Julien (empereur romain)

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Julien
Empereur romain
Image illustrative de l'article Julien (empereur romain)
Pièce de bronze représentant Julien, v.360-363.
Règne
D’abord César (355361), puis usurpateur et légitime
- (~2 ans)
Période Constantiniens
Précédé par Constance II
Suivi de Jovien
Biographie
Nom de naissance Flavius Claudius Julianus
Naissance 331 ou 332 - Constantinople
Décès (31 ans)
Ctesiphon (Parthie)
Père Jules Constance
Mère Basilina
Épouse Hélène (355 - ?)
Liste des empereurs romains

Flavius Claudius Julianus (331 ou 332 - 26 juin 363), nommé Julien l'Apostat par la tradition chrétienne, également appelé Julien le Philosophe ou Julien II (par référence au précédent empereur Didius Julianus), ou encore Julien l'Empereur, est nommé César en Gaule de 355 à 361 par Constance II, puis proclamé empereur romain à part entière de 361 à 363. Vingt mois de règne laissent la place à une postérité remarquable, ses actes et ses œuvres inlassablement commentés et bien plus souvent honnis et vilipendés que loués.

Julien doit son surnom d'« apostat » à sa volonté de rétablir le polythéisme dans l'empire romain, alors qu'il avait été élevé dans la religion chrétienne (plus précisément dans l'arianisme, sous la direction des évêques Eusèbe de Nicomédie, puis Georges de Cappadoce). Il a produit des écrits critiques contre le christianisme qui, avec le Discours Vrai de Celse, sont le meilleur témoin de l'opposition païenne au christianisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lettre - édit de l'empereur Julien à Secundus, préfet du prétoire d'Orient concernant le jugement d'affaires mineures. Copie en latin trouvée à Amorgos (CIL III, 459 ; Musée épigraphique d'Athènes)

Origines[modifier | modifier le code]

Neveu de Constantin Ier, qui est le demi-frère de son père Jules Constance, il est le dernier survivant, avec son demi-frère Gallus, de la branche cadette des descendants de l'empereur Constance Chlore. La mère de Julien est la très jeune Basilina, qui décède quelques mois après l'avoir mis au monde[1]. Sa date de naissance est incertaine, novembre ou décembre 331[2] ou mai/juin 332.

À la fin de l'été 337, le décès de Constantin Ier laisse une succession non réglée. Julien a alors six ans, lorsque des soldats massacrent les membres de la famille impériale qui ne sont pas issus de Constantin. Seul Julien et son demi-frère Gallus, qui gît gravement malade dans un lit, sont épargnés. Tous les biens de son père sont confisqués par les trois successeurs de Constantin Ier, Constantin II, Constant Ier et Constance II que Julien considère comme les instigateurs de ce massacre.

L'éducation de Julien est confiée à l'évêque arien Eusèbe de Nicomédie, qu'il suit peut-être à Constantinople quand celui-ci s'empare du siège épiscopal de la capitale, à moins qu'il ne soit resté relégué à Nicomédie. Il a pour pédagogue l'eunuque Mardonios, Goth d'origine, qui avait déjà élevé Basilina. Mardonios l'initie aux grands classiques de la culture grecque, Homère et Hésiode, et lui donne la passion de la lecture. Julien tiendra de son éducation stricte l'habitude humble de garder les yeux baissés et le mépris des spectacles publics[1], mais gardera un souvenir heureux de son enfance avec Mardonios.

À une date indéterminée, mais après la mort d'Eusèbe de Nicomédie en 341, Constance II assigne Julien à résidence sous la tutelle de l'évêque de Césarée Georges de Cappadoce dans la forteresse de Macellum en Cappadoce. Il y retrouve son demi-frère aîné Gallus. On estime que la différence d'âge (entre six et huit ans) et de tempérament ne sont guère propices à l'établissement d'une complicité affective. Ils y passent six années dans un isolement total, interdits de visite et en seule compagnie des domestiques[3].

Georges de Cappadoce donne accès aux jeunes gens à sa bibliothèque qui contient, à côté de textes chrétiens, des œuvres de philosophie antique, que Julien pourrait avoir lues alors : Platon, Aristote, Socrate, Théophraste, et, plus récents, les néo-platoniciens Plotin, Porphyre et Jamblique. Mais on ignore s'il s'est enthousiasmé dès cette époque (ou seulement plus tard) pour la théologie solaire de ce dernier et ses discours sur le dieu Hélios, dont il ressent plus tard directement et intimement la présence[4]. Il pourrait, alors, avoir résolu de se détacher du christianisme, la religion prônée par les empereurs qui ont massacré sa famille et au nom de laquelle ils se sont absous de tous leurs homicides[5].

Toujours durant cette période de relégation, Julien et Gallus auraient été baptisés, contrairement à la pratique de l'époque destinant le baptême aux personnes adultes et volontaires, voire aux mourants souhaitant se purifier juste avant leur trépas. Les commentateurs favorables à Julien, comme Montaigne et Voltaire, ont souligné que ce baptême, lui ayant été imposé, ne pouvait être considéré comme valable, soulignant ainsi l'absence de toute justification à l'accusation d'apostasie.

À partir de 347, Julien est autorisé à revenir à Constantinople, puis à Nicomédie en 351. Il y aurait suivi indirectement l'enseignement du sophiste Libanios. Séjournant ensuite à Pergame chez Oribase, il entre en relation avec Priscus et Maxime d'Éphèse, élèves de Jamblique qu'il admire profondément[6], qui encouragent son mysticisme solaire[7]. En cette même année 351, Julien est initié aux mystères de Mithra[8].

