Maghreb

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Maghreb
المغرب (ar)
En vert, les pays membres de l'Union du Maghreb arabe
En vert, les pays membres de l'Union du Maghreb arabe
Administration
Démographie
Gentilé Maghrébins, Maghrébines
Langue(s) Arabe et Tamazight

Le Maghreb (en arabe : المغرب al-Maghrib, « le Couchant ») est la partie occidentale du monde arabe correspondant à l'espace culturel arabo-berbère, soit la région d’Afrique du Nord comprise entre la mer Méditerranée, le Sahel, l’océan Atlantique et l'Égypte.

Les premiers conquérants musulmans ont appelé Djazirat al-Maghrib, c'est-à-dire « Île du Couchant », les pays isolés du reste du monde arabe à l'ouest du Golfe de Syrte. Avec la colonisation française, le Maghreb au sens strict désignait le Maroc, l'Algérie et la Tunisie. Aujourd'hui, afin d'éviter toute confusion, on utilise les termes « Petit Maghreb » pour se référer à ces trois pays et « Grand Maghreb » pour se référer à un espace qui inclut également la Mauritanie et la Libye, ainsi que le territoire contesté du Sahara occidental. La région de Kidal au Mali et la région d'Agadez au Niger, peuplées principalement de Touaregs et de Maures sont culturellement proches du reste du Maghreb. La limite orientale est elle plus floue, en effet, la Cyrénaïque, en Libye, reste fortement influencée par le Machrek[1] tandis que Siwa est une oasis berbérophone en territoire égyptien. Le Maghreb occupe une superficie d'environ cinq millions de km² partagés entre le bassin méditerranéen et le désert du Sahara qui recouvre la majeure partie de son territoire. La population d'environ 90 millions d’habitants est de ce fait très inégalement répartie et concentrée principalement sur les plaines littorales.

Situé à la croisée du monde arabe et des civilisations méditerranéenne et africaine, le Maghreb forme depuis plus d’un millénaire une unité géographique caractérisée culturellement par la fusion d'éléments arabo-berbères[2]. Ses habitants, appelées Maghrébins, descendent principalement des Berbères qui ont pour la plupart été arabisés entre le VIIIe siècle et nos jours. Bien qu'éloignés l'un par rapport à l'autre par divers aspects, le Maghreb et le Machrek sont néanmoins liés par la langue arabe et la culture islamique. L'histoire contemporaine du Maghreb est marquée par la colonisation française, espagnole et italienne mais aussi par sa proximité avec l'Europe de l'Ouest. Depuis 1989, une tentative de rapprochement politique et économique a été initiée avec la création de l'Union du Maghreb arabe.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom provient de l'arabe al-Maġrib (المغرب) qui signifie « le Couchant » ou « l'Occident » en raison de la position occidentale de cette région par rapport au centre du califat islamique. Il s'oppose au Machrek (« Le Levant ») qui désigne l'Orient arabe s'étendant de l'Égypte à l'Irak et à la péninsule Arabique. Les Arabes utilisèrent d'abord le nom de Jezirat Al-Maghrib, qui signifie « Île de l'Occident », mettant alors en avant la situation de la région apparemment isolée entre une mer et un désert. Al-Maghrib en arabe désigne aussi le Maroc et, lorsqu'il y a ambigüité, on appelle le Maroc Al-Maghrib Al-Aqsa, ce qui signifie « L'Occident lointain », on utilise le terme Al-Maghrib Al-Araby (littéralement « Le Couchant arabe » mais souvent traduit « Maghreb arabe ») pour désigner la région entière.

Certains Berbères, autochtones de la région, qui s'appellent eux-mêmes Imazighen (pluriel de Amazigh signifiant « homme libre »), la désignent par le nom de Tamazgha et non de Maghreb. Ils contestent cette dernière appellation, au motif qu'elle n'est pas le nom originel de la région mais une désignation par les Proche-Orientaux au moment de la conquête musulmane du Maghreb, et ne l'appellent pas non plus Barbarie, terme qui vient de sa désignation par les italiens les Français et les espagnoles a la renaissance

Note géographique et étymologique au Moyen Âge [3] : le terme Maghreb désigne une partie de l'actuel Maghreb et comprend aussi le Maghreb Al Aqsa. Le traducteur d'Ibn Khaldoun dit que le Maghreb est l'actuel Maroc. Le Maghreb central serait l'actuel Algérie (provinces d'Alger et d'Oran) et l'Ifriqiya (Tunisie actuel et une partie de la Libye qui comprend Tripoli. Sous les hafsides, il y avait en plus les provinces des Zibans, de Constantine, de Béjaïa). Ibn Khaldoun remplace parfois Maghreb Aksa par Maghreb. Aussi, il donne comme limite Asfi (Safi) comme limite occidentale, mais il borne aussi ce territoire par la chaine de l'Atlas jusqu'à Agadir, situé entre la Moulouya, la mer, l'Atlas et la province de Souss.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Cette région qu'est l'Afrique du Nord est peuplée dès la Préhistoire par les Berbères qui développent une culture originale. Ils sont les premiers habitants de la région et sont considérés comme étant les ancêtres des nord-africains modernes, arabophones comme berbérophones[4].

À partir du VIIIe siècle av. J.-C., les Phéniciens installent des comptoirs dont le plus prospère est Carthage. Au IIe siècle av. J.-C., les guerres puniques opposent les Carthaginois aux Romains qui prennent possession du territoire. À son apogée, l'Afrique romaine s'urbanise et se christianise. Cette Église d'Afrique, composée de Berbères en majorité chrétiens, a été au fondement du christianisme européen[5].

