Edgar P. Jacobs

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Edgar P. Jacobs

Nom de naissance Edgard Félix Pierre Jacobs
Naissance 30 mars 1904
Bruxelles (Belgique)
Décès 20 février 1987 (à 82 ans)
Lasne (Belgique)
Nationalité Drapeau : Belgique Belge
Profession dessinateur et scénariste de bande dessinée
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Edgard Félix Pierre Jacobs, plus connu sous le nom d'Edgar P. Jacobs, né le 30 mars 1904 à Bruxelles et mort le 20 février 1987 à Lasne (Belgique), est un auteur de bande dessinée belge. Edgar P. Jacobs est le créateur de la série des Blake et Mortimer, et un des collaborateurs d'Hergé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir été figurant et chanteur d'opéra entre 1917 et 1940, Jacobs se tourne vers l'illustration, collaborant à la revue Bravo jusqu'en 1946. Quand la bande dessinée américaine Flash Gordon est interdite par l'occupant allemand, on lui donne la responsabilité de la terminer à sa façon pour ne pas laisser les lecteurs sans dénouement. Il publie ensuite, dans Bravo, sa première bande dessinée, Le Rayon U dans le même style d'aventures/science-fiction. On y retrouve les mêmes typologies de personnages (le gentil militaire - le Major Walton -, le bon savant - le professeur Marduk -, le traître au service des méchants militaires - le capitaine Dagon) qu'il gardera tout au long de sa production.

Il se lie d'amitié avec Hergé et travaille avec lui à la refonte de l'illustration des albums Tintin au Congo, Tintin en Amérique, Le Sceptre d'Ottokar, et Le Lotus bleu en 1943, puis il collabore l'année suivante aux Sept Boules de cristal et au Temple du Soleil, participant notamment au dessin des décors, des matériels et des équipements.

En 1946, il fait partie de l'équipe du nouveau Journal de Tintin qui publie sa bande dessinée Le Secret de l'Espadon par planches hebdomadaires en quatrième de couverture. Dès 1947, il cesse sa collaboration aux aventures de Tintin pour se consacrer à ses propres héros tout en continuant avec Hergé à illustrer le journal, et publie Le Mystère de la Grande Pyramide en 1950. La Marque jaune paraît en 1956. Se succèdent L'Énigme de l'Atlantide en 1957, S.O.S. Météores en 1959, Le Piège diabolique en 1962, L'Affaire du collier en 1967.

Comme beaucoup d'auteurs de l'époque, il fut censuré à plusieurs reprises par la loi 49.956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. En 1962, la commission interdit la vente du Piège diabolique[1].

En 1977, Jacobs publie le premier tome des 3 Formules du professeur Satō dont l'action se déroule au Japon.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le second tome des 3 Formules du professeur Satō, posthume, paraît treize ans après le premier. Il est entièrement dessiné par Bob de Moor avec l'aide de Geert de Sutter, d'après le scénario et le pré-découpage des planches de Jacobs.

Les aventures de Blake et Mortimer connaissent de nouveaux épisodes sous le crayon et la plume de différents dessinateurs et scénaristes, qui feront des références discrètes au passé « jacobsien » de la série comme autant de clins d'œil aux lecteurs de la première heure (L'Affaire Francis Blake en 1996 par Jean Van Hamme et Ted Benoit, La Machination Voronov en 2000 par Yves Sente et André Juillard, L'Étrange Rendez-vous en 2001 par Jean Van Hamme et Ted Benoit, Les Sarcophages du 6e continent tome 1 en 2003 et tome 2 en 2004, ainsi que Le Sanctuaire du Gondwana en 2008, par Yves Sente et André Juillard).

Aujourd'hui, de nombreux dessinateurs travaillent dans son esprit graphique tels que Ted Benoit, Floc'h, André Juillard, Patrick Dumas, Jean-François Miniac ou Dominique Hé, et nombreux sont ceux qui truffent leurs œuvres de clins d'œil à l'attention des amateurs de celle d'Edgar P. Jacobs ou en reconnaissance envers celui qui souvent influença par son style leur vocation artistique.

Jacobs représenté par Hergé[modifier | modifier le code]

Hergé a souvent fait apparaître Edgar P. Jacobs dans des cameo à la Hitchcock, au sein de différentes aventures de Tintin[2].

