Championnat de France de rugby à XV

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le championnat disputé par l'élite des clubs français de rugby à XV. Pour la deuxième division, voir Championnat de France de rugby à XV de 2e division. Pour les niveaux inférieurs, voir Compétitions de clubs français de rugby à XV.

Championnat de France
de rugby à XV

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Généralités
Création 1892
Organisateur(s) Ligue nationale de rugby
Éditions 114
Catégorie première division
Périodicité annuelle
Lieu Drapeau de la France France
Participants 14 clubs
Épreuves 187 matchs
Statut des participants professionnel
Site web officiel
Palmarès
Tenant du titre RC Toulon
Plus titré(s) Stade toulousain (19)
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pour la compétition à venir voir :
Top 14 2014-2015

Le championnat de France de rugby à XV, dénommé Top 14 depuis 2005, est une compétition annuelle mettant aux prises les meilleurs clubs professionnels de rugby à XV en France. Créé en 1892 sous l'égide de la fédération omnisports USFSA, il est alors organisé par un comité chargé du rugby, avant d'être pris en charge à partir de l'édition 1921 par la toute jeune Fédération française de rugby. Depuis 1998, c'est la Ligue nationale de rugby qui l'organise.

Le vainqueur du championnat de France remporte comme trophée le bouclier de Brennus. Au cours de sa longue histoire, le championnat de France a été marqué à plusieurs reprises par des cycles de domination de certains clubs pendant dix à quinze ans. Dans l'ordre chronologique, on relève l'hégémonie des deux clubs parisiens du Racing club de France et du Stade français (1892-1903), puis celles du Stade bordelais (années 1900), du FC Lourdes (années 1950), de l'AS Béziers (années 1971-1984) et du Stade toulousain (années 1920, puis 1985-2001). Entre 1994 et 2008, le Stade français, le Biarritz olympique et le Stade toulousain se sont partagé les quinze titres mis en jeu. Cette hégémonie à trois prend fin en 2009 avec la victoire de Perpignan, puis en 2010 avec la victoire de l'ASM Clermont.

La formule du championnat a été plusieurs fois modifiée au cours de son histoire. Avec l'introduction du professionnalisme en 1995, le nombre de clubs de la division d'élite a diminué notablement, passant de 24 à 16 puis finalement à 14 clubs en 2005. Il s'est ainsi successivement appelé Top 16, Top 14, Rugby Top 14 Orange à la suite d'un partenariat de la ligue avec un opérateur de téléphonie en 2008[1],[2], puis à nouveau Top 14.

Le championnat se déroule en deux phases : une phase dite de qualification, qui est disputée par toutes les équipes, et une phase finale regroupant les six meilleurs clubs de la phase de qualification (les quatre meilleurs jusqu'à la saison 2008-2009), qui se joue par élimination directe. Les deux derniers de la phase de qualification sont relégués en Pro D2 et remplacés par l'équipe classée première de Pro D2 à l'issue de la saison régulière et par le vainqueur des barrages de Pro D2.

Historique[modifier | modifier le code]

Match du Stade français, années 1890

Naissance du rugby en France[modifier | modifier le code]

Le rugby à XV a été introduit en France vers 1870 par des Britanniques travaillant dans l’Hexagone. Dès 1872, certains d’entre eux fondent le Havre Athletic Club avec lequel ils pratiquent une forme hybride de rugby et de football qu'ils appellent combination.

Le premier véritable club de rugby français est le English Taylors RFC, fondé par des hommes d'affaires anglais à Paris en 1877, suivi par le Paris Football Club l'année suivante[3]. Ce dernier a une durée de vie éphémère. Sa scission entraîne la formation du Racing club de France en 1882, du Stade français en 1883 (ou 1887) et de l'Olympique en 1888[3], entièrement ou en partie par des Français.

Le développement du rugby est favorisé en France par Pierre de Coubertin, passionné de rugby et qui souhaite reproduire ce modèle éducatif anglais dans les grands établissements parisiens en guise de rééducation physique et morale des futures élites du pays qui a connu la défaite de 1870[4].

La belle époque (1890-1914)[modifier | modifier le code]

Le premier titre de champion de France de rugby à XV est décerné le 20 mars 1892 à la suite d'un simple match entre le Racing et le Stade français au Bois de Boulogne. Arbitré par le baron de Coubertin, la rencontre est remportée par les Racingmen sur le score de 4 à 3[5]. Les trois clubs parisiens (Racing, Stade, Olympique) remportent tour à tour le titre de champion de France jusqu'en 1898. Le championnat n'est alors disputé que par des clubs de Paris ou de la région parisienne et le nombre de clubs participants est au maximum de six (en 1898)[4].

Le rugby se développe particulièrement en Aquitaine sous l'influence des échanges commerciaux avec l'Angleterre friande des vins de Bordeaux, les négociants en vin britannique formant dans cette région une colonie vinicole et rugbystique. Le rugby s'y diffuse par la suite par l'arrivée d'étudiants et de fonctionnaires de la région parisienne, par l'influence de Philippe Tissié, promoteur du rugby dans l'éducation scolaire de la Ligue girondine d'éducation physique. Son enracinement dans le Sud-Ouest s'explique aussi grâce aux stations climatiques et sportives (Pau, Biarritz) où les aristocrates anglais y passent des cures hivernales[6]. Les clubs de province sont autorisés à disputer le titre en 1899. Le championnat se joue alors entre le champion de Paris et celui des départements. Le Stade bordelais (SBUC) en profite aussitôt pour remporter son premier titre[3]. En 1901, le SBUC gagne la finale à la régulière sur le score de 3 à 0. Mais l'USFSA annule le résultat et décide que la finale doit être rejouée à Paris, le Stade bordelais ayant en effet fait jouer trois joueurs irrégulièrement. Le SBUC refusant cette décision, le Stade français est déclaré vainqueur.

Les sports à Toulouse : un match de rugby sur la prairie des Filtres - une prise ballon.
Le rugby se développe dans le Sud, des parties sont organisées à Toulouse.

À partir de 1904, la suprématie des équipes de la moitié Sud de la France devient écrasante. Le SBUC dispute toutes les finales entre 1904 et 1911 et n'en perd que deux[7]. Le rugby s’enracine profondément dans un rectangle Lyon-La Rochelle-Biarritz-Toulon : la vallée du Rhône, le Languedoc, le Roussillon, le Pays basque, la vallée de la Garonne, les Pyrénées succombent au charme du ballon ovale. Naturellement, de grands clubs apparaissent[7]. L'Aviron bayonnais, en 1913, apporte dans le sillage du Gallois Owen Roe, partisan d'un jeu très ouvert, le premier titre à une "petite ville" de Province.

Les finales de 1906 et 1907 sont arbitrées par Allan Henry Muhr qui est alors joueur international, ancien champion de France en 1901 et 1903 et futur patron des sélectionneurs du XV de France de 1911 à 1919 (il sera aussi sélectionneur de l'équipe de France de Coupe Davis en 1922 et 1923).

Henri Amand est un des grands joueurs de l'époque avec cinq titres remportés, puis l'arbitre de la finale de 1913, Marc Giacardy a fait de même avec six titres et une finale arbitrée en 1912. Avec eux, on peut citer Louis Dedet, Marcel Laffitte, Auguste Giroux, Maurice Bruneau, P. do Rio Branco da Silva Paranhos et Henri Martin qui ont tous remporté six fois le championnat de France.

En raison de la Première Guerre mondiale, le championnat est interrompu entre 1914 et 1919. Pendant cette période le championnat est remplacé par la Coupe de l'Espérance qui est disputée surtout avec des jeunes gens non appelés à effectuer leur service militaire. La compétition a été disputée quatre fois mais ne fait pas partie du palmarès officiel du championnat.

Crise de l'entre-deux guerres (1920-1939)[modifier | modifier le code]

Le Stade toulousain connaît sa première période de domination du rugby français en remportant cinq titres de champion de France en six ans, de 1922 à 1927. C’est alors le règne de la « Vierge Rouge », comme on surnomme le club rouge et noir à la suite de son titre de 1912 au cours de laquelle l’équipe reste invaincue pendant toute la saison.

Les années 1930 sont dominées par l'USA Perpignan qui remporte trois fois le championnat, par le Biarritz olympique (quatre finales disputées et deux titres de champion) et le Lyon OU (trois finales disputées et deux titres de champion).

Hors du terrain, les années 1920 et 30 sont des années de crise pour le championnat. Le titre de champion de France attise les convoitises et entraîne des dérives : violence sur les terrains et accusations d’amateurisme marron rythment les saisons de plus en plus souvent. En décembre 1930, quelques clubs dénoncent le professionnalisme déguisé pratiqué par certaines équipes (un patron peut salarier ses joueurs dans son entreprise comme celui de l’US Quillan, trois fois finaliste entre 1928 et 1930, et champion en 1929, dans une ville de trois mille habitants) et font sécession. Dix clubs fondent l’UFRA (Union française de rugby amateur), qui se targue de rester fidèle aux idéaux de fair play et d’amateurisme du rugby, et demande à la Fédération française de remettre de l’ordre dans sa maison[8]. Sept d’entre eux sont d’anciens champions de France, mais ils sont exclus du championnat. Au total, 14 clubs font sécession dont sept anciens champions de France.

À la suite de ces tensions, le XV de France est boycotté par les équipes britanniques qui voient ces dérives d’un très mauvais œil, au point d’être exclu du Tournoi des Cinq Nations. La FFR trouve enfin un accord en 1932 avec les clubs entrés en dissidence, mais les conséquences de la crise sont profondes : ses effectifs diminuent très fortement et le nombre de clubs passe de 784 en 1930 à 663 en 1934 et 558 en 1939, de nombreux clubs arrêtent purement et simplement le rugby, alors que d'autres rejoignent le rugby à XIII, professionnel, lancé en 1934 en France.

Le XV de France n’est autorisé par les Britanniques à disputer de nouveau le Tournoi qu’en 1940, mais cette édition n’a jamais lieu en raison de la Seconde Guerre mondiale.

Période 1942-1970[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale interrompt le championnat de 1940 à 1942. Après trois saisons de compétitions non officielles, la FFR décide, le 5 juin 1942, de rétablir le championnat de France. Le championnat est disputé par quarante clubs de la zone occupée et cinquante-cinq clubs de la zone libre. Après l'invasion de la zone libre par les Allemands en novembre 1942, la Fédération changea les appellations en « zone nord » et « zone sud ». La finale est disputée entre Bayonne et Agen, qui ont remporté respectivement les compétitions des zones sud et nord.

Le nombre de clubs participants augmente régulièrement, passant de 95 en 1942-43 à 154 en 1945-46. Après la guerre, le nombre de clubs de l'élite est réduit à 64 clubs pour la saison 1946-47 et varie par la suite entre 40 et 80 jusqu'à la saison 1991-92.

