Louis Vuitton

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Louis Vuitton Malletier

alt=Description de l'image Louis Vuitton Logo.svg.
Création 1854
Dates clés 1896 : création de la toile « Monogramme LV »
1987 : Constitution du groupe LVMH
Fondateurs Louis Vuitton
Personnages clés Nicolas Ghesquière : directeur artistique[1]
Forme juridique Société anonyme (S.A.)
Slogan Tout bagage doit allier grande mobilité et légèreté.
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Michael Burke
Delphine Arnault, directrice générale adjointe[2]
Activité Industrie du luxe
Produits Malles, Sacs et bagages, ceintures, lunettes, montres, souliers, joaillerie, mode, prêt-à-porter, écriture
Société mère LVMH
Effectif 19 240 (31 Décembre 2012)
Site web www.louisvuitton.com
Chiffre d’affaires en augmentation 7 milliards € (est. 2012)[3]

Louis Vuitton est une maison française de maroquinerie de luxe, mais également de prêt-à-porter depuis l'aube des années 2000, fondée en 1854 par le malletier, plus tard maroquinier, Louis Vuitton (1821-1892) dont l'œuvre est poursuivie par ses descendants. Louis Vuitton Malletier est la première marque du groupe LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton fondé en 1987 par le rapprochement de la maroquinerie Vuitton et des Champagne Moët & Chandon, et propriété du milliardaire Bernard Arnault depuis 1989. Louis Vuitton a une présence mondiale, avec un fort développement vers l'Asie depuis les années 2000.

Pendant six années consécutives (2006-2012) Louis Vuitton a été nommée marque de luxe la plus précieuse au monde. Sa valorisation en 2012 était de 25,9 milliards de dollars[4]. Le magazine Forbes l'a classé 10e dans sa liste des marques les plus influentes au monde[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Louis Vuitton[modifier | modifier le code]

Louis Vuitton (1821-1892)

Louis Vuitton naît le 4 août 1821, dans un milieu modeste, au moulin à eau de Charbouilla près d'Anchay (40 km au nord-est de Bourg-en-Bresse), petit village de 148 habitants dans le Jura en Franche-Comté. Très jeune, il apprend à manier les outils auprès de son père meunier et menuisier.

En 1835, âgé de 14 ans, il part tenter sa chance à Paris et parcourt à pied les 400 km qui le séparent de la capitale[6]. Il entre en 1837 comme apprenti chez un « layetier-emballeur-malletier » (métier qui consistait à emballer les nombreuses affaires de riches clients qui partaient en voyage) et réalise des coffres de voyage. Il s'occupe en particulier, à partir de 1852, des toilettes de l’impératrice Eugénie et fait reconnaître son savoir-faire auprès des clients les plus fortunés.

Publicité de 1923 pour des bagages de voyage.

Les moyens de transport sont alors révolutionnés par la machine à vapeur, et le tourisme international des classes aisées et aristocratiques se développe (locomotive à vapeur, bateau à vapeur, etc.). Louis Vuitton comprend alors rapidement « qu'il faut créer des bagages novateurs et de grande qualité : luxe, fonctionnalité, innovation. »

En avril 1854, il épouse Clémence-Émilie Parriaux, fonde la marque Louis Vuitton et ouvre sa première boutique rue Neuve-des-Capucines à Paris à proximité de la place Vendôme (il en reste encore des signes sur le fronton de la vitrine des Champs-Élysées où il est inscrit : « Louis Vuitton, Malletier à Paris, maison fondée en 1854 »). Louis invente la malle plate Louis Vuitton, pratique et de qualité, plus facilement empilable que les traditionnelles malles aux couvercles bombés d'avant.

En 1859, il s'agrandit et transfère son atelier d'une vingtaine d'employés à Asnières-sur-Seine au bord de la Seine, pour profiter du transport fluvial. Il fait construire avec son épouse une demeure familiale adjacente aux ateliers, devenue depuis le musée Louis Vuitton (dans une rue rebaptisée « rue Louis-Vuitton »).

Georges Vuitton[modifier | modifier le code]

Publicité de 1898.

Dans les années 1870, Louis Vuitton est rejoint par son fils qui l'incite à développer l'entreprise à l’étranger. En 1885, une première boutique ouvre hors de France, avec succès, sur Oxford Street à Londres, suivie par celles de New York puis de Philadelphie.

En 1888, Louis décide de contrecarrer les premières contrefaçons en adoptant un nouvel imprimé de damier beige et brun avec l’inscription « Marque Louis Vuitton déposée », la marque ayant été déposée trois ans avant[7].

En 1892, Louis Vuitton meurt. Son fils Georges, aidé par toute la famille, lui succède à la tête de l'empire, qu'ils développent avec le même succès que le fondateur.

En 1896, Georges crée lui-même la célèbre toile révolutionnaire « Monogramme LV » dont il fait l'emblème de la marque : une toile enduite, parfaitement imperméable, de couleur gris clair, et appelée « Gris Trianon », résistante et légère pour remplacer le cuir.