En 350, Constance II doit faire face à l'usurpation de Magnence en Gaule. Pour maintenir une présence impériale en Orient face aux Perses tandis que lui-même se rend en Occident, Constance II, attaché comme son père au principe dynastique (tous ses frères ayant été tués), promeut en 351 Gallus au rang de César à Antioche. Hissé à cette responsabilité sans aucune préparation, et de tempérament coléreux, Gallus réagit avec brutalité face aux difficultés et aux oppositions. Il va même jusqu'à faire mettre à mort le préfet du prétoire de Constance II envoyé pour s'enquérir de ses difficultés. En 354, Constance II, faisant suite aux plaintes contre Gallus, le rappelle, le destitue et le fait exécuter.

Peu après, dans le climat délétère de répression visant les anciens fonctionnaires de Gallus, Julien est à son tour convoqué à la cour impériale à Milan et mis sous surveillance pendant plusieurs mois à Côme. Des courtisans insinuent une connivence possible entre lui et Gallus. L'intervention de la nouvelle impératrice Eusébie, seconde épouse de Constance, sauve Julien et lui rend sa liberté de mouvement[9].

Durant l'été 355, Julien peut approfondir ses études de philosophie à Athènes. Il y côtoie Basile de Césarée et Grégoire de Nazianze, qui deviendra évêque et sera un de ses adversaires les plus féroces. Grégoire donne un portrait très partisan du « prodigieux abrutissement » de l'étudiant Julien « cou branlant … épaules remuantes et tressautantes…regard exalté … pieds qui ne tenaient pas en place, parole hachée par la respiration dont le débit s'arrêtait brusquement, questions incohérentes et inintelligibles, réponses qui ne valaient pas mieux »[10]. Plus neutre, Ammien Marcellin évoque son « naturel impulsif » et sa tendance « à parler fort abondamment et se taire très rarement »[11]. On peut voir dans ce tempérament nerveux et cette expression orale mal maîtrisée le résultat d'une enfance traumatisée et d'une adolescence passée dans l'isolement forcé.

Lors de ce séjour à Athènes, et quoique l'on ne dispose pas de preuves formelles, les historiens modernes considèrent que Julien se fait initier aux mystères d'Éleusis[12].

Accession au pouvoir[modifier | modifier le code]

Les débuts du César des Gaules[modifier | modifier le code]

Statue de Julien, réalisée en Italie entre 361 et 400, collection du Musée de Cluny.

Fin 355, Julien est soudainement rappelé à la cour. À sa grande gêne, les eunuques du palais lui rasent la barbe qu'il avait adoptée à la mode des philosophes, et le vêtent d'une chlamyde, lui donnant selon ses propres termes, « l'aspect d'un soldat ridicule[13] ». Il épouse à cette époque Hélène, la sœur de l'empereur, dite « la jeune », par opposition à sa grand-mère l'impératrice.

Le 6 novembre 355 à Milan Constance II le présente à l'armée, et lui décerne le titre de César, c'est-à-dire de vice-empereur. Constance redoute les usurpations militaires en Gaule. Il affirme : « Les barbares y paradent d'un bout à l'autre ». Julien doit préparer une offensive de l'armée impériale en Germanie. La défense de la Gaule est désorganisée par les usurpations de Magnence puis de Silvanus. Les Alamans ont pris et mis à sac de nombreuses forteresses sur la rive gauche du Rhin, dont Cologne, Mayence, Bonn, Bingen, jusqu'à Spire et Strasbourg. Ils occupent encore ces cités bien que solidement installés dans des forts en campagne.

Début décembre, Julien part en Gaule avec une escorte réduite pour contrer les ravages des Alamans[14] . Julien n'est pas dupe de ses promotions. Il se voit dans une position similaire à Gallus, soumis à une charge dangereuse, comme il en témoigne lui-même :

« Je ne dois pas omettre de raconter ici comment j'ai consenti et choisi de vivre sous le même toit que ceux dont je savais qu'ils avaient miné toute ma famille, et dont je soupçonnais qu'il ne leur faudrait pas beaucoup de temps avant de comploter contre moi. J'ai versé des torrents de larmes, j'ai poussé des gémissements. J'ai tendu les mains vers votre Acropole, quand je reçus l'appel, et j'ai prié Athéna de sauver son suppliant, de ne pas l'abandonner. Beaucoup d'entre vous m'ont vu et en sont témoins. La déesse même, plus que quiconque, sait que je lui ai demandé de me faire mourir à Athènes plutôt que de me laisser faire ce voyage. Or, la déesse n'a pas trahi ni abandonné son suppliant ; elle l'a montré par des faits. Car partout elle m'a guidé, et de tous côtés elle m'a entouré d'anges gardiens que le Soleil et la Lune lui avaient accordés »

— Lettre aux Athéniens, 274d-275b, 276c-277a

L'arrivée de Julien à Vienne est bien accueillie, il profite du souvenir prestigieux de ses parents Constance Ier et Constantin, mais il ne lui est attribué qu'un rôle honorifique, à l'image de son titre de consul pour l'année 356 : il est en fait étroitement encadré par le général Marcellus, et constamment espionné par les hauts fonctionnaires fidèles à Constance II.

Premières campagnes en Gaule[modifier | modifier le code]

Cependant, contre toute attente, cet intellectuel pétri d'hellénisme, nerveux et mal à l'aise, se révèle un excellent administrateur et un stratège militaire efficace. Prenant Marc Aurèle comme modèle, il récuse tout le faste impérial, et ne s'épargne aucune fatigue. Travailleur acharné, il acquiert rapidement une pratique courante du latin, (sa langue maternelle étant le grec et la langue de commandement militaire le latin), il fait son éducation militaire et apprend à marcher au pas cadencé, se nourrissant comme les soldats et couchant à la dure[15].

