Institut du monde arabe

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Institut du monde arabe
Le logo de l'Institut, avec son nom en français et en arabe (معهد العالم العربي, que l'on peut transcrire en Maʻhad al-ʻĀlam al-ʻArabī[1]).
Le logo de l'Institut, avec son nom en français et en arabe (معهد العالم العربي, que l'on peut transcrire en Maʻhad al-ʻĀlam al-ʻArabī[1]).
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Paris
Adresse 1, rue des Fossés-Saint-Bernard
Place Mohammed-V
Coordonnées 48° 50′ 57″ N 2° 21′ 25″ E / 48.849167, 2.35694448° 50′ 57″ Nord 2° 21′ 25″ Est / 48.849167, 2.356944  
Informations générales
Date d’inauguration 30 novembre 1987
Collections Monde arabe
Informations visiteurs
Site web http://www.imarabe.org/

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Institut du monde arabe

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Institut du monde arabe
Le bâtiment de l'IMA orné d'une affiche pour l'exposition Bonaparte et l'Égypte (2008-2009).
Le bâtiment de l'IMA avec le pont de Sully au premier plan.

L'Institut du monde arabe (IMA) est un institut culturel parisien consacré au monde arabe. Il est situé au cœur du Paris historique, dans le 5e arrondissement, sur la place Mohammed-V entre le quai Saint-Bernard et le campus de Jussieu.

L'édifice a été conçu par un collectif d'architectes (Jean Nouvel et Architecture-Studio[2]) qui a tenté là une synthèse entre culture arabe et culture occidentale.

La construction de ce bâtiment, bien qu'étant inscrite dans la politique de grands travaux voulus par François Mitterrand, a été décidée sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing en vue d'améliorer les relations diplomatiques entre la France et les pays arabes. L'IMA a été inauguré le 30 novembre 1987 par le président Mitterrand[3].

L'Institut est membre du Forum des instituts culturels étrangers à Paris et d'Échanges et productions radiophoniques (EPRA). Il est parfois surnommé le « Beaubourg arabe », en référence au centre Beaubourg[4].

En 2012 il a ouvert une antenne à Tourcoing.

Fondation[modifier | modifier le code]

Carte représentant les États membres de l'IMA.

L'Institut est soutenu par une fondation créée en commun par la République française et les États suivants, tous membres de la Ligue arabe : l'Algérie, l'Arabie saoudite, le Bahreïn, Djibouti, les Émirats arabes unis, l'Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Mauritanie, Oman, le Qatar, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, le Yémen (à l'époque la République démocratique populaire du Yémen et la République arabe du Yémen). L'acte de fondation fut signé par ces États le 28 février 1980.

Les statuts furent approuvés par les ambassadeurs de ces États le 23 juin 1980 :

Ces États fondateurs furent par la suite rejoints par trois membres de la Ligue arabe qui n'en faisaient pas encore partie : la Libye en 1988, puis l'Égypte et la Palestine en 1989[5].

Le 14 octobre 1980, la fondation fut également reconnue d'utilité publique par un décret du ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, et du ministre des Affaires étrangères, Jean François-Poncet[6],[7].

Cette forme d'établissement est unique, qualifiée de sui generis[8],[rapport 1].

Architecture[modifier | modifier le code]

La façade nord est tournée vers le Paris historique, elle symbolise la relation à la ville ancienne, présente de façon allusive sur la façade.

Dessinée par Jean Nouvel, la façade sud reprend les thèmes historiques de la géométrie arabe puisqu'elle est composée de 240 moucharabiehs. Ces derniers sont munis de diaphragmes qui peuvent s'ouvrir et se fermer ; ceci devait initialement se faire en fonction de l'ensoleillement, afin de remplir le rôle de régulateur thermique, mais les cellules photoélectriques chargées de piloter ce dispositif ont montré des défaillances, si bien que l'ouverture et la fermeture se font désormais à chaque changement d'heure.

Le bâtiment a reçu le prix de l'Équerre d'argent en 1987[9], ainsi que l'un des prix Aga Khan d'architecture décernés au cours de son 4e cycle (1987-1989)[10].

