Gypse

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne un minéral. Pour la roche, voir gypse (roche).
Gypse
Catégorie VII : sulfates, sélénates, tellurates, chromates, molybdates, tungstates[1]
Gypse et soufre - Sicile - (32×18cm)

Gypse et soufre - Sicile - (32×18cm)
Général
Numéro CAS 10101-41-4
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule brute H4CaO6SCaSO4·2H2O
Identification
Masse formulaire[2] 172,171 ± 0,011 uma
H 2,34 %, Ca 23,28 %, O 55,76 %, S 18,62 %,
Couleur incolore, mais aussi de blanc à gris, parfois verdâtre, rougeâtre, jaune, vert, orange, rosé, brun clair à brunâtre, la coloration s'accroissant avec sa massivité
Classe cristalline et groupe d'espace prismatique ; A2/a ou I2/a
Système cristallin monoclinique
Réseau de Bravais centré A ou I selon les auteurs
Macle communes sur {100}, macles en queue-d'aronde. Sur {110} ou {101}, macle en papillon ou fer de lance. Rare sur {209}
Clivage parfait à {010}, net à {100} et {011}
Cassure irrégulière, micacée, esquilleuse
Habitus cristaux bien développés, lenticulaires, prismatiques à tabulaires, associés en roses... mais le plus souvent massif, lamellaire ou fibreux, en amas cristallin plus ou moins grossiers, plus ou moins fins, plus ou moins lités
Échelle de Mohs 1,5-2 (2 par définition)
Trait blanc
Éclat vitreux à soyeux, nacré, subvitreux et perlé sur les faces du clivage
Propriétés optiques
Indice de réfraction a=1,519-1,521, b=1,522-1,523, g=1,529-1,53
Pléochroïsme aucun
Biréfringence biaxial (+) ; 0,0090-0,100
Dispersion 2vz ~ 58
Fluorescence ultraviolet jaune, orangée, bleue ou verte sous U.V. longs ; phosphorescent blanc verdâtre sous UV
Transparence transparent, translucide
Propriétés chimiques
Densité 2,31 - 2,33
Température de fusion Devient de l'hémihydrate de 125 à 130 °C ;
devient anhydre à 163 °C. °C
Fusibilité Des feuillets se détachent à la calcination et fondent en libérant de l'eau.
Solubilité Se dissout dans HCl chaud,
2 g·l-1 dans l'eau à 20 °C.
Comportement chimique flexible, mais non élastique
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Le gypse est une espèce minérale composée de sulfate dihydraté de calcium de formule CaSO4·2H2O. Le mot gypse désigne ainsi à la fois un corps chimique composé minéral naturel et une roche tendre, de dureté 2 dans l'échelle Mohs qui se fend et se délite aisément[3], rayable à l'ongle en laissant une trace blanche, de densité 2,317. Cette dernière roche évaporite est encore nommée le plus souvent gypse en français, et bien plus rarement gypsite par influence anglo-saxonne.

Le gypse, minéral très répandu, est universellement connu par les nombreuses variétés morphologiques de ses cristaux. Il est ainsi qualifié de fer de lance, pied d'alouette, fibreux, terreux, grenu, saccharoïde, lamellaire, vitreux transparent ou pierre de lune, mica, spath satiné, pailleté de soleil, rose des sables... et sa variété la plus dure, à beaux poli, employé par les sculpteurs se nomme même par sa blancheur immaculée albâtre[4].

Le gypse, autrefois nommé la chaux sulfatée naturelle, est le minerai qui permet de fabriquer le plâtre ou le stuc. Il entre aussi dans la composition des ciments.

La mine de Naica permet de voir des cristaux géants de ce minéral dépassant 11 mètres de long.

Historique de la description et appellations[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le neutre gréco-latin gypsum, emprunté au grec γύψος (gypsos), désigne la pierre à plâtre, le gypse, voire la craie et le ciment en général, mais surtout le plâtre jusqu'à ses applications antiques, statue ou portrait en plâtre dès l'époque de Juvénal[5].

