Inception

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Inception

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Logo du film.

Titre québécois Origine
Réalisation Christopher Nolan
Scénario Christopher Nolan
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros. Pictures
Legendary Pictures
Syncopy
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Action
Science-fiction
Thriller
Sortie 2010
Durée 148 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Inception (Origine au Québec et au Nouveau-Brunswick) est un film américano-britannique d'action et de science-fiction, écrit, réalisé et produit par Christopher Nolan et sorti en 2010.

Il met notamment en scène Ellen Page, Ken Watanabe, Joseph Gordon-Levitt, Marion Cotillard et Leonardo DiCaprio. Celui-ci interprète un « extracteur », un voleur qui subtilise des informations sensibles dans un contexte d'espionnage industriel ; il infiltre pour cela le subconscient de certaines personnes au cours d'un « rêve partagé » dont la cible n'a pas conscience. Recherché par la police américaine, on lui offre une chance de retrouver son ancienne vie en échange d'un travail considéré comme impossible : l'« inception », soit l'implantation d'une idée étrangère dans le subconscient d'un sujet qui la considèrera à son réveil comme étant l'une des siennes.

Sorti deux ans après l'énorme succès de The Dark Knight : Le Chevalier noir du même réalisateur, le film voit le jour grâce à la réputation de celui-ci : les sociétés de production Warner Bros. et Legendary Pictures lui octroient un budget de 160 millions de dollars, sans compter 100 millions dévolus à la promotion du film.

Inception reçoit un accueil globalement positif, les critiques ayant salué particulièrement son originalité, son casting, sa musique et ses effets visuels. Il rapporte plus de 800 millions de dollars, le classant dans les quarante plus gros succès au box office mondial. Le film remporte quatre Oscars, dont celui de la meilleure photographie, et il est nommé à ceux du meilleur film et du meilleur scénario original.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un futur proche, l'armée américaine a développé ce qui est appelé le « rêve partagé », une méthode permettant d'influencer l'inconscient d'une victime pendant qu'elle rêve. Des « extracteurs » s'immiscent alors dans ce rêve, qu'ils ont préalablement modelé et qu'ils peuvent contrôler, afin d'y voler des informations sensibles stockées dans le subconscient de la cible. C'est dans cette nouvelle technique que se sont lancés Dominic Cobb et sa femme, Mal. Ensemble, ils ont exploré les possibilités de cette technique et l'ont améliorée, leur permettant d'emboîter les rêves les uns dans les autres, accentuant la confusion et donc diminuant la méfiance de la victime. Mais l'implication du couple dans ce projet a été telle que Mal a un jour perdu le sens de la réalité ; pensant être en train de rêver, elle s'est suicidée, pensant alors revenir dans ce qu'elle croyait être sa réalité. Soupçonné de son meurtre, Cobb est contraint de fuir les États-Unis et d'abandonner leurs enfants à ses beaux-parents. Il se spécialise dans l'« extraction », en particulier dans le domaine de l'espionnage industriel ; mercenaire et voleur, il est embauché par des multinationales pour obtenir des informations de leurs concurrents commerciaux.

Le film commence au cours de la tentative d'extraction d'informations de l'homme d'affaires japonais Saito. Cobb et son équipe échouent cependant à obtenir les informations qu'ils cherchaient lorsque Saito réalise qu'il est en fait en train de rêver. Mais, Saito, impressionné, embauche Cobb pour un travail très particulier. Il souhaite conduire l'héritier d'un empire énergétique à démanteler la société de son père, Saito devenant ainsi le leader mondial, en implantant cette idée dans son subconscient. Appelée « inception », cette technique est réputée pour être impossible, mais Cobb accepte en échange des relations de Saito lui permettant de revenir aux États-Unis, de revoir ses enfants et d'être innocenté des charges de meurtre à son encontre.

Cobb réunit une équipe d'experts chevronnés pour réussir : outre Arthur son associé, il embauche Eames, un faussaire spécialisé dans le vol d'identité, Yusuf, responsable de la sédation des participants au rêve, et Ariane, une talentueuse étudiante en architecture, dont le travail sera de concevoir les différents niveaux de rêve. Novice, elle est initiée par Cobb aux rêves partagés et découvre les infinies possibilités de manipulation des rêves, mais apprend par hasard les dégâts de la culpabilité que Cobb porte à propos de la mort de sa femme. Cette culpabilité prend la forme d'une projection incontrôlable de son subconscient, une Mal vindicative qui apparaît encore et encore comme une intruse dans les rêves de Cobb. Cependant, la fascination du projet l'emporte sur les risques de ne pas se réveiller des niveaux les plus profonds de rêve, ainsi que sur la menace que représente l'imprévisibilité de la psyché de Cobb. Pour l'aider, Arthur conseille à Ariane de se munir d'un "totem", un objet petit mais unique qui permet à son possesseur de faire la différence entre la réalité, ses propres rêves et les rêves d'un autre. Cobb possède lui-même un totem : une petite toupie qui, si elle est lancée dans un rêve, tourne indéfiniment sans jamais tomber.

L'équipe prévoit de mettre en œuvre le plan au cours du vol Sydney-Los Angeles, le plus long du monde. Pendant le vol, ils droguent leur cible, Robert Fisher, et Cobb, Arthur, Eames, Ariane, Yusuf et Saito le rejoignent dans son rêve. Dans le premier niveau de rêve, ils se retrouvent dans un décor urbain et pluvieux où ils enlèvent Fisher ; mais leur plan prend rapidement une tournure désastreuse lorsqu'ils réalisent que leur cible a préalablement été entraînée à lutter contre les incursions étrangères dans son subconscient. Cet entraînement prend la forme d'une équipe de sécurité privée et lourdement armée qui prend pour cible les « intrus », à savoir Cobb et son équipe ; au cours de l'attaque, Saito est gravement blessé. Finalement, ils se réfugient dans une cachette, et tentent d'amadouer Fisher grâce à la présence de son parrain, Peter Browning, interprété par Eames. Celui-ci évoque l'existence d'un second testament secret laissé par Maurice Fisher à l'intention de son fils. Cobb décide de descendre à un niveau de rêve inférieur et ils s'échappent dans une camionnette conduite par Yusuf tout en se plongeant dans ce nouveau rêve emboîté. La camionnette est prise en chasse par l'équipe de sécurité de Fisher jusqu'à un pont où, d'après le plan, une chute dans la rivière donnerait aux rêveurs la « décharge » (une sensation de chute) nécessaire pour les réveiller, si tant est qu'elle soit coordonnée avec les décharges des niveaux de rêve inférieurs.

D'après la règle qui veut que la vitesse de pensée soit potentialisée dans les niveaux de rêve les plus profonds, le temps s'y déroule donc plus lentement que dans le niveau de rêve supérieur. Ainsi, les quelques minutes de course-poursuite dans la camionnette correspondent à plusieurs heures dans les rêves inférieurs. Dans le deuxième niveau de rêve, un hall d'hôtel d'affaire, Cobb accoste Fisher en lui disant qu'il est une projection de son esprit, un allié dans la protection de son subconscient contre des forces extérieures voulant lui extraire des informations. Fisher se laisse duper et accepte de le suivre dans un troisième niveau de rêve, où il va tenter de mettre la main sur le second testament de son père et de prendre connaissance de son contenu. Alors qu'Arthur a la tâche de trouver un moyen de leur donner une décharge dans ce deuxième niveau, Cobb, Ariane, Saito, Eames et Fisher s'endorment à nouveau et se retrouvent dans le troisième niveau, une forteresse hautement sécurisée en montagne. Après avoir réussi à s'infiltrer au cœur de la place forte, les choses se compliquent lorsque Saito succombe à ses blessures et que Fisher est abattu avant d'avoir pu ouvrir le coffre fort contenant le testament. Mais Ariane persuade Cobb de pénétrer dans un dernier niveau de rêve, le plus profond, appelé les « limbes », où se rassemblent tous ceux qui meurent dans un rêve mais qui, en raison des grosses doses de sédatifs, sont incapables de se réveiller, et sont donc condamnés à y errer pour l'éternité.