Au Ve siècle, un peuple germanique de religion chrétienne et originaire de l'actuelle Pologne, les Vandales, traversent le détroit de Gibraltar et envahissent le Maghreb ; ils représentent environ 80 000 personnes[6]. Ils y fondent un royaume éphémère qui sera détruit au VIe siècle à la suite de la défaite vandale face aux armées du général Bélisaire[7], qui réintègre ainsi l'Afrique du Nord dans l'Empire romain, alors représenté par la civilisation byzantine.

Empires musulmans[modifier | modifier le code]

Vue de la Grande Mosquée de Kairouan en Tunisie. Première mosquée du Maghreb fondée en 670 par le général arabe Oqba Ibn Nafi, elle est reconstruite, dans sa forme actuelle, au IXe siècle sous le règne de la dynastie aghlabide.

À partir du VIIe siècle, Conquête musulmane du Maghreb, les arabo-musulmans envahissent une grande majorité du Maghreb, alors sous domination berbère, les armées romaines l'ayant occupé depuis la chute de Carthage plus d'un millénaire plus tôt. En 711, Tariq ibn Ziyad, Berbère converti à l'islam, commande les forces arabo-berbères qui traversent le détroit de Gibraltar et attaquent la péninsule ibérique, alors dominée par les Wisigoths, un peuple d'origine germanique. S'ensuivra une période fastueuse dans l'histoire de la péninsule, qui resta pendant plusieurs siècles une des régions les plus riches et les plus développées d'Europe dans tous les domaines, économique, scientifique, artistique, et technologique.

Après une période d'unité politique sous les Aghlabides (IXe siècle) autour de la ville de Kairouan, plusieurs dynasties se succèdent au Maghreb : les Fatimides, les Zirides (Xe siècle)… Après avoir détrôné les Almoravides au XIIe siècle, la dynastie des Almohades va réaliser l'unité politique de tout le Maghreb, leur État s'étendant de l'Ouest de la Libye au Maroc, et comprenant une grande partie de la péninsule Ibérique.

En 1236, les Hafsides, vassaux des Almohades, se déclarent indépendants et fondent une nouvelle dynastie à Tunis qui règne jusqu'en 1574. Le royaume de Tlemcen, fondé en 1282 est dirigé par la dynastie des Abdalwadides. À son apogée, cet État contrôle un territoire allant de l'Atlas à l'actuelle Tunisie au XVe siècle.

En 1553, le royaume passe sous la protection ottomane. Du XVIe au XIXe siècle, à l'exception du Maroc, toute la partie Nord du Maghreb fait théoriquement partie de l'Empire ottoman, mais l'Algérie et la Tunisie, alors vassaux de la Sublime Porte, sont en fait des États quasi indépendants. C'est à cette époque que se fixent les limites des trois entités politiques actuelles et que les capitales s'installent sur le littoral.

Colonisation européenne[modifier | modifier le code]

En 1830, débute la colonisation française au Maghreb. Viennent l'invasion de l'Algérie, de la Tunisie, tous deux États vassaux de l'Empire ottoman, et enfin la conquête du Maroc en 1912.


Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique du Nord voit s'affronter les Alliés et les puissances de l'Axe,. Le Maghreb est le théâtre de nombreuses interventions militaires, comme l'opération Torch. C'est la ville de Tamazgha qui servira de base stratégique aux Alliés. L'armée française sera alors reconstituée et les contingents alliés débarqueront en Italie en 1943. La ville d'Alger sera capitale provisoire proclamée de la France libre. Débutera en août 1944 le débarquement de Provence. Des centaines de milliers de Maghrébins prendront part à ces opérations.

Après 1945, les revendications indépendantistes se font donc jour et aboutissent à l'indépendance des trois pays, de façon presque simultanée, mais selon des modalités différentes. Dès 1956, la France négocie l'indépendance du Maroc et de la Tunisie. Mais c'est par la guerre, qui débute le 1er novembre 1954, que l'Algérie devient indépendante le 5 juillet 1962. Aujourd'hui, les gouvernements nord-africains sont très différents et doivent faire face aux oppositions démocratiques mais aussi arabo-islamistes.

Algérie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Algérie française.
Mosquée Ketchaoua reconstruite en 1794 sous le gouvernement de Hasan Pacha et transformée en cathédrale Saint-Philippe d'Alger de 1832 à 1962, date à laquelle elle est redevenue une mosquée

L’invasion française de l’Algérie en 1830 marqua le début de la période coloniale. Pendant plus de cent ans, l’Algérie est intégrée à la France. Dans les trois départements français d'Algérie, les populations "indigènes" restent astreintes à un statut inférieur. Se forment ainsi au sein de la société algérienne deux communautés : d'un côté les musulmans "indigènes", juridiquement inférieurs, et les colons, citoyens français (Pieds-Noirs). Ce qui exacerbait les tensions, et les revendications nationalistes algériennes, dont le point de paroxysme est atteint avec les manifestations d’Algériens de mai 1945, durement réprimées, dont l'estimation du nombre de victimes varie fortement selon les sources, et marquent le début de la guerre d'indépendance.

Libye[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Libye italienne.

Maroc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protectorat français du Maroc.

