Laon

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Laon
Vue du centre ancien
Vue du centre ancien
Blason de Laon
Blason
Logo
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Aisne (préfecture)
Arrondissement Laon (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de 2 cantons
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays de Laon
Maire
Mandat
Antoine Lefèvre
2014-2020
Code postal 02000
Code commune 02408
Démographie
Gentilé Laonnois
Population
municipale
25 745 hab. (2011)
Densité 613 hab./km2
Population
aire urbaine
41 555 hab.
Géographie
Coordonnées 49° 33′ 50″ N 3° 37′ 28″ E / 49.5638888889, 3.62444444444 ()49° 33′ 50″ Nord 3° 37′ 28″ Est / 49.5638888889, 3.62444444444 ()  
Altitude Min. 63 m – Max. 183 m
Superficie 42,00 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.ville-laon.fr/

Laon (prononcé [lɑ̃][1]) est une commune française, préfecture du département de l'Aisne et donc située dans la région Picardie. Ses habitants sont appelés les Laonnois (prononcer « lanoi »).

Présentation[modifier | modifier le code]

Ville fortifiée sur une colline, Laon possède de nombreux monuments médiévaux, des hôtels particuliers et des maisons des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles en grand nombre, notamment dans les rues Sérurier, Saint-Jean, Saint-Cyr ou Vinchon, véritables musées urbains. Son sous-sol est sillonné de souterrains, carrières et puits dont la préservation est l'un des enjeux patrimoniaux actuels. Située à son sommet, sa cathédrale lui a valu le surnom de « Montagne couronnée ».

En évoquant la ville dans une lettre à son épouse Adèle, Victor Hugo écrivait ceci[2] : « Tout est beau à Laon, les églises, les maisons, les environs, tout… »

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville de Laon, pour sa partie la plus ancienne (la ville haute), est édifiée sur une butte-témoin qui domine la plaine environnante d’une centaine de mètres. Cette butte, détachée de la cuesta d’Île-de-France, est essentiellement composée de sables. Les niveaux supérieurs sont constitués d’argile de Laon (Cuisien), de sables grossiers et de calcaires du Lutétien. Les argiles sont à l’origine d’une nappe aquifère qui donne naissance aux sources situées au pied des remparts de la ville haute. Celles-ci ont été aménagées en fontaines et abreuvoirs dès le Moyen Âge. Les sables et calcaires furent exploités très tôt, d’abord en carrières à ciel ouvert, puis en carrières souterraines, fournissant la pierre de construction et le sable pour les mortiers. Elle est traversée au sud par la rivière Ardon. Au nord de la butte s’étend la vaste plaine picarde. Du haut de la colline, par temps clair, le regard porte à plus de vingt kilomètres. À quelques kilomètres au sud, la côte d’Île-de-France marque la limite nord des plateaux du Soissonnais.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

L'Hôtel de ville de Laon en 2013
Article détaillé : Liste des maires de Laon.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1965 Marcel Levindrey SFIO  
1965 1977 Guy Sabatier UNR Député
1977 1983 Robert Aumont PS Député
1983 1989 René Dosière PS Député
1989 2001 Jean-Claude Lamant RPR Député
mars 2001 réélu mars 2008 Antoine Lefèvre[3] UMP Sénateur

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

D’après le recensement Insee de 2007, l'agglomération Laonnoise compte 35 463 habitants. La commune occupe le 311e rang au niveau national, alors qu'elle était au 295e en 1999, et le 3e au niveau départemental sur 816 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Laon depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint 1975 avec 27 914 habitants.

