Madame de La Fayette

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Madame de La Fayette

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Madame la Fayette,
gravure de 1840 d'après Desrochers

Nom de naissance Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette
(ou Lafayette)
Activités Femme de lettres
Naissance 18 mars 1634
Paris (France)
Décès 25 mai 1693 (à 59 ans)
Paris (France)
Langue d'écriture Français
Mouvement Classicisme, Préciosité
Genres Roman, nouvelles

Œuvres principales

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette (ou Lafayette), née le 18 mars 1634 à Paris et morte le 25 mai 1693, est une femme de lettres française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne est née dans une famille aisée de petite noblesse, qui gravite dans l’entourage du cardinal de Richelieu. Sa mère, fille d’un médecin du roi, est au service de la duchesse Rose-Madeleine d'Aiguillon. Son père, Marc Pioche de la Vergne, écuyer du roi, meurt d'une balle dans le torse[réf. souhaitée] alors qu’elle n’a que quinze ans. L’année suivante, en 1650, elle devient dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche et commence à acquérir une éducation littéraire auprès du grammairien Ménage qui lui enseigne l’italien et le latin. Ce dernier l’introduit alors dans les salons littéraires en vogue de Catherine de Rambouillet, de la Marquise du Plessis-Bellière et de Madeleine de Scudéry.

En 1650, sa mère se remarie avec Renaud de Sévigné, un oncle du mari de la marquise de Sévigné ; les deux femmes, qui ont huit ans de différence, deviendront pour toujours « les plus chères amies du monde » .

En 1655, Madeleine épouse, à l’âge de 21 ans, un Auvergnat de dix-huit ans son aîné, François Motier, comte de La Fayette dont elle aura deux fils. Ce veuf, frère de la célèbre Louise de La Fayette, qui mène une existence retirée dans son château, lui apporte la fortune et un nom. Elle l’accompagne dans ses domaines familiaux en Auvergne et dans le Bourbonnais bien qu’elle retourne fréquemment à Paris où elle commence à s’introduire dans la haute société de la Cour et à ouvrir avec succès son propre salon. Leur bonheur conjugal semble avoir sombré après quelques années de mariage, après la naissance de leurs fils, date à partir de laquelle François de La Fayette se fait tellement discret qu'il semble avoir littéralement disparu (ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle qu'un document trouvé dans les archives de la Trémoille indique que ce mari silencieux avait vécu jusqu'au 26 juin 1683). La Bruyère a résumé ainsi cette étrange situation : « Nous trouvons à présent une femme qui a tellement éclipsé son mari, que nous ne savons pas s’il est mort ou en vie… »

On compte, parmi les connaissances de Marie-Madeleine de La Fayette, Henriette d'Angleterre, future duchesse d’Orléans, qui lui a demandé d’être sa biographe[1] ; le Grand Arnauld et Huet dont le Traité de l'origine des romans sera publié en préface de son Zaïde. Au tout début de la Fronde, elle a également été proche du cardinal de Retz.

Établie de façon définitive à Paris en 1659, elle fait paraître anonymement La Princesse de Montpensier en 1662. De 1655 à 1680, elle sera étroitement liée avec La Rochefoucauld (l’auteur des Maximes), dont elle dira : « M. de La Rochefoucauld m’a donné de l’esprit, mais j’ai réformé son cœur. » La Rochefoucauld présente Marie-Madeleine de La Fayette à beaucoup de grands esprits littéraires du temps, y compris Racine et Boileau. En 1669 apparaît le premier tome de Zaïde, un roman hispano-mauresque édité sous la signature de Segrais mais presque certainement dû à Madame de La Fayette. Le deuxième volume paraît en 1671. Zaïde fut l’objet de rééditions et de traductions, notamment grâce à la préface de Huet.

L'œuvre la plus célèbre de Marie-Madeleine de La Fayette est La Princesse de Clèves, d’abord éditée par un de ses amis en mars 1678. Cette œuvre, dont le succès fut immense, passe souvent pour être un prototype du roman d'analyse psychologique.

La mort de La Rochefoucauld en 1680 puis du comte de La Fayette en 1683 la conduit à mener une vie sociale moins active dans ses dernières années. Elle s'est clairement retirée de la vie mondaine, afin de se préparer à la mort.

Trois de ses ouvrages ont été édités à titre posthume : La Comtesse de Tende (1723), Histoire d’Henriette d’Angleterre (1720) et Mémoires de la Cour de France (1731).

Famille[modifier | modifier le code]

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne est la fille aînée de Marc Pioche (-1649), écuyer, sieur de La Vergne et gouverneur du neveu de Richelieu, Jean-Armand de Maillé-Brézé, et d’Isabelle Pena (-1656), fille de François Pena, médecin ordinaire du Roi, et de son épouse, Michelle Coupe.