Gaston-Louis Vuitton et Claude-Louis Vuitton[modifier | modifier le code]

Il semblerait que, durant la période du régime de Vichy, la maison Louis Vuitton se voit octroyer les bonnes grâces du maréchal Pétain en affirmant sa fidélité au régime et en acceptant de fabriquer des objets à sa gloire. Henry Vuitton aurait entretenu de fortes amitiés avec les officiers de la Gestapo, obtenant de devenir l'un des rares industriels décorés par l'Allemagne nazie, en remerciement de sa loyauté[8].

En 1959, Gaston-Louis Vuitton (qui dirige la maison depuis 1936), fils aîné de Georges, et son fils Claude-Louis, mettent au point une nouvelle toile enduite souple à base de lin, de coton et de PVC qui dope les ventes de la maison.

Odile Vuitton[modifier | modifier le code]

Odile Vuitton, une des filles de Gaston-Louis, et son mari Henri Racamier, président de la société à partir de 1977, transforment la marque en une compagnie multinationale.

En 1987, la holding Louis Vuitton SA, groupe coté à la bourse de Paris et propriétaire de marques comme Louis Vuitton et Veuve Clicquot Ponsardin, fusionne avec Moët Hennessy pour former LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton, premier groupe de luxe du monde.

Bernard Arnault[modifier | modifier le code]

En 1989, l'homme d'affaires Bernard Arnault lance une OPA avec l'aide de la banque Lazard, prend le contrôle du groupe LVMH en devenant actionnaire majoritaire à 42 % et le développe depuis pour en faire le plus important groupe de luxe du monde, entre autres en diversifiant la production de Louis Vuitton avec des collections de prêt-à-porter, de la chaussure, de l'horlogerie, du parfum[9], ou de la papeterie.

Conception[modifier | modifier le code]

La maison Louis Vuitton possède encore son atelier de 180 employés à Asnières-sur-Seine fief de la famille, qui réalise les commandes spéciales[10],[11] et perpétue le goût du sur-mesure[12]. La maison de maroquinerie Louis Vuitton comprend 13 ateliers de fabrication en France. En 2014, un laboratoire de recherche et de développement qui alimentera ces 13 sites verra le jour à Beaulieu-sur-Layon dans le Maine-et-Loire. Le site d'une quinzaine d'hectares comprendra également une fabrique[13],[14]. L'entreprise a aussi investi à Grasse, où la marque projette d'installer son futur atelier de parfum. Les travaux devraient commencer dès le mois de septembre 2013[13].

Pour ses sacs, Vuitton utilise le cuir, mais aussi diverses toiles ; parmi les plus connues : la toile gris Trianon, mais aussi la toile rayée beige et rouge, la toile damier ainsi que la toile « Monogramme LV » qui se décline aujourd'hui en plusieurs coloris.

Architecture[modifier | modifier le code]

Boutique Louis Vuitton au 101 avenue des Champs-Elysées à Paris

L'architecture est une tradition familiale. En 1912, le fils de Louis Vuitton fait construire en plein cœur de Paris, sur les Champs-Élysées, un bel immeuble d'inspiration « art nouveau ». Puis, avec son ouverture sur le monde, la marque possède désormais des magasins à Londres, New York et Tokyo, dans des lieux où le souci de l'architecture est respecté. Aujourd'hui Louis Vuitton fait appel à des architectes pour que chacun de leurs magasins soit unique. Les boutiques présentent toutes, au niveau de leur architecture intérieure, des similitudes comme notamment dans le choix des matériaux : volumes de bois clair, verre et laiton pour les vitrines, les étagères et les comptoirs. Toutefois, depuis quelques années maintenant, le style architectural made in Vuitton semble se diversifier.

L'œuvre la plus emblématique de la marque Louis Vuitton se trouve sur les Champs-Élysées, signées par l'architecte américain Éric Carlson de l'agence Carbondale, ou certaines boutiques japonaises comme notamment celle d'Omotesando, quartier chic comparable à celui des Champs-Élysées français. L'architecte japonais Jun Aoki s'est inspiré des malles.

Mode[modifier | modifier le code]

En 1998, la marque Louis Vuitton s'ouvre à un nouveau domaine : la mode. Depuis, la marque affiche des départements prêt-à-porter, souliers, accessoires, et joaillerie depuis 2009, avec le nouveau directeur artistique Marc Jacobs. Bernard Arnault fait trembler les actionnaires de LVMH quand il décide de confier les rênes du prêt-à-porter à Marc Jacobs : grâce à son excentricité et sa créativité, Louis Vuitton devient une des marques incontournables du luxe en très peu de temps[15].

Après Jennifer Lopez, Uma Thurman ou encore Scarlett Johansson, l'égérie publicitaire pour la campagne printemps-été 2009 est Madonna[16], confirmée pour la saison automne-hiver 2009. Lara Stone devient l'égérie pour la saison printemps-été 2010. Le rappeur Kanye West collabore aussi ponctuellement avec la marque pour créer des chaussures.