En 2011, la commune comptait 25 745 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
7 500 6 691 6 976 6 837 8 400 8 230 9 406 9 809 10 098
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
8 199 10 090 10 268 10 365 12 139 12 623 13 677 14 129 14 625
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
15 434 15 288 16 262 18 904 19 402 19 125 20 254 17 401 21 931
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
25 078 26 316 27 914 26 682 26 490 26 265 26 522 25 745 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (19 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (21,2 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (53,2 %) est supérieur au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 46,8 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,2 %, 15 à 29 ans = 25,7 %, 30 à 44 ans = 18,6 %, 45 à 59 ans = 20,4 %, plus de 60 ans = 15,1 %) ;
  • 53,2 % de femmes (0 à 14 ans = 17,5 %, 15 à 29 ans = 22,1 %, 30 à 44 ans = 18,1 %, 45 à 59 ans = 19,9 %, plus de 60 ans = 22,4 %).
Pyramide des âges à Laon en 2007 en pourcentage[6]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
1,1 
5,8 
75 à 89 ans
10,5 
9,1 
60 à 74 ans
10,8 
20,4 
45 à 59 ans
19,9 
18,6 
30 à 44 ans
18,1 
25,7 
15 à 29 ans
22,1 
20,2 
0 à 14 ans
17,5 
Pyramide des âges du département de l'Aisne en 2007 en pourcentage[7]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
0,9 
6,0 
75 à 89 ans
9,6 
12,2 
60 à 74 ans
13,3 
21,8 
45 à 59 ans
20,6 
20,4 
30 à 44 ans
19,7 
18,7 
15 à 29 ans
17,2 
20,7 
0 à 14 ans
18,6 

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes [eccelsiae] Lugdunensis en 549, [infra urbis] Lugdune au VIe siècle, Leudunum en 632, Laodunum en 680, Loon, Montloon au XIIe siècle, Lauon, Montlauon au XIIIe siècle[8],[9].

Il s'agit d'une type toponymique gaulois fréquent qui se compose du théonyme Lugus (c'est-à-dire Lug), dieu gaulois et celtique insulaire, et de l'appellatif celtique très répandu dunon (lire dūnon) « citadelle, enceinte fortifiée, mont »[10]. Le sens initial de ce terme était « zone enclose, citadelle, fort » (cf. germanique *tūna- que continuent l'allemand Zaun « barrière, clôture » et l'anglais town « ville », -ton dans les noms de lieux), ce n'est que par la suite qu’il a pris le sens de « mont, colline, hauteur »[11]. Il se perpétue dans certains dialectes sous la forme dun « colline » et dunet « petite colline »[12].

Le sens global est donc « forteresse de Lug »[13],[14].

Homonymie avec Lyon, Loudon (Parigné, Mayenne), Laudun, Leyde (Pays-Bas) et Lugundunum (*Lugudunum ?) en Grande-Bretagne de localisation incertaine (Leven Seat, Londesborough, Lothian, Loudon ou Lugton)

Histoire[modifier | modifier le code]

La porte d'Ardon et les remparts sud
Le palais de justice et les remparts nord

La topographie de la ville en fait un site défensif exceptionnel qui, toutefois, crée également un hiatus entre le centre urbain – siège des pouvoirs – et ses faubourgs.

Antiquité[modifier | modifier le code]

La ville haute a probablement connu une petite occupation néolithique vers 3000 avant Jésus-Christ. En revanche, aucune trace de site des âges du bronze et du fer n’a été découverte jusqu'à maintenant.

L’occupation permanente de la ville haute ne débute que vers le milieu du Ier siècle av. J.-C. Nous n’avons, de Laon durant l’Antiquité, qu’une vision très sommaire. Le statut de la ville nous est totalement inconnu pour toute la période antique. Dans la ville basse, plusieurs sites gallo-romains sont attestés.

L’époque gallo-romaine est partout présente dans la ville haute, aussi bien pour le Haut Empire que pour le Bas Empire. Au moins pour l’Antiquité tardive, il est certain que le castrum a été fortifié, très probablement avec une muraille en maçonnerie. L’occupation du Bas Empire semble plus dense dans la Cité, à l’intérieur du castrum, que dans le Bourg.

Les premières traces de christianisme remontent au Ve siècle, comme en atteste une pierre funéraire paléochrétienne découverte en 1998.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Entre 497 et 513, saint Remi[15], natif de la région laonnoise, élève Laon à la dignité de cité par la création d'un évêché démembré de celui de Reims. Au Xe siècle, au pouvoir épiscopal s’ajoute le pouvoir royal, Laon étant un lieu de résidence fréquent des derniers rois carolingiens.