Le championnat 1944-45 est remporté par le SU Agen qui bat le FC Lourdes en finale. Parmi les joueurs du SU Agen, à noter la présence de Albert Ferrasse et Guy Basquet qui seront plus tard président et vice-président de la fédération française de rugby. Le SU Agen dispute également deux finales en 1943 et 1947.

Toutefois, l’après-guerre est dominée par le FC Lourdes qui remporte 7 fois le Bouclier de Brennus de 1948 à 1960 (plus un autre titre en 1968). Plusieurs Lourdais de cette génération dorée cumulent ainsi au moins six titres de champion de France: Antoine Labazuy, Jean Prat, Thomas Mantérola, Maurice Prat, Louis Guinle et Roger Martine. L'équipe compte huit joueurs internationaux en activité en 1948 et encore sept en 1958.

La finale du championnat 1948-49 présente la particularité d'avoir été disputée deux fois, le premier match s'étant terminé sur une égalité 3-3[9], finalement c'est le Castres olympique qui remporte le titre aux dépens du Stade montois.

Les deux finalistes sont à nouveau à égalité à la fin du temps règlementaire lors de la finale du championnat 1950-51, mais le règlement prévoit alors qu'une prolongation soit disputée et c'est US Carmaux qui remporte le titre en battant le Stadoceste tarbais par 14-12.

En 1952, la France est à nouveau menacée d'être exclue du Tournoi, coupable selon les Britanniques de professionnalisme (recrutements, primes de match, intéressements)[10]. Pour éviter la sanction, la fédération française promet d'abolir le championnat de France et fournit une liste de joueurs jugés coupables de professionnalisme, dont Jean Dauger, Robert Soro et Maurice Siman. L'exclusion du Tournoi est ainsi évitée et en fin de compte le championnat de France 1952-53 est maintenu à la suite de la pression exercée par la grande majorité des clubs français[11].

La FFR décide d'alléger la compétition en ne faisant disputer que les matchs aller du championnat, elle supprime aussi la Coupe de France. Pour la seule fois dans l'histoire du championnat, les clubs non qualifiés (après la phase de qualification avec poules de huit) disputent une épreuve de consolation appelée la Coupe Cyril Rutherford en l'honneur d'un ancien capitaine du XV de France au début des années 1900.

La finale de 1957-58 voit l'opposition des deux frères Manterola qui jouent dans des équipes opposées: le FC Lourdes et le Sporting Club mazamétain. Les deux équipes sont conduites par deux fortes personnalités, le Lourdais Jean Prat, Monsieur Rugby et le Docteur Mias du côté mazamétain. Jean Prat remporte son sixième et dernier titre de champion de France, tandis que Lucien Mias, malgré de glorieux succès avec l'équipe de France, ne sera jamais champion de France.

Michel Crauste et Arnaud Marquesuzaa remportent le titre avec le Racing Club de France en 1959. L’année suivante, ils le remportent avec le FC Lourdes.

Sans atteindre l’hégémonie lourdaise, le SU Agen remporte trois titres de champion en 1962, 1965 et 1966, avec tout de même un doublé en 1965 et 1966.

Après avoir échoué par trois fois en finale, le Stade montois remporte pour la première (et seule) fois de son histoire en 1963. Cette victoire est acquise aux dépens de l'US Dax. C’est la première fois depuis 1934 qu’une finale oppose deux équipes du même département (les Landes). C’est aussi la troisième des cinq finales perdues (pour aucune victoire) par Dax.

Les événements de mai 1968 retardent de trois semaines la tenue de la finale du championnat 1967-68. Le FC Lourdes et le RC Toulon sont à égalité après prolongation, mais la finale ne peut pas être rejouée en raison de la date tardive de la rencontre, l'équipe de France devant partir en tournée en Nouvelle-Zélande quelques jours plus tard. Par suite, c'est Lourdes qui est déclaré vainqueur au bénéfice de ses deux essais marqués[Note 1].

La Voulte devient la plus petite ville de France, depuis Quillan en 1929, à voir passer le bouclier de Brennus dans ses rues en 1970. Au terme d'une partie très serrée, les voultains l'emportent par un essai de l'ailier Renaud Vialar, non transformé, permettant aux célèbres frères Camberabero d'ajouter leur nom au palmarès.

En 1969, Pierre Villepreux perd sa deuxième finale du championnat de France[Note 2], cette fois avec le Stade toulousain qui est battu par Bègles. Avec Lucien Mias, il fait partie des grands joueurs internationaux français, comme Pierre Albaladejo, Walter Spanghero, Jo Maso[Note 3] et Serge Blanco, qui n'ont jamais remporté le titre de champion de France.

Période 1971-1994[modifier | modifier le code]

Les années 1970-1984 voient une nette domination du championnat par l'AS Béziers qui, grâce à une génération de joueurs exceptionnelle et un entraîneur en avance sur son temps, Raoul Barrière, remporte 10 titres de champion[Note 4]. La domination de l'AS Béziers est telle qu'en 1972 sept Biterrois font partie de l'équipe de France qui affronte l'Irlande à Colombes : les avants Armand Vaquerin, Alain Estève, Olivier Saïsset, Jean-Louis Martin et Yvan Buonomo, le demi de mêlée Richard Astre et l'ailier Jack Cantoni. En 1977, l'AS Béziers compte douze joueurs internationaux en activité. Cette année-là, les Biterrois Alain Paco et Michel Palmié remportent le bouclier de Brennus, après avoir réussi le Grand Chelem avec l'équipe de France. Armand Vaquerin avec 10 Boucliers de Brennus, Jean-Louis Martin avec 9, Alain Estève et Michel Palmié avec 8, font partie d'une génération qui accumule les titres.

Le Stade toulousain met fin à la suprématie des Biterrois en remportant le bouclier de Brennus en 1985 pour la première fois depuis 1947, et redevient le club phare du rugby français avec quatre titres remportés de 1985 à 1994 inclus (il en gagne cinq autres ensuite de 1995 à 2001)[Note 5]. Plusieurs joueurs cumulent six ou sept titres de champion de France, dont Hugues Miorin, Jérôme Cazalbou, Claude Portolan, Franck Belot et Christian Califano.

Le SU Agen présente également un bon bilan avec trois titres de champion en 1976, 1982 et 1988, ainsi que trois places de finaliste en 1984,1986 et 1990.

Le RC Toulon présente aussi un bon bilan pendant cette période avec deux titres de champion, remportés en 1987 et 1992, et trois places de finaliste en 1971, 1985 et 1989.

L’internationalisation croissante du rugby dans les années 1980 affecte le déroulement du championnat, notamment la création en 1987 de la Coupe du monde de rugby à XV, qui se déroule tous les quatre ans. Les clubs qui possèdent des joueurs internationaux en activité doivent en effet les mettre à disposition de l'équipe de France pendant le déroulement de la compétition, soit pendant plus d'un mois. La programmation des matchs est aménagée, mais les clubs qui possèdent le plus grand nombre de joueurs internationaux sont tout de même pénalisés par rapport aux autres clubs (indisponibilités dues à la fatigue, aux blessures etc.).

Depuis 1995 : l’avènement du professionnalisme[modifier | modifier le code]

Logo de la compétition de 2005 à 2008
Logo de la compétition de 2008 à 2012

Le championnat 1995-1996 voit le passage au professionnalisme[12]. Le rugby devient alors un métier pour environ 600 joueurs qui signent un contrat professionnel avec leurs clubs, et voit le début de la réduction du nombre de clubs évoluant dans l'élite. Le bon niveau du championnat de France, ainsi resserré, est démontré par les premières victoires du Stade toulousain et du CA Brive en Coupe d'Europe, respectivement en 1996 et 1997. La création de la Coupe d'Europe augmente toutefois le nombre de matchs que doivent disputer les clubs. Le championnat de France débute ainsi dès le mois d'août et se termine par la finale qui a lieu en général début juin.

La réduction des clubs de l'élite entamée en 1994 aboutit à une poule unique de seize clubs en 2003 (Top 16), puis à une poule unique de 14 clubs en 2005. Le championnat prend la dénomination de Top 14. Pour encourager le spectacle, un système de points de bonus est mis en place : 1 point de bonus défensif inscrit pour une défaite de 7 points d'écart ou moins et 1 point de bonus offensif pour 4 essais marqués. En 2007, le bonus offensif est modifié et est accordé à toute équipe qui inscrit 3 essais de plus que son adversaire.

Les années 1995-2008 voient une nette domination du championnat par trois clubs qui remportent les 13 titres de champion décernés après le passage au professionnalisme. Si le Stade toulousain remporte 4 titres consécutifs de 1994 à 1997, la fin des années 1990 voit le retour au premier plan du Stade français qui, sous l'impulsion de son président Max Guazzini, remporte le bouclier de Brennus en 1998 et met fin à l'hégémonie toulousaine. Quatre autres titres suivront jusqu’en 2007. Le club parisien partage cette suprématie du début des années 2000 avec le Biarritz olympique, vainqueur à deux reprises du championnat en 1935 et 1939, mais qui en remporte trois en 2002, 2005 et 2006. Le Stade toulousain reste néanmoins au premier plan en étant champion en 2001 et en remportant la Coupe d'Europe en 2003, 2005 et en 2010 (victoires obtenues lors de finales 100 % françaises contre l'USA Perpignan, le Stade français et le Biarritz olympique).

La programmation des matchs du championnat 2006-2007 est aménagée de façon à tenir compte du fait que les joueurs internationaux sont très sollicités avec, outre le Top 14, les matchs du Tournoi des six nations 2007, ceux de la Coupe d’Europe et la préparation de la coupe du monde 2007. Le championnat est interrompu pendant près de deux mois, entre le 27 janvier et le 23 mars 2007. La finale est remportée par le Stade français aux dépens de l'ASM Clermont Auvergne. Le championnat 2007-2008 est remporté par le Stade toulousain également aux dépens de l'ASM Clermont, les Toulousains gagnent ainsi un 17e titre de champion de France et Clermont échoue une nouvelle fois en finale.

Les joueurs de l'ASM Clermont Auvergne, champions de France 2010, paradent dans les rues de Clermont-Ferrand avec le Bouclier de Brennus

La saison suivante marque la fin de la domination des trois équipes des années 2000. Le championnat 2008-2009 est ainsi remporté par l'USA Perpignan, dominant l'ASM Clermont (22-13), qui perd là une dixième finale en autant de jouées, et la troisième consécutive. Le 29 mai 2010, l'ASM Clermont Auvergne remporte enfin son premier titre de champion de France à l'issue du championnat 2009-2010 en battant Perpignan (19-6), pour une revanche de la finale de l'édition précédente.

