Cathédrale Notre-Dame de Paris

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Cathédrale Notre-Dame de Paris
Façade de Notre-Dame de Paris vue du parvis.
Façade de Notre-Dame de Paris vue du parvis.
Présentation
Nom local Notre-Dame
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Paris (siège)
Début de la construction 1163
Fin des travaux 1345
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
 Patrimoine mondial (1991)[1]
Site web www.notredamedeparis.fr
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées 48° 51′ 11″ N 2° 20′ 59″ E / 48.853056, 2.34972248° 51′ 11″ Nord 2° 20′ 59″ Est / 48.853056, 2.349722  

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Cathédrale Notre-Dame de Paris
Notre-Dame de Paris et la Seine.
Façade sud de Notre-Dame de Paris.

La cathédrale Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Paris ou Notre-Dame est la cathédrale de l’archidiocèse catholique de Paris. C'est l'une des quatre basiliques mineures de Paris, élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie VII le 3 mars 1805[2]. Elle est située sur la moitié Est de l’île de la Cité, dans le 4e arrondissement de Paris. Sa façade occidentale domine le parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II.

La construction s’étant étendue sur de nombreuses décennies (deux siècles), le style n’est donc pas d’une uniformité totale : elle possède ainsi des caractères du gothique primitif (voûtes sexpartites de la nef) et du gothique rayonnant. Les deux rosaces qui ornent chacun des bras du transept sont parmi les plus grandes d’Europe, et mesurent chacune 13 mètres de diamètre. Elle fut lors de son achèvement l'une des plus grandes cathédrales d’occident. Après la tourmente révolutionnaire, la cathédrale a subi de 1844 à 1864 une restauration importante et parfois controversée dirigée par l’architecte Viollet-le-Duc, qui y a incorporé des éléments et des motifs que le monument légué par le Moyen Âge n’avait jamais possédés.

Ce site est desservi par les stations de métro Cité, Saint-Michel et Cluny - La Sorbonne.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Étapes de l'édification[modifier | modifier le code]

Notre-Dame à la fin du XIXe siècle.

On pense qu’au début de l’ère chrétienne il existait à l’emplacement de Notre-Dame, un temple païen gallo-romain dédié à Jupiter (comme en atteste la découverte du pilier des Nautes), ensuite remplacé par une grande basilique paléochrétienne semblable aux basiliques civiles antiques. On ne sait pas si cet édifice[Note 1], dédié à saint Étienne, a été élevé à la fin du IVe siècle et remanié par la suite ou s'il date du VIIe siècle avec des éléments plus anciens réemployés (hypothèse de la cathédrale de Childebert Ier, fils de Clovis et de Clotilde)[3]. Cette cathédrale Saint-Étienne était de très grandes dimensions pour l’époque. Sa façade occidentale se trouvait à une quarantaine de mètres plus à l’ouest que la façade actuelle de Notre-Dame et avait une largeur légèrement inférieure : elle mesurait 36 mètres. Cet édifice mesurait 70 mètres de long, c’est-à-dire un peu plus de la moitié de la longueur de la cathédrale actuelle. Des rangées de colonnes de marbre séparaient une nef et quatre bas-côtés. L’édifice était orné de mosaïques[3].

Un baptistère, dénommé Saint-Jean le Rond, était situé sur le flanc nord de la cathédrale Saint-Étienne (sa présence est attestée avant 452) et fut préservé jusqu'aux travaux de Soufflot au XVIIIe siècle[4]. Entre ce temple gallo-romain et la cathédrale de Sully se succédèrent pas moins de quatre édifices religieux : une église paléochrétienne du IVe siècle remaniée en une basilique mérovingienne, puis une cathédrale carolingienne (reconstruite à la suite d'un incendie en 857[5]) et enfin une cathédrale romane restaurée et agrandie mais qui s'avéra progressivement trop petite pour la population de Paris qui explosait[6].

En 1160, l’évêque Maurice de Sully (initiative personnelle, celle des chanoines ou du roi[4] ?) décida la construction d’un sanctuaire d’un nouveau type beaucoup plus vaste à la place de la cathédrale romane démolie au fur et à mesure, les pierres sacrées étant parfois retaillées ou utilisées pour les fondations[6]. Comme dans l’ensemble de l’Europe de l’Ouest, les XIe et XIIe siècles se caractérisent en effet par une rapide augmentation de la population des villes françaises, liée à un important développement économique, et les anciennes cathédrales étaient un peu partout devenues trop petites pour contenir les masses de plus en plus grandes de fidèles. Les spécialistes estiment que la population parisienne passe en quelques années de 25 000 habitants en 1180, début du règne de Philippe II Auguste, à 50 000 vers 1220, ce qui en fait la plus grande ville d’Europe, en dehors de l’Italie[7],[8].

L’architecture de la nouvelle cathédrale devait s’inscrire dans la ligne du nouvel art gothique. Plusieurs grandes églises gothiques avaient déjà été inaugurées à ce moment : l’abbatiale Saint-Denis, la cathédrale Notre-Dame de Noyon et la cathédrale Notre-Dame de Laon, tandis que la cathédrale Saint-Étienne de Sens était en voie d’achèvement[3]. La construction, commencée sous le règne de Louis VII dura de 1163 à 1345. À cette époque, Paris n’était qu’un évêché, suffragant de l’archevêque de Sens, Sens étant à l'origine la préfecture romaine de la Lyonnaise quatrième[4].

Première période (1163-1250)[modifier | modifier le code]

Coupe schématique de la grande nef avec ses deux bas-côtés d’égale hauteur et ses tribunes telle qu’elle se présentait en 1220-1230[9]. Vers 1230, à la suite de l’agrandissement des fenêtres hautes, on remplaça les arcs-boutants supérieurs à double volée par des grands arcs-boutants à simple volée, tels que le montre la photo ci-dessous. Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-le-Duc, 1856.
Les arcs-boutants de la nef auront bientôt huit siècles d’âge. Ils datent des environs de l’an 1230.
La moitié inférieure de la face sud de la tour sud, fort peu ornée, a des allures austères de forteresse. Cette partie de la tour est flanquée d’une tourelle polygonale percée de meurtrières et abritant un escalier permettant l’accès aux étages supérieurs. La base des tours date des années 1190-1225, c’est-à-dire du règne de Philippe Auguste.

En 1163 a lieu la pose de la première pierre par le pape Alexandre III alors réfugié à Sens, en présence du roi Louis VII. L’essentiel des travaux se fera sous la direction de l’évêque Maurice de Sully (1160-1197) et de son successeur Odon de Sully (1197-1208), ce dernier sans lien de parenté avec le premier. On distingue quatre campagnes d’édification correspondant à quatre maîtres d’œuvre différents dont les noms ne nous sont pas parvenus[3].

  • 1163-1182 : construction du chœur et de ses deux déambulatoires.
  • 1182-1190 : construction des quatre dernières travées de la nef, des bas-côtés et des tribunes. La construction de la nef commença en 1182, après la consécration du chœur. Certains pensent même que les travaux débutèrent dès 1175. Les travaux s’arrêtèrent après la quatrième travée laissant la nef inachevée.
  • 1190-1225 : construction de la base de la façade et des deux premières travées de la nef. On commença l’édification de la façade en 1208. À partir de cette année, les portails furent construits et décorés. L’étage de la rose date de 1220-1225. La construction des premières travées de la nef fut reprise en 1218 afin de contrebuter la façade.
  • 1225-1250 : partie haute de la façade, et les deux tours. Agrandissement des fenêtres hautes (suppression des petites rosaces) pour remédier à l’obscurité (vers 1230). Simultanément la toiture des combles des tribunes est remplacée par des terrasses, et de nouveaux arcs-boutants, dotés de chaperons à chéneaux, permettent l’évacuation des eaux de pluie de la partie supérieure de l’édifice. On construit les chapelles latérales de la nef entre les culées des arcs-boutants. La tour sud est achevée en 1240 et l’on abandonne la même année l’idée de doter les tours d’une flèche. En 1250, fin de la construction de la tour nord. À cette date, la cathédrale est en fait terminée et totalement opérationnelle. Nous sommes en plein règne de Saint Louis. Les phases ultérieures de l’édification concerneront des additions, embellissements, réparations et modifications parfois fort importantes.

Deuxième période (1250-moitié du XIVe siècle)[modifier | modifier le code]

À cette époque, on s’aperçut que les portails du transept, construits en style roman, contrastaient par la sévérité de leur style avec la grande façade gothique richement ornée au goût du jour. La reconstruction des parties romanes fut alors prestement décidée par l’évêque Renaud de Corbeil (1250-1268).

Nous connaissons[Qui ?] les noms des maîtres d’œuvre qui se sont succédé durant cette période. Il s’agit de Jehan de Chelles, Pierre de Montreuil, Pierre de Chelles, Jean Ravy, Jean le Bouteiller et Raymond du Temple. Jean de Chelles procéda à l’allongement du transept, au nord d’abord (vers 1250), puis au sud. On[Qui ?] lui doit la façade nord du transept et sa superbe rosace. À la suite de son décès en 1265, son travail sur le croisillon sud fut terminé par Pierre de Montreuil à qui l’on doit la façade sud du transept et sa tout aussi belle rosace. Il mourut en 1267. Pierre de Montreuil avait également achevé les chapelles et la porte rouge. De même, il débuta le remplacement des arcs-boutants du chœur.

Son successeur Pierre de Chelles construisit le jubé et commença les chapelles du chevet en 1296. Ces dernières furent achevées par Jean Ravy qui fut maître d’œuvre de 1318 à 1344. Jean Ravy débuta la construction des admirables arcs-boutants du chœur d’une portée de 15 mètres. Il commença aussi la confection de la clôture du chœur. En 1344, son neveu Jean le Bouteiller lui succéda jusqu’en 1363.Après son décès, son adjoint Raymond du Temple termina les travaux, et notamment la superbe clôture du chœur.

XVe et XVIe siècles[modifier | modifier le code]

Les artistes de la Renaissance se détournèrent de l'art gothique considéré comme l'œuvre de barbares, aussi n'hésitèrent-ils pas à camoufler les piliers, recouvrir les murs et arcades d'immenses tapisseries et tentures. La statuaire baroque envahit les nefs chargées déjà de nombreux autels et pupitres, de tombeaux et cénotaphes[10].

XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Le maître-autel, œuvre de Nicolas Coustou, encadré par les statues de Louis XIII (par Guillaume Coustou) et de Louis XIV (par Antoine Coysevox).

En 1625 est construite la fontaine du Parvis Notre-Dame par l'architecte Augustin Guillain, elle est destinée à alimenter les habitants de l'Île de la Cité en eau courante[11]. En 1699, selon le souhait de Louis XIV et le vœu de son père Louis XIII[12], on opéra de profondes transformations dans la décoration intérieure de la cathédrale, notamment au niveau du chœur. L’architecte Robert de Cotte démolit le jubé (qui fut remplacé par une somptueuse grille en fer forgé doré à la feuillure d’or), une partie des hauts-reliefs des clôtures afin d’ouvrir le chœur sur le déambulatoire en les remplaçant par des grilles, ainsi que des tombeaux pour permettre le réaménagement complet du chœur dans le goût de l’époque, à l’instar de bon nombre d'autres cathédrales gothiques dans toute l’Europe, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. De nouvelles stalles furent réalisées, ainsi qu’un nouveau maître-autel pour lequel furent confectionnées les statues qui l’ornent encore aujourd’hui, représentant Louis XIV renouvelant le vœu de son père Louis XIII, tous deux agenouillés devant la Pietà. Puis, en 1756, les chanoines jugeant l’édifice trop sombre demandèrent aux frères Le Vieil de détruire les vitraux du Moyen Âge et de les remplacer par du verre blanc ; après quoi on badigeonna les murs de la cathédrale. Les rosaces furent cependant conservées[10]. Enfin, à la demande du clergé, Soufflot, architecte de l'église de Sainte-Geneviève, fit disparaître le trumeau et une partie du tympan du portail central, orné du célèbre Jugement Dernier, pour laisser passer plus aisément le dais des processions.

La cathédrale en 1840. Ce daguerréotype montre l'édifice dans un état de délabrement avancé avant le grand programme de restauration lancé par Viollet-le-Duc. Remarquez l'absence des statues de la galerie des rois (détruites à la Révolution) et le portail du Jugement Dernier radicalement transformé par Soufflot.

Au cours de la Révolution française, de nombreux actes de vandalisme visèrent la cathédrale : les rois de Juda de la galerie des Rois de la façade furent décapités et enlevés — on croyait qu’il s’agissait des rois de France représentés pour exalter la monarchie capétienne. On a retrouvé 21 des 28 têtes originales ainsi que de nombreux fragments en 1977, et ces têtes se trouvent actuellement au musée national du Moyen Âge. Entre autres déprédations, presque toutes les grandes statues des portails furent anéanties et le trésor fut pillé. L'intégralité des autels furent détruits, et le mobilier du culte, statues, tableaux, garnitures, tentures, anéanti ou dispersé. Le Culte de la Raison fit son apparition à Notre-Dame de Paris le 10 novembre 1793, avec la fête de la Liberté. Ce culte fut organisé par Pierre-Gaspard Chaumette, et le maître-autel se vit ainsi transformé en autel de la déesse Raison. Fin novembre de cette année, le culte catholique fut d’ailleurs interdit à Paris. La cathédrale fut ensuite transformée en entrepôt[13].

Restauration du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Johan Barthold Jongkind, Paris, Notre-Dame vue du quai de la Tournelle, (1852).
Johan Barthold Jongkind, Paris, Notre-Dame vue du quai de la Tournelle, Petit Palais, Paris. Ce tableau de 1852, montre la silhouette du chevet de la cathédrale quelques années avant l’édification de la flèche de Viollet-le-Duc.
La cathédrale Notre-Dame pendant les travaux de 1845-1863 : la sacristie est terminée mais la flèche pas encore rétablie - « Le quai de Montebello et le chevet de Notre-Dame » (détail), Émile Harrouart, vers 1860 - Musée Carnavalet
Notre-Dame de Paris
Devant la rose occidentale de la cathédrale

Peu après la signature du concordat de 1801, la cathédrale fut rendue au culte (18 avril 1802). On procéda rapidement à quelques réfections d’urgence si bien qu'en décembre 1804, Napoléon Bonaparte put s’y sacrer empereur des Français, en présence du pape Pie VII. L’édifice avait été blanchi à la chaux pour la circonstance, puis dissimulé sous des décors de Charles Percier et François-Léonard Fontaine. Les drapeaux d’Austerlitz avaient été accrochés aux murs afin de masquer le pitoyable état de l’édifice[14].

Une fois la paix retrouvée, la cathédrale était dans un tel état de délabrement que les responsables de la ville commencèrent à envisager la possibilité de l’abattre totalement. Le grand romancier Victor Hugo, admirateur de l’édifice, écrivit alors son roman Notre-Dame de Paris (publié en 1831) qui eut un énorme succès et avait notamment pour but de sensibiliser le public à la valeur d’un tel monument, d'autant plus que l'année de la publication de son roman des émeutes anti-légitimistes pillèrent la sacristie et son trésor, brisèrent les vitraux et dévastèrent l'archevêché[15]. Il réussit à créer un large mouvement populaire d’intérêt en faveur de la cathédrale. Son roman avait rendu vie à un monument alors marginalisé et l’avait rendu plus familier aux Parisiens. À cela s’ajoutait le poids du nouveau courant européen appelé romantisme qui s’efforçait de donner aux hommes une nouvelle conception du monde. Par son roman, Victor Hugo contribua largement à sauver le chef-d’œuvre meurtri d’un destin fatal.

Le sort de Notre-Dame focalisa différents courants de pensée : les catholiques bien sûr qui désiraient réconcilier la France avec la piété et la foi d’antan, les monarchistes aussi qui s’efforçaient de renouer avec un proche passé, mais aussi le courant laïc.

Exemple de la restitution du programme sculpté effectuée par l’équipe de sculpteurs de Viollet-le-Duc : Statue de saint Denis sur le contrefort sud de la façade ouest.
Galerie des Rois
Au centre, le 8e roi représenté par Eugène Viollet-le-Duc, sculpté en 1858 par Chenillon.

Le ministre des Cultes de l’époque décida d’un grand programme de restauration. L’architecte Godde chargé jusqu’alors de l’entretien de l’édifice et dont les méthodes de restauration faisaient l’unanimité contre elles fut écarté. On se tourna vers Jean-Baptiste-Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc qui s’étaient distingués sur le chantier de la Sainte-Chapelle. Ces derniers déposèrent un projet et un rapport, et ayant emporté l’appel d'offres en 1844, présentèrent en 1845 un budget de 3 888 500 francs, qu’ils durent réduire à 2 650 000, pour la réfection de la cathédrale et la construction d’une sacristie. L’Assemblée nationale vota une loi accordant cette somme[Note 2] et c’est ainsi qu’après de longues années d’attente, la restauration put vraiment débuter. Le maigre budget fut épuisé en 1850. Les travaux s’arrêtèrent. Viollet-le-Duc dut présenter à plusieurs reprises de nouvelles propositions afin que les travaux puissent se terminer. Au total plus de douze millions de francs furent ainsi octroyés. Lassus étant décédé en 1857, c’est lui seul qui termina la restauration le 31 mai 1864.

La construction de la sacristie se révéla un gouffre financier. Il fallut en effet descendre à neuf mètres avant de rencontrer un terrain stable. Des maîtres-verriers pastichèrent des vitraux du XIIIe siècle en réalisant les verrières des fenêtres hautes du chœur ou des baies des chapelles, tels Antoine Lusson ou Adolphe Napoléon Didron[16].

L’état lamentable des maçonneries de la cathédrale était généralisé, la porte rouge par exemple était en ruines[a 1]. On ne comptait plus les pinacles brisés, les gables effondrés. Quant à la grande statuaire des portails et de la façade, il n’en restait plus grand-chose. Les restaurateurs durent effectuer un profond travail de recherche afin de restituer (à l’identique si possible, ce qui l’était rarement à l'époque) les parties dégradées, ce dont témoignent les écrits et dessins de Viollet-le-Duc.

C’est la restitution du programme sculpté de la cathédrale qui constitue la principale réussite des deux architectes. Ils ont d’emblée voulu reconstituer toute l’ornementation sculpturale détruite en s’inspirant ou copiant des œuvres de la même époque et restées intactes (Amiens, Chartres et Reims). Pour ce faire les architectes réunirent une équipe d’excellents sculpteurs sous la direction d’Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume. Beaucoup d’entre eux provenaient de l’atelier de David d’Angers et se connaissaient. Plus de 100 grandes statues furent ainsi créées à destination de l’extérieur, dont les douze statues en cuivre entourant la base de la flèche, œuvres de Geoffroi-Dechaume lui-même, qui témoignent du grand talent de ce sculpteur[Note 3]. Viollet-le-Duc apporta un très grand soin à la réalisation de ces statues. Elles étaient d’abord dessinées par ses soins, puis une maquette grandeur nature en plâtre était réalisée. On apportait alors les corrections nécessaires jusqu’à ce que l’œuvre soit jugée satisfaisante. À ce moment seulement, on procédait à la réalisation de la statue définitive en pierre. Aucune liberté de création n’était autorisée de la part des sculpteurs dont le travail était totalement contrôlé par les architectes.

Lors de la restauration, la cathédrale fut quelque peu remaniée. La rosace sud par exemple fut pivotée de quinze degrés afin de la faire reposer selon un axe vertical, modification qui, parfois critiquée, était motivée par la nécessité de consolider l’ensemble dont la maçonnerie s’était affaissée. Enfin quelques statues sorties de l’imagination de l’architecte furent édifiées, telles les impressionnantes chimères contemplant Paris du haut de la façade. Le parvis de Notre-Dame est dégagé dans les années 1860-1870 par des travaux voulus par le Baron Haussmann, lors des transformations de Paris sous le Second Empire, les préoccupations hygiénistes d'Haussmann se conjugant avec une nouvelle conception artistique qui isole la cathédrale sur une place et dégage des perspectives. Ces travaux nécessitent la démolition de maisons à colombages datant du XVe siècle, de l'église Sainte-Geneviève-des-Ardents, ainsi que de l'ancien Hôtel-Dieu. Les contours de ces bâtiments sont aujourd'hui matérialisés par des pavés de couleurs claires[17].