Une fausse étymologie hellénique prétend décomposer le grec gupsos en gê (la terre) et ipson (brûler). Ce serait ainsi la « (pierre, élément terrestre) qui est grillée au feu ». Mais la racine du mot est probablement sémitique car la connaissance du gypse et l'art d'en obtenir des plâtres de diverses qualités est attestée en Égypte antique. Des plâtres mélangés avec du sable fin constituent la base du mortier employé pour la construction des pyramides et des tombeaux[6].

L'ancien français du début du XIIIe siècle connaît les termes gip, gif ou gist qui désignent autant le gypse que le plâtre[7]. Pour distinguer le gypse ou le plâtre durci de la poudre fine, il est parfois précisé mort et vif. Le latin médiéval a influencé la graphie gips, attestée en 1464 avant la réécriture humaniste qui a donné gypse en français[8]. L'anglais a gardé l'écriture savante gréco-latine gypsum. En allemand, der Gips ou le dialecte alsacien Gips entretiennent la même confusion que l'ancien français ou l'anglais entre plâtre (forme cuite réhumidifiée ou non) et le minéral ou la roche initiale.

Autrefois, les plâtriers désignaient le gypse naturel comme la pierre de lune. Il considérait que la variété transparente fournissait l'image minérale de la lune. Il semble que cette tradition soit gréco-romaine, puisque le mot grec σεληνη (sélêné), connu dans tout l'Empire pour désigner la lune était un autre nom du gypse.

L'hémihydrate et le dihydrate de sulfate de calcium, soient respectivement le plâtre et le gypse, l'anhydrite sont des espèces chimiques précisément dénommées d'après la nomenclature lavoisienne, par des chimistes français œuvrant à la compréhension chimique du plâtre de Paris depuis la fin du XVIIIe siècle.

Synonymes[modifier | modifier le code]

Ambiguïté du terme sélénite

  • Pour les francophones, le terme « sélénite » était usité comme un simple synonyme du gypse minéral naturel[15].
  • Pour les anglo-saxons, le terme selenite est encore usité pour désigner des grands cristaux particulièrement purs, souvent soit limpides soit transparents ; il s’agit pour eux d’une variété du gypse naturel.
  • Pour les chimistes, le terme sélénite (français) ou selenite (anglais) désigne un sel du sélénium, un élément chimique sans aucun rapport avec le gypse, même si on peut en trouver des traces sous forme d’impuretés dans le minerai naturel.
  • Pour l’association internationale de minéralogie, seul le gypse est reconnu, sous le terme Gypsum[16].

Caractéristiques physico-chimiques[modifier | modifier le code]

Le gypse est légèrement soluble dans l'eau pure, soit une solubilité maximale de 2,5 g par litre dans les conditions normales de température et de pression. Le passage en solution ou dissolution est en général imperceptible à l'œil. L'eau qui a solubilisé du gypse était nommée par les anciens chimistes eau séléniteuse, ou autrefois "eau de lune" dans la tradition médiévale des plâtriers.

Chauffé entre 120 et 130°C, ce corps minéral se décompose en une poudre fine d'hémihydrate de sulfate de calcium, encore communément dénommée le plâtre ou correspondant en minéralogie à la bassanite[17].

CaSO4.2H2O solide cristal → CaSO4. ½H2Opoudre + 3/2 H2O vapeur d'eau

Le gypse possède des propriétés plastiques caractéristiques des minéraux d'évaporites, soumis à forte pression, il peut s'écouler et constituer une semelle de glissement, par effet de gravité ou de pression tangentielle. Les montagnes qui reposent sur des bancs de gypse sont susceptibles d'être glissées, versées ou coulissées au loin par des nappes de charriage.

Variétés et mélanges[modifier | modifier le code]

Les cristaux isolés peuvent être en forme de bloc, biseautée, prismatique à tabulaire, lamellaire, lenticulaire... Le gypse "corne de bélier" est formée de longs et fins cristaux fibreux qui épousent ce motif courbe.

