Turquie

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39° 10′ 00″ N 35° 40′ 00″ E / 39.1667, 35.6667 ()

République de Turquie

Türkiye Cumhuriyeti (tr)

Drapeau
Drapeau de la Turquie
Blason
Armoiries de la Turquie
Description de l'image  Turkey (orthographic projection).svg.
Devise nationale Yurtta sulh, cihanda sulh
(Paix dans le pays, paix dans le monde)
Hymne national Marche de l’indépendance
(İstiklâl Marşı)
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président de la République Abdullah Gül
Président du Parlement Cemil Çiçek
Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan
Langues officielles Turc
Capitale Ankara

39°55'N 32°50"E

Géographie
Plus grande ville Istanbul
Superficie totale 783 562 km2
(classé 37e)
Superficie en eau 1,3 %
Fuseau horaire UTC +2 (EET) ;
Heure d’été : UTC+3 (EEST)
Histoire
Indépendance De l’Empire ottoman
Date 29 octobre 1923
Démographie
Gentilé Turc, turque
Population totale (31 déc. 2013) 76 667 864[1] hab.
(classé 18e)
Densité 98 hab./km2
Économie
PIB nominal (2012) 789 milliards USD[2] (18e)
PIB (PPA) (2012) 1 358 milliards USD[3] (15e)
IDH (2011) en augmentation 0.812[4] (élevé) (92e)
Monnaie livre turque
(Türk Lirası, TL) (TRY​)
Divers
Code ISO 3166-1 TUR, TR​
Domaine Internet .tr
Indicatif téléphonique +90

La Turquie, en forme longue la République de Turquie ou la République turque, en turc Türkiye et Türkiye Cumhuriyeti prononciation, est un pays situé aux confins de l'Asie et de l'Europe. Elle a des frontières avec la Grèce, la Bulgarie, la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan (Nakhitchevan), l'Iran, l'Irak et la Syrie. Il s'agit d'une république parlementaire dont la langue officielle est le turc. La Turquie est bordée au nord par la mer Noire, à l'ouest par la mer Égée et au sud par la partie orientale de la mer Méditerranée : le bassin Levantin. La Thrace orientale (Europe) et l'Anatolie (Asie) sont séparés par la mer de Marmara et les détroits du Bosphore à l'est et des Dardanelles à l'ouest (ces trois bras de mer forment ce qu'on appelle les Détroits).

La Turquie possède 3 % de son territoire en Europe (la Thrace orientale). Par sa localisation géographique, à cheval sur deux continents, au carrefour des axes Russie - Méditerranée et Balkans - Moyen-Orient, sur l'antique route de la soie, aujourd'hui sur le tracé d'oléoducs d'importance stratégique, la Turquie a toujours été un carrefour d'échanges économiques, culturels et religieux. Elle a fait le lien entre l'Orient et l'Occident, d'où sa position géostratégique de premier plan qui se renforce au vu des événements politiques qui secouent tant le Moyen-Orient que le marché des hydrocarbures ou les tensions liées au problème de l'eau.

La Turquie moderne, fondée sous l'impulsion de Mustafa Kemal Atatürk en 1923 sur les ruines de l'Empire ottoman défait par la Première Guerre mondiale, est une république démocratique, laïque, unitaire et constitutionnelle . Depuis lors, elle n'a eu de cesse de se rapprocher de l'Occident en se joignant, par exemple, à des organisations de coopération : l'OTAN, l'OCDE, l'OSCE, le Conseil de l'Europe ou le G20. La Turquie est officiellement candidate depuis 1963 à l'entrée dans la Communauté économique européenne (CEE), l'actuelle Union européenne (UE), avec qui elle a conclu un accord d’union douanière en 1995, en vigueur depuis 1996. Les négociations pour l'entrée de la Turquie dans l'UE sont officiellement en cours depuis 2005. Parallèlement, la Turquie a su conserver des liens privilégiés avec les pays à population majoritairement musulmane comme elle, ainsi qu'avec le Moyen-Orient et l'Asie centrale en participant notamment à l'Organisation de la conférence islamique, l'Organisation de Coopération Économique, et le Conseil turcique.

Sommaire

Étymologie[modifier | modifier le code]

La « Turquie » se dit Türkiye en turc. Ce nom peut être divisé en deux composants : l'ethnonyme Türk, et le suffixe -iye, signifiant « possesseur », « pays de » ou « de la même famille que » (dérivé du suffixe arabe -iyya, similaire aux suffixes grec et latin -ia). Le premier usage enregistré du terme Türk ou Türük comme auto-dénomination se trouve dans les inscriptions en Orkhon des Köktürks (Turcs bleus, c'est-à-dire « célestes » en turc) d'Asie centrale (env. VIIIe siècle après J.-C.). Tu-kin est enregistré depuis 177 av. J.-C. comme nom donné par les Chinois aux gens vivant au sud des montagnes Altaï d'Asie Centrale.

Le mot français « Turquie » vient du latin médiéval Turquia ou Turchia (env. 1369), de Turcus (turc), qui vient lui-même du grec byzantin Τοῦρκος, issu du perse et de l'arabe ترك.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anatolie.

La péninsule anatolienne (ou Asie Mineure), qui représente aujourd'hui 97 % de la Turquie moderne, compte parmi les régions du globe qui ont continuellement été habitées tout au long de l'histoire de l'humanité. Les premières implantations comme celles de Çatalhöyük, Çayönü, Hacılar, Göbekli Tepe et Mersin comptent parmi les plus anciennes au monde. Le toponyme turc Göbekli Tepe se traduit en français par «la colline au nombril », en référence à sa forme. Sur ce site repose le plus ancien temple de pierre jamais découvert (datation estimée entre 11 500 et 10 000 avant notre ère). L'agglomération de Çatal Höyük située dans la plaine de Konya, en Anatolie centrale, sur les bords de la rivière Çarşamba, est l'un des plus grands sites du Néolithique du Proche-Orient. Il fut fondé vers 7000 avant J.-C. et devint un centre important seulement entre -6500 et -5700.

Le premier empire à émerger en Anatolie a sans nul doute été l'Empire hittite, du XVIIIe au XIIIe siècle av. J.-C. Par la suite, les Phrygiens, un autre peuple indo-européen, ont gouverné ces terres jusqu'à leur anéantissement par les Cimmériens au VIIe siècle av. J.-C. D'autres peuples indo-européens se sont succédé en Anatolie, dont les Lydiens et les Lyciens.

Vers -1200, la côte ouest de l'Anatolie subit l'invasion des Grecs éoliens et ioniens. Puis l'Empire perse achéménide domine toute l'Asie Mineure aux VIe et Ve siècles av. J.-C.. En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand, débutant ses grandes conquêtes, envahit l'Anatolie, qui se divise après sa mort en royaumes grecs comme ceux de Bithynie, de Cappadoce, de Pergame ou du Pont.

Ces derniers sont submergés par la conquête romaine. En 324 apr. J.-C., l'empereur romain Constantin Ier choisit Byzance comme nouvelle capitale de l'Empire. Elle est dénommée Constantinople, la nouvelle Rome. Conquise par le sultan Mehmed II en 1453, elle devient Istanbul.

L'Empire seldjoukide et les premiers Turcs d'Anatolie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seldjoukides.

Les Turcs, à l'origine peuple nomade originaire d'Asie, des plaines de Mongolie à celles de l'Asie centrale, ont connu un vaste et continu mouvement d'émigration vers l'ouest du continent. Organisés en tribus et en fédérations de tribus non exclusivement turques, ils ont constitué au cours du temps des royaumes (comme celui des Göktürk ou Turcs Célestes) plus ou moins vastes et plus ou moins durables. La première fois que l'histoire retient le nom des Turcs au Moyen-Orient, c'est en tant que mercenaires des califes abbassides, qu'ils dirigent de fait dès le Xe siècle. Les Seldjoukides, des Turcs Oghouz, fondent un empire qui s'étend de l'Anatolie jusqu'aux plaines d'Asie centrale. Les invasions mongoles de Gengis Khan achèvent l'Empire seldjoukide, déjà mis à mal par ses luttes internes et par les Croisades.

L'Empire ottoman (1299 à 1923)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Empire ottoman, Janissaire et Mehter.
Carte des conquêtes de l'Empire ottoman jusqu'en 1683.

En 1299, le sultan oghouz Osman Ier conquiert la ville byzantine de Mocadène. Cet événement est considéré comme le début de l'Empire ottoman. Dès lors, l'Empire ne va cesser d'accroître son territoire et il atteint son apogée au XVIe siècle sous le règne de Soliman le Magnifique.

Les Balkans sont conquis dès la fin du XIVe siècle et la Serbie est entièrement annexée en 1459. 1453 voit la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. C'est la fin de l'Empire byzantin.

C'est à cette époque que de nombreux chrétiens slaves, grecs ou arméniens, pauvres et démunis, se convertissent à l'islam pour ne pas payer le haraç (impôt sur les non-musulmans) et deviennent ottomans.

Au XVIe siècle, l'Empire trouve sa place dans le jeu diplomatique européen où il est un allié traditionnel de la France, dans une alliance de revers contre les Habsbourg dès le règne de François Ier. La défaite de l'Empire à la bataille navale de Lépante en 1571 porte un premier coup à la puissance ottomane.

L'Empire décline à partir du XVIIIe siècle. La défaite à la bataille de Vienne de 1683 marque le début du déclin effectif et des premières pertes territoriales. Au XIXe siècle, l'Empire désagrégé tente de se reconstruire en se modernisant par de nombreuses réformes. Mais cette période de réformes, appelée Tanzimat, s'achèvera en 1876 sans empêcher la perte de la Grèce, de l'Égypte ou de l'Algérie. À la fin du siècle, ce sont les Balkans qui retrouvent leur liberté. Dans le même temps, les populations arméniennes se révoltant pour obtenir davantage de droits et de libertés deviennent un véritable problème au sein de l'Empire. Le sultan Abdülhamid II ordonne de les massacrer entre 1894 et 1896. Les massacres hamidiens feront 200 000 victimes arméniennes[5].

En 1912, l'Empire ottoman perd, à l'issue de la guerre italo-turque, la Tripolitaine et la Cyrénaïque (Libye) ainsi que Rhodes.

En 1913, la défaite de la Première guerre balkanique amène les Jeunes-Turcs (Parti Union et Progrès) au pouvoir.

Entre 1915 et 1917, le noyau dur du parti, et notamment Talaat Pacha, met en place et organise le génocide arménien qui coûte la vie, selon la majorité des historiens, à 1,2 million d'Arméniens d'Anatolie et du haut-plateau arménien[6]. Les deux tiers de la population arménienne d'Anatolie et du haut-plateau arménien ont été exterminés sans que les puissances occidentales n'interviennent. Le génocide arménien est appelé le « premier génocide du XXe siècle »[7].

La guerre d'indépendance (1919 à 1923)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre d'indépendance turque.

Le 10 août 1920, à la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Sèvres partage l’Empire ottoman ; il prévoit un Kurdistan et une Arménie indépendants, attribue la Thrace orientale et la région de la mer Égée à la Grèce et met les territoires arabes sous contrôle de la France et de la Grande-Bretagne.

Entre 1920 et 1923, Mustafa Kemal Atatürk mène la guerre républicaine destinée à récupérer une grande partie des territoires perdus par le traité de Sèvres. Finalement, le 24 juillet 1923, le traité de Lausanne annule le traité de Sèvres en attribuant toute l’Anatolie et la Thrace orientale à la Turquie ; la minorité grecque de Turquie fait l'objet d'un échange avec la minorité turque de Grèce (1,6 million de Grecs ottomans contre 385 000 musulmans de Grèce)[8] alors que les derniers Arméniens sont chassés, sauf à Istanbul.

La République de Turquie (depuis 1923)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Turquie.

La révolution kémaliste est l'une des rares révolutions transnationales qui débouche sur la création d'un nouvel État, la Turquie. Elle se déroule simultanément en terre ottomane et dans les provinces cédées à la Grèce, la France et à l'Italie à travers le développement d'un mouvement de résistance [9] multi-ethnique et multi-confessionnel. Ainsi, des communautés non sunnites comme les alevi bektashi[10] et non turques comme les lazes et les kurdes[11] ont joué un rôle de premier plan lors de la guerre d'indépendance. Les différents partis politiques qui se sont succédé à la tête de l'État n'ont pas intégré le caractère multi-identitaire de la révolution turque dans les textes constitutifs de l'État. Toutefois, pour récompenser son rôle actif lors de la guerre d'indépendance, Mustafa Kemal accorde à la femme turque le droit de vote et d'éligibilité.