Dans les limbes, Cobb retrouve une projection de Mal, qui tente de le convaincre de rester avec elle. Cobb révèle à Ariane comment il savait que l'inception était chose possible : il l'avait déjà réalisé avec sa femme, lui ayant inséré l'idée qu'elle était dans un rêve, espérant ainsi la ramener dans la réalité. Mais l'idée a tellement bien germé dans l'esprit de Mal qu'elle s'est finalement persuadée que la réalité n'était qu'un rêve et que seul le suicide pouvait l'en délivrer. Alors qu'Ariane saute dans le vide avec Fisher pour le réveiller dans le troisième niveau de rêve, Cobb part à la recherche de Saito, piégé lui-aussi dans les limbes, sans qui il n'a aucune chance de retrouver ses enfants. Dans la forteresse, Fisher ouvre le coffre fort où il découvre le fameux testament son père qui le convainc de ne pas suivre ses traces et de vivre une autre vie que la sienne. L'inception réussit donc, puisque Fisher, touché par la prétendue dernière volonté de son père, accepte de démanteler l'empire commercial de son père. Cobb rencontre un Saito déjà devenu sénile et le persuade de tenir son engagement et de revenir à la réalité avec lui. Peu après, tous se réveillent dans l'avion alors que l'appareil amorce sa descente sur Los Angeles. Saito passe un appel, après quoi Cobb passe sans problème les contrôles de sécurité de l'aéroport ; il rentre donc enfin chez lui et y retrouve ses enfants. Avant de les rejoindre, Cobb lance sa toupie sur la table. Celle-ci tourne et vacille légèrement mais le film se termine avant qu'elle ne tombe, laissant le doute sur la question : est-ce la réalité ou un rêve ?

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Christopher Nolan, réalisateur, scénariste et producteur.

Distribution[modifier | modifier le code]

Une partie du casting sur scène en train d'applaudir
(de gauche à droite) Cillian Murphy, Marion Cotillard, Joseph Gordon-Levitt, Ellen Page, Ken Watanabe, Michael Caine et Leonardo DiCaprio.

Légende et sources : VF : version doublée en français[3] et VCF : version canadienne francophone[4].

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Thomas et Nolan en conférence de presse
La productrice Emma Thomas et le réalisateur et scénariste Christopher Nolan au WonderCon 2010 pour la promotion du film.

L'élaboration d’Inception a pris presque dix ans à Christopher Nolan[5] : il commence au début des années 2000 par écrire un traitement de quatre-vingt pages racontant l'histoire d'un « voleur de rêves ». À l'origine, Nolan l'avait conçu comme un film d'horreur[6], mais l'a finalement transformé en thriller et un film de casse, bien qu'il affirme que ces films sont d'habitude délibérément superficiels en termes d'émotions[7]. En retravaillant son premier brouillon, il décide que le genre initial ne peut pas fonctionner parce que son histoire est très fortement liée à l'idée d'un état intérieur envahis par rêves et mémoire : elle nécessite donc de creuser l'état émotionnel des personnages plutôt que de ne se concentrer que sur le « casse »[7].

Inception est le deuxième long métrage de Nolan où il a été seul à travailler sur le scénario, avec Following, le suiveur. En effet, les scénarios de Memento et du Prestige ont été écrits avec son frère Jonathan Nolan et David S. Goyer a écrit avec lui le scénario des trois films de Batman (Jonathan Nolan a participé aux deux derniers). Quant à Insomnia, le scénario a été écrit par Hillary Seitz.

Nolan a présenté le projet à Warner Bros en 2001, mais le studio, sentant qu'il avait besoin de plus d'expérience sur des films de grande ampleur, l'a d'abord recruté pour réaliser Batman Begins (2005) puis The Dark Knight : Le Chevalier noir (2008). Il réalise rapidement qu'un film comme Inception a besoin d'un énorme budget parce que « dès que l'on parle des rêves, le potentiel de l'imagination humaine est infini. Et l'ampleur du film doit paraître illimitée. Le spectateur doit avoir le sentiment que ça pouvait aller partout et nulle part avant la fin[N 1],[8],[9]. » Après The Dark Knight, Nolan passe six mois à peaufiner le scénario[8] avant que Warner Bros n'accepte de l'acheter en février 2009[10]. Il explique que pour compléter le script, il s'est demandé ce qui arriverait si plusieurs personnes partageaient le même rêve : « une fois qu'on aboli cette intimité, on crée un nombre infini d'univers alternatifs dans lesquels d'autres personnages interagissent à dessein, et parfois avec des conséquences dramatiques[N 2],[11]. » Ainsi, Nolan a passé des mois à réécrire le scénario pour s'assurer que le parcours émotionnel du personnage principal était finalement le moteur du film[5].

Titre[modifier | modifier le code]

Le titre, Inception, signifie « début », « origine » ou « conception », dans le sens « création de quelque chose ». Le terme est dérivé du latin inceptio, « commencement », lui-même issu de incĭpĭō, « entreprendre » ou « commencer »[12]. L'« Inception », à l'inverse de l'« extraction » (la subtilisation d'information(s) pendant le sommeil dans le subconscient d'un sujet), renvoie dans le film à l'insertion d'une idée à l'intérieur de l'esprit d'un sujet[13],[14].

« Cobb : Vous attendez quoi de nous ?
Saito : L'inception. Est-ce possible ?
Arthur : Bien-sûr que non.
Saito : Si on peut voler une idée dans un esprit, pourquoi on ne pourrait pas en semer une aussi[N 3] ? »

Influences[modifier | modifier le code]

Nolan dit s'être inspiré des expériences de rêve lucide qu'il a vécues étant adolescent et des points communs retrouvés dans les rêves des gens, comme l'idée de la sensation de tomber[15],[16],[7],[17], ainsi que de « cette époque où l'on avait des films comme Matrix (1999), comme Dark City (1998), comme Passé virtuel (The Thirteenth Floor, 1999) et, dans une certaine mesure, aussi comme Memento (2000). Ils étaient fondés sur le principe que le monde autour de nous pourrait ne pas être réel[N 4],[7],[16]. » Le réalisateur cite aussi les films d'Alfred Hitchcock La Maison du docteur Edwardes (Spellbound, 1945), Sueurs froides (Vertigo, 1958) et Pas de printemps pour Marnie (Marnie, 1964) comme inspirations des représentations de l'esprit humain[9]. Christopher Nolan ajoute avoir été influencé par l'œuvre de l'écrivain argentin Jorge Luis Borges[18],[19] et par le roman fantastique de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles (1865) pour la construction d'un univers où ce qui semble impossible devient possible[20].

