Institut du monde arabe
| Institut du monde arabe | ||
Le logo de l'Institut, avec son nom en français et en arabe (معهد العالم العربي). |
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| Informations géographiques | ||
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| Région | Île-de-France | |
| Ville | Paris | |
| Adresse | 1, rue des Fossés-Saint-Bernard Place Mohammed-V |
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| Coordonnées | ||
| Informations générales | ||
| Date d’inauguration | 30 novembre 1987 | |
| Collections | Monde arabe | |
| Informations visiteurs | ||
| Site web | http://www.imarabe.org/ | |
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L'Institut du monde arabe (sigle IMA) est un institut culturel parisien consacré au monde arabe. Il est situé au cœur du Paris historique, dans le 5e arrondissement, sur la place Mohammed-V entre le quai Saint-Bernard et le campus de Jussieu.
L'édifice a été conçu par un groupe d'architectes (Jean Nouvel et Architecture-Studio[1]) qui a tenté là une synthèse entre culture arabe et culture occidentale.
La construction de ce bâtiment, bien qu'étant inscrit dans la politique de grands travaux voulus par François Mitterrand, a été décidée sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing en vue d'améliorer les relations diplomatiques entre la France et les pays arabes. Il a été inauguré le 30 novembre 1987 par le président Mitterrand[2].
L'Institut est membre du Forum des instituts culturels étrangers à Paris et d'Échanges et productions radiophoniques (EPRA). Il est parfois surnommé le « Beaubourg arabe », en référence au centre Beaubourg[3].
En 2012 il a ouvert une antenne à Tourcoing.
Sommaire |
Fondation[modifier]
L'Institut est soutenu par une fondation créée en commun par la République française et les États suivants, tous membres de la Ligue arabe : l'Algérie, l'Arabie saoudite, le Bahreïn, Djibouti, les Émirats arabes unis, l'Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Mauritanie, Oman, le Qatar, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, le Yémen (à l'époque la République démocratique populaire du Yémen et la République arabe du Yémen). L'acte de fondation fut signé par ces États le 28 février 1980.
Les statuts furent approuvés par les ambassadeurs de ces États le 23 juin 1980 : Mohamed Sahnoun (ambassadeur d'Algérie), Jamil Al Hejailan (ambassadeur d'Arabie saoudite), Salman Al Sabagh (ambassadeur de Bahreïn), Ahmed Ibrahim Abdi (ambassadeur de Djibouti), Khamis Butty Al Rhumaithy (chargés d'affaires a.i. pour l'ambassadeur des Émirats arabes unis), Nouri Ismael El Wayes (ambassadeur d'Irak), Taher N. Masri (ambassadeur de Jordanie), Issa A. Al Hamad (ambassadeur du Koweït), Sami Kronfol (chargés d'affaires a.i. pour l'ambassadeur du Liban), Youssef Ben Abbes (ambassadeur du Maroc), Seck Mame N'Diack (ambassadeur de Mauritanie), Hamad Macki (ambassadeur d'Oman), Hamad Abdul Aziz El Kowari (ambassadeur du Qatar), Mohamed Warsame (ambassadeur de Somalie), Bachir Bakri (ambassadeur du Soudan), Youssef Chakour (ambassadeur de Syrie), Hedi Mabrouk (ambassade de Tunisie), Ahmed Daifellah Alazeib (ambassadeur de la République arabe du Yémen), et Omar El Hureibi (chargé d'affaires a.i. pour l'ambassadeur de la République démocratique populaire du Yémen).
Ces États fondateurs furent par la suite rejoints par trois membres de la Ligue arabe qui n'en faisaient pas encore partie : la Libye en 1988, puis l'Égypte et la Palestine en 1989[4].
Le 14 octobre 1980, la fondation fut également reconnue d'utilité publique par un décret du ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, et du ministre des Affaires étrangères, Jean François-Poncet[5],[6].
Cette forme d'établissement est unique, qualifiée de sui generis[7],[rapport 1].
Architecture[modifier]
La façade nord est tournée vers le Paris historique, elle symbolise la relation à la ville ancienne, présente de façon allusive sur la façade.