Le gypse cristallise selon des faciès très divers. Les trois premières variétés microcristallines ou à petits cristaux compacts ou enchevêtrés sont surtout présentes dans la roche. Ce sont principalement des variétés d'habitus :

  • albâtre gypseux : variété grenue de gypse massif à grains fins ; elle est translucide, parfois blanche. À noter que le terme albâtre n'est pas propre au gypse et à sa roche mais s'étend aux calcaires ;
  • gypse fibreux : variété en couches à fibres parallèles, à éclat satiné, ou en concrétions à fibres courbées. On les trouve dans les fissures ou au contact de l'anhydrite. Elle correspond à la pierre à plâtre ou provient souvent de l'évolution de l'anhydride soluble naturelle ; Le spath satiné se caractérise par les reflets soyeux de ses cristaux fibreux.
  • gypse saccharoïde : variété dont le nom dérive du latin saccharum ou du grec sakkharon, sucre, qui est un gypse en masses granulaires compactes et grossières ;
  • ordite : variété qui est en fait une pseudomorphose de gypse d'un minéral non identifié, découverte à Orda, dans le kraï de Perm, en Russie ;
  • gypse lenticulaire : plus rarement, le gypse se trouve sous forme de grands cristaux transparents, tabulaires ou maclés. Les variétés de gypse de grande taille dénommées autrefois « sélénite » atteignent quelques centimètres ou même quelques décimètres. On les trouve souvent dans les sables ou les argiles à proximité des bancs gypseux. Les cristaux du gypse sont bien connus des chimistes pour leur facilité à former des macles ou associations de faces cristallines. Ils peuvent être « en fer de lance », « en queue d'hirondelle » ou former des « roses des sables » :
    • le gypse en fer de lance est le résultat de la macle de deux grands cristaux lenticulaires. À la loupe ou à l'œil nu, un fer de lance est formé d'une macle ou union de deux cristaux géants suivant une ligne médiane bien visible ; La mine Case of Swords, à Naica, dans l'état désertique de Chihuahua, au Mexique, dévoile de gigantesques épées de gypse, dépassant souvent deux mètres. En effet, des "cristaux de sélénite" transparents, marqués de stries verticales, à face apicale et à éclat perlé, atteignent la dimension d'un cercueil d'homme.
    • il existe aussi des macles simples dites pieds d'alouette, en queue d'aronde (favorisant les cristaux prismatiques), en queue d'hirondelle... ;
    • les roses des sables sont des cristallisations lenticulaires de gypse dont la disposition rappelle les pétales de roses. Elles se forment par évaporation d'eau infiltrée sur des grains de quartz support qui peuvent en constituer parfois plus de la moitié de la masse. La rose des sables est ainsi le résultat de multiples associations maclées de gypse. Ces cristallisations se rencontrent dans des terrains tendres (sable, argile), principalement dans les déserts, mais peuvent aussi se rencontrer dans les zones tempérées, notamment en France. Les plus connues et plus belles proviennent des marges sahariennes du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) ou désertiques des États-Unis (Arizona, Nouveau-Mexique)[18].

Le gypse peut par effet d'érosion prendre un aspect de perles polies, dites "pailletés de soleil".

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

Le clivage microscopique des grands cristaux appartenant au système cristallin monoclinique, classe prismatique, est facile. Les feuillets se courbent sans avoir l'élasticité propre au mica. La structure cristalline du gypse est très simple : les feuillets de tétraèdres SO42-, contenant le soufre au centre d'un tétraèdre et les quatre oxygènes aux quatre sommets, sont liés entre eux par des cations Ca2+. Une cohésion faible est assurée par les molécules d'eau entre les feuillets. Elle est encore plus faible si l'ion Na+ s'y installe. Cette architecture ionique explique le clivage facile du gypse, ainsi que son application industrielle majeure, la fabrication du plâtre.