Au VIe siècle, la Cité se confond encore probablement avec le castrum du Bas Empire. En 580, le duc Loup de Champagne, a mis sa femme en sûreté à l'intérieur des murs de la ville de Laon (Grégoire de Tours, Historia Francorum, livre VI).

Le tracé des remparts de la Cité, reconstruits ou agrandis à l’époque carolingienne, est totalement inconnu. En dehors des murs de la Cité, à l’ouest, le peuplement se développe dans le secteur de l’église Saint-Julien. Un ou plusieurs noyaux de peuplement semblent également se développer sur le bras sud-ouest de la butte. En ville basse, le faubourg de Vaux existe probablement avant même le haut Moyen Âge et les faubourgs de Saint-Marcel, de Semilly et de Leuilly apparaissent peut-être à cette époque. Le faubourg d’Ardon semble assez tardif et encore quasi inexistant au Xe siècle (le faubourg de La Neuville n'est fondé qu'à la fin du XIIe siècle).

La cité renferme la cathédrale, reconstruite dans le premier tiers du IXe siècle, la résidence de l’évêque et le cloître des chanoines au nord, et, au sud, le palais royal et l’abbaye saint Jean, un monastère double[16], fondé hors les murs par sainte Salaberge en 648[17], ou 641 selon l'historien Dominique Barthélemy[18] et dédié à saint Jean-Baptiste[19],[20].

L’abbaye Saint-Vincent n’apparaît dans les sources historiques qu’à la fin du IXe siècle. La plus ancienne mention de l’existence de cette église date de 886. Jusqu’en 961, elle est qualifiée d’ecclesia. Ce n’est que vers 961 que Saint-Vincent devient une abbaye, lorsque l'évêque de Laon, Roricon, fils bâtard du roi Charles le Simple favorise la venue d'une communauté de moines bénédictins venus de Saint-Benoît-sur-Loire qui remplacent un collège de chanoines[21].

Le 29 mars, jour du Jeudi saint[22] ou le 2 avril, dimanche des Rameaux de l'année 991[23], grâce à la trahison de l'évêque Ascelin, Hugues Capet, aidé de son fils Robert (le futur Robert II le Pieux), y fait prisonnier à la suite d'un long siège (988-991) Charles de Lorraine, oncle du dernier roi carolingien Louis V, qui revendiquait la couronne de France.

Souvent considéré à tord comme une ville pauvre en culture artistique durant la période médievale , Laon compta pourtant quelques artistes "discrets" dont les oeuvres on été découvert des centaines d'années plus tard. Le fameux peintre 'Pierre-Alexandre de la Fistinière' notamment.

Dès la fin du XIe siècle, Laon connaît un développement très important, et, vers le milieu du XIIIe siècle, la ville abrite une population d’au moins 10 000 habitants, dont environ les deux tiers occupent la ville haute. La cité reste le centre des pouvoirs, le roi et l’évêque étant co-seigneurs de la ville. Durant tout le plein Moyen Âge, elle est le champ clos de conflits qui opposent ou unissent le roi, l’évêque, le chapitre cathédral, les abbayes et l’institution communale. Cependant, le roi, de plus en plus absent, laisse face à face l’Église et une bourgeoisie naissante issue de l’aristocratie locale. En 1111, les habitants de la ville se constituent en commune et signent un accord avec l’évêché. L’évêque, Gaudry, déjà auteur de plusieurs manœuvres déloyales dans sa gestion de la cité, rompt l’accord. Une révolte exceptionnelle soulève la population, qui poursuit l’évêque. Celui-ci se cache dans un tonneau, mais il est découvert et mis à mort[24]. Après la révolte de 1112, l’évêque ne joue plus un rôle prépondérant, mais le plus important chapitre cathédral de France — 83 chanoines en 1270 — pèse de tout son poids sur la ville. Le conflit est résolu par une charte communale accordée par le roi Louis VI le Gros en août 1128, laquelle donne une autonomie soigneusement encadrée à la ville[25],[24].