Dessinée par Jean Nouvel, la façade sud reprend les thèmes historiques de la géométrie arabe puisqu'elle est composée de 240 moucharabiehs. Ces derniers sont munis de diaphragmes qui peuvent s'ouvrir et se fermer ; ceci devait initialement se faire en fonction de l'ensoleillement, afin de remplir le rôle de régulateur thermique, mais les cellules photoélectriques chargées de piloter ce dispositif ont montré des défaillances, si bien que l'ouverture et la fermeture se font désormais à chaque changement d'heure.
Le bâtiment a reçu le prix de l'Équerre d'argent en 1987[8], ainsi que l'un des prix Aga Khan d'architecture décernés au cours de son 4e cycle (1987-1989)[9].
La Direction des musées et des expositions[modifier]
Cette direction, créée à l'été 2007, regroupe les expositions temporaires et le musée permanent de l'IMA. Le musée permanent se décline sur trois étages et propose aux visiteurs :
- 7e étage : le monde arabe avant l'Hégire ;
- 5e étage : le monde arabo-islamique ;
- 4e étage : l'expansion de l'islam : Inde, Iran, Turquie.
Les expositions temporaires présentent au grand public le patrimoine des pays arabes, de la préhistoire à nos jours. Une grande exposition est inaugurée chaque année à l'automne et des expositions thématiques (art contemporain, actualité, photographie...) émaille l'année culturelle. L'objectif de la direction est de faire connaître la culture et la civilisation arabes par le biais de ses réalisations artistiques.
La bibliothèque[modifier]
La bibliothèque de l'Institut du monde arabe (BIMA) présente, à travers ses collections encyclopédiques et multilingues, la culture et la civilisation arabe. Elle s'inscrit ainsi dans l'un des objectifs que s'est fixé l'IMA : développer et approfondir en France l'étude, la connaissance et la compréhension du monde arabe, de sa langue, de sa civilisation et de son effort de développement. Tournée délibérément vers la période contemporaine, la BIMA rassemble également les sources de la culture arabe classique. Elle s'efforce ainsi de satisfaire les besoins des spécialistes comme ceux d'un large public. L'accès est libre, gratuit et sans aucune formalité d'inscription. La consultation des documents se fait sur place. Il n'est pas possible d'emprunter.
Services[modifier]
L'Institut compte aussi :
- des spectacles ;
- des activités pour le jeune public ;
- une librairie ;
- un fumoir ;
- une salle audiovisuelle où on peut voir les actualités des pays arabes et des films ;
- un centre d'apprentissage de la langue arabe ;
- un restaurant gastronomique avec vue sur Paris ;
- un magasin où des objets artisanaux sont vendus ;
- le Musée Mobile Art, donné par Chanel[10], présente l'architecte irakienne Zaha Hadid jusqu'en septembre 2011.
Activités d'édition[modifier]
L'Institut édite notamment la revue Qantara.
Présidents[modifier]
Présidents du conseil d'administration[modifier]
- 1977-1980 : Jean Basdevant[11]
- 1980-1985 : Philippe Ardant[11]
- 1985-1986 : Pierre Guidoni[11]
- 1986-1988 : Paul Carton[11]
- 1988-1995 : Edgard Pisani
- 1995-2002 : Camille Cabana
- 2002-2004 : Denis Bauchard
- 2004-2007 : Yves Guéna
- 2007-2009 : Dominique Baudis
- 2009-2013 : Bruno Levallois
Présidents du Haut conseil[modifier]
- 2009-2011 : Dominique Baudis
- 2011-2012 : Renaud Muselier
Président du conseil d'administration et du Haut conseil[modifier]
- 2013 : Jack Lang
Gestion[modifier]
L'Institut a été placé sous le contrôle financier de l'État par un arrêté du 28 mars 1996[12].
La gestion de l'Institut a fait l'objet en 2008 d'un rapport d'information au Sénat par Adrien Gouteyron au nom de la commission des Finances à la suite d'un déficit d'exploitation cumulé de 38,5 millions d'euros. À cette époque, l'IMA est en « quasi cessation de paiement »[rapport 2] après la défaillance des pays de la Ligue arabe qui devaient assurer le financement de l'Institut à hauteur de 40 %[13]. Aujourd'hui, cette participation ne dépasse plus les 10 %[14], laissant une ardoise pour l'État français de plus de 12 millions d'euros par an.