Les frontières redessinées par les traités : en gris, celles de Sèvres, en noir celles de Lausanne.

Révolution kémaliste et parti unique[modifier | modifier le code]

Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur et premier Président de la République turque.

Le 9 septembre 1923, le parti unique Cumhuriyet Halk Partisi (Parti républicain du peuple) est créé. C'est le début des réformes kémalistes. Le 6 octobre 1923, Ankara devient la nouvelle capitale en remplacement d'Istanbul. Le 29 octobre 1923, la grande assemblée nationale proclame la République et élit Mustafa Kemal qui devient ainsi le premier président de la République. En 1924, une nouvelle constitution est adoptée. Le califat est aboli, les 144 membres de la famille impériale (la Dynastie ottomane) déchus de leur nationalité et expulsés du pays.

En 1925, la révolte kurde (ayant aussi des traits féodaux et islamistes) menée par Cheikh Saïd et soutenue par les Britanniques, est réprimée. İsmet İnönü est nommé premier ministre.

En 1926, les code civil et pénal sont adoptés, la polygamie est interdite, le mariage civil est instauré comme seul type de mariage reconnu par l'État. En 1928, l'alphabet latin est adopté. L'école primaire devient gratuite et obligatoire. La référence à l'islam comme religion officielle dans la constitution est supprimée.

En 1930, un parti d'opposition, le Serbest Cumhuriyet Firkasi (Parti libre de la République), est créé, il est dissous trois mois plus tard. En 1934, les femmes obtiennent le droit de vote et deviennent éligibles. Une loi est adoptée obligeant les Turcs à prendre des noms de famille : Mustafa Kemal est désormais Atatürk. Porter l'habit religieux en dehors des lieux de culte est interdit. Le port du costume et du chapeau est promu[réf. nécessaire]. L'appel à la prière, récité cinq fois par jour depuis les minarets, est désormais en turc.

En 1935, le dimanche, au lieu du vendredi, est adopté comme jour de repos hebdomadaire. En 1936, la Convention de Montreux rétablit la souveraineté totale de la Turquie sur les détroits turcs. En 1937, via un amendement constitutionnel, la Turquie est officiellement définie comme un État laïc.

En 1938, environ 40 000 personnes sont tuées dans le massacre de Dersim notamment des Zazas. Le 10 novembre 1938, Mustafa Kemal Atatürk meurt. Le nouveau président, désigné par le parlement, est İsmet İnönü.

En 1939, la Turquie déclare sa neutralité dès le début de la Seconde Guerre mondiale. En 1941, un pacte de non-agression est signé avec le Troisième Reich. En 1945, La Turquie s'engage finalement dans la Seconde Guerre mondiale contre l'Allemagne, deux mois avant la capitulation de celle-ci. Elle devient l'un des 51 membres fondateurs de l'ONU. En 1945, le système de parti unique prend fin.

Post-kemalisme et multipartisme[modifier | modifier le code]

Roosevelt, İnönü et Churchill. Seconde Conférence du Caire, décembre 4–6, 1943.
La Turquie est un membre fondateur de l'OCDE (1960) et le Groupe des 20 (1999)
Istanbul est la plus grande ville du pays
Pont du Bosphore (1973) à Istanbul
Ankara est la capitale de la Turquie depuis le 6 octobre 1923 et la deuxième ville du pays, après Istanbul.

En 1946, le Demokrat Parti est créé par Celal Bayar, opposant de longue date d'İnönü. En 1948, la Turquie participe au plan Marshall. En 1949, la Turquie est cooptée (en même temps que la Grèce) par les membres fondateurs du Conseil de l'Europe trois mois après la signature du traité de Londres.

Le 14 mai 1950, le Demokrat Parti gagne les élections législatives. Adnan Menderes devient premier ministre et Celal Bayar président de la République. De nombreuses interdictions religieuses datant d'Atatürk sont abandonnées. L'appel à la prière est de nouveau récité en arabe. Le parti remporte les élections de 1954 et 1957 et reste au pouvoir jusqu'au coup d'État de 1960.

Le 18 février 1952, la Turquie devient membre de l'OTAN.

Les 6 septembre 1955 et 7 septembre 1955, la communauté grecque orthodoxe d'Istanbul est attaquée et ses biens sont pillés.

En 1959, la Turquie pose sa candidature pour devenir membre associé de la CEE.

Le 27 mai 1960, un coup d'État militaire a lieu. Adnan Menderes et deux autres figures importantes du Demokrat Parti sont jugés par un tribunal spécial et pendus pour haute trahison en septembre 1961. En 1961, une nouvelle constitution est adoptée par référendum avec 61 % de pour. Le Cumhuriyet Halk Partisi arrive au pouvoir. İsmet İnönü redevient premier ministre, tandis que le chef des putschistes, Cemal Gürsel, est élu quatrième président de la République. Le 22 février 1962, une tentative de coup d'État est menée par le colonel Talat Aydemir. Le putsch a été avorté sans faire de victimes par la résistance énergique du premier ministre İnönü. Aydemir s'est rendu à condition de ne pas être jugé. Le 21 mai 1963, une seconde tentative de coup d'État est menée par le colonel Talat Aydemir. Des accrochages ont eu lieu dans les rues d'Ankara entre les forces d'Aydemir et celles restées fidèles au gouvernement, faisant 8 morts. Talat Aydemir s'est finalement rendu. Il est jugé et condamné à mort en 1964.

En Décembre 1963, la première crise chypriote a lieu. La même année 1963, un accord d'association est signé entre la Turquie et la CEE.

En 1965, Adalet Partisi arrive au pouvoir. Süleyman Demirel est nommé premier ministre. En 1966, Cevdet Sunay devient le cinquième président de la République.

En 1967, le pape Paul VI devient le premier pape à avoir visité la Turquie.

En 1970, une crise économique a lieu avec un climat de violence et des attentats d’extrême gauche.

Le 12 mars 1971, Süleyman Demirel démissionne à la suite d'une déclaration musclée de l'État-major. Les mouvements de gauche connaissent une répression violente. La liberté de la presse et des droits syndicaux sont limitées. Le Parlement reste en fonction et des gouvernements technocrates sont formés par des hommes politiques « indépendants », proches de l'État-major.

En 1973, Fahri Korutürk est élu le sixième président de la République. Les élections législatives sont remportées par le Cumhuriyet Halk Partisi de Bülent Ecevit qui devient premier ministre.

Le 29 octobre 1973, le pont du Bosphore est inauguré.

Le 20 juillet 1974, l'opération Attila débute. À la suite d'un coup d'État des nationalistes grecs contre le gouvernement chypriote en place visant à rattacher l'île à la Grèce, et en s'appuyant sur le traité de garantie de la Constitution de 1960, la Turquie intervient militairement à Chypre, et occupe le nord de l'île en deux jours. Cette rapide victoire de l'armée turque aboutira à la division de l'île et à la chute de la dictature des colonels en Grèce. Un embargo militaire américain est mis en place.

En 1975, les premiers attentats terroristes de l’Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie ont lieu. Jusqu’en 1997, 120 attentats et 22 assassinats contre des diplomates turcs seront perpétrés par l'ASALA qui cherche par là à forcer le gouvernement turc à reconnaître le génocide arménien - et, à défaut, attirer l'attention internationale sur la question arménienne. Au total, le bilan des attentats imputés à l'ASALA est de 46 morts et 299 blessés.

En 1977, le défilé traditionnel du 1er mai est attaqué par des militants de l'extrême-droite, faisant 27 morts. Ce carnage marque le début d'une quasi-guerre civile entre les fractions de gauche et de droite qui feront plus de 5 000 morts jusqu'en 1980.

Le 19 décembre 1978, 111 citoyens alevis sont tués durant le massacre de Maraş.

En Novembre 1979, le pape Jean-Paul II visite la Turquie.

De Mai à Juillet 1980, 57 militants de gauches principalement alevis sont tués durant le massacre de Çorum. En Mai 1980, une grève générale proteste contre les violences de l'extrême droite.

Le 12 septembre 1980, un coup d’État militaire induit l'arrestation de 30 000 personnes ainsi que la dissolution du parlement et l'interdiction des partis politiques. Le chef d'état-major Kenan Evren devient président de la République. En Novembre 1982, une nouvelle constitution reste en place, les anciens partis restent interdits.

En Décembre 1982, une crise financière a lieu des dizaines de milliers d'épargnants perdent leurs économies.

Le 15 novembre 1983, la République turque de Chypre du Nord est créée, mais elle est uniquement reconnue par la Turquie.

En Décembre 1983 : retour au régime civil. L'Anavatan Partisi, nouvellement créé, gagne les élections législatives et Turgut Özal est nommé premier ministre. Virage néo-libéral (vague de privatisations) et islamique (les cours de religion deviennent obligatoires dans l'éducation primaire et secondaire).

Le 10 janvier 1984, l'avortement est légalisé.

Le 15 août 1984, la guérilla menée par le PKK d’Abdullah Öcalan débute. Les affrontements avec les forces gouvernementales qui s'ensuivent feront plus de 42 000 morts jusqu’en 2010 et de très nombreux déplacés.

Le 6 septembre 1986, une fusillade a lieu dans la synagogue Névé-Shalom à Istanbul, perpétrée par des terroristes palestiniens, elle fait 22 morts.

En avril 1987, La Turquie demande son adhésion à l’Union européenne.

Le 18 juin 1988, une tentative d'assassinat est perpétrée contre le Premier ministre Turgut Özal lors du congrès de son parti. Il est légèrement blessé. Le tireur, Kartal Demirağ, un ultra-nationaliste, affirme avoir agi seul.

En Décembre 1989, la Commission européenne déclare la Turquie éligible à la candidature, mais elle diffère l'examen du dossier.

En 1989, Turgut Özal est élu président par le Parlement. Yıldırım Akbulut est nommé premier ministre.

En 1990, une vague d'assassinats politiques est attribués aux islamistes, elle touche le 31 janvier l'universitaire Muammer Aksoy, le 7 mars le rédacteur en chef du journal Hürriyet Çetin Emeç, le 4 septembre l'essayiste Turan Dursun et l'universitaire et députée Bahriye Üçok le 6 octobre.

En 1990, les premières diffusions radiotélévisées privées débutent. Le monopole de l'État sur l'audiovisuel ne sera levé officiellement qu'en 1993.

En 1991, Mesut Yılmaz devient premier ministre. En 1991, Süleyman Demirel, est nommé premier ministre à la suite des élections législatives du 20 octobre 1991.

Le 24 janvier 1993, Uğur Mumcu, chroniqueur du journal Cumhuriyet est assassiné. Ses funérailles se transforment en une grande manifestation en faveur de la laïcité.

Le 17 avril 1993, le président Turgut Özal meurt, il est remplacé par Süleyman Demirel, qui devient ainsi le neuvième président de la République.

En Juin 1993, Tansu Çiller (Doğru Yol Partisi) est la 1re femme à occuper le poste de premier ministre.

Le 2 juillet 1993, 37 intellectuels alévis meurent dans l'incendie criminel de l'hôtel Madımak à Sivas, attribué aux islamistes.

Le 24 mars 1994, les élections municipales sont massivement remportées par les islamistes du Parti de la Prospérité (Refah Partisi, créé en 1983). Recep Tayyip Erdoğan devient le premier maire islamiste d'Istanbul.

Le 12 mars 1995, des émeutes dans la banlieue défavorisée de Gazi à Istanbul, majoritairement alévi, font 17 morts.

Le Décembre 1995, des élections législatives ont lieu, le parti islamiste Refah sort vainqueur.

Le 1er janvier 1996, l'union douanière entre l'Union européenne et la Turquie entre en vigueur. La Turquie abolit les taxes d'importation sur les produits venant de l'Union européenne.

En Juillet 1996, un gouvernement islamiste du chef de Refah Partisi Necmettin Erbakan est mis en pace. Il est poussé à démissionner 11 mois plus tard, en juin 1997, sous la pression de l'armée et de la société civile (médias, milieux d'affaires et universités) ; Mesut Yılmaz redevient premier ministre.

En octobre 1998, des pressions politico-militaire sont faite sur la Syrie pour forcer cette dernière à extrader Abdullah Öcalan, le chef du PKK. Damas résiste, mais sous la pression de la communauté internationale, elle accepte finalement de l'expulser. Öcalan se rend d'abord en Russie, puis en Italie via la Grèce.