Le championnat 2010-2011 voit le Stade toulousain remporter à nouveau le titre, en battant le club de Montpellier, surprise de la saison, et qui parvient pour la première fois de son histoire à se hisser en finale. Il récidive lors du championnat 2011-2012 en battant le RC Toulon, lors d'un remake de la finale du championnat 1988-1989 sur le même score (18-12). Il s'agit pour le Stade toulousain de son 19e titre.

Lors de la saison suivante, la finale oppose le RC Toulon, qui vient de remporter la Coupe d'Europe face à Clermont, au Castres olympique, vainqueur des clermontois en demi-finale. Les Castrais s'imposent sur le score de 19 à 14. Les clubs de Toulon et Castres constituent également l'affiche de la finale de l'édition 2014, les Toulonnais réalisant le doublé championnat-Coupe d'Europe en s'imposant sur le score de 18 à 10.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Palmarès 1892-1914[modifier | modifier le code]

Palmarès depuis sa création en 1892 jusqu'à son interruption en 1914. Le score donne un lien vers l'article détaillé correspondant à l'édition du championnat.
Date Vainqueur Score Finaliste Lieu Spectateurs
20 mars 1892 Racing club de France 4 – 3[13],[Note 6] Stade français Paris Bagatelle, Paris 2 000
19 mai 1893 Stade français Paris 7-3 Racing club de France Bécon les Bruyères 1 200
18 mars 1894 Stade français Paris 18-0 Inter-Nos Bécon les Bruyères 1 500
17 mars 1895 Stade français Paris 16-0 Olympique Vélodrome, Courbevoie
5 avril 1896 Olympique 12-0 Stade français Paris Vélodrome, Courbevoie
1897 Stade français Paris [Note 7] Olympique
1898 Stade français Paris [Note 8] Racing club de France
30 avril 1899 Stade bordelais[Note 9] 5-3 Stade français Paris Stade Sainte-Germaine, Le Bouscat 3 000
22 avril 1900 Racing club de France 37-3 Stade bordelais Levallois-Perret 1 500
31 mars 1901 Stade français Paris 0-3[Note 10] Stade bordelais Stade Sainte-Germaine, Le Bouscat
23 mars 1902 Racing club de France 6-0 Stade bordelais Parc des Princes, Paris 1 000
26 avril 1903 Stade français Paris 16-8 SOE Toulouse Prairie des Filtres, Toulouse 5 000
27 mars 1904 Stade bordelais 3-0 Stade français Paris La Faisanderie, Saint-Cloud 2 000
16 avril 1905 Stade bordelais 12-3 Stade français Paris Stade Sainte-Germaine, Le Bouscat 6 000
8 avril 1906 Stade bordelais 9-0 Stade français Paris Parc des Princes, Paris 4 000
24 mars 1907 Stade bordelais 14-3 Stade français Paris Stade Sainte-Germaine, Le Bouscat 12 000
5 avril 1908 Stade français Paris 16-3 Stade bordelais Stade Yves-du-Manoir, Colombes 10 000
4 avril 1909 Stade bordelais 17-0 Stade toulousain Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 15 000
17 avril 1910 FC Lyon 13-8 Stade bordelais Parc des Princes, Paris 8 000
8 avril 1911 Stade bordelais 14-0 SCUF Stade Sainte-Germaine, Le Bouscat 12 000
31 mars 1912 Stade toulousain 8-6 Racing club de France Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 15 000
20 avril 1913 Aviron bayonnais 31-8 SCUF Stade Yves-du-Manoir, Colombes 20 000
3 mai 1914 USA Perpignan 8-7 Stadoceste tarbais Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 15 000

Palmarès 1920-1939[modifier | modifier le code]

Palmarès depuis 1920 jusqu'à son interruption en 1939. Le score donne un lien vers l'article détaillé correspondant à l'édition du championnat.
Date Vainqueur Score Finaliste Lieu Spectateurs
25 avril 1920 Stadoceste tarbais 8-3 Racing club de France Stade Sainte-Germaine, Le Bouscat 20 000
17 avril 1921 USA Perpignan 5-0 Stade toulousain Parc des Sports de Sauclières, Béziers 20 000
23 avril 1922 Stade toulousain 6-0 Aviron bayonnais Stade Sainte-Germaine, Le Bouscat 20 000
13 mai 1923 Stade toulousain 3-0 Aviron bayonnais Stade Yves-du-Manoir, Colombes 15 000
27 avril 1924 Stade toulousain 3-0 USA Perpignan Parc Lescure, Bordeaux 20 000
3 mai 1925 USA Perpignan 5-0[Note 11] US Carcassonne Parc Maraussan, Narbonne 20 000
2 mai 1926 Stade toulousain 11-0 USA Perpignan Parc Lescure, Bordeaux 25 000
29 mai 1927 Stade toulousain 19-9 Stade français Paris Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 20 000
6 mai 1928 Section paloise 6-4 US Quillan Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 20 000
19 mai 1929 US Quillan 11-8 FC Lézignan Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 20 000
18 mai 1930 SU Agen 4-0 AP US Quillan Parc Lescure, Bordeaux 28 000
10 mai 1931 RC Toulon 6-3 Lyon OU Parc Lescure, Bordeaux 10 000
5 mai 1932 Lyon OU 9-3 RC Narbonne Parc Lescure, Bordeaux 13 000
7 mai 1933 Lyon OU 10-3 RC Narbonne Parc Lescure, Bordeaux 15 000
13 mai 1934 Aviron bayonnais 13-8 Biarritz olympique Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 18 000
12 mai 1935 Biarritz olympique 3-0 USA Perpignan Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 23 000
10 mai 1936 RC Narbonne 6-3 AS Montferrand Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 25 000
2 mai 1937 CS Vienne 13-7 AS Montferrand Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 17 000
8 mai 1938 USA Perpignan 11-6 Biarritz olympique Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 24 600
30 avril 1939 Biarritz olympique 6-0 AP USA Perpignan Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 23 000

Palmarès 1943-1970[modifier | modifier le code]

Palmarès depuis 1943 jusqu'à 1970. Le score donne un lien vers l'article détaillé correspondant à l'édition du championnat.
Date Vainqueur Score Finaliste Lieu Spectateurs
21 mars 1943 Aviron bayonnais 3-0 SU Agen Parc des Princes, Paris 28 000
26 mars 1944 USA Perpignan 20-5 Aviron bayonnais Parc des Princes, Paris 35 000
7 avril 1945 SU Agen 7-3 FC Lourdes Parc des Princes, Paris 30 000
24 mars 1946 Section paloise 11-0 FC Lourdes Parc des Princes, Paris 30 000
13 avril 1947 Stade toulousain 10-3 SU Agen Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 25 000
18 avril 1948 FC Lourdes 11-3 RC Toulon Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 29 753
22 mai 1949 Castres olympique 14-3[Note 12] Stade montois Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 23 000
16 avril 1950 Castres olympique 11-8 Racing club de France Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 25 000
20 mai 1951 US Carmaux 14-12 AP Stadoceste tarbais Stadium Municipal, Toulouse 39 450
4 mai 1952 FC Lourdes 20-11 USA Perpignan Stadium Municipal, Toulouse 32 500
17 mai 1953 FC Lourdes 21-16 Stade montois Stadium Municipal, Toulouse 32 500
23 mai 1954 FC Grenoble 5-3 US Cognac Stadium Municipal, Toulouse 34 230
22 mai 1955 USA Perpignan 11-6 FC Lourdes Parc Lescure, Bordeaux 39 764
3 juin 1956 FC Lourdes 20-0 US Dax Stadium Municipal, Toulouse 38 426
26 mai 1957 FC Lourdes 16-13 Racing club de France Stade de Gerland, Lyon 30 000
18 mai 1958 FC Lourdes 25-8 SC Mazamet Stadium Municipal, Toulouse 37 164
24 mai 1959 Racing club de France 8-3 Stade montois Parc Lescure, Bordeaux 31 098
22 mai 1960 FC Lourdes 14 – 11 AS Béziers Stadium Municipal, Toulouse 37 200
28 mai 1961 AS Béziers 6-3 US Dax Stade de Gerland, Lyon 35 000
27 mai 1962 SU Agen 14-11 AS Béziers Stadium Municipal, Toulouse 37 705
2 juin 1963 Stade montois 9-6 US Dax Parc Lescure, Bordeaux 39 000
24 mai 1964 Section paloise 14-0 AS Béziers Stadium Municipal, Toulouse 27 797
23 mai 1965 SU Agen 15-8 CA Brive Stade de Gerland, Lyon 28 758
22 mai 1966 SU Agen 9-8 US Dax Stadium Municipal, Toulouse 28 803
28 mai 1967 US Montauban 11-3 CA Bègles Parc Lescure, Bordeaux 32 115
16 juin 1968 FC Lourdes 9-9 AP[Note 13] RC Toulon Stadium Municipal, Toulouse 28 526
18 mai 1969 CA Bègles 11-9 Stade toulousain Stade de Gerland, Lyon 22 191
17 mai 1970 La Voulte sportif 3-0 AS Montferrand Stadium Municipal, Toulouse 35 000

Palmarès depuis 1971[modifier | modifier le code]