En 2009, avec l'élection de Dominique Baudis au Parlement européen, la fonction de président avait été dédoublée afin de lui permettre de continuer à diriger l'Institut sans y exercer de fonction exécutive. Pour ce faire, le conseil d'administration était désormais présidé par Bruno Levallois cependant qu'un Haut conseil était créé avec M. Baudis comme président[15].
Références[modifier]
- L'Institut du monde arabe, sur le site d'Architecture-studio.
- Tirthankar Chanda, « L'IMA, la vitrine parisienne du monde arabe », Label France, no 37, 1999, sur le site du ministère des Affaires étrangères.
- Valérie Devillard, Architecture et communication : Les médiations architecturales dans les années 80, Paris, Université Panthéon-Assas, coll. « Information et communication », 2000, 437 p. (ISBN 2-913397-16-6), p. 54.
- Thierry Fabre, « L'institut du monde arabe entre deux rives », Vingtième siècle : Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, no 32 « La Méditerranée : Affrontements et dialogues », octobre-décembre 1991, p. 75–79 [lien DOI].
- Acte de fondation - Statuts - Texte du décret du 14 octobre 1980, sur le site de l'IMA.
- Décret du 14 octobre 1980 portant reconnaissance d'une fondation comme établissement d'utilité publique, JORF no 241 complémentaire du 15 octobre 1980, p. 9092, sur Légifrance.
- « Mohamed Benouna sur la vocation de l'IMA », interrogé par Mouloud Mimoun, dans Les Nuits du Ramadan, sur Antenne 2, 28 mars 1992, reproduit sur le site l'INA.
- « Éditions précédentes : Les lauréats depuis 1983 », sur le site du prix de l'Équerre d'argent.
- (en) « Aga Khan Award for Architecture: Awards 1987-1989 », sur le site d'Aga Khan Development Network.
- « Le Mobile Art à l'IMA », communiqué de presse de l'IMA, 20 mars 2011.
- La politique étrangère de la France : Textes et documents, La Documentation française / Ministère des Affaires étrangères, janvier 1987, p. 72.
- Arrêté du 28 mars 1996 relatif au contrôle financier de l'Institut du monde arabe, JORF no 83, 6 avril 1996, p. 5349, NOR ECOB9670001A, sur Légifrance.
- « Institut du monde arabe : Est-ce à nous de payer ? », Le Cri du contribuable, 17 novembre 2008.
- « 12,6 millions par an pour l'Institut du monde arabe », Observatoire des subventions, 9 mars 2010.
- Jean-Marie Leforestier, « Muselier d'Arabie », Le Ravi, novembre 2011 [texte intégral].
- Adrien Gouteyron au nom de la Commission des Finances du Sénat, « Réussir le sauvetage de l'Institut du monde arabe », rapport d'information no 360 (2007-2008), 28 mai 2008, sur le site du Sénat français
- Réussir le sauvetage de l'Institut du monde arabe, p. 25.
- Réussir le sauvetage de l'Institut du monde arabe, p. 8.
Bibliographie[modifier]
- Georges Fessy, Jean Nouvel et Hubert Tonka, Institut du monde arabe : Une architecture de Jean Nouvel, Gilbert Lezénés, Pierre Soria, Architecture studio, Seyssel, Champ Vallon, coll. « État d'architecture », 1988, 69 p. (ISBN 2-87673-003-0) ; 2e éd. : Paris, Demi-cercle, coll. « États des lieux », 1989 (ISBN 2-907757-03-2) ; 3e éd. : Paris, Demi-cercle, coll. « Un lieu / un architecte », 1995 (ISBN 2-907757-54-7)
- Patrice Goulet, Institut du monde arabe, Paris, Institut du monde arabe, 2001, 46 p. (ISBN 2-84306-079-6)
- Institut du monde arabe, Institut du monde arabe : Vingt ans d'activités, 1980-2000, Paris, Institut du monde arabe, 2002, 436 p. (ISBN 2-84306-094-X)
- Hugo Lacroix (préf. Dominique Baudis), L'Institut du monde arabe, Paris, La Différence, coll. « Architectures », 2007, 128 p. (ISBN 978-2-7291-1720-7)
- Philippe Cardinal, L'Institut du monde arabe, Paris, Nouvelles éd. Scala, coll. « L'Esprit du lieu », 2012, 63 p. (ISBN 978-2-35988-078-6)