Des critiques mentionnent également les films L'Année dernière à Marienbad (Alain Resnais, 1961), 2001, l'Odyssée de l'espace (Stanley Kubrick, 1968), eXistenZ (David Cronenberg, 1999)[20], et notent une atmosphère d'étrangeté et d'onirisme parfois proche de celle créée par David Lynch. Ils pointent également divers éléments communs avec Le Locataire (Roman Polanski, 1976) pour le film vécu comme un long cauchemar et le système de boucle infernale ; avec Blade Runner (Ridley Scott, 1982) pour le travail sur la mégalopole, l'onirisme et l'ambiguïté de la fin ; et avec La Clepsydre (Sanatorium pod Klepsydrą, Wojciech Has, 1973) pour le paradoxe narratif et le rythme[9], et rapprochent Inception d'une version lynchienne de James Bond[21],[9],[22] ou du film Dreamscape (Joseph Ruben, 1984)[23],[24].

Nolan cite également le film d'animation Paprika (パプリカ, Papurika?) de Satoshi Kon (sorti en 2006 et lui-même adapté d'un roman de Yasutaka Tsutsui) comme l'une de ses influences principales pour le scénario[25]. Nolan s'est inspiré du personnage principal pour peaufiner le personnage joué par Ellen Page, une architecte de l'esprit qui se prénomme Ariane[9]. Outre le thème commun de l'intrigue (l'intrusion dans le rêve de quelqu'un d'autre), plusieurs similarités dans le scénario ainsi que certaines scènes (principalement la scène de l'ascenseur) ont été remarquées par les critiques à la sortie du film[26],[27],[28]. Le magazine The New Yorker compare le traitement cinématographique de Nolan aux rêves représentés dans les films Belle de Jour (1967) et Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) de Luis Buñuel[29]. Enfin, l'histoire de la bande dessinée Le Rêve d'une vie (The Dream of a Lifetime) narrant les aventures de l'oncle Picsou, Donald Duck et ses neveux, et publiée dans Picsou magazine en 2004, comporte des similarités avec le scénario du film, notamment le fait d'entrer dans les rêves afin d'y voler des secrets[30],[31],[32].

Par ailleurs, Inception diffère des films de la franchise Matrix par le fait que ceux-ci mettent en scène des personnages opprimés par des ordinateurs et autres machines dans un monde autoritaire, monde typique de Michel Foucault et Jean Baudrillard développé dans leurs théories sur le contrôle social. Le monde d’Inception, lui, se rapproche du travail de Gilles Deleuze et Félix Guattari, un monde où les différentes dimensions ont toujours été « là », indissociables et dépendantes les unes des autres, et à travers lesquelles les personnages ont appris à se déplacer[33].

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Leonardo DiCaprio est le premier acteur à être embauché pour le film[5]. Nolan avait déjà essayé de l'engager pour l'un de ses précédents films, mais avait jusqu'alors été incapable de le convaincre de travailler avec lui. DiCaprio accepte finalement d'apparaître dans Inception, déclarant qu'il était « intrigué par le concept – cette notion de film de casse onirique – et par la façon dont le personnage va révéler son monde d'illusions qui va au bout du compte finir par affecter sa réalité[N 5],[34]. » L'acteur trouve que le scénario est « très bien écrit, et complet, même si vous avez besoin de Chris en personne pour tenter d'articuler toutes ces choses qu'il a écrites et qui ont tourné dans sa tête pendant les huit dernières années[N 6],[8]. » Le rôle de Dominic Cobb a préalablement été offert à Brad Pitt et Will Smith[35],[36], alors que le nom du personnage est similaire à celui du héros dans le premier film de Nolan, Following, le suiveur[17]. Pour le film, Christopher Nolan retrouve de nombreux acteurs avec lesquels il a déjà travaillé : Michael Caine pour la quatrième fois après Batman Begins, Le Prestige et The Dark Knight ; Cillian Murphy pour la troisième fois, après avoir tenu le rôle du Dr Jonathan Crane dans Batman Begins et The Dark Knight ; Russ Fega après Memento et Le Prestige ; ainsi que Ken Watanabe cinq ans après Batman Begins.

Après DiCaprio, Nolan contacte l'acteur irlandais Cillian Murphy et lui propose de choisir son rôle[17], et celui-ci se décide pour le rôle de la cible, Robert Fischer, décrit par son interprète comme un « gamin irritable en manque d'attention paternelle – il a tout sur le plan matériel, mais manque profondément de sensibilité émotionnelle[N 7] ». L'acteur dit s'être inspiré des fils du magnat des médias Rupert Murdoch, « pour ajouter à tout cela l'impression de vivre dans l'ombre de quelqu'un d'aussi immensément puissant[N 8] »[37]. James Franco devait à l'origine tenir le rôle d'Arthur, mais en raison d'un conflit d'emploi du temps, il a été remplacé par Joseph Gordon-Levitt. Celui-ci, que Nolan va réembaucher en 2012 pour The Dark Knight Rises, décrit son personnage comme étant « celui qui dit [à Cobb] : « OK, tu as ton idée ; moi, je vais essayer de gérer les détails pratiques pour que tu puisses réussir ton truc[N 9],[38]. »

Le rôle d'Ariane (Ariadne en anglais, nom issu de la graphie grecque) est inspiré par la princesse homonyme de la mythologie grecque, fille du roi Minos et sauveuse du héros Thésée en l'aidant à s'échapper du labyrinthe qui retenait le Minotaure. Nolan, après avoir envisagé Evan Rachel Wood, Emily Blunt, Rachel McAdams, Emma Roberts, Jessy Schram et Carey Mulligan[17], engage la Canadienne Ellen Page, connue pour son rôle dans Juno. Il explique que l'actrice « est la combinaison parfaite de fraîcheur, de jugeote et de maturité[N 10],[39]. » Page ajoute que son personnage est en quel sorte un proxy (un intermédiaire) entre le public et l'histoire, puisqu'elle apprend en même temps que les spectateurs le concept des rêves partagés[40]. Le Britannique Tom Hardy interprète le voleur d'identité Eames, « un genre de vieux diplomate comme Graham Greene possédant une sorte de grandeur passée et miteuse – un mélange entre un amant de Shakespeare et un membre des forces spéciales de Sa Majesté[N 11],[41]. » Le rôle de Mal, décrite par le réalisateur comme l'« essence de la femme fatale[42] », échoit à Marion Cotillard après le refus de Kate Winslet[17]. Gordon-Levitt, Cotillard et Hardy retrouvent également Nolan pour le dernier épisode de Batman, The Dark Knight Rises.

Nolan a écrit le rôle de Saito pour l'acteur japonais Ken Watanabe qui jouait le rôle du faux antagoniste Ra's al Ghul de Batman Begins[43],[17]. Watanabe explique qu'il a essayé de faire ressortir différentes caractéristiques de son personnage selon le niveau du rêve dans lequel il se trouvait[44]. Enfin, Dileep Rao décroche le rôle du chimiste, « un pharmacien d'avant-garde, engagé par des gens comme Cobb qui veulent que leur travail reste non surveillé et non approuvé[N 12],[45]. »

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage du film a commencé le 19 juin 2009 à Tokyo, avec la scène de l'hélicoptère où Saito engage Cobb, puis s'est poursuivi sur l'île Hashima au large de Nagasaki[6],[46].

