Folies Bergère

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Le théâtre des Folies Bergère est une salle de music-hall parisienne qui, de la Belle Époque à la fin des Années folles, symbolisa la vie parisienne, en présentant des revues dansées et des spectacles de variétés.

De nos jours, les Folies présentent des comédies musicales, des spectacles de théâtre musical et des concerts de musiques actuelles… Contrairement à une idée reçue, les Folies Bergère sont un théâtre avec des fauteuils où chaque siège est numéroté et non un cabaret avec des tables et des chaises. La salle de spectacle contient 1679 places réparties sur trois niveaux. Les places sont réparties en trois catégories et un Carré Or VIP. Leur prix diffère en fonction de leur situation par rapport à la scène et de leur visibilité.

La salle est située 32 rue Richer dans le 9e arrondissement.

Le théâtre est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 7 novembre 1990[1].

Ce site est desservi par les stations de métro Cadet et Grands Boulevards.

Historique[modifier | modifier le code]

Le bâtiment est construit comme une maison d'opéra par l'architecte Plumeret. Il ouvre le 2 mai 1869 sous le nom de « Folies Trévise », et devient « Folies Bergère » le 13 septembre 1872.

En 1886, Édouard Marchand conçoit un nouveau genre de spectacle : la revue de music-hall. Édouard Marchand comprend que la femme est au cœur de ce nouveau concept et va l'imposer aux Folies Bergère. En 1902, après 16 ans de succès, la maladie contraint Édouard Marchand à laisser la place[2]. En 1912 a lieu la première apparition sur scène d'une femme totalement dénudée[3].

En 1918, une nouvelle ère commence pour les Folies Bergère avec Paul Derval, qui va marquer de son empreinte l'histoire de la revue.

Désormais, ses revues proposent aux spectateurs une débauche de costumes, de décors, d'effets de mise en scène pour mettre en valeur sa troupe qui est composée de girls anglaises à la discipline de fer et de « petites femmes nues ». Pour Derval, ces petites femmes nues doivent être la marque de fabrique des Folies. « Ah, ces femmes nues, dira-t-il plus tard, si je m'avisais de les supprimer, je n'aurais plus qu'à fermer la boutique... ». De même, il note l'importance des plumes dans leurs costumes : « Les plumes, c'est une responsabilité de poids qu'il ne faut pas prendre à la légère »[3].

Profondément superstitieux, il décide que tous les titres des revues présentées aux Folies doivent comporter 13 lettres, ainsi que le mot « folie » au singulier ou au pluriel. Dans le contexte des années 1920 et du début des Années Folles, la mise en application de tous ces éléments ouvre à Paul Derval la voie du triomphe.

En 1936, Derval fait revenir de New York sa chère Joséphine Baker pour mener la revue En Super Folies. C'est Michel Gyarmathy, un jeune hongrois tout fraîchement débarqué de son Balassagyarmat natal, qui en dessine l'affiche. Et c'est ainsi que débute une longue histoire d'amour entre Michel Gyarmathy, Paris, les Folies Bergère et le public du monde entier, qui durera 56 ans.

Les obsèques de Paul Derval sont célébrées le 20 mai 1966. Il avait 86 ans, et durant 48 ans il aura régné sans partage sur le plus célèbre music-hall du monde. Son épouse Antonia, s'appuyant sur Michel Gyarmathy, lui succède.

En août 1974, les Folies subissent une cure de jouvence, puisque Antonia Derval transmet ses pouvoirs à Hélène Martini, « l'impératrice de la nuit » (vingt-cinq ans auparavant, celle-ci avait été mannequin aux Folies Bergère, après avoir été déportée en camp de concentration pendant la guerre[3]). Cette nouvelle maîtresse des lieux réunit les qualités propres à maintenir encore en activité le tout dernier music-hall de l'histoire, demeuré fidèle à la tradition.

Dès 1978 elle s'adjoint Georges Terrey au poste de Directeur délégué. Pendant près de vingt ans, ils maintiennent le style et la tradition, et créent Folie je t'adore, Folies de Paris et Folies en folie. Mais en 1993, consciente que l'esthétique purement clinquante n'est plus de mise et que les Folies Bergère (nées en 1886, à la fin du siècle et à la fin d'une époque) doivent évoluer avec le siècle et avec les aspirations des spectateurs et l'imagination des créateurs, Hélène Martini décide de rompre avec le passé passéiste et présente une nouvelle revue d'Alfredo Arias.

À partir de 1993, le style des spectacles change, la directrice joue sur la modernité et la remise au goût du jour des revues. D'auteurs en chorégraphes, de metteurs en scène en décorateurs, les spectacles se succèdent avec succès, et la qualité des représentations confirme la renommée des Folies Bergère.

En 2000, c'est avec Valérie Lemercier qu'elle décide de faire changer de siècle aux Folies, suivie ensuite par Marianne James qui fera aux Folies ses adieux irrévocables de l'ultima récital.

Puis lors de la saison 2006-2007, c'est l'aventure de Cabaret : spectacle évènement avec plus de 350 000 spectateurs, plus de 450 représentations et six nominations aux Molières, c’est donc à Paris que se poursuit le succès de cette nouvelle version de Sam Mendes, qui a été créée à Broadway. On y retrouve Claire Pérot dans le rôle de Sally Bowles et Fabian Richard dans le rôle de Emcee. Fort de son succès, le spectacle est prolongé jusqu'au 27 janvier 2008.

Une production française du spectacle musical Zorro ouvre ses portes le 5 novembre 2009 avec Laurent Ban dans le rôle de Zorro, Liza Pastor dans le rôle de Luisa, Géraldine Larrosa dans le rôle d'Inès et Benoît de Gaulejac dans le rôle du Sergent Garcia. Basé sur les chansons des Gipsy Kings, le spectacle, produit par Stage Entertainment, ferme ses portes le 27 juin 2010 après avoir accueilli plus de 150 000 spectateurs.

Les plus grandes têtes d'affiches de John Butler à Herbie Hancock ou Jamie Cullum, Bénabar ou Fiona Apple et Tindersticks, Omara Portuondo, Stéphane Eicher, Vanessa Paradis, Thomas Fersen ou Juliette se succèdent sur la scène mythique de la rue Richer.

Le chapitre du XXIe siècle est ouvert, et les Folies Bergère sont en route pour leur 150e anniversaire.

En 2010, 50 théâtres privés de Paris réunis au sein de l’Association pour le Soutien du Théâtre Privé (ASTP) et du Syndicat National des Directeurs et Tourneurs du Théâtre Privé (SNDTP), dont fait partie le théâtre des Folies Bergère, décident de se renforcer grâce à une nouvelle enseigne, symbole du modèle historique du théâtre privé : les “Théâtres Parisiens Associés”[4]

En septembre 2011, le théâtre des Folies Bergère est racheté par le Groupe Lagardère pour 9 millions d’euros, en association avec Jean-Marc Dumontet, le producteur de Nicolas Canteloup qui assurera la gestion de l’ancien music-hall. Jean-Marc Dumontet possède plusieurs salles parisiennes : Bobino, Le Point-Virgule et, avec Laurent Ruquier, le théâtre Antoine.

En 2012, Hélène Martini met en vente 6000 costumes créés au music-hall entre 1974 et 2002[3].

En 2013, le Groupe Lagardère devient l'unique détenteur des Folies Bergère en reprenant les parts de Jean-Marc Dumontet[réf. nécessaire].

Artistes célèbres s'y étant produits[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]