Depuis la restauration du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Peu de temps après, la Commune de 1871 faillit anéantir l’édifice. Des émeutiers mirent le feu à quelques bancs et chaises, mais l’incendie fut vite maîtrisé et ne causa que des dégâts très légers.

La cathédrale passa les deux guerres mondiales sans problème notable. En 1965, les douze fenêtres hautes de la nef et les douze petites rosaces à alvéoles des tribunes furent garnies de 24 vitraux colorés remplaçant les verres gris et ternes implantés par les chanoines au XVIIIe siècle. Non figuratifs, ils furent l’œuvre du peintre-verrier Jacques Le Chevallier qui utilisa les produits et couleurs du Moyen Âge. L’ensemble utilisait une quinzaine de tons, à dominante rouge et bleue (la graduation allant d’ouest en est du bleu vers le rouge)[18].

Dans les années 1990, les procédés modernes ont permis de redonner à la pierre extérieure de la cathédrale noircie par les siècles, sa pureté et une blancheur supposée d’origine. On distinguait deux couches distinctes de pollution qui noircissait la pierre :

  • une partie brune correspondant à la partie de la pierre exposée à l’air et aux rayons du soleil
  • une couche noire de surface constituée de gypse (sulfate hydraté de calcium) qui attirait les particules issues de la pollution de l'air de Paris

La crasse, représentant un danger pour la pierre, a été éliminée. Les sculptures ont été traitées par laser, micro-gommage et compresses humides afin de pulvériser la poussière sans altérer la patine du temps. Les pierres trop détériorées ont été remplacées par d’autres, identiques, prélevées en région parisienne dans des gisements de calcaire coquillier. De plus, un réseau de fils électriques, invisibles depuis le sol, a entraîné le départ des pigeons responsables d’altérations importantes au niveau des pierres.

À l'occasion du jubilé du 850e anniversaire de la Cathédrale, des travaux d'envergure sont menés dans la Cathédrale pour marquer son entrée dans le XXIe siècle. Les éclairages de la nef sont restaurés largement, permettant de créer des ambiances propres aux visites, aux messes et aux concerts en soirée. Le Grand orgue voit dans une première phase sa console totalement informatisée en 2013. Dans un deuxième temps, en 2014, ses 12 000 tuyaux seront tous nettoyés. Un système de prévention des incendies est mis en place, avec de nouvelles serrures aux portes et un câblage spécifique installés. Les fils traînant ici ou là à l'intérieur et à l'extérieur sont également masqués en grande partie pour permettre une meilleure unité architecturale. Enfin, les tours de Notre-Dame sont garnies de huit nouvelles cloches, dont un bourdon, qui sonnèrent pour la première fois le 23 mars 2013. Elles donnent ainsi un nouvel ensemble campanaire semblable à celui existant au Moyen Âge.

De novembre 2012 à décembre 2013, une structure provisoire, le "Chemin du jubilé" est installé sur le parvis, suivant l'ancienne rue Neuve Notre-Dame et débouchant sur un belvédère et un gradin de 600 places donnant une vue inédite de la façade de la Cathédrale. Elle est garnie des prénoms des employés de la Cathédrale et des saints de la liturgie chrétienne.

Événements historiques importants[modifier | modifier le code]

Le Sacre de Napoléon, tableau de Jacques Louis David, 1805-1808, huile sur toile, 610 × 931 cm, Paris, Musée du Louvre – Cette scène se déroule dans le chœur de la cathédrale tel qu’il se présentait à l’époque, avec la décoration des colonnes conçue par Robert de Cotte en 1698.
Conférence du Père Henri Lacordaire à Notre-Dame de Paris, vers 1845, dessin anonyme, mine de plomb et aquarelle, Bibliothèque nationale de France.

Notre-Dame est le lieu historique d'un grand nombre d'événements religieux et politiques de l’histoire de France.

Structure et dimensions[modifier | modifier le code]

Plan de la cathédrale, dans le Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, par Viollet-le-Duc, 1856.

Comme la plupart des cathédrales françaises, Notre-Dame de Paris a un plan en forme de croix latine. La nef comporte dix travées, le chœur cinq. L’axe de celui-ci est légèrement dévié vers la gauche (nord) par rapport à l’axe de la nef. L’abside est semi-circulaire à cinq pans. La nef est flanquée de doubles collatéraux qui se prolongent par un double déambulatoire, le tout avec chapelles latérales (sauf sur les trois premières travées) et rayonnantes (soit 29 au total, comportant un total 37 travées quadrangulaires). La cathédrale peut contenir jusqu’à 9 000 personnes dont 1 500 dans les tribunes.

Principales dimensions[23],[24] :

  • longueur : 127 mètres
  • largeur : 48 mètres
  • hauteur des tours : 69 mètres
  • hauteur de la flèche : 96 mètres
  • largeur de la façade : 43,5 mètres
  • hauteur de la façade sans les tours : 45 mètres
  • longueur du chœur: 38 mètres
  • largeur du chœur: 12 mètres
  • longueur de la nef : 60 mètres
  • largeur du vaisseau central de la nef : 13 mètres
  • largeur de chacun des collatéraux : 5,9 mètres
  • hauteur sous toit de la nef : 43 mètres
  • hauteur sous voûte de la nef et du chœur : 33 mètres
  • hauteur sous voûte des collatéraux extérieurs : 10,1 mètres
  • hauteur sous voûte des collatéraux intérieurs : 10,5 mètres
  • hauteur sous voûte des tribunes : 8 mètres
  • hauteur des clochers : 69 mètres
  • profondeur (largeur) des tribunes : 5,9 mètres
  • longueur du transept: 48 mètres
  • largeur du transept : 14 mètres
  • nombre de fenêtres : 113
  • nombre de colonnes et piliers : 75
  • superficie intérieure : 4 800 m2
  • superficie totale : 5 500 m2 (à comparer aux 7 700 m2 d’Amiens)
  • superficie des points d'appui : 816,4 m2
  • diamètre des rosaces nord et sud : 13,10 mètres (contre 13,36 mètres pour la grande rosace de Notre-Dame de Chartres)
  • diamètre de la rosace ouest : 9,70 mètres

Quoique construite après le chœur[25], la nef relève du premier style gothique, avec voûtes sexpartites, cependant sans alternance de piles fortes et de piles faibles comme on le voit à la cathédrale Saint-Étienne de Sens.

Le transept, bien identifiable de l’extérieur du monument, ne fait pas saillie par rapport aux collatéraux et aux chapelles latérales. Il n’a pas de collatéraux.

Hormis le transept, l’élévation intérieure est à trois niveaux, avec grandes arcades, tribunes et fenêtres hautes. Dans les deux premières travées des deux bras du transept, l’élévation est cependant à quatre niveaux. Au XIXe siècle, le restaurateur Viollet-le-Duc entreprit de « corriger » la dixième travée de la nef, en y recréant les quatre niveaux tels qu’ils se présentaient avant les modifications apportées dans les années 1220 au plan initial. Depuis lors, certains spécialistes estiment que cette dixième travée est l’œuvre de Viollet-le-Duc, affirmation peut-être exagérée dans la mesure où seule la partie supérieure a été transformée. Cette modification délibérée a justifié des vives critiques à son encontre.

Les façades nord et sud du transept présentent de magnifiques rosaces ornées de vitraux, parmi les plus grandes d’Europe (diamètre : 13,1 m).

Éléments architecturaux extérieurs[modifier | modifier le code]

Parvis[modifier | modifier le code]

Le parvis est la grande zone ouverte se trouvant juste devant la façade ouest. Le mot parvis vient du latin paradisius, paradis. Lorsque la cathédrale fut construite, le parvis était assez étroit. La cathédrale était située parmi d’innombrables bâtiments en bois de petite taille, telle que des maisons, boutiques et auberges. Une fontaine s'y trouvait de 1625 à 1755. Le parvis conserva des dimensions modestes jusqu’au XVIIIe siècle, époque à laquelle l’architecte Beaufrand l’agrandit. Il fut remodelé à plusieurs reprises par la suite, notamment depuis 1960.

Le kilomètre 0 des routes françaises se trouve sur le parvis, à quelques mètres à peine de l'entrée de la cathédrale. Depuis le XIXe siècle, de nombreuses fouilles archéologiques ont été entreprises sous le parvis de Notre-Dame de Paris, dont deux campagnes plus importantes : la première eut lieu en 1847 et fut menée par Théodore Vacquer, la seconde plus récente de 1965 à 1967 fut dirigée par Michel Fleury. Ces fouilles ont permis de mettre au jour d’importants vestiges gallo-romains et du haut Moyen Âge, et notamment les fondations d’un grand édifice religieux de forme basilicale à cinq nefs. Ces vestiges seraient ceux de la basilique Saint-Étienne, construite au IVe ou au VIe siècle et qui constitue la cathédrale précédant l’édifice actuel de Notre-Dame. Une crypte a été aménagée afin de préserver l’ensemble de ces substructions et de les rendre accessibles au public : on l’appelle Crypte archéologique du parvis Notre-Dame. Depuis l’été 2000, elle est gérée par le musée Carnavalet.

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Tours[modifier | modifier le code]

Voûtes de la salle du premier étage de la tour nord (début du XIIIe siècle), là où les touristes peuvent s’approvisionner en livres et brochures. Les baies que l’on voit s’ouvrent sur le parvis (ouest), juste à côté de la rosace. Elle est l’œuvre du troisième architecte de la cathédrale (1190-1225) dont le nom ne nous est pas parvenu.

Les deux tours de la façade occidentale ne sont pas exactement jumelles. La tour nord (gauche) est légèrement plus forte et plus large que la tour sud, ce qui se remarque facilement en observant l’ensemble depuis le centre du parvis. À cette différence correspond, au niveau de l’étage du balcon de la Vierge situé sur la façade, une largeur nettement plus importante du contrefort nord de la tour nord par rapport au contrefort sud de la tour sud[26].

Au fil des ans, il a été suggéré à plusieurs reprises que les plans originaux de Notre-Dame, que nous ne possédons plus, prévoyaient deux flèches qui s’élèveraient des tours. Les solides clochers auraient pu sans aucun doute supporter de telles structures. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils étaient censés être dotés de flèches. La cathédrale d’Amiens ainsi que d’autres cathédrales suivirent le modèle de Notre-Dame et ne possèdent pas non plus de flèches (il est vrai que la cathédrale de Reims aurait dû en posséder, selon les plans initiaux, mais elles ne furent jamais achevées. Quant à la cathédrale d’Amiens, les tours n’ayant qu’une profondeur de 6 mètres ne pouvaient supporter de telles structures). Pendant la restauration qui eut lieu entre 1844 et 1864, l’idée des flèches fut à nouveau suggérée. Le restaurateur Viollet-le-Duc, voulant faire échouer le projet, dessina un plan très précis de la cathédrale avec de telles flèches afin de montrer à la population le résultat peu esthétique auquel ce projet aboutirait. Certains experts ont affirmé depuis, sur la base de ses plans et de ses écrits, que Viollet-le-Duc était lui-même en faveur de ces flèches[27].

Entre les deux tours, à l’arrière de la galerie supérieure de la façade faite d’une colonnade, et à l’avant du pignon de la nef, il existe une sorte d’esplanade, toit plat qu’on appelle l’aire de plomb ou la cour des réservoirs. Des plaques de plomb la recouvrent, et des bassins y ont été aménagés qui contiennent de l’eau utilisable rapidement en cas d’incendie. En arrière de l’aire de plomb s’élève le grand pignon triangulaire qui termine à l’ouest le comble de la nef : sur sa pointe, un ange sonne la trompette.

Les tours de la cathédrale, hautes de 69 m[26], sont accessibles au public et offrent une vue imprenable sur Paris[28].

La tour sud abrite un escalier de 387 marches[29]. Au premier étage, au niveau de la galerie des rois et de la rosace, se trouve une grande salle gothique comportant un comptoir d’approvisionnement pour touristes et visiteurs. On peut y voir en plus diverses statues originales de la cathédrale ainsi que des toiles de Guido Reni, Charles André van Loo, Étienne Jeaurat et Lodovico Carracci.

Façade ouest[modifier | modifier le code]

La façade ouest : la foule des visiteurs se presse sur le parvis.

La façade correspond en grande partie à la vision d’Eudes de Sully, évêque de Paris de 1197 à 1208. Sa construction dura un demi-siècle, de 1200 à 1250. Sa composition architecturale est une conception géométrique simple. Elle a une largeur de 43,5 mètres (135 pieds-du-roi) et une hauteur de 45 mètres (141 pieds), mis à part la hauteur des tours. Elle comporte, de bas en haut, l’étage des trois portails et des quatre statues dans les niches sur les contreforts (diacre saint Étienne, allégories de l'Église et de la Synagogue, évêque saint Denis), la galerie des rois, puis un étage occupé au centre par la rosace ouest, avec des deux côtés sous les tours, des fenêtres géminées surmontées de petites rosaces sous un arc en tiers-point, enfin un dernier étage de colonnades reliant les deux tours et qui se prolonge sur les quatre faces de ces dernières. Au-dessus de l’ensemble, au nord et au sud, se trouvent les tours elles-mêmes, à toit plat.

La façade, à la fois rigoureuse et linéaire, met en valeur de façon étonnante le cercle du vitrail de la rosace inscrit au centre d’un carré de plus de 40 mètres de côté. De nombreux observateurs ont remarqué que l’effet général de cette dernière est semblable à celui d’une hostie. Juste au niveau surplombant les trois portails, on observe la galerie des Rois de Juda (et non pas des rois de France). Ces reconstitutions sont l’œuvre de Viollet-le-Duc (il s’y est d’ailleurs lui-même représenté) et les fragments originaux peuvent être observés au musée national du Moyen Âge à l’hôtel de Cluny à Paris. La façade est soutenue à l’extérieur par quatre contreforts, deux pour chaque tour, encadrant les trois portails. Sur ces contreforts, des niches abritent quatre statues refaites au XIXe siècle par l’équipe de restaurateurs de Viollet-le-Duc. Il s’agit, de gauche à droite de saint Étienne, puis de deux allégories, l’Église à gauche, la Synagogue à droite et enfin (contrefort sud) d’un évêque, très vraisemblablement saint Denis.

Portail du Jugement Dernier[modifier | modifier le code]

Il s’agit du portail principal de la cathédrale. Son imagerie est saisissante. La remarquable sculpture du tympan date des années 1210. Elle représente d’une manière étendue les scènes du jugement dernier – lorsque, selon la tradition chrétienne, les morts ressuscitent et sont jugés par le Christ. Sur le linteau inférieur, on peut voir les morts sortir de leurs tombes. Ils sont réveillés par deux anges qui, de chaque côté, sonnent de la trompette. Parmi ces personnages, tous vêtus, on peut voir un pape, un roi, des femmes, des guerriers, et même un noir d’Afrique.

Au-dessus, l’archange saint Michel utilise une balance pour peser les péchés et les vertus. Deux démons essayent de faire pencher l’un des plateaux de leur côté. Les élus sont à gauche, tandis qu’à droite les damnés enchaînés sont menés en enfer, poussés par d’autres démons, laids, cornus et aux regards diaboliques. Les expressions de ces damnés sont rendues avec un rare talent : la terreur et le désespoir se lisent sur leur visage.

Vue d'ensemble du portail du Jugement Dernier

Sur le tympan supérieur, le Christ, le torse à moitié nu pour montrer ses plaies, préside cette cour divine. Deux anges, debout, à droite et à gauche, tiennent les instruments de la Passion. De chaque côté, la Vierge Marie et saint Jean sont placés à genoux et implorent la miséricorde du Christ.

Les claveaux inférieurs des voussures sont occupées, du côté des damnés par des scènes de l'enfer, et du côté des élus, par les patriarches, parmi lesquels on voit Abraham tenant des âmes dans un repli de son manteau[30],[a 2],[31]. Il s’agit là d’une démonstration bien concrète de l’imagerie chrétienne développée au Moyen Âge par l’Église, qui influence alors grandement le peuple. Encore, à cette époque la scène était entièrement peinte et dorée. Groupé au paradis sur les premières voussures, l’ensemble des anges qui regardent la scène du Jugement a plutôt l’air curieux et étonné de voir ce qui se passe. L’impression générale qui se dégage de l’imagerie est loin d’être pessimiste. L’enfer n’occupe qu’une très petite partie de l’ensemble et tout est fait pour souligner la miséricorde du Seigneur. La Vierge Marie et les saints du paradis, symbolisés par saint Jean, intercèdent pour nous, et l’image de Jésus, qui domine la scène montrant ses plaies, nous rappelle qu’il est venu sur terre en tant que Rédempteur, pour racheter nos péchés.

La Pesée des âmes par l’archange saint Michel - détail du Jugement Dernier, refait lors de la restauration de la cathédrale au XIXe siècle

La scène du Jugement Dernier figure également sur de nombreuses autres cathédrales gothiques et notamment à la cathédrale de Chartres, ainsi qu’à celles d’Amiens, de Laon, de Bordeaux et de Reims. Ce portail, dont la magnifique scène du Jugement qui le surmonte, connut d’importantes déprédations au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

En 1771, sur commande du clergé, Soufflot le mutila sérieusement, supprimant les trumeaux et entaillant les deux linteaux en leur centre. Lors de la restauration du XIXe siècle, Viollet-le-Duc enleva les parties latérales restantes des linteaux et les déposa au musée. Puis il reconstitua de manière admirable l’ensemble du Jugement Dernier, y compris les parties manquantes, aidé en cela par des dessins effectués avant les transformations de Soufflot. Ainsi seule la partie supérieure de la scène date du XIIIe siècle, les deux parties inférieures étant modernes. Par contre les voussures entourant le tympan, et leurs sculptures sont d’époque, elles aussi.

Représentation de l’enfer au bas des quatre dernières voussures de droite : remarquez sur la cinquième voussure le diable couronné et grassouillet écrasant trois damnés : un riche, un évêque et un roi.

Le trumeau fut également reconstitué par l’équipe de restaurateurs. La grande statue qui y figure, celle du « Beau Dieu » est l’œuvre d’Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume d’après le dessin — maintes fois remanié — de Viollet-le-Duc. Il est placé sur un socle où sont sculptés les arts libéraux. Quant aux douze grandes statues des Apôtres installées sur les deux piédroits du portail (2 × 6 statues), fracassées en 1793 par les révolutionnaires comme presque toutes les autres grandes statues de la cathédrale, elles sont également des reconstitutions du XIXe siècle, d’ailleurs admirablement refaites. On reconnaît successivement à gauche saint Barthélemy, saint Simon, saint Jacques le Mineur, saint André, saint Jean et saint Pierre. À droite : saint Paul, saint Jacques le Majeur, saint Thomas, saint Philippe, saint Jude et saint Matthieu.

Au piédroit gauche, du côté du Paradis, figurent les vierges sages, alors qu’au piédroit opposé, on peut voir les vierges folles. Les sculptures de ces vierges ont également été refaites au XIXe siècle. Sous les grandes statues des piédroits on peut admirer deux bas-reliefs conçus sous forme de médaillons, l’un à gauche, l’autre à droite, superposant des représentations des Vertus et des Vices, et ce d’après des scènes de la vie, facilement compréhensibles par le peuple chrétien de l’époque. La Douceur par exemple utilise le symbole du mouton, la Force est représentée par une armure, la versatilité nous montre un moine jetant son froc aux orties, etc. Cette thématique est reprise dans la rosace ouest. Toutes ces scènes ont également près de huit siècles d’âge.

On serait incomplet en ne mentionnant pas le fait que ce portail est de loin l’endroit le plus populaire, le plus visité et le plus admiré de toute la cathédrale, ce dont témoignent les innombrables photographies qui en sont prises. Tout concourt en effet à attirer les foules, chrétiennes ou non, du monde entier : l’admirable équilibre et l’extrême lisibilité du sujet, au centre d’une façade perçue à juste titre comme de toute beauté. Ajoutons à cela l’incontestable réussite de la restauration du XIXe siècle qui fait qu’à part les spécialistes et les initiés, il est presque impossible de distinguer ce qui date du XIIIe siècle, de ce qui fut recréé à l’époque de Viollet-le-Duc et de son équipe, et qui, respectueux de l’esprit de l’époque, se fond presque parfaitement dans l’ensemble voulu au Moyen Âge.