Le Maroc restera indépendant jusqu'en 1912, date à laquelle l'Espagne et la France, alors alliés, contraignent le sultan Moulay Abd al-Hafid d'accepter lui aussi un protectorat. Le pays allait donc être occupé par la France, tandis que l'Espagne, déjà présente dans le Sahara occidental, occuperait la partie de l'extrême nord du Maroc. En 1921, éclate la Guerre du Rif, menée par les résistants marocains qui sont dirigés par Abdelkrim al-Khattabi, alors en lutte contre l'occupation franco-espagnole de son pays. À la bataille d'Anoual, 16 000 soldats espagnols sont tués par les guérillas rifaines qui s'emparent de leur matériel militaire. L'Espagne, alors en pleine crise, demande l'aide de la France. Craignant pour la stabilité de ses colonies au Maghreb, celle-ci envoie plusieurs dizaines de milliers d'hommes pour soutenir les troupes espagnoles. Après la défaite des Marocains, un grand nombre de civils seront massacrés en guise de représailles, et ce, malgré les promesses de l'administration coloniale de ne pas s'en prendre aux populations civiles si le chef de la rébellion, Abdelkrim al-Khattabi, acceptait de se rendre aux autorités. Ce dernier sera ensuite exilé à La Réunion.

Sahara occidental[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sahara occidental.

Mauritanie[modifier | modifier le code]

Tunisie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protectorat français de Tunisie.

Au XIXe siècle, les puissances européennes entrent en conflit pour le contrôle des territoires du Maghreb et du Moyen-Orient. La Tunisie est l'enjeu des rivalités entre la France et l'Italie.En 1881, l'armée française pénètre en Tunisie, alors en état d'extrême faiblesse, qui décide de ne pas opposer de résistance. Par le traité du Bardo, un protectorat est imposé à la Tunisie qui sera le second pays du Maghreb à être colonisé par la France. L'Italie acceptera finalement la mainmise française sur la Tunisie à la condition d'avoir le champ libre en Libye, un pays qu'elle convoite et dont elle s'emparera en 1911.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Maghreb possède une superficie totale de plus de six millions de kilomètres carrés avec de fortes disparités d’un pays à l’autre[8]. Cette région est bordée au nord par la mer Méditerranée, à l'ouest par l'océan Atlantique et au sud par le désert du Sahara. Elle est traversée par la chaîne de l'Atlas sur plus de 2 000 kilomètres.

Le Maghreb subit un fort déséquilibre démographique et économique entre le littoral et l'intérieur des terres, particulièrement en Algérie où 90 % de la population se concentre au nord du pays, dans les montagnes et sur les plaines côtières. Cette région, la partie fertile du pays, représente près de trois fois la superficie de l'Angleterre. Le Sahara algérien quant à lui s'étend sur deux millions de kilomètres carrés. Ainsi, si la part du désert dans l'étendue des pays maghrébins est importante (84 % de la surface de l'Algérie et 40 % de la superficie de la Tunisie), ces pays disposent en revanche d'importantes terres fertiles et abritent de vastes forêts à l'image du massif de la Kroumirie.

Littoral[modifier | modifier le code]

De Tobrouk à Agadir, le Maghreb possède une façade maritime qui s’étend sur près de cinq mille kilomètres en bordure de la mer Méditerranée, jusqu’à Tanger, et sur 700 km le long de l’océan Atlantique entre Tanger et Agadir. La côte devient ensuite désertique jusqu’à l’embouchure du fleuve Sénégal, 1 500 km plus au sud.

Les plaines littorales du Maghreb offrent les plus fortes densités humaines de la région et abritent les principales villes. C'est également sur les côtes qu'est pratiquée l'agriculture intensive, que s'est installée l'industrie en relation avec les ports et les infrastructures touristiques comme au Maroc et en Tunisie. Les côtes constituent une interface active avec l'Europe et reçoivent donc l'essentiel de ses investissements.

Le climat du littoral maghrébin est de type méditerranéen : il se caractérise par des hivers relativement doux et des étés secs et chauds. Il s'agit d'un atout pour attirer les touristes européens et permet aussi de cultiver des primeurs et des agrumes qui sont ensuite exportés vers l'Europe. Cependant, la sécheresse estivale pose des problèmes de gestion de l'eau et oppose des activités économiques différentes : l'industrie et l'agriculture, grandes consommatrices d'eau, se retrouvent alors en concurrence.

La région n'est pas épargnée par les tremblements de terre. Le séisme d'Agadir (Maroc) fait plus de 15 000 morts en 1960[9]. Plus récemment, le 21 mai 2003, le séisme de Boumerdès (Algérie) provoqua la mort de 2 217 personnes alors que le séisme d'Al Hoceima (nord du Maroc) fit 629 morts[10] et une centaine de blessées.

Relief[modifier | modifier le code]

La chaîne de l'Atlas traverse le Maghreb d'est en ouest et forme une protection naturelle contre la progression du désert. Elle s'élève à plus de 4 000 m d'altitude — son point culminant est le Jbel Toubkal au Maroc culminant à 4 167 m[11] — et a longtemps servi de refuge aux populations berbères.

Aujourd'hui encore, les éleveurs et agriculteurs berbères vivent dans ces régions montagneuses en conservant leur identité culturelle[12]. Le climat y est plus froid en altitude et peut parfois être franchement rigoureux en hiver. Durant cette saison, les sommets de l’Atlas sont recouverts de neige.

Les principaux massifs montagneux de l'Atlas se structurent du sud-ouest vers le nord-est :

Ils se décomposent ensuite en différents massifs secondaires :

Autre grand massif:

Désert[modifier | modifier le code]

Le sud du Maghreb est occupé par le désert du Sahara dont la majeure partie est constituée de plaines rocailleuses, l'autre part étant constituée d'immenses dunes.

