Palais de Tokyo

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Palais de Tokyo
Vue aérienne sur le Palais de Tokyole Musée d'art moderne occupe l'aile est (à droite).
Vue aérienne sur le Palais de Tokyo
le Musée d'art moderne occupe l'aile est (à droite).
Présentation
Période ou style Art déco
Destination initiale Palais des Musées d'art moderne
Site web www.palaisdetokyo.com/
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 52″ N 2° 17′ 52″ E / 48.86444, 2.2977848° 51′ 52″ Nord 2° 17′ 52″ Est / 48.86444, 2.29778  

Le Palais de Tokyo est un bâtiment consacré à l'art moderne et contemporain (nom d'origine : « Palais des Musées d'art moderne »), situé au 13, avenue du Président-Wilson dans le 16e arrondissement de Paris. L'aile Ouest du bâtiment accueille depuis 2002 un centre d'art contemporain, le Palais de Tokyo, l'aile Est, qui appartient à la Ville de Paris, abrite le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.

Le bâtiment du Palais de Tokyo donne, du côté de la Seine, sur l'avenue de New-York qui a porté le nom de Quai Debilly puis Avenue de Tokio (de 1918 à 1945). Un arrêté municipal du 14 mai 1997 a attribué le nom de Place de Tokyo (avec une graphie différente de celle de l'ancienne avenue) à une aire de stationnement située devant le Palais de Tokyo, du côté de l'avenue du Président-Wilson.

Après avoir été codirigée par Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud (2000-2006), puis par Marc-Olivier Wahler (2006-2012), le Palais de Tokyo est actuellement présidée par Jean de Loisy (2011-).

Ce site est desservi par les stations de métro Alma - Marceau et Iéna.

Le Palais de Tokyo, centre d'art contemporain[modifier | modifier le code]

La cafétéria du Palais de Tokyo / Site de création contemporaine. Au sol, une œuvre de l'artiste Michael Lin.
Vue d'une exposition au Palais de Tokyo / Site de création contemporaine, Paris

En 1999, Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication, décide de rouvrir partiellement l'aile Ouest du bâtiment en y implantant un centre d'art contemporain, avec un accent mis sur la scène émergente, notamment française et européenne.

Une partie du bâtiment Palais de Tokyo est alors dévolue à une association loi de 1901, présidée d'abord par le célèbre critique d'art contemporain Pierre Restany puis, après son décès en 2003, par Maurice Lévy, président-directeur général de Publicis, dénommée Palais de Tokyo[1].

Un concours est lancé et en juillet 1999, Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans sont choisis, nommés directeurs pour une période de trois ans à partir de l’ouverture, qui eut lieu le 22 janvier 2002, le Palais de Tokyo / Site de création contemporaine ayant été inauguré par Lionel Jospin le 21 janvier. Le mandat des deux directeurs est prolongé jusqu’en 2006. En février 2006, Marc-Olivier Wahler débute son mandat comme nouveau directeur pour trois années. En 2009, son mandat est renouvelé jusqu'en février 2012.

Dans des espaces réaménagés par les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, le Palais de Tokyo / Site de création contemporaine, est un lieu interdisciplinaire consacré à la création contemporaine sous toutes ses formes : peinture, sculpture, design, mode, vidéo, cinéma, littérature, danse. Le site, grande coquille courbe, très modulable, permet d'organiser tous types d'expositions même éphémères, des installations ou des spectacles. Le lieu a innové également par des horaires d'ouverture inhabituels pour un lieu culturel : il est ouvert du lundi au dimanche (sauf le mardi), de midi à minuit.

Depuis le 24 janvier 2004, plusieurs jongleurs et performeurs des arts du feu se réunissent tous les samedis soirs sur l'esplanade extérieure. Une association (le BurnCrewConcept) s'est formée dans le but de promouvoir cette passion commune.

Le Palais de Tokyo / Site de création contemporaine est financé à environ 50 % par une subvention du ministère de la Culture, délégation aux arts plastiques (1,8 million d'euros en 2006). Le reste du financement provient des ressources propres : partenariats et mécénat, billetterie.

Le Palais de Tokyo / Site de création contemporaine est devenu en quelques années un lieu incontournable dans le paysage culturel français et international : il est l’un des centres d’art les plus visités d’Europe, avec plus de 200 000 visiteurs par an[2], et un véritable lieu d’émergence pour l’art contemporain.

En 2005, une concession (2 200 m2) est accordée au niveau de la Seine à la société Climespace, concessionnaire d'un réseau de distribution d'eau glacée, qui y installe une centrale de production de froid.