Au XIIe siècle, la ville connaît un essor économique important qui se traduit par une intense activité d’édification et reconstruction. Le chantier le plus important est celui de la cathédrale et du quartier canonial et épiscopal. Elle est aussi le siège de l'École de Laon, centre théologique [26] avec des maîtres comme Anselme de Laon.

Tout au long des XIIe et XIIIe siècles, le chapitre et l’évêque luttent contre la commune, qui perd petit à petit ses pouvoirs. Une nouvelle révolte a lieu en 1295, qui aboutit à la suppression de l’institution communale, et l’installation d’un prévôt royal[24]. Laon devient le siège du très important bailliage de Vermandois en 1237 et est dotée d'un présidial en 1551. Elle perd sa prééminence au profit de Soissons à l’extrême fin du XVIe siècle.

La cité est entièrement ceinte de remparts dès le XIe siècle, lesquels sont encore en place aujourd'hui dans un état de conservation remarquable. À l’ouest, le bourg est fortifié petit à petit, entre le XIIe et le XIVe siècle. Vers 1350, toute la ville haute est urbanisée et enclose, à l’exception de deux quartiers. Encore aujourd'hui, les remparts sont presque intégralement conservés en élévation et, malgré les remaniements postérieurs, leur tracé est resté très proche de celui du milieu du XIVe siècle.

Guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Le roi Charles VI dit le Fol avait pour médecin Guillaume de Harcigny qui habitait à Laon. Voici ce qu'en disait le chroniqueur Jean Froissart : « En ce temps là, avoit un très vaillant et sage médecin au royaume de France : et n'y avoit point son pareil nulle part. Icelui (Guillaume de Harcigny) demeuroit, pour ce temps, en la Cité de Laon »

En 1358, l'évêque de Laon, Robert Le Coq, conspire avec quelques habitants pour livrer la ville aux Navarrais, la conspiration est découverte et les complices de Robert Le Coq, qui s'est enfui, sont décapités.

En 1359, les Anglais d'Édouard III d'Angleterre, dévastent une partie de la ville mal fortifiée appelée la Villette. Ils mettent le feu à l'abbaye Saint-Vincent dont la riche bibliothèque part en fumée.

En juillet 1373, le fils d'Édouard III d'Angleterre, Jean de Gand, duc de Lancastre, assiège la ville mais il est contraint d'abandonner après avoir dévasté le faubourg de Vaux et plusieurs lieux environnants.

En septembre 1411, la ville, favorable aux Armagnacs, se rend à Jean sans Peur, duc de Bourgogne, après quelques jours de siège. Alors que Jean sans Peur était déclaré ennemi de l'État, le roi Charles VI lui reprend la ville en juin 1414. En 1418, elle retombe aux mains des Bourguignons. L'année suivante, Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur, livre la ville aux Anglais qu'ils gardent jusqu'en 1429, au lendemain du sacre de Charles VII.

En mai 1471, par ses lettres patentes, Louis XI confirma les privilèges de l'église de Laon[27].

Renaissance et classicisme[modifier | modifier le code]

Pendant les guerres de religion, la ville qui a pris le parti des Ligueurs est assiégée. Sa garnison d’Espagnols commandée par le capitaine Mansfeld capitule devant Henri IV le [28]. Au cours de ce siège[29], les Espagnols tentent de dégager la ville lors de la bataille de Cerny[30].

En 1596, le présidial est transféré à Soissons qui devient siège de la Généralité en 1599. Une citadelle est construite de 1595 à 1598[31] par l’architecte Jean Errard.

À cette époque, la ville se couvre de nouveaux bâtiments religieux ou profanes. Jouxtant les hôtels particuliers de la Cité s’élèvent alors les maisons plus modestes du Bourg. Les XVIe et XVIIe siècles voient ainsi se développer une architecture semi-privée de maisons étroites mais profondes, organisées autour de cours intérieures et élevées sur plusieurs niveaux de caves. Certaines possèdent des puits. Alors que partout en France triomphe l’architecture baroque de l’ostentation et du trompe-l’œil, le goût laonnois préfère une austérité calculée pour ses demeures privées où le raffinement extrême et la virtuosité des artisans se nichent dans les équilibres des cheminées de bois et de stucs, les balustres d’escaliers de bois ou les sombres boiseries sans ornements. Peu de ces témoignages fragiles ont eu la chance de résister aux injures des guerres et des hommes. Quelques maisons cependant, comme celle du 10, rue Saint-Cyr, préservent encore ces élégances cachées.