Pendant ce temps, la pression des Alamans se maintient et menace Autun. Pourtant les généraux romains restent passifs : Constance a affecté la direction de l'armée en Gaule à Marcellus, tout en laissant son prédécesseur Ursicin en fonction. Les deux se détestent et se neutralisent l'un l'autre continuellement.

Fin juin 356, Julien prend la direction officielle de quelques unités, et, après avoir fait lever le siège d'Autun, rejoint à Reims les forces commandées par Marcel et Ursicin. Ces derniers supervisent la levée des troupes puis décident de marcher vers la Rhénanie, en passant par l'ancien pays des Triboques, Tres Tabernae (Saverne) et Brocomagus (Brumath).

Une première bataille se déroule à Decempagi (Tarquimpol). L'armée surprise par des assaillants continue sa marche, mais ses flancs sont menacés et ses arrières-gardes sont massacrées. Au terme d'une journée interminable mais victorieuse, deux légions sont quasiment perdues. Les jours suivants, le col barré de Saverne est franchi, et Tres Tabernae prise. Après une installation provisoire, la marche reprend, et Brumath est prise au terme d'une bataille victorieuse, apportant un grand lot de prisonniers.

Julien lance une marche et une descente fluviale le long du Rhin de castellum en castellum afin de reprendre le contrôle de plusieurs places fortes essentielles. Les cités rhénanes semblent faire un accueil triomphal aux troupes victorieuses et finalement Cologne est atteinte sans perte. Partout, avec les autorités des cités, Julien fait remettre en état les fortifications. Impressionnés par la contre-offensive de l'armée romaine face à leurs ennemis alamans, des délégations de Francs ripuaires des environs de Cologne demandent à traiter avec le César victorieux. Julien impose alors une paix qui se révèle ensuite bâclée et précaire.

Après ces succès, les troupes romaines prennent leurs quartiers d'hiver dans différentes cités. Julien s'installe à Sens, gardée par une faible garnison. Les Alamans mettent alors à profit la dispersion des forces romaines pour attaquer la cité, et y bloquent Julien pendant un mois, avant de devoir lever leur siège, lassés par la résistance romaine. Marcellus, cantonné à proximité mais qui n'a rien tenté pour secourir les assiégés, est renvoyé avec l'assentiment de Constance, qui ne peut tolérer qu'on expose un César, quel qu'il soit, à la possibilité d'une capture ou d'une mort humiliante face aux barbares. Toutefois, Julien prévoit que Marcellus va le calomnier dès son arrivée à la cour de Constance et délègue par précaution à Milan un homme de confiance, son chambellan Euthère. Tandis que Marcellus insinue que Julien est un ambitieux qui veut voler de ses propres ailes, Euthère garantit sur sa propre vie l'absolue fidélité de Julien à l'empereur. Convaincu par l'assurance d'Euthère, Constance renvoie Marcellus dans sa ville natale[16].

La campagne de 357 porte l'armée commandée par Julien à retrouver Saverne au printemps. Elle comporte 13 000 hommes, essentiellement des unités de cavalerie. La seconde armée de 25 000 hommes, composée surtout d'unités d'infanterie, est confiée à Barbatio. Mais au voisinage du Rhin, celle-ci se trouve menacée et préfère se réfugier sur Augst (Augusta Raurica, près de Bâle). Un raid alaman menace Lugdunum (Lyon) et Julien part porter secours à la cité des Gaules avec ses troupes montées. Il ne retrouve Saverne qu'au milieu de l'été. Il y contrôle les travaux de castrum et d'installation de greniers de réserve. La pacification du seuil de Saverne est entreprise, mais s'oppose à une puissante ligue des rois alamans. Julien décide de provoquer le conflit à la fin de l'été.

La bataille de Strasbourg (Argentorate) voit s'opposer les deux armées gallo-romaines à un rassemblement de plus de 35 000 Alamans. Elle se conclut par une éclatante victoire malgré de sévères pertes au sein de la cavalerie lancée par Julien sur des Alamans arborant de long couteaux tranchants. Les pertes romaines ne s'élèvent qu'à deux mille hommes. Les Alamans laissent quatre fois plus de morts et blessés, sans compter les prisonniers. La débandade alamane est arrêtée aux délicats passages du Rhin. Le grand roi Cnodomar est rattrapé avant qu'il franchisse le fleuve, puis capturé, de même que Sérapion, roi du Haut Neckar. Julien veut profiter de sa victoire pour restaurer les anciennes frontières. Il prend pied en Souabe, puis il remonte le Main à la poursuite de Hortarius, roi du Kraichgau et de Suonar, roi de l'Odenwald. Fort de la seconde restauration du pouvoir impérial durant l'automne 357, il impose des traités que les souverains vaincus respectent uniquement de son vivant.

L'hivernage à Lutèce[modifier | modifier le code]

À partir de 357, Julien prend ses quartiers d'hiver à Lutèce (Paris). Cette cité est plus modeste que Sens ou Reims. Mais son importance n'est plus négligeable depuis la mutilation ou la disparition du réseau urbain au IIIe siècle[Quoi ?]. Centre de rassemblement de légions, relativement proche des frontières du Rhin, le site est facile à défendre grâce à la Seine qui l'entoure comme un rempart naturel. Ces considérations emportent le choix de Julien après la mésaventure de Sens. Julien apprécie l'île de la cité et y passe les hivers suivants. Il manque toutefois d'y laisser la vie : lors d'un hiver exceptionnellement glacial avec la Seine gelée, il consent à la présence d'un brasero dans sa chambre, malgré son désir de s'endurcir, et subit un début d'asphyxie[17].

Son épouse Hélène préfère, quant à elle, séjourner en Italie où le climat s'avère plus clément. Enceinte, elle met au monde un garçon, mort-né. Selon Ammien Marcellin, l'impératrice Eusébie, stérile et jalouse de cette grossesse, aurait soudoyé la sage-femme pour qu'elle provoque une issue fatale lors de l'accouchement[18]. Hélène meurt vers 358 et Julien ne se remariera pas.

