Daniel Buren

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Daniel Buren

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Daniel Buren au MAMCS, Strasbourg 13 juin 2014.

Naissance 25 mars 1938
Boulogne-Billancourt (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Artiste, peintre et sculpteur
Formation
Distinctions

Daniel Buren est un artiste français, né à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, le 25 mars 1938. Il vit et travaille in-situ.

Travail[modifier | modifier le code]

Daniel Buren a intégré l’École des métiers d’arts où il étudie la peinture et la décoration générale.

Buren développe, dès le début des années 1960, une peinture de plus en plus radicale qui joue à la fois sur l’économie des moyens mis en œuvre et sur les rapports entre le fond (le support) et la forme (la peinture)[1].

En 1965, il peint des tableaux qui mêlent formes arrondies et bandes de tailles et de couleurs diverses. Peignant déjà sur des tissus rayés, il se tourne vers une toile de store à bandes verticales alternées, blanches et colorées, d’une largeur de 8,7 cm. Ce support le fascine car il lui permet d’aborder l’art d’une manière impersonnelle. Peu à peu, Buren veut réduire son intervention picturale pour arriver à ce qu'il appelle le « degré 0 » de la peinture. Dans cette optique, il produit en 1967 plusieurs peintures sur tissu rayé. Le principe est de recouvrir de peinture blanche les deux bandes extrêmes (extérieures) colorées[2],[3].

Le 3 janvier de la même année, il va être invité à participer à une exposition nommée « 18e Salon de la Jeune peinture ». Il y invite 3 de ses amis : Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni formant ainsi le groupe B.M.P.T. Lors de cette journée, les artistes produiront leurs œuvres sur place (des toiles de 2,50 m sur 2,50 m) : une toile rayée verticalement pour Buren, une toile blanche et marquée en son centre d’un cercle noir pour Mosset, la toile de Parmentier est traversée de larges bandes horizontales, et enfin celle de Toroni est marquée à intervalles réguliers de l’empreinte d’un pinceau n°50. Une fois les œuvres exposées et l’exposition ouverte, les artistes décrochent aussitôt leurs œuvres et affichent la banderolle : "BUREN MOSSET PARMENTIER TORONI N'EXPOSENT PAS". Suite à cela, le groupe exposera à d’autres reprises (Manifestation 2, 3 et 4) en essayant toujours de répondre au « programme minimum d’action » mis en place précédemment[4].

En septembre / novembre 1967, après leur quatrième manifestation à la 5e biennale de Paris, le groupe se sépare, n’ayant plus tout à fait les mêmes principes et la même vision du statut de l’artiste.

Une fois redevenu indépendant, Daniel Buren mène une réflexion sur la peinture, sur ses modes de présentation et, plus largement, sur le mur, l'espace et le problème de l'exposition[5].

Ses œuvres interrogent bientôt systématiquement 2 notions qui sont pour lui liées[6] ,[7]  :

  • le lieu qui les accueille et pour lequel elles sont conçues, d’abord la rue, dès 1967, puis la galerie, le musée, le paysage ou l’architecture. Ce travail lui permet d’inventer le terme « travail in situ », qui caractérise depuis une grande partie de ses interventions.
  • le spectateur qui va pouvoir découvrir ou redécouvrir un lieu au travers de ses installations.

Après avoir critiqué les institutions (musées, salons…) en 1968, il préfère intervenir dans la rue mais peu à peu il réintégrera le système de l’art. Dans tous les cas, il travaillera « In situ », adaptera son travail au lieu, et détruira ses œuvres une fois l’installation terminée. Au travers de ce travail éphémère, les bandes alternées, qu’il nommera « outil visuel », lui permettent notamment de révéler les particularités signifiantes du lieu, les déployant au sein de dispositifs spécifiques et parfois complexes, entre peinture, sculpture et architecture[2],[8].