La réouverture du Palais de Tokyo (2012)[modifier | modifier le code]

Le Palais de Tokyo rouvre le 11 avril 2012, agrandi et rénové. Passant de 8 000 m² à 22 000 m², le Palais de Tokyo devient une destination culturelle majeure dans le paysage de la création d’aujourd’hui. Il permet de doter Paris du plus grand centre d’art contemporain en Europe, consacrant ainsi sa place incontournable sur la scène artistique internationale.

Depuis trente ans, le Palais de Tokyo n’avait pas réussi à trouver la voie d’un projet viable qui permette d’occuper de manière cohérente l’intégralité du bâtiment. Des espaces en friche, abandonnés au cœur du 16ème arrondissement de Paris, attendaient d’être sortis de l’oubli. L’investissement que représente ce nouvel équipement culturel de premier plan, nourri par une histoire riche et le succès depuis dix ans du Palais de Tokyo, site de création contemporaine, offre un modèle économique original et inventif. Subventionné par l’Etat pour la moitié de ses ressources, et autofinancé par ses ressources propres pour l’autre moitié, le Palais de Tokyo incarne cette culture entrepreneuse indispensable en temps de crise et susceptible de trouver des voies originales pour permettre à l’art le plus engagé, le plus avant-gardiste d’être a cœur de la réflexion sur notre avenir.

Un bâtiment pour deux musées[modifier | modifier le code]

En 1932, confronté à l'exiguïté du musée du Luxembourg, et après l'abandon du projet d'Auguste Perret pour une cité des musées à l'emplacement du Trocadéro, l’idée de construire un musée d’Art moderne est promue par Louis Hautecoeur, conservateur du musée des Artistes vivants installé, à l’époque, dans l’Orangerie du Luxembourg. En 1934, l'État décide alors de construire un musée national d'Art moderne. La Ville de Paris, propriétaire des terrains, s’étant engagée à garantir l’emprunt lancé pour le financement de l’Exposition internationale de 1937, en contrepartie, l’État accepte finalement d'assumer la construction de deux musées d’art moderne, tout en s’engageant à remettre l’un d’eux à la Ville de Paris pour soulager le musée du Petit Palais : celui de l’État à l’Ouest et celui de la Ville à l’Est.

Le terrain choisi comprend une partie du site de l'ancienne manufacture de tapis de la Savonnerie, transférée en 1826 dans l'enceinte de la manufacture des Gobelins et alors occupé par la Manutention militaire. Au Sud-Est du terrain, la parcelle de l'ambassade de Pologne, initialement épargnée par le projet, est en définitive expropriée en mars 1935 et l'ambassade est installée en 1936 dans l'hôtel de Monaco situé rue Saint-Dominique, acheté par l'État pour réaliser ce transfert.

Le projet de Jean-Claude Dondel, André Aubert, Paul Viard et Marcel Dastugue, fut retenu parmi les 128 propositions du concours d'architecture, auquel participèrent les architectes les plus reconnus de l'époque, dont Le Corbusier ou Mallet-Stevens. Les lauréats édifièrent un bâtiment de style sobre et monumental, composé de deux ailes symétriques reliées entre elles par un grand péristyle, de part et d'autre d'un axe perpendiculaire à la Seine, sur lequel est situé le miroir d'eau. Celui-ci prend place sur la terrasse dominant le fleuve, en contrebas de l'escalier monumental appuyé sur la colline, qui est décoré des bas-reliefs intitulés « Allégorie à la gloire des Arts » d'Alfred Janniot et sommé de la statue représentant « La France » d'Antoine Bourdelle. L'édifice s'ouvre de hautes fenêtres donnant au Sud sur la Seine et la Tour Eiffel. Les plafonds vitrés permettent d'éclairer la plupart des pièces de manière zénithale avec la lumière naturelle. L'important décor extérieur de style Art déco est complété par les métopes Centaure et Eros de Marcel Gaumont côté Ouest, Sirènes et Hercule de Léon Baudry côté Est, les portes en bronze du ferronnier Szabo avec reliefs d'André Bizette-Lindet côté avenue du président Wilson, de Raymond Subes avec reliefs de Louis Dideron côté avenue de New York. De nombreuses statues isolées étaient placées sur les terrasses du miroir d'eau réalisé par Félix Févola, dont il ne reste que les Nymphes couchées de Louis Dejean, Léon Drivier et Auguste Guénot. Malheureusement, les derniers aménagements prévus ne seront jamais achevés, notamment la salle de conférences, qui placée sous le parvis devait être commune aux deux musées, mais ne sera jamais ouverte.