Julien s'entoure de quelques amis, tous païens, Oribase le rejoint comme médecin personnel, le Gaulois Saturninus Secundus Salustius, plus âgé que Julien, devient pour sa part un conseiller écouté.

L'administration des Gaules[modifier | modifier le code]

Durant la pause hivernale, l'activité de Julien ne faiblit pas. Mamertin clame, dans son panégyrique, que Julien passait tout l’été dans les camps, et tout l’hiver sur le siège de juge[19]. Comme juge, il traite des affaires graves, mais ne prête pas attention à la délation qui a cours entre les fonctionnaires impériaux. Durant un jugement portant sur une accusation de dilapidation des fonds publics formulée contre l'ancien gouverneur de Narbonnaise, l'accusateur à court de preuves, finit par s'écrier « s’il suffit de nier, où seront désormais les coupables ? », à quoi Julien rétorque « S’il suffit d’accuser, où seront les innocents ? »[20].

Après les guerres civiles entre cités de la fin du IIIe siècle, entraînant des troubles sociaux dans les campagnes sous forme de bagaudes dissidentes, la situation est aggravée par des incursions de bandes guerrières issues des confédérations franques ou alamanes ; les Gaules subissent une désorganisation et un appauvrissement, qui empirent avec les guerres et les épidémies au début du siècle suivant. Julien, qui refuse les impôts supplémentaires proposés par le préfet du prétoire Florentius pour couvrir les dépenses militaires, diminue au contraire les taxes pour soulager les populations épuisées. En cinq années, l'imposition en Gaule passe de 27 solidi à seulement 7. Malgré cela, les rentrées fiscales augmentent : les contribuables se sont en effet empressés d'acquitter leur dû de peur qu'il n'augmente. De plus, Julien fait surveiller les employés du fisc afin d'empêcher tout détournement, et n'accorde aucune remise d'arriérés, pratique qui avantageait les gros contribuables[21].

Les autres campagnes militaires en Germanie[modifier | modifier le code]

Ursicin, également rappelé en 357,est remplacé par Sévère, un officier expérimenté qui collabore efficacement avec Julien. Celui-ci n'est plus novice : il obtient pleinement le commandement, prend l'initiative d'offensives au-delà du Rhin et repousse les invasions des Francs en 358 et des Alamans en 360. Il dépasse en audace, selon les louanges de ses contemporains, l'illustre César, le vaillant Brutus ou l'intrépide Germanicus.

En 358, il mène son armée jusqu'au Neckar en y pourchassant les Francs. En 359, le César asseoit son autorité sur les Alamans, en Souabe et dans l'actuel Wurtemberg. La campagne de 360 voit ses troupes sur le Rhin et ses abords. Parti de Lutèce au printemps, Julien gagne par l'antique Hellweg les rives du Rhin à Xanten, puis il remonte le grand fleuve jusqu'à Augst. Il impose ainsi une remise en ordre des castella de l'ancien limes du IIe siècle.

Toutefois, l'empereur, méfiant et jaloux du prestige de son César auprès de ses soldats et de ses subalternes, entend diminuer son pouvoir et, ayant par ailleurs grandement besoin de troupes sur le Danube et sur la frontière perse, exige en 360 de Julien qu'il lui envoie deux légions en renfort. Que ce soit spontanément ou sous l'influence de Julien, ses soldats fidèles apprenant l’exigence impériale, refusent, se mutinent et proclament leur officier César empereur (Auguste), titre qu'il accepte.

Constance II refuse le fait accompli. En dépit d'appels de Julien à la conciliation, il décide de marcher contre celui qui n'est encore qu'un usurpateur. Julien ignorant l'avertissement impérial, poursuit une sixième offensive au-delà du Rhin en 361, l'excursion en territoire alaman lui permet de récolter allégeances et tributs tout en donnant des ordres aux garnisons de défense. Il n'y aura cependant pas de bataille entre l'usurpateur et l'empereur : Constance II meurt en effet brutalement sur le chemin en 361. De son lit de mort, l'empereur, désireux de faire survivre la dynastie constantinienne, se résout à confier la pourpre impériale au seul descendant de Constance Chlore encore en vie, son cousin Julien.

Règne[modifier | modifier le code]

Julian the Apostate Presiding at a Conference of Sectarians, de Edward Armitage, 1875, Walker Art Gallery, Liverpool.

Devenu maître de l'empire tout entier, Julien promulgue un édit de tolérance autorisant toutes les religions et il abolit les mesures prises non seulement contre le paganisme, mais aussi contre les Juifs et contre les chrétiens qui ne suivent pas le credo d'inspiration arienne qui avait la faveur de Constance[22].

En 362, il promulgue un édit qui interdit aux chrétiens d'enseigner la grammaire, la rhétorique et la philosophie[23], soit l'ensemble de l'instruction profane. Il justifie ainsi l'édit sur les chrétiens : « Qu'ils cessent d'enseigner ce qu'ils ne prennent pas au sérieux ou qu'ils l'enseignent comme la vérité et instruisent les élèves en conséquence »[24]. Parallèlement, il tente de réformer le paganisme sur le modèle des institutions chrétiennes (moralité des prêtres, création d'institutions charitables) et institue une hiérarchie des cultes autour du dieu Soleil. Il favorise les cités païennes et la restauration de leurs temples. Malgré son indifférence devant les cas de vexations causées à des chrétiens, il ne prend pas de véritables mesures de persécution. Il s'en explique en déclarant souhaiter que les chrétiens reconnaissent eux-mêmes leur erreur et ne pas vouloir les y forcer. Seuls quelques martyrs, comme Alexandre de Corinthe sont mentionnés sous son règne par la tradition chrétienne. Si Julien ordonne l'expulsion d'Athanase, patriarche d'Égypte[25] (déjà exilé sous Constantin Ier et Constance II), il condamne le massacre de l'évêque arien Georges d'Alexandrie.