Finales depuis 1971. Le score donne un lien vers l'article détaillé correspondant à l'édition du championnat.
Date Vainqueur Score Finaliste Lieu Spectateurs
16 mai 1971 AS Béziers 15 – 9 ap RC Toulon Parc Lescure, Bordeaux 27 737
21 mai 1972 AS Béziers 9 – 0 CA Brive Stade de Gerland, Lyon 31 161
20 mai 1973 Stadoceste tarbais 18 – 12 US Dax Stadium Municipal, Toulouse 26 952
12 mai 1974 AS Béziers 16 – 14 RC Narbonne Parc des Princes, Paris 40 609
18 mai 1975 AS Béziers 13 – 12 CA Brive Parc des Princes, Paris 39 991
23 mai 1976 SU Agen 13 – 10 ap AS Béziers Parc des Princes, Paris 40 300
29 mai 1977 AS Béziers 12 – 4 USA Perpignan Parc des Princes, Paris 41 821
28 mai 1978 AS Béziers 31 – 9 AS Montferrand Parc des Princes, Paris 42 004
27 mai 1979 RC Narbonne 10 – 0 Stade bagnérais Parc des Princes, Paris 41 981
25 mai 1980 AS Béziers 10 – 6 Stade toulousain Parc des Princes, Paris 43 350
23 mai 1981 AS Béziers 22 – 13 Stade bagnérais Parc des Princes, Paris 44 106
29 mai 1982 SU Agen 18 – 9 Aviron bayonnais Parc des Princes, Paris 41 165
28 mai 1983 AS Béziers 14 – 6 Nice UR Parc des Princes, Paris 43 100
26 mai 1984 AS Béziers 21 – 21 ap[Note 14] SU Agen Parc des Princes, Paris 44 076
25 mai 1985 Stade toulousain 36 – 22 ap RC Toulon Parc des Princes, Paris 37 000
24 mai 1986 Stade toulousain 16 – 6 SU Agen Parc des Princes, Paris 45 145
22 mai 1987 RC Toulon 15 – 12 Racing club de France Parc des Princes, Paris 49 130
28 mai 1988 SU Agen 9 – 3 Stadoceste tarbais Parc des Princes, Paris 49 370
27 mai 1989 Stade toulousain 18 – 12 RC Toulon Parc des Princes, Paris 49 370
26 mai 1990 Racing club de France 22 – 12 ap SU Agen Parc des Princes, Paris 45 069
1er juin 1991 CA Bègles-Bordeaux 19 – 10 Stade toulousain Parc des Princes, Paris 49 370
6 juin 1992 RC Toulon 19 – 14 Biarritz olympique Parc des Princes, Paris 49 370
5 juin 1993 Castres olympique 14 – 11 FC Grenoble Parc des Princes, Paris 49 061
28 mai 1994 Stade toulousain 22 – 16 AS Montferrand Parc des Princes, Paris 48 000
6 mai 1995 Stade toulousain 31 – 16 Castres olympique Parc des Princes, Paris 48 615
1er juin 1996 Stade toulousain 20 – 13 CA Brive Parc des Princes, Paris 48 162
31 mai 1997 Stade toulousain 12 – 6 CS Bourgoin-Jallieu Parc des Princes, Paris 43 841
16 mai 1998 Stade français Paris 34 – 7 USA Perpignan Stade de France, Saint-Denis 78 000
29 mai 1999 Stade toulousain 15 – 11 AS Montferrand Stade de France, Saint-Denis 78 000
15 juillet 2000 Stade français Paris 28 – 23 US Colomiers Stade de France, Saint-Denis 45 000
9 juin 2001 Stade toulousain 34 – 22 AS Montferrand Stade de France, Saint-Denis 75 000
8 juin 2002 Biarritz olympique 25 – 22 ap SU Agen Stade de France, Saint-Denis 78 457
7 juin 2003 Stade français Paris 32 – 18 Stade toulousain Stade de France, Saint-Denis 75 000
26 juin 2004 Stade français Paris 38 – 20 USA Perpignan Stade de France, Saint-Denis 79 486
11 juin 2005 Biarritz olympique 37 – 34 ap[Note 15] Stade français Paris Stade de France, Saint-Denis 79 475
10 juin 2006 Biarritz olympique 40 – 13 Stade toulousain Stade de France, Saint-Denis 79 474
9 juin 2007 Stade français Paris 23 – 18 ASM Clermont Auvergne Stade de France, Saint-Denis 79 654
28 juin 2008 Stade toulousain 26 – 20 ASM Clermont Auvergne Stade de France, Saint-Denis 79 793
6 juin 2009 USA Perpignan 22 – 13 ASM Clermont Auvergne Stade de France, Saint-Denis 79 205
29 mai 2010 ASM Clermont Auvergne 19 – 6 USA Perpignan Stade de France, Saint-Denis 79 869
4 juin 2011 Stade toulousain 15 – 10 Montpellier HR Stade de France, Saint-Denis 77 000
9 juin 2012 Stade toulousain 18 – 12 RC Toulon Stade de France, Saint-Denis 79 612
1er juin 2013 Castres olympique 19 – 14 RC Toulon Stade de France, Saint-Denis 80 033
31 mai 2014 RC Toulon 18 – 10 Castres olympique Stade de France, Saint-Denis 80 174

Bilans[modifier | modifier le code]

Clubs[modifier | modifier le code]

Treize clubs ont gagné au moins trois fois le championnat, le Stade toulousain est en tête du bilan avec 19 titres dont cinq remportés de 1922 à 1927 inclus et quatre autres remportés de 1994 à 1997 inclus. Le Stade français est deuxième du bilan avec 13 titres dont 8 acquis avant 1910 et 5 depuis 1998. Il est le seul club à avoir été sacré Champion de France sur trois siècles, soit au XIXe, au XXe, puis au XXIe siècle. Suit l'AS Béziers avec 11 titres dont 10 acquis en quatorze ans (1971 à 1984 inclus). Le SU Agen a remporté 8 titres de champion de France de 1930 à 1988. Le FC Lourdes a également dominé le championnat de France durant les années 1948-1968, avec huit titres remportés, dont 6 titres de 1952 à 1960. Le SBUC a gagné 7 titres, durant les années 1899-1911, tout comme l'USA Perpignan.

Aucun club n'a été champion cinq fois de suite. Le record est de quatre titres consécutifs par le SBUC de 1904 à 1907 et le Stade toulousain de 1994 à 1997. Seuls trois clubs ont réussi le triplé : le Stade français en 1893-1894-1895, le Stade toulousain en 1922-1923-1924 et le FC Lourdes en 1956-1957-1958. Enfin, sept clubs ont réussi le doublé lorsque le rugby était encore amateur : le Stade toulousain en 1926-1927 et en 1985-1986 ; le Stade français en 1897-1898 ; le FC Lourdes en 1952-1953 ; l'AS Béziers à cinq reprises : 1971-1972, 1974-1975, 1977-1978, 1980-1981 et 1983-1984 ; le SU Agen en 1965-1966 ; le Castres olympique en 1949-1950 ; le Lyon OU en 1932-1933. Depuis l'avènement du rugby professionnel avec la création de la Ligue Nationale de Rugby en 1998, seuls trois clubs ont réussi à conserver leur titre et donc réaliser ce doublé : le Stade français en 2003-2004, le Biarritz olympique en 2005-2006 et le Stade toulousain en 2011-2012.

L'ASM Clermont Auvergne détient un triste record : dix fois finaliste malheureux (1936, 1937, 1970, 1978, 1994, 1999, 2001, 2007, 2008, 2009) avant de remporter un premier titre en 2010.

Palmarès des clubs
Club Titre(s) Premier(s) - Dernier(s) Finale(s) perdue(s) Première(s) - Dernière(s) Division actuelle
Stade toulousain 19 1912-2012 7 1909-2006 Top 14
Stade français Paris 13 1893-2007 8 1892-2005 Top 14
AS Béziers 11 1961-1984 4 1960-1976 Pro D2
Union Bordeaux Bègles 9 1899-1991 6 1900-1967 Top 14
SU Agen 8 1930-1988 6 1943-2002 Pro D2
FC Lourdes 8 1948-1968 3 1945-1955 Fédérale 1
USA Perpignan 7 1914-2009 9 1924-2010 Pro D2
Racing CF 5 1892-1990 6 1893-1987 Top 14
Biarritz olympique 5 1935-2006 3 1934-1992 Pro D2
RC Toulon 4 1931-2014 7 1948-2013 Top 14
Castres olympique 4 1949-2013 2 1995-2014 Top 14
Aviron bayonnais 3 1913-1943 4 1922-1982 Top 14
Section paloise 3 1928-1964 0 - Pro D2
Stadoceste tarbais 2 1920-1973 3 1914-1988 Pro D2
RC Narbonne 2 1936-1979 3 1932-1974 Pro D2
Lyon OU 2 1932-1933 1 1931 Top 14
ASM Clermont Auvergne 1 2010 10 1936-2009 Top 14
Stade montois 1 1963 3 1949-1959 Pro D2
US Quillan 1 1929 2 1928-1930 Fédérale 2
Olympique de Pantin 1 1896 1 1895 -
FC Grenoble 1 1954 1 1993 Top 14
CS Vienne 1 1937 0 - Fédérale 1
La Voulte sportif 1 1970 0 - Fédérale 2
US Montauban 1 1967 0 - Pro D2
US Carmaux 1 1951 0 - Fédérale 3
FC Lyon 1 1910 0 - -
US Dax 0 - 5 1956-1973 Pro D2
CA Brive 0 - 4 1965-1996 Top 14
Stade bagnérais 0 - 2 1979-1981 Fédérale 2
SCUF 0 - 2 1911-1913 Honneur
US Carcassonne 0 - 1 1925 Pro D2
FC Lézignan 0 - 1 1929 Elite 1 (Rugby à XIII)
US Cognac 0 - 1 1954 Fédérale 1
SC Mazamet 0 - 1 1958 Fédérale 2
Nice UR 0 - 1 1983 Fédérale 1
CS Bourgoin-Jallieu 0 - 1 1997 Pro D2
US Colomiers 0 - 1 2000 Pro D2
Montpellier HR 0 - 1 2011 Top 14

Depuis 1995[modifier | modifier le code]

Depuis la saison 1995-1996, vingt-huit clubs ont disputé au moins trois saisons dans l'élite. Toutefois, lors de des treize premières saisons, seuls trois clubs ont conquis le Bouclier de Brennus : le Stade français cinq fois, le Stade toulousain cinq fois également et le Biarritz olympique trois fois. Perpignan met fin à cette hégémonie en 2009. L'US Oyonnax remonte en première division pour la première fois depuis 1976.

L'ASM Clermont Auvergne aura quant à elle échoué cinq fois en finale dans ce laps de temps, avant d'atteindre le bouclier de Brennus en 2010.

Clubs ayant disputé le plus grand nombre de saisons dans l'élite depuis 1995-1996.
Clubs Saisons Demi-finales Première saison Dernière saison
Stade toulousain 19 18 1995-1996 en cours
ASM Clermont 19 11 1995-1996 en cours
USA Perpignan 19 6 1995-1996 2013-2014
Castres olympique 19 4 1995-1996 en cours
Biarritz olympique 18 6 1996-1997 2013-2014
Stade français Paris 17 9 1997-1998 en cours
SU Agen 16 3 1995-1996 2012-2013
CS Bourgoin-Jallieu 15 4 1995-1996 2010-2011
CA Brive 14 1 1995-1996 en cours
Aviron bayonnais 12 0 1995-1996 en cours
RC Narbonne 12 0 1995-1996 2006-2007
Union Bordeaux Bègles 12 0 1995-1996 en cours
RC Toulon 11 4 1995-1996 en cours
Montpellier HR 11 2 1995-1996 en cours
Section paloise 11 2 1995-1996 2005-2006
FC Grenoble 11 1 1995-1996 en cours
US Colomiers 9 2 1995-1996 2003-2004
US Dax 9 1 1995-1996 2008-2009
Racing Métro 92 8 2 1995-1996 en cours
AS Béziers 8 0 1996-1997 2004-2005
US Montauban 8 0 1999-2000 2009-2010
Stade rochelais 7 0 1997-1998 en cours
Stade montois 6 0 1999-2000 2008-2009
FC Auch 5 0 1998-1999 2007-2008
RC Nîmes 4 0 1995-1996 1999-2000
CA Périgueux 4 0 1996-1997 2000-2001
Stade aurillacois 3 0 1998-1999 2000-2001
Nice UR 3 0 1995-1996 1998-1999
SC Albi 3 0 2006-2007 2009-2010

Régions[modifier | modifier le code]