Son baptême eut lieu le 18 mars 1634 en l’église Saint-Sulpice. Furent désignés pour parrain Urbain de Maillé-Brézé, maréchal de France, et pour marraine Marie-Madelaine de Vignerot, dame de Combalet, plus tard duchesse d’Aiguillon, nièce de Richelieu.

Marie-Madeleine eut deux sœurs cadettes :

  • Éléonore-Armande, baptisée le 10 avril 1635 ;
  • Isabelle-Louise, née en 1636

Sa mère, Isabelle Pena, se remaria le 21 décembre 1650 avec Renaud-René de Sévigné (-1656), oncle de la marquise de Sévigné.

Mlle de La Vergne épousa le 15 février 1655 François Motier, comte de La Fayette (frère de Louise de La Fayette) (1616-1683). Celui-ci détenait plusieurs terres en Auvergne dont les terres de La Fayette, de Goutenoutouse, de Médat et de Forest[2].

Elle eut de lui deux fils :

  • Louis de La Fayette (1658-1729), baptisé le 7 mars 1658, entré dans les ordres ;
  • Armand-Renaud de La Fayette (17 septembre 1659-1694), militaire

Le jugement de ses pairs[modifier | modifier le code]

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  • « Mme de La Fayette est la femme qui écrit le mieux et qui a le plus d'esprit. » Boileau
  • « Sa Princesse de Clèves et sa Zaïde furent les premiers romans où l’on vit les mœurs des honnêtes gens, et des aventures naturelles décrites avec grâce. Avant elle, on écrivait d’un style ampoulé des choses peu vraisemblables. » Voltaire, Le Siècle de Louis XIV (1751).
  • « Sa simplicité réelle est dans sa conception de l’amour ; pour Mme de La Fayette, l’amour est un péril. C’est son postulat. Et ce qu’on sent dans tout son livre (la Princesse de Clèves) comme d’ailleurs dans la Princesse de Montpensier, ou la comtesse de Tende, a une constante méfiance envers l’amour (ce qui est le contraire de l’indifférence). » Albert Camus, Carnets (1964).
  • « Tout en elle nous attire, la rare distinction de son esprit, la ferme droiture de ses sentiments, et surtout, peut-être, ce que nous devinons au plus profond de son cœur : une souffrance cachée qui a été la source de son génie. » Morillot, Le Roman du XVIIe siècle.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Page de titre de l’édition de 1678 de La Princesse de Clèves.
Page de titre de l’édition de 1670 de Zaïde, histoire espagnole.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Madame de La Fayette : La Princesse de Montpensier, 1662, « La Princesse de Clèves », 1678, Paris, Magnard, 1989.
  • Henry Pierre Blottier, Catherine Vandel-Isaakidis, « La Princesse de Clèves », Paris, Bordas, 1991.
  • Mercédès Boixareu, Du « Savoir d'amour » au « dire d'amour » : fonction de la narration et du dialogue dans « « La Princesse de Clèves » » de Madame de Lafayette, Paris, Lettres modernes, 1989.
  • Centre d'étude du vocabulaire français, Index des mots : « La Princesse de Clèves », Besançon, Université de Besançon, 1966.
  • Jean-Antoine de Charnes, Conversations sur la critique de « La Princesse de Clèves », Tours, Université de Tours, 1973.
  • Jean-Michel Delacomptée, Passions, La Princesse de Clèves, Paris, Arléa, 2012.
  • Roger Duchêne, Pierre Ronzeaud, Madame de La Fayette, la Princesse de Montpellier, « La Princesse de Clèves » : journée d'étude organisée par le Centre Méridional de Rencontres sur le 17e siècle (C.M.R. 17) à Marseille, 18 novembre 1989, Paris, Aux amateurs de livres, 1990.
  • Myriam Dufour-Maître, Jacqueline Milhit, « La Princesse de Clèves » (1678), Marie-Madeleine de La Fayette, Paris, Hatier, 2004.
  • Jean Fabre, L'Art de l'analyse dans « La Princesse de Clèves », Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 1989.
  • Maurice Favergeat, La Princesse de Clèves, extraits et notices, col. Classique Larousse, Paris, 1934 et suiv.
  • Roger Gaillard, Approche de « La Princesse de Clèves », Dijon, Éditions de l'Aleï, 1983.
  • Jean Garapon, « La Princesse de Clèves », Madame de la Fayette : analyse critique, Paris, Hatier, 1988.
  • Jean Garapon, « La Princesse de Clèves », Madame de la Fayette : résumé, personnages, thèmes, Paris, Hatier, 1994.
  • François Gébelin, Observations critiques sur le texte de « La Princesse de Clèves »., Paris, Les Bibliophiles du Palais, 1930.