Portail de la Vierge[modifier | modifier le code]

Le tympan du portail de la Vierge.

Ce portail est dédié à la Vierge Marie. Il est un peu plus ancien que le portail du Jugement Dernier et date des années 1210. Gravement endommagé en 1793 (les neuf grandes statues avaient été détruites), il a fait l’objet d’une remarquable restauration au XIXe siècle, grâce à une abondante documentation qui a servi de base à la restitution des statues. Dans le mur de la façade, autour des arcs du tympan, on remarque une cannelure pointue. Les bâtisseurs voulaient que ce portail soit différent des autres en l’honneur de la Vierge, à laquelle la cathédrale est dédiée.

Le portail comporte deux linteaux. Au linteau inférieur, des rois d’Israël et des prophètes entourent l’Arche d’alliance. Celle-ci se trouve juste au-dessus du dais recouvrant la statue de la Vierge à l’enfant, foulant aux pieds le serpent, symbole de Satan, et située au trumeau du portail (refaite au XIXe siècle). Le linteau supérieur représente la "dormition" (mort) de la Vierge. Deux anges la sortent- ou la mettent? - du tombeau, en présence du Christ qui bénit sa mère et montre de la main gauche le ventre où la Parole de Dieu prit chair. Les apôtres y compris saint Paul entourent la défunte. Aux deux extrémités, saint Paul et saint Jean sont représentés abrités respectivement par le figuier et l'olivier.

Au sommet du tympan, on assiste au couronnement de la Vierge Marie. Celle-ci est assise à la droite du Christ; et un ange, se trouvant au-dessus d’elle, place une couronne en or sur sa tête.

Les voussures encadrant le tympan sont occupées par des prophètes, des rois, des anges et des patriarches.

Les grandes statues des piédroits représentent notamment des saints parisiens. À gauche se trouvent un empereur (non identifié) et saint Denis décapité, portant sa tête et entouré de deux anges. À droite : saint Jean-Baptiste, saint Étienne, sainte Geneviève et le Pape Sylvestre. Les bas-reliefs mutilés des niches situées sous ces statues représentent des scènes de leur vie respective.

La tentation d’Adam au jardin d’Éden par le diable, en l’occurrence la diablesse Lilith, grande séductrice dotée d’une queue de serpent

Particularité intéressante de ce portail : les faces latérales du trumeau, ainsi que les parties centrales des piédroits situées près des vantaux sont constituées d’une série de bas-reliefs représentant le zodiaque, les travaux des mois chez les pauvres et chez les riches, les saisons et les âges de la vie, le tout magnifiquement traité.

Lilith et le péché originel[modifier | modifier le code]

Enfin la partie inférieure du trumeau, sous les pieds de la Vierge est ornée d’un superbe bas-relief en trois séquences représentant le passage d’Adam et Ève au jardin d’Éden ou paradis terrestre, et la tentation d’Adam suivie du péché originel. La première scène nous montre Dieu prélevant une côte à Adam endormi au pied d’un arbre, et transformant la côte en Ève, afin qu’il eût une compagne « semblable à lui » comme dit le texte..

La seconde partie du bas-relief représente le péché originel. Le couple se trouve aux pieds de l’arbre de la connaissance du bien et du mal aux fruits défendus. Le diable a la forme d’une femme séduisante munie d’une longue queue de serpent. Il s’agit en fait de Lilith, personnage biblique absente de la bible canonique, mais présente dans les écrits rabbiniques du Talmud de Babylone. D’après la tradition juive, elle serait la première épouse d’Adam qui aurait quitté le paradis terrestre à la suite de son refus de se soumettre à ce dernier en adoptant la position inférieure lorsqu’ils faisaient l’amour. Elle refusa ensuite d’obéir à Dieu qui lui intimait l’ordre de se soumettre à Adam. Chassée de la surface de la Terre, cette séductrice perverse finit par devenir diablesse et favorite de Lucifer. Elle revint tenter le couple dont elle était jalouse, afin de précipiter leur malheur.

Enfin la dernière scène de ce bas-relief représente l’expulsion des premiers hommes hors du jardin d’Éden. Il s'agit du mythe expliquant le passage de la Nature à la Culture, (selon Lévy-Strauss) l'Homme quittant là le statut animal. Dieu avait averti le serpent que la femme serait dorénavant sa pire ennemie et lui écraserait la tête. Le fait d’avoir précisément placé cette scène sous les pieds de la Vierge Marie, elle qui réhabilite totalement la femme et est nommée "nouvelle Eve, est hautement symbolique.

Portail Sainte-Anne[modifier | modifier le code]

Tympan du portail Sainte-Anne et ses deux linteaux.

Le portail Sainte-Anne est dédié à la vie de sainte Anne, la mère de la Vierge. Il est en fait récupéré de l’église antérieure à la cathédrale actuelle. Il est constitué en grande partie de pièces sculptées vers 1140-1150[a 3] pour un portail plus petit. On peut donc distinguer dans l’ornementation du portail Sainte-Anne des pièces du XIIe siècle (le tympan et la partie supérieure du linteau, deux tiers des sculptures des voussures de l’archivolte, les 8 grandes statues des piédroits, le trumeau), et d’autres du XIIIe siècle (partie inférieure du linteau et les autres statues des voussures de l’archivolte). Ces dernières ont été sculptées pour faire le raccord.

Les quatre grandes statues du piédroit de gauche du portail Sainte-Anne, anéanties à la Révolution ont été remplacées par celles-ci qui datent du XIXe siècle. De gauche à droite : Élie, la veuve de Sarepta, Salomon et saint Pierre.

Le trumeau du portail présente une grande statue de saint Marcel, évêque de Paris, foulant aux pieds le dragon de la légende[32]. C’est en fait une copie effectuée au XIXe siècle. L’original se trouve dans la salle haute aménagée dans la tour nord. En 1793, la statue de saint Marcel du trumeau fut mutilée (visage) et les huit statues des piédroits déposées. Les couronnes furent également endommagées. Fort heureusement certains fragments furent redécouverts plus tard (dont un grand nombre en 1977), si bien qu’aujourd’hui on a pu reconstituer plus ou moins au musée de Cluny le portail d’avant la Révolution. Les huit grandes statues des piédroits que l’on peut admirer actuellement datent du XIXe siècle. Elles représentent de gauche à droite et successivement : Élie, la veuve de Sarepta, Salomon et saint Pierre. Puis saint Paul, David, la sibylle#Les sibylles, « prophètes » du Christ et Isaïe.

Les deux linteaux ont été très visiblement sculptés à des dates différentes et par des sculpteurs de style fort différent. Le linteau inférieur constitue une pièce de raccord entre les deux portions du portail datant de l’époque de l’église antérieure. Il a été ajouté lorsque le portail fut remonté au début du XIIIe siècle. Il présente une série de personnages aux formes lourdes possédant une tête disproportionnée et vêtus de draperies trop grandes. Sur le linteau supérieur se trouvent des scènes de la vie de sainte Anne et de la Vierge. Au-dessus des deux linteaux, le tympan présente une Vierge en majesté. Ce portail est connu principalement en raison de la polémique concernant deux des personnages figurant sur ce tympan. Autour du groupe comprenant la Vierge majestueuse tenant Jésus-Christ enfant dans ses bras et deux anges, se trouvent deux personnages : un évêque et un roi. La tradition veut que ces personnages représentent l’évêque Maurice de Sully, fondateur de Notre-Dame, et Louis VII, roi de France à l’époque. Mais certains experts mettent en doute cette théorie et soutiennent que le personnage religieux est saint Germain, évêque de Paris au VIe siècle, et que le roi est Childebert Ier, fils de Clovis. D’autres experts affirment même que ces personnages ne peuvent pas être identifiés.

Enfin les deux vantaux de la porte sont dotés d’admirables pentures, chefs-d’œuvre de la serrurerie-ferronnerie du XIIe siècle.

Entre les portails[modifier | modifier le code]

Les trois portails sont bordés de quatre statues (une statue entre chaque portail). Aux deux côtés du portail du Jugement dernier on peut reconnaître, à gauche, l'Église, et à droite, la Synagogue. Cette dernière est une caricature des autres Synagogues (statues des cathédrales de Reims et de Strasbourg) dans le sens où son bandeau sur les yeux est un… serpent!

Galerie des rois[modifier | modifier le code]

Partie basse de la façade ouest, avec les 28 rois ayant précédé le Christ.

À vingt mètres du sol, une série de vingt-huit personnages royaux représente les vingt-huit générations des rois de Judée qui ont précédé le Christ. Chaque statue mesure plus de trois mètres cinquante de haut. Les têtes des statues datent du XIXe siècle et sont le produit des ateliers de sculpture du restaurateur Viollet-le-Duc. En effet, les statues d’origine furent décapitées en 1793 pendant la Révolution française par les sans-culottes, qui, à tort, croyaient qu’elles représentaient des souverains du royaume de France. Il ne reste aujourd’hui que des fragments des statues médiévales.

Vingt-et-une têtes originales ont été retrouvées en 1977, à l'occasion de travaux entrepris pour la rénovation de l'hôtel Moreau, rue de la Chaussée-d’Antin dans le 9e arrondissement de Paris, et sont actuellement exposées au musée national du Moyen Âge (musée de Cluny). Bien que mutilées par leur chute, elles ont conservé des traces de polychromie (du rose sur les pommettes, du rouge pour les lèvres, du noir pour les sourcils, etc.).

La galerie penche de 30 cm à droite comme à gauche, le sous-sol très instable étant probablement à l'origine d'une instabilité de l'édifice dès le début du XIIIe siècle[33].

Balcon de la Vierge[modifier | modifier le code]

Le balcon de la Vierge et la rosace ouest.

Cette statue de la Vierge consacre la totalité de la façade à la mère du Christ. Elle fut commandée par Viollet-le-Duc pour remplacer la statue originale de l’époque médiévale, sévèrement endommagée par les années et les conditions climatiques. La rosace ouest se trouvant derrière cette statue constitue une auréole magnifique. Viollet-le-Duc plaça également des statues d’Adam et Ève devant les baies de chaque côté de la rosace. Il s’agit là, d’après la plupart des experts, de l’erreur principale de Viollet-le-Duc dans une restauration qui, sinon, peut être qualifiée de remarquable. Tout semble prouver qu’aucune statue n’ait existé à cet emplacement. Les statues d’Adam et Ève auraient en fait dû être placées dans les niches de la façade intérieure du bras sud du transept.

Rosace ouest[modifier | modifier le code]

Rosace ouest.

Cette rosace semble énorme, mais bien qu’elle soit de dimension non négligeable, il s’agit en fait de la plus petite des trois rosaces de la cathédrale. Elle mesure neuf mètres soixante de diamètre. Elle fut presque entièrement refaite par Viollet-le-Duc lors de la grande restauration du XIXe siècle. Au centre : la Vierge. Tout autour on peut voir les travaux des mois, les signes du zodiaque, les Vertus et les Vices ainsi que les prophètes.

Façades latérales de la cathédrale[modifier | modifier le code]

Les grands arcs-boutants de Notre-Dame de Paris, d’une portée allant jusqu’à 15 mètres, sont construits d’une seule volée. L’édification de tels arcs-boutants est très rare dans l’architecture gothique. Ils nécessitent en effet une culée particulièrement massive. On les retrouve autour de la nef, comme autour du chœur. Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-le-Duc, 1856.

La construction de la nef commença en 1182, après la consécration du chœur. Certains pensent même que les travaux débutèrent dès 1175, avant la consécration[34]. Les travaux s’arrêtèrent après la quatrième travée laissant inachevée la nef tandis qu’on commença l’édification de la façade en 1208. L’édification de la nef fut reprise en 1218 afin de contrebuter la façade.

À la fin des années 1220, le quatrième architecte de Notre-Dame entreprit de modifier totalement le plan initial au niveau de la partie supérieure de l'édifice, alors que celui-ci était encore en cours de construction. L’obscurité de Notre-Dame, jugée trop importante dès le début de la construction, était devenue insupportable, surtout par comparaison avec la clarté dans laquelle baignaient les sanctuaires plus récents encore en construction. Une mise à niveau devenait indispensable si l'on désirait que la cathédrale reste la référence et ne soit pas considérée comme archaïque. On procéda donc à d’importantes modifications. L’architecte entreprit alors l’allongement des baies vers le bas par suppression de l’ancien troisième niveau, celui des roses de l’ancien édifice donnant sur les combles des tribunes. On supprima dès lors ces combles au profit d’une terrasse coiffant ces tribunes et formée de grandes dalles.

Se posait alors le problème de l’évacuation des eaux de pluie qui risquaient de stagner à la suite de la suppression du toit incliné des tribunes. L’architecte dut de ce fait introduire un élément nouveau dans l'architecture, dont nous sommes aujourd'hui encore héritiers : recueillir les eaux de pluie sous la toiture par un système de chéneaux, et les évacuer de proche en proche par des conduits verticaux vers un système se terminant au niveau de longues gargouilles destinées à les projeter au loin de l'édifice[a 4]. Cela constituait un système tout à fait nouveau de gestion des eaux de pluie au sommet des bâtiments.

En corollaire toute une série d’autres modifications durent être effectuées au niveau supérieur de l’édifice (parties hautes du vaisseau principal) : reprise de la toiture et de la charpente, remontée des murs gouttereaux, création de chéneaux. Surtout on remplaça les arcs-boutants supérieurs à double volée par des grands arcs-boutants à simple volée lancés au-dessus des tribunes.

Grands arcs-boutants de la nef[modifier | modifier le code]

Face sud de la cathédrale : vue des grands arcs-boutants de la nef ainsi que du système d'évacuation des eaux de la grande toiture : conduites verticales, chaperons des arcs-boutants, sommets des culées et enfin longues gargouilles.

Ces grands arcs-boutants sont remarquables et témoignent du génie de l’architecte de l’époque. Ils sont d’une seule longue volée, lancés au-dessus des collatéraux et leur tête soutient le haut des murs gouttereaux de la cathédrale. Ces têtes s’appuient au droit de conduits verticaux destinés à évacuer l’eau des chéneaux de la toiture de la nef. L’extrados des arcs-boutants est creusé d’une gouttière qui traverse le sommet de la culée et se termine par une longue gargouille. Ces arcs-boutants n’étaient pas essentiellement destinés à contrebuter l’édifice, mais à régler le problème de l’évacuation des eaux de pluie, devenu fort important après la transformation de la toiture des tribunes en terrasse. C’est ce qui explique la faiblesse relative de ces arcs. Leur construction est incontestablement une prouesse, ce qui se manifeste par leur grande longueur, mais aussi par leur minceur. Leur rôle étant faible dans le soutien de la voûte du vaisseau principal, l’architecte s’est permis d’être audacieux.

Il faut souligner que la grande portée de ces arcs-boutants est tout à fait exceptionnelle dans l’architecture gothique du Moyen Âge. En effet dans les édifices de l’époque, bordés de doubles bas-côtés ou de doubles déambulatoires, les culées de ces énormes arcs-boutants devaient prendre un terrain considérable en dehors des églises. Or le terrain était chose à épargner dans les villes du Moyen Âge, dont la superficie était rendue inextensible par les murs qui enserraient les cités. Les arcs-boutants de la cathédrale de Paris, qui franchissent d’une seule volée les doubles bas-côtés de la nef comme le double déambulatoire du chœur, sont un exemple unique. Ordinairement, dans ce cas, les arcs-boutants sont à deux volées, c’est-à-dire qu’ils sont séparés par un point d’appui intermédiaire qui, en divisant la poussée, détruit une partie de son effet et permet ainsi de réduire l’épaisseur des contreforts extérieurs ou culées. C’est ainsi que sont construits les arcs-boutants de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, ceux de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges, ainsi que ceux du chœur de celle d’Amiens ; ces trois derniers édifices sont eux aussi dotés soit de doubles bas-côtés soit d'un double déambulatoire[35].

Façade sud et portail Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

Vue de la façade sud, de sa rosace et du remarquable pignon qui la surmonte.

Commencé par Jean de Chelles en 1258, le portail Saint-Étienne fut terminé par Pierre de Montreuil. Il se situe au niveau du bras sud du transept. Le tympan du portail Saint-Étienne est occupé par des bas-reliefs qui racontent la vie du premier martyr chrétien, saint Étienne, selon les Actes des Apôtres. Divisé en trois registres horizontaux superposés, le décor du tympan se lit de bas en haut et de gauche à droite: saint Étienne prêchant le christianisme et saint Étienne mené devant le juge au registre inférieur, la lapidation de saint Étienne et sa mise au tombeau au registre médian, et le Christ bénissant entouré de deux anges au registre supérieur. Le trumeau est occupé par une grande statue de saint Étienne, œuvre de Geoffroi-Dechaume exécutée au XIXe siècle.

La triple voussure de l’Intrados de la porte est sculptée de pas moins de vingt et un martyrs, auxquels des anges offrent des couronnes. On retrouve là saint Denis sans tête, saint Vincent, saint Eustache, saint Maurice, saint Laurent avec son gril, saint Clément, saint Georges, et d’autres dont l’identité n’a pu être déterminée clairement. De chaque côté du portail trois statues d’apôtres, elles aussi modernes, destinées à remplacer celles fracassées par les vandales de la Révolution. Au-dessus du portail se trouve un beau gable ajouré surmonté de la magnifique rosace sud de la cathédrale offerte par saint Louis. Comme sa sœur du nord, la rosace sud, voit son diamètre atteindre 13,1 mètres, et, si l’on y ajoute la claire-voie sous-jacente, la hauteur totale de la verrière atteint presque 19 mètres.

Cette rosace fut redressée par Viollet-le-Duc au XIXe siècle, ce qui entraverait l’impression de rotation de la rosace. La raison de cette modification semble être que la rosace avait fort souffert au cours des siècles et surtout de l’incendie de l’archevêché déclenché par les insurgés de 1830. L’architecte-restaurateur constata de plus un affaissement important de la maçonnerie, et dut en conséquence reprendre entièrement cette façade. Il fit pivoter la rosace de 15 degrés à seule fin de lui donner un axe vertical robuste pour la consolider définitivement et éviter un affaissement ultérieur. Le maître verrier Alfred Gérente restaura à cette occasion les vitraux du XIIIe siècle et reconstitua dans l’esprit du Moyen Âge les médaillons manquants.

Vue d'ensemble de la façade sud.

Au dernier étage de la façade, un remarquable pignon s’élève au-dessus de la rosace. C’est un des plus beaux exemples des pignons construits à l'époque (1257). Il est lui-même percé d’une rose ajourée, qui éclaire le comble du transept. Sur l’archivolte de la rosace est posé un entablement portant une balustrade, derrière laquelle court une galerie. Ceci permet le passage depuis les galeries supérieures de l’est de la cathédrale vers celles de l’ouest, galeries qui longent les toitures. Le pignon proprement dit s’élève de ce fait un peu en retrait par rapport à la rosace, et son épaisseur est de 70 centimètres. Il est allégé par la rose qui éclaire le comble et par des écoinçons. Deux grands pyramidions le flanquent formant les parties supérieures des contreforts qui contrebutent la rosace. Trois statues décorent le sommet et les deux angles inférieurs du pignon. Celle du sommet représente le Christ apparaissant en songe à saint Martin, revêtu de la moitié du manteau donné par ce dernier au pauvre de la légende. Les deux autres statues situées à gauche et à droite de la base du pignon, représentent saint Martin et saint Étienne. Le tout donne une impression de grande harmonie. La rose du comble est d'une proportion parfaitement en rapport avec la grande rosace du transept. D’après Viollet-le-Duc, la grande beauté de cette construction ne fut pas surpassée ailleurs dans l’architecture gothique[36].

Façade nord et portail du Cloître[modifier | modifier le code]

Le portail du Cloître se situe au niveau du bras nord du transept, et a été construit vers 1250 par l’architecte Jean de Chelles[37]. La construction de la façade nord est en effet un peu antérieure à celle de la façade sud.