La façade de moucharabiehs (extérieur et intérieur) sert de décor dans un spot publicitaire pour le parfum Elle[11] de Yves Saint Laurent.

La Direction des musées et des expositions[modifier | modifier le code]

Exemple de pièce appartenant aux collections de l'IMA : une mosaïque du IIIe siècle découverte à Althiburos en Tunisie.

Cette direction, créée à l'été 2007, regroupe les expositions temporaires et le musée permanent de l'IMA. L'objectif de la direction est de faire connaître la culture et la civilisation arabes par le biais de ses réalisations artistiques.

Les collections permanentes[modifier | modifier le code]

Le musée permanent se décline sur trois étages et propose aux visiteurs :

Les expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Les expositions temporaires présentent au grand public le patrimoine des pays arabes, de la préhistoire à nos jours. Une grande exposition est inaugurée chaque année à l'automne et des expositions thématiques (art contemporain, actualité, photographie...) émaille l'année culturelle.

Dernières expositions notoires :

La bibliothèque[modifier | modifier le code]

La bibliothèque de l'Institut du monde arabe (BIMA) présente, à travers ses collections encyclopédiques et multilingues, la culture et la civilisation arabe. Elle s'inscrit ainsi dans l'un des objectifs que s'est fixé l'IMA : développer et approfondir en France l'étude, la connaissance et la compréhension du monde arabe, de sa langue, de sa civilisation et de son effort de développement. Tournée délibérément vers la période contemporaine, la BIMA rassemble également les sources de la culture arabe classique. Elle s'efforce ainsi de satisfaire les besoins des spécialistes comme ceux d'un large public. L'accès est libre, gratuit et sans aucune formalité d'inscription. La consultation des documents se fait sur place. Il n'est pas possible d'emprunter.

Il existe également une Médiathèque jeunesse dédiée au jeune public jusqu'à 12 ans. Lieu d'animation avec une heure du conte bi-hebdomadaire, c'est aussi un centre de ressources sur la littérature jeunesse pour les professionnels (enseignants, bibliothécaires, documentalistes et médiateurs du livre) grâce à son fonds de plusieurs milliers de livres pour les enfants en français, en arabe et en bilingue. Elle propose sur son site des bibliographies thématiques pour les scolaires, des coups de cœur d'ouvrages jeunesse et des ressources documentaires.

Services[modifier | modifier le code]

Spectacle de la compagnie Raghunath Manet à l'IMA.
Restaurant Noura à l'IMA.

L'Institut compte aussi :

Activités d'édition[modifier | modifier le code]

L'Institut édite notamment la revue Qantara.

Présidents[modifier | modifier le code]

Présidents du conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Présidents du Haut conseil[modifier | modifier le code]

Président du conseil d'administration et du Haut conseil[modifier | modifier le code]

Gestion[modifier | modifier le code]

L'Institut a été placé sous le contrôle financier de l'État par un arrêté du 28 mars 1996[14].

La gestion de l'Institut a fait l'objet en 2008 d'un rapport d'information au Sénat par Adrien Gouteyron au nom de la commission des Finances à la suite d'un déficit d'exploitation cumulé de 38,5 millions d'euros. À cette époque, l'IMA est en « quasi cessation de paiement »[rapport 2] après la défaillance des pays de la Ligue arabe qui devaient assurer le financement de l'Institut à hauteur de 40 %[15]. Aujourd'hui, cette participation ne dépasse plus les 10 %[16], laissant une ardoise pour l'État français de plus de 12 millions d'euros par an.