Lorsqu'il s'attaque aux chrétiens, c'est par le biais de pamphlets et de réfutations  : son Contre les Galiléens[26], fragmentaire, fait office de réquisitoire contre ceux-ci[27], tenants d'une religion nouvelle et sans racines[28]. Sa critique s'exerce par comparaison avec le judaïsme vis-à-vis duquel son attitude reprend les deux traditions de pensée qui se croisent alors, l'une hostile et l'autre plus tolérante. Son œuvre manifeste ainsi des sentiments ambivalents[29] à l'égard de la culture et la religion juive dont il respecte l'ancienneté des traditions, allant jusqu'à considérer, dans le Contre les Galiléens, que les Juifs et les Hellènes sont semblables[30]. Néanmoins Julien s'étonne qu'un dieu digne de ce nom se soit fait connaître dans une toute petite région et présente parfois les Juifs comme un peuple inférieur[28]. Même s'il trouve les mythes des Juifs absurdes et incomplets, il admire la piété du peuple élu qui contraste avec le peu de ferveur des sujets païens de l'Empire[28]. C'est peut-être pour cela (et peut-être aussi pour des motifs politiques) qu'il ordonne la reconstruction du temple de Jérusalem[31], dont le chantier est abandonné dès sa mort.

Julien manifeste son intention de revenir à un empire de forme moins autocratique et plus conforme à la tradition républicaine du principat telle qu'elle existait sous Auguste. Son règne n'en reste pas moins autoritaire. Après avoir réorganisé et assaini la lourde administration impériale, en réduisant en particulier le personnel du palais et celui affecté à la délation et à l'espionnage (les agentes in rebus), il s'installe à Antioche pour préparer une grande expédition militaire contre la Perse. Il entre assez vite en conflit avec la population de la métropole chrétienne, d'une part, à cause de son paganisme affiché, d'autre part, parce que sa rigueur morale s'oppose aux habitudes de vie ayant cours dans cette grande cité orientale.

L'attention de la tradition historique, tant chrétienne qu'anti-chrétienne, s'est focalisée sur la politique religieuse de Julien. Ce n'est cependant qu'une partie de sa politique dont le reste ne dépend pas nécessairement. Ainsi, dans l'administration, il ne semble pas avoir marqué de préférence religieuse dans le recrutement du personnel : il s'entoure, de fait, comme ses prédécesseurs immédiats, de fonctionnaires de toutes confessions.

Son décès[modifier | modifier le code]

La campagne de Julien contre les Perses (363)

Au printemps 363, Julien se lance dans une vaste expédition militaire qui le mène jusqu'à Ctésiphon, capitale des Perses. Mais il doit entamer une retraite précipitée, au cours de laquelle, le 26 juin 363, il est mortellement blessé (bataille de Ctésiphon). L'historien chrétien Théodoret de Cyr écrit un siècle plus tard que, transpercé par une flèche mortelle, Julien aurait prononcé ces derniers mots : « Tu as vaincu, Galiléen ! » (Vicisti, Galilæe), prédisant ainsi la victoire inéluctable d'un christianisme pourtant encore minoritaire dans l'Empire.

Libanios, contemporain de Julien avance, d'ailleurs, que celui-ci aurait été assassiné au cours de la bataille par un soldat romain chrétien. En effet, il semblerait qu'aucun soldat perse n'ait réclamé la récompense promise pour celui qui tuerait l'empereur romain. De plus, les chrétiens voyaient d'un mauvais oeil un empereur ayant rejeté le christianisme qui par ses victoires consolidait l'Empire.

L'historien païen modéré Ammien Marcellin rapporte quant à lui les faits dont il a été le témoin, puisqu'il fait partie de l'expédition de l'empereur. Il écrit, sur l'ultime combat de Julien  :

« Au moment où Julien, oublieux de toute précaution, se précipitait témérairement au combat en levant les bras, et à grands cris, pour bien faire entendre que c'était la débâcle et la panique chez l'ennemi, et pour exciter ainsi la fureur des poursuivants, ses gardes blancs dispersés par l'effroi lui criaient de tous côtés d'éviter la masse des fuyards comme on fait pour l'écroulement incertain d'un toit qui menace ruine ; mais soudain, une lance de cavalerie (equestris hasta) égratigna la peau de son bras, lui transperça les côtes, et se ficha dans le lobe inférieur du foie. »

— Ammien Marcellin, XXV, 3, 6

.

La plupart des historiens contemporains s'accordent aujourd'hui sur cette version des faits. Ainsi se clôt la dernière grande offensive de l'Empire romain contre un ennemi extérieur.

Œuvre littéraire et philosophique[modifier | modifier le code]

Solidus de Julien

Julien est un des principaux auteurs grecs du IVe siècle. Il a écrit des lettres, des discours et un ouvrage critique contre le christianisme, le Contre les Galiléens. Ce dernier, jugé « démoniaque » par les époques ultérieures, a été détruit ou, du moins n'a pas été conservé. On en connaît cependant une bonne partie grâce au Contre Julien composé par Cyrille d'Alexandrie au Ve siècle (l'œuvre de Cyrille prouve que celle de Julien était encore jugée dangereuse 50 ans plus tard).