Ses interventions in situ jouent sur les points de vue, les espaces, les couleurs, la lumière, le mouvement, l’environnement, la découpe ou la projection, assumant leur pouvoir décoratif ou transformant radicalement les lieux, mais surtout interrogeant les passants et spectateurs. C’est notamment le cas pour l’intervention des « Hommes Sandwichs » dans Paris, où des hommes portent des pancartes recouvertes de papier rayé. Mais aussi pour l’ « Affichage sauvage » de papier à rayures blanches et vertes dans les rues de Paris[9].

Daniel Buren en 1997.

Incisif, critique, engagé, le travail de Buren, continuellement développé et diversifié, suscite toujours commentaires, admiration et polémique. En 1986, est réalisée sa commande publique la plus controversée, Les Deux Plateaux, pour la cour d’honneur de Palais-Royal à Paris. Cette intervention a été source de polémiques. Commandé par le ministre de la culture de l’époque, Jack Lang, et le Président François Mitterrand, le concours de restructuration, de ce qui est alors le parking du ministère, est gagné par Daniel Buren et Patrick Bouchain. Les recherches de Buren tendent vers la création de colonnes en marbres, rayées blanc et noire (en respectant toujours l’écartement de 8,7 cm), disposées selon une trame. Leurs bases se situent en sous-sol, les plus basses sortent à peine du sol alors que les plus hautes sont surélevées de 3 mètres du sol. Les travaux commencent mais peu de temps après, en mars 1986, le ministre de la culture change. C’est à présent François Léotard qui est au pouvoir. Se servant des critiques faites par les riverains et les magazines qui se montaient contre le projet, M. Léotard décide de le stopper. Buren se défend en évoquant la possibilité de finir l’œuvre et de voir les réactions qu’elle allait produire, en fonction, ils la détruiront ou non. Dans cette optique, le projet a pu être terminé et finalement gardé[10].

Daniel Buren au FILAF à Perpignan en juin 2014

Dans la même année, Buren représente la France à la biennale de Venise et remporte le Lion d’or. Il fait partie des artistes les plus actifs et reconnus de la scène internationale, et son œuvre a été accueillie par les plus grandes institutions et par les sites les plus divers dans le monde entier.

En mai et juin 2012, Buren est l'artiste invité de la cinquième édition de l'exposition « Monumenta » au Grand Palais[11].

Daniel Buren assure la scénographie du ballet Daphnis et Chloé, chorégraphié par Benjamin Millepied, à l'Opéra de Paris, en mai 2014[12].

Il est invité d'honneur du Festival international du livre d'art et du film à Perpignan en 2014[13].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Autre[modifier | modifier le code]