Le rugby est en France le deuxième sport collectif le plus populaire, même si dans certaines régions il joue à jeu égal avec le football. Les régions du sud-ouest sont celles où ce sport est le plus pratiqué et suivi, tandis qu'au nord de l'hexagone il est beaucoup moins populaire. Hormis en Île-de-France, il n'y a aucun club de la moitié nord de la France ayant un statut professionnel en 2011/2012. Depuis l'arrivée du professionnalisme dans le monde du rugby (1995-1996), la majorité des nations majeures dans ce sport ont choisi de regrouper les clubs en provinces franchisées, afin de ramener plus d'argent. En France, les clubs sont très populaires et font partie du patrimoine culturel ; la France est aujourd'hui la seule nation avec l'Angleterre à avoir gardé son système de promotion/relégation dans le championnat d'élite. Voici le palmarès du championnat de France, recensé par région :

Palmarès par région
Région Titre(s) Clubs Finale(s) perdue(s) Clubs
Midi-Pyrénées 35 Stade toulousain (19) ; FC Lourdes (8) ; Castres olympique (4) ; Tarbes PR (2) ;
US Montauban (1) ; US Carmaux (1)
18 Stade toulousain (7) ; FC Lourdes (3) ; Tarbes PR (3) ; Stade bagnérais (2) ;
Castres olympique (1) ; SC Mazamet (1) ; US Colomiers (1)
Aquitaine 29 SU Agen (8) ; Stade bordelais (7) ; Biarritz olympique (5) ; Aviron bayonnais (3) ;
Section paloise (3) ; CA Bordeaux-Bègles (2) ; Stade montois (1)
27 SU Agen (6); Stade bordelais (5) ; US Dax (5) ; Aviron bayonnais (4) ;
Biarritz olympique (3) ; Stade montois (3) ; CA Bordeaux-Bègles (1)
Languedoc-Roussillon 21 AS Béziers (11); USA Perpignan (7); RC Narbonne (2); US Quillan (1) 21 USA Perpignan (9) ; AS Béziers (4) ; RC Narbonne (3) ; US Quillan (2) ;
US Carcassonne (1) ; FC Lézignan (1); Montpellier HR (1)
Île-de-France 19 Stade français (13) ; Racing Métro 92 (5) ; Olympique (1) 18 Stade français (8); Racing Métro 92 (6) ; SCUF (2) ; Olympique (2)
Rhône-Alpes 6 Lyon OU (2) ; FC Grenoble (1) ; CS Vienne (1) ; La Voulte sportif (1) ; FC Lyon (1) 3 Lyon OU (1) ; FC Grenoble (1) ; CS Bourgoin-Jallieu (1)
Provence-Alpes-Côte d'Azur 4 RC Toulon (4) 7 RC Toulon (6); Nice UR (1)
Auvergne 1 ASM Clermont Auvergne (1) 10 ASM Clermont (10)
Limousin 0 4 CA Brive (4)
Poitou-Charentes 0 1 US Cognac (1)

Certains grands clubs n'ont jamais remporté le championnat de France comme le CS Bourgoin-Jallieu, le Stade rochelais, l'US Dax, le FC Auch, le Stade bagnérais, l'US Colomiers, le CA Brive, l'US Carcassonne, le Stade aurillacois, le SC Mazamet, l'US Bressane, l'US Cognac, le Nice UR ou l'US Oyonnax.

Joueurs[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant donne la liste des joueurs qui ont remporté le plus souvent le titre de champion de France, et à titre indicatif les honneurs de vice-champion. Les quatre premières places sont prises par des joueurs de l'AS Béziers et les neuf premiers appartiennent à trois clubs seulement : l'AS Béziers, le Stade toulousain et le FC Lourdes. S'ajoutent ensuite le Stade français et le Stade bordelais.

Joueur Nationalité Champion Vice-champion
Armand Vaquerin Drapeau de la France France 10 1
Jean-Louis Martin Drapeau de la France France 9 -
Alain Estève Drapeau de la France France 8 1
Michel Palmié Drapeau de la France France 8 1
Antoine Labazuy Drapeau de la France France 7 1
Jack Cantoni Drapeau de la France France 7 1
Hugues Miorin Drapeau de la France France 7 1
Jérôme Cazalbou Drapeau de la France France 7 1
Louis Dedet Drapeau de la France France 6 5
Marcel Laffitte Drapeau de la France France 6 5
Marc Giacardy Drapeau de la France France 6 4
Jean Prat Drapeau de la France France 6 3
Auguste Giroux Drapeau de la France France 6 2
Maurice Bruneau Drapeau de la France France 6 2
Paulo Paranhos Drapeau du Brésil Brésil 6 2
Thomas Mantérola Drapeau de la France France 6 1
Maurice Prat Drapeau de la France France 6 1
Louis Guinle Drapeau de la France France 6 1
Roger Martine Drapeau de la France France 6 1
Richard Astre Drapeau de la France France 6 1
Joueur Nationalité Champion Vice-champion
Henri Cabrol Drapeau de la France France 6 1
Olivier Saïsset Drapeau de la France France 6 1
René Séguier Drapeau de la France France 6 1
Georges Senal Drapeau de la France France 6 1
Alain Paco Drapeau de la France France 6 1
Claude Portolan Drapeau de la France France 6 1
Michel Fabre Drapeau de la France France 6 -
Franck Belot Drapeau de la France France 6 -
Christian Califano Drapeau de la France France 6 -
Stéphane Ougier Drapeau de la France France 6 -
François Borde Drapeau de la France France 5+1 2
Pascal Laporte Drapeau de la France France 5 3
Hélier Thil Drapeau de la France France 5 3
Albert Cigagna Drapeau de la France France 5 2
François Labazuy Drapeau de la France France 5 1
Christophe Dominici Drapeau de la France France 5 1
David Auradou Drapeau de la France France 5 1
André Laffont Drapeau de la France France 5 1
Pieter de Villiers Drapeau de la France France et Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 5 1
Yvan Buonomo Drapeau de la France France 5 -
Pierre Lacans Drapeau de la France France 5 -
Gabriel Serres Drapeau de la France France 5 -
Thierry Dusautoir Drapeau de la France France 5 -

Trois joueurs ont remporté le championnat avec trois clubs différents : Marcel Baillette, Arnaud Marquesuzaa et Maxime Mermoz.

De nombreux joueurs ont remporté le titre avec deux clubs différents (liste ouverte) : Jean-Guy Gautier, Alexandre Pharamond, Adolphe Jauréguy (et finaliste avec 2 autres clubs), François Borde, Jean Larrieu, Albert Cazenave, Eugène Ribère, Jean Matheu-Cambas, André Abadie, Michel Crauste, François Moncla, Didier Codorniou, Geoffrey Abadie, Vincent Moscato, Serge Simon, Philippe Gimbert, Olivier Roumat, Jérôme Fillol, Benoît August, Jacques Sagols, Marc Lièvremont, Thierry Dusautoir, Olivier Olibeau, David Skrela, Yohan Montès, Census Johnston, Nicolas Jeanjean, Shaun Sowerby, Lionel Beauxis, Frédéric Michalak, Benjamin Noirot, Seremaia Baï.

Beaucoup de grands joueurs n'ont jamais été champions de France (liste ouverte) : Jean-Pierre Romeu, Francis Haget, Serge Blanco, Philippe Saint-André, Jean-Marc Lhermet, Jean-Pierre Rives, Pierre Albaladejo, Pascal Ondarts, Pierre Dospital, Jean-Luc Sadourny, Patrice Lagisquet, Olivier Magne, Richard Dourthe, Olivier Milloud, Pierre Mignoni, Gonzalo Quesada.

Organisation du championnat[modifier | modifier le code]

La formule retenue pour la désignation du champion de France de rugby à XV et le nombre de clubs qui participent à la compétition ont changé à de très nombreuses reprises. Quel que soit le nombre de clubs participants, le championnat se déroule depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en deux temps :

  • une phase de qualification, regroupant les groupes au sein de poules, en général géographiques ; il y eut certaines années une deuxième phase de poules intégrant les meilleurs de la première phase ; puis
  • une phase finale avec des matchs à élimination directe à chaque tour.

Évolution de la formule : époque amateur[modifier | modifier le code]

Entre 1892 et 1898, seuls quelques clubs parisiens s’affrontent entre eux. Mais l’ouverture du championnat aux clubs de province en 1899 nécessite la mise en place d’un mode de sélection pour les phases finales à peu près objectif. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, les participants sont donc issus de championnats régionaux (entre trois et dix-sept suivant les années) et disputent des phases finales à élimination directe. Après 1919, le championnat devient réellement national, avec des poules géographiques, dont les vainqueurs disputaient une deuxième phase de poule, avant des phases finales. Le nombre de clubs varie alors en général entre 40 et 54.

Interrompu entre 1939 et 1942, le championnat reprend pendant l’Occupation et cherche sa formule idéale. Signe des tâtonnements et des incertitudes liées au contexte, la saison 1942-1943 comprend 95 clubs, celle de 1943-1944 96, et celle de 1944-1945… 126 ! La stabilisation apportée par la fin du conflit permet de repartir sur des bases plus solides. La saison 1946-1947 comprend trois phases qualificatives successives avec 64 clubs, puis 32 clubs, et enfin 16 clubs qualifiés pour les huitièmes de finale

Entre 1947-1948 et 1991-1992, une phase qualificative permet de retenir 32 équipes pour disputer des seizièmes de finale ou 16 équipes pour disputer des huitièmes de finale. On établissait un tableau des rencontres, qui était fonction du classement des équipes pendant la phase de qualification (le premier classé rencontrant le dernier qualifié, le 2e l’avant dernier etc.) et la qualification pour les tours suivants se faisait en général sur un seul match.

La compétition est disputée par un nombre d’équipes qui est successivement de 40 (1947-1948 à 1950-1951), 64 (1951-1952 et 1952-1953), 48 (1953-1954 à 1958-1959), 56 (1959-1960 à 1966-1967), 64 (1967-1968 à 1974-1975), 80 (1975-1976 à 1978-1979) et 40 (1979-1980 à 1986-1987).

évolution du nombre de clubs disputant les phases qualificatives et finales entre 1947 et 2007

De la saison 1959-1960 à la saison 1966-1967 la première division se compose de 56 clubs répartis en 7 poules de 8 clubs. Les clubs classés aux quatre premières places et les quatre meilleurs 5e se rencontrent pour les seizièmes de finale du championnat de France.
De la saison 1967-1968 à la saison 1974-1975, le championnat passe à 64 clubs répartis en 8 poules de 8 clubs. Les clubs classés aux quatre premières places de chaque sont qualifiés pour les seizièmes de finale du championnat de France.

