Sentier (quartier de Paris)

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Centre du quartier
Le Sentier
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Centre du quartier

Le Quartier du sentier de Paris est un important quartier traditionnel de confection textile multiethnique du 2e arrondissement de Paris.

Géographie[modifier | modifier le code]

Une rue typique du quartier, la rue du Sentier

Le quartier est un rectangle d'immeubles délimité par la rue Montmartre à l’ouest, le boulevard de Sébastopol à l’est, le boulevard Poissonnière et boulevard de Bonne-Nouvelle au nord et la rue Réaumur au sud.

Il est traversé entre autres de la rue d’Aboukir, la rue du Caire et de la place du Caire.

Produits textiles du sentier[modifier | modifier le code]

Du textile à la « Silicon Sentier »[modifier | modifier le code]

Du fait de la proximité de l'ancienne place boursière du Palais Brongniart, de l'AFP et de nombreuses sociétés financières, avec l'ouverture du marché français des télécommunications à la concurrence (1er janvier 1998), plusieurs opérateurs ont déployé des réseaux haut débit à base de fibres optiques dans le sous-sol du quartier.

Simultanément des sociétés spécialisées ont ouvert d'importants centres de traitement des données destinés aux opérateurs téléphoniques, aux fournisseurs d'accès Internet et aux grandes entreprises, en leur permettant de raccorder directement leurs multiples réseaux de télécommunications entre eux. Ce type de centre est aménagé de manière adaptée pour l'accueil de toutes sortes d'équipements informatiques et de télécommunications comme par exemple des équipements actifs notamment optiques pour les transmission de données, des serveurs Web, des serveurs informatiques pour les fournisseurs d'applications en ligne ou encore des centraux téléphoniques. Il convient de mentionner notamment le centre "Telehouse-1" ouvert par la société Telehouse Europe en 1996 dans la rue des Jeûneurs qui a été le premier du genre en France. Avec une surface de 1,000 m², il fut également le plus important centre d'hébergement télécoms du pays jusqu'en 1999. Il est utilisé encore aujourd'hui par une trentaine d'opérateurs, notamment les spécialistes des services aux grandes entreprises comme Neuf Cegetel, Completel, Verizon ou Orange Business Services.

Pendant la phase montante de la bulle internet (1997-2000), une cinquantaine de start-up s'installent dans le quartier du Sentier (Yahoo!, Nomade, Lastminute.fr, Net2one, Buycentral, Webcible, MandrakeSoft etc.) car d'une part il est économiquement intéressant d'être à proximité de ces artères de communication et d'autre part le quartier dispose de nombreux locaux vides à la suite de l'arrêt ou du déménagement d'ateliers de confection. Au début, les loyers sont abordables. Cependant, après quelques mois, les surfaces libres deviennent rares, ce qui fait flamber les prix dans le quartier[1]. Depuis plusieurs années, La Cantine, un des épicentres de la communauté Web en France, s'est installée dans le passage des Panoramas.

L'effet négatif dans le public et chez les banquiers des affaires de cavalerie dans le Sentier, conjugué avec l'éclatement de la bulle internet conduisent à partir de mars 2000 à la fermeture de nombreuses entreprises qui s'étaient établies dans le quartier.

Le Sentier de Paris en littérature[modifier | modifier le code]

Déjà au XIXe siècle, le quartier du Sentier était le centre du textile. Honoré de Balzac y fait référence plusieurs fois dans Le Bal de Sceaux, où Émilie de Fontaine découvre Maximilien de Longueville vendant du tissu : « Rue du Sentier, n° 5, dit monsieur de Fontaine en cherchant à se rappeler parmi tous les renseignements qu'il avait obtenus celui qui pouvait concerner le jeune inconnu. Que diable cela signifie-t-il ? Messieurs Palma, Werbrust et compagnie dont le principal commerce est celui des mousselines, calicots et toiles peintes en gros demeurent là[2]. ».

C'était aussi le quartier de la presse écrite, ce que Balzac souligne encore dans La RabouilleusePhilippe Bridau dépose sa prose avant d'aller souper au Rocher de Cancale[3]

Dominique Manotti, dans Sombre Sentier (Seuil Policiers, 1995), a pour toile de fond une grève de travailleurs clandestins turcs dans le Sentier.

Films tournés dans le Sentier de Paris[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nancy Green, Du Sentier à la 7e Avenue. La confection et les immigrés, Paris, New York, 1880-1980, L'Univers historique, 1998

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal "Les Echos" du 20/04/2000, "Le quartier du Sentier à Paris : la Net-économie dans les pas du textile"
  2. Le Bal de Sceaux, édition Charles Furne, 1845, vol.I, p.129
  3. édition Furne, vol.VI, p. 122, 133