Le , la ville est secouée par un tremblement de terre. Des secousses furent aussi ressenties le 18 février et le

À la Révolution française, Laon retrouve sa prééminence en devenant chef-lieu du département de l'Aisne. Ce choix s'explique par sa situation centrale dans ce nouveau territoire administratif, dont le découpage et l'établissement ont notamment été confiés à Jean Charles Joseph Hyacinthe de Sars, futur maire de Laon, par le roi Louis XVI en 1790. Le , par 411 voix contre 37 (pour Soissons), Laon devient donc le chef-lieu du département. La nouvelle administration s'installe dans l'ancienne abbaye Saint-Jean.

Premier Empire[modifier | modifier le code]

Lors de la bataille de Laon, à la fin de la campagne de France, Napoléon Ier subit une défaite face à l'armée de la Sixième coalition.

Second Empire[modifier | modifier le code]

Suite à l'invasion allemande qui scelle la fin du second empire, la ville qui a rendu les armes voit sa citadelle détruite suite à l'acte désespéré d'un artificier qui fait sauter les réserves de poudre (et une partie de l'armée prussienne au passage)[32].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Laon

Les armes de Laon se blasonnent ainsi : « d'argent à trois merlettes de sable, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or »[33].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Autres personnalités[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ambiance fleurie du vieux Laon

Laon est classée ville d'art et d'histoire. C'est pleinement justifié au regard du nombre de bâtiments et de sites remarquables de la commune, notamment sur la Montagne de Laon. On compte, en 2008, 68 édifices classés au registre des Monuments Historiques, leur énumération exhaustive se trouve ici [2], on peut signaler parmi les monuments les plus remarquables :

  • La cathédrale Notre-Dame, de style gothique, domine la colline, la ville et ses remparts. D'une longueur de 110 mètres, elle servit de modèle à la cathédrale Notre-Dame de Chartres et à celle de Paris. Elle a été édifiée entre 1150 et 1180, mais le chœur, trop petit dès 1200, est reconstruit au début du XIIIe siècle. Elle comprend notamment :
    • Quatre tours, campaniles ou clochers dont Villard de Honnecourt a dit qu'elles étaient les « plus belles du monde ».
    • Une tour-lanterne.
    • Animaux sculptés grandeur nature : bœufs installés sur les étages des tours.
Article détaillé : Cathédrale Notre-Dame de Laon.
  • Le palais épiscopal est situé immédiatement au nord de la cathédrale. Classé monument historique dès 1850, il constitue aujourd'hui le tribunal de grande instance de la ville. La grande salle de l'évêché (aujourd'hui salle de la cour d'assises) a des chapiteaux décorés remarquables, et comprend trois tourelles côté remparts et une galerie d'arcades côté cour. Deux chapelles superposées datent de la deuxième moitié du XIIe siècle.
  • L'hôtel-Dieu date de la seconde moitié du XIIe siècle.
  • La chapelle des Templiers date également du XIIe siècle (En 1145, une bulle du pape Innocent II accorda aux disciples du Temple le droit de bâtir leurs propres chapelles). De manière inhabituelle, elle a une nef octogonale et un clocher « peigne ». Elle est située dans l'enceinte du musée municipal de Laon, le musée d'art et d'archéologie.
  • Abbaye Saint-Vincent de Laon
Article détaillé : Abbaye Saint-Vincent de Laon.
  • Abbaye Saint-Jean de Laon
Article détaillé : Abbaye Saint-Jean de Laon.
  • Abbaye Saint-Martin de Laon
Article détaillé : Abbaye Saint-Martin de Laon.

Ville fleurie : deux fleurs attribuées en 2007 par le Conseil des Villes et Villages Fleuris de France au Concours des villes et villages fleuris[36].