Presque toujours dépourvue d’ensoleillement et située dans une rue animée, cette façade nord a moins de succès auprès des touristes et des visiteurs que sa sœur cadette sud. Un peu moins décorée, elle est cependant presque tout aussi belle et son portail présente l’énorme avantage de pouvoir être franchi pour accéder rapidement au cœur du sanctuaire. Elle est divisée en trois étages, en léger retrait les uns par rapport aux autres. Le niveau inférieur est celui du portail surmonté de son grand gable. Le niveau moyen est constitué d’une gigantesque verrière comprenant l’impressionnante rosace, merveille du XIIIe siècle, surmontant une claire-voie. Enfin l’étage supérieur est celui du pignon triangulaire masquant l’extrémité des combles du bras nord du transept.

La face nord de la tour nord et ses trois impressionnants contreforts. Celui du centre, le plus faible des trois, soutient en fait un escalier à vis éclairé de rares meurtrières. La seule grande ouverture dans cette sévère muraille est une longue baie perpétuellement plongée dans la pénombre et qui peut paraître de ce fait quelque peu inquiétante.

Au trumeau du portail, une statue de la Vierge sans enfant. Cette statue a pu échapper à la destruction en 1793, mais l’enfant Jésus qu’elle portait a été brisé. On dit que c’est l’épouse de saint Louis, Marguerite de Provence, qui aurait servi de modèle au sculpteur. Les six grandes statues des piédroits détruites à la Révolution n’ont pas été reconstituées au XIXe siècle, lors de la grande restauration menée par Eugène Viollet-le-Duc. La partie inférieure du tympan, le linteau, représente des scènes de l’enfance du Christ. Ces sculptures sont parmi les plus belles œuvres sculptées sur ce thème. Elles montrent le rôle de Marie dès l’enfance de Jésus. Les quatre scènes représentées sont la naissance de Jésus dans une humble crèche, l’offrande au temple de Jérusalem après la naissance de Jésus, la persécution des enfants par le roi Hérode et la fuite en Égypte de Joseph et Marie pour protéger l’Enfant.

La partie supérieure du tympan présente le très populaire Miracle de Théophile, un des « Miracles de la Vierge » dont le Moyen Âge tardif était friand. Il s’agit d’une histoire « faustienne » du Moyen Âge[Note 4]. Théophile, clerc de l’évêque d’Adana en Asie Mineure, était jaloux de ce dernier. Pour le supplanter, il vend son âme au diable. Le pacte est consigné sur un parchemin que ce dernier emporte. Avec l’aide du diable, Théophile parvient à humilier son évêque. Mais il se repent et, ne sachant comment sortir de la situation où il s’est mis, il implore la Vierge. Celle-ci menace le diable et le force ainsi à remettre le parchemin.

Les grands arcs-boutants avec leurs culées massives et leurs longues gargouilles, au niveau de la façade nord de la nef.

La façade du croisillon nord présente les mêmes éléments architecturaux que celle du croisillon sud : un beau gable surmonte le portail, et une galerie de vitraux ou claire-voie occupe l’espace entre l’étage du portail et celui de la rosace. Celle-ci, grand chef-d'œuvre de l’architecture religieuse gothique, mesure plus de 13 mètres de diamètre, comme la grande rosace sud. Le tout est surmonté d’un pignon richement décoré et analogue à celui du sud, sans être identique. Il est percé d’une rose éclairant les combles du transept nord, ainsi que de trois oculi. À sa base, de chaque côté, s’élève un grand pinacle peu sculpté (contrairement aux voussures) ayant la forme d’un élégant clocheton, surmontant chacun un des deux puissants contreforts encadrant la façade[17].

La façade nord de Notre-Dame, largement privée de soleil et ne bénéficiant pas de la proximité du fleuve, n’a pas la même popularité que la façade sud souvent baignée de lumière. Formant la bordure sud de la rue du Cloître-Notre-Dame, elle gagne cependant à être admirée. On y retrouve un visage moins connu de Notre-Dame. Les gigantesques arcs-boutants, dotés de longues gargouilles grimaçantes et appuyés sur de massives culées, montrent clairement que la cathédrale est aussi une lourde et impressionnante construction de pierre. C’est au niveau de la face nord de la tour nord (16 mètres de largeur à la base) que cet aspect apparaît le plus nettement. La partie inférieure de la tour, haute de plus de 30 mètres, avec ses trois contreforts massifs, presque sans décorations ni ornements, avec ses blocs de pierre taillés avec rigueur et continuellement à l’ombre, donne même à l’édifice un aspect quelque peu écrasant.

Porte rouge[modifier | modifier le code]

Porte rouge, restaurée en 2008.
Détail du tympan.

Le maître d’œuvre Pierre de Montreuil construisit cette petite porte sans trumeau, appelée pour des raisons évidentes « le portail rouge » (couleur rouge de ses vantaux), vers 1270. Elle avait été commandée par Louis IX, mieux connu sous le nom de Saint Louis. Cette porte était réservée aux chanoines du chapitre, pour améliorer leur circulation entre Notre-Dame et l’« Enclos Cannonial », quartier de l’Île de la Cité réservé aux demeures des chanoines et situé au nord-est de la cathédrale entre le fleuve et cette dernière.

Saint-Louis est représenté sur le tympan à gauche de la Vierge, couronnée par un ange. L’épouse de Saint-Louis Marguerite de Provence, se trouve à droite du Christ. Aux voussures entourant le tympan on peut voir des scènes de la vie de saint Marcel, évêque de Paris. La porte rouge s’ouvre dans la cathédrale tout près du chœur, par une des chapelles latérales nord du chœur.

Bas-reliefs des chapelles du chœur[modifier | modifier le code]

À gauche de la porte rouge, au niveau du mur extérieur des chapelles latérales du chœur se trouvent sept bas-reliefs du XIVe siècle - époque où ces chapelles furent construites -, dont cinq se rapportent à la Vierge : sa Mort, son Ensevelissement, sa Résurrection, son Assomption et son Couronnement. Les deux derniers sont un Jugement Dernier avec Marie intercédant auprès du Christ, et une représentation du miracle de Théophile.

Chevet de la cathédrale[modifier | modifier le code]

Vue du chevet de la cathédrale et de ses trois niveaux de fenêtres. Les fenêtres des chapelles rayonnantes comme celles des tribunes sont surmontées d’un gable. Il en va de même de la partie inférieure des culées des grands arcs-boutants. Une frise de billettes court sous la balustrade supérieure.

Le chevet est constitué par un demi-cercle situé dans la partie la plus à l’est de la cathédrale. Il correspond à l’abside de l’intérieur de l’édifice, entourée du rond-point du déambulatoire et des chapelles absidiales. Le chevet est la partie la plus ancienne du sanctuaire. Il fut bâti durant la première phase de construction, de 1163 à 1180. Une série d’admirables grands arcs-boutants dotés d’élégants pinacles soutient son mur supérieur arrondi.

On ne sait pas si des arcs-boutants soutenaient dès le début le chevet et le chœur. Le fait est qu’on n’en trouve actuellement nulle trace. Au XIXe siècle, Viollet-le-Duc n’en fit pas mention non plus, et aucune source antérieure ne nous aide[a 5]. L’opinion la plus généralement admise est donc qu’il n’en existait pas, tout comme les actuels bras du transept n’ont jamais été soutenus par des arcs-boutants. Les divers contreforts suffisent à soutenir l’ensemble. Les premiers arcs-boutants auraient dès lors été construits peu avant 1230, par le quatrième architecte de la cathédrale, et ce chronologiquement peu avant ceux de la nef. Comme pour la nef, leur fonction de soutien de l'édifice aurait été mineure au regard de leur rôle dans l’évacuation des eaux de pluie (voir le paragraphe concernant les arcs-boutants de la nef).

Ces arcs-boutants du début du XIIIe siècle furent remplacés au début du XIVe siècle par de nouveaux. Ceux-ci, d’une portée de 15 mètres, furent lancés par Jean Ravy pour soutenir le chœur et son chevet. Ils sont au nombre de quatorze autour du chœur, dont six pour le chevet proprement dit. Comme ceux du début du XIIIe siècle, ils paraissent particulièrement minces et audacieux. En effet, en plus de leur minceur source d’une apparente faiblesse, ces arcs-boutants, à l’inverse de ceux de la nef, sont percés d’un trilobe accentuant leur relative fragilité.

Le chevet est décoré de sculptures et de panneaux représentant entre autres des épisodes de la vie de la Vierge.

Pentures des portes, chefs-d'œuvre de ferronnerie[modifier | modifier le code]

Les pentures du portail du Jugement réalisées par Boulanger (XIXe siècle).
Détail des ferrures d'un vantail du portail de la Vierge.

Une penture est un morceau de fer plat replié en rond à une extrémité de manière à y former un œil destiné à recevoir le mamelon d’un gond, et qui attaché sur la surface d’une porte, est destiné à la suspendre et à la faire mouvoir, tout en la maintenant bien stable. Les pentures sont clouées et boulonnées aux vantaux des portes[38].

Les portes de Notre-Dame de Paris sont décorées de pentures en fer forgé d’une exceptionnelle beauté. Les vantaux de la porte Sainte-Anne par exemple sont garnis d’admirables pentures, qui les recouvrent presque entièrement et sont de petits chefs-d’œuvre de ferronnerie. Elles forment d’amples arabesques fines et légères, des dessins de fleurs et de feuillages, et même des formes animales. Ce sont des témoins de premier plan de l’art consommé de la serrurerie aux XIIe et XIIIe siècles. De plus, elles ressortent magnifiquement sur l’enduit dont on a recouvert les vantaux. De tout temps les Parisiens furent fascinés par ces petites merveilles en fer forgé. Et bientôt des légendes se formèrent. L’une d’entre elles affirmait qu'un artisan parisien nommé Biscornet fut chargé d'habiller les vantaux des portes de la cathédrale de ferronneries et autres serrures. Devant l'enjeu de la tâche, il invoqua le Diable pour le soutenir, et l'esprit du Mal l'aida si bien qu'il fallut avoir recours à de l'eau bénite pour faire fonctionner les clés ! Biscornet mourut peu de temps après l'accomplissement de son œuvre, et emporta son secret dans sa tombe. Mais le travail du métal est si particulier qu'aujourd'hui encore, parait-t-il, les spécialistes n'expliquent pas la manière dont ont été ouvragées ses fameuses ferronneries, toujours visibles sur les portes de la façade principale. Il s'agit pourtant de reproductions réalisées au XIXe siècle, les originales ayant été détruites à la Révolution [39]… Il y a en hommage au serrurier-forgeron une rue Biscornet à Paris, près de la Bastille[40]. Suivant une autre légende, les pentures des portails auraient été forgées par le diable lui-même dans les forges de l’enfer[41],[42].

Les pentures des deux portes (nord et sud) du transept qui dataient du Moyen Âge ont été remplacées au XVIIIe siècle par des pentures de style gothique tel qu’on l’imaginait à l’époque. Quant au portail du Jugement, à la suite de l’intervention de Soufflot fin du XVIIIe siècle, les portes en furent remplacées par deux vantaux de bois adaptés aux nouvelles dimensions données à la porte à cette époque, et sculptés de deux effigies grandeur nature du Christ et de la Vierge. Viollet-le-Duc déposa les portes de Soufflot et reconstitua le portail tel qu’il était au Moyen Âge. Entre 1859 et 1867, le ferronnier d'art Pierre François Marie Boulanger effectua tous les travaux de serrurerie de la sacristie[43], il restaura les portails latéraux et réalisa les merveilleuses pentures du portail du Jugement Dernier. Pour perpétuer le souvenir de ce travail remarquable et prouver que le diable n'y était pas intervenu, derrière chacune des pièces du milieu, il a gravé l'inscription suivante : « Ces ferrures ont été faites par Pierre-François Boulanger, serrurier, posées en août 1867, Napoléon III régnant, E. Viollet-le-Duc, architecte de Notre-Dame de Paris »[44].

Les bandes de ces pentures ont une largeur de 16 à 18 centimètres, sur une épaisseur de 2 centimètres environ. Elles sont composées de plusieurs bandes réunies et soudées de distance en distance au moyen d’embrasses (voir figure 2 ci-dessous). Celles-ci non seulement ajoutent une grande résistance à l’ensemble, mais permettent de recouvrir les soudures des branches recourbées.

Toit[modifier | modifier le code]

Dans son testament, Maurice de Sully laissa la somme de cinq mille deniers pour le toit de la cathédrale, qui n’était recouvert que de matériaux temporaires jusqu’à sa mort en 1196. Le toit est recouvert de 1326 tuiles de plomb de 5 millimètres d’épaisseur. Chacune a dix pieds-du-roi de long sur trois de large (1 pied-du-roi = 32,484 cm et une toise = 6 pieds-du-roi). Le poids total en est évalué à 210 000 kg, soit 210 tonnes[45].

Charpente[modifier | modifier le code]

Sous le toit se trouve la charpente construite totalement en bois de chêne et non pas de châtaignier comme on le pense souvent. La charpente actuelle date de l’époque de la construction de la cathédrale au début du XIIIe siècle (on admet généralement 1220), Notre-Dame ayant eu la chance de ne pas connaître d’incendie majeur depuis lors. Elle a donc près de huit siècles d’âge. On l’appelle familièrement la « Forêt de Notre-Dame ». Ses dimensions sont de 120 mètres de longueur, 13 mètres de largeur dans la nef, 40 mètres de longueur dans le transept et 10 mètres de hauteur. Au total la charpente de bois a été constituée de 1 300 chênes[6], ce qui représente plus de 21 hectares de forêt[46].

Avec l’architecture gothique, la construction des ogives a nécessité des toitures à forte pente. Celles de Notre-Dame de Paris sont de 55 °. Au moment de l’édification de la charpente, les gros troncs se faisaient rares étant donnés les défrichements de l’époque. Les charpentiers ont ainsi dû utiliser des bois à section plus réduite et donc plus légers qui ont permis l’élévation des charpentes et l’accentuation de leur pente.

Dans le chœur construit en premier, il a existé une charpente antérieure avec des bois abattus vers 1160-1170. Cette première charpente a disparu, mais certaines de ses poutres ont été réutilisées dans la seconde charpente mise en place en 1220. À cette date en effet on a procédé au rehaussement du mur gouttereau de 2,70 mètres dans le chœur, afin de le porter au même niveau que celui de la nef. Les fenêtres hautes ont également été agrandies.

Gargouilles du Moyen-Âge et chimères de Viollet-le-Duc[modifier | modifier le code]

On confond souvent chimères et gargouilles.

Gargouilles[modifier | modifier le code]

Les gargouilles de Notre-Dame sont célèbres. Elles ont été mises en place à l’extrémité des gouttières pour évacuer l’eau de pluie de la toiture et ne désignent que les extrémités des conduits d’écoulement des eaux. Comme elles dépassent dans le vide, les masses d’eau parfois impressionnantes des averses sont rejetées loin des murs de la cathédrale qui ainsi ne s’abîment pas. Elles ont souvent la forme d’animaux fantastiques, voire effrayants. Elles datent du Moyen Âge. De fort belles gargouilles se trouvent notamment au niveau des grands arcs-boutants du chœur. Le système d’écoulement des eaux du toit de l’abside se termine par une canalisation sur le sommet des arcs-boutants puis par de longues gargouilles. Pour avoir une idée de leur utilité, il faut aller les voir fonctionner un jour de forte pluie sur Paris.

Chimères[modifier | modifier le code]

Les chimères par contre sont des statues fantastiques et diaboliques et souvent grotesques. Elles n’ont qu’un effet décoratif. On les retrouve au haut de l’édifice au sommet de la façade, au niveau de la balustrade couronnant la galerie supérieure qui relie les deux tours et qui se prolonge sur les quatre faces de celles-ci, la Galerie des chimères[47]. Tous les angles de cette balustrade servent de support ou de perchoir à des démons, des monstres et des oiseaux fantastiques. Ces éléments n’existaient pas au Moyen Âge et sont des ajouts incorporés par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc.

Ces statues monumentales, grotesques certes, mais surtout effrayantes, étaient destinées à recréer l’atmosphère fantastique dans laquelle baignait le Moyen Âge. Ces œuvres furent conçues par Viollet-le-Duc lui-même qui les dessina, s'inspirant des caricatures d'Honoré Daumier, d'une édition illustrée de Notre-Dame de Paris de 1844, de ses propres illustrations des Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France et des obsessions du XIXe siècle (eugénisme, homophobie, physiognomonie et théorie de la dégénérescence) : singes et hommes sauvages, crétin unicorne, figures de la propagande antisémite (mythe du juif errant)[48],[49]… Les statues furent réalisées par les membres d’une équipe de 15 sculpteurs remarquables du XIXe siècle (le principal étant Victor Pyanet) rassemblés autour de Geoffroy-Dechaume. À propos de ces statues, c'est « pour se protéger des démons qu’il est chargé de sculpter que l’artiste médiéval les tourne en dérision » selon l'historien d'art Michael Camille[50].

C’était là un pari bien audacieux de l’architecte. On ne peut nier que ce fut un grand succès. L’architecte-restaurateur ne se bornait plus à restituer les sculptures détruites, mais montrait par là qu’il était aussi un brillant créateur, doué d’un génie inventif personnel. Aux adversaires du travail de Viollet-le-Duc qui dénoncent une sorte de contrefaçon, on répondra que de tout temps on a ajouté des décorations et ornements aux vieux édifices, et que les vitraux modernes qui ornent actuellement bien des sanctuaires gothiques, y compris Notre-Dame de Paris, sont la preuve que ce mouvement d’embellissement continue. Notre-Dame n’est pas un monument figé dans le passé, ni un musée, mais une cathédrale vivante. Confortablement installées au haut de la cathédrale, ces créatures monstrueuses semblent contempler la grande ville et se régaler de toutes les turpitudes qu’elles y découvrent. Parmi elles, la plus célèbre est sans doute la Stryge, esprit nocturne malfaisant semblable au vampire, déjà redouté des Romains, qui fut popularisé par le graveur Charles Meryon qui en publia une célèbre gravure en 1850.

Histoire des gargouilles de Notre-Dame[modifier | modifier le code]
figure 1 - gargouille primitive, courte et robuste que l'on peut voir vers 1225, gravure, in Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-le-Duc, 1856.
figure 2 - gargouille fine et élancée d’un des arcs-boutants de la nef. Sous la base de la gargouille, on remarque un joli corbeau fort humoristiquement sculpté, in Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-le-Duc, 1856.

Au début de la construction de la cathédrale (XIIe siècle), l’eau des toits s’écoulait directement sur la voie publique grâce à la saillie donnée aux corniches. Lors de l’achèvement du chœur en 1190, il n’y avait pas de chéneaux ni de gargouilles. On construisit bientôt des chéneaux sur les toits de l’édifice, mais vers 1210 encore, les eaux des chéneaux s’écoulaient sur la saillie des larmiers, au moyen de rigoles situées à intervalles réguliers. Les gargouilles n’apparaissent que vers 1220, sur certaines parties de la cathédrale de Laon. Ces gargouilles étaient larges, peu nombreuses, composées de deux parties, l’inférieure formant rigole, l’autre la recouvrant.

Déjà, cependant, ces gargouilles prennent la forme d’animaux fantastiques, lourdement taillés. Bientôt, les architectes du XIIIe siècle comprirent qu’il y avait de grands avantages à diviser les écoulements d’eau, et donc d’accroître le nombre des gargouilles. Cela, en effet, évitait les longues pentes dans les chéneaux et réduisait chacune des chutes à un plus mince filet d’eau ne pouvant nuire à l’intégrité des constructions inférieures. On multiplia donc les gargouilles et en les multipliant, on put les tailler plus fines, moins lourdes, plus élancées, et faisant de plus longues saillies dans le vide pour rejeter l’eau au plus loin. Bientôt les sculpteurs firent de ces pierres saillantes un motif de décoration des édifices.

Sur les corniches supérieures de Notre-Dame, refaites vers 1225, on voit apparaître alors, des gargouilles, courtes encore, robustes, mais déjà fort habilement taillées (voir figure 1).

La flèche de Notre-Dame vue depuis le sud-est. Elle culmine à 96 mètres.