Le gypse est le représentant d'un groupe isostructurel, le groupe du gypse :

Cristallographie[modifier | modifier le code]

La forme cristalline dérive d'un prisme rhomboïdale oblique.

  • Paramètres de la maille conventionnelle : a = 5,68 Å, b = 15,18 Å, c = 6,29 Å, β = 113,833° (V = 496,09 Å3), Z = 4 unités formulaires par maille
  • Densité calculée = 2,31 g/cm3

Gîtes et gisements[modifier | modifier le code]

Gîtologie et minéraux associés[modifier | modifier le code]

Le gypse est un des sulfates naturels les plus communs. Le minéral se forme principalement par sédimentation épaisse au cours de l'évaporation de lagunes d'eau de mer coupées de la mer, par la première cristallisation des sels contenus dans l'eau.

Les bancs puissants de gypse font partie des roches sédimentaires salines, encore appelées roches évaporites. Leur préformation lagunaire semble évidente :

  • lorsque le niveau des océans augmente, des lagunes se remplissent ;
  • lorsque le niveau baisse, ces lagunes sont coupées de la mer, son eau s’évapore et le gypse se dépose au fond.

Les dépôts salins complexes sont recouverts ensuite par d'autres sédiments ou soumis à d'autres multiples influences géologiques. Le gypse peut perdre les molécules d'eau retenues au cours de sa cristallisation à partir de 42°C pour donner naissance à l'anhydrite, un cristal anhydre du sulfate de calcium (CaSO4), qui se retransforme lentement en gypse si elle entre à nouveau en contact avec l'eau ou si la température ou la pression baisse.

Le gypse formé en couches épaisses d'évaporites marines se rencontre en présence de minéraux comme l'anhydrite, l'aragonite, la calcite, la célestine, la dolomite, la halite et les sulfures.

Le gypse est aussi un dépôt assez commun de sources thermales. Le gypse apparaît autour des dépôts de fumerolles, phénomènes associés en profondeur aux batholites. Il peut avoir aussi avoir une origine volcanique.

Le gypse des mines métallifères, notamment dans les zones de minerais sulfurés soumis à dégradation oxydante des sulfures, provient de filons hydrothermaux nés au contact des plutons granitiques.

Le gypse est également parfois présent dans certaines météorites.

Dans les zones désertiques, les dépôts sédimentaires remaniés par l'érosion éolienne, avec dépôt et reprise par le vent, génèrent l'accumulation progressive de sables gypseux en dunes impressionnantes, composés parfois de minéraux érodés quasi-purs, comme à White Sands au Nouveau-Mexique. Parfois, le vent dissémine simplement les fins cristaux, qui finissent par constituer des agrégats en "rosettes", avec souvent à l'origine des noyaux d'origines diverses (sables calcaires ou siliceux, argiles...), dans les endroits de dépôts.

Dans les différents gisements, selon les conditions, le gypse cristallise ou recristallise de différentes façons, formant en particulier des cristaux plus ou moins grands.

En France d'importants dépôts de gypse apparaissent entre -250 et -33 millions d'années.

Gisements producteurs de spécimens remarquables ou simplement gigantesques[modifier | modifier le code]