Économie[modifier | modifier le code]

La place de la gare et le bâtiment voyageurs
La gare

Laon possède un Centre consulaire de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Aisne au 3, rue des Minimes. Il gère le Centre des formations des apprentis (CFA) de Laon.

Préfecture de l'Aisne, de nombreux emplois administratifs sont implantés sur la ville : services de la préfecture, Conseil général de l'Aisne, DDE, DDAS, Chambre d'agriculture etc.

Une antenne de l'IUT- UPJV de Picardie est présente à Laon, ainsi que le pôle départemental de formation des maîtres: IUFM.

Transports[modifier | modifier le code]

Laon est aisément accessible par la route N2 Paris-Bruxelles, et l'autoroute A26 sortie 13. Par le train, depuis la gare de Laon, 4 lignes y convergent : de Paris et Soissons, de Tergnier (Saint-Quentin, Amiens), de Reims, et d'Hirson.

Transport urbain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : TUL (Laon).

Les Transports urbains laonnois sont composés de 4 lignes de bus et 1 ligne de navette.

Mini-métro[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Poma 2000 de Laon.
Mini-métro Poma 2000

La ville de Laon possède un mini-métro (Poma 2000), en grande partie aérien, qui est exploité par les Transports urbains laonnois (TUL)[37].

Ce « système funiculaire automatique », d'un dénivelé de 98 m, relie l'hôtel de ville (ville haute) à la gare de Laon (ville basse) sur un trajet de 1,5 km environ, en passant par la station de Vaux.

Le Poma 2000 tire son nom de la société qui l'a conçu : Pomagalski (société créée par Jean Pomagalski, spécialisée dans le transport par câble - notamment les remontées mécaniques des stations de ski).

Ce mini-métro a été mis en service le 4 février 1989.

Il remplace un ancien tramway à crémaillère datant de la fin du XIXe siècle (mis en service le 9 juillet 1899) qui avait été retiré de la circulation le 27 janvier 1971 pour raison de sécurité, après 72 ans de services.

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gare de Laon.

Vie militaire[modifier | modifier le code]

Unités ayant été stationnées à Laon :