  • On le voit avec son nœud papillon dans Les Sept Boules de cristal, alors que le capitaine Haddock est entré en scène porteur d'une tête de vache.
  • Ayant travaillé sur la nouvelle version du Sceptre d'Ottokar il y est également dessiné en grand uniforme de cuirassier ainsi qu'Hergé (pages 38 et 59) et d'autres membres du studio.
  • Bien qu'Edgar Pierre Jacobs n'ait pas aidé Hergé à la réalisation de la seconde version des Cigares du pharaon, il apparait dans l'album ainsi que sur la couverture en la personne de E. P. Jacobini (page 8 case 1) étant le 14e égyptologue momifié ayant « violé la sépulture du Pharaon Kih-Oskh ».
  • Il est aussi présent dans Objectif Lune, devant une planche à dessin (page 40), avec Hergé (de dos), au centre de recherches de Sbrodj.
  • Enfin, dans L'Affaire Tournesol, on voit sur une affiche de l'opéra de Szohôd le nom E. P. Jacobini, référence au fait que Jacobs fut chanteur d'opéra (page 54). Il apparaît également costumé en Méphistophélès, cigarette aux lèvres, dans les coulisses (page 53).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Bande dessinée (périodique)[modifier | modifier le code]

  1. Le Secret de l'Espadon, 1946-1949.
  2. Le Mystère de la grande pyramide, 1950-1951.
  3. La Marque jaune, 1953-1954.
  4. L'Énigme de l'Atlantide, 1955-1956.
  5. S.O.S. Météores, 1958-1959.
  6. Le Piège diabolique, 1960-1961.
  7. L'Affaire du collier, 1965-1966.
  8. Les Trois Formules du professeur Sato, 1971-1972.

Bande dessinée (album)[modifier | modifier le code]

  1. Le Secret de l'Espadon t. 1, 1950.
  2. Le Secret de l'Espadon t. 2, 1953. Depuis 1983, l'histoire est divisée en trois tomes au lieu de deux.
  3. Le Mystère de la Grande Pyramide t. 1, 1954.
  4. Le Mystère de la Grande Pyramide t. 2, 1955.
  5. La Marque jaune, 1956.
  6. L'Énigme de l'Atlantide, 1957.
  7. S.O.S. Météores, 1959.
  8. Le Piège diabolique, 1962.
  9. L'Affaire du collier, 1967.
  10. Les 3 Formules du professeur Satō t. 1, 1977.
  11. Les 3 Formules du professeur Satō t. 2 (scénario), avec Bob de Moor (dessin), 1990.
  • Le Rayon U, RTP, 1967. Version noir et blanc.
  • Le Rayon U, Le Lombard, 1974. Version colorisée et retravaillée par l'auteur.

Illustration[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Jacobs a reçu en 1971 le premier Grand Prix Saint-Michel du Club des Amis de la Bande Dessinée (C.A.B.D.) à la Foire du Livre de Bruxelles.
  • Le disque La Marque Jaune de 1956 a reçu en 1971 le Grand Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros pour la qualité de ses textes la même année[réf. nécessaire].
  • Médaille commémorative 1939-1945 (Belgique)
  • Médaille pour l'occupation de l'Allemagne 1918-1929 (Belgique)