Œuvres dans l'espace public et semi-public[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des œuvres de Daniel Buren.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Position-Proposition, Städtisches Museum, Mönchengladbach, 1971
  • Sanction of the Museum, Museum of Modern Art, Oxford, 1973
  • Five texts, John Weber gallery, New York / Jack Wendler gallery, Londres, 1973
  • À partir de là / Von da an, Städtisches Museum, Mönchengladbach, 1975
  • Rebondissements, Daled & Gevaert, Bruxelles, 1977
  • Les couleurs : sculptures. Les formes : peintures, Centre Georges Pompidou, Paris / Les presses du Nova Scotia College of Art & Design, Halifax, 1981
  • Points de vue, Daniel Buren, Suzanne Pagé, musée d'art moderne de la ville de Paris, 1983
  • De la Couverture, XLIIe biennale de Venise, AFAA, Paris, 1986
  • Entrevue. Conversations avec Anne Baldassari, Musée des arts décoratifs / Flammarion, Paris, 1987
  • Daniel Buren, Catherine Francblin, Art Press, Paris, 1987
  • Photos-Souvenirs 1965-1988, Daniel Buren, Art Edition, Villeurbanne, 1988
  • Les Écrits (1965-1990), Daniel Buren, capc, Musée d'art contemporain, Bordeaux, 1991
  • Arguments topiques, Daniel Buren, Marc Sanchez, capc, musée d'art contemporain, Bordeaux, 1991
  • Propos délibérés, Daniel Buren-Michel Parmentier, entretiens avec Anne Baldassari, Art Edition, Villeurbanne / Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 1991
  • Erscheinen, scheinen, verschwinden, Daniel Buren, Doris Krystof, Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf, 1996
  • Transparence de la lumière, Travaux in situ, Daniel Buren, Shimizu Toshio, Art Tower Mito (Japon), 1996
  • Images du Japon, AFAA, Paris, 1996
  • Au sujet de, entretien de Daniel Buren avec Jérôme Sans, Flammarion, Paris, 1998
  • À force de descendre dans la rue, l’art peut-il enfin y monter ?, Daniel Buren, Sens & Tonka, Paris, 1998
  • L'Ineffable, à propos de l'œuvre de Ryman, Daniel Buren, Jannink, Paris, 1999
  • Cabanes éclatées 1975-2000 (catalogue raisonné thématique, volume 2), Annick Boisnard/Daniel Buren, Alex Alberro, Editions 11/28/48, Le Bourget, 2000
  • Daniel Buren 1964-1966 (catalogue raisonné chronologique, tome II), Annick Boisnard/Daniel Buren, Christian Besson, Musée d’art moderne Lille Métropole, Villeneuve d’Ascq / Éditions 11/28/48, le Bourget, 2000
  • Les Couleurs Traversées, Daniel Buren, Eckardt Schneider, Kunsthaus, Bregenz, 2001
  • Daniel Buren, Guy Lelong, Flammarion, Paris, 2001
  • Mot à mot, Daniel Buren, Bernard Blistène, Alison Gingeras, Laurent Le Bon, Julie Pellegrin, Editions Centre Pompidou / Editions de la Martinière / Editions Xavier Barral, Paris, 2002
  • Daniel Buren 1997-1999 (catalogue raisonné chronologique, tome XIII), Annick Boisnard/Daniel Buren, Bernard Blistène, éditions du Centre Pompidou, Paris / Editions 11/28/48, Le Bourget, 2002
  • In situ, Bruno Corà, Testo & Immagine, Turin, 2003
  • Transitions : works in situ, Daniel Buren, Odate Natsuko, Kitagawa Tomoaki, Toyota Municipal Museum of Art, Toyota, 2003
  • Buren Times, Bernard Blistène, Daniel Buren, Susan Cross et Alison Gingeras, Guggenheim Museum, New York, 2005
  • Daniel Buren, Intervention II works in situ, Daniel Buren, Jérôme Sans, Suzanne Cotter, Modern Art Oxford, 2006
  • L'Atelier de Daniel Buren, Marion Chanson, Thalia Edition 2008
  • Le musée qui n’existait pas, Bernard Blistène, Laurent Le Bon, Dorothea von Hantelmann, éditions du Centre Pompidou / Editions Xavier Barral, Paris, 2010
  • Histoire du Palais-Royal. Les Deux Plateaux, Michel Nuridsany, Daniel Buren, Patrick Bouchain, Jean-Christophe Denise, Edith Hallauer, Actes Sud, Arles, 2010
  • Daniel Buren & Alberto Giacometti, œuvres contemporaines 1964-1966, Bernard Blistène, Daniel Buren, Véronique Wiesinger, Éditions Kamel Mennour, Paris, 2010
  • Allegro Vivace, Daniel Buren, Karola Kraus, Doris Krystof, Cora von Pape, Staatliche Kunsthalle, Baden-Baden / Walther König, Cologne, 2011
  • Daniel Buren, David Palterer, Gli Ori, Pistoia, 2011
  • Travaux in situ 2010-2011, Centre Pompidou-Metz, MUDAM Luxembourg, 2011
  • Excentrique(s), travail in situ, album de l’exposition Monumenta 2012, Daniel Buren, Marc Sanchez, Jean-Marie Gallais, coédition Centre national des arts plastiques-Réunion des musées nationaux Grand Palais, 2012
  • Les Écrits (1965-2012), 2 volumes (1965-1996 et 1996-2012) de 2 000 pages chacun ; direction de la publication : Marc Sanchez, coédition Centre national des arts plastiques et Flammarion, 2012
  • Daniel Buren, Guy Lelong, monographie, coédition Centre national des arts plastiques et Flammarion, 2012
  • Esquisses graphiques pour Excentrique(s), travail in situ, Éditions Dilecta, Paris, 2012