La production se déplace ensuite à Cardington au Nord de Londres dans un ancien hangar à dirigeables[47] où est construit le bar de l'hôtel qui s'incline à trente degrés[48]. Le couloir de l'hôtel y a également été réalisé par le chef décorateur Guy Hendrix Dyas, le superviseur des effets spéciaux Chris Corbould et le directeur de la photographie Wally Pfister. Le décor pivote à 360 degrés pour créer l'effet de la disparition de la gravité dans le deuxième niveau de rêve. L'idée du couloir a été inspiré par la technique utilisée par Stanley Kubrick dans 2001, l'Odyssée de l'espace en 1968 : Nolan explique avoir été intéressé par ces idées, techniques et philosophies qu'il a appliquées à un film d'action[48]. Les décorateurs avaient à l'origine prévu de construire un corridor d'une douzaine de mètres, mais alors que le scénario est devenu plus élaboré, ils décident de l'allonger pour atteindre trente mètres. Suspendu à l'intérieur de huit anneaux concentriques équidistants, le tout est piloté par deux énormes moteurs électriques[47], à la manière d'une « roue de hamster géante » (Gordon-Levitt) ou d'un « étrange instrument de torture » (Nolan)[7]. Le 15 juillet 2009, l'équipe s'installe à l'University College London situé à Bloomsbury, pour les scènes censées se dérouler dans une université parisienne. La production investit la bibliothèque d'UCL, ainsi que la Flaxman Gallery et le Gustav Tuck Theatre[49].

Le pont de Bir-Hakeim à Paris.

Le 17 août 2009, la production arrive à Paris[50], où sont filmées les scènes où Cobb entre à l'école d'architecture (le musée Galliera), ainsi que les scènes où Cobb explique à Ariane le principe des rêves partagés. Le bistro est créé de toutes pièces à l'angle des rues César-Franck et Bouchut, puis le reste de la scène est filmée aux alentours du pont de Bir-Hakeim[51]. Alors que les autorités parisiennes interdisent l'utilisation d'explosifs dans la scène du bistro, les techniciens utilisent de l'azote à haute pression. Le directeur de la photographie met alors en place six caméras pour filmer la séquence sous plusieurs angles. Des écrans verts sont utilisés sur place pour les séquences du « Paris pliant » et du pont, avant l'incrustation d'images de synthèse en post-production[52].

Le 24 août 2009, l'équipe se rend au Maroc[53], où la ville de Tanger est utilisée à la place de Mombasa (Kenya). La poursuite à pied est filmée dans la médina[54], grâce à une combinaison de caméras à main et de steadicam[55]. C'est également à Tanger qu'est filmée l'émeute du second rêve de Saito au début du film.

Le Schuyler Heim Bridge à Los Angeles.

De septembre à novembre, la production se déplace à Los Angeles, dans les studios de la Warner. Y sont construits plusieurs décors intérieurs, comme le château japonais de Saito (l'extérieur a été filmé sur une plage de Malibu). La salle à manger du château a été inspirée de celle du château de Nijō, construit au 17e siècle à Kyoto. L'ensemble des décors sont basés sur l'architecture japonaise, à laquelle ont été ajoutées quelques influences occidentales[55]. Toujours à Los Angeles, les cascadeurs ont chorégraphié une course-poursuite dans le quartier d'affaires[56]. Pour représenter le train qui surgit de nulle-part au milieu des rues, la production a construit une locomotive sur le châssis d'un semi-remorque, fabriquée en fibres de verre normalement utilisées pour mouler d'authentiques parties de trains[57]. De plus, bien que la course-poursuite devait selon le scénario se dérouler sous la pluie, le temps qui règne habituellement à L.A. est presque uniquement ensoleillé. Pour le tournage, des canons à eau ont été installés sur les toits des immeubles pour donner au public l'impression d'un temps couvert et pluvieux. La scène où le van Ford Econoline tombe au ralenti dans le port a été filmée au Schuyler Heim Bridge[58]. D'autres scènes ont été tournées dans les environs de Los Angeles : la maison de Cobb se situe à Pasadena ; le hall de l'hôtel est celui du CAA Building de Century City ; une partie des limbes a été filmée sur la plage de Palos Verdes (une autre partie a été tournée au Maroc)[53].

La dernière partie du tournage s'est déroulée au Canada, dans la province de l'Alberta, en novembre 2009. Le régisseur y a découvert une station de ski fermée nommée Fortress Mountain (en)[59]. Un décor élaboré, résultant de plus trois mois de travail, a été assemblé près du sommet, monté grâce au télésiège de la station[34]. La production a également dû attendre qu'une tempête ne se déclare pour filmer[6]. La poursuite a ski est inspirée de Au service secret de Sa Majesté l'un des James Bond préféré de Christopher Nolan[34].

Photo et effets visuels[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné principalement en format anamorphosé de 35 mm, ainsi que quelques séquences en 65 mm et les séquences aériennes en VistaVision. Contrairement à The Dark Knight : Le Chevalier noir, aucune image n'a été filmée en IMAX[5]. Les séquences en ralenti ont été tournées grâce à une caméra Photo-Sonics 35 mm à une vitesse de 1 000 images par seconde. Le directeur de la photographie Wally Pfister a également testé l'utilisation d'une caméra numérique à haute vitesse, mais le nombre de problèmes techniques rencontrés a contre-indiqué son choix pour le montage final[60]. Nolan a choisi de ne pas tourner le film en 3D, préférant filmer avec un objectif à focale fixe[5], ce qui est impossible à faire avec les caméras 3D[61]. Nolan a par ailleurs critiqué l'image sombre que la projection en 3D produit, et contredit ceux qui affirment que le film traditionnel ne permet pas une perception de la profondeur réaliste : « je crois qu'il est impropre d'opposer la 3D et la 2D. Tout l'intérêt de l'imagerie cinématique depuis sa création est de refléter les trois dimensions… 95 % des indices de profondeur que l'on perçoit à l'écran viennent des techniques d'occlusion, de la résolution, de la couleur et ainsi de suite ; donc je pense qu'appeler un film traditionnel un « film en 2D » est vraiment inadéquat[N 13],[62]. » Le réalisateur a cependant fait un test de conversion en 3D en post-production, mais a décidé que, même si cela était possible, il a manqué de temps pour terminer la conversion selon un niveau de qualité qui le satisfaisait[6],[62]. Pfister a tenté de donner à chaque lieu et niveau de rêve une apparence différente, afin d'aider le public à différentier la narration pendant la partie de montage rapide aux deux tiers du film. La forteresse de la montagne semble stérile et froide, les scènes dans l'hôtel possède des teintes chaudes, alors que les scènes dans le van sont plus neutres[48].

Pour les séquences oniriques du film, Nolan a utilisé un peu d'images de synthèse, mais leur a préféré des effets visuels lorsque c'était possible. Il explique que « c'est toujours très important pour moi de filmer le plus possible, et, lorsque c'est nécessaire, d'utiliser les images générées par ordinateur qui permettent de compléter ou de mettre en valeur ce que vous avez pu créer physiquement[N 14],[63]. » Pour cela, le superviseur des effets visuels Paul Franklin a créé une maquette du décor de la montagne, et l'a faite exploser. La scène de combat sans gravité a été tournée avec l'ajout d'effets créés par ordinateur afin de tordre subtilement des éléments tels que la physique, l'espace et le temps[64].