Le Janvier 1999, Bülent Ecevit est nommé premier ministre d'un gouvernement minoritaire. En Février 1999, le chef du PKK, Abdullah Öcalan, est arrêté au Kenya. Il est jugé et condamné à mort en juin 1999, mais sa peine est commuée en prison à vie lors de l'abolition de la peine capitale quelques années plus tard.

En Mai 1999, les élections législatives anticipées voit le DSP (parti d'Ecevit) en sorir vainqueur. Bülent Ecevit devient premier ministre d'une coalition rassemblant la gauche (DSP), le centre-droit (ANAP) et l'extrême-droite nationaliste (MHP).

Le17 août 1999, un tremblement de terre dévastateur au nord-ouest du pays fait 17 000 morts.

Le 21 octobre 1999, Ahmet Taner Kışlalı, professeur des sciences politiques à l'Université d'Ankara, est assassiné. Une organisation terroriste islamiste revendique le crime.

En Décembre 1999 : l'Union européenne accepte officiellement la candidature de la Turquie lors du sommet d'Helsinki et souligne la « vocation européenne » du pays, mais elle fixe à son entrée dans l'UE des conditions que la Turquie accepte.

Le 16 mai 2000 : Ahmet Necdet Sezer devient le dixième président de la République.

En Février 2001, une grave crise financière induit la dévaluation de 50 % de la livre turque, des centaines de milliers de gens perdent leur emploi.

En 2001, Kemal Derviş, ministre de l'économie, met en place d'importantes réformes économiques, avec la mise en place de l'autonomie de la banque centrale et la recapitalisation, la restructuration ou la saisie d'établissements financiers.

En août 2002, la peine de mort est abolie officiellement, sauf en temps de guerre (abolition totale en 2004) ; la dernière exécution date en fait de 1984.

En octobre 2010, la Turquie modifie radicalement sa constitution pour remplir les critères politiques fixés par l'Union européenne[12].

AKP et Erdoğan[modifier | modifier le code]

Abdullah Gül Senate of Poland.JPG Recep Tayyip Erdogan.PNG
Abdullah Gül
Président depuis 2007
Recep Tayyip Erdoğan
Premier ministre depuis 2003

Le 3 novembre 2002, le parti AKP arrive au pouvoir. Recep Tayyip Erdoğan devient premier ministre en mars 2003. Le 1er mars 2003, le Parlement turc refuse de permettre le stationnement des troupes américaines sur le sol turc lors du déclenchement de la guerre en Irak. Les 15 et 20 novembre 2003 deux à la voiture piégée d'Al-Qaida à Istanbul, sont mis en place, contre des intérêts juifs et britanniques faisant 60 morts.

En 2004, la diffusion audiovisuelle des langues minoritaires est autorisée. Les Premières émissions en langue kurde à la télévision publique, sur la TRT, voient le jour. En 2005,une nouvelle livre turque (YTL) est introduite. 1 YTL = 1 000 000 TL.

Le 1er juin 2005, un nouveau code pénal est adopté accordant plus de libertés individuelles et plus conforme aux exigences européennes. Le 3 octobre 2005, les négociations d'adhésion avec l'Union européenne débutent.

En Novembre 2006, le pape Benoît XVI est en visite en Turquie.

Le 19 janvier 2007, Hrant Dink, rédacteur en chef du journal Agos (publié à Istanbul en turc et en arménien), est assassiné. 200 000 personnes assistent à ses funérailles le 23 janvier.

En Avril etMai 2007, une crise politique a lieu autour de l'élection du nouveau président par l'Assemblée nationale, ce qui déclenche des élections anticipées. Malgré la fin de son mandat le 16 mai, le Président Sezer garde son poste en attendant son successeur.

Le 22 juillet 2007, aux élections législatives anticipées, l'AKP obtient 46,7 % des voix. Recep Tayyip Erdoğan conserve le poste de premier ministre.

Le 28 août 2007, Abdullah Gül est élu onzième président de la République grâce à la majorité parlementaire de l'AKP. Le 21 octobre 2007, par un amendement constitutionnel par référendum (70 % pour), le président de la République sera désormais élu au suffrage universel.

Le 9 février 2008, un amendement constitutionnel est mis en place pour supprimer l'interdiction du foulard islamique à l'université. Cet amendement est annulé par la Cour constitutionnelle, le 5 juin 2008 sur la base de l'article 2 de la Constitution, qui garantit la laïcité. Le 30 juillet 2008, la Cour constitutionnelle rejette une demande d'interdiction du Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, accusé d'activités anti-laïques. La Cour avait été saisie le 14 mars 2008 par le procureur en chef de la Cour de cassation.

1 Livre turque à l'effigie de Atatürk (groupe d'émissions E-9, qui est entré circulation le 1er janvier 2009.)

Le 29 mars 2009 des élections municipales ont lieu. L'AKP, au pouvoir, perd des voix mais reste la première formation politique du pays.

Le 19 octobre 2009, à la suite de l'appel de l'ancien chef du PKK Abdullah Öcalan (emprisonné sur l'île d'Imrali en Turquie), le PKK envoie en Turquie un groupe, qu'il appelle groupe de paix composé de 34 personnes (8 membres du PKK et 26 citoyens turcs d'origine kurde du camp de Mahmour en Irak) pour une résolution de la question kurde[13].

Le 12 septembre 2010, la Turquie approuve par référendum une réforme de la Constitution à 57,9 % et avec une participation de 77,6 %.

Le 12 juin 2011, le Parti de la justice et du développement (AKP) remportent les élections législatives.

Le 29 mai 2013, les manifestations du parc Taksim Gezi s'opposent à un projet immobilier à Istanbul, soutenu fortement par le pouvoir.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Turquie.
Carte géographique de la Turquie

La Turquie est située pour sa majeure partie (97 %) en Asie (Anatolie), où se trouve sa capitale Ankara, mais une petite partie du pays se trouve en Europe (3 %), la Thrace orientale.

La principale ville, İstanbul (qui s’est auparavant appelée Byzance, puis Constantinople jusqu'à la conquête ottomane au XVe siècle), est située à cheval entre la Thrace et l’Anatolie, les deux parties de la ville étant séparées par le détroit du Bosphore.

Géologie et paysage du pays[modifier | modifier le code]

La Turquie se compose de deux chaînes de montagnes, les monts Taurus et la chaîne pontique, qui enserrent le plateau anatolien et le haut-plateau arménien. Ce sont des formations géologiques jeunes, toujours actives, comme l'indiquent les nombreuses failles et plissements. Environ 80 % du pays se trouve dans une zone tectonique extrêmement active. Le nord de la Turquie est bordée par une faille très active : la faille nord-anatolienne. La Turquie possède huit principaux bassins hydrographiques dont les plus importants sont ceux de l'Euphrate (Firat) et du Tigre (Dicle). Environ un quart du pays est couvert de forêtspins, épicéas, cèdres et arbres à feuilles caduques.

Relief[modifier | modifier le code]

Chaîne pontique, région de la mer Noire.

Dans le nord du pays, la chaîne Pontique voit se succéder d'ouest en est le massif schisteux de l'Istranca Dai (Thrace orientale), les plateaux de Bithynie et la série des chaînons montagneux de plus en plus élevés dominant la mer Noire. Les deltas du Kizil Irmak et du Yesil Irmak forment les deux seules plaines littorales.

Au sud, le Taurus, second grand ensemble montagneux, dessine deux grands arcs séparés par le rentrant du golfe d'Antalya et de la plaine de Pamphylie.

Taurus et chaîne Pontique se rejoignent en Anatolie orientale, appelé également haut-plateau arménien (Arménie occidentale) où le mont Ararat (5 165 m), sur lequel l'arche de Noé se serait échouée après le Déluge, constitue le point culminant du pays.

Climat[modifier | modifier le code]

Par sa position au nord-est du Bassin méditerranéen, la Turquie appartient, globalement, au domaine climatique méditerranéen : l'hiver est doux, tandis que l'été est chaud et sec. Toutefois, la position périphérique des principaux reliefs introduit de profondes perturbations dans ce schéma. Ainsi toutes les régions intérieures sont-elles marquées par la continentalité : hivers plus froids, total de précipitations plus faible, maximum pluviométrique décalé vers le printemps. Inversement, la région pontique, abordée de plein fouet par des masses d'air humidifiées au-dessus de la mer Noire, reçoit des précipitations abondantes et régulières.

Géographie politique et historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Régions historiques de Turquie.
Provinces et régions actuelles, et régions historiques.

La Turquie a connu cinq principaux découpages régionaux successifs, chacun ayant évolué au cours du temps :

Découpage administratif actuel[modifier | modifier le code]

La capitale de la Turquie est Ankara. Le territoire national est divisé en 81 provinces (en turc il). Les provinces sont organisées en 7 régions (bölge) instituées pour procéder au recensement national ; cependant, elles ne représentent pas une structure administrative. Chaque province est elle-même découpée en districts (ilçe), soit un total de 957 districts.

Les provinces et les arrondissements sont administrés respectivement par des préfets (vali) et des sous-préfets (kaymakam) nommés par l’État. La province est la circonscription électorale pour l’élection des députés au parlement. Les maires de commune (belediye başkanı) sont élus au suffrage universel, en même temps que les maires de quartier ou de village (muhtar). Dans certaines grandes villes, il existe un niveau administratif regroupant plusieurs communes, la « métropole » (büyükşehir).

Les provinces ont le même nom que leur capitale provinciale, aussi appelée district central ; les seules exceptions sont Hatay (capitale : Antakya), Sakarya (capitale : Adapazari) et Kocaeli (capitale : Izmit). Les provinces les plus peuplées sont Istanbul (+12,6 millions), Ankara (+4,5 millions), Izmir (+3,7 millions), Bursa (+2,5 millions), Adana (+2 millions) et Konya (+1,9 million). Dix-neuf provinces ont des populations de plus d'un million d'habitants, vingt provinces entre 500 000 et un million et seulement deux provinces ont des populations moins de 100 000.

La plus grande ville et la capitale pré-républicaine Istanbul est le cœur financier, économique et culturel du pays[14]. Les autres villes importantes sont Izmir, Bursa, Adana, Trabzon, Malatya, Gaziantep, Erzurum, Kayseri, Kocaeli, Konya, Mersin, Eskişehir, Diyarbakır, Antalya et Samsun.

Environ 75 % de la population turque est citadine.

Régions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Régions de Turquie.

La Turquie comporte sept régions divisées en quatre-vingt-une provinces.

Provinces[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Provinces de Turquie.

Les sept régions de la Turquie sont divisés en quatre-vingt-une provinces.

Districts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Districts de Turquie.

Villes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes de Turquie.

Le peuple et sa culture[modifier | modifier le code]

Le peuple turc est une mosaïque d'ethnies, chacune contribuant à la richesse culturelle et linguistique de l'Anatolie :

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Turquie.

La Turquie comptait 76 667 864 habitants au 31 décembre 2013. La population urbaine représente 75 % de la population.

La croissance démographique turque est nettement supérieure à celle des autres pays européens (environ 1,3 % par an). Le taux de fécondité varie depuis plusieurs années autour de 2,1 enfants par femme[15].

En 2010, la région de Marmara a le taux de fécondité le plus bas de Turquie, avec 1,51 enfant par femme tandis que la région de l'Anatolie du sud-est atteint 3,46 enfants par femme[15].

L'espérance de vie en 2009 est estimée en moyenne à 73,7 années (71,5 ans pour les hommes, et 76,1 ans pour les femmes)[16].

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues en Turquie.

Religions et spiritualité[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Religion en Turquie et Islam en Turquie.
Religion Pourcentage[17]
Islam 98,0 %
Agnosticisme, athéisme 1,2 %
Christianisme 0,4 %
Autres 0,4 %
Islam[modifier | modifier le code]
Articles connexes : Alévisme, Bektachisme, Soufisme, Hanafisme et Sunnisme.
La mosquée Sultanahmet, plus connue sous le nom Mosquée bleue pour les mosaïques bleues qui ornent les murs de son intérieur. La mosquée Sultanahmet est une des mosquées historiques d'Istanbul ayant le privilège de présenter six minarets.
Kartal Cemevi à Istanbul, une maison de réunion et prière pour la minorité alévie.