Les précipitations y sont faibles et la présence humaine inexistante ou discontinue. Certaines oasis jalonnent les pistes transsahariennes et la présence d'hydrocarbures (notamment en Algérie) ou de phosphates (notamment au Maroc, en Tunisie et au Sahara occidental) a permis l'apparition de quelques villes (El-Oued, Ghardaïa, Tamanghasset, Laâyoune, etc.).

L'irrigation, nécessaire à l'agriculture, est possible grâce à l'eau puisée dans les nappes phréatiques fossiles et dans les cours d'eau temporaires (appelés oueds).

Tissu urbain[modifier | modifier le code]

Classement des villes du Maghreb les plus grandes[13],[14] :

Rang Ville Population (2011)
1 Drapeau : Maroc Casablanca 3 434 422
2 Drapeau : Algérie Alger 2 289 765
3 Drapeau : Tunisie Tunis 2 139 208
4 Drapeau : Maroc Rabat 1 700 000
5 Drapeau : Libye Tripoli 1 682 000
6 Drapeau : Maroc Fès 1 250 000
7 Drapeau : Maroc Meknès 1 236 232
8 Drapeau : Maroc Marrakech 1 170 000
9 Drapeau : Maroc Salé 903 485
10 Drapeau : Mauritanie Nouakchott 822 207
11 Drapeau : Algérie Oran 759 645
12 Drapeau : Libye Benghazi 711 820

Classement des agglomérations du Maghreb les plus grandes :

Rang Agglomération Population (2013)
1 Drapeau : Algérie Alger 7 336 179
2 Drapeau : Maroc Casablanca 3 352 091
3 Drapeau : Tunisie Tunis 2 182 672
4 Drapeau : Maroc Rabat 1 879 198
5 Drapeau : Maroc Fès 1 079 091
6 Drapeau : Algérie Oran 1 018 723
7 Drapeau : Libye Tripoli 1 014 391[réf. à confirmer]
8 Drapeau : Maroc Marrakech 955 500
9 Drapeau : Mauritanie Nouakchott 894 403
10 Drapeau : Algérie Constantine 790 950
11 Drapeau : Maroc Tanger 770 704
12 Drapeau : Libye Benghazi 633 964 [réf. à confirmer]

Économie[modifier | modifier le code]

Après la proclamation de l'indépendance des divers pays, les gouvernements respectifs optent pour la planification économique. Le PIB par habitant progresse mais l'économie du Maghreb doit faire face à de nouveaux défis[15]. Aujourd'hui, elle est confrontée à la mondialisation. Cela conduit les gouvernements à privatiser de larges secteurs de leurs économies.

La crise affecte la croissance du PIB, augmente la dépendance alimentaire et favorise les émeutes à caractère social (comme les « émeutes du pain » tunisiennes en 1983-1984). Le développement économique a entraîné une transformation des paysages du littoral (stations touristiques, agriculture intensive et urbanisation accélérée)[16]. Face à la mondialisation, les pays du Maghreb ont tenté de timides rapprochements dans le cadre de l'Union du Maghreb arabe[17] mais les réalisations communes apparaissent bien modestes en raison des différences politiques de ses membres.

Économie des pays du Maghreb
(estimations pour l'année 2012)
Pays Algérie Libye Maroc Mauritanie Tunisie
Chômage (en %) 10,20[18] 30 (est. 2004)[19] 8,80[20] 30 (est. 2008)[21] 18,80[22]
PIB (PPA) (en milliards $) 274,5[23] 87,9[24] 171,0[25] 7,6[26] 104,4[27]
Taux de croissance (en %) 2,6[28] 121,9[29] 2,9[30] 5.3[31] 2,7[32]
Nombre de travailleurs (en millions) 11,260[33] 1,875[34] 11,780[35] 1,318 (est. 2007)[36] 4,014[37]
Taux d'inflation (en %) 8,5[38] 3,6[39] 1,4[40] 7,0 (est. 2011)[41] 5,9[42]
Population sous le seuil de pauvreté 13,8 [43] 14.0 9.8
Utilisation d'Internet (millions d'internautes)[44] 6[45] 0.3 12[46] 0.07 3.5
Investissement Etranger (en milliards de dollars) 13.72 42.19 33.56
Exportation (en milliards de dollars) 52.03 14.49 16.11
Importations (en milliards de dollars) 38.5 34.19 20.02
1er et 2e Partenaires Commerciaux (Exportations) Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de la France France[47]
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
1er et 2e Partenaires Commerciaux (Importation) Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de l'Italie Italie[48]
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Espagne Espagne[48]
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie[48]
Sources : CIA World Factbook.

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Port d'Essaouira

L'agriculture au Maghreb a connu d'importantes mutations depuis les années 1970 : mécanisation, utilisation d'engrais et irrigation moderne ont entraîné une augmentation des productions agricoles. Le monde agricole n'échappe pourtant pas à la crise et l'essor des récoltes ne suit pas l'accroissement démographique.

Par son appartenance au bassin méditerranéen, les produits de l'agriculture maghrébine sont les céréales, l'élevage des ovins et des caprins, le maraîchage, les agrumes, la vigne, la pêche et l'huile d'olive. Le Maroc est aussi l'un des premiers exportateurs mondiaux de haschisch[49],[50]. La région dispose en outre d'importantes ressources naturelles minières (phosphates et fer) et énergétiques (gaz naturel et pétrole). Les principaux gisements de pétrole en exploitation se trouvent en Algérie (Hassi Messaoud et In Amenas).

