Riga

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Riga
Blason de Riga
Héraldique
Drapeau de Riga
Drapeau
Riga
Administration
Pays Drapeau de la Lettonie Lettonie
Rajons Riga (Lielpilseta)
Maire Nils Ušakovs
(Centre de l'harmonie)
Code postal LV-1000
Démographie
Population 727 800 hab.
Densité 2 369 hab./km2
Géographie
Coordonnées 56° 56′ 56″ N 24° 06′ 23″ E / 56.948889, 24.10638956° 56′ 56″ Nord 24° 06′ 23″ Est / 56.948889, 24.106389  
Superficie 30 717 ha = 307,17 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Lettonie

Voir sur la carte Lettonie administrative
City locator 11.svg
Riga
Liens
Site web http://www.riga.lv/

Riga (prononcé [ ʁi.ga ] ; en letton Rīga [riː.ga ], est la capitale de la Lettonie. Construite sur la mer Baltique au fond du golfe de Riga, dans lequel se jette la Daugava, c'est un centre industriel, commercial, culturel et financier majeur de la région de Vidzeme.

Population[modifier | modifier le code]

Riga vu par le satellite Spot.

Riga est la plus grande ville des États baltes mais sa population (les Riganais ou Rigois) continue de décroître rapidement. Le déclin démographique est particulièrement évident depuis 1991 avec le départ de nombreux russophones en raison du positionnement politique letton jusqu'en 1998 (nouvelles lois sur la naturalisation[1]), et l'incapacité du pays à augmenter son taux de fécondité. Cependant, la ville connaît un fort taux d'immigration interne au pays qui n'est pas répercuté dans les chiffres à cause du système d'enregistrement qui est une démarche personnelle que beaucoup ne font pas.

La population de Riga en 2014 est de 701 185 et, selon les données de 2014 est composée de[2] :

À titre de comparaison, sur l'ensemble du pays, 59,6 % sont des Lettons natifs, 26,9 % sont Russes, 3,4 % Biélorusses, 2,4 % Ukrainiens, 2,2 % Polonais, 1,3 Lituaniens et les 4,2 % restants sont composés d'autres nationalités.

La plupart des Lettons sont des protestants luthériens, tandis que la majorité des Russes sont orthodoxes. Il y a 18 églises luthériennes à Riga, 15 églises orthodoxes, 10 églises catholiques et une maison de prières de Vieux-Croyants.

Un tableau récapitulatif de l'évolution de la population à Riga.

Année Population
1767 19 500
1800 29 500
1840 60 000
1867 102 600
1881 169 300
1897 282 200
1913 517 500
1920 185 100[3]
1930 377 900
1940 353 800
Année Population
1941 335 200
1945 228 200[4]
1950 482 300
1955 566 900
1959 580 400
1965 665 200
1970 731 800
1975 795 600
1979 835 500
1987 900 300
Année Population
1990 909 135
1991 900 455
1992 889 741
1993 863 657
1994 843 552
1995 824 988
1996 810 172
1997 797 947
1998 786 612
1999 776 008
Année Population
2000 764 329
2001 756 627
2002 747 157
2003 739 232
2004 735 241
2005 731 762
2006 727 578
2007 722 485
2008 717 371
2009 715 978

Historique[modifier | modifier le code]

Riga, début XXe siècle.

La particularité de Riga est l'origine diverse de sa population. Elle n'a été mono-ethnique que de sa fondation au XIIIe siècle jusqu'au XVIIe siècle, où elle était exclusivement peuplée de germano-baltes qui ont laissé leur empreinte dans tous les monuments historiques de la ville, tandis que l'administration municipale et ecclésiastique demeura germanophone jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Les Lettons étaient quant à eux ruraux. Riga était, même sous les dominations polonaise, suédoise et russe, un îlot germanophone peuplée de germano-baltes, avec une forte minorité juive s'exprimant en yiddish ou en allemand. Au XVIIe siècle, les Russes lèveront les barrières de peuplement imposées par la municipalité et commenceront à s'y installer, ainsi que les Lettons. Au XIXe siècle, la population de ce qui était la troisième ville de l'Empire russe est de plus en plus bigarrée (Germano-baltes, Lettons, Russes, Polonais, Biélorusses, Juifs). Après le départ en masse des germanophones, les germano-baltes, au XXe siècle, l'extermination des Juifs pendant l'occupation allemande, et finalement l'arrivée de populations soviétiques variées, après la Seconde Guerre mondiale, le caractère multi-ethnique de la ville perdura (vers 1950, 60 % étaient de langue lettonne et 40 % russophones).