L’islam est présent dans la région de l'actuelle Turquie depuis la seconde moitié du XIe siècle, lorsque les seldjoukides ont commencé à s'étendre depuis l'Est vers l'Anatolie orientale. C'est la religion très majoritaire de la Turquie.

L'islam anatolien n'est pas uniforme et présente de nombreuses variantes: le courant principal est le sunnisme hanafite, suivi par l'alévisme-bektachisme, le sunnisme chaféite et le jafarisme.

Selon les références,

La majorité des alévis sont d’origine turque et turkmène (environ 70 %), kurdes kurmandji ou zazas. Il est difficile de quantifier le nombre de ceux-ci en Turquie :

    • en 1826, date des massacres qui mirent fin au corps des janissaires, étroitement associés à l'ordre des bektachi, l'Empire ottoman comptait sept millions d'alevi bektachi[18].
    • aucune source statistique de l'ère républicaine ne fournit aujourd'hui des indications fiables permettant une évaluation démographique de cette minorité. L'islam alevi bektachis constitue la seconde croyance en Turquie après l'islam sunnite. Les avis divergent sur leur nombre : officiellement, ils sont entre 10 et 15 % mais d’après les sources alévies il représenterait entre 20 à 25 % de la population nationale[19]. Les répressions exercées sur la communauté sous l'Empire ottoman[20] et la République ont provoqué chez les alevis un sentiment de peur qui les a contraint à pratiquer leur culte en secret ou "Takiye". Aussi, tant que la liberté de conscience religieuse et politique ne sera pas totale en Turquie, aucune estimation ne pourra être fiable. Les démographe et les universitaires avancent le chiffre de 15 à 20 millions[21].

Une enquête publiée en décembre 2004 dans le Wall Street Journal, version européenne, annonce que 96 % des Turcs se définissent comme musulmans et 72 % observent les prescriptions de l’islam. Deux tiers des femmes turques portent le voile islamique[22].

Autres religions[modifier | modifier le code]
Article connexe : Chrétiens de Turquie.

L'Anatolie (Asie Mineure) est l'un des berceaux du christianisme. Selon les Actes des Apôtres, c'est à Antioche que les disciples reçurent pour la première fois le nom de chrétiens. Saint Paul est originaire de Tarse et il voyagea beaucoup en Turquie : Antakya, Konya, Ankara (capitale des Galates), Éphèse. Cette dernière ville est attachée à la mémoire de saint Jean. Selon la tradition, la Vierge Marie passa ses dernières années près d'Éphèse, à Selçuk. La grotte des Sept Dormants d'Éphèse se situe près d'Éphèse comme son nom l'indique. Les Sept Églises d'Asie ou Sept Églises de l'Apocalypse sont sept communautés diocésaines mentionnées dans le livre de l'Apocalypse dans le Nouveau Testament (les sièges épiscopaux étaient situés en Asie Mineure (Anatolie), aujourd'hui en Turquie.) Saint Nicolas, qui était né à Patara et mourut à Myre, était originaire de la région de Lycie en Anatolie. Les sept Conciles œcuméniques (Nicée I, Constantinople I, Éphèse, Chalcédoine, Constantinople II, Constantinople III, Nicée II) se rassemblèrent en Turquie actuelle (à Nicée, Constantinople, Éphèse, Chalcédoine.) Deux des cinq Églises de la Pentarchie (Église de Constantinople et d'Antioche) sont dans l'actuelle Turquie. On trouve des vestiges du christianisme primitif (en Cappadoce) et médiévaux (dans la région de Trabzon.)

Au début du XXe siècle, des Arméniens chrétiens vivaient en Turquie orientale sur le haut-plateau arménien et des Grecs orthodoxes sur la côte de la mer Égée ainsi que sur les côtes septentrionales et méridionales (Trébizonde, Antalya, Smyrne…). Au cours de la Première Guerre mondiale, la plupart des Arméniens ont été tués, déportés ou ont fui lors du génocide arménien. Les Grecs ont d'abord fui après l'incendie de leurs maisons par les forces turques[23], pendant la guerre gréco-turque de 1920-1922, ensuite ont été sujet à un échange de populations entre la Grèce et la Turquie entre 1923 et 1927, avec un transfert de populations grecques d'Anatolie vers la Grèce et des populations turques de la Grèce vers la Turquie.

Le nombre des chrétiens en Turquie ne dépasserait pas à ce jour les deux cent mille, bien que la plus grande ville du pays, Istanbul, soit le siège de deux patriarcats prestigieux : celui des Grecs et des Arméniens. Les Arméniens constituent la plus grande communauté chrétienne du pays (60 000 dont 45 000 à Istanbul[24]), répartis en trois communautés : apostoliques (57 000), catholiques (3 000) et protestants (500) à Istanbul, Antakya et Kayseri). On peut également citer les Syriaques (15 000 dont 2 000 catholiques, à Istanbul et Mardin), les Chaldéens (10 000, pour la plupart de nationalité irakienne), les Latins (5 000, concentrés à Istanbul et Izmir ; de petites communautés à Bursa, Konya, Mersin, Tarsus, Antakya, Iskenderun, Samsun, Trabzon), les orthodoxes grecs (3 000, à Istanbul, Antakya, Gökçeada et Bozcaada). Il convient aussi d'ajouter les « nouveaux » protestants, soit les musulmans convertis au protestantisme évangélique, qui sont au nombre de 5 000[réf. nécessaire].

Les juifs (25 000) sont concentrés à Istanbul (22 000), İzmir (2 500), Bursa (env. 500) et Çanakkale)[réf. nécessaire].

Un autre groupe religieux, issu du judaïsme, est celui des sabbatéens ou Dönme. (+/- 20 000)

On trouve également des bahaïs (dont Edirne est la ville sainte) et des yézidis (d'origine kurde) en nombre réduit.

Lieux de culte[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Liste des mosquées d'Istanbul.
Principaux lieux « saints » en Turquie[modifier | modifier le code]
Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

La laïcité en Turquie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Laïcité en Turquie et Réformes kémalistes.

Alors que la Constitution du 20 janvier 1921[26] ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 modifie l’article 2 en indiquant que « la religion de l'État turc est l’islam » (« Türkiye Devletinin dini, Dîn-i İslâmdır »). Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924[27] (dont l’article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte - à condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 10 décembre 1937 par « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur »[28], les « six principes d’Atatürk ».

Tout cela s’est traduit sous Atatürk par :

  • l’accord du droit des votes aux femmes en 1934 ;
  • la fermeture de certains lieux de pèlerinage ;
  • l’interdiction des confréries religieuses (nakşibendis, nurcus…) ;
  • l’interdiction du port du voile pour les femmes dans les administrations et les écoles publiques.

Certaines de ces mesures ont été abolies lors de l’accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti démocrate) d’Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restée sous le contrôle de l’État.

Bien que des réformes allant dans le sens de la laïcité aient été accomplies sous Atatürk (abolition du califat, etc.), la Turquie n’est pourtant pas un État strictement laïc dans le sens où il n’y a pas de séparation entre la religion et l’État, mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l’État; chacun reste cependant libre de ses croyances.

C’est ainsi que la religion est mentionnée sur les papiers d’identité et qu’il existe une administration dite « Présidence des affaires religieuses »[29] (Diyanet) qui instrumentalise parfois l’islam pour légitimer l’État et qui gère les 77 500 mosquées du pays. Cet organisme étatique, mis en place par Ataturk le 3 mars 1924, finance uniquement le culte musulman sunnite, les cultes non-sunnites doivent assurer un fonctionnement financièrement autonome[30], quand ils ne rencontrent pas d'obstacle administratif à ce même fonctionnement. Lors de la récolte de l'impôt, tous les citoyens turcs sont égaux. Le taux d'imposition n'est pas fonction de la confession religieuse. Toutefois, à travers la « Présidence des affaires religieuses » ou Diyanet, les citoyens turcs ne sont pas égaux devant l'utilisation des recettes. La Présidence des affaires religieuses, qui est dotée d'un budget de plus de 2,5 milliards de $ US en 2012, ne finance que le culte musulman sunnite. Cette situation pose d'ailleurs problème d'un point de vue théologique, dans la mesure ou, la religion du prophète Mahomet stipule à travers la notion du haram[31] qu'il faut « donner la juste mesure et le bon poids, en toute justice ». Or, depuis sa création, le Diyanet, à travers l'impôt, utilise les ressources de citoyens non-sunnites pour financer son administration et ses lieux de culte exclusivement sunnites. Ainsi, les musulmans Câferî (principalement des Azéris) et Alevi Bektachis (principalement des Turkmènes) participent au financement des mosquées et au paiement des salaires des imams sunnites alors que leurs lieux de cultes, qui ne sont pas officiellement reconnus par l'État, ne reçoivent aucun financement. Pourtant, l'islam alevi Bektachis constitue la seconde croyance en Turquie après l'islam sunnite. Les avis divergent sur leur nombre : officiellement ils sont entre 10 et 15 % mais d’après les sources alévies ils représenteraient entre 20 à 25 % de la population nationale. L'Islam Câferî compte officiellement 3 millions de croyants en Turquie.

En théorie, la Turquie, à travers le traité de Lausanne de 1923, reconnaît les droits civils, politiques et culturels des minorités non musulmanes.
En pratique, la Turquie ne reconnaît que les minorités religieuses grecques, arméniennes et israélites sans pour autant leur accorder tous les droits cités dans le Traité de Lausanne.
Les musulmans alevi-bektachis et câferî[32], les catholiques latins et les protestants ne font l'objet d'aucune reconnaissance officielle.


Situations des cultes en Turquie
Culte Population estimée Mesures d’
expropriation [33]
Reconnaissance officielle dans la Constitution ou à travers les Traités internationaux Financement des lieux de culte et du personnel religieux par l'État
Islam - Sunnite 70 à 85 % (52 à 64 millions) Non Oui à travers le Diyanet cité dans la Constitution (art.136) [34] Oui à travers le Diyanet [35]
Islam - duodécimain Bektachi 15 à 25 % (11 à 19 millions) Oui [32] Non. Balim Sultan assure une mainmise totale sur le corps des janissaires dont le bektachisme sera la référence religieuse principale[36]. En 1826, Mahmud II met définitivement un terme au système des janissaires[36]. L'ordre des bektachi est mis hors la loi, de nombreux dignitaires de la capitale sont exécutés, d'autres sont déportés en Anatolie. Les tekke sont fermés, détruits ou attribués à des institutions orthodoxes comme l'ordre des Naqshbandiyya[36]. Non [35]
Islam - duodécimain Alevi Non[37]. Au début du XVe siècle[38], l’oppression ottomane envers les alévis devient insupportable et ces derniers soutiennent le Chah Ismail Ier d'origine turkmène. Ses partisans, qui portent un bonnet de couleur rouge avec douze plis en référence aux 12 imams du chiisme duodécimain se font appeler Qizilbash. Les Ottomans qui s’étaient persanisés et arabisés considéraient comme ennemis les Qizilbash (alévis) d'origine turkmène[38]. Aujourd'hui, les cemevi, lieux de culte communs aux alevi bektachi n'ont aucune reconnaissance juridique. Pourtant, le cemevi le plus ancien connu à ce jour en Turquie date de 1224 (Onarlı Köyü, arrondissement de Arapgir à Malatya)[39]
Islam - duodécimain Câferî 4% (3 millions) [40] Non [37] Non [35]
Islam - duodécimain Alaouites ou Nusayris 300 à 350 000 [41] Non [37] Non [35]
Judaïsme 20 000 Oui [33] Oui à travers le Traité de Lausanne en 1923 [37] Non [35]
Chrétien - Protestant 5 000 Non [37] Non [35]
Chrétien - Catholiques latins Non [37] Non [35]
Chrétien - Catholiques grecs Oui [33] Oui à travers le Traité de Lausanne en 1923 [37] Non [35]
Chrétien - Orthodoxe - Grec (Patriarcat œcuménique de Constantinople) Oui [33] Oui à travers le Traité de Lausanne en 1923 [37] Non [35]
Chrétien - Orthodoxe - Arménien (Patriarcat arménien de Constantinople) 57 000 Oui [33] Oui à travers le Traité de Lausanne en 1923 [37] Non [35]
Chrétien - Catholiques Chaldéens (Arménien) 3 000 Oui [33] Oui à travers le Traité de Lausanne en 1923 [37] Non [35]
Chrétien - Églises de théologie et rite Syriaques (orthodoxes et catholiques) 15 000 Oui [33] Non [37] Non [35]
Yézidisme 377 Non [37] Non [35]
Budget Diyanet 2013, Présidence des Affaires Religieuses - Source: TBMM 2013.