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

L'industrialisation est un phénomène relativement récent dans la région (années 1970). L'intervention étatique a permis le développement d'usines alors que les investissements étrangers et la sous-traitance bénéficient aux régions littorales ouvertes vers l'extérieur. Les principaux secteurs de production sont l'agroalimentaire, les matériaux de construction (ciment et sidérurgie) surtout en Algérie, le textile et la pétrochimie.

Les grands centres industriels sont Alger, Arzew, Béjaïa, Annaba, Casablanca, Kénitra, Sfax, Bizerte, Tunis, Sousse, Gabès, Mohammédia et Tanger.

Une autoroute transmaghrébine de 3 210kilomètres est en cours de construction entre le littoral marocain et la Libye. Cette autoroute représente une chance sur le plan économique pour tous les pays qu'elle traverse[51].

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Plage de Melbou, Béjaïa, Algérie

Le climat, les paysages et le patrimoine culturel du Maghreb sont autant d'atouts pour le développement touristique de la région. De plus, le Maghreb bénéficie en outre de la proximité géographique avec l'Europe et de l'usage courant de la langue française : Marrakech ou Djerba sont ainsi à deux heures d'avion de Paris.

Toutefois, la pression touristique suscite une nécessité de préservation du patrimoine et une gestion raisonnée des ressources en eau. Le Maghreb doit aussi faire face au danger terroriste (attentat de la Ghriba en 2002, attentats du 16 mai 2003 à Casablanca et en 2011, ou attentats du 11 avril 2007 à Alger).

Le secteur commercial s'inscrit dans le cadre de la mondialisation des échanges qui profite avant tout aux villes du littoral tournées vers l'extérieur. Arzew, Béjaïa, Casablanca, Oran, Skikda, Skhira et Tanger Med sont les principaux ports industriels d'exportation vers l'Europe.

Démographie[modifier | modifier le code]

Tableau général[modifier | modifier le code]

Démographie des pays du Maghreb
Pays Algérie[52] Libye[53] Maroc[54] Mauritanie[55] Tunisie[56]
Population (en millions d'habitants, 2013) 38 6 32,6 3,4 10,8
Taux de fécondité (2013) 2,78 2,09 2,17 4,15 2,01
Taux de migration nette (2013) -0,27 0 ‰ -3,67 ‰ -0,89 ‰ -1,78 ‰
Croissance démographique annuelle (2013) 1,92 % 2,01 % 1,05 % 2,32 % 0,97 %
Espérance de vie à la naissance, en années[57] 74,26 74,5 73,8 57,3 76,0
Population urbaine (en % de la population totale) 65 78 56 41 68,7
Densité (hab/km²) 15 3,67 77 3,11 63
Indice de développement humain (2013)[58] 0,713 0,769 0,591 0,467 0,712
Analphabétisme (en % de la population totale)[59] 18[60] 17,4 30[61] 42,2 18,2
Sources : CIA World Factbook
La plage de "Club des Pins" à Alger

Le Maghreb compte environ 90 millions d'habitants très inégalement répartis .Les plus fortes densités de population se rencontrent sur les plaines littorales de l'océan Atlantique et de la mer Méditerranée. C'est également au nord et à l'ouest de la région que se trouvent ses principales agglomérations (Alger, Casablanca, Rabat, Tunis-Cap Bon-Bizerte-Sahel, Fès,Marrakech, Tanger, Annaba, Constantine et Oran).

En trente ans, la population nord Africaine a été multipliée par deux. Toutefois, la croissance démographique tend à ralentir à cause de la baisse du taux de fécondité : elle s'explique par l'efficacité du planning familial, la scolarisation des filles et la modernisation des modes de vie. Quant au taux de natalité, il a baissé dans les trois pays mais la proportion de moins de 15 ans demeure élevée. Cela pose des problèmes de scolarisation que les gouvernements ont relevés avec plus ou moins de succès.

Par ailleurs, l'exode rural pousse les jeunes des montagnes et des campagnes à migrer dans les villes du littoral où les salaires sont plus élevés et les conditions de vie meilleures[62]. Au début du XXIe siècle, plus de la moitié des Maghrébins vivent en ville. Une partie d'entre eux tente ensuite sa chance en migrant vers Europe de l'Ouest.

Population[modifier | modifier le code]

De jeunes algéroises dans le harem, Peinture d'Eugène Delacroix, Le Louvre, Paris, France
Groupe de juifs tunisiens

Selon Gilbert Meynier, la population Nord Africaine serait principalement berbère bien qu'officiellement elle est de majorité arabe[63]. En effet, si l'apport des arabes en Afrique du nord n'est pas aussi important sur le plan démographique qu'il n'est déterminant sur les plans linguistiques, culturels et religieux, les Arabes arrivés à partir du VIIe siècle avec les invasions musulmanes, ont contribué à convertir à l'islam l'Afrique du nord après plusieurs années de guerre, malgré la résistance et les combats de la Kahena et Koceila. L'apport démographique arabe est beaucoup plus significatif à partir du XIe siècle, lorsque le pouvoir des Fatimides envoya, dans le but de réprimer des dynasties berbères ayant proclamé leur indépendance, de nombreuses tribus guerrières. La plus importante d'entre elles est celle des Hilaliens accompagnée des Banu Sulaym et des Banu Maqtil.

Les estimations en termes de déplacement de population vont de 80 000[64] à 200 000[65] ou 250 000[66]. Selon Charles-André Julien, les actuelles populations arabophones, majoritaires au Maghreb, seraient en grande partie berbères[67]. Selon le défenseur de la cause berbère Gabriel Camps, les « invasions hilaliennes » ont été « d'un poids insignifiant sur le plan démographique, mais déterminant sur les plans culturel et socio-économique[68]. » De nos jours, l'arabe littéral est la langue officielle des pays du Maghreb, c'est-à-dire la langue des médias et de l'école. Les parlers arabes maghrébins demeurent fortement influencés par la langue berbère.

