Lanterne (éclairage)

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Une lanterne est un appareil d'éclairage souvent portatif, constitué d'une boîte dont les faces sont fermées par un matériau translucide ou transparent, où l'on enferme un dispositif éclairant (chandelle, bougie, lampe à huile, à pétrole ou électrique). Les surfaces transparentes étaient autrefois en corne ou en verre

Une lanterne place de la Carrière à Nancy
Un allumeur de réverbères allume un bec de gaz en Suède, en 1953. À cette époque, les quelques lampes restantes étaient des curiosités rares.

Le réverbère ou lanterne réverbère ajoute des réflecteurs à la lanterne. Le réverbère sera utilisé dans des applications de lampe à huile, de gaz d'éclairage ou d'électricité et apparient plutôt au monde moderne, la lanterne, au passé.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les lanternes sont connues dès l'Antiquité.

À Paris, les autorités, en 1667, seraient les premières à placer au milieu et aux deux extrémités de chaque rue des lanternes garnies de chandelles et cet usage se généralisa à toutes les villes de France. Pour perpétuer le souvenir, on frappa en 1669, une médaille avec cette légende: « Urbis securitas et nitor »[1] (« la sûreté et la netteté de Paris »). L'allumage des lampes se fait alors par des habitants désignés annuellement par les autorités, chacun dans son quartier, aux heures réglées (et un commis surnuméraire dans chaque quartier pour avertir de l'heure), puis apparaissent progressivement des allumeurs de réverbères. Une taxe est prélevée, impôt de boues et lanternes qui permettra la transformation de la ville sous l'impulsion de son lieutenant de police : Gabriel Nicolas de la Reynie [2].

Une lanternes à réverbère en Allemagne aménagée à l'électricité

Les lanternes à réverbère seraient inventées par un certain abbé Matherot de Preigney et un sieur Bourgeois de Châteaublanc, qui, par lettres-patentes, enregistrées le 28 décembre 1745, obtinrent le privilège de cette entreprise[3]

Les lanternes cèdent la place aux réverbères à partir de 1766, l'huile succédant aux chandelles à double mèche. « Les lanternes avaient existé jusqu'en 1766. À cette époque, le sieur Bailly entreprit d'y substituer des réverbères. Déjà, au mois d'avril de cette année, près de la moitié des rues étaient éclairées par des réverbères de sa façon, lorsque le bureau de la ville préféra les modèles du sieur Bourgeois de Chateaublanc, qui, avec plus d'économie, rendaient plus de lumière. Ce dernier entrepreneur se chargea de pourvoir la capitale de trois mille cinq cents réverbères, alimentant sept mille becs de lumière. Le 30 juin 1769, le sieur Bourgeois fut chargé de l'entreprise de l'illumination de Paris pendant vingt ans[4]. »

Lors de la première installation d'éclairage public au gaz d'éclairage à Paris en 1818, place du Carrousel, suivi de celui de la rue de Rivoli en janvier 1819 les premiers candélabres (ou réverbères sur pied) apparaissent.

Réverbère[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réverbère.

Le réverbère est une lanterne équipée de réflecteurs, c'est-à-dire de surfaces réfléchissantes (miroir, métal poli...) qui ramènent la lumière dans une direction privilégiée.

Il se dit, par extension et plus ordinairement, des lanternes de verre qui contiennent une lampe munie d'un ou de plusieurs réflecteurs, et qui servent à éclairer pendant la nuit les rues, les grandes cours et d'autres lieux.

En 1835, les rues de Paris et des principales villes du royaume sont éclairées par des réverbères[5].

Lanterne sourde[modifier | modifier le code]

Une lanterne sourde est une lanterne dont certaines parois sont opaques, de telle façon que celui qui la porte puisse voir sans être vu et masquer complètement la lumière en cas de besoin.

Expression[modifier | modifier le code]

À la lanterne[modifier | modifier le code]

Pendant la Révolution française, mettre à la lanterne, s'est dit populairement, pour pendre aux cordes d'un réverbère (notamment la potence de fer soutenant la vieille lanterne place de Grève) ceux que désignait la fureur populaire, sorte d'assassinat dont on cite de nombreux exemples dans les émeutes de 1789 à 1793. La populace en réclamant ces exécutions avait l'habitude de crier : À la lanterne[6],[7]!

« On criait: L'abbé Maury à la lanterne! - Eh bien, répondit-il, quand vous m'aurez mis à la lanterne, y verrez-vous plus clair? »[6]

Vessie et lanterne[modifier | modifier le code]

L'expression « Prendre des vessies pour des lanternes » signifie Prendre ses rêves pour la réalité.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. La ville de Paris, personnifiée par une femme debout, tenant une lanterne rayonnante et une bourse ; à l’exergue : M. DC. LXVIIII. LOUIS XIV : la sûreté et la netteté de Paris.
  2. Sûreté de la ville de Paris: le sujet est l’établissement de l’éclairage public et d’une garde sous les ordres d’un lieutenant de police (1667) destinés à mettre fin à l’insécurité qui régnait dans la ville de Paris dès la nuit tombée. Le premier lieutenant de police s’est particulièrement illustré : Gabriel Nicolas de la Reynie, qui fut en fonction pendant trente ans entre 1667 et 1697. sur le site galeriedesglaces-versailles.fr
  3. Jacques-Antoine Dulaure. Histoire physique, civile et morale de Paris: depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours. Guillaume et compagnie, 1829 Livre numérique Google
  4. Les industriels métiers et professions en France. Émile de La Bédollière Janet, 1842.
  5. Dictionnaire de l'Académie française, 6e Édition (1835)
  6. a et b Émile Littré: Dictionnaire de la langue française (1872-77)
  7. Dictionnaire de l'Académie française, 8e Édition (1932-5)