Louis Vuitton reste donc une marque associée à l'image prestigieuse du luxe français à travers le monde. Durant l'année 2012, souhaitant monter en gamme, la marque ouvre un point de vente « joaillerie » et « horlogerie » de 150 m2 Place Vendôme à Paris appelé Louis Vuitton Haute Joaillerie, avec son propre atelier à l'étage supérieur, occupé par Lorenz Bäumer[17]. Vers la fin de l'année suivante, Marc Jacobs, auréolé de son succès à la création artistique, quitte la marque et est remplacé par Nicolas Ghesquière[18].

Communication[modifier | modifier le code]

Le premier film de Louis Vuitton, intitulé Where will life take you ? a été réalisé par Bruno Aveillan et mis en musique par Gustavo Santaolalla. Il a remporté plusieurs prix dont un Gold Clio Award, un London International Award et un Epica d'or.

La marque Vuitton est également présente sur Internet : dès 2007, elle lance son programme Countless Journeys dans lequel des personnalités comme Catherine Deneuve, Andre Agassi ou Mikhaïl Gorbatchev partagent leurs impressions de voyages dans plusieurs capitales mondiales de la mode.

Mécénat[modifier | modifier le code]

Mécénat sportif[modifier | modifier le code]

Le groupe Louis Vuitton s'investit dans de nombreux projets représentatifs de son ouverture sur le monde : le yachting international avec la Coupe de l'America dont la Coupe Louis-Vuitton est le prologue (de 1983 à 2007, jusqu'à l'annonce de son retrait) ; ainsi que la Louis Vuitton Classic depuis 1993 (course d'automobiles de prestige et concours d'élégance).

Mécénat culturel[modifier | modifier le code]

Sous l'impulsion de Bernard Arnault, LVMH lance en 2006 le projet de la Fondation Louis-Vuitton pour la création, pour la création et l'art contemporain qui doit réunir une partie de la collection privée de Bernard Arnault et des œuvres acquises par le groupe LVMH ces dernières années.

En chiffres[modifier | modifier le code]

Pour 2012, le chiffre d'affaires de Louis Vuitton est estimé à 7 milliards d'euros. La marge dégagée par l'entreprise représente la moitié des profits de LVMH. Sous la vingtaine d'années de présidence d'Yves Carcelle, le chiffre d'affaires a été multiplié par dix[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Ghesquière chez Louis Vuitton, Le Monde, 4 novembre 2013
  2. « Delphine Arnault », Challenges, no 351,‎ 27 juin 2013, p. 25 (ISSN 0751-4417)
  3. a et b Thiébault Dromard, « Vuitton dit adieu à ses années folles », Challenges, no 323,‎ 29 novembre 2012, p. 42 (ISSN 0751-4417)
  4. http://www.bloomberg.com/news/2012-05-21/louis-vuitton-tops-hermes-as-world-s-most-valuable-luxury-brand.html
  5. http://www.forbes.com/powerful-brands/list/
  6. « Louis Vuitton », sur tendances-de-mode.com,‎ 15 octobre 2007 (consulté le 6 octobre 2013)
  7. La malle de voyage Vuitton (1885) INPI, 24 juin 2011
  8. Faits relatés dans Louis Vuitton, une saga française, de Stéphanie Bonvicini (Fayard, 2004).
  9. Hélène Guillaume, « Louis Vuitton, les premières notes d’un parfum », Reportage, sur madame.lefigaro.fr, Le Figaro Madame,‎ 8 septembre 2012 (consulté le 8 septembre 2012)
  10. Vicky Chahine, « Exception faite » Le Monde, 2012
  11. Nathalie Bajczman, « Vuitton, la malle au trésor », Le Parisien Magazine, no 21208,‎ 16 novembre 2012, p. 92 à 93 (ISSN 0767-3558) « L'atelier de fabrication des commandes spéciales, c'est-à-dire sur mesure, jouxte depuis 1859 la maison familiale. C'est ici que naissent les malles personnalisées. »
  12. « Maroquinier chez Louis Vuitton », vidéo. Fondation Carla Bruni-Sarkozy
  13. a et b http://www.challenges.fr/entreprise/20120621.CHA7844/lvmh-accelere-ses-investissements-en-france.html
  14. http://www.usinenouvelle.com/article/louis-vuitton-pose-ses-valises-dans-l-anjou.N174523
  15. Histoire de la marque Louis Vuitton sur Ykonne.com
  16. Madonna pour Louis Vuitton, 5 décembre 2008
  17. Thiébault Dromard, « Louis Vuitton élève encore sa gamme », Challenges, no 308,‎ 5 juillet 2012, p. 40 (ISSN 0751-4417)
  18. « Nicolas Ghesquière chez Louis Vuitton », sur tendances-de-mode.com,‎ 5 novembre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]