  • France
Montmartre, Paris, Île-de-France[19]
Malvesi, Les Geyssières, Narbonne, Aude, Languedoc-Roussillon
Mazan (Vaucluse) avec cristaux mesuré de plus de deux mètres dans une cavité.
Arignac, Tarascon-sur-Ariège, Ariège, Midi-Pyrénées[20]
La Verrière, Monsols, Rhône, Rhône-Alpes[21]
Caresse-Cassaber, Pyrénées-Atlantiques : Cristaux pouvant dépasser un mètre très limpide.
  • Italie
Les sites toscans près de Volterra ou de Perticara en Romagne sont appréciés des collectionneurs pour leurs splendides cristaux limpides.
En Sicile, il existe de magnifiques associations entre gypse et soufre.
Mine Niccioleta, Massa Marittima, Province de Grosseto, Toscane[22]
  • Maghreb
gisements de rose des sables de grande qualité, aux confins du Maroc et du Sud Algérien, du Sud Tunisien
  • Nouveau-Mexique
Gisement de sables gypseux de White Sands. Ce désert de sable de gypse blancs, visible de l'espace, couvrent 580 km². Des dunes gypseuses peuvent dépasser 12 mètres de haut.
  • Texas
gisement de Terlingua
  • Mexique
Mine de Naica Mun. de Saucillo, Chihuahua. Cette mine héberge des cristaux géants de gypse pouvant atteindre 10 mètres de long. Le phénomène est expliqué par des conditions particulières de cristallisation très stables à partir d'eaux ayant dissout de l'anhydrite[23].
Mines de San Marcos dans le golfe de Californie en Basse-Californie-du-Sud, représentant 85 % de la production nationale[24].
  • Australie
Lac Eyre. Cette formation désertique d'Australie-Méridionale s'étendant sur 9300 km² pourrait contenir 4 milliard de tonne de gypse.

Exploitation des gisements[modifier | modifier le code]

Son exploitation dépasse 60 millions de tonnes en 1980. Environ 75 % du gypse exploité sert à la fabrication du plâtre de Paris.

Utilisations industrielles[modifier | modifier le code]

  • Le gypse, comme l'anhydrite, est utilisé pour la fabrication du plâtre. Par chauffage, on obtient un sulfate hémihydraté qui, après broyage, forme un liant qui se réhydrate en gypse au contact de l'eau.
  • Le gypse a servi d'amendement calcaire de sol lourd dans certaines conditions pédologiques et en climat forestier humide. À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, le gypse de la Nouvelle-Écosse fut très recherché comme amendement pour les champs de blé aux États-Unis.
  • Le gypse peut être utilisé comme traitement contre le sel (chlorure de sodium) dans les champs inondés par la mer[réf. souhaitée].
  • Dans l'Antiquité, des cristaux de gypse particulièrement purs, débités en fines lames transparentes ou translucides, ont été employés dans la fabrication de vitres, en l'absence de verre[25], comme en atteste Pline l'Ancien[26].

Extraction et production[modifier | modifier le code]

Les gisement d'Aix-en-Provence et de Paris étaient autrefois appréciés pour permettre la fabrication de plâtres à prise rapide et résistants, de haute renommée. Mais il existait aussi pléthore de petits gisements locaux exploités, souvent encore très multiples à l'échelle départementale jusqu'à l'aube du XXe siècle. La mécanisation et la rationalisation économique de la production, ainsi que la disparité d'accès et la variété des petits gisements spécifiques, a contribué à concentrer et à monopoliser la production française à quelques sites notoires.

Quelques spécialistes estiment à 70 % des réserves françaises exploitables le gypse qui se trouve dans les vastes assises du bassin parisien. L'extraction et la transformation du gypse y emploient 3 400 salariés et génèrent un chiffre d'affaires de 740 millions d'euros. En 2005, 3,1 millions de tonnes de gypse rocheux ont été extraits des carrières franciliennes[27] dont les principales sont actuellement à Cormeilles-en-Parisis, Villevaudé, Vaujours et sous la Forêt de Montmorency, mais l'exploitation gypsière a marqué de nombreux autres sites, tels que le plateau d'Avron, la Butte-Pinson, la butte de Romainville.

Le gypse naturel tout comme l'anhydrite sont extraits soit à ciel ouvert, soit en mines souterraines.