Le palais de Tokyo est l’un des trois édifices permanents édifiés pour l’Exposition internationale de 1937. Le 24 mai 1937, le président Lebrun inaugure le « Palais des Musées d’Art Moderne » remplaçant le musée du Luxembourg qui est alors fermé. Pendant l'exposition, le palais abrite une rétrospective de l'art français depuis le Moyen Âge réunissant plus de 1300 œuvres provenant également de musées de province et de l'étranger. Les collections de la Ville de Paris sont présentées provisoirement dans l'aile Est à partir de 1940, tandis que le musée national d'art moderne ouvre ses portes durant quelques mois dans l'aile Ouest, le 6 août 1942, avec un tiers de la collection ramené des dépôts de la zone occupée, la véritable inauguration n'ayant toutefois lieu que le 9 juin 1947. Le bâtiment prend plus tard le nom de « Palais de Tokyo » en référence au quai du même nom.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les sous-sols sont utilisés pour entreposer des biens juifs placés sous séquestre. Dans les années 1950, l'aile Est fait l'objet de travaux importants qui permettent l'ouverture en 1961 du musée d'art moderne de la ville de Paris, constitué à partir des œuvres du Petit Palais.

En 1977, avec l'inauguration du Centre Georges-Pompidou, les collections du musée national d'art moderne quittent l'aile ouest du bâtiment du Palais de Tokyo[3] en laissant sur place les œuvres post-impressionnistes des artistes nés avant 1870, qui rejoindront en 1986 le musée d'Orsay. Entre 1977 et 1986, un Musée d'art et d'essai y est également implanté à titre transitoire. Les réserves du Fonds national d'art contemporain (FNAC) y sont installées au niveau de la Seine jusqu'en 1991, date de leur transfert à La Défense. De 1988 à 1990, l'Institut des hautes études en arts plastiques créé par Pontus Hulten occupe les anciennes salles de sculptures du musée.

De 1984 à 1993, le Centre national de la photographie (CNP) est implanté au Palais de Tokyo, avant d'être installé à l'hôtel Salomon de Rothschild, puis à la Galerie nationale du Jeu de Paume.

L'école du cinéma, la Femis, occupe des locaux au Palais de Tokyo de 1988 à 1995. Avec le projet de déménagement de la Cinémathèque française, mal installée au Palais de Chaillot où l'on souhaite créer une Cité de l'architecture et du patrimoine, se fait jour un projet de « Palais du cinéma » qui regrouperait, outre ces deux institutions et le musée du cinéma, la Bibliothèque-filmothèque du film et de l'image (Bifi). Les occupants du Palais de Tokyo n'entrant pas dans le champ de ce projet sont évacués, à l'instar du FNAC. Un concours d'architecture est organisé, remporté par l'architecte Franck Hammoutène. Des travaux importants sont engagés. Mais le retrait puis le départ de la Femis entraîne une révision à la baisse des ambitions du projet, qui est finalement abandonné en 1998 au profit du transfert de la Cinémathèque et de la Bifi dans l'ancien Centre culturel américain construit par Frank Gehry au 51, rue de Bercy dans le 12e arrondissement, où elles s'installeront le 28 septembre 2005 et fusionneront le 1er janvier 2007. À compter de 1995, l'aile Ouest du Palais de Tokyo est ainsi inoccupée.

Le monument de la France libre[modifier | modifier le code]

Le 18 juin 1948, le général Edgard de Larminat, président de l'Association des Français libres a inauguré sur le parvis du Palais de Tokyo un monument à la mémoire des combattants de la France libre. Celui-ci se compose d'une statue en bronze, œuvre d'Antoine Bourdelle, représentant « la France », au pied de laquelle est gravée un vers de Charles Péguy « Mère voici vos fils qui se sont tant battus » et plus bas, sur fond de croix de Lorraine la dédicace: / Aux volontaires des Forces Françaises Libres morts / pour l'honneur et la Liberté de la France / 18 juin 1940 - 8 mai 1945.

Expositions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. association déclarée sous ce nom à la Préfecture de police le 28 janvier 2000, publiée au Journal officiel le 26 février 2000
  2. Source : Discours de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, prononcé au Palais de Tokyo le 2 février 2006, disponible sur le site du ministère de la Culture et de la Communication
  3. en dépit de l'opposition d'une partie des ayants droit des donateurs, regroupés au sein d'une association présidée par André Malraux qui réclame le maintien des collections au Palais de Tokyo

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]