Cependant l'indépendance de 1991 imposera des restrictions de naturalisations sur des critères ethnolinguistiques, la refusant aux russophones, posant aujourd'hui un problème ethnique spécial pour un pays de l'Union européenne.

Climat[modifier | modifier le code]

La vieille ville de Riga sous la neige.

Riga possède un climat tempéré de type continental. Les hivers sont froids et les étés assez chauds. Les pluies sont modérées, l'été étant la saison la plus arrosée. La neige recouvre le sol en moyenne 91 jours par an.

  • Température record la plus basse : -34,9 °C (fév. 1956)
  • Température record la plus élevée : 34,1 °C (juil. 2002)
  • Nombre moyen de jours avec de la neige dans l'année : 80
  • Nombre moyen de jours de pluie dans l'année : 158
  • Nombre moyen de jours avec de l'orage dans l'année : 21
  • Nombre moyen de jours avec tempête de neige dans l'année : 14
Relevé météorologique de Riga
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −5,4 −5,5 −2,2 1,4 6,8 10,1 12,5 12,1 7,7 4,1 0,5 −3,6 3,2
Température moyenne (°C) −3,5 −3,4 0,1 5 11,6 15,3 17,2 16,5 11,8 7,1 2,3 −1,5 6,5
Température maximale moyenne (°C) 0,1 0,1 5,1 9,6 17,1 20,2 21,9 21,2 16 10,5 5 1,1 10,7
Précipitations (mm) 35 25 31 39 43 68 82 84 81 60 59 48 655
Source : Le climat à Riga (en °C et mm, moyennes mensuelles). Voir site : Pogoda.ru.net


Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de la ville tiendrait de celui d'un bras (Ridzene, terme équivalent au slave reka désignant un « fleuve ») de la Daugava, aujourd'hui disparu, isolant une île sur laquelle fut bâtie la ville. Une autre hypothèse est celle d'une parenté avec le vieux mot lituanien ringi signifiant « sinuosité » [5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis le XIe siècle des villages de Lives et de Lettes, peuplés par des artisans, des pêcheurs et des marchands sont établis sur les bords de la rivière Ridzene. La ville doit son nom à cette rivière qui se jette dans la Daugava. Le port — situé à l'embouchure de la Daugava — attirait aussi bien des marchands allemands, toujours à la recherche de nouvelles voies commerciales, que des croisés occidentaux qui cherchaient à convertir les peuples baltes au christianisme.

La ville est mentionnée pour la première fois, dans un écrit, en 1198, mais elle a été fondée officiellement en 1201, par Albert de Buxhoeveden, évêque de Livonie et fondateur de l'ordre des chevaliers porte-glaives, sur une île fluviale formée par un bras de la Daugava. Dès lors des colons allemands viendront en masse, les germano-baltes qui feront eux aussi la spécificité de la ville, avec leurs églises, leurs commerces, etc. jusqu'à la Première Guerre mondiale. Au XIIIe siècle on construit à l'intérieur des murs de la ville le château du Maître de Ordre de Livonie, une cathédrale et des églises, un hôtel de ville, les Maisons des guildes des artisans et marchands. Entrée dans la ligue hanséatique en 1282, Riga sera au fil des siècles victime de l'instabilité politique des pays baltes : elle est conquise successivement par les Polonais (1561), les Suédois (1621), les Russes (1710, après un échec en 1656) qui en font la capitale du Gouvernement de Livonie. Elle est assiégée en vain, en 1812, par les troupes françaises et prussiennes de Napoléon Ier. L'histoire de Riga se confond à partir de 1919 avec celle de la Lettonie.