L'effet le plus difficile à réaliser a été la ville des « limbes » parce qu'elle s'est développée de façon continue au cours de la production. Franklin a embauché des artistes qui ont construit divers concepts urbains, alors que Nolan avait sa version idéale personnelle : « quelque chose de glacial, clairement moderniste dans son architecture, mais dont des pans entiers s'effondraient dans la mer comme des icebergs[N 15],[64]. » Franklin et son équipe finissent par finaliser une ville qui ressemble à une « version iceberg » de Gotham City, mais avec en plus de l'eau qui court à travers[64]. Pour cela, ils ont créé un modèle informatique de base d'un glacier, après quoi des designers ont inséré un programme qui créait des éléments comme des routes, des intersections ou des ravins, jusqu'à obtenir un ensemble complexe ressemblant à une ville, tout en conservant un aspect organique. Pour la séquence du Paris-pliant, Franklin a fait appel à des artistes qui ont proposé des dessins conceptuels à partir desquels son équipe a créé des animations informatiques brutes. Plus tard, pendant le tournage, Nolan a ainsi pu diriger DiCaprio et Page dans cette animation créée par ordinateur[64]. Inception ne compte pas moins de 500 effets visuels, ce qui est cependant assez peu comparé aux films à effets spéciaux contemporains qui peuvent contenir de 1 500 à 2 000 effets spéciaux[64].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Inception: Music from the Motion Picture

Bande originale par Hans Zimmer
Sortie 13 juillet 2010
Durée 49:13
Genre Musique de film
Producteur Hans Zimmer
Lorne Balfe
Christopher Nolan
Alex Gibson
Label Reprise Records

Bandes originales par Hans Zimmer

La musique du film a été composée par Hans Zimmer, qui signe ainsi sa troisième collaboration avec Christopher Nolan après Batman Begins et The Dark Knight. Il décrit son travail comme « une bande originale électronique et dense, [pleine de] nostalgie et de tristesse[65],[66]. » Écrite en simultané avec le tournage du film, la musique contient un son de guitare rappelant Ennio Morricone. Pour interpréter ces partitions de guitare, Hans Zimmer s'est tourné vers Johnny Marr, ancien guitariste du groupe de rock The Smiths[67].

La chanson Non, je ne regrette rien, chantée par Édith Piaf, apparaît à plusieurs reprises dans le film. Ce titre annonce en effet le passage à une autre réalité, dans le film[68]. Par ailleurs, Zimmer a réutilisé certains morceaux de la partition dans la musique du film[67] : en effet, il a révélé que toute la bande originale du film est basée sur la chanson de Charles Dumont, et que, selon ses propres mots, toute la musique de la bande son est faite de subdivisions et de multiplications du tempo de la chanson d'Edith Piaf[68],[69]. L'utilisation de Non, je ne regrette rien a été encouragée par Christopher Nolan lui-même, qui l'avait déjà incluse dans tout le script[68].

L'album de la bande originale est sorti le 13 juillet 2010, édité par Reprise Records[70], alors que la majorité de la musique composée pour le film est également disponible en 5.1 surround sur le deuxième disque du coffret Blu-ray[71]. La musique est nommée à l'Oscar de la meilleure musique de film, remportée en 2011 par Trent Reznor et Atticus Ross pour la bande originale de The Social Network[72].

Promotion et sortie[modifier | modifier le code]

La société de production et de distribution Warner Bros. a dépensé 100 millions de dollars pour la promotion du film. À la différence de nombreux films commerciaux contemporains des années 2000 et 2010 qui sont des adaptations ou des suites, Inception est un film entièrement original. La présidente du marketing de la Warner, Sue Kroll, a estimé que le film pouvait gagner en reconnaissance même s'il n'était pas issu d'une franchise, considérant avec certitude que « Christopher Nolan est comme une marque. » Elle ajoute qu'avec ce film « [il n'y a] pas les ingrédients des franchises qui guident habituellement les sorties des films de l'été, mais [il y a ici] un casting de qualité et une idée originale de la part d'un cinéaste qui a dans ses antécédents des films incroyables[N 16],[73]. »

Une campagne de marketing viral est lancée peu après sa diffusion du premier trailer en août 2009, avec la mise en ligne du site officiel du film qui ne contenait alors qu'une animation de la toupie de Cobb. En décembre, la toupie s'est finalement arrêtée et le site a alors proposé un jeu en ligne, Mind Crime (« crime de l'esprit »), qui révélait, après l'avoir achevé, l'affiche du film[74]. Le reste de la campagne s'est déroulée après le WonderCon d'avril 2010, où la Warner a proposé des T-shirts figurant la mallette PASIV utilisée pour créer la dimension du rêve, ainsi qu'un code QR menant au manuel de l'appareil, disponible en ligne[75]. Mind Crime a également compté un niveau supplémentaire, proposant des bonus, dont une « bande annonce cachée »[76]. Par la suite, divers éléments de marketing font surface jusqu'à la sortie du film en juillet, comme un manuel de « rêves partagés » envoyé au magazine Wired[77] ou la publication en ligne de posters, publicités, applications pour mobiles et sites web liés au film[78],[79]. La Warner a également édité en ligne un comic servant de prequelle, Inception: The Cobol Job[80].

La bande annonce officielle est mise en ligne le 10 mai 2010[76]. La musique, Mind Heist (« casse de l'esprit »), a été composée spécialement pour l'occasion par Zack Hemsey[81]. Le trailer devient rapidement viral, avec des mashups copiant son style ou sa musique bientôt disponibles sur YouTube[82] ou sur des sites professionnels comme CollegeHumor (en)[83],[84].

Thèmes[modifier | modifier le code]

un escalier en forme de carré. Les marches forment un angle de 90 degrés à chaque coin, donnant l'illusion d'une boucle.
L'escalier de Penrose est intégré au film comme un exemple d'objet impossible pouvant être créé dans un rêve lucide.

Le film explore différents thèmes, mais avant tout ceux du rêve et de la réalité, et de la confusion qui lie les deux. Le personnage de Cobb est obnubilé par une idée, similaire aux idées qui peuvent caractériser la victime d'une inception : « the idea of people sharing a dream space...That gives you the ability to access somebody's unconscious mind. What would that be used and abused for[5]? » « L'idée de personnes partageant un espace onirique...qui vous donne la possibilité d'accéder à l'inconscient de quelqu'un. Comment user, abuser de cela ? »

Rêve et réalité[modifier | modifier le code]

Le rêve et ses différents niveaux interconnectés représentent la majorité de l'intrigue et constituent un contexte dans lequel les personnages naviguent ; les interactions entre les strates oniriques (une voiture qui bouge dans le premier niveau du rêve modifie la pesanteur du deuxième) sont un des protagonistes abstraits les plus importants du film[33].

Pour Deirdre Barrett, onirologue à l'Université de Harvard, le film présente des lacunes sur le plan des rêves[85]. Il indique toutefois qu'« il ne peut analyser tous les aspects [du rêve] correctement », citant la scène dans laquelle Cobb, endormi, est poussé dans une baignoire pleine, et que l'eau jaillit par les fenêtres de l'immeuble, dans le rêve, pour le réveiller. « Les stimuli réels sont bien incorporés, mais vous ne vous réveillez le plus souvent que juste après le choc » (contrairement au délai qui s'écoule dans le rêve de Cobb)[85].