  • Sung Kim, Les récits dans « La Princesse de Clèves » : tentative d'analyse structurale, Saint-Genouph, Nizet, 1997.
  • Ludovic Lalanne, Brantôme et « La Princesse de Clèves » de Mme. de La Fayette, Paris, [S.n.], 1891.
  • Gérard Letexier, Madame de Villedieu (1640-1683) : une chroniqueuse aux origines de « La Princesse de Clèves », Paris, Lettres modernes Minard, 2002.
  • Pierre Malandain, Madame de Lafayette, « La Princesse de Clèves », Paris, Presses universitaires de France, 1985 ; 1989.
  • Alain Niderst, « La Princesse de Clèves » de Madame de Lafayette, Paris, Nizet, 1977.
  • Alain Niderst, « La Princesse de Clèves » : le roman paradoxal, Paris, Larousse, 1973.
  • Valentine Poizat, La Véritable Princesse de Clèves, Paris, Renaissance du livre, 1920.
  • René Pommier, Études sur « La Princesse de Clèves », Saint-Pierre-du-Mont, Eurédit, 2000.
  • Isabelle Rambaud, La Princesse de Clèves et son château, Étrépilly, Presses du Village, 2006.
  • Jean Baptiste Henri du Trousset de Valincour, Lettres à Madame la Marquise sur le sujet de la « Princesse de Clèves », Paris, Flammarion, 2001.
  • Jean-Baptiste-Henri du Trousset de Valincour, Valincour : Lettres à Madame la marquise sur le sujet de la « Princesse de Clèves », Éd. Jacques Chupeau, Tours, Université de Tours, 1972.
  • Denise Werlen, Madame de La Fayette, « La Princesse de Clèves », Rosny, Bréal, 1998.
  • Madame de La Fayette, La Princesse de Montpellier, présentée et établie par Daniel Aris, Éditions de La Table Ronde, Paris, 1993.
  • Madame de La Fayette, Œuvres complètes, édition établie par Camille Esmein-Sarrazin, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 2014, 1664 pages.
  • Alain Cantillon, « La Princesse de Clèves », Madame de Lafayette : résumé analytique, commentaire critique, documents complémentaires, Paris, Nathan, 1989.
  • René Pommier, Explications littéraires : Mme de La Fayette, Chateaubriand, Mallarmé, Giraudoux, Paris, SEDES, 1990
  • David Bensoussan, Madame de Lafayette, « La Princesse de Clèves » : 40 questions, 40 réponses, 4 études, Paris, Ellipses, 2000.
  • Jacqueline Cancouët-Lenanton, Poétique de l'érotisme dans « La Princesse de Clèves », Thèse de doctorat, University of California, Irvine, 1980
  • Anne Houdent-Gantchikoff, Étude du vocabulaire de la douleur, la tristesse, etc. dans le roman de Madame de Lafayette, « La Princesse de Clèves », Thèse de doctorat, 1960
  • Lucien Gerber, Trois siècles de « Princesse de Clèves », Thèse de doctorat, Albany, State University of New York, 1987
  • Odile Hullot-Kentor, Autonomie et destin « La Princesse de Clèves », Thèse de doctorat, Amherst, University of Massachusetts 1988
  • Jody Beth, Violeta Richards, « La Princesse de Clèves » : visions de femme, Thèse de doctorat, Miami University, 1993
  • Sœur Marie-Antoinette-de-Brescia, Parallèle entre « La Princesse de Clèves », de madame de La Fayette et le théâtre de Corneille et de Racine., Mémoire de maîtrise, Montréal, Université de Montréal, 1962
  • Diana (Robin) Capaldi, Épicurienne par degrés : le raisonnement dérobé dans « La Princesse de Clèves », Mémoire de maîtrise, University of Virginia, 1990
  • Françoise Carignan Mignault, Le Temps dans « La Princesse de Clèves », Mémoire de maîtrise, University of Colorado, 1970
  • Bernadette J. Njeuma, Les Obstacles à l’amour dans « La Princesse de Clèves » de Mme de Lafayette et des pièces choisies de Pierre Corneille, Mémoire de maîtrise, University of South Carolina, 1987
  • Patrick Palmer, Les Digressions et le triangle d'amour dans « La Princesse de Clèves », Mémoire de maîtrise, San Jose State University, 1983
  • Sandra Rodino, « La Princesse de Clèves », roman historique, Mémoire de maîtrise, City College of New York, 1969
  • Guilda Kattan, « La Princesse de Clèves » : éléments d'une sémiotique sociale., Mémoire de maîtrise, 1972

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire d'Henriette d'Angleterre, Madame de La Fayette
  2. La Princesse de Montpensier, présenté et établie par Daniel Aris, Éditions de La Table Ronde, Paris, 1993