Dans ce contexte, seule une minorité de la population maghrébine — de l'ordre de 40 % au Maroc, 27,4 % en Algérie et de 7 à 15 % en Tunisie et en Libye[69] — parle le berbère en plus de l'arabe. Ces groupes conservent une identité qui leur est propre en particulier dans les montagnes de l'Atlas. La plupart sont sédentaires mais certains sont nomades.

Par ailleurs, de petites communautés juives séfarades résident toujours au Maghreb. Il y aurait 7 000 juifs au Maroc et 2 000 en Tunisie, et auraient pratiquement disparu en Algérie sauf un nombre minuscule dans quelques grandes villes. Les Juifs ont une longue histoire en Afrique du Nord. Depuis les débuts de la diaspora israélite, que l'on peut dater de la destruction du second Temple par Titus en 70 de notre ère, il y a aurait eu trois grands pôles qui se sont ensuite avancés vers l'ouest : un en Égypte, un à Carthage et un autre en Cyrénaïque (Libye centrale). D'autres communautés se formèrent à travers l'Algérie, l'Espagne, le Maroc. Les tablettes en hébreu retrouvées en Libye et au Maroc attestent de la présence de Juifs issus de Judée. Une grande partie non négligeable de juifs maghrébins arriva lors de l'expulsion des juifs d'Espagne par les souverains catholiques, après la chute du royaume de Grenade qui marqua la fin de la Reconquista en 1492. Certains juifs européens sont arrivés à l'époque moderne avec la colonisation française[70]. Après les indépendances des trois pays, la plupart des juifs ont quitté le Maghreb pour Israël et la France.

Par ailleurs, plusieurs sources indiquent que plus d'un million d'Européens furent capturés comme esclaves entre 1530 et 1780[71],[72] et que bon nombre d'entre eux firent souche au Maghreb par la suite. Ces chrétiens furent capturés pendant la période corsaire. Il s'agissait de guerres, exacerbées de part et d'autre par le fait religieux, mais surtout pour des raisons économiques et stratégiques, où l'esclavage était pratiqué par les deux camps[73]. Cet esclavagisme terrorisait les populations côtières du bassin méditerranéen. Ainsi, un grand nombre d’esclaves musulmans se trouvait à Malte, du fait des nombreuses prises effectuées par les galères de l’ordre de Malte qui était en guerre perpétuelle contre les « infidèles » ou par des corsaires qui razziaient les côtes maghrébines et moyen-orientales pour en capturer les habitants[74],[75]. De même, le corsaire Barberousse opérait, pour le Sultan, des razzias sur les côtes françaises. Il capturait des civils et négociait ensuite, par rançon, la libération de certains, de rang noble ou d'influence.

Génétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maghrébins#génétique.

Les études anthropologiques et génétiques ont révélé la complexité du peuplement de l'Afrique du Nord. Selon Coudray, la proximité génétique entre le nord de l’Afrique et les populations sud-ouest européennes conduisent à l’hypothèse d’une origine commune entre ces populations. Deux hypothèses sont actuellement discutées. Cette origine commune pourrait dater du Paléolithique supérieur avec l’expansion d’Hommes anatomiquement modernes depuis le Proche-Orient et s’étendant le long des deux rives de la Méditerranée. Elle pourrait aussi avoir eu lieu au cours de la diffusion Néolithique depuis le Proche-Orient, il y a 10 000 ans av. J.-C[76].

Diaspora[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Diaspora maghrébine.

Pour des raisons historiques, les Maghrébins sont également largement représentés dans les populations issues de l'immigration dans certains pays européens (notamment en France) et de façon nettement moindre au Canada et aux États-Unis.

France[modifier | modifier le code]

Selon une étude de l'Insee publiée en 2012, les personnes d'origine maghrébine sur deux générations uniquement (immigrés et leurs enfants) étaient un peu plus de 3,5 millions en 2008 auxquelles il faut ajouter environ 500 000 Harkis soit environ 4 millions de personnes et 6,5 % de la population métropolitaine en 2008 (alors de 62,5 millions)[77]. 16 % des nouveau-nés en France métropolitaine entre 2006 et 2008 ont au moins un grand-parent né au Maghreb[78].

Toutes générations confondues, selon une étude de l'Institut Montaigne publiée en 2004 et basée sur le recensement de la population 1999 de INSEE, il y a en France, en 2004, environ 5 à 6 millions de personnes d'origine maghrébine; 3.5 millions ont la nationalité française dont 500 000 harkis. Environ 400 000 enfants seraient nés d’un couple mixte dont un des parents est maghrébin[79],[80],[79],[81],[79].

D'après une estimation plus ancienne de Michèle Tribalat en 2009, les personnes d'origine maghrébine sur 3 générations (immigrés, enfants et petits-enfants d'immigrés) étaient environ 3,5 millions en 2005 soit environ 5,8 % de la population métropolitaine en 2005 (60,7 millions)[82]. Cette estimation ne prend en compte que les « les individus venus en France alors qu’ils étaient de nationalité étrangère » et donc exclu les Harkis et leurs descendants (environ 400 000) ainsi que les personnes musulmanes originaires d'Algérie venues en France avant 1962 par définition français de naissance[83].