Adepte de la philosophie néoplatonicienne, il a néanmoins toujours tenu à préciser qu'il n'était pas parvenu au stade de philosophe à part entière et qu'il n'était dans ce domaine qu'un étudiant. C'est pourquoi il n'a pas écrit d'ouvrage proprement philosophique, même si la plupart de ses écrits s'inspirent explicitement de positions philosophiques. On peut distinguer parmi ses œuvres, outre le Contre les Galiléens :

  • des lettres à des amis ou à des personnages de son temps,
  • des écrits satiriques ou polémiques : Les Césars, Le Misopogon, Contre Héracleios, Contre les cyniques ignorants,
  • des écrits philosophico-religieux : Sur la Mère des dieux, Sur Hélios-Roi,
  • des écrits politiques ou philosophico-politiques : Lettre à Thémistius, Lettre aux Athéniens
  • des écrits rhétoriques : éloges de Constance (l'empereur, son cousin), d'Eusébie (impératrice, épouse de Constance), une consolation à soi-même.

Dans sa lettre au philosophe Thémistius, il écrit :

« Que personne ne me vienne diviser la philosophie en plusieurs parties, ou la découper en plusieurs morceaux, ou plutôt en créer plusieurs à partir d'une seule ! La vérité est une, et semblablement la philosophie est une, il n'y a pas lieu de s'étonner, cependant, si nous suivons tous d'autres chemins pour l'atteindre. Imaginons un étranger ou, par Zeus, un citoyen de jadis désirant retourner à Athènes. Il pouvait y aller en bateau ou à pied. S'il voyageait par terre, il pouvait se servir, à mon avis, des larges voies publiques, des sentiers ou des raccourcis. En naviguant, il pouvait longer les côtes, ou encore faire comme le vieillard de Pylos et traverser la haute mer. Qu'on ne vienne pas m'objecter que certains de ces voyageurs se sont égarés et qu'arrivés quelque part ailleurs, appâtés par Circé ou par les Lotophages, c'est-à-dire par le plaisir, par l'opinion ou par autre chose, ils ont négligé de poursuivre leur route et d'atteindre leur but. Qu'on examine plutôt les protagonistes de chaque secte, et on découvrira que tout s'accorde »

— Discours, VI, 184c-185a

Après la mort de Julien[modifier | modifier le code]

Trois sarcophages de porphyre à l'extérieur du musée archéologique d'Istanbul. Celui au centre est très vraisemblablement celui de Julien[32].

Julien est devenu très tôt un mythe. Certains païens, en particulier Ammien Marcellin et Libanios, en ont fait un héros de tolérance, de vertu et d'énergie, un homme trop grand pour son temps, qui a succombé sous les coups de la mesquinerie et de la méchanceté (chrétienne, mais pas nécessairement) ambiantes. Inversement, les auteurs chrétiens l'ont présenté comme un imbécile frénétique (Grégoire de Nazianze, qui l'avait connu étudiant à Athènes), un monstre (les historiens ecclésiastiques qui lui attribuent diverses profanations et des sacrifices humains), un apostat pervers (toutes les mesures qu'il a prises, y compris son édit de tolérance visaient selon eux à lutter hypocritement contre le christianisme). Ainsi selon certains auteurs chrétiens, Julien se serait rendu, en plus d'une occasion, coupable d'actes de persécution violente :

  • Il fait profaner les tombeaux des chrétiens et les reliques ; et lui-même se vante d'avoir ordonné de « détruire tous les tombeaux des athées[33] » ;
  • Sur la défense faite aux chrétiens d’« apprendre et d'enseigner » les belles lettres, l'historien Ammien Marcellin, tout païen qu'il fût, déplore lui-même de telles iniquités : « C'est un acte barbare, qu'il faut couvrir d'un éternel silence[34] ».

Cette image négative prévaut tout au cours du Moyen Âge et de l'époque classique. Ainsi une tradition lotharingienne reprise au Xe siècle met au compte d'un ordre de persécution de Julien l'Apostat un massacre de vingt mille martyrs chrétiens en octobre 362 en Belgica prima, à Apollogranum et dans ses environs. Elle frappe les nombreux enfants chrétiens de la famille légendaire de Baccius et Lientrude, Euchaire, Élophe, Libaire... Mais le personnage a pu fasciner plus positivement des intellectuels comme La Boétie ou Montaigne, qui consacre un court chapitre de ses Essais (II, 19, De la liberté de conscience) à Julien.

Au XVIIIe siècle, les philosophes (Voltaire en particulier) veulent le réhabiliter, au titre de champion des Lumières contre l'obscurantisme chrétien et de champion de la liberté contre l'absolutisme qui règne au « Bas Empire ». L'ouvrage Contre les Galiléens est édité par l'abbé de La Bléterie, avant de faire l'objet d'une édition plus militante par le marquis Jean-Baptiste Boyer d'Argens, familier du roi de Prusse Frédéric II, qui l'a nommé Directeur de la Philologie au sein de l'Académie de Berlin[35]. Le romantisme, (par exemple Alfred de Vigny) s'est passionné à son tour pour le personnage, voyant en Julien un romantique avant la lettre, esprit lucide et désespéré, incompris de son siècle et dont la mort en pleine jeunesse donnait le signal du triomphe des médiocres. En 1873, Henrik Ibsen a écrit sur Julien une tragédie gigantesque en dix actes, Empereur ou Galiléen.

Néanmoins, les jugements négatifs perdurent : ainsi dans un ouvrage publié en 1911, l'historien Jean Guiraud, fondateur de l’Association catholique des chefs de famille, rédacteur en chef du journal La Croix et rédacteur de manuels scolaires à destination des établissements privés catholiques, décrit ainsi l'action de Julien :

« Il a combattu le christianisme par la violence. Surtout par la persécution légale [...] : chrétiens exclus des emplois publics ; chrétiens victimes de l'injustice légale ; chrétiens privés de la liberté d'enseignement »

— Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Éditeurs, Paris 1911, p. 146

Au XXe siècle, les trois images, Julien l'apostat, Julien le philosophe et Julien le héros d'une cause perdue, se prolongent non seulement dans la littérature de fiction, mais même dans les ouvrages de réflexion (avec parfois des variantes : un Julien philosophe athée se cachant sous un paganisme affiché, selon Alexandre Kojève) [réf. souhaitée].