Jumelages[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

  • Durant le Tour de France 1938, une étape entre Reims et Laon est courue, ainsi qu'un Contre-la-montre entre Laon et Saint-Quentin comptant pour la vingtième étape.
  • Laon est élue Ville la plus sportive de Picardie en 2010 dans la catégorie communes de plus de 10 000 habitants.
  • L’équipe de Volley féminin évolue en Championnat d'élite.
  • Il y a trois clubs de football à Laon : le FC Laon (de la cité des cheminots), l'ASPTT Laon et l'US Laon. Ce dernier s'est signalé en rencontrant, le 20 janvier 2007, le champion de France Lyon en seizième de finale de la Coupe de France. Malgré les quatre divisions d'écart, Laon a ouvert le score par Vincent Koffman, avant d'être défait 3 buts à 1.
  • Laon possède un champ de course, l'hippodrome d'Ardon.
  • Chaque année, en novembre, un Challenge International d'escrime Senior Masculin, réunissant les meilleurs escrimeurs français et étrangers, est organisé à Laon.
  • Le 8 février 2013, un match du Tournoi des six nations féminin contre le Pays de Galles avait lieu à Laon. La France gagnera 32-0.
  • Du 9 au 11 mai 2013, la ville de Laon a accueilli la Finale de la Coupe de France de volley en Juniors Masculin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters,‎ 1994, p. 104.
  2. Victor Hugo, En voyage, volume 31, A. Michel, 1910, p. 30
  3. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  6. « Évolution et structure de la population à Laon en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 20 novembre 2010)
  7. « Résultats du recensement de la population de l'Aisne en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 20 novembre 2010)
  8. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 419b
  9. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) [1]
  10. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance,‎ 2003, p. 210
  11. ibid., p 154.
  12. ibid., p 154.
  13. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., p. 420a.
  14. Xavier Delamarre, op. cit., p. 210.
  15. Suzanne Martinet, Laon promontoire sacré des druides au IXe siècle, p. 40 ; janvier 1994
  16. Les amis de saint Colomban, Saint Bodon ou saint Leudin (Leudinus-Bodo), VIIe siècle
  17. Ville de Laon, service archéologique, Laon des origines à la Révolution
  18. Dominique Barthélemy, Rénovation d'une seigneurie : les chartes de Crécy-sur-Serre en Laonnois (1190), École des chartes, 1985, vol. 143, note 2 de bas de page 240
  19. Louis de Beaumont, Sainte Salaberge sur le site exultet
  20. Les amis de saint Colomban, Sainte Astrude
  21. Dom Robert Wyard, Histoire de l'abbaye de Saint-Vincent de Laon, page 117
  22. Henri de Boulainvilliers, Histoire de l'ancien gouvernement de la France, 1727, p. 147
  23. Edmond Pognon, Hugues Capet, roi de France, 1966), p. 147-148
  24. a, b et c Alain Saint-Denis, « Insurrection communale de Laon et assassinat de l’évêque Gaudry », Archives nationales, publié en 2012, consulté le 9 septembre 2013
  25. André Chédeville, « Le mouvement communal en France aux XIe et XIIe siècles, ses éléments constitutifs et ses relations avec le pouvoir royal » in Robert Favreau, Régis Rech et Yves-Jean Riou (directeurs), Bonnes villes du Poitou et des pays charentais (XIIe ‑ XVIIIe siècles) : Actes du colloque tenu à Saint-Jean-d’Angély les 24-25 septembre 1999, publiés par la Société des antiquaires de l'Ouest in Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest et des Musées de Poitiers, 5e série, tome VIII (2002), à Poitiers. ISBN 2-9519441-0-1, p. 19
  26. Marie-Magdeleine Davy, Initiation à la symbolique romane, Champs Flammarion, 1977, p. 20.
  27. http://books.google.fr/books?id=OJ-b2-CLz7EC&pg=PA421 Lettres patentes de Louis XI, Ham, mai 1471
  28. Jean Julg, Les Évêques dans l'histoire de la France : des origines à nos jours, Éditions Pierre Téqui, 2004, p. 211
  29. Suzanne Martinet, Le Siège de Laon sous Henri IV - 1594
  30. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne - Cerny-les-Bucy, 1857, p. 134,
  31. « Citadelle dite la Cité administrative », base Mérimée, ministère français de la Culture
  32. Gustave Dupont, L'Explosion de la citadelle de Laon, épisode de l'invasion allemande (1870), avec pièces justificatives inédites, Le Blanc-Hardel, Caen, 1877
  33. Laon-guide : Histoire-monuments-environs, par Ernest Lemaitre, éditions A. Destrés, Laon, 1896, 102 pages.
  34. Tout le palmarès de Georges Hubatz
  35. Classement général du Tour de France 1935
  36. « Le palmarès des villes et villages fleuris », Le Courrier picard édition de l'Oise,‎ 5 juillet 2008
  37. Site officiel des Transports urbains laonnois

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques François Laurent Devisme, Histoire de la ville de Laon, tome premier et tome second, 1822.
  • R. de La-Tour-du-Pin Chambly, Anciennes familles militaires du Laonnois, 1903.
  • Maxime de Sars, Laon : huit cents ans de municipalité, 1933.
  • M. Bur, dir. Histoire de Laon et du Laonnois, 1987.
  • Victor Dessain : Laon : 1790-1945, Éditions Les Archives,1991.
  • J. Lusse, Naissance d’une cité : Laon et le Laonnois du Ve au Xe siècle, 1992.
  • A. Saint-Denis, Apogée d’une cité : Laon et le Laonnois aux XIIe et XIIIe siècles, 1994.
  • D. Montagne Les Souterrains de Laon, 1998.
  • J.-P. Jorrand, Laon dans « Archéologie des villes. Démarches et exemples en Picardie ». *Revue Archéologique de Picardie, 1999, n° spécial 16.
  • M. Plouvier Laon. Une Acropole à la française et Laon. Belle île en terre, « Cahier du patrimoine » no 40, volume 1 et 2.