Une innovation des plus originales se produit à l’occasion de la saison 1973-1974. Les 64 clubs sont répartis à part égale entre deux groupes : le Groupe A, regroupant les 32 meilleurs de la saison précédente, et le Groupe B, regroupant les 32 suivants. Le Groupe A qualifie 24 clubs pour la phase finale, et le Groupe B 8, de sorte que des clubs classés a priori dans une division inférieure peuvent se qualifier pour les phases finales de la division supérieure et donc, en théorie, remporter le championnat de France. Cette invention avait pour bénéfice (essentiellement politique pour le président de la Fédération, qui était élu par les présidents de clubs) de maintenir l’illusion d’une première division élargie et donc de satisfaire un plus grand nombre de clubs.

Abandonné la saison suivante, le système est rétabli lors de la saison 1975-1976 avec 80 clubs (40 dans chaque groupe), et qualifiait 25 clubs du Groupe A et 7 du Groupe B. La formule fut maintenue peu ou prou jusqu’en 1978-1979.

À partir de la saison suivante, les 40 clubs du Groupe B disputent un championnat à part et n’ont plus la possibilité de se qualifier pour les phases finales du Groupe A. Dès lors, le Groupe A est organisé en 4 poules de 10 clubs, dont les huit premiers se qualifient pour les seizièmes de finale (5 poules de huit en 1983-1984).

La formule change sensiblement pour le championnat 1987-1988 avec 80 clubs groupés en seize poules de cinq. Les deux premiers de chaque poule, soit 32 clubs, participent ensuite à une deuxième phase de qualification (appelée Groupe A) comprenant quatre poules de huit dont les quatre premiers (soit seize clubs) participent à des huitièmes de finale disputés par matchs aller et retour. Les tours suivants sont disputés par élimination directe sur un match. Cette formule n'est conservée que jusqu'à la saison 1989-1990.
La saison 1990-91 introduit une formule éphémère avec 80 clubs répartis en vingt poules de quatre dont sortent 40 clubs répartis dans cinq poules de huit.
L'organisation de la saison 1991-1992 n'est elle aussi conservée qu'une saison avec deux groupes de quarante clubs qui qualifient trente deux clubs pour disputer des seizièmes de finale.

La saison 1992-1993 marque un changement important dans l'organisation du championnat, car elle se solde par une première réduction de l’élite, qui passe de 40 à 32 clubs répartis en quatre poules de 8. À l'issue d'une première phase qualificative, les équipes placées aux quatre premières places de chaque poule sont qualifiées pour disputer un Top 16 composé de quatre poules de quatre équipes. Les huit équipes classées aux deux premières places de chaque poule du Top 16 disputent des quarts de finale qui comme les tours suivants se font par élimination directe sur un match. Cette formule est conservée trois ans jusqu'à la saison 1994-1995.

Évolution de la formule : époque professionnelle[modifier | modifier le code]

L’avènement du professionnalisme dans le rugby à XV dans l’hémisphère sud et en Angleterre en 1995 atteignit rapidement la France. En janvier 1996, l’Union des Clubs est fondée pour défendre les intérêts des 40 clubs de première division (Groupes A et B puis A1 et A2). La Fédération française crée alors la Commission nationale de rugby d’élite (CNRE), chargée de la gestion administrative des clubs de l’élite. Elle préfigure la création d’une ligue professionnelle qui voit le jour en juillet 1998 sous le nom de Ligue nationale de rugby (LNR). Elle regroupe alors 16 clubs devenus « sociétés anonymes à objet sportif » (SAOS). Au lancement de la saison 2013-2014 en août 2013, il existe 30 clubs professionnels en France.

L’objectif des tenants du professionnalisme était de réduire le nombre de clubs d’élite afin de rendre la compétition attractive et lisible pour le public, en limitant les affrontements des meilleurs clubs avec des clubs nettement inférieurs et en concentrant les meilleurs joueurs dans un nombre restreint d’équipes afin d’élever le niveau du championnat. La création de la Coupe d’Europe et l’existence d’un championnat anglais limité à 12 clubs depuis 1987 furent d’autres éléments très incitatifs. Cette « révolution » ne se fait pas sans heurts.

Le championnat 1995-1996, qui se déroula pendant le passage au professionnalisme, se signale par une réduction du nombre de clubs, qui passe à vingt, groupés en deux poules de dix. Les quatre premières équipes de chaque poule sont qualifiées pour les huitièmes de finale, huit autres équipes sont qualifiées lors de matchs de barrage avec des équipes du groupe inférieur A2. Cette formule est conservée deux ans.

Le championnat 1997-1998 est disputé par vingt équipes réparties en deux poules de dix. Les quatre premiers de chaque poule disputent des quarts de finales par matchs aller et retour, puis chaque demi-finale se joue sur un seul match. Devant les critiques des présidents de clubs exclus de l’élite, le nombre de participants remonte à 24 (trois poules de huit) en 1998-99. Seize clubs sont retenus pour la phase suivante qui comprend 4 poules de quatre clubs, les huit meilleurs étant qualifiés pour disputer des quarts de finale.

La saison 1999-2000 est à nouveau disputée par 24 équipes réparties en deux poules de 12. Les deux premières équipes de chaque poule sont qualifiées pour les quarts de finale ainsi que quatre équipes issues de matchs de barrage. La suite de la compétition se fait par élimination directe.

L'élite commence vraiment à se resserrer en 2000-2001 avec 21 équipes réparties en deux poules (une de 10, une de 11 clubs). Les quatre premières équipes de chaque poule sont qualifiées pour disputer des quarts de finale, la compétition se poursuivant par élimination directe jusqu'à la finale. L'élite est à nouveau réduite en 2001-2002 avec la création du Top 16 qui comprend 16 clubs répartis en deux poules. Les quatre premiers clubs de chaque poule disputent ensuite des play-offs, deux poules de quatre dont les deux premiers sont qualifiés pour les demi-finales. Cette formule est conservée jusqu'à la saison 2003-2004.

Le championnat 2004-2005 réunit pour la première fois une poule unique de seize clubs, les quatre premières équipes sont qualifiées pour disputer les demi-finales. Le championnat prend le nom de Top 14 à partir de la saison 2005-2006, comme son nom l'indique, quatorze clubs disputent cette compétition. Les quatre premières équipes sont qualifiées pour les demi-finales. À noter que les deux premiers du Championnat ne disposent pas de l'avantage du terrain, les demi-finales se jouant sur terrain neutre, l'avantage de terminer à l'une des deux premières places est donc limité.

Cette formule est en vigueur jusqu'en 2009. À partir de la saison 2009-2010, les équipes classées aux deux premières places sont directement qualifiées pour les demi-finales. Les deux places restantes sont disputées par les équipes classées de la troisième à la sixième place au cours de deux matchs de barrage : l'équipe classée troisième reçoit l'équipe classée sixième alors que la quatrième reçoit la cinquième (avantage du terrain pour l'équipe la mieux classée). Mais les demi-finales se jouent toujours en terrain neutre.

Le nombre de clubs participant à la première division du championnat de France est donc resté élevé jusqu’en 1992 (40), avant de diminuer régulièrement jusqu'au nombre actuel de 14 clubs. Le nombre de clubs retenus pour participer à la phase finale du championnat a lui diminué de 32 (depuis les seizièmes de finale jusqu’à la finale) à 6 (barrages, demi-finales puis finale) depuis 1981.

Points au classement[modifier | modifier le code]

Une équipe marque quatre, deux ou zéro points au classement de la phase régulière du championnat, respectivement lorsqu'elle remporte, fait match nul ou perd un match. En outre des points de bonus, offensif et défensif, sont accordés à partir de la saison 2004-05 pour favoriser le jeu offensif et maintenir l'intérêt d'un match jusqu'à la fin de la rencontre.

Un point de bonus défensif est octroyé à toute équipe battue par un écart inférieur ou égal à cinq points.

À partir de la saison 2007-08, un point de bonus offensif est accordé à une équipe qui inscrit trois essais de plus que son adversaire, auparavant il suffisait de marquer au moins quatre essais dans un match[14]. Si bien que deux équipes ne peuvent plus marquer un point de bonus offensif dans le même match.

Arbitrage[modifier | modifier le code]

Dans le Top 14, chaque rencontre est gérée par une équipe de six arbitres : un arbitre de champ, deux juges-assistants (anciennement appelés juges de touche), deux arbitres chargés des remplacements (un par équipe), un arbitre vidéo (présent sur chaque match depuis la saison 2007-2008).

Les arbitres du championnat de France sont amateurs, à quatre exceptions près : Romain Poite, Jérôme Garcès, Pascal Gaüzère et Mathieu Raynal, lesquels sont professionnels et autorisés à arbitrer des test matchs entre équipes majeures du circuit international. Joël Jutge, ancien professionnel, a pris sa retraite pour raisons de santé en 2009. Éric Darrière fut également professionnel mais a préféré redevenir amateur et retrouver son métier de Conseiller Principal d'Éducation.

Qualification pour les épreuves européennes[modifier | modifier le code]

Le classement du championnat de France permet de déterminer les clubs qui sont admis à participer à la Coupe d'Europe de rugby à XV et au Challenge européen de rugby à XV. Les six ou sept clubs français les mieux classés au championnat de France participent à la Coupe d'Europe, les autres équipes de l’élite disputent le Challenge européen.

Le nombre de clubs français admis à participer à la Coupe d'Europe dépend de la prestation des clubs français lors des éditions antérieures de la coupe. Ainsi, sept clubs furent admis après la victoire du Stade toulousain lors de la Coupe d'Europe 2004-2005. Les clubs français ont un très bon bilan dans cette coupe d'Europe, avec 6 titres remportés dont 4 par le Stade toulousain. À quatre reprises la finale a opposé deux clubs français : Stade toulousain - USA Perpignan en 2003, Stade toulousain - Stade français en 2005, Stade toulousain - Biarritz olympique en 2010 et RC Toulon - ASM Clermont Auvergne en 2013.

Les clubs français se sont aussi bien comportés dans le Challenge européen, disputé pour la première fois en 1996-97, en remportant quatre fois consécutivement la compétition de 1997 à 2000. Tous les clubs du Top 14 non qualifiés pour la Coupe d’Europe sont automatiquement engagés en Challenge européen, y compris les promus.