Celles qui sont placées à l’extrémité des caniveaux des arcs-boutants de la nef, et qui sont à peu près de la même époque, sont déjà plus longues, plus sveltes, et soutenues par des corbeaux, ce qui a permis de leur donner une très grande saillie en avant de la face extérieure des culées des arcs-boutants (voir figure 2). Les gargouilles furent posées systématiquement sur les structures hautes de Notre-Dame vers 1240. Certains calcaires du bassin de la Seine (les liais) se prêtaient parfaitement à la sculpture de ces longs morceaux de pierre en saillie sur les constructions. Il fallait, en effet, une matière assez dure et assez résistante pour faire face à toutes les causes de destruction susceptibles de causer leur ruine. Aussi est-ce à Paris, ou dans d’autres contrées où l’on trouve des liais, que l’on peut encore actuellement admirer les plus beaux exemples de gargouilles. D’ailleurs l’école de sculpture de Paris, au Moyen Âge, avait sur celles des provinces voisines une supériorité incontestable, surtout en ce qui concerne la statuaire, ce qui se comprend aisément, la grande ville concentrant à la fois la matière première idéale et les grands chantiers et donc les artisans expérimentés, lesquels propageaient leur savoir-faire notamment par le biais de leurs apprentis.

Flèche[modifier | modifier le code]

La base de la flèche de Notre-Dame est entourée de quatre groupes de statues de trois apôtres chacun, œuvres du sculpteur Geoffroi-Dechaume. Ce groupe-ci, situé au nord-est est composé de saint Luc, précédé de son bœuf symbolique et suivi de deux autres apôtres.

La première flèche fut construite au-dessus de la croisée du transept au XIIIe siècle, vraisemblablement entre 1220 et 1230. Des flèches aussi hautes souffrent du vent qui plie et affaiblit leurs structures. La flèche est déformée lentement, les solives se faussent, jusqu’à l’écroulement total. La flèche d’origine fut démontée en 1786, après plus de cinq siècles d’existence. La cathédrale resta sans flèche jusqu’à la restauration dirigée par Viollet-le-Duc et réalisée par les Ateliers Monduit au milieu du XIXe siècle. Elle est en chêne recouvert de plomb et pèse 750 tonnes.

Cette flèche est gardée par les statues, réalisées en cuivre repoussé, des 12 apôtres (disposées en quatre rangées — une à chacun des points cardinaux — de trois apôtres, ceux-ci étant placés les uns en dessous des autres). Chaque groupe d’apôtres est précédé par un animal symbolisant l’un des quatre évangélistes. Le bœuf pour Luc, le lion pour Marc, l’aigle pour Jean et l’homme (ou l’ange) pour Mathieu.

Saint Thomas représenté sous les traits d'Eugène Viollet-le-Duc.

Ces statues sont l’œuvre de Geoffroi-Dechaume, et constituent un remarquable ensemble en pleine harmonie avec l’esprit du XIIIe siècle. Les apôtres sont tous tournés vers Paris, excepté l’un d’eux, saint Thomas patron des architectes, lequel se retourne vers la flèche. Celui-ci ressemble étrangement à Viollet-le-Duc, l’architecte de la flèche se retournant comme pour contempler une dernière fois son œuvre[51]. Il s’agit là d’une petite plaisanterie historique de l’architecte-restaurateur.

Enfin, il faut savoir que le coq situé au sommet de la flèche contient trois reliques : une petite parcelle de la Sainte Couronne d’Épines, une relique de saint Denis et une de sainte Geneviève[6]. Ces reliques furent placées à cet endroit en 1935, au temps de monseigneur Verdier. Le coq constitue ainsi une sorte de « paratonnerre spirituel » protégeant tous les fidèles qui œuvrent et pratiquent selon la loi de Dieu, dans le cadre de la cathédrale.

Cloches[modifier | modifier le code]

Le bourdon Emmanuel,
se trouve dans la tour sud.
Les nouvelles cloches
exposées dans la nef.
Le nouveau bourdon Marie.
Le bourdon Marie sonnant dans la nef.

En 1769, la cathédrale comporte huit cloches dans la tour nord, deux bourdons dans la tour sud (Emmanuel et Marie) et sept cloches dans la flèche[52]. Les huit cloches de la tour nord ainsi que le bourdon Marie sont descendues et fondues entre 1791 et 1792 pour fabriquer les canons dont a besoin l’armée révolutionnaire. Seul le bourdon Emmanuel dans le beffroi sud a échappé à sa destruction ; il a été replacé en 1802[52].

La grande cloche dont parle François Villon dans son Grand Testament, daté de 1461, avait été donnée en 1400 à la cathédrale par Jean de Montaigu, frère de l’évêque de Paris, qui l’avait baptisée Jacqueline, du nom de sa femme Jacqueline de La Grange. Jacqueline est refondue une première fois en 1680 puis, une nouvelle fois en 1682 par Florentin Le Guay. Le parrain de la cloche fut le roi Louis XIV et la marraine, son épouse Marie-Thérèse d'Autriche. C’est pourquoi on lui donna le nom Emmanuel-Louise-Thérèse, du nom d’un des petit-fils de Louis XIV, à moins qu’il ne s’agisse du chanoine Emmanuel qui a supervisé la fonte de la cloche[53]. Comme en atteste son inscription[54], une dernière refonte de la cloche est menée à bien en 1685 par les maîtres fondeurs Chapelle, Gillot et Moreau car elle ne trouvait pas d’accord avec les autres cloches[55]. Et tandis que Jacqueline ne pesait que quinze milliers de livres (7 500 kilogrammes), Emmanuel en pèse près du double, soit 13 271 kilogrammes, le battant à lui seul pesant 490 kilogrammes[26].

Sonnant en fa dièse (fa# 2), cette cloche est considérée par les experts[Qui ?] comme l’une des plus belles en Europe et n’est sonnée qu’en de rares occasions (à Noël, à Pâques, à la Pentecôte, à l’Assomption ou encore pour la mort du Pape). Elle a un diamètre à la base de 2,62 m, une hauteur réputée identique et une épaisseur maximum de 21 cm[26]. En 1856, quatre cloches, appelées les Benjamines, sont réalisées par la fonderie Guillaume et Besson à Angers[56] et installées dans la tour nord. Elles ont accompagné la vie religieuse et patriotique parisienne pendant plus de 150 ans. Mais mal accordées et usées prématurément, elles ont été descendues le 20 février 2012 avec un treuil, à travers une succession d'oculi, jusque sur les dalles du narthex, pour ensuite être entreposées[57]. Il est prévu de les fondre, mais cela provoque des contestations de personnes voulant les préserver, notamment d’une communauté religieuse proposant de leur offrir une deuxième vie[58]. Propriété de la direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France, elles sont finalement exposées rue du Cloître-Notre-Dame à proximité de la cathédrale à partir du 18 février 2014[56].

La nouvelle sonnerie des 850 ans de la cathédrale

Pour les 850 ans de la cathédrale, le conseil de fabrique de la cathédrale a décidé de recréer la sonnerie de 1769[59],[60]. Les cloches ont été coulées par la fonderie Cornille-Havard à Villedieu-les-Poêles[61], le second bourdon a été réalisé le 14 septembre 2012 par la fonderie Royal Eijsbouts, aux Pays-Bas[57]. Elles ont été bénies le 2 février 2013 par le cardinal André Vingt-Trois. La première sonnerie a eu lieu la veille du dimanche des Rameaux, le 23 mars 2013[62],[63].

Le site officiel de la Cathédrale nomme et explique les sonneries (angélus, offices, heures, et autres) sur une page dédiée à l'ordre de sonnerie des cloches et indique les horaires et dates des sonneries particulières et entre autres celles du Grand Bourdon Emmanuel dans la rubrique actualités.

Cloches de Notre-Dame de Paris à partir de mars 2013[64].
Nom Dédiée à Masse Diamètre à la base Note Parrains et Marraines Tour Année Fondeur Illustation
Emmanuel
(Emmanuel-Marie-Thérèse)
Jésus-Christ, l'Emmanuel
Marie-Thérèse d'Autriche
13,271 t 262 cm fa#2 Louis XIV, Roi de France
Marie-Thérese, Reine de France
Sud 1685 Florentin Le Guay FW Glocke Emmanuel.jpg
Marie Vierge Marie
Nom du premier bourdon de 1378
6,023 t 206,5 cm sol#2 SAR la Grande-Duchesse de Luxembourg[65] Sud 2012 la manufacture Royal Eijsbouts Notre-Dame de Paris - Les nouvelles cloches - 010.jpg
Gabriel Archange Gabriel 4,162 t 182,8 cm la# 2 le comte Gabriel de Broglie Nord 2012 Cornille-Havard 20130214 - Notre-Dame de Paris - Les nouvelles cloches - 025.jpg
Anne-Geneviève Sainte-Anne
Sainte Geneviève, patronne de Paris
3,477 t 172,5 cm si 2 Geneviève Mulliez Nord 2012 Cornille-Havard Présentation des nouvelles cloches de Notre-Dame de Paris en 2013 58.jpg
Denis Saint Denis, premier évêque de Paris 2,502 t 153,6 cm do# 3 Denis Tillinac Nord 2012 Cornille-Havard 20130214 - Notre-Dame de Paris - Les nouvelles cloches - 010.jpg
Marcel Saint Marcel, neuvième évêque de Paris 1,925 t 139,3 cm ré# 3 Marcel Pérès Nord 2012 Cornille-Havard 20130214 - Notre-Dame de Paris - Les nouvelles cloches - 009.jpg
Étienne Saint Étienne, premier martyr
Nom de la première basilique de Paris
1,494 t 126,7 cm fa 3 Mgr Etienne de Mesmay Nord 2012 Cornille-Havard 20130214 - Notre-Dame de Paris - Les nouvelles cloches - 008.jpg
Benoît-Joseph Pape-Em. Benoit XVI 1,309 t 120,7 cm fa# 3 Benedictvs PP XVI Nord 2012 Cornille-Havard 20130214 - Notre-Dame de Paris - Les nouvelles cloches - 007.jpg
Maurice Mgr Maurice de Sully, 72e évêque de Paris,
fit construire la cathédrale
1,011 t 109,7 cm Sol#3 Dom Etienne Ricaud, OSB Nord 2012 Cornille-Havard 20130214 - Notre-Dame de Paris - Les nouvelles cloches - 004.jpg
Jean-Marie Mgr Jean-Marie Lustiger, 139e archevêque de Paris (1981-2005) 782 kg 99,7 cm La#3 Jean-Marie Duthilleul Nord 2012 Cornille-Havard 20130214 - Notre-Dame de Paris - Les nouvelles cloches - 002.jpg
Total Masse : 35,485 tonnes

Cet ensemble campanaire est complété par trois cloches situées dans la flèche de la cathédrale. Leur installation eu lieu en 1867. Elles sonnent le sol 3, le sib 3 et le ré 4. Elles ont été munies, en 2012, de marteaux électroniques leur permettant de sonner en "fausse volée" (la cloche sonne normalement mais sans bouger, un marteau vient la frapper avec une cadence réglée, imitant ainsi le balancement de la cloche). Jusqu'au 23 mars 2013, les deux plus petites sonnaient alors les messes, à défaut d'autres cloches. Dorénavant, ces trois cloches sonneront l'élévation avec celles du comble lors des grands offices, pourront jouer des mélodies en accord avec les dix cloches des tours, et la plus petite, la cloche dite "du chapitre" sonnera trois minutes au début de chaque office directement lié au chapitre.

Enfin, trois petites cloches sonnant le la 4, le do# 5 et le ré 5 sont installées dans les combles. Elles tintent lors des offices pendant la consécration et ne sont pas audibles de l'extérieur.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Nef[modifier | modifier le code]

Nef vue d’ouest en est.

La nef se compose d’une sorte d’« avant-nef » ou narthex de deux travées situées sous et entre les tours, suivies de huit autres travées. Le vaisseau central d’une largeur de 12 mètres entre les axes des colonnes est bordé de deux collatéraux à voûtes quadripartites tant au nord qu’au sud, soit un total de cinq vaisseaux pour seulement trois portails, ce qui est exceptionnel. Deux rangées de sept chapelles latérales, construites entre les arcs-boutants du vaisseau s’ouvrent, de la quatrième à la dixième travée, sur les collatéraux extérieurs. L’élévation est à trois niveaux. Le premier est constitué des grandes arcades ouvrant sur les collatéraux intérieurs. Le second correspond à une tribune à claire-voie ouvrant sur la nef par des baies composées de trois arcades, lesquelles reposent sur de fines colonnettes. Au-dessus de ces arcades, les remplages de ces baies sont pleins. Les tribunes sont garnies de petites roses. Enfin le troisième niveau est celui des fenêtres hautes qui comportent deux lancettes surmontées d’un oculus.

Les 14 chapelles latérales sont éclairées par des fenêtres à quatre lancettes, groupées par deux et surmontées de trois oculi polylobés. D’une part la tribune étant profonde et les vitraux de sa claire-voie très sombres, et d’autre part les fenêtres des chapelles collatérales étant fort éloignées du vaisseau central, l’éclairage de la nef repose essentiellement sur les fenêtres hautes et est de ce fait assez faible. La nef présente plusieurs irrégularités. La première travée est plus étroite que les autres ; il en résulte que la tribune n’y a que deux arcades tandis que la fenêtre haute est une baie simple. De plus elle ne possède pas de chapelle latérale. La dernière travée a une élévation à quatre niveaux, due à Viollet-le-Duc : la fenêtre haute est plus courte, et dans l’espace ainsi formé entre fenêtre haute et niveau des tribunes, on a introduit un oculus dentelé en forme de roue. Une telle structure est analogue à celle du transept voisin. Le chœur, situé plein Est, est très légèrement désaxé sur la gauche par rapport à la nef centrale, ce qui symbolise selon la tradition la tête affaissée du Christ sur la croix[6].

Vue des trois premières colonnes bordant la nef au sud (droite). La troisième (à droite sur la photo) est parfaitement cylindrique, la seconde (au centre) comporte une colonne engagée, la première (à gauche) en comporte quatre et répond de ce fait au modèle de la cathédrale de Chartres.

Autre irrégularité : les colonnes. Entre les piles massives de la croisée et les imposants piliers qui soutiennent l’angle intérieur des deux tours, le vaisseau central est bordé de deux groupes de sept colonnes. Le plan primitif prévoyait des colonnes tout à fait cylindriques analogues à celles du chœur. C’est ce qui fut réalisé à la fin du XIIe siècle pour les cinq paires de colonnes orientales (les plus proches du transept). Par contre les deux paires de colonnes occidentales élevées aux environs de 1220 s’écartent de ce schéma. L’architecte de l'époque abandonna la colonne cylindrique, une des caractéristiques fondamentales de Notre-Dame, pour se rapprocher du modèle chartrain (lié à la cathédrale de Chartres). Il évita cependant que cette différence ne paraisse trop brutale. Ainsi, il ajouta aux deuxièmes colonnes une seule colonnette engagée, pour faire transition avec les premières colonnes qui en possèdent quatre.

Le revers de la façade est occupé par une tribune d’orgue, qui précède la rosace et en masque la partie inférieure. Celle-ci est consacrée à la Vierge, entourée des prophètes, des vices et des vertus, des travaux des mois et des signes du zodiaque. Cette rose a été en grande partie refaite par Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Jusqu'au XIXe siècle, la nef est vide de bancs, les laïcs déambulant pendant les liturgies. Elle est par contre chargée de nombreux autels et pupitres, de statues, de tombeaux et cénotaphes, de tableaux et tapisseries couvrant les parois ou suspendues entre les arcades[4].

En 1965, les fenêtres hautes de la nef et les roses des tribunes ont enfin été garnies de vitraux colorés remplaçant les verres gris et ternes implantés par les chanoines au XVIIIe siècle. Non figuratifs, ils sont l’œuvre de Jacques Le Chevallier qui a utilisé les produits et couleurs du Moyen Âge. L’ensemble est à dominante rouge et bleue.

Mays des Orfèvres[modifier | modifier le code]

La lapidation de Saint Étienne, œuvre de Charles Le Brun orne la première chapelle droite de la nef. C’est le may de 1651.

On appelle Mays[66] à Notre-Dame une série de 76 tableaux offerts à la cathédrale par la Confrérie des Orfèvres, presque chaque année en date du premier mai (d’où leur nom), en hommage à la Vierge Marie, et ce de 1630 à 1707. Les orfèvres avaient de longue date leur propre chapelle au sein du sanctuaire. En 1449 fut instituée par la confrérie des Orfèvres de Paris la tradition de l’Offrande du May à Notre-Dame de Paris. Cette tradition prit différentes formes au fil du temps. Au XVe siècle, il s’agissait d’un arbre, décoré de rubans que l’on dressait devant le maître-autel en signe de piété mariale. Puis la tradition évolua vers le don d’une espèce de tabernacle auquel étaient accrochés des poèmes. À partir de 1533, on accrocha aussi des petits tableaux se rapportant à la vie de la Vierge. On les appelle les petits mays. En 1630 enfin, en accord avec le chapitre, les petits mays furent remplacés par les grands mays. C’étaient de grands tableaux de plus ou moins 3,5 sur 2,5 mètres de dimension.

Ces Mays étaient commandités auprès de peintres de renom. Les peintres devaient soumettre leurs esquisses aux chanoines de la cathédrale. Après la fondation de l’Académie royale de peinture et de sculpture, en 1648, les artistes choisis étaient tous membres ou proches de cette dernière. Ces commandes devinrent rapidement une forme de concours de peinture religieuse. Leur sujet était généralement relatif aux Actes des Apôtres. Après les avoir exposés sur le parvis, on les accrochait au niveau des arcades de la nef ou du chœur. Pour les peintres, c’était une grande promotion de voir ainsi exposée l’une de leurs œuvres, témoignage de leur savoir-faire.

Au début du XVIIIe siècle, la confrérie des Orfèvres éprouva de grandes difficultés financières à la suite de l'état désastreux de la France à cette époque et aux réformes de Colbert, et ce fut la fin de cette belle tradition.

Un vitrail de Notre-Dame, chapelle latérale sud.
Un détail de ce vitrail.
Le prophète Agabus prédisant à saint Paul ses souffrances à Jérusalem, peinture de Louis Chéron (1660-1713) - Cinquième chapelle latérale nord de la nef.

Les mays furent dispersés à la Révolution et beaucoup disparurent. Récupérés ensuite, ils embarrassèrent au XIXe siècle le restaurateur Viollet-le-Duc qui, orienté vers la pureté de l’art gothique, n’avait que faire de cette encombrante décoration baroque ou classique. Certains se retrouvent actuellement au musée du Louvre, d’autres dans quelques églises ou dans divers musées français. Il en reste une cinquantaine actuellement. Les plus importants furent fort heureusement récupérés par la cathédrale et ornent aujourd’hui les chapelles latérales de la nef de Notre-Dame.

Chapelles latérales sud[modifier | modifier le code]

  • La première chapelle (travée 4) est l’ancienne chapelle des orfèvres. Depuis 1964, elle leur a été restituée. On y trouve le may de 1651 : La lapidation de Saint Étienne par Charles Le Brun.
  • La deuxième chapelle héberge le Martyre de saint André également de Charles Le Brun. C’est le may de 1647. On y voit également le martyre de saint Barthélémy œuvre de Lubin Baugin peintre du XVIIe siècle.
  • La troisième chapelle contient le may de 1643, Crucifiement de Saint Pierre œuvre de Sébastien Bourdon[67], lequel profite de cette commande exceptionnelle pour se lancer dans une composition audacieuse (complexité des lignes de force par un réseau de diagonales, créant une dynamique baroque inédite dans l’œuvre de l'artiste)[68].
  • Quatrième chapelle : Prédication de Saint Pierre à Jérusalem (may de 1642), peinture de Charles Poerson.
  • Cinquième chapelle : Le centurion Corneille aux pieds de Saint Pierre, may de 1639, œuvre d’Aubin Vouet.
  • Sixième chapelle : contient le may de 1637, La conversion de Saint Paul par Laurent de La Hyre. On y admire également une Nativité de la Vierge de Le Nain.
  • Septième chapelle : may de 1635, Saint Pierre guérissant les malades de son ombre par Laurent de La Hyre également.

