François Rude

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François Rude

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Paul Cabet, Buste François Rude (vers 1852-1855), bronze, musée des beaux-arts de Dijon.

Naissance 4 janvier 1784
Dijon (Bourgogne)
Décès 3 novembre 1855 (71 ans)
Paris
Nationalité France Française
Diplôme
Profession
Formation
Distinctions
Conjoint
Famille

François Rude, né le 4 janvier 1784 à Dijon, mort le 3 novembre 1855 à Paris, est un sculpteur français, représentatif de la transition entre le néoclassicisme et le romantisme, dont il est un des maîtres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph-Noël Sylvestre, François Rude travaillant sur l'Arc de Triomphe (1893), collection privée[1].

Né à Dijon, 5, rue François-Rude, à proximité de l'actuelle place François-Rude, il est fils de forgeron. Il apprend le dessin dans cette ville avec François Devosge et est soutenu par le conservateur adjoint du musée des beaux-arts de Dijon, mécène et ardent bonapartiste, Louis Frémiet[2], dont il épousera plus tard la fille, Sophie.

En 1809, il s'installe à Paris et devient élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts à l'atelier de Pierre Cartellier, obtenant le prix de Rome de 1812 pour son œuvre Aristée déplorant la perte de ses abeilles. Les circonstances politiques contemporaines font qu'il ne pourra jamais bénéficier du séjour à l'Académie de France à Rome de la Villa Médicis afférent au prix.

En 1815, après la chute du Premier Empire et la Restauration des Bourbons, il part s'installer à Bruxelles à la création du Royaume uni des Pays-Bas, pour rejoindre sa belle-famille, où il se met au service de l'architecte Charles Vander Straeten et exécute neuf bas-reliefs pour l'un des pavillons palais de Tervuren, aujourd'hui disparu (mais dont subsistent des moulages[3]). Il y épouse l'artiste peintre Sophie Frémiet[4], avec qui il a un fils, Amédée, mort prématurément en 1830. Avec l'architecte Charles Vander Straeten, il réalise des commandes officielles du roi Guillaume Ier des Pays-Bas en participant à plusieurs travaux de rénovation et de décoration de palais royaux, châteaux et monuments de Bruxelles comme le Théâtre de la Monnaie ou la Bourse de Bruxelles.

Il revient ensuite à Paris en 1827 où il passe progressivement du néoclassicisme au romantisme. Après 1827, il produit une statue de la Vierge pour l'église Saint-Gervais de Paris et une statue de Mercure (Paris, musée du Louvre).

En 1833, il est décoré de la Légion d'honneur et obtient une commande de haut-relief pour l'arc de triomphe de l'Étoile : Le Départ des volontaires de 1792, communément appelé La Marseillaise, son œuvre la plus célèbre qui contribue grandement à sa renommée. En parallèle, il sculpte dans le marbre le Petit Pêcheur Napolitain jouant avec une tortue[5] (Paris, musée du Louvre).

Le succès de sa Marseillaise lui permet d'ouvrir son propre atelier et de former ainsi des élèves, dont son neveu Paul Cabet. Il reçoit plusieurs commandes pour des monuments publics en l'honneur de grands personnages, Louis Monge (1849), Antoine Joseph Bertrand (1852), Maréchal Ney. Il a également quelques commandes privées et religieuses.

En 1835, François Rude continue la statue de Caton d'Utique lisant le Phédon avant de se donner la mort commencé par Jean-Baptiste Roman, dernière œuvre de l'artiste disparu cette même année 1835. François Rude termine la statue en 1840[6]. En 1839 le couple adopte Martine Cabet, nièce orpheline de Sophie, qui pose pour plusieurs de leurs œuvres. Elle sera la future épouse de leur neveu Paul Cabet.

À partir de 1852, il consacre les trois dernières années de sa vie à deux sculptures dont il a choisi lui-même les sujets pour répondre aux commandes de sujets libres de sa ville natale de Dijon : Hébé et l'aigle de Jupiter et L'Amour dominateur du monde, dans lesquelles l'artiste renoue avec un certain néoclassicisme et qui constituent son testament artistique.

François Rude obtient une médaille d'honneur à l'Exposition universelle de 1855 à Paris. Il meurt la même année et est inhumé au cimetière du Montparnasse du 14e arrondissement de Paris.

Politique[modifier | modifier le code]

D'abord bonapartiste, François Rude devient républicain. Il se présente, sans succès, aux élections pour l'Assemblée constituante de 1848 et est nommé membre d'une commission pour étudier une réforme de l'École des beaux-arts la même année. Le Gisant de Godefroi Cavaignac (1847) témoigne ainsi de son engagement[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Le musée des beaux-arts de Dijon conserve un ensemble de ses œuvres.

En 1835, Claude Noisot fait aménager le musée et Parc Noisot à Fixin près de Dijon avec, entre autres, Le Réveil de Napoléon, commandé à son ami François Rude.

En 1936, La Poste émet un timbre représentant le haut-relief de l’Arc de triomphe [16].

En 1947, sa ville natale de Dijon fonde le musée Rude dans le transept de l'ancienne église Saint-Étienne de Dijon. Il conserve uniquement des moulages, dont un surmoulage en plâtre grandeur nature[17] du Départ des volontaires de 1792.

En 1984, une pièce commémorative de Dix francs François Rude est émise à l'occasion du bicentenaire de la naissance du sculpteur.

La place François-Rude lui est dédiée par la ville de Dijon.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sophie Barthélemy, Matthieu Gilles et collectif, François et Sophie Rude. Citoyens de la Liberté. Un couple d’artistes au XIXe siècle, Dijon/Paris, Musée des Beaux-Arts de Dijon/Somogy Éditions d’Art, 2012, 288 p., 382 ill. (ISBN 978-2-7572-0588-4)

Note et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicole Riche et Jérôme Montcouquiol, « Joseph-Noël Sylvestre Peintre pompier biterrois (1847-1926) », La Tribune de l'Art, 19 novembre 2005.
  2. Wassili Joseph, « Sophie et François Rude, deux œuvres à l'unisson », in Dossier de l'art Hors-série, no 19, octobre 2012, pp. 12-21.
  3. Wassili Joseph, « Les reliefs pour Tervueren, premier chef d’œuvre de François Rude », in Dossier de l'art Hors-série, no 19, octobre 2012, pp. 22-23.
  4. Fille de son protecteur Louis Frémiet, bonapartiste français exilé volontaire, et tante du sculpteur Emmanuel Frémiet.
  5. Œuvre dont Jean-Baptiste Carpeaux se souvient en concevant son Pêcheur à la coquille de 1858 (Paris, musée d'Orsay).
  6. Caton d'utique au musée du Louvre
  7. Éliane Lochot, « François Rude, un artiste engagé », in Dossier de l'art Hors-série, no 19, octobre 2012, pp. 40-41.
  8. Jeune pécheur napolitain jouant avec une tortue sur le site du musée du Louvre
  9. Notice sur le site du musée du Louvre
  10. Notice sur e-monumen.net
  11. Notice sur e-monumen.net
  12. Notice sur e-monumen.net
  13. Notice sur e-monumen.net
  14. Catherine Gras, « François Rude : Hébé et l'aigle de Jupiter », in Dossier de l'art Hors-série, no 19, octobre 2012, pp. 64-65.
  15. « Christ crucifié », base Joconde, ministère français de la Culture
  16. Voir le timbre-poste]
  17. Réalisé pendant la Seconde Guerre mondiale en cas de destruction de l'original par les bombardements allemands. C'était le seul groupe sculpté de ce monument qui fut protégé par des sacs de sable pendant la Seconde Guerre mondiale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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