Avec plus de 100 000 fonctionnaires, le Diyanet est une sorte d’État dans l'État[42].
En 2013, le Diyanet ou Ministère des Affaires religieuses, occupe le 16e poste de dépense du gouvernement central.
Le budget alloué au Diyanet (4,6 milliards de TL[43]) est :

  • 1,6 fois plus important que le budget alloué au Ministère de l'Intérieur[43]
  • 1,8 fois plus important que le budget alloué au Ministère de la Santé[43]
  • 1,9 fois plus important que le budget alloué au Ministère de l'Industrie des Sciences et de la Technologie[43]
  • 2,4 fois plus important que le budget alloué au Ministère de l'Environnement et de l'Urbanisme[43]
  • 2,5 fois plus important que le budget alloué au Ministère de la Culture et du Tourisme[43]
  • 2,9 fois plus important que le budget alloué au Ministère des Affaires étrangères[43]
  • 3,4 fois plus important que le budget alloué au Ministère de l’Économie[43]
  • 3,8 fois plus important que le budget alloué au Ministère du Développement[43]
  • 4,6 fois plus important que le budget alloué au MIT – Renseignement[43]
  • 5,0 fois plus important que le budget alloué au Ministère chargé de la Gestion des Urgences et des Catastrophes Naturelles[43]
  • 7,7 fois plus important que le budget alloué au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles[43]
  • 9,1 fois plus important que le budget alloué au ministère des douanes et du commerce[43]
  • 10,7 fois plus important que le budget alloué à la Garde Côtière[43]
  • 21,6 fois plus important que le budget alloué au ministère de l'Union européenne[43]
  • 242 fois plus important que le budget alloué au Conseil national de sécurité[43]
  • 268 fois plus important que le budget alloué au ministère de la Fonction publique[43].

Le budget du Diyanet représente :

  • 79 % du budget de la gendarmerie[43]
  • 67 % du budget du ministère de la Justice[43]
  • 57 % du budget des Hôpitaux publics[43]
  • 31 % du budget de la police nationale[43]
  • 23 % du budget de l'Armée turque soit 23% du budget de la deuxième armée de l'OTAN[43].

Malgré la mise en place de la politique laïque en Turquie, la proportion de la population chrétienne est passée de 10 % en 1920 à 0,3 % au début du XXIe siècle. Les chrétiens subissent également des agressions en raison de leur confession[44].

Sous Turgut Özal, l’enseignement religieux dans le secondaire est devenu obligatoire.

En février 2008, le Parlement turc a voté une loi autorisant les femmes à porter le voile dans les universités[45] ; cette loi fut annulée par la Cour constitutionnelle en juin 2008.

Toute critique envers l'islam peut valoir à son auteur une condamnation en vertu de l'article 216 du code pénal turc qui punit d'une peine de six mois à un an de prison toute personne coupable d'avoir dénigré les valeurs religieuses de la population. C'est en vertu de ce principe que l'écrivain Nedim Gürsel est actuellement poursuivi après la publication de son livre Les Filles d'Allah[46].

Diaspora turque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Diaspora turque.

Société[modifier | modifier le code]

Les femmes turques et le pouvoir[modifier | modifier le code]

Proportion de sièges occupés par des femmes dans les parlements nationaux. La Turquie est classée 110e au niveau mondial - Source : 2012, Banque mondiale
  • La Turquie est le pays d'Europe où les femmes ont le moins le statut de salariées :
    • 49,3 %[47] des femmes turques qui occupent un emploi, sont indépendantes ou ont une activité non salariée.
    • 50,7 %[47] des femmes turques qui occupent un emploi, sont salariées : c'est le plus faible taux d'Europe. Dans l'Union européenne, 87,4 % des femmes qui occupent un emploi bénéficient des avantages du statut de salarié (sécurité sociale, cotisation chômage et retraite). Pour comparaison, cet indicateur est de 95,8 % en Norvège et de 92,4 % en France.
  • La Turquie est l'un des pays d'Europe qui envoie le moins ses filles dans l'enseignement supérieur : seulement 49,9 %[47] des turques en âge de s'inscrire, sont inscrites dans l'enseignement supérieur contre 68,7 % dans l'Union européenne.
  • En 2005, 11,4 %[47] des entreprises turques sont détenues par des femmes contre 41,6 % en Irlande, 34,1 % en Espagne, 20,3 % en Allemagne, 26 % en Roumanie et 21,5 % en Bosnie-Herzégovine.
  • La Turquie, sous l’impulsion d’Atatürk, accorde le droit de vote aux femmes en 1930 et l'éligibilité en 1934, soit bien avant la France (1944). Huit décennies après l'obtention de ces droits, la représentation des femmes turques dans leur parlement national est très faible. En 2012, seulement 14,2 %[47] des sièges du parlement national turque (TBMM) sont occupés par des femmes. Cette proportion est inférieure à celle de la Suède (44,7 %), du Sénégal (42,7 %), de la Tanzanie (36 %), de l’Algérie (31,6 %), de Éthiopie (27,8 %), de l’Afghanistan (27,7 %), de la France (26,9 %), de la Tunisie (26,7 %), de l’Irak (25,2 %), du Soudan (24,6 %), du Pakistan (22,5 %), de la Bosnie-Herzégovine (21,4 %), du Bangladesh (19,7 %) et du Tadjikistan (19 %). En Europe, la Turquie est dans le bas du tableau mais elle devance la Roumanie (11,2 %), Chypre (10,7 %) et la Hongrie (8,8 %). À l'heure où les politiciens turcs négocient la future constitution civile, il est bon de rappeler qu'aucun chapitre de la constitution turque ou de la législation n'impose aux partis politiques de présenter autant de candidat masculin que féminin.

Nationalisme[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Panturquisme et Kémalisme.

Éducation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Instituts de village (Turquie).

Pour les écoles francophones voir : lycée français Charles-de-Gaulle, lycée français Pierre-Loti, lycée Saint-Benoît, lycée Tevfik Fikret (un à Ankara et un à İzmir), lycée Notre-Dame de Sion, lycée Sainte-Pulchérie, lycée Saint-Michel, lycée Saint-Joseph (un à Istanbul et un autre à Izmir), lycée de Galatasaray, l'université Galatasaray et le lycée Burak Bora.

Protection sociale[modifier | modifier le code]

La protection sociale en Turquie s’articule entre différents mécanismes dont l’ensemble ne couvre pas l’intégralité de la population turque (67,3 millions d’habitants en 2000). Quatre systèmes publics de protection sociale coexistent en Turquie : le Memur Saglik est destiné aux actifs de la fonction publique et leurs ayants droit directs ; l’Emekli Sandigi concerne les retraités de la fonction publique, ainsi que leurs ayants droit directs ; la SSK couvre les employés du secteur privés et les ouvriers du secteur public ; le Bag-Kur assure les artisans, les commerçants et les membres des professions libérales.

Il existe une forme d’assurance personnelle qui permet d’adhérer volontairement à la SSK. Cette adhésion est individuelle ou collective, volontaire ou obligatoire. Individuellement, toute personne peut volontairement adhérer à la SSK en échange du versement d’une prime d’assurance. Collectivement, l’assurance est soit volontaire, soit collective. Volontaire, elle concerne des groupes exclus du bénéfice automatique de la SSK et qui négocient librement leur affiliation contre versement d’une cotisation ; obligatoire, le dispositif est identique mais les groupes choisissent de contraindre leurs membres à l’affiliation.

On compte une trentaine de sociétés d’assurances privées regroupant 300 000 personnes ; elles offrent leurs services aux personnes ne disposant pas de couverture sociale et ne pouvant financièrement assumer le coût de l’adhésion. Le nombre de leurs adhérents a augmenté durant les années 1990.

Ces différents mécanismes ne couvrent pas la totalité de la population turque. Sont exclus, en particulier, les agriculteurs et les pauvres urbains, dont le niveau de revenu exclut tout recours à des assurances complémentaires privées. La réforme de la SSK (qui couvre la moitié de la population turque), imposant une durée de cotisation minimale de 120 jours avant toute prise en charge, a renforcé cet état de fait. Pour pallier les carences de la couverture sociale, plusieurs dispositifs ont été mis en place : la carte verte ; le fonds d'aide sociale ; les systèmes municipaux ; les fondations[48].

Système hospitalier[modifier | modifier le code]

La Faculté de Médecine de l'Université d'Istanbul est l'école de médecine de premier plan dans le pays.
École Impériale de Médecine dans le quartier Haydarpaşa, actuellement un campus de l'Université de Marmara.

Deux grandes catégories se distinguent : les hôpitaux privés et les hôpitaux publics, et – au sein de ces derniers – les hôpitaux d’État et ceux de la SSK. Les hôpitaux de l’État se répartissent à leur tour entre hôpitaux du ministère de la Santé, hôpitaux dépendant de tel ou tel ministère (Défense, Police, Intérieur...), et hôpitaux universitaires.

Au total, la Turquie compte 1 256 établissements hospitaliers publics regroupant 176 121 lits, auxquels il faut ajouter le réseau des dispensaires. Ces derniers sont au nombre de 5 700 environ, ils couvrent une population de 7 500 personnes et contrôlent plusieurs sous-unités (trois à quatre en moyenne).

Les établissements publics de santé se répartissent entre :

  • les établissements du ministère de la Santé (communément appelés « hôpitaux d’État ») ;
  • les hôpitaux particuliers des ministères (Défense, Police…), qui en possèdent plusieurs. Ce sont aussi des hôpitaux d’État dont l’accès est réservé en principe aux agents des ministères en question ;
  • les hôpitaux universitaires : hôpitaux d’État qui, à l’instar de leurs homologues français, ont une vocation d’enseignement et de recherche ;
  • les hôpitaux de la SSK, la sécurité sociale turque. Ce sont des hôpitaux publics, mais qui ne dépendent pas de l’État.

L’étanchéité initiale entre les hôpitaux publics – particulièrement entre hôpitaux d’État et de la SSK – cède peu à peu la place à une forme d’intégration, encore très parcellaire et incomplète.

À elle seule, la métropole d’Istanbul dispose de 39 hôpitaux du ministère de la Santé, 3 hôpitaux universitaires, 16 hôpitaux de la SSK ; elle regroupe 234 dispensaires, dont 220 reliés au ministère de la Santé.

On compte environ 150 hôpitaux privés qui regroupent 11 500 lits. Ce secteur de la santé est en plein développement, en particulier à l’incitation des grands organismes financiers internationaux qui exigent des autorités turques une libéralisation de l’offre de soins. Comme exemples d’institutions privées, on peut citer la chaîne d’hôpitaux Acibadem, l’Universal Vatan (52 établissements). À Istanbul, les hôpitaux « nationaux » sont très présents : français, américain, allemand, italien, bulgare, arménien, grec…

Les hôpitaux privés sont souvent particulièrement bien dotés en personnel et très bien équipés : le premier TEP Scan installé dans le monde par la société Siemens l’a été dans un hôpital d’Acibadem. Ils disposent de l’ensemble des outils de diagnostic et de traitement : laboratoires, centre de transfusion sanguine, services d’urgence.

Sexualité[modifier | modifier le code]

Sécurité[modifier | modifier le code]

La gendarmerie nationale et la police civile garantissent l’ordre public en Turquie. Ces deux services emploient environ 600 000 hommes pour garantir l'ordre public. Le budget alloué aux forces de sécurité a considérablement augmenté (+ 20 %) depuis l'arrivée de l'AKP au pouvoir en 2002, au détriment du budget militaire qui a diminué de moitié[réf. nécessaire].

Culture[modifier | modifier le code]

Une des portes principales du palais de Dolmabahçe.

La Turquie a une culture très diverse qui est un mélange des éléments des cultures et traditions oghouzes, anatoliennes (arméniennes, grecques, kurdes, araméens, lazes...), ottomanes (qui elles-mêmes sont une continuation des cultures gréco-romaines et islamiques) et occidentales, qui a commencé avec l'occidentalisation de l'Empire ottoman et continue encore aujourd'hui. Ce mélange a commencé par la rencontre des Turcs et leur culture avec celles des peuples qui étaient sur le chemin de leur migration d'Asie centrale vers l'ouest[49],[50]. Avec la transformation progressive d'un Empire ottoman fondé sur la religion en un état-nation moderne, avec une séparation forte de l'État et de la religion, les méthodes d'expression artistique se sont développées. Pendant les premières années de la république, le gouvernement investit beaucoup de ressources dans les beaux-arts, les musées, les théâtres, les opéras et l'architecture. Les différents facteurs historiques jouent un rôle important dans la définition de l'identité turque contemporaine et la culture turque est le produit des efforts pour être « moderne » et occidental avec la nécessité éprouvée de maintenir des valeurs traditionnelles, religieuses et historiques[49].

