Jean-Pierre Barillet-Deschamps

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Jean-Pierre Barillet-Deschamp

Nom de naissance Jean-Pierre Barillet-Deschamp
Naissance
Saint-Antoine-du-Rocher
Décès
Vichy
Nationalité française
Pays de résidence France, Égypte
Diplôme
Profession Jardinier paysagiste
Activité principale Aménagement et création de parcs et de jardins, publics et privés, en particulier à Paris avec le préfet Haussmann.


Jean-Pierre Barillet-Deschamps ( à Saint-Antoine-du-Rocher - à Vichy) est un jardinier et paysagiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un ouvrier jardinier, il devient en 1841 « moniteur » de jardinage, formé à l’école des contremaîtres de « La Paternelle », première colonie agricole et pénitentiaire fondée à Mettray, près de Tours, en juin 1839, par le vicomte de Bretignières de Courteilles et Frédéric-Auguste Demetz. Dans son discours pour la sortie de la première promotion, Bretignières de Courteilles adresse à Barillet-Deschamps ces propos prophétiques: « Ouvrier jardinier comme ton père, tu seras un de nos premiers horticulteurs »[1] .

Il fonde plus tard un établissement horticole à Bordeaux. Appelé à Paris par le préfet Georges Eugène Haussmann, il participe, sous l'autorité des ingénieurs Jean-Charles Alphand et Eugène Belgrand, avec le titre (dont il sera le premier titulaire) de « Jardinier en chef du Service des Promenades et Plantations de la Ville de Paris », à la transformation de la capitale au sein de la remarquable équipe de professionnels dont avait su s'entourer le préfet, parmi lesquels on compte Victor Baltard, Gabriel Davioud, Jacques Hittorff... Barillet-Deschamps redessine les bois de Boulogne et de Vincennes, et par la suite crée le jardin du Luxembourg, le parc Monceau, celui des parc des Buttes-Chaumont et le parc Montsouris. En 1865, il crée le jardin anglais du jardin des plantes du Mans. À Lille il dessine le jardin Vauban, et à Roubaix le parc Barbieux.

Il crée une Maison d’Architecte Paysagiste, ouvre une pépinière et un jardin à La Muette et entame une carrière internationale : on l'appelle à Cambrai, à Marseille, à Hyères, à Milan et Turin, en Belgique, en Autriche, en Prusse, et jusqu'en Égypte où il est mandé au Caire par le khédive Ismaïl Pacha. Il y arrive en 1870 et y travaille jusqu’en 1873, avec Gustave Delchevalerie à l'aménagement du jardin Al-Orman, du jardin de l'île de Gezira et du jardin de l'Ezbekiyya. Il y contracte une maladie pulmonaire qui le contraint à rentrer se soigner en France. Il s'installe à l'Hôtel du Palais Royal à Vichy, mais il y meurt seul dans sa cinquantième année.

Il inaugure un type de jardin inspiré du jardin anglais, caractérisé par des pelouses vallonnées et les formes sinueuses des allées et des lacs. La richesse et l'exotisme de la décoration végétale et du mobilier témoignent de la modernité et de la prospérité du Second Empire. On a pu reprocher à Barillet-Deschamps la répétitivité de son style, qualifié parfois d'éclectique et présenté comme une dénaturation du jardin anglais par la standardisation, l'esprit du lieu et les particularités locales étant peu prises en compte. Néanmoins l'œuvre de Barillet-Deschamps, qui servira en province et à l'étranger parfois de modèle, parfois de contre-modèle, caractérisera l’art des jardins du XIXe siècle, et marquera de son empreinte le XXe siècle.

En 1861, il créa le jardin central de la grande place Carlo-Felice située devant la gare de Turin-Porta-Nuova.

En 1862, il intervient à la Villa Vigier, située à Nice, propriété acquise par Achille Georges Vigier petit-fils de Louis-Nicolas Davout, et qui devient alors un lieu d'acclimatation notoire jusqu'au décès de son promoteur en 1883.

2013: le seul parc intact et dessiné par Barillet-Deschamps est le parc du Château de la Bûcherie (actuellement un hôtel) situé à Saint-Cyr-en-Arthies (95). 60 hectares de forêts et plaines vallonnées avec au milieu de la perspective un jeu de cascades qui rappelle celui des buttes Chaumont à Paris. le propriétaire actuel a entrepris la restauration de ces cascades. Une particularité rare est un pont en fonte imitant le végétal. Notons que ce parc recèle le plus grand Platanus Orientalis de France avec 3.30 M de circonférence et une emprise au sol de 1 500 m2. L'harmonie actuelle et la diversité des essences d'arbres adultes encore présents malgré la tempète de 1999, montrent la connaissance de cet illustre architecte paysager.

Sa conception d'un jardin paysager[modifier | modifier le code]

Voici la conception d'un jardin tel que l'imagine Jean-Pierre Barillet-Deschamps :

« 

  • Le relief est la première chose à étudier :

Les accidents naturels du terrain, s’ils sont fortement accusés, fournissent les données principales du sujet à l'étude.

  • Les plantations constituent l’élément principal de la composition :

Sur les gazons seront placées les espèces végétales les plus rares pour les mettre bien en vue. Les arbres seront plantés selon leur forme et leur couleur afin d’accentuer les perspectives. Les espèces à fleurs formant les massifs seront groupées également en vue et près de l’habitation. Il est souhaitable de faire prédominer l’espèce commune dans la région où l’on plante. La nature fournit les grandes lignes, mais la végétation n’obéit pas strictement aux lois naturelles. L’intervention humaine reste apparente. Le contour des massifs est arrêté par des lignes correctes qui se rapprochent des formes elliptiques. Les pièces d’eau et les rivières constituent des accessoires indispensables à un grand jardin. Le tracé des cours d’eau, l’emplacement des pièces d’eau, les chutes, les cascades, les rochers, doivent être justifiés par des mouvements du sol et paraître aussi naturels que possible. Le principe général est de conserver l’aspect de la nature sans en faire une copie exacte. Le jardin est une œuvre d’art où la sculpture et l’architecture ont leur place marquée.

  • Le terrain étant nivelé, les plantations distribuées, il reste les allées à tracer :

Le réseau des allées est concentrique, les voies qui sont situées sur les points éloignés doivent toujours ramener le promeneur vers les parties centrales ou vers l’habitation. Les courbes et les changements de direction devront être souples et justifiés par des obstacles naturels. L’allée doit se continuer, se diriger vers le point à atteindre, par mouvement continu en suivant la direction la plus commode et la plus agréable. Elle doit être aussi effacée que possible et l’on ne doit avoir sous les yeux que la partie où l’on se promène. Pour cela, elle sera légèrement encaissée afin de disparaître dans le vallonnement général des pelouses.  »

Les principes généraux de Barillet-Deschamps régissent encore aujourd’hui la composition des jardins paysagers.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Discours du vicomte de Bretignières de Courteilles aux agents de Mettray, Archives de l’association « La Paternelle » (aujourd’hui déposées aux Archives départementales d’Indre-et-Loire), Mettray, 1841, non paginé

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luisa Limido, L’Art des jardins sous le Second Empire. Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1873-1924).
  • (en) Luisa Limido, . « The Squares Created by Jean-Pierre Barillet-Deschamps in Turin. A Study Based on the Correspondance Between the French Landscape Architect and the Mayor of the City in the Years Between 1860 and 1864 », Journal of Garden History, vol. 17, n° 2, avril-juin 1997, London, Washington DC, 1997.