Le réalisateur, Christopher Nolan, donne sa définition de la relation entre rêve et réalité pour défendre ces apparentes lacunes : « j'ai essayé de travailler cette idée de la manipulation et de la gestion d'un rêve conscient comme étant une compétence que ces gens ont. Le scénario est basé sur des idées courantes, des concepts fondamentaux...Où prendriez-vous vos idées, sinon ? La seule idée bizarre que le film présente, en réalité, c'est l'existence d'une technologie qui vous permet de saisir et de partager le même rêve que quelqu'un d'autre[7]. »

Certaines personnes soutiennent que le film lui-même est l'allégorie d'un rêve (avec, par exemple, les images clignotantes dans les pièces sombres). Selon Jonah Lehrer, cette théorie est juste. Il va jusqu'à la consolider en présentant des études neurologiques indiquant que l'activité cérébrale est très similaire entre regarder un film et dormir ; dans les deux cas, le cortex visuel est très actif et le cortex préfrontal, qui traite de la logique, de l'analyse délibérée et de la conscience de soi, est calme[86]. Ian Alan Paul soutient que faire l'expérience d'aller au cinéma est en soi un exercice de rêve partagé, surtout dans le cas d'Inception : le découpage net des scènes force le spectateur à créer de grands arcs narratifs pour conserver la cohérence du film et le comprendre[33]. Cette exigence de production d'images de la part du public, en parallèle à sa consommation, est analogue au rêve lui-même[33]. Comme dans l'histoire du film, dans un cinéma, on pénètre dans le rêve d'un autre, dans le cas présent, celui de Nolan, pour le partager, et comme pour toute œuvre d'art, on en fait une lecture influencée par ses propres désirs et son subconscient[33].

Pour Stéphanie Dreyfus, le moment où Ariane, l'architecte, construit une allée couverte près du pont de Bir-Hakeim à Paris, est « une fort belle métaphore du cinéma et de son pouvoir d'illusion[87]. »

Analyse[modifier | modifier le code]

Pour Cyril Beghin, des Cahiers du cinéma, Inception est la « fable parfaite » de la théorie de philosophie politique qui énonce que « l'esprit du capitalisme aura atteint son stade ultime lorsqu'il coïncidera avec l'image du fonctionnement du cerveau » où même le monde supposé réel ressemble au cauchemar de quelqu'un d'autre. Les différentes strates de rêves sont l'occasion pour le réalisateur d'opérer une variation de genres où l'imagerie hollywoodienne remplace l'imagerie onirique, les niveaux étant « autant ceux d'un vaste jeu de rôles que les strates toujours plus profondes d'un subconscient hanté par un trauma ». De même, le niveau du bunker dans la neige « lorgne vers le jeu vidéo », Nolan « cherchant à combiner la métaphore psychique avec les illustrations gamer ». Beghin voit une ressemblance entre Inception et Shutter Island, autre film avec Leonardo DiCaprio en vedette et sorti quelques mois plus tôt, à travers l'interaction dans ces deux films « entre architecture de jeu vidéo et structure psychique »[88].

Jean-Philippe Tessé, également des Cahiers, relève une autre similitude avec Shutter Island, les deux films trouvant leur résolution dans « l'articulation d'un traumatisme et d'une figure féminine aussi déréglés l'un que l'autre ». C'est pour Tessé un film sur l'inconscient qui révèle quelque chose sur « l'inconscient hollywoodien et ses films de mecs qui recourent à des ressorts difficiles à maîtriser qu'ils identifient au féminin ». Le personnage interprété par Ellen Page symbolise « l'inconscient méandreux féminin » qui invente une « géométrie perverse » et des « rêves plus labyrinthiques, plus retors que ceux qu'un homme pourrait imaginer ». Cette complexité déroute les hommes, dont l'inconscient est « bien ordonné » et tourné vers une pragmatique efficacité au détriment de sentiments plus complexes. Le personnage joué par Marion Cotillard est celui d'une folle « hystérique et morbide, prisonnière de ses tourments, gouvernée par ses passions, irrationnelle, incontrôlable ». Ces deux figures féminines sont l'incarnation « d'archaïques fantasmes » masculins « imbibés de morale judéo-chrétienne »[89].

Scénario[modifier | modifier le code]

De nombreuses critiques ont admis que le scénario présentait des lourdeurs, et que nombre d'éléments qu'il comporte ne servaient qu'à combler sa complexité. Par exemple, le personnage d'Ellen Page est presque considéré comme superflu car il n'aurait d'autre utilité que de poser des questions à Cobb (environ quatre-vingt[90]), n'assurant pas spécialement une présence féminine dans le film dont les actions sont insipides et sans intérêt particulier[91], mais qui serait toutefois vital pour éviter la confusion totale[92].

Fin du film[modifier | modifier le code]

La fin du film, lorsque Dom Cobb retrouve ses enfants dans ce qui semble être le monde réel, et où la toupie ne s'arrête pas, a fait polémique. La logique voudrait que Cobb se retrouve vraiment dans la réalité, mais il a été clairement spécifié, dans le film, que du moment que la toupie ne s'arrête pas, le milieu est irréel. Par ailleurs, il réapparaît instantanément dans l'avion sans avoir précédemment remonté les autres strates de rêves. De plus, il quitte le rêve du "vieux Saito" sans raison apparente.

Le réalisateur, Christopher Nolan, admet avoir voulu jouer sur l'ambiguïté : « donner une explication claire nuirait au film. [...] J'ai coupé ce plan final pour imposer une ambiguïté. Cela m'a toujours paru comme une fin idéale[93]. » Suite à de nombreuses tentatives d'explications sur internet, il semblerait, selon les différences de comportement de Cobb dans le réel ou dans le rêve, et grâce à une analyse du mouvement de la toupie, que le monde de la fin soit réel, sans que cela soit approuvé ou contredit par Christopher Nolan[93],[94]. De plus, étant donné que Cobb refuse de croire à la mort de Mal, il porte son alliance en rêve. Dans la dernière scène, il ne l'a pas[94].

Réception[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film est un grand succès commercial, rapportant 825 532 764 $ de recettes au box-office mondial, dont 292 576 195 $ aux États-Unis et au Canada, pour un budget de 160 millions de dollars[1]. Cela en fait le 4e plus gros succès commercial de l'année 2010 derrière Toy Story 3, Alice au pays des merveilles et Harry Potter et les Reliques de la Mort, première partie[95]. Il réalise 4 938 587 entrées en France, 665 260 en Belgique, 615 381 au Québec et 438 520 en Suisse[96].

Voici un tableau résumant les principaux résultats enregistrés au box-office par le film[97] :

Box-office mondial par pays du film Inception (par ordre décroissant)
Pays Box-office Pays Box-office Pays Box-office
Drapeau des États-Unis + Drapeau du Canada 292 576 195 $ Drapeau de l'Italie Italie 15 459 083 $ Drapeau de la Belgique Belgique 6 150 403 $
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 68 445 823 $ Drapeau du Brésil Brésil 10 315 556 $ Drapeau de la Norvège Norvège 5 953 607 $
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 56 566 947 $ Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 9 688 549 $ Drapeau de la République de Chine Taïwan 5 370 400 $
Drapeau de la France France 43 437 833 $ Drapeau de la Suède Suède 9 368 607 $ Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 4 410 619 $
Drapeau du Japon Japon 40 901 213 $ Drapeau du Mexique Mexique 8 919 495 $ Drapeau de la Grèce Grèce 4 196 236 $
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 38 705 828 $ Drapeau du Danemark Danemark 7 590 978 $ Drapeau de Singapour Singapour 4 089 506 $
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 36 842 861 $ Drapeau de Hong Kong Hong Kong 7 529 950 $ Drapeau d’Israël Israël 3 669 899 $
Drapeau de l'Australie Australie 36 515 403 $ Drapeau de l’Argentine Argentine 7 439 087 $ Drapeau de l'Autriche Autriche 3 607 185 $
Drapeau de l'Espagne Espagne 22 212 764 $ Drapeau de la Turquie Turquie 6 992 235 $ Drapeau de la Colombie Colombie 3 144 672 $
Drapeau de la Russie Russie 21 691 531 $ Drapeau de la Pologne Pologne 6 727 314 $ Drapeau de la Finlande Finlande 3 130 570 $

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Inception a obtenu un grand nombre de critiques positives. Sur le site Rotten Tomatoes, le long-métrage obtient 86 % d'avis favorables (241 commentaires positifs et 38 commentaires négatifs) et atteint la note moyenne de 8/10[98]. Dans la catégorie « Top Critic » du même site, le film obtient 79 % avec une note moyenne de 7,4 sur 10, basé sur 30 commentaires positifs et 8 commentaires négatifs[98]. Le site Metacritic lui attribue 74/100, basé sur 42 critiques[99].