Architecture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Architecture ottomane.

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique turque.

Il existe plusieurs instruments typiquement turcs, tels que le saz, le ney qui sont toujours pratiqués dans la vie moderne turque. Le rap et le rock sont surtout appréciés par les jeunes.

Les différentes influences culturelles que subit la Turquie se retrouvent au cœur de sa musique, mêlant sonorités traditionnelles et occidentales.

La musique pop de Turquie a fait une croissance après l'ouverture de nouvelles chaînes de télévision dès le début des années 1990. Pour citer quelques artistes turcs, il y a Sezen Aksu, Tarkan (avec un album qui l'a rendu célèbre en Europe), Sertab Erener qui a gagné le grand prix de l'Eurovision en 2003.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine turque.

Littérature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature turque.

À la fin du XIe siècle, les Turcs ont commencé à s'installer en Anatolie, et, en plus des traditions orales, il s'est développé une tradition littéraire écrite proche du style arabe et de la littérature persane. Les 900 ans suivant, jusqu'à peu de temps avant la chute de l'Empire ottoman en 1922, les traditions orales et écrites restent largement indépendantes l'une de l'autre.

Avec les réformes du Tanzimat au XIXe siècle, les styles européens et œuvres littéraires (romans et pièces de théâtre) ont commencé à apparaître dans la littérature turque.

Avec la fondation de la République turque en 1923, et les réformes visant à moderniser la langue turque, une nouvelle littérature turque nationale a été formé, de plus en plus influencé par les styles occidentaux.

Orhan Pamuk (lauréat du prix Nobel de littérature en 2006) et Elif Şafak sont parmi les romanciers majeurs turcs de nos jours.

Médias[modifier | modifier le code]

Quotidiens nationaux[modifier | modifier le code]

Cumhuriyet, Hürriyet, Milliyet, Posta, Radikal, Zaman.

Télévision[modifier | modifier le code]

ATV, CNBC-e, CNN Türk, Hayat TV, Kanal D, Lig TV, MTV Türkiye, NTV, Powertürk TV, Samanyolu TV, Show TV, Star TV, TRT 1, TRT 2, TRT 3, TRT 4, TRT 6, TRT Avaz, TRT-TÜRK.

Sports[modifier | modifier le code]

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Le football est très probablement le sport le plus populaire ; la vie s’arrête pratiquement lors des rencontres entre Galatasaray, Fenerbahçe, Beşiktaş et Trabzonspor. La Turquie participe au Championnat d'Europe de football. Elle est également membre de l'UEFA (Union des associations européennes de football). Entre ces 4 équipes, l'équipe stambouliote du Galatasaray est la seule à avoir remporté la Coupe d'Europe le 17 mai 2000 et la Supercoupe de l'UEFA 2000. L'équipe nationale quant à elle est arrivée 3e de la Coupe du Monde 2002 en Corée du Sud et au Japon[51],[52].

La Turquie a également de bons joueurs de basket-ball avec comme Mehmet Okur, 2003-04 Champion NBA avec Detroit Pistons premier turc sélectionné pour le All-Star de la NBA en 2007, ou Hidayet Türkoglu meilleur sixième homme lors de sa deuxième saison, 2007-2008 réalisant deux triple-doubles et meilleure progression NBA Most Improved Player en 2008. Au niveau européen, deux grands clubs turcs font partie du top européen : Efes Pilsen et Fenerbahçe Ülker. Ces deux clubs sont constamment en Euroligue. L'équipe nationale féminine remporte la médaille d'argent du championnat d'Europe 2011.

Le volley-ball et le beach-volley sont très appréciés par les femmes comme par les hommes. L'équipe de volley-ball féminine turque a fait de grands progrès depuis quelques années et est devenue l'une des équipes les plus fortes d'Europe, notamment grâce à Eylem Dağli très populaire à Istanbul.

En 2007, Kenan Sofuoğlu est devenu le premier turc champion du monde d'un sport mécanique : il a remporté le championnat de Mondial Supersport, une compétition de moto réservée aux 600 cm3. La ville d'Istanbul organise aussi une course de Formule 1 chaque année depuis 2005.

La lutte gréco-romaine est le sport national en Turquie. Les combats les plus importants ont lieu durant le Kirpinar Yagli Guresi qui se déroule dans la province d'Edirne.

Le pays compte beaucoup de médailles et de records en haltérophilie, notamment grâce à Naim Süleymanoğlu et Halil Mutlu.

Semih Saygıner a apporté de nombreuses médailles en billard à la Turquie. Après ses performances, la Turquie s'est doté d'une fédération.

Équipes nationales[modifier | modifier le code]
Évènements sportifs[modifier | modifier le code]
Voir la catégorie : Événement sportif en Turquie.

Symboles nationaux[modifier | modifier le code]

Drapeau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drapeau de la Turquie.

Devise[modifier | modifier le code]

« Yurtta sulh, cihanda sulh » ou « yurtta barış, dünyada barış » (« paix dans le pays, paix dans le monde »)

Blason[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armoiries de la Turquie.

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Célébrations de la Fête de la jeunesse et des sports (19 mai)
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local
1er janvier Jour de l'an Yılbaşı
23 avril Fête des enfants Milli Egemenlik ve Çocuk Bayramı
19 mai Fête de la jeunesse et des sports Gençlik ve Spor Bayramı
30 août Fête de la victoire Zafer Bayramı
29 octobre Fête nationale Cumhuriyet Bayramı
10 novembre minute de silence à 09h05 pour l’anniversaire de la mort de Mustafa Kemal Atatürk[53]
après le Ramadan (pendant 3 jours) Aïd el-Fitr Ramazan Bayramı
Aïd el-Kebir Kurban Bayramı

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Turquie.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

La Turquie est une république parlementaire.

Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président, élu par le Parlement jusqu'en 2007, le sera désormais au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Le président choisit le premier ministre[54].

Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les quatre ans.

La constitution en vigueur date de 1982. Elle a été récemment modifiée à la suite du référendum du 12 septembre 2010.

Personnalités politiques[modifier | modifier le code]

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Partis politiques turcs.

Élections[modifier | modifier le code]

Régime politique[modifier | modifier le code]

Évolution de l'Indice de démocratie de la Turquie entre 2008 et 2011
Manifestations du parc Taksim Gezi: certains protestataires se sont identifiés sous la forme #OccupyGezi.

Une Constitution rédigée par la junte militaire de 1980[modifier | modifier le code]

La Constitution en vigueur en Turquie a été rédigée par la junte militaire de 1980 à 1983. Le 18 octobre 2013, les Turcs entament leur 31e année de vie régie par une Constitution militaire et la classe politique turque est toujours incapable de trouver un consensus pour la rédaction d'une constitution civile. Après plus d'une décennie au pouvoir, l'AKP, qui dispose d'une majorité confortable au Parlement, n'a pas apporté les modifications nécessaires au code pénal turc afin de garantir à ses citoyens une réelle liberté de penser et de manifester. Ainsi, en 2012, la Turquie représente :

Selon Amnesty International, « la répression du mouvement de protestation du parc Gezi a donné lieu à des violations des droits humains à très grande échelle. Le droit de se réunir pacifiquement a été systématiquement bafoué et les violations du droit à la vie, à la liberté et à ne pas être torturé et maltraité ont été nombreuses»[56].

Synthèse des évaluations du régime politique de la Turquie[modifier | modifier le code]

Les rapports des organismes dont la Turquie est membre ou non relèvent une détérioration des libertés des médias et de la liberté d'expression, s'inquiètent de la tendance autoritaire du pouvoir politique à travers la mise en examen de politiciens et de journalistes et craignent que les arrestations et longues détentions provisoires soient utilisées comme une forme d'intimidation de l'opposition.
Parmi les articles du Code Pénal Turc mis en cause, on retrouve:

  • la loi anti-terreur de la Turquie (également connu sous le nom Terörle Mücadele Yasası, TMY), articles 5 et 7 relatifs aux articles du Code pénal,
  • article 314 du Code pénal de la Turquie (aussi connu comme Türk Ceza Kanunu, TCK), portant sur l'organisation, le commandement ou la participation à une organisation armée,
  • article 301 du Code pénal turc définissant « l'insulte » à la « nation turque »,
  • article 216 du Code pénal turc définissant « l'incitation à la haine religieuse »[57],
  • article 305 du Code pénal turc qui condamne les personnes ayant une pensée différente par rapport à aux versions officielles, notamment sur le génocide arménien.

Le gouvernement turc utilise cette batterie de loi pour étouffer toute forme de manifestation ou d'opposition à sa politique et la grande majorité des rassemblements ou manifestations pacifiques dégénèrent à la suite de l'intervention brutale des forces de l'ordre.

À titre de comparaison, en 2011, selon The Economist Group, l'Indice de démocratie de la Turquie est de 5,73[58]: au niveau mondial, la Turquie est classée 88e[58] et appartient au groupe de pays dotés d'un régime politique dit « hybride ». La performance démocratique de la Turquie est inférieure à celle de la Norvège (9,8 points), de la France (7,7 points), de la Pologne (7,12 points), de l'Indonésie (6,53 points), du Mali (6,36 points), de la Namibie (6,24 points), de la Zambie (6,19 points), du Ghana (6,02 points), du Bangladesh (5,86 points) et du Malawi (5,84 points).

L'AKP et l'Union Européenne : nouveaux freins à la démocratisation du pays[modifier | modifier le code]

La Turquie a officiellement entamé ses négociations d’adhésion à l’Union européenne en octobre 2005. Le Conseil européen de Copenhague précise que l'adhésion d'un nouveau pays est soumise à des conditions préalables dont la mise en place d'« institutions stables garantissant l'état de droit, la démocratie, les droits de l'homme, le respect des minorités et leur protection ». De nombreux chapitres sont ouverts mais ceux concernant les libertés fondamentales et la justice ne sont pas à l'ordre du jour[59]:

  • Le chapitres 23 « Pouvoir judiciaire et droits fondamentaux » est bloqué par Chypre[59]
  • Le chapitres 24 « Justice, liberté et sécurité » est bloqué par Chypre, l'Allemagne et la Grèce[59]

Selon Stefan Füle, «compte tenu de sa situation stratégique et de son grand potentiel dans les domaines de l'économie et de la diplomatie, l'Europe a besoin d'une Turquie stable, prospère et démocratique»[60].

Par ailleurs, après plus de 10 ans de pouvoir, l'AKP n'a pas tenu sa promesse de 2002, à savoir de renommer les « Critères de Copenhague » (« Critères d'Ankara ») pour poursuivre la démocratisation du pays en cas de blocage européen[61]. Des réformes judiciaires appelés « paquets démocratiques ou ouvertures démocratiques » pour l'ensemble des citoyens turcs, les kurdes, les alevi, les caferi, les roms, les grecs orthodoxes, les arméniens... ont certes été entamées mais elles ne répondent pas aux standards européens ou n'ont tout simplement pas abouties [62] remettant en cause la sincérités des intentions du gouvernement. Au terme de sa lutte justifiée contre l'omniprésence de l'armée dans la sphère politique, l'AKP s'est débarrassé de tout contre-pouvoir et a mis en place un système clanique s'octroyant les marchés juteux et étouffant les affaires compromettantes (comme l'affaire Deniz Feneri ou le détournement de fonds caritatifs religieux au profit d’un mouvement politique[63] et l'affaire Uludere ou la bavure de l'armée ayant couté la vie à 35 citoyens turcs[64]). À l'été 2013, l'armée, l'appareil bureaucratique, l'appareil judiciaire et la presse étaient devenus des instruments au service de l'AKP[65].

De plus, le jeu électoral est biaisé dans la mesure où l'AKP utilise l'ensemble des services publics pour développer sa propagande. Ainsi, lors des élections locales de mars 2014 :

  • sous ordre des préfets de la république, les véhicules des services de l’État sont réquisitionnés pour assurer des navettes alimentant les meeting de l'AKP[66],
  • sur les chaines publiques TRT, l'AKP comptabilise neuf fois plus de temps de parole que l'ensemble de l'opposition (CHP, MHP et BDP)[67].