Points de vue[modifier | modifier le code]

Eutrope sur Julien[modifier | modifier le code]

L'historien Eutrope qui participe à l'expédition contre les Perses, en mars 363, en compagnie de l'empereur Julien, dit de lui dans son Abrégé de l'histoire romaine (traduction de N-A Dubois, 1865) :

« Il fut un grand prince, et eût parfaitement bien gouverné l’état, si les destins lui eussent prolongé ses jours. Il était très savant, surtout dans la langue grecque qu’il possédait incomparablement mieux que la langue latine. Il était très éloquent, et avait une mémoire des plus heureuses et des plus fidèles; il tenait un peu trop du philosophe en bien des choses ; il fut très libéral envers ses amis, mais il n’eut pas dans certaines rencontres toute l’attention que devait avoir un grand prince. Quelques-uns même prirent de là occasion de donner atteinte à sa gloire. Il fut très équitable à l’égard des provinces, et diminua autant qu’il le put les impôts dont elles étaient chargées; se montra affable à tous, et eut peu de soin d’enrichir l’épargne. Sa passion pour la gloire l’emporta souvent à de grands excès ; grand persécuteur des Chrétiens, il ne répandait pas néanmoins leur sang, à l’exemple de Marc-Antonin, qu’il s’efforçait de copier en tout »

— Eutrope, Abrégé de l'histoire romaine, livre X, XIV, [1]

Montaigne sur Julien[modifier | modifier le code]

Dans le contexte des guerres de religions, Julien est mentionné dans les Essais de Montaigne (II, 19, De la liberté de conscience) avec une certaine sympathie. L'auteur considère qu'il aurait été tout aussi légitime de qualifier d'apostats son prédécesseur et ses successeurs. En effet, l’empereur n'aurait fait qu'essayer de revenir à la religion traditionnelle de Rome à une époque où la population de l'Empire demeurait majoritairement païenne.

Voltaire sur Julien[modifier | modifier le code]

Voltaire souligne les traits positifs de Julien dans son Dictionnaire philosophique, et s'irrite qu'on puisse encore lui atteler systématiquement un qualificatif méprisant :

« Il n’y a pas encore longtemps qu’on ne citait son nom qu’avec l’épithète d’Apostat ; et c’est peut-être le plus grand effort de la raison qu’on ait enfin cessé de le désigner de ce surnom injurieux. Les bonnes études ont amené l’esprit de tolérance chez les savants. Qui croirait que, dans un Mercure de Paris de l’année 1741, l’auteur reprend vivement un écrivain d’avoir manqué aux bienséances les plus communes, en appelant cet empereur Julien l’Apostat ? Il y a cent ans que quiconque ne l’eût pas traité d’apostat eût été traité d’athée[36]. »

Edward Gibbon sur Julien[modifier | modifier le code]

Dans sa monumentale étude Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, l'historien anglais Edward Gibbon présente au XVIIIe siècle une vision plutôt favorable de la personnalité de l'empereur Julien. Il écrit ainsi, en préambule à son chapitre XXIII, consacré à la religion de Julien :

« Le qualificatif d'Apostat a fait injure à la réputation de Julien; et l'enthousiasme avec lequel on a masqué ses vertus a exagéré la réalité et l'étendue apparente de ses fautes. Notre ignorance partielle doit nous le présenter comme un monarque philosophe, qui s'efforça de protéger, avec une ardeur égale, les différentes sectes religieuses de son empire et d'apaiser la fièvre théologique qui enflammait les esprits de son peuple depuis les édits de Dioclétien. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Julien, Discours de Julien empereur. Misopogon, 22.
  2. par exemple * François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, édition Errance, 1995, (ISBN 2877722260), p. 152.
  3. Julien, Discours de Julien César. Au Sénat et au peuple d'Athènes, 3.
  4. Julien, Lettres, I, 2.
  5. Julien, Les Césars, Discours de Julien l'Empereur".
  6. Eunape, Vie des philosophes et des sophistes, VI.
  7. Aude de Saint Loup, introduction du Misopogon, Les Belles Lettres, 2003.
  8. Claire Sotinel, Julien, dit l'Apostat, in L'Histoire no 379 de septembre 2012
  9. Ammien Marcellin, Histoires, livre XV, II, 7-8.
  10. Grégoire de Nazianze, Discours, V, 23.
  11. Ammien Marcellin, Histoires, XXV.
  12. Par exemple François Zosso et Christian Zingg, ouvrage précité, Paul Petit, etc.
  13. Julien, Au Sénat et au peuple d'Athènes, 5.
  14. Ammien Marcellin, Histoires, livre XV, VIII, 4-18.
  15. Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, 5.
  16. Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, 3, 4 et 7.
  17. Julien l'empereur, Misopogon, 7.
  18. Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, 10.
  19. Mamertin, Discours de remerciement à Julien, 1er juin 362, IV, édition Galletier, Paris, 1955.
  20. Ammien Marcellin, Histoires, livre XVIII, I.
  21. Ammien Marcellin, Histoires, livre XVI, 6.
  22. Certains critiques ont interprété cet édit de tolérance comme un moyen d'aviver les tensions entre les chrétiens.
  23. Théodoret en témoigne dans son Histoire ecclésiastique : Hist. Eccl. III, 8.
  24. Lettre 61.
  25. Théodoret, Hist. Eccl. III, IX (traduction Cousin).
  26. CG.
  27. bien qu'il ait été élevé dans cette religion, il ne les nomme pas « chrétiens  »- pas plus qu'il ne parle de « christianisme  » - mais « galiléens ».
  28. a, b et c Martin Allisson, Les Religions de l'empereur Julien : pratiques, croyances et politiques, Mémoire sous la direction de M. Jean-Jacques Aubert, Université de Neuchâtel, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Sciences de l'Antiquité, février 2002.
  29. Peter Schäfer, Judeophobia, Attitudes towards the Jews in the Ancient World, Harvard University Press, 1997, pp. 192-195, cité par M. Allisson, op. cit.
  30. Julien, CG, 306 B.
  31. Voir par exemple W.A. Meeks & R.L. Wilken, Jews and Christians in Antioch in the First Four Centuries of the Common Era (SBL. Sources… 13), Missoula (Montana), 1978, p. 27-30. Voir aussi le témoignage de Théodoret : Hist. Eccl. III, 20. (traduction Cousin).
  32. (en) A. A. Vasiliev, « Imperial Porphyry Sarcophagi in Constantinople », Dumbarton Oaks Papers, vol. 4,‎ 1948, p. 1+3-26 (JSTOR 1291047).
  33. Cela figurerait dans le Misopogon. En réalité, ce discours ne contient rien de tel. Il mentionne simplement le transfert des restes de saint Babylas de Daphné au cimetière d'Antioche.
  34. Ammien Marcellin, Histoires, XXII, 10.
  35. On consultera l'article de José-Michel Moureaux, D'Argens éditeur de Julien, dans SVEC, 267 (Studies on Voltaire and The Eighteen Century), 1989, pages 139-198, à propos de cette édition, pillée ensuite par Voltaire.
  36. Voltaire, Dictionnaire philosophique, article Julien

