille française d'origine polonaise par son père, Paul Landowski est le petit-fils, par sa mère, du célèbre violoniste et compositeur Henri Vieuxtemps[3]. Il épouse en premières noces Geneviève Nénot[2] (1888-1911), fille d’Henri-Paul Nénot, dont il a deux enfants, la peintre Nadine Landowski (1908-1943) et Jean Max Landowski (1911-1943), mort pour la France. Veuf, il épouse Amélie Cruppi[2], fille de l'homme politique Jean Cruppi. Il est aussi le père du compositeur Marcel Landowski (1915-1999), qui réforma l'enseignement musical en France, et de la pianiste et artiste peintre Françoise Landowski-Caillet (1917-2007).

Après des études secondaires au lycée Rollin, il se destine à la versification dramatique. En hypokhâgne, il découvre durant l'année 1898 auprès d'Henri Barbusse la philosophie humaniste, laquelle marquera toute son œuvre. L'année suivante, il suit, parallèlement à ses études, les cours du portraitiste Jules Lefebvre à l'Académie Julian. Il devient un expert en anatomie en suivant quotidiennement les dissections de l'École de médecine et en dessinant les planches pédagogiques du professeur Faraboeuf. Il se passionne pour la boxe.

Admis en 1895 aux beaux-arts, il y devient l'élève de Louis-Ernest Barrias. Il en sort en 1900 lauréat du prix de Rome pour son David combattant[3]. De retour de son séjour à la villa Médicis, il s'installe en 1906, suivi par tout un milieu d'architectes, d'artistes et de mécènes, à Boulogne-Billancourt, rue Moisson-Desroches, aujourd'hui rue Max Blondat. Il ne reste de son atelier qu'un petit musée construit après sa mort dans un coin du jardin et légué à la ville en 1982. Il accède à la célébrité dès 1909 avec une sculpture installée cinq ans plus tard sous la coupole du Panthéon, Aux artistes dont le nom s'est perdu.

La sculpture comme instrument civilisateur (1914-1938)[modifier | modifier le code]

Lors de la Première Guerre mondiale[3], il reçoit la croix de guerre dans la Somme. En 1917, il livre avec Bouchard à la ville de Genève les statues du Monument de la Réformation. Il réalise dans l'après-guerre plus de quatre-vingts monuments aux morts dont

En 1928 il participe au concours d'art des IXe Jeux olympiques d'Amsterdam et obtient la médaille d'or au concours de sculpture pour une statue, Le Boxeur. Officier de la Légion d'Honneur depuis le 8 août 1920, il est promu commandeur[3] le 30 avril 1928[5]. Héros aux préoccupations humanistes, il devient un des sculpteurs les plus reconnus de la France pacifiste de l'après-guerre et obtient plusieurs importantes commandes monumentales à Paris ou à l'étranger :

Théoricien instrumentalisé puis relégué (1939-1962)[modifier | modifier le code]

Directeur de la villa Médicis de 1933 à 1937, il est nommé en 1939 directeur de l'École des beaux-arts de Paris où il travaille à une réforme mettant en œuvre ses conceptions de l'enseignement de l'art comme synthèse de l'architecture, de la sculpture et de la peinture.

En novembre 1941, il fait avec Paul Belmondo et André Derain le fameux « voyage à Berlin », en réalité une tournée à travers toute l'Allemagne jusqu'à Weimar. Il répond ainsi comme de nombreux autres artistes français à l'invitation d'Otto Abetz à collaborer sur le plan intellectuel au projet de Goebbels de faire émerger une nouvelle Europe[6]. En tant que directeur des Beaux-Arts et en tant qu'ancien ami proche d'un Otto Abetz qui ne s'était alors, à l'époque de cette amitié, pas encore engagé pour le nazisme, il est en effet pressé d'agir pour ses élèves retenus prisonniers en Allemagne depuis la débâcle.