La production industrielle du gypse s'effectue par la banale précipitation du sulfate de calcium dans différents procédés industriels, notamment :

De nombreuses études ont été menées pour le substituer au gypse naturel, notamment dans la fabrication de carreaux de plâtre. Le séchage de ces derniers s'est avéré prohibitif (?? cout? consommation d'énergie? ref). En revanche, la fabrication de la variété α de l'hémihydrate du sulfate de calcium, obtenue par autoclavage en présence d'additifs minéraux, permet d'obtenir des cristaux de taille nettement plus importante et dont le séchage est beaucoup moins cher ;

  • la désulfuration des gaz : en Allemagne, la loi de 1983 concernant la protection contre les rejets toxiques dans l'atmosphère impose aux centrales thermiques à combustibles fossiles d'être équipées d'installations de désulfuration des gaz de fumée. Il s'agit d'un procédé simple de traitement des fumées, reposant sur l'utilisation de chaux hydratée ou de lait de chaux (la production de chaux générant néanmoins de fortes émissions de dioxyde de carbone qui est un gaz à effet de serre). Les cristaux de gypse ainsi obtenus peuvent servir de matière première à l'industrie des matériaux de construction. Un procédé semblable est utilisé pour le traitement des gaz acides issus de l'incinération des ordures ménagères ;
  • la neutralisation des eaux riches en sulfates et en certains acides des industries du dioxyde de titane.

Recyclage[modifier | modifier le code]

Les déchets et résidus de plâtre et de certains produits à base de plâtre peuvent être récupérés, puis triés et recyclés (théoriquement indéfiniment, la mise en pratique est un peu différente.). Il en va de même - toujours en théorie - pour le polystyrène expansé qui est souvent associé aux déchets de placoplâtre[28].
À ce jour,l'essentiel des déchets de plâtre est néanmoins éliminé comme amendement agricole (suscitant des controverses) en décharge où il pose problème en raison de sa teneur en soufre. Au royaume Uni, British Gypsum a été le premier industriel a créer (en 2011) à l'intention des professionnels[29] (et non des particuliers) un programme de recyclage des plaques de plâtre, dit « Plasterboard Recycling Service »[30], il s'agit aussi d'une réponse à l'augmentation d'une écotaxe (Landfill Tax portant sur la mise en décharge des déchets[28]).

SINIAT, une usine française d'Auneuil produisant du plâtre est passé d'un taux de réemploi de 5 % en 2008 à près de 15 % en 2013, et début 2013, un projet "Gypsum to Gypsum" a été lancé par « Eurogypum » avec le soutien du député européen Jean-Paul Gauzès[31].

Galerie[modifier | modifier le code]

Galerie France[modifier | modifier le code]