Relations internationales[modifier | modifier le code]

La Turquie est membre de l'OTAN depuis 1952, avec la deuxième armée en effectifs de l’organisation après l’armée américaine.

La Turquie est membre fondateur de l'ONU (1945), OCDE (1960), l'Organisation de la coopération Islamique OCI (1969), OSCE (1973), G-20 (1999) et membre (non fondateur) du Conseil de l'Europe (depuis le 9 août 1949) et l’OTAN (depuis le 18 février 1952). Elle abrite des bases américaines à İncirlik, Izmir et Ankara. La Turquie est un allié historique important des États-Unis depuis la guerre froide du fait de sa position par rapport à l'URSS. Cette entente a néanmoins faibli durant la dernière guerre d'Irak, où les deux pays se sont opposés sur la question kurde, la Turquie craignant qu'un pouvoir kurde trop fort en Irak ne favorise les prétentions indépendantistes des Kurdes de Turquie. La Turquie tient une position proche de l'Iran sur cette question.

Du fait que la langue Turque fait partie des langues altaïques, parlées par les peuples turcs d'Asie Mineure et d'Asie Centrale

Pays dont la langue officielle est d'origine turque
Pays dont la langue officielle est d'origine turque

, la Turquie participe également à plusieurs organismes de coopération économique et culturelle internationaux :

  • la TIKA (Agence de coopération turcophone - Turk Isbirligi ve Kalkinma Ajansi)
  • la TÜRKSOY: (Organisation Internationale pour la Culture Turque - Uluslararası Türk Kültürü Teşkilatı)
  • le TURKPA,Conseil de coopération des États de langue turcique, reconnu observateur de l'organisation des Nations unies depuis 2011.

La Turquie est le premier pays à majorité musulmane à reconnaître l’État d’Israël dès 1949 et le seul à entretenir avec de bonnes relations. Elle ravitaille Israël en eau. Les deux États ont ainsi signé un accord portant sur 50 millions de mètres cubes d'eau douce par an pendant vingt ans, pour une valeur d'environ un milliard d’euros. Une coopération militaire très étroite se développe entre Israël et la Turquie depuis 1996, avec plusieurs accords sur la défense et l’échange de haute technologie. Les deux États entreprennent également des manœuvres militaires conjointes, épaulées par les États-Unis. Mais depuis le mois de juin 2010 les relations entre la Turquie et Israël se sont fortement dégradées à la suite de l'assaut de Tsahal sur un convoi humanitaire turc à destination de Gaza.

La Turquie ne reconnaît pas la République de Chypre, dont elle a occupé la partie nord du territoire, mais est le seul État à reconnaître la République Turque de Chypre du Nord créée après l’intervention en 1974 par l’armée turque. Des tensions apparaissent sporadiquement avec la Grèce au sujet de la mer Égée.

Après les premières victoires de l'armée arménienne sur l'armée azérie lors de la guerre du Haut-Karabagh, le président turc Süleyman Demirel décrète en 1993 un embargo contre l’Arménie. La Turquie est solidaire avec les Azéris, un peuple turc, et a toujours maintenu des relations houleuses avec les Arméniens (notamment la diaspora arménienne) sur la question du génocide. L'embargo est aujourd'hui toujours en vigueur, les deux pays n'entretiennent aucune relation diplomatique officielle et la frontière reste fermée. La Turquie accueille le récent oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan conjointement avec l'Azerbaïdjan et la Géorgie. Ces trois pays sont les principales nations pro-occidentales dans le Caucase, opposées à l'axe Russie-Arménie. L'intérêt de cet oléoduc pour les occidentaux est d'accéder au pétrole de la mer Caspienne en contournant la Russie et l'Iran. Cependant, le 6 septembre 2008, à l'occasion d'une rencontre entre les deux équipes nationales de football comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde 2010, le président turc se rend à Erevan pour assister au match au côté de son homologue arménien.

La Turquie est actuellement candidate à l’adhésion à l’Union européenne.

La Turquie est actuellement candidate à l’adhésion à l’Union européenne; les négociations ont commencé en octobre 2005. La Turquie occupant (dont justifié par la loi internationale entre La Grèce le Royaume-Uni et la Turquie) une partie de la République de Chypre, pays membre de la zone européenne, les négociations trainent.

Les conditions à remplir les plus souvent évoquées constituant les critères de Copenhague sont adaptées à la situation de la Turquie :

  • l’indépendance du pouvoir civil face à l’armée (ce qui est problématique car l'armée est garante de la laïcité) ;
  • la reconnaissance de la République de Chypre, la normalisation des relations avec ce pays et le départ des colons anatoliens et le retour des chypriotes turcs ;
  • l’application des normes de protection des minorités, en particulier la minorité kurde ;
  • la promotion du droit des femmes ;
  • le respect de l'environnement.

Défense et géopolitique[modifier | modifier le code]

Pendant des décennies, l'armée turque a pesé très lourd en tant qu'acteur de la vie politique. La séparation entre l'État démocratique et les généraux était floue, au point que la notion de démocratie pouvait s'effacer devant la tentation du nationalisme. À ce niveau, l'appartenance à l'OTAN et les longues négociations avec l'Union européenne ont permis une séparation plus nette, mais la guerre intérieure contre les rebelles du PKK et la frontière commune avec l'Irak n'ont pas permis un changement important.

Depuis la reprise des attaques kurdes autour de Diyarbakir et la multiplication d'interventions militaires dans la zone tampon du Nord de l'Irak, les généraux turcs tentent de multiplier les pressions pour obtenir des prérogatives extraordinaires dans le cadre de « luttes contre le terrorisme ». Ces prérogatives seraient antidémocratiques :

  • Augmentation des ripostes militaires décidée par l'État-Major ;
  • Droit de perquisition sans l'autorisation du procureur ;
  • Liberté d'intervention dans les zones contrôlées par la police ;
  • Allongement des périodes de détention des suspects[68].

Économie[modifier | modifier le code]

Söğütözü, Ankara
TCDD Yüksek Hızlı Tren (YHT) ou train à grande vitesse

Quelques indicateurs[modifier | modifier le code]

  • La monnaie nationale est la livre turque
  • Un marché de plus de 75 millions de consommateurs
  • 7 ème économie d'Europe (en termes de PIB $ US courants)
  • Des finances publiques maîtrisées en 2010: la dette du gouvernement central représente 50,7 % du PIB[69]
  • Borsa Istanbul ou BIST, la Bourse d'Istanbul, est la 8e plus grande bourse d'Europe juste derrière la bourse de Milan
  • Membre du G20
  • Membre de l'Union douanière européenne
  • Membre de l'OCDE
  • PIB 2012 :
    • 789 milliards $ US courants soit la 18e puissance économique mondiale[2]
    • 1 358 milliards $ PPA internationaux courants soit la 15e puissance économique mondiale[3]
  • PIB par habitant 2012 :
    • 10 666 $ US courants[70]
    • 18 348 $ PPA internationaux courant[70]
  • Croissance du PIB 2011: 8,5 %[69], soit la plus forte croissance économique en Europe et l'une des plus forte au monde
  • Croissance du PIB 2010: 9,1 %[69]
  • Dépenses en recherche et développement en 2007, en % du PIB : 0,72 %[69]
  • Taux de chômage en 2011 : 11,9 %[69]
  • 1er janvier 2005 : Introduction de la nouvelle livre turque (YTL, environ 0,50 euro) qui remplace 1 million de livres turques (TL)
  • Inflation, prix à la consommation en 2011: 6,47 % annuel[69]
  • En 2011, les exportations turques se montent à 134,9 milliards de dollars[69]
  • Risque pays qui se rapproche des pays européens
  • Projection à horizon 2050:
    • selon les projections de Goldman Sachs[71], la Turquie pourrait devenir la 2e puissance économique d'Europe en 2050
    • selon l'étude de la HSBC "The world in 2050"[72] la Turquie sera la 5e puissance économique européenne et la 12e puissance économique mondiale derrière l'Italie et le Canada en 2050
Les traités de libre échange signés par la Turquie.

Synthèse[modifier | modifier le code]

Synthèse de l'économie turque en 2010. Analyse en composantes principales. Données : Banque mondiale.
Évolution de la dette extérieure de la Turquie.
Entrepreneuriat et Indice de démocratie
Articles de journaux scientifiques et techniques pour 10 000 habitants en 2009.
Demandes de brevet pour 10 000 habitants en 2009.

En 2010, la Turquie est la 1re puissance économique du Moyen-Orient devant l'Iran et l'Arabie saoudite[73], la 7e puissance économique d'Europe[74] et la 15e puissance économique mondiale[75]. Membre du G20 et de l'Union douanière, la Turquie a officiellement entamé ses négociations d’adhésion avec l’Union européenne en octobre 2005.

En 2000, le pays connait la plus grave crise financière de son histoire moderne.
En 2001, Kemal Derviş, ministre de l'économie, met en place d'importantes réformes économiques :

  • autonomie de la banque centrale ;
  • recapitalisation des deux plus grandes banques publiques et de certaines banques privées ;
  • saisie ou fermeture de banques insolvables ;
  • restructuration des principaux établissements.

Ces réformes sont à l'origine de la solidité actuelle du secteur financier de la Turquie.
La stabilité politique (majorité parlementaire AKP depuis 2002), le début des négociations d'adhésion avec l'Union européenne, la mise en circulation d'une nouvelle monnaie et la maîtrise des dépenses publiques améliorent également la confiance des agents économiques envers les autorités politiques et monétaires du pays et contribuent à la stabilisation du niveau général des prix et au renforcement du secteur financier.

En 2010, la Turquie affiche un taux de croissance de +9,1 %[69], supérieur à celui du Brésil (+7,5 %) ou de l'Allemagne (3,7 %). La structure de la production de la Turquie est caractérisée par une surreprésentation de l'industrie et de l'agriculture et une sous représentation des services. La Turquie est un pays industriel ou l'agriculture occupe une place importante dans la production de la richesse nationale. La valeur ajoutée de l'industrie représente 26,6 % du PIB[69] contre 63,7 % pour les services et 9,6 % pour l'agriculture.

La vitalité de l'économie turque s'explique par :

  • la présence d'un grand marché intérieur (75 millions de consommateurs): la consommation privée est soutenue et son pouvoir d'achat augmente. La Turquie affiche un taux de croissance du PIB par habitant de 7,8 %[69] contre 1,4 % au Royaume-Uni.
  • des investissements importants : ces derniers représentent une part importante du PIB en 2010 (20 %[69] contre 17,3 % en Allemagne)

L'économie turque est une économie relativement ouverte. Les échanges extérieurs représentent 48 % du PIB[69] contre 22 % au Brésil et 88 % en Allemagne. L’Union européenne est le premier partenaire commercial du pays. En 2010, le commerce extérieur du pays est largement déficitaire. Depuis le début des années 1990, la Turquie renforce son ouverture économique en signant une série d'accords de libre échange. Se faisant, elle ouvre de nouveaux débouchés à ses entreprises exportatrices et favorise leur approvisionnement en matière première. Parallèlement, le gouvernement turc mène une politique de suppression des visas avec des pays tiers pour faciliter la prospection des chefs d'entreprises turcs. Pour le centenaire de la République Turque (2023), l'objectif du gouvernement est d'atteindre les 500 milliards de dollars d'exportation. Pour atteindre cet objectif, la Turquie doit:

  • augmenter ses efforts en termes de recherche et développement (0,73 % du PIB[69] en Turquie contre 2,68 % pour l'Allemagne)
  • exporter des produits à forte valeur ajoutée pour retrouver un équilibre de sa balance commerciale (les exportations de produits de haute technologie représentent 1,93 %[69] des exportations de biens manufacturés en Turquie contre 11,2 % pour le Brésil et 15,2 % pour l'Allemagne).

La consommation privée soutenue, le taux d'investissements élevé et le déficit de la balance commerciale pousse le pays à recourir aux flux de capitaux étrangers (IDE et investissements de portefeuille). Le taux d'épargne (14,5 % du PIB[69]) bien que supérieur à celui du Royaume-Uni (12,9 %) ou des États-Unis (11,6 %) ne suffit pas à pourvoir les sommes nécessaires au développement économique du pays. La vigueur de l'économie turque en 2010 s'accompagne de tensions inflationnistes (+8,7 %).