Chapelles latérales nord[modifier | modifier le code]

D’ouest en est, de la façade vers le chœur :

  • La première chapelle contient les fonts baptismaux confectionnés d’après les plans de Viollet-le-Duc. On y trouve en outre le may de 1634, La descente du Saint-Esprit de Jacques Blanchard, ainsi que L’adoration des Bergers de Jérôme Franck, créé en 1585[69].
  • Deuxième chapelle : on peut y voir Saint Paul rend aveugle le faux prophète Barjesu, may de 1650 œuvre de Nicolas Loir.
  • La troisième chapelle ou chapelle de la Sainte-Enfance (ou Enfance Missionnaire), contient le reliquaire de saint Paul Tchen, martyr. Ce dernier, séminariste chinois au grand séminaire de Tsingay, en Chine, fut décapité pour sa foi en juillet 1861, avec trois autres chrétiens chinois. Ces quatre martyrs furent béatifiés en 1909 par le pape Pie X et canonisés par Jean-Paul II le 1er octobre 2000. La chapelle abrite aussi le may de 1755 représentant La flagellation de saint Paul et de saint Silas de Louis Testelin.
  • Quatrième chapelle : Le may de 1670 œuvre de Gabriel Blanchard représente saint André tressaillant de joie à la vue de son supplice. La chapelle contient aussi le monument au cardinal Amette créé en 1923 par Hippolyte Lefèbvre.
  • La cinquième chapelle est dédiée à Notre-Dame de Guadalupe au Mexique. Elle contient le may de 1687 représentant le prophète Agabus prédisant à saint Paul ses souffrances à Jérusalem, œuvre de Louis Chéron.
  • Sixième chapelle : may de 1702, Les fils de Scéva battus par le démon par Mathieu Elias. Les fils de Scéva étaient deux exorcistes juifs. On peut y voir aussi Le martyre de sainte Catherine peinture du peintre-graveur Joseph-Marie Vien ; daté de 1752.
  • Enfin la septième chapelle contient la pierre tombale du chanoine Étienne Yvert.

Le chœur et son pourtour[modifier | modifier le code]

Vue de la tribune à claire-voie du chœur

Le chœur de la cathédrale est entouré d’un double déambulatoire. Il se compose de cinq travées rectangulaires ou droites surmontées de deux voûtes sexpartites. L’abside est à cinq pans, correspondant à cinq chapelles rayonnantes. L’élévation de la première travée est semblable à celle du transept, c’est-à-dire comporte quatre niveaux : une petite rose est intercalée entre le niveau des tribunes et celui des fenêtres hautes. Par contre les autres travées y compris celles de l’abside, ont une élévation à trois niveaux, semblable à celle de la nef (grandes arcades, tribune et fenêtres hautes). Tout autour du chœur, la tribune est éclairée par des baies à deux lancettes, structure que l’on retrouve au niveau des fenêtres hautes. Les deux lancettes de ces dernières sont surmontées d’un grand oculus.

Vue du nouvel autel commandé par Mgr Lustiger . Une messe y est célébrée, bien visible depuis le transept. Au fond la rosace sud.
L’abside du chœur de Notre-Dame, vue depuis le déambulatoire : vue de la remarquable pietà de Nicolas Coustou, implantée au début du XVIIIe siècle.

Le chœur de la Notre-Dame a été profondément remanié au début du XVIIIe siècle, lorsque Robert de Cotte implanta le vœu de Louis XIII suivant la décision de Louis XIV. Les travaux d’installation du dit vœu se déroulèrent de 1708 à 1725 et se terminèrent donc bien après la mort de Louis XIV. La cathédrale subit alors quelques pertes irréparables, telles la démolition du jubé du XIIIe siècle, la destruction d’une bonne partie de la superbe clôture du chœur, chef-d'œuvre du XIVe, la destruction d’anciens tombeaux, des stalles et du maître-autel.

En revanche quelques chefs-d'œuvre nouveaux, toujours présents aujourd’hui, firent leur apparition.

Toute la décoration du chœur avait été refaite par Robert de Cotte. Lors de la restauration du XIXe siècle, Viollet-le-Duc désirant en revenir au style essentiellement gothique de l’édifice, supprima certaines des transformations effectuées à cette époque par de Cotte, telles le revêtement des arcades gothiques par des colonnes classiques en marbre supportant des arcs en plein cintre. Il supprima aussi le maître-autel de de Cotte pour en revenir à un autel du Moyen Âge. Du chœur du XVIIIe siècle, il reste cependant encore les stalles et les sculptures que l'on voit derrière le maître-autel

Composition actuelle du chœur[modifier | modifier le code]

Pour satisfaire au nouveau rite catholique défini au Concile de Vatican II, le chœur a été quelque peu agrandi, il occupe désormais également la moitié orientale de la croisée du transept. Un nouvel autel a été commandé par l’archevêque Jean-Marie Lustiger et occupe ce nouvel espace, bien visible à la fois de la nef et des deux croisillons du transept. Situé ainsi près du centre de la cathédrale, le nouvel autel, en bronze, a été réalisé par Jean Touret et Sébastien Touret, artistes d’art sacré, en 1989[70]. On peut y voir les quatre évangélistes (Saint Mathieu, Saint Luc, Saint Marc et Saint Jean), ainsi que les quatre grands prophètes de l’Ancien Testament, à savoir Ézéchiel, Jérémie, Isaïe et Daniel.

À l’est du chœur, non loin de l’abside on trouve toujours l’ancien maître-autel créé par Viollet-le-Duc au XIXe siècle, avec à l'arrière-plan les superbes statues implantées au début du XVIIIe siècle par l’architecte Robert de Cotte et faisant partie du vœu de Louis XIII.

La pietà de Nicolas Coustou est placée derrière l’autel. De part et d’autre de celui-ci se trouvent les statues des deux rois, Louis XIII par Guillaume Coustou et Louis XIV sculpté par Antoine Coysevox. Une série de six statues d’ange en bronze entourent l’ensemble et portent chacun un instrument de la Passion du Christ : une couronne d’épines, les clous de la crucifixion, l’éponge imbibée de vinaigre, l’inscription qui surmontait la croix, le roseau avec lequel le Christ fut fouetté et la lance lui ayant transpercé le cœur.

Les stalles en bois sculpté sont installées des deux côtés du chœur. Il y en avait 114. Il en reste 78, dont 52 hautes et 26 basses. Elles ont été réalisées au début du XVIIIe siècle par Jean Noël et Louis Marteau d’après les plans de René Charpentier et Jean Dugoulon. Les hauts dossiers des stalles sont ornés de bas-reliefs et séparés par des trumeaux décorés de rinceaux et des instruments de la Passion. De chaque côté, les stalles se terminent par une stalle archiépiscopale, surmontée d'un baldaquin avec des groupes d’anges sculptés par Dugoulon. L’une de ces deux stalles est réservée à l’archevêque, l’autre étant destinée à un hôte important. Le bas-relief de la stalle de droite représente le martyre de saint Denis, celui de gauche la guérison de Childebert Ier par saint Germain, évêque de Paris.

Clôture du chœur[modifier | modifier le code]

Clôture méridionale du chœur : Jésus apparaît aux Saintes Femmes (Règne de Philippe IV le Bel - début du XIVe siècle.)

Avant les transformations effectuées par Robert de Cotte pour l’installation du vœu de Louis XIII, le chœur était clos par une muraille à soubassement historié, qui, commençant à l’est, c’est-à-dire au sommet de l’abside, se poursuivait vers le nord, et, arrivée à la rencontre du transept, continuait vers le sud, se relevant sur un jubé qui clôturait la partie occidentale du chœur et redescendant de l’autre côté, à l’angle du croisillon méridional, pour achever de ceinturer la totalité du chœur en remontant jusqu’à l’est. Cette œuvre fut mutilée par l’amputation de sa partie orientale d’abord, pour installer des colonnes classiques en marbre pour masquer les colonnes et ogives d’origine, témoins de l’art gothique du Moyen Âge, qualifié alors d'« art médiocre » ou « art barbare ». C'est ensuite sa partie occidentale qui disparut lorsque l'on détruisit le jubé. Elle ne subsiste donc plus qu'a titre de clôture latérale adossée aux stalles des chanoines.

On distingue aujourd’hui la clôture nord de la clôture sud, les deux parties ayant un style et un âge différents. Il s’agit là de deux œuvres majeures de la sculpture gothique, datant des XIIIe et XIVe siècles, représentant une série de scènes des évangiles.

Toutes les scènes représentées, tant au nord qu’au sud, sont polychromes. Les couleurs ont été restaurées au XIXe siècle par l’équipe de Viollet-le-Duc.

La clôture nord date du dernier tiers du XIIIe siècle, peu après l’édification du jubé aujourd’hui disparu (aux environs de 1260). On y a sculpté 14 scènes de la naissance et de la vie de Jésus avant sa passion. Ces scènes s’enchaînent sans rupture entre elles et constituent donc un seul continuum. La clôture sud du chœur peut être datée des premières années du XIVe siècle, époque de la fin du règne de Philippe IV le Bel dont il ne nous reste quasi aucun autre témoignage sculpté. Elle est constituée de neuf scènes des apparitions du Christ après sa Résurrection. À l’inverse des scènes de la clôture nord, celles-ci sont bien séparées les unes des autres grâce à la présence de colonnettes les isolant complètement.

Chapelles du pourtour du chœur[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Guillaume : mausolée du lieutenant-général Henri Claude d'Harcourt par Jean-Baptiste Pigalle.
Chapelle saint Georges - statue de saint Georges et de son dragon.
Chapelle saint Georges - tombeau de monseigneur Darboy, œuvre de Jean-Marie Bonnassieux.

En partant de la droite du chœur, on rencontre d’abord, latéralement à droite, la sacristie des messes dont le fond correspond au bras occidental du cloître du Chapitre (voir plus loin le paragraphe concernant le Trésor de la cathédrale et la Sacristie du Chapitre). La chapelle suivante contient le tombeau de Mgr Denys Affre qui fut tué en 1848, à l'entrée de la rue du Faubourg Saint-Antoine (voir la plaque au 1er étage) Il voulait calmer les émeutiers qui avaient dressé des barricades dans le faubourg car l'armée avait amené des canons sur la place de la Bastille pour tirer sur les barricades. Le général Cavaignac voulut dissuader l'archevêque d'y aller, mais Mgr Affre voulait parlementer pour éviter que l'armée ne tire. Il fut applaudi sur la première barricade mais lorsqu'il arriva à la seconde, il reçut un coup de feu dans le dos, dans les reins. Il mourut deux jours après.

Suit l’emplacement de l’entrée de la Sacristie du Chapitre qui mène au trésor de la cathédrale. Vient ensuite la Chapelle Sainte-Madeleine contenant la sépulture de Mgr Sibour. Ce dernier, comme Mgr Affre et Mgr Darboy, fut assassiné au cours du XIXe siècle. Il fut poignardé par un prêtre à l'esprit dérangé (et destitué). Le gisant de Mgr Dubois mort en 1929 se trouve dans le déambulatoire contre la clôture du chœur. Il a été réalisé par Henri Bouchard. La Chapelle Saint-Guillaume est la première des cinq chapelles rayonnantes de l’abside de la cathédrale. On y trouve le mausolée du lieutenant-général Henri Claude d’Harcourt par Jean-Baptiste Pigalle, ainsi que la Visitation de la Vierge de Jean Jouvenet, datée de 1716 et le monument de Jean Jouvenel des Ursins et de son épouse Michelle de Vitry (XVe siècle). Le thème de cette composition (« la réunion conjugale ») était défini dans le contrat passé entre le sculpteur et la comtesse le 1er juillet 1771[71].

Dans la chapelle suivante, Chapelle Saint-Georges, se trouvent le tombeau de Mgr Georges Darboy (fusillé en 1871 avec 30 autres prêtres pris en otage par les Communards.), œuvre de Jean-Marie Bonnassieux, ainsi qu’une statue de saint Georges. De 1379 à la Révolution, cette chapelle fut celle des cordonniers. La troisième chapelle ou chapelle axiale de la cathédrale, est la Chapelle de la Vierge ou de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs où l'on trouve les statues d’Albert de Gondi, maréchal de France décédé en 1602, et de Pierre de Gondi, cardinal et évêque de Paris décédé en 1616. Sur un côté de la chapelle se trouve une fresque du XIVe siècle montrant la Vierge et d’autres saints entourant l’âme d'un évêque, Simon Matifas de Bucy. Face à l’entrée de cette chapelle axiale, dans le déambulatoire, juste derrière le chœur, se trouve le gisant de l’évêque Simon Matifas de Bucy (mort en 1304). La chapelle axiale expose depuis peu un coffre-fort de verre rouge, contenant la couronne d'épines du Christ, relique achetée en 1250 par St Louis à l'empereur de Byzance et transférée de la Sainte-Chapelle à Notre-Dame en 1792.

La quatrième chapelle ou Chapelle Saint-Marcel, contient les tombeaux de Mgr du Belloy, cardinal, par Louis Pierre Deseine et de Mgr de Quélen, œuvre d’Adolphe-Victor Geoffroi-Dechaume. Enfin la dernière des chapelles absidiales ou Chapelle Saint-Louis abrite le tombeau du cardinal de Noailles sculpté par Geoffroi-Dechaume. Les dernières chapelles entourant le chœur sont les chapelles latérales nord : dans la Chapelle Saint-Germain on peut voir le tombeau de Mgr de Juigné (décédé en 1809), exécuté d’après les plans de Viollet-le-Duc. Enfin dans la chapelle suivante qui précède la Porte Rouge, ou Chapelle Saint-Ferdinand, on trouve les mausolées de Mgr de Beaumont (mort en 1781) et du maréchal de Guébriant (mort en 1643). On peut aussi y voir le priant du cardinal Morlot (mort en 1862).

Transept[modifier | modifier le code]

L’Adam de Notre-Dame est l’un des plus beaux nus du Moyen Âge. Sculpté en pierre vers 1260, comme le jubé dont il occupait l’angle sud-est, il fut transféré dans le bras sud du transept. Aujourd’hui, pour mieux le protéger, il se trouve au musée national du Moyen Âge ou musée de Cluny.
La croisée du transept et le départ du croisillon sud. Au centre de la photo, contre le pilier sud-est de la croisée : la statue de la Vierge du XIVe siècle appelée Notre-Dame de Paris, provenant en fait de la chapelle Saint-Aignan hors de la cathédrale. À l’arrière-plan : le chœur avec les stalles et la partie sud de la clôture du chœur. À gauche, contre le pilier, le mémorial au million de morts britanniques de la guerre 1914-18.

Le transept est plus large que la nef (plus ou moins 14 mètres contre 12 pour la nef). Il n’a pas de bas-côtés, la stabilité de l’ensemble étant assurée par les contreforts extérieurs.

Le transept comprend la croisée du transept et deux croisillons de trois travées. Les deux travées les plus proches de la croisée du transept sont couvertes d’une voûte sexpartite, la troisième d’une voûte quadripartite. Dans les deux premières travées, l’élévation est à quatre niveaux, et non pas trois comme la nef. Les grandes arcades, s’ouvrent sur les bas-côtés de la nef. Le deuxième niveau est toujours constitué des tribunes. Ce qui change est l’adjonction d’un troisième étage formé d’oculi semblables à des roues. Le quatrième niveau enfin est celui des fenêtres hautes. Celles-ci sont plus petites que celles de la nef, puisque l’adjonction des oculi les a amputés de la hauteur correspondante. Au total le sommet de la voûte atteint la même hauteur que celui de la nef ou du chœur.

Le mur de la troisième travée est plein au niveau des grandes arcades. Il est ensuite surmonté de deux niveaux d'arcatures décoratives aveugles dans le croisillon sud, mais d'un niveau seulement dans le croisillon nord.

La partie orientale de la croisée du transept est occupée par le nouveau maître-autel de la cathédrale (voir le paragraphe concernant le chœur de la cathédrale).

Croisillon sud et sa rosace[modifier | modifier le code]

On y trouve un tableau de Antoine Nicolas, La Fontaine de la Sagesse réalisé en 1648[72]. Contre le pilier sud-est de la croisée du transept se trouve une statue de la Vierge appelée — à tort — Notre-Dame de Paris (la véritable statue détenant ce titre étant celle du trumeau de la porte du cloître). Elle est datée du XIVe siècle et provient de la chapelle Saint-Aignan située dans l'ancien cloître des Chanoines de l'Île de la Cité. Elle fut transférée à Notre-Dame en 1818 et placée d'abord au trumeau du Portail de la Vierge en remplacement de la Vierge du XIIIe siècle mutilée en 1793. En 1855, Viollet-le-Duc la posa à son emplacement actuel.

Tout près de là, se trouve une plaque rappelant que c’est dans la cathédrale Notre-Dame de Paris qu’a eu lieu le procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc.

Presque face à la statue de la Vierge Notre-Dame, sur le pilier sud-ouest de la croisée, se trouve le mémorial au million de morts de l’Empire Britannique tombés durant la Première Guerre mondiale et dont la plupart reposent en France. Avant la Révolution, se trouvait accolée au premier pilier oriental, côté sud, une statue équestre en bois de Philippe IV le Bel dressée en ex-voto, face à l'autel de la Vierge, le roi ayant attribué sa victoire du Mons-en-Pévèle à la protection de Marie[73],[74],[75],[Note 5].

On peut également voir dans ce croisillon une plaque signalant l’endroit où se trouvait Paul Claudel en décembre 1886, lorsque, âgé de 18 ans et brusquement touché par une illumination religieuse, il se convertit au catholicisme.

L’énorme rosace de 13,1 mètres de diamètre, offerte par saint Louis et située au haut du mur d’extrémité du croisillon, conserve une partie seulement de ses vitraux d’origine, certains d’entre eux ayant été remplacés lors d’une restauration en 1737. La rosace souffrit encore lors de la révolution de 1830, à la suite de l’incendie de l’archevêché tout proche. Elle subit dès lors une nouvelle restauration menée par Viollet-le-Duc qui la fit pivoter de 15 degrés afin de lui donner un axe vertical robuste pour la consolider. Elle est organisée autour du Christ qui en occupe le centre. Tout autour sont représentées les vierges sages et les vierges folles, des saints et des saintes, des anges, des apôtres.

Croisillon nord et sa rosace[modifier | modifier le code]

La rosace nord date du XIIIe siècle. C’est un chef-d’œuvre du gothique rayonnant.

On peut y voir contre le pilier nord-est de la croisée du transept, une statue de saint Denis, œuvre de Nicolas Coustou.

Le mur de fond du croisillon nord comporte trois niveaux : une porte, surmontée d'un pan de mur sans ornement. Le deuxième niveau est constitué d'une claire-voie à neuf arcades de deux lancettes. Enfin un troisième étage est constitué de la rosace. À l’inverse de la rosace sud, la rosace nord a conservé presque intacts ses vitraux originels du XIIIe siècle. Le centre est occupé par la Vierge Marie. Autour d’elle gravitent les juges, les rois, les grands prêtres et les prophètes de l'Ancien Testament.

La partie inférieure du mur de fond de ce bras du transept s'ouvre sur le portail du Cloître.

Lustres - La Couronne de lumière[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, on appelait lampesier ou lampier un lustre en forme d’anneau souvent de large diamètre, portant des petits godets à huile munis de mèches, et suspendu par une ou plusieurs chaînes, ordinairement trois. Il pouvait être en fer, en bois ou encore en argent ou en cuivre. Ces lampiers portaient parfois un grand nombre de godets ou de chandelles de cire : on les appelait alors Couronnes de lumière. Elles étaient allumées à l’occasion des grandes fêtes et autres solennités.

Les grandes cathédrales dont Notre-Dame en étaient pourvues. Ces Couronnes étaient richement ornées : faites de cuivre doré, on leur adjoignait des émaux, des boules de cristal, des dentelles de métal et d'autres ornements destinés à leur donner un aspect éblouissant. Ces Couronnes de lumière n'avaient pas pour seules fonctions celles d’éclairer et d’enjoliver le sanctuaire en brillant de mille feux, elles avaient aussi une fonction religieuse : elles représentaient aux jours de fête la lumière du Christ éclairant le monde.

Au XIXe siècle, Notre-Dame de Paris avait perdu sa grande Couronne de lumière et Viollet-le-Duc avait notamment pour mission de reconstituer le mobilier gothique du sanctuaire. Il s’attacha à élaborer les dessins d’une nouvelle Couronne dans le style gothique. La Couronne de lumière actuelle est à deux rangs surmontée de tourelles en cuivre doré. Elle a été exécutée à l’époque par l’orfèvre Placide Poussielgue-Rusand. Pendue normalement à la croisée du transept, elle est actuellement (2007) déposée dans le déambulatoire nord pour restauration.