Sur Edgar P. Jacobs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Rivière « E.-P. Jacobs ou la logique des rêves », Les Cahiers de la bande dessinée no 12, Glénat, 1971. Article repris et corrigé dans L'École d'Hergé, Glénat, 1976.
  • Edgar-Pierre Jacobs. 30 Ans de bande dessinées, Alain Littaye, 1973. Réédition augmentée 1981.
  • Luc Routeau, « Jacobs : narration, science-fiction », Communications no 24, Seuil, 1976.
  • Schtroumpf. Les Cahiers de la bande dessinée no 30, Glénat, 1976.
  • Edgar P. Jacobs, Un opéra de papier. Les Mémoires de Blake et Mortimer, Gallimard, 1981. Rééditions augmentées 1982, 1990 et 1996.
  • Claude Le Gallo, Le monde de Edgar P. Jacobs, Le Lombard, coll. « Nos auteurs », 1984. (ISBN 2-8036-0481-7)
  • Gérard Lenne, Blake, Jacobs et Mortimer, Séguier Archimbaud, 1988.
  • Jean-Paul Dubois, Edgar P. Jacobs. La Marque jaune, Éditions Labor, coll. « Un livre une œuvre », 1989.
  • Jean-Marc Guyard, Edgar P. Jacobs Le Baryton Du 9e Art, Éditions Blake Et Mortimer, 1990.
  • Gérard Lenne, L'affaire Jacobs, Megawave, 1990.
  • Bernard Heizmann, « Lire E.P. Jacobs dans le texte »', dans Bédésup no 52/53, 1991.
  • Jacques Laudy, Le Royaume d'Edgar J., Loempia, coll. « Himalaya », 1993. (ISBN 2-8035-0288-7)
  • Michel Laisnez, E.P.J. Collectors. La Lettre des Collectionneurs, 24 numéros, avril 1993-octobre 1998.
  • Philippe Saint-André, « Jacobs, le conservateur », dans Bédésup no 66/67, 1994.
  • Michel Laisnez, E.P. Jacobs : une Mémoire de Papier, E.P.J.Collectors, 1994. Bibliographie intégrale.
  • François Rivière, Edgar P. Jacobs ou les entretiens du Bois des Pauvres, Éditions du Carabe, 2000. Reprise de l'interview des CBD de 1975 illustrée par Stanislas et préfacée par José-Louis Bocquet.
  • Benoît Mouchart, À l'ombre de la ligne claire, Vertige Graphic, 2002. (ISBN 2-908-98171-8)
  • Benoît Mouchart et François Rivière, La Damnation d'Edgar P. Jacobs, Seuil-Archimbaud, 2003. (ISBN 2-020-60530-9) Réédition poche refondue coll. « Points Seuil », 2006 (ISBN 2-020-85505-4)
  • Blake et Mortimer face aux démons de la science, Science et Vie hors-série, 2003.
  • René Nouaihat, Jacobs, la marque du Fantastique, Mosquito, 2004.
  • Charles Dierick, Le Manuscrit E.P. Jacobs, Dexia, 2004.
  • Jean Auquier, E.P. Jacobs., La Marque du siècle, CBBD et la Poste Belge, 2004.
  • Philippe Biermé, Chez Edgar P. Jacobs, dans l'intimité du père de Blake et Mortimer, Éditions du Céfal, 2004.
  • Renaud Chavanne, Edgar P. Jacobs et le secret de l'explosion, PLG, 2005.
  • Philippe Biermé, Edgar P. Jacobs et les deux Jacques, Fondation Edgar P. Jacobs, 2007.
  • Alain S. Lerman, La Bibliothèque virtuelle de Blake et Mortimer, Kronos, 2009, nouvelle édition augmentée en 2012.
  • Viviane Quittelier, E.P. Jacobs, témoignages inédits, Mosquito, 2009.
  • Alain S. Lerman, Les Secrets de l'espadon, Kronos, 2009.
  • Philippe Biermé, Edgar P. Jacobs, biographie du père de Blake et Mortimer, Éditions L'Âge d'Or, 2 volumes, 2010.
  • Guido Vogliotti, Blake et Mortimer, souterrains et voyage initiatique dans l'œuvre de E.P. Jacobs, Pavesio, 2010.
  • Alain S. Lerman, Dictionnaire encyclopédique de Blake et Mortimer, Kronos, 2011.
  • Rodolphe (scénario) et Louis Alloing (dessin), La Marque Jacobs, Delcourt, 2012. Biographie en bande dessinée.
  • Philippe Biermé, Roland le Hardi, Éditions L'Âge d'Or, 2012.
  • Brieg F. Haslé, dossiers « Les Carnets secrets de Blake, Jacobs et Mortimer », dans Blake et Mortimer, la collection, 21 tomes, Hachette Collections, 2012-2013.
  • Stéphane Thomas, La Revanche d'Edgar P. Jacobs, Gomb-R Éditions, 2012. (ISBN 978-2-9538950-2-5)
  • Alain S. Lerman, Les Enigmes de l'Atlantide, Kronos, 2013.

Interviews radiodiffusées[modifier | modifier le code]

  • 1982 (mars) : sur RTL, par Jean-Pierre Tison le 28 du mois (la veille au Grand Palais de Paris) (reprise dans Biographic Pocket 4)
  • 1982 (mars) : sur France Inter
  • 1982 (mars) : sur Europe 1, par J. Châtel le 30 du mois
  • 1983 (octobre) : sur H2 Ondes, par François Riche, le 1er du mois, dans l'émission En Terre étrangère.

Films sur Edgar P. Jacobs[modifier | modifier le code]

  • 1984 : Des planches aux planches, R.T.B.F. (11 et 18 janvier) (série d'interviews autour de son autobiographie Un Opéra de Papier)
  • 1988 : À La recherche de Toutânkhamon, réalisé par Francis Youssef pour les Studios Blake et Mortimer
  • 1989 : Edgar P. Jacobs, le baryton du 9e Art, réalisé par Dominique Hebert pour les Studios Blake et Mortimer
  • 1994 : La Marque de Jacobs, réalisé par Jean-Loup Martin et Guy Le hideux, éd. Cendranes Films/8 Mont blanc/Les Films Grain de Sable (25')
  • 2005 : Edgar P. Jacobs, Blake ou Mortimer ?, réalisé par Francis Gillery (55')

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chez Edgar P. Jacobs dans l'intimité du père de Blake et Mortimer Par Philippe Biermé, François-Xavier Nève, p. 60-64
  2. La marque d’amitié, Clin d'œil et bande dessinée, 3 février 2008, consulté le 30 juillet 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Frémion, « Vies et portraits : Edgar-Pierre Jacobs », dans Jacques Bersani, Hans Schweizer, Jean Gall et Michel Lardy, Universalia 1988 : les événements, les hommes, les problèmes en 1987, Paris, Enclyclopædia Universalis France,‎ 15 mars 1988 (ISBN 2-85229-315-3), p. 566-567.