En 2010, les finances publiques sont maîtrisées et la Turquie aura remboursé la totalité de sa dette auprès du FMI en avril 2013 :

  • la dette du gouvernement se monte à 50,7 % du PIB[69] contre 117 % pour l'Italie et 56 % pour l'Allemagne ;
  • le déficit budgétaire représente -2,25 % du PIB[69] contre -3,14 % en Allemagne.

et le pays dispose de réserves en mois d'importation relativement bonnes.

Le risque pays se rapproche des pays européens. Toutefois, l'épargne turque est insuffisante et le pays, dépendant des capitaux étrangers, voit sont endettement privé extérieur fortement augmenter, augmentant le risque de change. Entre 2000 et 2010, la dette extérieure de la Turquie est multipliée par 3 et atteint les 294 milliards de $US[69]. Le risque politique est encore souligné par les agences de notation. Pour éviter les troubles sociaux, la Turquie doit instaurer une forte démocratie, seul moyen de faire adhérer l'ensemble de sa population aux objectifs de développement national. En pensant la démocratie comme un levier de croissance, en accordant une réelle liberté de pensée et d'expression à ses intellectuels-chercheurs, en accordant des droits à ses minorités ethniques (kurde, zaza, laze, tatar, azéri, roms, abkhaze...), en accordant des droits à ses minorités religieuses (alevi bektachi, câferî, chrétien et musevi), la Turquie s’éloignera des tensions religieuses et ethniques que sa géographie lui impose, elle assurera sa stabilité politique et accroîtra son attractivité économique. Se faisant, plusieurs milliards de dollars dépensés chaque année pour sa politique sécuritaire seront alloués au développement humain et économique du pays. La rédaction de la nouvelle constitution turque est l'occasion d'encrer solidement la Turquie dans le cercle des pays démocratiques, pacifiés et stables. Au politiciens turcs d'en relever le défi et d'y associer, sans sectarisme, l'ensemble des composantes de la société turque.

Selon The Economist Group, le sens de causalité entre démocratie et richesse économique est discutable. Mais au vu des faibles réserves en hydrocarbures de la Turquie et des objectifs qu'elle s'est fixée pour 2023 (industrie de haute technologie et intégration à l'Union Européenne) le développement de la démocratie turque est une nécessité pour :

  • stabiliser politiquement et socialement le pays
  • libérer les idées et donc développer la créativité intellectuelle et technologique dont la Turquie a besoin pour produire et exporter des produits à forte valeur ajoutée
  • développer l'entrepreneuriat pour augmenter le nombre d'entreprises et pourvoir des emplois à sa population croissante. En 2008, le régime politique le plus favorable à la création d'entreprise est la démocratie avancée. En moyenne une démocratie avancée crée 26,6 entreprises nouvelle pour 10 000 habitants[76],[69], soit 5 fois plus que les démocraties imparfaites, 5,6 fois plus que les régimes hybrides et 2,3 fois plus que les régimes autoritaires.

En 2010, la Turquie est la 15e puissance économique mondiale en termes de PIB[77] mais en termes d'Indice de Développement Humain, le classement est moins favorable et montre que la Turquie doit intensifier ses investissements dans l'éducation, la recherche et la santé et mener des politiques moins inégalitaires. En 2011, l'IDH de la Turquie se monte à 0,699[78]. Au niveau mondial, la Turquie est classée 92e.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Tourisme en Turquie et Riviera turque.
Plage et marina à Kemer près d'Antalya sur la Riviera turque (Côte Turquoise). Le tourisme en Turquie possède une très grande variété de destinations telles que des lieux historiques, des zones archéologiques mais aussi de très nombreuses stations balnéaires le long de la mer Méditerranée et de la mer Égée. Les nombreuses cultures que le pays a connues tout au long de son histoire et le climat très favorable donnent un atout majeur à la Turquie dans le tourisme. Plus de 36,7 millions de touristes étrangers ont visité la Turquie en 2012, la Turquie est la 6e destination touristique mondiale.
Pamukkale (Le château de coton)

La Turquie est la 6e destination touristique mondiale. Plus de 36,7 millions de touristes étrangers ont visité la Turquie en 2012. Le tourisme a rapporté au pays plus de 23 milliards de dollars en 2011.

La Turquie est un pays très visité grâce à des sites naturels attractifs et à une histoire singulière dans le monde, comme le témoigne la ville d'Istanbul. Antalya se trouve à la quatrième et Istanbul à la dixième place des villes les plus visitées au monde en 2013. Les grandes régions touristiques de Turquie sont principalement Istanbul, les côtes de la mer Égée et de la Mer Méditerranée et la Cappadoce.

Le tourisme médical est une nouvelle constante dans le secteur touristique turc, bon nombre d'Européens viennent passer des vacances tout en se soignant. Le pays dispose de bon nombre de sources thermales qui tirent le tourisme des côtes vers le centre du pays. Le trekking et le tourisme sportif connaissent également une grande expansion, grâce aux investissements du privé.

Organisations syndicales et professionnelles[modifier | modifier le code]

Syndicats des salariés[modifier | modifier le code]

Dans le privé:

Dans le public:

Syndicats d'entrepreneurs[modifier | modifier le code]

Climat social[modifier | modifier le code]

  • mai-juin 2012: grève dans le transport aérien. Le parlement turc adopte une loi interdisant la grève dans le transport aérien.
  • mai 2012: grève nationale du secteur public. Les syndicats protestent contre l'augmentation trop faible des salaires.

Bilan économique du conflit avec le PKK[modifier | modifier le code]

En 29 ans, le bilan humain du conflit entre l’État turc et le PKK est lourd:

  • décès de plus de 45 000 personnes [79]
  • meurtres non élucidés : entre 2 000 et 17 000[80]
  • déplacement de 386 000 habitants dans 14 départements
  • lourd traumatisme dans la société turque[80].

Au niveau économique, le conflit entre l’État turc et le PKK a coûté 300 milliards US$[81] soit l'équivalent de :

  • 75 à 86% du budget nécessaire à rendre toutes les habitations turques conformes aux normes sismiques. Le projet de renouvellement urbain (Kentsel Dönüşümün) ambitionne de détruire et reconstruire 7 millions d'habitations non conformes aux normes sismiques. Ce projet est estimé entre 350 et 400 milliard de US$[82]
  • 36 000 km d'autoroutes (le prix moyen d'1 km d'autoroute est estimé à 8,2 million US$)
  • 62 000 km de Train à Grande Vitesse (le prix moyen d'1 km de Train à Grande Vitesse est estimé à 4,8 million US$)
  • 100 Oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan[83]
  • 100 projet Marmaray, tunnel ferroviaire sous le Bosphore qui va transporter ses passagers entre Asie en Europe[84]
  • 15 Centrale Nucléaire de Mersin Akkuyu 4 800 MW[85]
  • 10 700 Projet MİLRES (Milli Rüzgar Enerji Sistemi) (Projet éolien national de 500 kW)[86]
  • 6 700 hôpitaux de type Trabzon Kanuni Eğitim ve Araştırma Hastanesi (capacité de 400 lits)[87]
  • 25 plus grands aéroports du monde : le troisième aéroport à Istanbul, est destiné à devenir le plus important de la planète avec une capacité d'accueil de 150 millions de passagers (plus deux fois Roissy)[88],[89]
  • 16 organisations des Jeux olympiques: Istanbul est candidates aux JO de 2020 avec un budget de (19 milliards US$)[90]
  • 50 ponts sur le Bosphore. Le coût du troisième pont sur le Bosphore est estimé à 6 milliards US$[91]
  • 8 953 télescopes de type Doğu Anadolu Uluslararası Gözlemevi (DAG). Le projet DAG est mené par l'Université Ataturk d'Erzurum[92]
  • 11 938 accélérateurs de particules de type TAEK Proton Hızlandırıcı Tesisi situé à Ankara, également appelé le « CERN turc »[93]

Droit[modifier | modifier le code]

Codes[modifier | modifier le code]

La Turquie a pour code :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Turquie, Istanbul, Mert Turquie,‎ 2003, 167 p. (ISBN 975. 285. 029-4[à vérifier : isbn invalide])

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Turkish Statistical Institute
  2. a et b The World Bank: World Development Indicators Database. Gross Domestic Product 2012. Last revised on 17 December 2013.
  3. a et b The World Bank: World Development Indicators Database. Gross Domestic Product 2012, PPP. Last revised on 17 December 2013.
  4. Programme de Développement des Nations Unies : Rapport sur le développement humain 2010 — tableaux statistiques du développement humain[lire en ligne]
  5. François Surbezy, Les Affaires d'Arménie et l'intervention des puissances européennes (de 1894 à 1897), Université de Montpellier [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2008)].
  6. Ce chiffre est celui généralement admis par la communauté des historiens ; mais du fait de leur caractère génocidaire, le bilan des massacres et déportations des Arméniens ne fait pas l'unanimité, les estimations allant de 400 000 à 2 millions de victimes arméniennes. Cette dernière estimation est avancée par les Arméniens eux-mêmes, lire « Ankara choqué par une loi française » dans Le Nouvel Observateur du 8 octobre 2006, [lire en ligne]
  7. Barbara Lefebvre, Sophie Ferhadjian, Comprendre les génocides du XXe siècle : comparer-enseigner, Rosny-sous-Bois, Bréal,‎ 2007, 319 p. (ISBN 978-2-7495-0722-4 et 2749507227, lien LCCN?, lire en ligne), p. 190
  8. http://www.revues-plurielles.org/_uploads/pdf/9_16_17.pdf
  9. Turkey from empire to revolutionary republic: the emergence of the Turkish nation from 1789 to the present, Sina Akşin, page 126, « People's defence unit called National Forces (Kuvay-ı Milliye) were organised and financed throughout the country by the notables of each Region »
  10. The Alevis in Turkey and Europe: Identity and Managing Territorial Diversity- Elise Massicard
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  21. http://fr.calameo.com/read/000260618c8e655172c32
  22. « En Turquie, le Parlement autorise le port du voile à l'université », dans Le Monde du 7 février 2008, [lire en ligne]
  23. Extrait du 4e chapitre du livre de E. Dourmoussis, La Vérité sur un drame historique, la catastrophe de Smyrne, septembre 1922, Paris, Caffin, 1928, George Horton (en)
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  27. (tr) Constitution du 20 avril 1924 Sur le site anayasa.gen.tr
  28. (tr)(Türkiye Devleti, Cumhûriyetçi, Milliyetçi, Hâlkçı, Devletçi, Laik ve İnkılâpçı’dır)
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  44. Dernière en date (Reuters, 18.04.2007, 17:47): Trois personnes, dont un ressortissant allemand, ont été retrouvées égorgées, les pieds et les poings liés, dans une maison d'édition chrétienne à Malatya […] Les victimes étaient des évangélistes protestants […] Quatre personnes ont été arrêtées par la police à la suite de cette attaque, la dernière en date contre des minorités religieuses dans un pays en quasi-totalité musulman, mais officiellement laïc où la place de la religion suscite des tensions. Voir aussi (AFP / 18 avril 2007 15h04): Plusieurs attaques ont visé dans le passé des religieux chrétiens ou leurs lieux de culte en Turquie, officiellement à 99 % musulmane et qui abrite plusieurs petites minorités chrétiennes (syriaque, arménienne, orthodoxe, protestante et catholique). En juillet 2006, un prêtre français a été blessé à coups de poignard par un individu décrit comme mentalement instable à Samsun (nord, sur la mer Noire). Et en février de la même année, un prêtre catholique, le père Andrea Santoro, 61 ans, a été tué par balle à Trabzon, un bastion nationaliste situé à une centaine de kilomètres plus à l'est.
  45. « En Turquie, le Parlement autorise le port du voile à l'université », dans Le Monde du 07-02-2008, [lire en ligne]
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  48. Robert Holcman, «Atomisation de la protection sociale et fractionnement de l’offre hospitalière en Turquie», Revue internationale de Sécurité sociale, vol. 57, no 2, avril-juin 2004, p. 183-108, disponible sur [PDF]robertholcman.net.
  49. a et b (en) İbrahim Kaya, Social Theory and Later Modernities: The Turkish Experience, Liverpool, Liverpool University Press,‎ 2003, poche (ISBN 978-0-85323-898-0 et 0-8532-3898-7, lien LCCN?, lire en ligne)[réf. incomplète]
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  56. http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Armes-et-conflits-armes/Actualites/Violences-policieres-en-Turquie-9540
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  93. http://ekonomi.haberturk.com/teknoloji/haber/746663-basbakandan-nukleer-elestiri

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]