Roger Ebert, du Chicago Sun-Times, lui donne 4 étoiles sur 4, affirmant que s'il y a une faille dans le film, il ne l'a pas trouvée et que, dans une industrie du cinéma envahie par les « suites, remakes et franchises », Nolan réussit à faire un film « totalement original » sur le fait de « se frayer un chemin à travers des couches concentriques de réalité et de rêve, de réalité à l'intérieur des rêves, et de rêves sans réalité. C'est un acte de jonglerie stupéfiant »[100]. Nev Pierce, du magazine Empire, lui donne 5 étoiles sur 5, affirmant que Nolan signe « un film véritablement original », où « l'action tonitruante » ne le dispute qu'à l'émotion, et bénéficiant d'une « étonnante interprétation de DiCaprio »[101]. Pour Peter Travers, de Rolling Stone, qui lui donne 4,5 étoiles sur 5, le film, comparé à une « partie d'échecs extrêmement ingénieuse », « mérite toute l'attention qu'il demande », et bénéficie d'un aspect visuel « stupéfiant » pour un « résultat sensationnel »[102]. Justin Chang, de Variety, évoque un « récit diaboliquement complexe se déroulant dans le labyrinthe du subconscient », « un puzzle métaphysique mais aussi métaphorique » puisqu'il y a une relation directe entre la conception de rêve de Cobb et la réalisation de Nolan, « construire un simulacre de réalité dans le but de nous séduire, semer le désordre dans nos têtes et laisser une impression durable »[103]. Et Lisa Schwarzbaum, d'Entertainment Weekly, lui donne la note de B+, évoquant un « film audacieux » réalisé avec brio, aux « images hypnotiques » mais dont le défaut est d'être bien moins intéressant sur le plan émotionnel qu'intellectuel. Elle met aussi en avant les seconds rôles, notamment Tom Hardy « qui attire le regard sans un effort » et Marion Cotillard qui mêle « tendresse et malveillance sous-jacente »[104].

Parmi les critiques négatives, A. O. Scott, du New York Times, affirme qu'il y a « beaucoup à voir dans Inception mais rien qu'on ne puisse considérer comme une authentique vision. L'idée que M. Nolan se fait de l'esprit humain est trop littérale, trop logique, trop limitée par des règles pour permettre la pleine mesure de folie - le risque de véritable confusion, de délire, d’ambiguïté inexprimable, que ce sujet requiert »[105]. Et David Denby, du New Yorker, estime que le film est loin de donner autant de plaisir que Nolan l'avait imaginé, affirmant en conclusion que c'est un « film à l'aspect visuel sensationnel qui se perd dans des enchevêtrements mirifiques, un film dévoué à ses propres rouages et pas grand-chose d'autre »[29]. Il critique le plagiat maladroit de Nolan vis-à-vis du séquençage de Buñuel. « [Nolan] nous pousse discrètement dans les rêves et nous laisse seul à profiter de notre émerveillement, mais il travaille sur tellement de niveaux et de représentations à la fois qu'il doit donner des précisions juste pour expliquer ce qui se passe[29]. »

Sur le site Allociné, la note moyenne des critiques presse françaises recensés est de 4,1 sur 5[106] et la note moyenne des critiques du public est de 4,5 sur 5 basé sur 35 738 notes dont 6 119 critiques[107], soit le 12e du Top 250 du site.

Pour Gaël Golhen, de Première, Nolan réunit « le casting le plus brillant de l'année dans une intrigue complètement dingue dans son fond comme dans sa forme » et « ce film de casse mental » « d'une beauté hallucinante » « est bien parti pour être le mètre étalon des thrillers de studio pour la décennie qui vient »[108]. Fabrice Leclerc, de Studio Ciné Live, évoque « un prodige de cinéma déguisé en blockbuster hollywoodien » avec « un casting choral impressionnant (DiCaprio, Joseph Gordon Lewitt ou Tom Hardy pour ne citer qu'eux) » et où Nolan exprime ses thèmes récurrents, « choc entre réalité et fantasme, distorsion du temps, récit déstructuré, montage en abîme, héros en pleine autodestruction », dans un « maelström d'action et de faux-semblant »[109]. Jacky Goldberg, des Inrockuptibles, affirme que le film « bâtit des cathédrales narratives, enchaîne les effets plastiques inouïs, multiplie les moments de bravoure », « imposant au spectateur un état de sidération constant, et repoussant loin, très loin, les limites du film d’action contemporain », que Leonardo DiCaprio « porte le film à un niveau d’exigence exceptionnel » et que Cillian Murphy est « assez émouvant »[110]. Pour Gilles Penso, de L'Écran fantastique, « Christopher Nolan nous offre un des ses films les plus passionnants et les plus impressionnants : un voyage tortueux dans le monde des rêves qui fera date dans l'histoire du cinéma de science-fiction »[106]. Alexandre Poncet, de Mad Movies, estime que « si la mise en scène peine par moments à tenir le niveau du manuscrit de départ, on ne peut rester qu'admiratifs devant la limpidité et la stature du résultat final »[106]. Pour Stéphanie Dreyfus, de La Croix, le scénario d’Inception est une « variation tortueuse sur le pouvoir de l'imagination », basé sur une « fort belle métaphore » du rêve[87]. Le scénario, qu'elle qualifie de « complexe », « se déploie selon une mécanique bien huilée », mais « le film multiplie les explications et les ralentis sur des images clés » pour combler les difficultés occasionnées par la complexité du scénario et les différents niveaux sur lesquels il joue[87].

Du côté des critiques mitigées ou négatives, Adrien Gombeaud, de Positif, évoque un film « visuellement brillant, bien au-dessus des machines hollywoodiennes estivales habituelles » mais aussi « frustrant » car « il manque l'ultime pirouette, la touche de pureté qui soulève les hourras » et où « tout est long, complexe mais finalement assez courant »[111]. Didier Péron, de Libération, affirme qu'on « ne passe pas un mauvais moment à regarder Inception mais il y a juste une disproportion flagrante entre l’ambition affichée et l’imaginaire visuel souvent convenu qu’elle déclenche tous azimuts » et que le film « démarre fort sur une dislocation assez époustouflante des traditionnelles scènes d’exposition et se termine en blockbuster plutôt balisé, entre John Woo et James Bond »[112]. Danièle Attali, du Journal du dimanche, évoque un film « aussi déroutant qu’il tente d’être compliqué » et qui « nous a laissés à la porte des rêves qu’il prétend procurer », déplorant aussi la « bande-son assourdissante qui ne se tait jamais »[108]. Et pour Louis Guichard, de Télérama, « la fausse bonne idée de Christopher Nolan consiste précisément à mettre en scène le rêve comme un jeu vidéo en ligne » et les idées intéressantes du film ne sont que « des trucs passagers, au service d'une histoire décevante, et ensevelis sous un déluge visuel, à l'insistance plus soporifique qu'onirique »[113].