Quant aux autres lustres de la nef de la cathédrale, ils sont en bronze doré et datent de la même époque [réf. souhaitée].

Orgues[modifier | modifier le code]

Grand orgue[modifier | modifier le code]

Grand orgue de la cathédrale Notre-Dame de Paris
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame de Paris
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Édifice Cathédrale Notre-Dame de Paris
Latitude
Longitude
48° 51′ 11″ Nord 2° 20′ 59″ Est / 48.853, 2.3498  
Facteurs
Construction François Thierry 1733
Reconstruction François-Henri Clicquot 1783
Aristide Cavaillé-Coll 1868
Restauration Boisseau depuis 1960
Boisseau, Cattiaux, Synaptel en 1992
Cattieux, Quoirin 2012 et 2014
Caractéristiques
Jeux 115 jeux réels
Claviers 5 + 1 pédalier
tuyaux 7952
Protection Logo monument historique Classé MH (1905, 1974, 1982)[76],[77],[78],[79],[80]

Les grandes orgues actuelles de Notre-Dame de Paris[81],[82] résultent au total des travaux successifs de plusieurs grands facteurs d’orgue : construction dans le buffet actuel par François Thierry en 1733, reconstructions par François-Henri Clicquot en 1783, puis par Aristide Cavaillé-Coll en 1868; restaurations par Boisseau depuis 1960, avec la collaboration de Synaptel en 1992. En 1868, elles comprenaient 86 jeux. À l’heure actuelle, après de multiples ajouts et restauration, elles comptent 115 jeux réels depuis 2014. On dénombre près de huit mille tuyaux. La transmission est devenue numérique pour les cinq claviers ainsi que le tirage des 115 jeux réels.

I. Grand-Orgue
Do1–Sol5
56 notes
II. Positif
Do1–Sol5
56 notes
III. Récit
Do1–Sol5
56 notes
IV. Solo
Do1–Sol5
56 notes
V. Grand-Chœur
Do1–Sol5
56 notes
Pédale
Do1-Sol3
30 notes
Résonnance expressive
Do1-Sol5
56 notes

Violon Basse 16
Bourdon 16
Montre 8
Viole de Gambe 8
Flûte harmonique 8
Bourdon 8
Prestant 4
Octave 4
Doublette 2
Fourniture harmonique II-V
Cymbale harmonique II-V
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4

Chamades :
Chamade 8
Chamade 4

Chamade REC 8
Cornet REC (Do3)

Montre 16
Bourdon 16
Salicional 8
Flûte harmonique 8
Bourdon 8
Unda maris 8 (Do2)
Prestant 4
Flûte douce 4
Nazard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Fourniture V
Cymbale V
Clarinette basse 16
Clarinette 8
Clarinette aiguë 4

Récit expressif :
Quintaton 16
Diapason 8
Flûte traversière 8
Viole de Gambe 8
Bourdon céleste 8
Voix céleste 8 (Do2)
Octave 4
Flûte Octaviante 4
Quinte 2 2/3
Octavin 2
Bombarde 16
Trompette 8
Basson Hautbois 8
Clarinette 8
Voix humaine 8
Clairon 4

Récit classique (Fa2) :
Cornet V
Hautbois 8

Chamades :
Basse Chamade 8
Dessus Chamade 8
Chamade 4
Chamade Régale 8

Basse Chamade GO 8
Dessus Chamade GO 8
Chamade GO 4

Trémolo

Bourdon 32
Principal 16
Montre 8
Flûte harmonique 8
Quinte 5 1/3
Prestant 4
Tierce 3 1/5
Nazard 2 2/3
Septième 2 2/7
Doublette 2
Cornet II-V
Grande Fourniture II
Fourniture V
Cymbale V
Cromorne 8

Chamade GO 8
Chamade GO 4

Cornet REC
Hautbois REC 8

Principal 8
Bourdon 8 *
Prestant 4 *
Quinte 2 2/3 *
Doublette 2 *
Tierce 1 3/5 *
Larigot 1 1/3
Septième 1 1/7
Piccolo 1
Plein jeu III-V
Cornet V (= *)
Tuba magna 16
Trompette 8
Clairon 4

Principal 32
Contrebasse 16
Soubasse 16
Quinte 10 2/3
Flûte 8
Violoncelle 8
Tierce 6 2/5
Quinte 5 1/3
Septième 4 4/7
Octave 4
Contre Bombarde 32
Bombarde 16
Basson 16
Trompette 8
Basson 8
Clairon 4

Chamade GO 8
Chamade GO 4
Chamade Régale 8
Chamade REC 8
Chamade REC 4

Bourdon 16
Principal 8
Bourdon 8
Prestant 4
Flûte 4
Neuviéme 3 5/9
Tierce 3 1/5
Onzième 2 10/11
Nazard 2 2/3
Flûte 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Flageolet 1
Fourniture III
Cymbale III
Basson 16
Basson 8
Voix humaine 8

Chimes
Tremblant

Liste des titulaires récents[modifier | modifier le code]

Depuis le décès de Pierre Cochereau, il a été décidé de revenir au service par quartiers, comme du temps de l'orgue Clicquot.

Les titulaires actuels sont :

Le samedi à 20h a lieu une audition d’orgue donnée les organistes titulaires et des artistes invités.

Orgue de chœur[modifier | modifier le code]

Orgue de chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame de Paris
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Édifice Cathédrale Notre-Dame de Paris
Latitude
Longitude
48° 51′ 11″ Nord 2° 20′ 59″ Est / 48.853, 2.3498  
Facteurs
Construction
Caractéristiques
Jeux 30
Claviers 2 + 1 pédalier
tuyaux 2000

L’orgue de chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris est un instrument de 30 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier. Il comporte deux mille tuyaux et est placé du côté nord du chœur, au-dessus des stalles.

I. Grand-Orgue
C–g3
II. Positif
C–g3
Pédale
C–f1

Bourdon 16
Montre 8
Bourdon 8
Prestant 4
Nazard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Fourniture 2 rgs
Cymbale 4 rgs
Trompette 8
Clairon 4
Chamade 8

Bourdon 8
Viole 8
Prestant 4
Flûte 4
Nazard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Cymbale 4 rgs
Cromorne 8

Tremblant

Flûte 16
Soubasse 16
Flûte 8
Flûte 4
Flûte 2
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4

Organistes de l’orgue de Chœur[modifier | modifier le code]

  • Yves Castagnet est titulaire de l’orgue de chœur depuis 1988,
  • Johann Vexo est organiste suppléant de l’orgue de chœur depuis 2004.

Historique de la musique vocale et de l'orgue de chœur[modifier | modifier le code]

La notion même de chant polyphonique[Note 6] était née très progressivement, à partir des IXe et Xe siècles, dans quelques monastères ou églises disséminés à travers le royaume (à l'abbaye Saint-Martial de Limoges particulièrement, cette technique d'amplification de la monodie grégorienne se développa au cours des XIe et XIIe siècles). Aux XIIe et XIIIe siècles, ces pratiques, qui avaient fait naître une conception entièrement nouvelle de l'art musical, connurent un épanouissement, plus significatif encore, au sein du chœur de Notre-Dame, grâce à des interprètes/compositeurs nommés Léonin, Pérotin, etc. C'est l'École de Notre-Dame de Paris. L'art de la polyphonie avait pris appui, dès son origine, sur le chant grégorien (monodie liturgique de l'Église catholique, issue de l'Antiquité tardive). Cet art se développa alors suffisamment pour déterminer ensuite tout l'avenir de la musique européenne, religieuse aussi bien que profane.

Jusqu'à la Révolution, à Notre-Dame comme ailleurs, l'assemblée des chanoines, en nombre important, employait un personnel hautement qualifié qui était chargé des parties chantées dans les différents offices, c'est-à-dire, avant tout, du chant grégorien. Un soutien instrumental, pour ce répertoire monodique, n'avait pas lieu d'être et, dans le cas d'une exécution polyphonique, celle d'un motet par exemple, l'accompagnement n'était pas non plus une nécessité constante, même après l'invention de la basse continue, au XVIIe siècle. Les interventions de l'orgue (qui se développa surtout à partir du XIVe siècle) répondaient en partie au besoin de soulager les choristes. La plupart du temps, il dialoguait donc avec eux ou jouait seul, mais ne les accompagnait pas. L'accompagnement instrumental régulier revenait à des instruments de basse : serpent, basson et contrebasse (on en trouve actuellement quelques-uns conservés au Musée Notre-Dame). Avec la basse de viole (celle-ci, jusqu'au début du XVIIIe siècle seulement), ils pouvaient aider les choristes à chanter parfaitement juste.

Les membres du chapitre étaient nombreux et le budget de la musique occupait une place importante. En 1790 à Notre-Dame de Paris, au moment de la dissolution des chapitres ecclésiastiques par la Révolution, on comptait 51 chanoines, plus un personnel de 180 ecclésiastiques auxquels s’ajoutaient 14 chantres (c'est-à-dire choristes) professionnels et une maîtrise de 12 enfants (à l'époque, uniquement des garçons)[83]. Le maître du chœur et des enfants était appelé maître de musique (on dit actuellement maître de chapelle). Il dirigeait le chœur et enseignait la musique aux enfants au sein de l'école maîtrisienne, puisqu'il était nécessaire de les former afin qu'ils puissent chanter la voix de "dessus" (c'est-à-dire de soprano) dans le chœur (les femmes n'étaient pas admises). Ces maîtres étaient aussi compositeurs. Un des plus célèbres est André Campra, en place de 1694 à 1700. De même que les principaux choristes, ces maîtres pouvaient devenir chanoines (généralement de rang inférieur) et même prêtres, tout en poursuivant leur carrière professionnelle. Leur position de musiciens d'église les y incitait. Ils pouvaient ainsi cumuler différentes fonctions. Quel que soit leur statut, tous avaient voix au chapitre, y compris les enfants.

Mais après la Révolution, par manque d'argent et donc de personnel, un orgue de chœur devint nécessaire[83].

Un premier instrument, qui ne prit, semble-t-il, jamais place dans le chœur, fut commandé en 1839 pour la maîtrise de la cathédrale. Construit par la maison Daublaine et Callinet, il fut vite jugé insuffisant pour le chœur de Notre-Dame. Il fut vendu à la paroisse de Cordes (Cordes-sur-Ciel, dans le Tarn) en 1842. Il a été classé au titre des Monuments Historiques le 11 mai 1977.

L'orgue de chœur, logé au-dessus des stalles, vu de la tribune.

Un nouvel instrument, également créé par la maison Daublaine et Callinet, fut installé le 30 avril 1841. Il était placé à gauche de la Pietà de Nicolas Coustou. Pourvu d’un buffet de style néogothique, l’orgue disposait de deux claviers, et d’un pédalier. Il fut entendu pour la première fois le 2 mai 1841 à l’occasion du baptême du comte de Paris. Mais en 1857, les travaux de restauration de la cathédrale impliquant la modification du mobilier de Notre-Dame redessiné par Viollet-le-Duc, allaient faire disparaître cet instrument, lequel fut vendu à l’église Saint-Étienne de Roanne.

En 1863, on installa un orgue de Joseph Merklin dans un buffet gothique dessiné par Viollet-le-Duc. Il fut plusieurs fois modifié et restauré. On l’installa au-dessus des stalles du côté nord du chœur. De restauration en restauration, il fut jugé irrécupérable en 1966, et remplacé en 1969 par l’orgue actuel créé par Robert Boisseau.

Musique sacrée à Notre-Dame de Paris[modifier | modifier le code]

Musique sacrée à Notre-Dame de Paris est le nom de la structure qui gère l’enseignement musical et l’animation des offices à Notre-Dame.

Pendant une quinzaine d’années (jusqu’en 2006), chœurs et maîtrise ont été dirigés par Nicole Corti, actuellement professeur au Conservatoire de Lyon (CNSMD). Elle y avait été formée par Bernard Têtu (également directeur musical des Chœurs et solistes de Lyon). En septembre 2006, Lionel Sow a pris la direction de l’ensemble de la Maîtrise Notre-Dame de Paris (Chœur d’enfants, Jeune Ensemble et Chœur d’adultes). Depuis 2002, il était assistant de Nicole Corti, auprès des enfants de la maîtrise. En outre, à partir de 2004, il a commencé à diriger régulièrement le Chœur de Radio France. En 2014, il sera le chef du chœur de l'Opéra de Paris. C'est le chef de chœur et organiste Henri Chalet qui le remplacera à Notre-Dame (Henri Chalet y était déjà chef assistant et professeur).

Depuis 1994, Sylvain Dieudonné est également chef de chœur à Notre-Dame, il a en charge le Département de musique médiévale. Spécialiste du chant grégorien, il enseigne et dirige la liturgie grégorienne à Notre-Dame. Il est aussi chercheur et musicologue[84].

Actuellement, le chœur d’enfants est dirigé par Émilie Fleury.

Trésor de Notre-Dame de Paris[modifier | modifier le code]

Le trésor de Notre-Dame de Paris est exposé dans l'immeuble néogothique de la Sacristie du Chapitre, construit au XIXe siècle par Viollet-le-Duc, et situé au sud du chœur de la cathédrale. On y accède par une des chapelles latérales droites du chœur. Le public peut actuellement le visiter tous les jours sauf le dimanche[13]. On peut y voir notamment comme pièces prestigieuses la Couronne d’épines et d'autres reliques de la Passion du Christ, ostensoirs et reliquaires, un grand lutrin à la baroque envolée, une collection de camées des papes[85].

Sacristie du Chapitre[modifier | modifier le code]

À l’avant-plan, juste devant le bras sud du transept, le bâtiment de la Sacristie du Chapitre, datant du XIXe siècle et situé au sud-est de l’édifice, héberge le trésor de Notre-Dame. À droite, à l’arrière-plan : le chœur de la cathédrale.

Dans les années 1830, la construction d’une nouvelle Sacristie du Chapitre s’imposait. En effet, le bâtiment précédent, construit par Soufflot en 1758, d’abord gravement endommagé lors des émeutes du 29 juillet 1830, avait connu un triste sort le 14 février 1831. Ce jour-là en effet le palais archiépiscopal et la sacristie furent pillés et détruits[86]. Le budget de 2 650 000 francs pour la restauration de la cathédrale, voté par l'Assemblée nationale en 1845, impliquait non seulement la réfection du sanctuaire, mais aussi la construction de cette sacristie, et ce pour un montant de 665 000 francs pour le gros œuvre. Comme on l’a vu, l’édification de cette dernière s’avéra bien plus coûteuse, le sous-sol très instable nécessitant des fondations profondes de quelque 9 mètres. Quant au style, Viollet-le-Duc opta pour celui du XIIIe siècle pour le mettre en harmonie avec le chevet de la cathédrale.

La sacristie est reliée à la cathédrale par deux bras parallèles enserrant de ce fait un espace affecté à un petit cloître carré, le cloître du Chapitre.

Vitraux de la Sacristie du Chapitre[modifier | modifier le code]

Les vitraux avaient été prévus blancs au départ, mais Prosper Mérimée ayant souligné les inconvénients de cette absence de coloration, on en vint rapidement à mettre en place des vitraux de couleur. Ceux de la salle principale de l’édifice qui représentent une série d’évêques de Paris furent exécutés par Maréchal de Metz.

Les arcatures des galeries du cloître possèdent dix-huit verrières dont les vitraux sont de couleurs plus légères, œuvre d'Alfred Gérente d’après les dessins de Louis Steinheil. Ces verrières représentent la légende de sainte Geneviève, patronne de la ville de Paris. On peut voir au bas de chaque vitrail une inscription latine décrivant la scène. Seules, les six dernières scènes de la vie de la sainte peuvent être admirées par les visiteurs. Ce sont ceux qui se trouvent dans le couloir donnant accès au Trésor. Au sommet de la principale verrière du cloître, se trouve un vitrail représentant le Couronnement de la Vierge.

Reliquaires et reliques[modifier | modifier le code]

Le second reliquaire de la Sainte Couronne d’Épines, réalisé en 1862 par Placide Poussielgue-Rusand.

Les pièces principales exposées au trésor sont les reliquaires de la Sainte Couronne d’Épines et d’un fragment de la Croix du Christ, ainsi qu’un clou de cette dernière. Ne sont présentés au public que les reliquaires que divers donateurs du XIXe siècle (dont Napoléon Ier et Napoléon III) offrirent pour les accueillir. Rappelons que lors de la Révolution le trésor fut pillé, et les divers objets qu’il contenait éparpillés ou détruits.

La pièce centrale du trésor est le reliquaire de la Croix Palatine qui s’y trouve depuis 1828. On la nomme ainsi parce qu’elle a appartenu à la princesse Palatine Anne de Gonzague de Clèves morte au XVIIe siècle. Ce reliquaire est destiné à contenir un morceau de la vraie Croix ainsi qu’un clou de cette dernière. On y trouve une lame en or avec inscription en grec attestant que le fragment a appartenu à l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène mort en 1180.

Autre pièce de grande valeur, l’ancien reliquaire de la Sainte Couronne d’Épines qui fut créé en 1804 par Charles Cahier. La Couronne d’Épines fut acquise de Baudouin II de Courtenay, dernier empereur latin de Constantinople, par saint Louis, roi de France. Elle est visible durant le carême et la Semaine Sainte. Lors de la restauration de 1845 effectuée par l’équipe de Viollet-le-Duc, la création d’une nouvelle châsse-reliquaire pour la Couronne d’Épines s’imposa. Ce nouveau reliquaire, en bronze et argent dorés, diamants et pierres précieuses, date de 1862. Il a une hauteur de 88 cm pour une largeur de 49 cm. Il fut réalisé d’après le dessin de Viollet-le-Duc par l’orfèvre Placide Poussielgue-Rusand, le même qui exécuta la Couronne de lumière de la cathédrale. Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume a collaboré à sa réalisation pour la sculpture des figures.

Le trésor contient aussi des reliques de saint Louis, roi de France : des vêtements, un fragment de sa mâchoire et d’une côte.

Autres objets du trésor[modifier | modifier le code]

Ce sont surtout des objets datant des XIXe et XXe siècles qui sont exposés, les pièces possédées antérieurement ayant été en très grande partie, pillées, détruites, dispersées ou fondues à la Révolution.

  • Il existe de nombreux manuscrits précieux et des livres imprimés que l’on peut voir exposés dans les couloirs.
  • Une belle collection d’ornements sacerdotaux.
  • Souvenirs de Viollet-le-Duc et de son travail de restauration, souvenirs aussi des trois archevêques assassinés (monseigneur Affre, monseigneur Sibour et monseigneur Darboy), ainsi que de Paul Claudel et de sa conversion dans l’enceinte de Notre-Dame.
  • Dans la salle principale, se trouve une belle collection d’œuvres d'orfèvrerie, dont les reliquaires déjà décrits. On trouve notamment une Vierge à l’Enfant, offerte à la cathédrale par le roi Charles X en 1826, œuvre d’Odiot. Dans la même salle, on peut admirer une vaste collection d’objets du culte (ciboires, burettes, aiguières, etc.).
  • Souvenirs des papes : notamment ciboires de Léon XIII et de Jean XXIII.
  • Dans la salle capitulaire, on peut admirer une vaste collection de 258 camées à l’effigie de tous les papes depuis saint Pierre jusqu’à Pie IX.
  • Parmi les objets antérieurs à la Révolution, rassemblés dans un meuble spécialement dessiné par Viollet-le-Duc, se trouve une très belle croix en ébène et cuivre, avec Christ en ivoire. Ce petit chef-d’œuvre est attribué à François Girardon.
  • Parmi les œuvres les plus récentes, on peut admirer une cuve baptismale et son aiguière ainsi qu’un chandelier pascal, œuvres du sculpteur et orfèvre Goudji (1986). Lors des JMJ de 1997, Jean-Paul II utilisa cette cuve baptismale : dès lors, l’image du baptême des catéchumènes dans la cuve baptismale de Goudji fera le tour du monde.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Une foule cosmopolite de visiteurs se presse tous les jours sur le parvis. Ici près du portail du Jugement Dernier.