Clubs de l'édition 2014-2015[modifier | modifier le code]

Racing Métro 92 Stade français Paris rugby ASM Clermont Auvergne Oyonnax Rugby
Stade olympique Yves-du-Manoir
Capacité: 14 000
Stade Jean-Bouin
Capacité : 20 000
Stade Marcel-Michelin
Capacité : 18 030
Stade Charles-Mathon
Capacité : 11 400
Stade Yves du Manoir Colombes7.jpg Tribune présidentielle nouveau stade Jean Boin Paris.JPG Stade M.Michelin.jpg USO-AB - 20131221 - Stade Charles-Mathon
Atlantique stade rochelais Lyon olympique universitaire
Stade Marcel-Deflandre
Capacité : 15 000
Matmut Stadium
Capacité : 11 805
Stade rochelais tribune.jpg
Club athlétique Brive Corrèze Limousin Football club de Grenoble rugby
Stade Amédée-Domenech
Capacité : 15 000
Stade des Alpes
Capacité : 20 068
Stade Amédée Domenech.JPG GF38-CLERMONT001.jpg
Union Bordeaux Bègles Rugby club toulonnais
Stade Chaban-Delmas
Capacité : 34 694
Stade Mayol
Capacité : 15 820
Stade Chaban-Delmas.jpg Stade Mayol.JPG
Aviron bayonnais rugby pro Stade toulousain Castres olympique Montpellier Hérault rugby
Stade Jean-Dauger
Capacité : 16 934
Stade Ernest-Wallon
Capacité : 19 500
Stade Pierre-Antoine
Capacité : 11 500
Stade Yves du Manoir
Capacité : 15 000
STA 0480.jpg Pelouse du Stade Ernest Wallon (cropped).jpg Stade Jean Pierre-Antoine (1).jpg Stade Yves du Manoir Colombes7.jpg

Couverture médiatique[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Philippe Guillard, journaliste pour Canal+, lors de la demi-finale Toulouse-Clermont de la saison 2008-2009

La première diffusion d'une finale du championnat de France à la télévision a eu lieu en 1957. Elle opposait le FC Lourdes au Racing club de France à Lyon. Ce n'était cependant pas la première fois qu'un match de rugby était retransmis à la télévision, car dans les années 1952-1953 la FFR avait passé un accord avec la Radiodiffusion Télévision Française pour la retransmission de matchs en direct dans la région parisienne. Il y avait cependant une condition: la retransmission ne devait pas être annoncée à l'avance afin de ne pas réduire le nombre de spectateurs se rendant au stade. La diffusion des matchs du Tournoi des Cinq Nations a débuté aussi en 1957.

Pendant de longues années, la diffusion des matchs du championnat a été réservée à l'ORTF, puis aux chaînes du service public, Antenne 2 en général, issues de l'ORTF. À cette époque, Pierre Sabbagh, mais surtout le duo Roger Couderc-Pierre Albaladejo contribuent largement à la popularisation du rugby à XV en France.

Pour des raisons de programmation, la finale du championnat est disputée en nocturne à partir de 1982. Toutefois, Antenne 2 ne retransmet que des rencontres des phases finales, jamais des matchs de la phase préliminaire. Cela change avec l’arrivée de la chaîne cryptée Canal+. Celle-ci acquiert les droits des matchs du championnat et commence à diffuser des rencontres des phases préliminaires. En outre, elle modernise considérablement les retransmissions en s’inspirant des recettes qu’elle appliquait avec succès au football : prise d’antenne bien avant le coup d’envoi pour présenter la rencontre en profondeur, reporter au bord du terrain et dans les vestiaires, recours aux statistiques etc. Le recours aux consultants devient systématique. De nombreux anciens joueurs sont intervenus ou interviennent actuellement comme consultants à Canal+ ou à France 2; suivant l'exemple de Pierre Albaladejo, Serge Blanco, Thierry Lacroix, Philippe Sella, Éric Bonneval, Jérôme Cazalbou, Philippe Bernat-Salles, Thomas Castaignède, Thomas Lombard, Raphaël Ibañez, Fabien Pelous, Marc Lièvremont occupent ou ont occupé ce poste de consultant.

Morgan Parra, en interview pour Canal+

Les matchs du Top 14 sont actuellement diffusés par Canal+ et la finale du Top 14 est codiffusée en crypté par Canal+ et en clair sur France 2 depuis 2007.

Le groupe Canal+ a conservé les droits de retransmission de 2007 à 2011 pour un coût d'un peu plus de 100 millions d'euros, soit entre 24 et 29 millions d'euros par saison[15]. Toutes les rencontres du Top 14 sont retransmises, soit 185 matches par saison, cela permet d'avoir recours à l'arbitrage vidéo lors de chaque rencontre. À partir de la saison 2011-2012, le contrat permet à la Ligue nationale de rugby de recevoir 31,7 millions d'euros annuels (dont 4,5 millions de part variable) de la part de Canal +. En décembre 2013, la Ligue dénonce le contrat qui la liait à Canal + jusqu'en 2015-2016 pour lancer un nouvel appel d'offre. Après un recours du groupe de télévision devant les tribunaux, les deux parties se mettent sur un accord permettant à Canal + d'obtenir les droits jusqu'en 2018-2019 pour un total 355 millions d'euros, soit environ 71 millions par saison[16].

à l'étranger[modifier | modifier le code]

Depuis plusieurs années de nombreuses chaînes étrangères ont manifesté leur intérêt pour diffuser les images du championnat français. Ainsi à partir de l'année 2007 le Top 14 a bénéficié d'une exposition importante dans une quarantaine de pays par l'intermédiaire des chaines British Eurosport au Royaume-Uni et Eurosport 2 dans le reste de l'Europe. Ce contrat avec Eurosport a été renouvelé jusqu'à la saison 2011[17]. La LNR semble désormais privilégier des droits négociés pays par pays, le Top 14 est par exemple diffusé sur les chaînes anglophones Premier Sports et Setanta Sports respectivement en Irlande et au Royaume-Uni, en Amérique du sud hispanophone les matchs sont diffusés sur ESPN Latin America, au Brésil c'est la chaîne BandSports qui détient les droits, la chaîne sportive brésilienne a même choisi de faire du Top 14 l'un de ses produits d'appel[18]. En Amérique du Nord, Le Top 14 est télévisé au Canada via la chaîne Sportsnet World.La chaîne Televisa Deportes Network détient les droits pour le Mexique et les pays d'Amérique centrale. En Nouvelle-Zélande, la compétition est visible sur The rugby chanel. Eurosport Asia, filiale du Groupe TF1, diffuse les droits en Asie du Sud-Est et en Australie. Enfin, la chaîne francophone TV5 Monde, troisième plus important réseau de télévisions mondial, a fait du Top 14 l'un de ses produits phares en termes de retransmissions sportives aux côtés de du Tour de France, de la Ligue 1, de Roland Garros et de la Coupe d'Afrique des nations.

Pays Chaînes
Drapeau de la France France Canal+
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni BT Premier Sports
Drapeau de l'Italie Italie Sportitalia
Drapeau de l'Irlande Irlande Setanta Sports
Drapeau de l'Australie Australie Eurosport
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande The Rugby Chanel
Drapeau de l’Argentine Argentine ESPN Latin America
Drapeau du Brésil Brésil Bandsports
Drapeau du Canada Canada Sportsnet
Drapeau du Mexique Mexique Televisa Deportes Network

Presse écrite[modifier | modifier le code]

Le rugby en général et le Top 14 en particulier sont couverts dans les colonnes du Midi olympique, journal bi-hebdomadaire français spécialisé dans le rugby et du quotidien L'Équipe, ainsi que dans les pages sports des quotidiens régionaux, notamment dans le Sud de la France.

Radio[modifier | modifier le code]

À la radio, le Top 14 est tout aussi largement couvert sur Sud Radio depuis la professionnalisation du rugby. Depuis que RMC s'est positionnée sur le sport avec "Info Talk Sport" en 2001, tous les matchs du Top 14 sont radiodiffusés en multiplex, de nombreuses émissions sont consacrées au rugby et de nombreux anciens joueurs tels que Vincent Moscato, Serge Simon et Bernard Laporte en sont des animateurs vedettes de la station. Pendant la saison 2008-2009, tous les matchs du Top 14 sont radiodiffusés en multiplex sur Europe 1 avec Fabien Galthié comme consultant, à noter qu'Europe 1 est le précurseur du rugby à la radio dès 1968 avec la doublette Roger Couderc-Pierre Albaladejo avant que ces derniers fassent de la télévision en 1975 sur Antenne 2.

Aspects financiers[modifier | modifier le code]

La LNR négocie et commercialise les droits de télévision et de partenariat du championnat de France de rugby Top 14 et Pro D2.

Sponsoring[modifier | modifier le code]

Les principaux partenaires officiels pour le Top 14 sont : Orange, Société générale, Canal+, PMU, GMF, Mercure, Les opticiens mutualistes, La Poste, L'Équipe et Midi olympique[19].

Budgets des clubs[modifier | modifier le code]

En 2009/2010, le budget moyen d'un club de l'élite est de 14,6 millions d'euros[20], il a été multiplié par cinq en huit ans mais il est trois fois inférieur à celui d'un club de football de Ligue 1. Dans ce domaine, le rugby est le deuxième sport en France, devant le basket-ball[21].

Le budget moyen des clubs du Top 14 devrait se rapprocher de celui des clubs de Ligue 1, mais un écart important devrait subsister car le football reste de loin le sport le plus populaire en France et à l'étranger, les droits télévisuels ont été revus à la hausse lors de l'appel d'offres en 2007 (+ 50 %) et des clubs comme le Stade toulousain (21 M€ de budget), Stade français (21 M€) et ASM Clermont (19 M€) commencent à concurrencer des clubs de football en termes de budget, de popularité et de capacité d'attraction de sponsors. L'organisation de l'édition 2007 de la coupe du monde de rugby en France a popularisé davantage le rugby à XV en dehors de ses régions traditionnelles d’implantation.

Certains clubs de Pro D2 construisent également des budgets de plus en plus impressionnants (comme Lyon) avec pour ambition de revenir rapidement dans l’élite et d’y jouer un rôle actif.

Salaires des joueurs[modifier | modifier le code]

En 2007, le salaire moyen d'un joueur de rugby du Top 14 est de 10 300 euros bruts par mois[22], soit quatre fois moins qu'un joueur de football de Ligue 1. Jonny Wilkinson est le joueur le mieux payé du Top 14 en 2009 avec un salaire annuel de près d'un million d'euros[23].

L’un des corollaires au professionnalisme est l’augmentation considérable du nombre de joueurs étrangers évoluant dans les clubs professionnels français. Certains critiques égratignent ce qu’ils voient comme une dérive des clubs, visant à assurer une rentabilité à court terme avec des joueurs directement utilisables et souvent moins chers, au détriment de la formation de jeunes joueurs français, et donc de l’Équipe de France, notamment à certains postes (piliers, demis d’ouverture, arrières).

À l'image du Salary Cap en championnat anglais, la LNR adopte à partir de la saison 2010/2011 un mécanisme de plafonnement de la masse salariale. Pour chaque club, la masse salariale des joueurs ne peut dépasser la masse salariale maximale de la saison précédente majorée de 10 %, avec un plafond fixé à 8,1 millions d'euros[24].