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • trad. des Œuvres complètes par Eugène Talbot (1863) — lire en ligne sur le site de Remacle [2]
  • Œuvres complètes trad. Joseph Bidez, Les Belles Lettres, Paris
  1. t. I, 1re partie : Discours de Julien César (Discours I-IV), édition 193, réédition 2003, 431 p. : Éloge de l'empereur Constance, Éloge de l'impératrice Eusébie, Les actions de l'empereur ou De la Royauté, Sur de le départ de Salluste, Au Sénat et au peuple d'Athènes
  2. t. II, 1re partie : Discours de Julien l'Empereur (Discours VI-IX), édition 1963, réédition 2003, 314 p. : À Thémistius, Contre Hiérocleios le Cynique, ''Sur la Mère des dieux, Contre les cyniques ignorants
  3. t. II, 2e partie : Discours de Julien l'Empereur (Discours X-XII), édition 1964, réédition 2003, 332 p. : Les Césars, Sur Hélios-Roi, Le Misopogon,
  4. Lettres et fragments, édition 1924, réédition 2003, XXIV-445 p.
  • Misopogon, texte grec et traduction française de Ch. Lacombrade, Les Belles Lettres, 2003, (ISBN 2-251-79970-2)
  • Le Contre les Galiléens de l’empereur Julien, Ousia, 1995.

Études anciennes[modifier | modifier le code]

  • Henry Fielding, Julien l'Apostat, ou voyage dans l'autre monde, traduit de Fielding, par le Sieur Kauffmann, 2 vol in-12, Amsterdam & Paris, Le Jay, 1768 (ouvrage fort rare)

Deux points de vue opposés (mais bien documentés) :

  • Voltaire, Dictionnaire philosophique, s.v. « Apostat » et « Julien », 1 et 2;
  • Paul Allard, Julien l'Apostat, 2 (gros) vol., Paris, V. Lecoffre, 1900.

Études contemporaines[modifier | modifier le code]

  • Jacques Benoist-Méchin, L'empereur Julien ou le rêve calciné., éd. Librairie Académique Perrin, Paris, 1977.
  • Joseph Bidez, La vie de l'empereur Julien, Les Belles Lettres, Paris, 1935, nouvelle édition 2012.
  • Julie Boch, Apostat ou philosophe ? La figure de l’empereur Julien dans la pensée française de Montaigne à Voltaire, Honoré Champion, Paris, 2013.
  • Jean Bouffartigue, « Les ténèbres et la crasse. L'empereur Julien et sa jeunesse chrétienne », in Daniel Tollet et Pierre Maraval (dir.), la religion que j'ai quittée, éd. Presses Paris Sorbonne, 2007, p. 25-38, article en ligne ;
  • Jean Bouffartigue, L'Empereur Julien et la culture de son temps, 1992 ;
  • Glen Warren Bowersock, Julien l'Apostat, Armand Colin, Paris, 2008 ;
  • Claude Fouquet, Julien, la mort du monde antique, L'Harmattan, Paris, 2009 ;
  • Lucien Jerphagnon, Julien, dit l'Apostat, Histoire naturelle et sociale..., 1986 ;
  • Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat, Tallandier, Paris, 2008 ;
  • Paméla Ramos, La véritable histoire de Julien, Les Belles Lettres, 2012.
  • Catherine Wolff, La campagne de Julien en Perse, 363 après J.-C., Collection Illustoria, Les éditions maison, Clermont-Ferrand, avril 2010, 104 pages. ISBN 978-2-917575-12-3
  • L'Empereur Julien, de l'histoire à la légende, 2 vol., 1978 (Actes d'un colloque) ;
Roman
  • (en) Gore Vidal , Julian, roman historique, 1964 ; (fr) Julien, traduction par Jean Rosenthal, Galaade Éditions, 1987, 2006 ;
Théâtre
  • Regis Debray, Julien le fidèle, le banquet des démons, éd. Gallimard, 2005.
  • Henrik Ibsen, Empereur et galiléen (titre original : Kejser og Galilæer), Gyldendalske Boghandel, Copenhague, 16 octobre 1873.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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