Inception est actuellement classé dans les quinze premiers films du « Top 250 » de l'Internet Movie Database avec une note de 8.7/10 basée sur plus de 790 700 votes[114].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Inception apparaît en 2010 dans plus de 273 listes de critiques de cinéma des dix meilleurs films de l'année, et il est numéro un dans 55 de ces listes. En moyenne, il est classé deuxième après The Social Network, et l'un des plus salués par la critique anglo-saxonne avec Le Discours d'un roi et Black Swan[115].

Le film a remporté de nombreuses récompenses dans les catégories techniques, dont quatre Oscars[116] et trois BAFTA Awards[117]. Dans la plupart des catégories artistiques, comme meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario, Inception a été battu par The Social Network ou Le Discours d'un roi[116],[117],[118]. Mais il a cependant remporté deux des plus importantes récompenses de film fantastique ou de science-fiction : le Prix Bradbury du meilleur film dramatique[119] et le Prix Hugo du meilleur long métrage dramatique[120]. Au total, le film a remporté 83 prix sur plus de 200 nominations. En 2012, Inception a été nommé 35e de la liste des 75 films les mieux montés de tous les temps par la guilde des monteurs de film américaine, la Motion Picture Editors Guild[121].

Note : Les informations ci-dessous sont issues de la page Awards du film sur l'Internet Movie Database[122]. Les listes ci-dessous ne répertorient que les prix principaux.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Sortie vidéo[modifier | modifier le code]

Inception est sorti en en disque Blu-ray le 3 décembre 2010 et en DVD le 8 décembre 2010[124]. La version en DVD comporte en bonus quatre documentaires sur le concept et le design du film[125] ; alors que la version en Blu-ray comprend un mode extraction pendant la lecture du film qui consiste en plusieurs modules du making-of, ainsi que deux documentaires, sur la nature des rêves et une version animée du comic qui sert de prologue au film, et dix morceaux de la bande originale[126]. Une édition limitée dans un coffret reproduisant la mallette utilisée pour créer l'univers onirique du film est sortie le 23 novembre 2011. Elle comporte le film en version DVD et Blu-ray, une toupie, un livret sur les différentes interprétations du film, ainsi que tous les bonus de la version Blu-ray[127]. Un an après sa sortie sur le marché vidéo, le film avait déjà rapporté plus de 86 000 000 $, et ce uniquement en Amérique du Nord[128].

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

En décembre 2010, Christopher Nolan confirme le développement d'un jeu vidéo basé sur l'univers du film : « j'ai toujours imaginé Inception comme un monde dans lequel de nombreuses autres histoires pourraient se dérouler. Pour le moment, la seule direction dans laquelle nous nous dirigeons est le développement d'un jeu situé dans cet univers[129],[130] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Citation originale : « As soon as you're talking about dreams, the potential of the human mind is infinite. And so the scale of the film has to feel infinite. It has to feel like you could go anywhere by the end of the film. And it has to work on a massive scale. »
  2. Citation originale : « Once you remove the privacy, you've created an infinite number of alternative universes in which people can meaningfully interact, with validity, with weight, with dramatic consequences. »
  3. Citation originale : « Cobb : What do you want from us?
    Saito : Inception. Is it possible?
    Arthur : Of course not.
    Saito : If you can steal an idea from someone's mind, why can't you plant one there instead?
     »
  4. Citation originale : « That era of movies where you had The Matrix (1999), you had Dark City (1998), you had The Thirteenth Floor (1999) and, to a certain extent, you had Memento (2000), too. They were based in the principles that the world around you might not be real. »
  5. Citation originale : « [I was] intrigued by this concept – this dream-heist notion and how this character's going to unlock his dreamworld and ultimately affect his real life. »
  6. Citation originale : « [The script was] very well written, comprehensive but you really had to have Chris in person, to try to articulate some of the things that have been swirling around his head for the last eight years. »
  7. Citation originale : « A petulant child who's in need of a lot of attention from his father, he has everything he could ever want materially, but he's deeply lacking emotionally. »
  8. Citation originale : « To add to that the idea of living in the shadow of someone so immensely powerful. »
  9. Citation originale : « The one saying, 'Okay, you have your vision; now I'm going to figure out how to make all the nuts and bolts work so you can do your thing'. »
  10. Citation originale : « A perfect combination of freshness and savvy and maturity beyond her years. »
  11. Citation originale : « An old, Graham Greene-type diplomat; sort of faded, shabby, grandeur – the old Shakespeare lovey mixed with somebody from Her Majesty's Special Forces. »
  12. Citation originale : « An avant-garde pharmacologist, who is a resource for people, like Cobb, who want to do this work unsupervised, unregistered and unapproved of by anyone. »
  13. Citation originale : « I think it's a misnomer to call it 3D versus 2D. The whole point of cinematic imagery is it's three dimensional... You know 95% of our depth cues come from occlusion, resolution, color and so forth, so the idea of calling a 2D movie a '2D movie' is a little misleading. »
  14. Citation originale : « It's always very important to me to do as much as possible in-camera, and then, if necessary, computer graphics are very useful to build on or enhance what you have achieved physically. »
  15. Citation originale : « Something glacial, with clear modernist architecture, but with chunks of it breaking off into the sea like icebergs. »
  16. Citation originale : « We don't have the brand equity that usually drives a big summer opening, but we have a great cast and a fresh idea from a filmmaker with a track record of making incredible movies. If you can't make those elements work, it's a sad day. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Inception », Box Office Mojo (consulté le 18 juin 2013)
  2. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  3. « Inception », sur Voxofilm (consulté le 14 juin 2013)
  4. « Inception », sur Doublage.qc.ca (consulté le 14 juin 2013)
  5. a, b, c, d, e et f (en) Steve Weintraub, « Christopher Nolan and Emma Thomas Interview », Collider,‎ 25 mars 2010 (consulté le 14 juin 2013)
  6. a, b, c et d (en) John Hiscock, « Inception: Christopher Nolan interview », The Telegraph,‎ 1er juillet 2010 (consulté le 19 décembre 2010)
  7. a, b, c, d, e et f (en) Geoff Boucher, « Inception breaks into dreams », The Los Angeles Times,‎ 4 avril 2010 (consulté le 14 juin 2013)
  8. a, b et c (en) Dave Itzkoff, « A Man and His Dream: Christopher Nolan and Inception », The New York Times,‎ 30 juin 2010 (consulté le 14 juin 2013)
  9. a, b, c, d et e Romain Le Vern, « Inception par Christopher Nolan : Interview, références, indices... », TF1,‎ 15 juillet 2010 (consulté le 14 juin 2013)
  10. (en) Michael Fleming, « Nolan tackles Inception for WB », Variety,‎ 11 février 2009 (consulté le 14 juin 2013)
  11. (en) Dave Itzkoff, « The Man Behind the Dreamscape », The New York Times,‎ 30 juin 2010 (consulté le 14 juin 2013)
  12. Geoff Boucher, « inception », sur Wiktionnaire (consulté le 30 juin 2013)
  13. « inception », ça veut dire quoi ?, sur Latine Loquere (consulté le 30 juin 2013)
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]