Popularité[modifier | modifier le code]

Désireux d’extirper le rugby de ses bastions traditionnels du sud pour en faire un sport vraiment national, le président du Stade français, Max Guazzini, joue la carte du spectacle et de la provocation pour faire parler de son club, pensant qu’il convient de traiter le rugby comme une entreprise de spectacle qui doit attirer un public nouveau, en particulier les jeunes et les femmes. Il organise plusieurs matchs du Top 14 au Stade de France, réussissant à attirer à plusieurs reprises plus de 80 000 spectateurs[25]. Ces matchs deviennent alors un numéro parmi d'autres numéros au cœur d'un spectacle avec Pom-pom girls, karaoké géant, cracheurs de feu etc. Avec ces initiatives, le rugby à XV entre non seulement dans l'ère du professionnalisme, mais dans celui du « sport-spectacle », ce qui n'est pas du goût de nombreux amateurs de rugby attachés aux valeurs de l'amateurisme que ce sport continue de revendiquer. Malgré le dynamisme offert au championnat, ses initiatives lui attirent autant de louanges que de critiques[Note 16].

Les clubs de Bourgoin-Jallieu, du Biarritz olympique, de l'Union Bordeaux Bègles, du Stade toulousain, du Lyon OU et du RC Toulon ont emboîté le pas au Stade français en organisant respectivement des rencontres du Top 14 au Stade Geoffroy-Guichard de Saint-Étienne, au stade d'Anoeta de Saint-Sébastien, au Stade Jacques Chaban-Delmas de Bordeaux, au Stade de Gerland de Lyon et au Stade Vélodrome de Marseille, soit dans des stades d'au moins 30 000 places.

Cette popularité se voit par les délocalisations à l'étranger : en 2011, pour un quart de finale de H-Cup opposant l'USAP au RC Toulon, le match fut joué à Barcelone, au stade olympique de Montjuic. Ce fut une réussite populaire et sportive, le stade étant complet, les 55 000 spectateurs ayant pu voir l'Usap s'imposer 29-25 et se qualifier pour les demi-finales de l'épreuve.

Le 26 mars 2011, le Racing Métro 92 reçoit le Stade toulousain au stade de France devant plus de 76 000 spectateurs[26]. Ses partenaires Natixis, GTM et Kappa s'engageant alors dans un même type de show « rugby spectacle » et la rencontre achevée, un feu d'artifice sur le modèle de ceux proposés par Max Guazzini est tiré[réf. nécessaire].

Le championnat de France est de plus en plus populaire : lors de la saison 2008-09, il y a eu 12 737 spectateurs par match, soit une progression de 9 % par rapport la saison précédente[27]. Au total, 2 356 349 spectateurs ont assisté aux 185 matches du championnat. L'augmentation de la popularité du championnat bénéficie du fait que le rugby est d'une manière générale plus populaire en France, elle est due aussi à l'instauration du Top 14 avec une formule enfin stabilisée et une élite resserrée comparable à celle des autres grandes compétitions de rugby (Super 15, Premiership et Celtic League). Le record de fréquentation est de nouveau battu lors de la saison 2009-2010 avec une moyenne par match s'établissant à 13 529 spectateurs[28]. De plus, l'UEFA estime que certains stades de football ne sont désormais plus adaptés aux éxigences européennes, les clubs de rugby comme l'Union Bordeaux Bègles ou le Lyon OU devraient emménager définitivement au Stade Jacques-Chaban-Delmas et au Stade de Gerland.

Le prix des places pour un match du Top 14 est tout à fait abordable, il est habituellement de 10 euros pour une place en pelouse, et de 15 à 40 euros pour des places en gradins.

Affluences par saison[Note 17]
Saison Totale[29] Nombre de matchs Moyenne par match
2002-2003 1 287 423 139 9 262
2003-2004 1 278 591 139 9 199
2004-2005 1 903 034 243 7 832
2005-2006 1 917 875 185 10 367
2006-2007 2 089 733 185 11 296
2007-2008 2 163 264 185 11 693
2008-2009 2 356 349 185 12 737
2009-2010 2 529 923 187 13 529[28]
2010-2011 2 581 552 187 13 805
2011-2012 2 494 563 187 13 340
2012-2013 2 589 179 187 13 846
2013-2014 2 677 572 187 14 318

Rivalités et supporters[modifier | modifier le code]

Supporters du Stade toulousain.

Les clubs de rugby à XV du championnat de France Top 14, comme ceux des autres sports collectifs populaires, sont suivis et soutenus par de nombreux et fidèles supporters. Lors des matchs du Top 14 ou de coupe d'Europe, ils portent les couleurs traditionnelles de leur club : le bleu ciel et blanc de l'Aviron bayonnais, le rouge et noir du Stade toulousain et du Rugby club toulonnais, le sang et or de l'USA Perpignan, le blanc et noir du CA Brive, le ciel et grenat du CS Bourgoin-Jallieu, le rouge et blanc du Biarritz olympique, le jaune et bleu de l'ASM Clermont et le bleu et rose du Stade français.

Les rivalités au rugby sont souvent saines. Ainsi le Biarritz olympique reçoit-il l'autorisation du club landais de l'US Dax pour jouer un match sur le terrain de son rival lorsque son Parc des sports d'Aguiléra est en travaux lors de la saison 2005-2006[30]. De même lors de la saison 2006-2007, l'Aviron bayonnais joue quatre matchs de début de saison sur le terrain d'Aguilera (le stade du Biarritz olympique) pour cause de travaux au stade Stade Jean-Dauger[réf. nécessaire].

Les supporters de l'ASM Clermont Auvergne ont reçu en 2007[31], 2008[32] et 2009[33] le prix de l’Éthique et de la convivialité (challenge des meilleurs supporters) du Top 14.

Des rivalités historiques ou régionales existent, et elles sont le plus souvent entretenues par les supporters. Par exemple, les clubs de Brive et de Clermont-Ferrand rivalisent depuis un siècle pour la suprématie du centre de la France. Béziers, Narbonne et Perpignan ont une longue histoire en Languedoc-Roussillon. Néanmoins, la limitation du nombre de clubs entraîne aussi la disparition de tels affrontements et donc du folklore qui les accompagne. Certaines rivalités apparaissent comme celle entre le Stade toulousain et le Stade français, intensifiée depuis la demi-finale de la saison 1998 remportée 39-3 par le Stade français, repose à la fois sur une opposition Nord/Sud, Paris/Province et marketing/tradition[34]. Depuis la saison 2009-2010 et le retour du Racing Métro 92 au sein de l'élite, le derby parisien qui a fait l'histoire de la compétition dans ses premières années revient au premier plan à l'ère du professionnalisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avec le décompte des points en vigueur en 2007, Lourdes aurait gagné par 13 à 9
  2. Villepreux avait aussi perdu la finale en 1965 avec le CA Briviste
  3. Walter et Jo Maso ont perdu la finale du championnat 1973-74 contre Béziers
  4. L'AS Béziers est champion de France en 1971, 1972, 1974, 1975, 1977, 1978, 1980, 1981, 1983, 1984.
  5. Le Stade toulousain est champion de France en 1985, 1986, 1989, 1994, 1995, 1996, 1997, 1999, 2001.
  6. Lors de cette première édition, il n'y a que deux clubs en lice.
  7. Le titre est décerné à l'issue d'une poule finale comprenant 5 clubs. Le Stade français a 10 points, l'Olympique 8.
  8. Le titre est décerné à l'issue d'une poule finale comprenant 6 clubs. Le Stade français a 10 points, le Racing 6.
  9. Les clubs de Province entrent dans compétition pour la première fois.
  10. En 1901, le Stade bordelais gagne la finale à la régulière sur le score de 3-0. Mais l'USFSA annule le résultat et décide que la finale doit être rejouée à Paris, le Stade bordelais a en effet fait jouer trois joueurs irrégulièrement. Les Bordelais refusant cette décision, le Stade français est déclaré vainqueur.
  11. Une première finale avait été jouée le 26 avril 1925 au Stade des Ponts Jumeaux à Toulouse et s'était soldé par un 0-0 après prolongation.
  12. Une première finale avait été jouée le 15 mai 1949 au Stade des Ponts Jumeaux à Toulouse et s'était soldé par un 3-3 après prolongation.
  13. En raison des évènements de Mai 68, la finale fut disputée avec trois semaines de retard. À la fin du temps règlementaire, les deux équipes étaient à 6-6, puis à 9-9 à la fin de la prolongation. Pour ne pas avoir à disputer une nouvelle finale largement hors saison, le FC Lourdes fut déclaré champion de France au nombre d'essais marqués, 2 contre aucun pour le RC Toulon.
  14. Béziers gagna 3 tirs au but à 1.
  15. Plus grand nombre de points marqués en finale. Voir le compte rendu du match.
  16. Stade français, section "période moderne : soutien populaire, stades et communication"
  17. La saison régulière et la phase finale sont incluses.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Top 14 change de nom sur rugbyrama.fr
  2. Le championnat de France devient le RUGBY Top 14 Orange sur le site de la LNR
  3. a, b et c Thierry Terret, Histoire des sports, L'Harmattan,‎ 1er mai 2004, 251 p. (ISBN 2-7384-4661-2, lire en ligne), p. 87 et 88
  4. a et b François Duboisset, Frédéric Viard, Le Rugby Pour les Nuls, First,‎ 2011, 421 p.
  5. (en) Philip Diné, French rugby football: a cultural history, Berg Publishers,‎ 2001, 288 p. (ISBN 978-1859733226, lire en ligne), p. 27
  6. J.P. Augustin et J.P. Bodis, Rugby en Aquitaine. Histoire d'une rencontre, Bordeaux, CRLA et Aubéron,‎ 1994, 316 p.
  7. a et b Thierry Terret, Histoire des sports, op. cit., p. 88 et 89, « 2- La suprématie du Sud-Ouest ». Consulté le 10 février 2011.
  8. "La légende du Tournoi", H. Garcia (2005), p. 46
  9. Première finale en 1949 lnr.fr
  10. Escot et Rivière, Un siècle de rugby, 1997, p. 117.
  11. Escot et Rivière, Un siècle de rugby, 1997, p. 119.
  12. La professionnalisation du rugby français. Pouvoir économique et lien social, sur corpsetculture.revues.org
  13. « 1ère Finale Championnat de France (1892) », sur twadry.free.fr (consulté le 10 juin 2012)
  14. Le bonus modifié, sur lequipe.fr
  15. Le groupe Canal+ diffusera le Top 14 en intégralité jusqu'en 2010/2011, sur fr.sports.yahoo.com
  16. Romain Schneider, « Canal + garde les droits du championnat de France de rugby », sur lefigaro.fr,‎ 15 janvier 2014
  17. http://www.sportstrategies.com/actualites/medias/231593-la-lnr-remet-ses-droits-internationaux-en-jeu
  18. http://misterrugby.wordpress.com/2012/09/10/le-rugby-deviendra-grand-au-bresil/
  19. Partenaires du Top 14, sur lnr.fr
  20. Budgets des clubs du Top 14
  21. Article de L'expansion en avril 2006
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  24. Rugby: ce qui change cette saison en Top 14
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]