En milliers 1999 2005 % évolution 1999/2005 % population (2005)
Algérie 1 577 1 865 +18,3 % 3,1 %
Dont immigrés 574 679
Dont nés en France 1 003 1 186
Maroc 1 005 1 201 +19,5 % 2,0 %
Dont immigrés 523 625
Dont nés en France 482 576
Total Maghreb 2 999 3 524 +17,5 % 5,8 %
Dont immigrés 1 299 1 526 2,5 %
Dont nés en France 1 700 1 998 3,3 %

Toujours selon Michèle Tribalat, en 2005, près de 7 % des jeunes de moins de 18 ans en métropole sont d'origine maghrébine (au moins un parent). En Île-de-France, la proportion est d'environ 12 %. C'est dans les départements de Seine-Saint-Denis (22 %), du Val-de-Marne (13,2 %) et du Val-d'Oise (13 %) et de Paris (12,1 %) que l'on trouve les plus fortes proportions. Au niveau des grandes villes, 21 % des jeunes de moins de 18 ans à Perpignan sont d'origine maghrébine et près de 40 % dans les trois premiers arrondissements de Marseille[84],[48].

2005 (en % des jeunes de moins de 18 ans) Seine-Saint-Denis Val-de-Marne Val-d'Oise Paris France
Total Maghreb 22,0 % 13,2 % 13,0 % 12,1 % 6,9 %

Culture[modifier | modifier le code]

Le Maghreb appartient au bassin méditerranéen et au monde arabo-musulman. Sa culture est donc issue d'un mélange d'influences diverses. Englobé dans la République romaine puis l'Empire romain, du IIe siècle av. J.-C. au Ve siècle, le Maghreb conserve de cette période le même type de vestiges que dans le reste du bassin méditerranéen : temples romains (Dougga), théâtres romains (Timgad), amphithéâtres (Thysdrus), arcs de triomphe (Volubilis), thermes (Carthage) et mosaïques (Musée du Bardo à Tunis).

Au Moyen Âge, les Arabes du Moyen-Orient imposent progressivement leur langue et leur religion qui imprègnent de nombreux domaines de la vie sociale. La civilisation islamique contribue au renouveau du paysage urbain (mosquées, souks, hammams, médinas et Casbahs) dans un contexte de fondation de villes nouvelles (comme Kairouan en 670, Fès en 809 ou Oran au Xe siècle).

Toutefois, l'arabisation du Maghreb se heurte aux résistances des populations berbères qui tentent de préserver leur identité. Ainsi, le printemps berbère de 1980 permet l'expression de demandes d'officialisation du berbère en Kabylie puis d'autres régions d'Algérie (Aurès, Mzab, etc.). Finalement, le gouvernement algérien reconnaîtra le berbère comme une langue nationale mais refusera son officialisation, ce qui contribue à maintenir la tension sur la question linguistique et identitaire en Algérie.

Aux XIXe et XXe siècles, la colonisation française réintroduit le christianisme — déjà présent durant l'Antiquité et dont saint Augustin était une grande figure — construit une cathédrale (d'abord à Constantine en 1838), des bâtiments officiels, des infrastructures de transport modernes, etc. Toutefois, la domination européenne a fortement troublé la société maghrébine en apportant la modernité et les valeurs occidentales et s'est soldée par le rejet de cette influence au travers du nationalisme puis de l'islamisme.

Aujourd'hui, le français reste utilisé dans les affaires et l'enseignement et une grande partie des Maghrébins ont accès à la culture occidentale, notamment grâce aux émissions télévisées captées par les paraboles. Mais les mouvements culturels locaux expérimentent de plus en plus des formes d'expression jadis réprimées par les régimes nés de l'indépendance, notamment dans les domaines de la musique, de la danse et des arts visuels. L'anglais et utilisé en Libye dans les affaires et l'enseignement.

La Transmaghrébine[modifier | modifier le code]

La Transmaghrébine est une autoroute maghrébine qui doit traverser la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Libye et la Tunisie. Elle est composée d'un axe atlantique de Nouakchott à Rabat et d'un axe méditerranéen de Rabat à Tripoli passant par Alger et Tunis.

La première portion située le long de l'océan Atlantique (axe Nord-Sud) débutera à Nouakchott (Mauritanie) pour rallier le réseau autoroutier marocain en passant par Agadir, Marrakech, Settat, Casablanca et Rabat. Cette dernière constitue le point d'orgue entre les axes Nord-Sud et Est-Ouest maghrébins (appelé également axe méditerranéen). Ce dernier prenant naissance à Rabat traversera Meknès, Fès, Taza jusqu’à la ville d'Oujda, située sur la frontière maroco-algérienne. La portion algérienne reliera les principales villes côtières au départ de la frontière marocaine. Elle traversera Tlemcen, Oran et Chlef à l’ouest, Alger, Sétif, Constantine jusqu’à Annaba, à l'est, et rejoindra ainsi la frontière tunisienne. La portion tunisienne traversera Jendouba, Béja, Tunis, Hammamet, Sousse, Sfax et Gabès pour arriver à Ras Jedir (à la frontière tuniso-libyenne). La dernière portion de la Transmaghrébine se terminera par l'autoroute libyenne qui reliera la frontière tuniso-libyenne à Tripoli pour traverser Benghazi jusqu'à Tobrouk. À court terme, il est prévu que ce projet reliera la ville d'Agadir (Maroc) à la ville de Sfax (Tunisie). La fin des travaux est prévu pour 2011. Cette autoroute sera d'une longueur supérieure à 2 500 kilomètres.

Pour l'instant et faute de financement, le réseau mauritanien semble très en retard sur celui de ses voisins maghrébins.