Façade Art nouveau

Les anciens remparts de la ville sont détruits au milieu du XIXe siècle et la construction de la nouvelle ville démarre. Au début du XXe siècle, une ceinture de boulevards est aménagée autour du Vieux Riga (Vecriga), avec des parcs, des espaces verts et des immeubles Art nouveau, construits en particulier par Mikhaïl Eisenstein. Ces changements ont également touché les anciens faubourgs.

Lorsque la République de Lettonie déclare son indépendance, le 18 novembre 1918, Riga devient la capitale du pays. L'expansion de la ville s'accélère et les rues prennent de nouveaux noms lettons. Pendant l'occupation soviétique, et le rattachement du pays à l'URSS (1945-1991), Riga est la capitale de la République socialiste soviétique de Lettonie. La République de Lettonie retrouve son indépendance le 21 août 1991 et Riga redevient la capitale du nouvel État indépendant.

Grâce à la plus forte concentration de bâtiments de style Art nouveau en Europe, le centre historique de Riga a été inclus, en 1997, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, ce qui permet la préservation présente et future de la vieille ville.

Activité économique[modifier | modifier le code]

L'activité économique et les loisirs se sont significativement développés ces dernières années, en raison d'une amélioration des infrastructures. Rīga, en tant que ville portuaire, est devenue un point clé où transitent de plus en plus de biens et de personnes, avec des liaisons maritimes régulières avec Stockholm, Kiel et Lübeck. Le trafic aérien a doublé entre 1993 et 2004, grâce à la modernisation de l'Aéroport international de Riga, qui est le plus grand aéroport des États baltes.

La plupart des institutions financières lettones sont localisées à Riga, à l'instar de la Banque de Lettonie. Les échanges commerciaux à travers Riga sont en augmentation ces dernières années, surtout depuis l'entrée de la Lettonie dans l'Union européenne, le 1er mai 2004. Riga génère à elle seule la moitié de la production industrielle de la Lettonie et met l'accent sur les services publics, le secteur financier, l'agro-alimentaire, le textile, l'édition.

On y trouve le plus grand marché d'Europe (Marché central de Riga) [6].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Centre historique de Riga *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Old Riga (Vecrīga).JPG
Pays Drapeau de la Lettonie Lettonie
Type Culturel
Critères (i)(ii)
Superficie 438 ha
Zone tampon 1 574 ha
Numéro
d’identification
852
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1997 (21e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO
La Maison des Têtes Noires (devant, sur la place, une statue de Roland de Roncevaux, dotée d’une fontaine d’eau potable).

Personnalités nées à Riga[modifier | modifier le code]

Personnalités décédées à Riga[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Riga est le siège de l'hebdomadaire de langue anglaise The Baltic Times, qui traite de l'actualité dans les trois pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) et dans les pays voisins.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Riga est jumelée avec[7] :

Transports[modifier | modifier le code]

Liaisons nationales et internationales[modifier | modifier le code]

Riga est desservie par un aéroport et une liaison aérienne directe existe vers de nombreuses grandes villes d'Europe grâce à AirBaltic, Ryanair et Wizz Air.

Une liaison en car permet d'aller à Tallinn au nord en Estonie et à Vilnius au sud en Lituanie. De plus, de nombreuses liaisons permettent de se rendre dans la plupart des régions de Lettonie.

La gare ferroviaire permet de relier Riga aux grandes villes de Lettonie ainsi qu'à certaines plus petites, mais aussi à Saint-Pétersbourg et Moscou.

Réseau urbain[modifier | modifier le code]

Un projet de métro avait été lancé à l'époque soviétique, mais il a été arrêté. Des alternatives sont étudiées pour faciliter la circulation et désengorger les artères de cette ville aux dimensions de métropole. Le réseau de transport en commun est très développé et dessert tous les quartiers de la ville. Il est composé de plusieurs lignes de tramway, de trolleybus ou de bus.

Les taxis sont nombreux à Riga (les prix sont maintenant clairement affichés sur leurs portières).

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Citoyenneté en Lettonie.
  2. [1]
  3. Déclin massif de la population après la Première Guerre mondiale.
  4. Déclin de la population après la Seconde Guerre mondiale et les déportations.
  5. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  6. a et b Latvia - Best enjoyed slowly. Brochure de l'office de tourisme lettonien.
  7. Riga's Twin Cities

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]