En 2009, avec l'élection de Dominique Baudis au Parlement européen, la fonction de président avait été dédoublée afin de lui permettre de continuer à diriger l'Institut sans y exercer de fonction exécutive. Pour ce faire, le conseil d'administration était désormais présidé par Bruno Levallois cependant qu'un Haut conseil était créé avec M. Baudis comme président[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Affichage de toutes les éditions de 'Institut du monde arabe = Maʻhad al-ʻĀlam al-ʻArabī.' sur WorldCat, OCLC.
  2. L'Institut du monde arabe, sur le site d'Architecture-studio.
  3. Tirthankar Chanda, « L'IMA, la vitrine parisienne du monde arabe », Label France, no 37, 1999, sur le site du ministère des Affaires étrangères.
  4. Valérie Devillard, Architecture et communication : Les médiations architecturales dans les années 80, Paris, Université Panthéon-Assas, coll. « Information et communication »,‎ 2000, 437 p. (ISBN 2-913397-16-6), p. 54.
  5. Thierry Fabre, « L'institut du monde arabe entre deux rives », Vingtième siècle : Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, no 32 « La Méditerranée : Affrontements et dialogues »,‎ octobre-décembre 1991, p. 75–79 (DOI 10.3406/xxs.1991.2456).
  6. Acte de fondation - Statuts - Texte du décret du 14 octobre 1980, sur le site de l'IMA.
  7. Décret du 14 octobre 1980 portant reconnaissance d'une fondation comme établissement d'utilité publique, JORF no 241 complémentaire du 15 octobre 1980, p. 9092, sur Légifrance.
  8. « Mohamed Benouna sur la vocation de l'IMA », interrogé par Mouloud Mimoun, dans Les Nuits du Ramadan, sur Antenne 2, 28 mars 1992, reproduit sur le site l'INA.
  9. « Éditions précédentes : Les lauréats depuis 1983 », sur le site du prix de l'Équerre d'argent.
  10. (en) « Aga Khan Award for Architecture: Awards 1987-1989 », sur le site d'Aga Khan Development Network.
  11. Spot publicitaire pour le parfum elle de Yves Saint Laurent. Consulté le 20 Février 2014 : http://www.youtube.com/watch?v=xTWmUItM01c
  12. « Le Mobile Art à l'IMA », communiqué de presse de l'IMA, 20 mars 2011.
  13. a, b, c et d La politique étrangère de la France : Textes et documents, La Documentation française / Ministère des Affaires étrangères,‎ janvier 1987, p. 72.
  14. Arrêté du 28 mars 1996 relatif au contrôle financier de l'Institut du monde arabe, JORF no 83, 6 avril 1996, p. 5349, NOR ECOB9670001A, sur Légifrance.
  15. « Institut du monde arabe : Est-ce à nous de payer ? », Le Cri du contribuable, 17 novembre 2008.
  16. « 12,6 millions par an pour l'Institut du monde arabe », Observatoire des subventions, 9 mars 2010.
  17. Jean-Marie Leforestier, « Muselier d'Arabie », Le Ravi,‎ novembre 2011 (lire en ligne).
  1. Réussir le sauvetage de l'Institut du monde arabe, p. 25.
  2. Réussir le sauvetage de l'Institut du monde arabe, p. 8.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Fessy, Jean Nouvel et Hubert Tonka, Institut du monde arabe : Une architecture de Jean Nouvel, Gilbert Lezénés, Pierre Soria, Architecture studio, Seyssel, Champ Vallon, coll. « État d'architecture »,‎ 1988, 69 p. (ISBN 2-87673-003-0) ; 2e éd. : Paris, Demi-cercle, coll. « États des lieux », 1989 (ISBN 2-907757-03-2) ; 3e éd. : Paris, Demi-cercle, coll. « Un lieu / un architecte », 1995 (ISBN 2-907757-54-7)
  • Patrice Goulet, Institut du monde arabe, Paris, Institut du monde arabe,‎ 2001, 46 p. (ISBN 2-84306-079-6)
  • Institut du monde arabe, Institut du monde arabe : Vingt ans d'activités, 1980-2000, Paris, Institut du monde arabe,‎ 2002, 436 p. (ISBN 2-84306-094-X)
  • Hugo Lacroix (préf. Dominique Baudis), L'Institut du monde arabe, Paris, La Différence, coll. « Architectures »,‎ 2007, 128 p. (ISBN 978-2-7291-1720-7)
  • Philippe Cardinal, L'Institut du monde arabe, Paris, Nouvelles éd. Scala, coll. « L'Esprit du lieu »,‎ 2012, 63 p. (ISBN 978-2-35988-078-6)

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]