Au Maroc, l'autoroute est déjà opérationnelle entre Agadir-Marrakech-Casablanca-Rabat-Fès-Oujda.Oujda est située à la frontière algéro-marocaine. En Algérie, l'axe autoroutier est-ouest est totalement fini, il est donc totalement opérationnel depuis août 2010.

En Tunisie, le tronçon Oued Zarga-Tunis-Sousse-Sfax de 310 km étant déjà opérationnel, la future réalisation de la partie reliant la frontière algérienne à Oued Zarga (Tunisie), longue de 140 km, pourrait assurer la continuité du tracé Agadir-Sfax via Rabat, Alger et Tunis, capitales des trois principaux pays maghrébins. L'absence de financement et la conjoncture économique actuelle sont les causes du retard du démarrage des travaux de cette partie tunisienne restante.

Par son tracé, la Transmaghrébine dessert 55 villes d’une population totale de plus de 50 millions d’habitants (des 89 millions de Maghrébins), 22 aéroports internationaux, les principaux ports, les terminaux ferroviaires, les principales universités, les plus grands hôpitaux et polycliniques ainsi que les principales zones industrielles et touristiques.

Ainsi, cette autoroute constituera le nerf essentiel pour l'économie de la région permettant d'intensifier les échanges intermaghrébins dans tous les domaines, de relier l'Europe au Maghreb (grâce au tronçon autoroutier déjà existant entre Rabat et Tanger) et de faciliter les transports routiers et les échanges commerciaux entre les rives nord et sud de la Méditerranée.

Il nécessitera la réouverture de la frontière terrestre séparant le Maroc et l'Algérie.

Relations du Maghreb avec l'Europe[modifier | modifier le code]

Al-Andalus (الأندلس en arabe) (l'Andalousie en français) est le terme qui désigne l'ensemble des terres de la péninsule Ibérique et de la Septimanie qui furent temporairement sous domination musulmane au Moyen Âge (711-1492).

La conquête du pays par les musulmans fut aussi rapide qu'imprévue et correspondit avec l'essor du monde musulman. Al-Andalus devint alors un foyer de haute culture au sein de l'Europe médiévale, attirant un grand nombre de savants et d'où a résulté une période de riche épanouissement culturel[réf. nécessaire].

Le détroit de Gibraltar, large de 14 km, est à la jointure des deux continents. Le détroit de Sicile est plus étendu (environ 100 km) et constitue également une voie d'accès maritime. De ce fait, les relations économiques entre le Maghreb et l'Europe sont anciennes. Dès l'Antiquité, la Maurétanie envoie des denrées méditerranéennes (olives, blé, vin, etc.) ou de l'Afrique subsaharienne (or, ivoire, esclaves, etc).

Avec la colonisation européenne au XIXe siècle, elles se doublent d'échanges humains. Un grand nombre d'Européens s'installe au Maghreb, apportant avec eux leur langue et leur religion. Toutefois, au terme de la guerre d'Algérie (1954-1962), les Pieds-Noirs et d'autres populations, européennes pour la plupart, sont contraints par les évènements de migrer vers la France.

Au début du XXIe siècle, environ 70 % du commerce extérieur du Maghreb est réalisé avec l'Union européenne. Les échanges concernent les matières premières et les minerais (exportations d'hydrocarbures et de phosphates) mais aussi les productions agricoles (agrumes et primeurs) mais aussi du textile ou encore des produits finis comme dernièrement des voitures (Logan). Les pays du Maghreb importent essentiellement des produits industriels et agricoles (céréales et lait). Depuis quelques années, des entreprises européennes délocalisent leurs unités au Maghreb pour profiter du faible coût de la main d'œuvre, ce qui est encouragé par la signature d'accords bilatéraux de libre-échange notamment dans le cas tunisien.

Enfin, les flux migratoires demeurent importants entre le Maghreb et l'Europe[85],[86]. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, un certain nombre de Maghrébins ont quitté leurs pays pour travailler en Europe. La France, en raison des liens historiques et culturels qu'elle entretient avec le Maghreb, reste la première destination des migrations économiques. Depuis 1974, l'immigration légale est fortement restreinte par les gouvernements européens[réf. nécessaire]. Le Maghreb est dès lors le point de départ d'une immigration clandestine qui passe par le détroit de Gibraltar, par les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, ainsi que par le détroit de Sicile et l'île italienne de Lampedusa[87].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro - La Cyrénaïque, bastion historique des rébellions - Publié le 24/02/2011 par Adrien Jaulmes
  2. « Le substrat berbère de la culture maghrébine » publié par la revue allemande Französisch heute [Français aujourd'hui] (éditée par l'Association des professeurs allemands enseignant le français) en juin 1984
  3. Selon la table géographique de Slane, Histoire des Berbères, Berti, 2003, Alger, p. 1553.
  4. Depuis le début des temps historiques, des populations très diverses se sont installées en Afrique du nord. […]. On notera l'invasion des Sémites (Phéniciens, Arabes), d'Indo-Européens (Latins, Vandales, Grecs), de Turcs et de Noirs. Mais si ces différents peuples se sont mélangés aux populations locales, ils sont venus en trop petit nombre pour modifier les conditions ethniques de l'Afrique du Nord. Les Vandales étaient 80 000. L'invasion arabe n'a pas été non plus considérable. [...] Ces remarques nous amènent à penser que les populations occupant aujourd'hui la Berbérie sont, compte tenu de quelques métissages, les mêmes qui l'occupaient au début des temps historiques. » Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord (1951), Payot, 2001, p. 59
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]