Notre-Dame de Paris est, avec environ vingt millions de pèlerins et visiteurs par an, dont quatorze millions entrant dans la cathédrale (chiffres 2012)[87], le monument de France le plus visité (pour la France : devant la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, le musée du Louvre, le parc du château de Versailles et la tour Eiffel[88]). Soit une moyenne de plus de 30 000 personnes par jour. Les jours de grande affluence, ce sont plus de 50 000 pèlerins et visiteurs qui y pénètrent.

Visites[modifier | modifier le code]

Notre-Dame de Paris est ouverte tous les jours de h 45 à 18 h 45 (19 h 15 le samedi et le dimanche). L'entrée est libre et gratuite. Il existe un bureau d'accueil et d'informations situé à l'intérieur, après le grand portail du Jugement Dernier en entrant. Ce bureau est ouvert du lundi au vendredi de h 30 à 18 h 0, et les samedi et dimanche de h 0 à 18 h 0. Des visites payantes des tours de la cathédrale sont organisées tous les jours par le Centre des monuments nationaux (sauf les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre). Elles se déroulent de 10 heures à 17 h 30 (la dernière admission a lieu à 16 h 45). Visites nocturnes en été. Le week-end : de 10 à 23 heures[89].

Lors de la visite des tours, la montée s'effectue à pied par la tour sud, ce qui permet d'accéder à la Galerie des Chimères, puis au sommet de cette tour sud. Les visiteurs peuvent également admirer le célèbre bourdon Emmanuel. Le temps d'attente peut être fort long étant donné que, pour des raisons de sécurité, le flux maximum est limité à une vingtaine de visiteurs admis toutes les 10 minutes. La visite est gratuite le premier dimanche de chaque mois (entre le 1er novembre et le 31 mars).

En 2012, il existe des visites en français, anglais, allemand, espagnol, italien, japonais, russe et chinois (selon les jours, voir calendrier sur le site de la cathédrale) offertes gratuitement par la cathédrale. Elles ont pour mission de présenter le message chrétien au travers de l'architecture, des vitraux et des œuvres d'art. Le Centre des monuments nationaux organise également des visites en langue des signes (LSF) pour les personnes malentendantes[90].

Offices religieux[modifier | modifier le code]

Vue de Notre-Dame pendant un office religieux

Notre-Dame est une église particulièrement vivante. Cinq offices par jour sont célébrés du lundi au samedi, et sept le dimanche. En ajoutant les fêtes et services religieux exceptionnels, ce sont plus de 2 000 célébrations par an qui se passent sous les voûtes de la cathédrale.

Environnement[modifier | modifier le code]

Article connexe : Point kilométrique.

Une plaque de bronze incrustée dans le sol de son parvis sert de point zéro de toutes les distances routières calculées à partir de Paris.

Vue de la flèche et des toits de Notre-Dame, prise depuis le sommet de la tour sud en direction de l’est.

D’autre part, la cathédrale constitue pour l’IGN un site NTF d’ordre 5[91], sa flèche étant un point géodésique, c’est-à-dire qu’on connaît avec précision ses coordonnées géographiques, (600 985,75 m, 128 058,65 m) en Lambert I, et son altitude, 126,7 m en NGF - IGN69[92].

Médias[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Notre-Dame de Paris dans une enluminure de Jean Fouquet (XVe siècle) : La Main de Dieu protégeant les fidèles - Heures d’Étienne Chevalier, New York, The Metropolitan Museum of Art.

Chansons[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Notre-Dame de Paris est le titre d’un célèbre roman de Victor Hugo publié en 1831 : la cathédrale sert de décor à la trame du récit : Quasimodo, le sonneur difforme et son amour impossible pour la danseuse gitane Esméralda, elle-même objet du désir du prêtre renégat Claude Frollo. Ce roman porte sur deux sujets bien distincts : l’histoire classique de compassion et d’héroïsme, et la réaction de Victor Hugo face aux modifications qui ont mutilé la hardiesse du Moyen Âge, qui est en phase avec le romantisme et les catholiques qui veulent revenir à la ferveur « naïve ». Il écrit par ailleurs également en partie le roman afin de captiver l’attention des Français vers la cathédrale, indigné du piteux état dans lequel se trouvait l’édifice à son époque.

D'autres apparitions remarquables :

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Ouvrages documentaires[modifier | modifier le code]

  • Notre-Dame de Paris (éditions Leconte)
  • Notre-Dame de Paris au carrefour des cultures (Marie-Jeanne Coloni)
  • Autour de Notre-Dame

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Adaptations de Notre-Dame de Paris.

Le roman de Victor Hugo a donné lieu à de multiples adaptations cinématographiques, dont le dessin animé Disney, Le Bossu de Notre-Dame qui reste l'une des adaptations du roman au cinéma et à la télévision les plus connues à ce jour.

Accès[modifier | modifier le code]

Le site est desservi par les lignes (RER)(B)(C) du RER à la gare Saint-Michel - Notre-Dame, par les lignes de métro (M)(4) à la station Saint-Michel ou Cité, (M)(10) à la station Cluny-La Sorbonne ainsi que par les lignes de bus (BUS) RATP 21 24 27 38 47 63 67 85 86 87 96.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les fouilles ne permettent pas de déterminer avec précision l'historique architectural de cet édifice, il semble en effet que Sully ait fait raser jusqu'aux fondations de cet édifice pour atteindre le rocher sur lequel est construit la cathédrale au XIIe siècle.
  2. Entre 1815 et 1914, la valeur du franc (franc dit germinal à l’époque correspondant à 0,3225 gramme d’or à 90 %) resta stable et peut être estimée à l’équivalent de 10 euros (2008). Le crédit ouvert par l’Assemblée équivalait donc à quelque 25 millions d’euros, ce qui était tout à fait insuffisant, vu l’ampleur des travaux.
  3. Sur la centaine de grandes statues sculptées par l’équipe de restaurateurs, Geoffroi-Dechaume en réalisa trente : dix-huit de pierre et douze de cuivre repoussé. Parmi les autres sculpteurs de l’équipe, se trouvaient notamment Chenillion, Fromanger, Michel-Pascal, Toussaint, Elmerich, Prinsay et Vatrinelle. Seul Adolphe-Victor Geoffroi-Dechaume a atteint la gloire posthume.
  4. Les « miracles » sont des pièces de théâtre, jouées devant les églises pour l’édification et la récréation des fidèles. Le Miracle de Théophile, écrit par Rutebeuf vers 1260 est le plus célèbre de tous.
  5. La statue qui disparut sous la Révolution représentait un chevalier casqué, monté sur un cheval richement caparaçonné.
  6. À plusieurs voix différentes évoluant en même temps, ou, par extension, à plusieurs parties, vocales aussi bien qu'instrumentales.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Classement au titre des rives de la Seine
  2. Recueil des lois de la République Française, des actes du gouvernement et des autorités constituées depuis l'érection de l'Empire Français, Volume 5.
  3. a, b, c et d [PDF]Notre-Dame de Paris. Une des premières cathédrales gothiques de France
  4. a, b, c et d Michel Rouche, « Jubilé de cathédrale Notre-Dame de Paris - La symbolique des cathédrales : approche historique, religieuse, sociale », émission La voix est libre sur Radio Notre-Dame, 19 décembre 2012
  5. Victor Mortet, Étude historique et archéologique sur la cathédrale et le palais épiscopal de Paris du VIe au XIIe siècle, A. Picard,‎ 1888, p. 5-6
  6. a, b, c, d et e Marc Fourny, « Les dix secrets de Notre-Dame de Paris », sur Le Point,‎ 12 décembre 2012
  7. Site sur Philippe-Auguste - la ville de Paris au XIIe siècle
  8. Baldwin, John, Philippe Auguste et son gouvernement - Les fondations du pouvoir royal en France au Moyen Âge, traduit de l’anglais par Béatrice Bonne (préface de Jacques Le Goff), Fayard, 1991
  9. Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 2, Cathédrale
  10. a et b « Notre-Dame de Paris, joyau de l'art gothique, célèbre ses 850 ans », sur Libération,‎ 12 décembre 2012
  11. Fontaines et réservoirs de Paris
  12. Notre-Dame de Paris et le vœu de Louis XIII, une dévotion contemporaine
  13. a et b Louis Laforge, « Les 850 ans de Notre-Dame », émission Des racines et des ailes sur France 3, 13 février 2013
  14. Insecula - Histoire de Notre-Dame de Paris
  15. Cathédrale d’art et d’histoire Vitraux
  16. Hervé Cabezas, « Du « vitrail archéologique » », Revue d'archéologie moderne et d'archéologie générale, vol. 6,‎ 1988, p. 118-120
  17. a et b Yves Combeau, « L’histoire de Notre Dame de Paris : 850 ans... et toujours aussi belle ! » sur Canal Académie, 23 décembre 2012
  18. Jacques Le Chevallier
  19. Jean-Baptiste Lebigue, « L'ordo du sacre d'Henri VI à Notre-Dame de Paris (16 décembre 1431) », dans Notre-Dame de Paris 1163-2013, dir. Cédric Giraud, Turnhout : Brepols, 2013, p. 319-363
  20. Le Figaro no 228 du jeudi 10 mai 1945.
  21. « Paris: un homme se suicide à Notre-Dame » lefigaro.fr du 21 mai 2013.
  22. C. S., « Un précédent en 1931 », in Le Figaro, mercredi 22 mai 2013, p. 11.
  23. Notre-Dame en long et en large - Dimensions
  24. Site de Notre-Dame de Paris - La cathédrale en chiffres
  25. Notre-Dame de Paris - Historique de la construction
  26. a, b, c et d Eléonore Veillas, reportage « Découverte des tours de la cathédrale » sur Radio Notre-Dame, 13 décembre 2012
  27. C’est notamment l’opinion d’Alain Erlande-Brandenburg qui sur base de l’étude des documents laissés par Viollet-le-Duc écrit : « Viollet-le-Duc en analysant le monument avait constaté que les souches des tours avaient été prévues pour recevoir des flèches dont il proposa la restitution » (Notre-Dame de Paris par Alain Erlande-Brandenburg, p. 215, Éditions de la Martinière (Paris) 1997 ISBN 2-7324-2392-0)
  28. Visite des tours de Notre-Dame de Paris
  29. Les tours et la crypte
  30. Site Insecula - Architecture de Notre-Dame de Paris
  31. Eugène Viollet-le-Duc Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - rubrique Âmes (les)
  32. Insecula - Architecture de Notre-Dame de Paris
  33. Andrew Tallon, historien ayant effectué un relevé au laser de toute la cathédrale à l’aide d’un scanner, intervention dans le documentaire de Christine Le Goff & Gary Glassman, « Les Cathédrales dévoilées », Arte Éditions, 2011
  34. Cathédrale Notre-Dame de Paris - La charpente
  35. Eugène Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle : Arc-boutant
  36. Eugène Viollet-le-Duc : Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 7, Pignon
  37. Le portail du Cloître - avec photo
  38. Wikisource : - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 8, Serrurerie
  39. Lorànt Deutsch,Métronome, l'histoire de France au rythme du métro parisien, p. 66
  40. Les portes de Notre-Dame, Le Petit Journal, Petit Pierre, 23/08/1867 Lire en ligne
  41. Annales archéologiques de Antoine Napoléon Didron, 1844-67 (p. 52)
  42. Description de Notre-Dame, cathédrale de Paris - de Roch F. M. Nolasque (p. 73)
  43. Jean-Baptiste Lassus (1807-1857) Le temps retrouvé des cathédrales, Librairie Droz Lire en ligne
  44. Les portes de Notre-Dame, Le Petit Journal, Petit Pierre, 24 août 1867 Lire en ligne
  45. Cathédrale Notre-Dame de Paris - Les bâtisseurs de cathédrales
  46. Cathédrale Notre-Dame de Paris - page concernant la charpente
  47. Notre-Dame de Paris - Chimères et gargouilles
  48. Annick Colonna-Césari, « Les Gargouilles de Notre-Dame », sur L'Express,‎ 7 décembre 2011
  49. (en) Michael Camille, The Gargoyles of Notre-Dame : Medievalism and the Monsters of Modernity, University of Chicago Press,‎ 2009 (ISBN 0226092453, lire en ligne), p. 130-139
  50. Hélène Quiniou, « Les vraies-fausses gargouilles de Notre-Dame », sur Books,‎ 3 novembre 2011
  51. Notre-Dame de Paris - Le toit, les apôtres - Photo du groupe d’apôtres où Viollet-le-Duc prête son visage à saint Thomas
  52. a et b Projet de nouvelle sonnerie pour les tours de la cathédrale
  53. M. C. P. G. (Gueffier), Description historique des curiosités de l'église de Paris, Paris, C. P. Gueffier, 1765, p. 38
  54. Dédicace au-dessus du « cerveau » orné d'une frise de feuilles : « Quæ Prius Jacquelina, Joannis comitis De Monte Acuto Donum Pond. XV. M. Nunc Duplo Aucta, Emmanuel-Ludovica-TheresiA Vocor a Ludovico Magno ac Maria Theresia ejus conjuge nominata, et a Francisco Harlay primo ex Archiepiscopis Parisiensibus Duce Ac Pari Francis Benedicta. Die XXIX. Aprilis MDCLXXXII » ; inscription sur la « pince » : « Florentin Le Gvay, Natif Et Maistre De Paris, M'a Faicte - N. Chapelle. J. GlLLOT. F. MOREAU M'ONT FAICT EN 1685 ».
  55. Source : A.P.M. Gilbert, « Description historique de la basilique métropolitaine de Paris », A. Leclère, 1821, in-8°, p. 146
  56. a et b « Cathédrale Notre-Dame-de-Paris : Retour des anciennes cloches de la tour nord », sur www.ile-de-france.gouv.fr,‎ 19 février 2014 (consulté le 31 mars 2014).
  57. a et b Philippe Royer, « La dépose des cloches lance les festivités du 850e anniversaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris », sur Le Pèlerin,‎ 20 février 2012
  58. de Mallevoüe, « La guerre des cloches de Notre-Dame est déclarée », sur Le Figaro,‎ 9 novembre 2012 (consulté le 31 mars 2014).
  59. AFP, « Des cloches pour Notre-Dame de Paris fondues au cœur du bocage normand », sur lexpress.fr,‎ 19 novembre 2012 (consulté le 11 décembre 2012)
  60. « animation explicative sur Dailymotion »
  61. [vidéo] Ouest-France, Les cloches de Notre-Dame de Paris prennent forme à Villedieu-les-Poêles. Consulté le 11 décembre 2012.
  62. « Villedieu-les-Poêles. Une cloche de quatre tonnes coulée pour Notre-Dame de Paris », sur ouest-france.fr,‎ 19 novembre 2012 (consulté le 11 décembre 2012)
  63. Vidéo Inauguration du nouvel ensemble campanaire et sonnerie des cloches sur YouTube, par KTOtv, mis en ligne le 23 mars 2013, consulté le 24 mars 2013.
  64. Sonnerie des nouvelles cloches de Notre-Dame de Paris, site officiel, consulté le 24 mars 2013.
  65. La Grande-Duchesse, marraine d’une des cloches de Notre-Dame de Paris, sur lequotidien.lu, mis en ligne le 31 janvier 2013, consulté le 24 mars 2013.
  66. Paris - Cathédrale Notre-Dame avec commentaires historiques
  67. Le Crucifiement de Saint Pierre avec photo
  68. Collectif avec Aline Dumoulin, Paris d'église en église, p. 98, Massin, 2008
  69. Site Insecula - L'adoration des bergers
  70. Collectif avec Aline Dumoulin, Paris d'église en église, p. 99, Massin, 2008
  71. http://www.notredamedeparis.fr/spip.php?article755
  72. La Fontaine de la Sagesse sur Insecula
  73. M. Aubert, La cathédrale Notre-Dame de Paris (855), p. 18.
  74. Mme F. Baron, « Le cavalier royal de Notre-Dame et le problème de la statue équestre au Moyen Âge », dans Bulletin Monumental, tome 126, 1968, p. 140-150.
  75. Robert Gane, Le chapitre de Notre-Dame de Paris au XIVe siècle, Étude sociale d'un groupe canonial, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 1999, p. 57.
  76. « Notice no PM75004222 », base Palissy, ministère français de la Culture
  77. « Notice no PM75004223 », base Palissy, ministère français de la Culture
  78. « Notice no PM75002781 », base Palissy, ministère français de la Culture
  79. « Notice no PM75000693 », base Palissy, ministère français de la Culture
  80. « Notice no PM75000685 », base Palissy, ministère français de la Culture
  81. Paris - Cathédrale Notre-Dame : Grand-Orgue
  82. Université de Québec - Cathédrale Notre-Dame, Paris France
  83. a et b http://www.notredamedeparis.fr/spip.php?article85
  84. Site de l’association Musique sacrée à Notre-Dame de Paris.
  85. Muséographie du trésor de Notre-Dame de Paris
  86. Cathédrale Notre-Dame de Paris
  87. Chiffres Mairie de Paris
  88. Tourisme en France - Palmarès 2006 des sites les plus visités selon l'ONT
  89. Centre des monuments nationaux - Visite des tours de Notre-Dame de Paris
  90. Cathédrale Notre-Dame de Paris - Préparer sa visite
  91. « Paris AO, site no 75056AO », IGN Service Géodésie et Nivellement (consulté le 26 août 2008).
  92. « Site no 75056AO, point A : Cathedrale : Fleche : Croix : Centre », IGN Service Géodésie et Nivellement (consulté le 26 août 2008).
  93. a, b, c, d, e, f et g Voir Martin Pénet, La chanson de la Seine, Sociétés & Représentations 1/2004 (no 17), p. 51-66
  1. Daguerréotypes et photos (pages 210 et suiv.)
  2. pp. 108 et 124
  3. pages 28 et suivantes
  4. chapitre sur la cathédrale rayonnante (pp. 147-155)
  5. pp. 74 et 80)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Ferdinand de Guilhermy et Eugène Viollet-le-Duc, Description de Notre-Dame, cathédrale de Paris, Librairie d'architecture de Bance, Paris, 1856, [lire en ligne]
  • Marcel Aubert, Les Vitraux de Notre-Dame et de la Sainte-Chapelle de Paris, Paris, Caisse nationale des monuments historiques / CNRS avec le concours de l'U.N.E.S.C.O.,‎ 1959, 357 p.
  • Centre d'Histoire « Espaces et Cultures » (CHEC), Les musiciens d’église en 1790. Premier état d’une enquête sur un groupe professionnel, in : Annales historiques de la Révolution française, no 2, Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, 2005, p. 57-82 (article rédigé par Stéphane Gomis, Frédérique Longin, Laurent Borne, Grégory Goudot et Bernard Dompnier, membres du « Groupe de prosopographie des musiciens » de l’Université de Clermont-Ferrand). Travail sur la série D XIX (90, 91, 92) des Archives nationales.
  • François Collombet, Les plus belles cathédrales de France, Sélection du Readers Digest, Paris (France), (ISBN 2-7098-0888-9), 1997; p. 214–219.
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  • (de) Erwin Heinle, Türme aller Zeiten - aller Kulturen (3e édition), Deutsche Verlags-Anstalt, Stuttgart (Allemagne), (ISBN 3-421-02931-8), 1997 ; p. 140.
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  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, L'Art de Paris, Éditions Place des Victoires, Paris (France), (ISBN 2-84459-065-9), 2003.
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  • Anne Prache, Île-de-France romane, Édition Zodiaque, Paris (France), 1983 ; p. 69–70.
  • Roland Recht, Les Bâtisseurs des cathédrales gothiques, Éditions Les musées de la ville de Strasbourg, Strasbourg (France), (ISBN 2-901833-01-2), 1989.
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  • Pascal Tonazzi, Florilège de Notre-Dame de Paris, Éditions Arléa, Paris (France), (ISBN 2-86959-795-9), 2007.
  • Hors-série du Pèlerin, Notre-Dame de Paris, la cathédrale vue du ciel. Des photos inédites , 2012.
  • Notre-Dame de Paris 1163-2013. Actes du colloque scientifique tenu au Collège des Bernardins, à Paris, du 12 au 15 décembre 2012, dir. Cédric Giraud, Turnhout : Brepols, (ISBN 978-2-503-54937-8), 2013.
  • Jean-Pierre Riocreux, Les vitraux du cloître de la cathédrale Notre-Dame de Paris, 2005.