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Buren, film de Camille Guichard avec la participation de Guy Tortosa, 52 min, production Terra Luna Films, France 5, Centre Georges Pompidou.
  • Daniel Buren-Jean Nouvel, film de Gilles Coudert (112 min / 1994 / a.p.r.e.s production) Conférence-entretien entre l’artiste Daniel Buren et l’architecte Jean Nouvel organisée par le Centre de Création Contemporaine de Tours et l'Université François-Rabelais.
  • Les Deux Plateaux, film de Gilles Coudert, Sébastien Pluot & Xavier Baudoin (8 min / 2002 / a.p.r.e.s production) Guy Lelong, auteur du livre sur le travail de Daniel Buren édité en 2001 chez Flammarion, nous fait part de sa vision de cette œuvre publique au Palais Royal. Un décryptage de cette œuvre particulièrement célèbre et populaire en tant que « colonnes de Buren » mais dont le système reste pour beaucoup méconnu.
  • Le Musée qui n'existait pas, film de Gilles Coudert & Sébastien Pluot (30 min / 2002 / a.p.r.e.s production) Documentaire sur l'installation de l'artiste français Daniel Buren au Centre Pompidou intitulée Le musée qui n'existait pas (juin 2002).
  • Vit et travail in situ, film de Gilles Coudert & Sébastien Pluot (26 min / 2002 / a.p.r.e.s production) Entretien entre Pierre-André Boutang et l'artiste français Daniel Buren sur son parcours, son travail et son attitude face à la création à l'occasion de son exposition au Centre Pompidou intitulée Le musée qui n'existait pas (juin 2002).
  • L'œil du cyclone, film de Gilles Coudert (13 min / 2005 / a.p.r.e.s production) Ce documentaire présente l’exposition de l’artiste Daniel Buren qui s’est déroulé au Guggenheim Museum à New York. Le Guggenheim a accueilli en juin 2005 une installation in situ, comme le dit Daniel Buren, « L’œil du cyclone », dans laquelle il interroge à sa manière ce bâtiment emblématique de l’histoire de l’architecture construit par Frank Lloyd Wright.
  • 935 mètres de bandes, vidéo de création, installation 3 écrans de Maurice Benayoun (prod. Savoir au Présent, 1984) sur l'exposition Points de vue, ARC Musée d'art moderne de la Ville de Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. Daniel Buren, Au sujet de…, entretien avec Jérôme Sans, Flammarion, Paris, p. 23-27.
  2. a et b Bernard Blistene, Une histoire de l'art du XXe siècle, page 125
  3. Magazine Beaux-Arts du 13 au 19 octobre 1965, page 19
  4. Serge Lemoine (dir.), L'art moderne et contemporain : peinture, sculpture, photographie, graphisme, nouveaux médias, Larousse, 2007, page 228 et 229
  5. cf. Daniel Buren, Au sujet de…, p.51-52.
  6. Art contemporain, Édition du chêne, page 72
  7. Daniel Buren, Moi à moi, édition Centre Pompidou, page I15
  8. L'art moderne et contemporain, page 273
  9. Michel Nuridsany, « Buren : Les couleurs et leurs reflets », Le Figaro, 30 juin 1998
  10. L'art moderne et contemporain sous la direction de Serge Lemoine, page 224
  11. « Daniel Buren, des colonnes à la une », Le Point, le 3 mai 2012.
  12. Programme de la saison 2013-2014, Opéra de Paris.
  13. Site du FILAF, section 2014

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Millet, L'Art contemporain en France, troisième édition révisée et augmentée, Flammarion, 2005 (ISBN 2-08-011472-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]