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Galerie Monde[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. Le minéral a servi d'étalon pour définir à l'origine le degré 2.
  4. Il faut noter qu'il existe des variétés de gypse très pures, mais aussi des formations impures ou associations minérales qui portent le même nom que celles citées. D'où une perpétuelle confusion... Nous faisons ici référence à des variétés minéralogiques de haute pureté, plus rares.
  5. Dictionnaire latin-français de Felix Gaffiot, Hachette
  6. (en) Ben Selinger, Chemistry in the Marketplace, Fifth Edition, Harcourt Brace, Sydney, 1998, 588 pages. En particulier page 321
  7. Algirdas Julien Greimas, Dictionnaire de l'ancien français, Larousse, Paris, 1992
  8. Albert Dauzat, Jean Dubois et Henri Mitterand, Dictionnaire historique et étymologique, Larousse
  9. Valmont-Bomare, Dictionnaire raisonné, universel d'histoire naturelle, 1800, p. 16
  10. (en) Lionel H. Cole et William F. Jennison, Gypsum in Canada: its occurrence, exploitation, and technology, Canada. Mines Branch (1901-1936), no  245, 1913, p. 102
  11. J.C. Delamétherie, Leçons de minéralogie. 8 volumes, Paris, vol. 2, 1812, p. 380
  12. (en) Max Hutchinson Hey, An index of mineral species & varieties arranged chemically: with an ..., British Museum (Natural History). Dept. of Mineralogy, 1955, p. 278
  13. (en) Glossary of geology and related sciences: a cooperative project, American Geological Institute, 1957, p. 215
  14. Gabriel Delafosse, Adolphe Brongniart et Anselme-Gaëtan Desmarest, dans Bulletin des sciences naturelles et de géologie, vol. 1, p. 338
  15. « Sélénite », sur Centre National de Resources Textuelles et Lexicales (consulté le 25 avril 2011)
  16. (en) [PDF]« The official IMA-CNMNC List of Mineral Names », sur Commission on new minerals, nomenclature and classification, International Mineralogical Association,‎
  17. La simple réaction chimique ne dévoile nullement l'art antique du plâtrier ou l'industrie du plâtre, esquissée dans l'article sur la roche.
  18. Il ne faut pas les confondre avec les rosettes de baryte, de même forme mais plus dense.
  19. (en) Charles Palache, Harry Berman et Clifford Frondel, The System of Mineralogy of James Dwight Dana and Edward Salisbury Dana, Yale University 1837-1892 : Halides, Nitrates, Borates, Carbonates, Sulfates, Phosphates, Arsenates, Tungstates, Molybdates, Etc., vol. II, John Wiley and Sons, Inc.,‎ , 1124 p., p. 485
  20. D. Descouens, « Les Mines de gypse d'Arnave et Arignac », dans Monde et Minéraux, vol. 62, 1984, p. 16-17
  21. G. Favreau, J.-R. Legris et M. Dardillac, « La Verrière (Rhône): Histoire et Minéralogie », dans Le Cahier des Micromonteurs, vol. 53, no 3, 1996, p. 3-28
  22. (it) G. Brizzi, M. Capperi et A. Masotti, « La miniera di pirite di Niccioleta, Massa Marittima (GR) », dans Rivista Mineralogica Italiana, Milano, Fasc. 4 (1989) et Fasc. 1-2 (1990)
  23. M. Garcia-Ruiz et al., dans Geology, no  35, 2007, p. 327
  24. (en) San Marcos se consolida como el principal productor del país dans El Universal du 24 février 2008
  25. Geneviève BOUILLET, « Les pierres utilitaires dans les constructions romaines : matériaux et techniques », COMITÉ FRANÇAIS D'HISTOIRE DE LA GÉOLOGIE,‎ (consulté le 16 mars 2010)
  26. BERNARDEZ GOMEZ Maria José ; GUISADO DI MONTI Juan Carlos, « Les références au lapis specularis dans l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien », Presses universitaires du Mirail, Toulouse, FRANCE,‎ (consulté le 16 mars 2010)
  27. Article de Marie Linton publié dans le supplément Économie du quotidien Le Parisien, édition du 12 mars 2007
  28. a et b valorisation des déchets à base de plâtre, Notre planète-Info, consulté 2013-09-10
  29. Ces professionnels sont les entrepreneurs/constructeurs du secteur du bâtiment et les artisans plaquistes, ainsi que les acteurs du négoces de matériaux
  30. Programme de recyclage des plaques de plâtre L’initiative de British Gypsum, consulté 2013-09-11
  31. Bertarnd Pucheu (2013), Le recyclage du plâtre a de l'avenir, courrier Picard du 2013-06-25

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ronald L. Bonewitz, Margareth Carruthers, Richard Efthim, Roches et minéraux du monde, Delachaux et Niestlé, 2005, 360 pages (traduction de l'ouvrage anglo-saxon, publié par Dorling Kindersley Limited, London, 2005), en particulier p. 212 à p. 213. ISBN 2-603-01337-8
  • Alfred Lacroix, Le gypse de Paris et les minéraux qui l'accompagnent (première contribution à la minéralogie du bassin de Paris), Masson et Cie, 1897, 296 p.
  • Henri-Jean Schubnel, avec Jean-François Pollin, Jacques Skrok, Larousse des Minéraux sous la coordination de Gérard Germain, Librairie Larousse, Paris, 1981, 364 p. (ISBN 2-03-518201-8). en particulier, page 167-168.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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