Au cours de son procès d'épuration, dont il sort comme la plupart des hauts fonctionnaires sans condamnation, il se défend en expliquant avoir reversé son cachet au Pécule des prisonniers. Il affirme avoir agi dans le but de contribuer par sa fonction au secours des prisonniers français et dans l'espoir de faire libérer de jeunes artistes. Il ajoute - ce que tous ne font pas - regretter son geste[7], reconnaissant par là le marché de dupes.

Son projet dantesque d'un Temple de l'Homme ne se réalisera pas mais un des éléments est réutilisé en 1953 pour faire la grandiose Porte de la Faculté de Médecine qui se voit rue des Saints-Pères. En 1954, six ans avant sa mort, Le Retour éternel qui orne le colombarium du Père-Lachaise réaffirme comme un testament nietzschéen ses préoccupations humanistes. À sa mort, il laisse également deux œuvres littéraires, l'une publiée de son vivant, Peut-on enseigner les Beaux-Arts ?[8], et l'autre qui ne le sera, partiellement, qu'après sa mort, son Journal, témoignage personnel et fascinant sur le métier de sculpteur avant la Première Guerre mondiale jusqu'à la fin de sa vie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

( Liste non exhaustive)

Le projet d'un Temple de l'Homme[modifier | modifier le code]

Le Temple de l'Homme, auquel Paul Valéry a donné son nom, est le projet « océanique », au sens de Romain Rolland, d'un lieu de méditation accueillant manifestations publiques, spectacles et congrès internationaux. Comprenant bibliothèque et cinéma, il a été élaboré en collaboration avec les architectes Taillens, Bigot et Laprade et n'a pas été réalisé. Présenté en 1925 à l'exposition des Arts Décoratifs de Paris, il a été envisagé en 1932 pour prolonger l'axe des Champs-Élysées entre la Porte Maillot et La Défense. Le projet sera constamment travaillé jusqu'en 1950.

Deux portes monumentales, la Porte de la Science et la Porte de Psyché, ouvrent sur les statues des Fils de Caïn au milieu d'un parvis encadré de deux cents mètres de Mur de Prométhée, Mur des Religions, Mur des Légendes, Mur des Hymnes, chacun haut de huit mètres et décoré de bas-reliefs représentant les grandes figures de la science, de la philosophie, de l’héroïsme, de la poésie.

La Porte de la Science est aujourd'hui visible à l'entrée de la nouvelle faculté de médecine de Paris, 45 rue des Saints-Pères et le groupe des Fils de Caïn aux Tuileries. L'Hymne à l'Aurore, visible au Musée des Années Trente, était destiné au Mur des Hymnes.

Dessins, aquarelles[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Institutions établies en sa mémoire[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

(liste alphabétique, non exhaustive)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Paul Landowski, le temple de l'homme, catalogue de l'exposition du Petit Palais du 7 décembre 1999 au 5 mars 2000, éditions Paris-Musées, 1999.
  • Thomas Compère-Morel, Paul Landowski, La pierre d'éternité, catalogue de l'exposition éponyme présentée à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, éditions Somogy, 2004.
  • Michèle Lefrançois, Landowski, l'Œuvre sculpté - Catalogue raisonné, éditions Créaphis, 2009.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né Paul Maximilien Landowski.
  2. a, b et c Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance n° 9/1107/1875 ; mariages : en 1907 avec Geneviève Nénot, puis en 1913 avec Amélie Cruppi (consulté le 8 mai 2012)
  3. a, b, c et d « Paul Landowski, le statuaire de Douglas Haig » dans La Violette, publication des Compagnons de la Violette, n° 11, 1er semestre 2007, p. 28-31 (ISSN 1287-7670)
  4. Les Fantomes
  5. Brevet de la Legion d'Honneur
  6. R. O. Paxton, O. Corpet, C. Paulhan, Archives de la vie littéraire sous l'Occupation, Taillandier, 2009
  7. Laurence Bertrand Dorléac, L'Art de la défaite (1940-1944), p. 75, Seuil, Paris, 1993
  8. La Baudinière, 1948
  9. Vue satellite des Fantômes sur Google Map
  10. Les amis du musée Paul-Landowski